LA PARABOLE DE L’AMI IMPORTUN : Luc 11.5-13

22:47Ministere MotsdeDieu

L’enseignement de Jésus accorde une place importante sur le sujet de notre relation avec Dieu dans la prière. Nous avons par exemple la parabole de l’ami importun que Jésus raconte justement dans un contexte où les disciples apprennent à prier. Lisons ce passage. Luc 11.5. Il leur dit encore : Lequel d’entre vous aura un ami qui se rendra chez lui au milieu de la nuit pour lui dire : Ami, prête–moi trois pains, 6 car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir ? 7 Si, de l’intérieur, l’autre lui répond : Ne me cause pas d’ennui, la porte est déjà fermée, mes enfants et moi nous sommes au lit, je ne puis me lever pour te donner (des pains) –– 8 je vous le dis, même s’il ne se lève pas pour les lui donner, parce qu’il est son ami, il se lèvera à cause de son importunité et lui donnera tout ce dont il a besoin. 9 Et moi, je vous dis : Demandez et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. 10 Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et à celui qui frappe on ouvrira. 11 Quel père parmi vous, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? ou (s’il lui demande) du poisson, lui donnera–t–il un serpent au lieu d’un poisson ? 12 Ou s’il demande un œuf, lui donnera–t–il un scorpion ? 13 Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera–t–il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent. Hospitalité oblige Dans ce récit, un homme reçoit au beau milieu de la nuit la visite surprise d’un ami. Il s’agit d’une drôle d’heure pour arriver chez quelqu’un pourrait-on penser. Une telle situation n’était pourtant pas rare à cette époque en Palestine. Les gens préféraient souvent voyager en soirée pour ne pas avoir à subir l’accablante chaleur du jour. La Bible nous apprend ainsi que les rois mages se sont déplacés dans la nuit. Joseph et Marie ont fait de même lorsqu’ils se sont enfuis en Égypte avec l’enfant Jésus (Matthieu 2.9, 14). Précisons que cette visite fut impromptue. Avec les moyens limités de communication du temps, il était impossible pour un voyageur de faire savoir le moment précis de sa venue. Un visiteur arrive donc inopinément chez cet homme. Ce dernier prend son rôle d’hôte au sérieux, l’hospitalité étant considérée comme une responsabilité quasi sacrée dans cette culture. Malheureusement il lui manquait une nourriture essentielle. Il ne lui restait plus de pain. Tout avait été consommé dans la journée. Et à cette heure tardive, le marché était évidemment fermé. Il se trouve alors devant un pressant problème: il doit s’occuper d’un voyageur fatigué et affamé, mais il n’a pas de pain à lui offrir. Que peut-il faire? En réfléchissant à la situation, il lui vient une idée. ‘Je connais un ami qui a toujours des surplus de pain. Il habite de l’autre côté de la rue. Je devrais peut-être lui en demander.’ L’esprit communautaire que l’on retrouve dans les petites agglomérations permettait aux gens de bien se connaître. Il n’était pas inusité pour un individu de savoir ce que contenait le garde-manger de son voisin. ‘Mais il est minuit,’ se dit-il. ‘Si je cogne à sa porte, je risque de déranger toute sa famille. Je ne pense pas qu’il apprécierait cela.’ Cet homme a une décision à prendre. ‘Est-ce que je vais demander à mon visiteur d’endurer sa faim jusqu’au lendemain? Ou vais-je oser déranger mon voisin même à une heure aussi tardive?’ Vous comprenez son dilemme. S’il ne fait rien pour rassasier le visiteur nocturne, il aura manqué à son devoir d’hospitalité – ce qui serait perçue comme une grave offense par cette société. Par contre, s’il sollicite l’assistance de son ami, il court le risque d’être mal accueilli. ‘Après tout, n’est-il pas mon ami? On ne laisse pas tomber les amis dans le besoin. Il acceptera sans doute de m’aider. Je vais aller le voir. Il est possible qu’il soit en train de dormir. Mais je ne l’ennuierai pas pour bien longtemps. Il ne lui faudra que quelques secondes pour chercher du pain. Il pourra ensuite retourner dans son lit. Si je ne fais rien, j’aurai à la maison quelqu’un qui va souffrir de faim jusqu’à demain.’ Un ami réticent Il décide donc de se rendre chez son voisin. Ayant frappé à la porte, il lui demande trois pains. ‘S’il te plaît, prête-moi du pain. Un de mes amis vient d’arriver chez moi et je n’ai rien à lui servir.’ Comme on pouvait s’en douter, la réponse fut loin d’être enthousiaste. Personne n’aime être tiré de son sommeil en plein milieu de la nuit. Le voisin, derrière la porte, exprime son mécontentement. ‘Ce n’est pas un bon moment pour me demander quelque chose. J’ai déjà fermé la porte et nous sommes tous au lit. Je ne peux pas te rendre le service que tu veux cette nuit.’ De toute évidence, la réponse était, ‘Non. Je ne veux pas me lever.’ Il se disait sans doute, ‘Ne sait-il pas quelle heure il est maintenant? On ne frappe pas à la porte de quelqu’un à une heure pareille. Il devrait faire preuve d’un peu plus de prévenance. Qu’il me laisse tranquille!’ Mes enfants et moi sommes au lit. Cette phrase laisse sous-entendre que toute la famille dormait sur la même surface de sorte que notre homme pouvait difficilement se lever sans déranger ses enfants. Il faut savoir que les maisons de ce temps en Israël étaient de petite dimension, ne comportant souvent qu’une seule pièce. On peut imaginer une salle sombre dont on a surélevé le plancher dans la partie du fond. Cette plate-forme était réservée aux membres de la famille. Dans la partie antérieure, au niveau du sol, on gardait les animaux domestiques. Les êtres humains et les animaux vivaient ainsi sous le même toit. À l’avant, il y avait une porte qu’on laissait ouverte toute la journée. On la refermait en soirée en faisant glisser une barre de bois ou de métal dans les anneaux fixés à la porte. Le mécanisme d’une telle porte avait le défaut d’être bruyant. Le sommeil de tous les résidants risquait d’être perturbé si on devait l’ouvrir la nuit. C’est pourquoi la personne à l’intérieur de la maison répondit, La porte est déjà fermée. Ces inconvénients sont mentionnés pour expliquer la réticence du voisin à aller chercher ce dont l’homme avait besoin. Il aurait préféré rester tout simplement dans son lit. Mais l’homme est têtu. Loin de se laisser décourager, il ne cessa de tambouriner sur la porte. Avec insistance, il dit, ‘Je t’en prie, donne-moi du pain. J’en ai de besoin pour nourrir mon ami. Pourrais-tu te lever?’ Et l’autre refusait toujours. Cet échange se poursuivit pendant un certain temps. Puis, la résistance du voisin commença à s’effriter. Il se rendait bien compte qu’il ne pourra pas gagner la partie. ‘Avec une telle obstination, il n’acceptera pas de retourner chez lui les mains vides. Si je ne lui donne pas ce qu’il veut,’ pensait-il, ‘il va continuer à faire du bruit devant ma porte jusqu’au matin. Au lieu de dormir, j’aurai passé la nuit à discuter vainement. Il risque même de réveiller tout le voisinage. À bien y penser, il vaut mieux que je me lève. Il aura son pain. C’est la seule façon de me débarrasser de lui. Ça m’ennuie mais au moins j’aurai la paix. Tout le monde pourra dormir tranquille.’ Je vous ramène au début de cette histoire. Jésus raconte la parabole en disant d’abord, Lequel d’entre vous… Ces mots introduisent une question hypothétique, une question dont la réponse devrait être évidente. Lequel d’entre vous aura un ami… En d’autres termes, c’est comme si Jésus disait, ‘Pouvez-vous imaginer un ami…’ Le Seigneur Jésus demande à ses auditeurs de faire appel à leur expérience relationnelle. Qui d’entre vous a un ami qui refuserait de vous aider quand vous lui demandez de vous prêter de la nourriture pour un visiteur arrivé à l’improviste chez vous? Telle est la question posée par Jésus. Dans toutes les cultures, la relation d’amitié implique une bienveillance réciproque. On vient en aide à ses amis en dépit des désagréments que cela peut entraîner. En outre, dans la culture où Jésus vivait, on ne prenait pas à la légère la responsabilité d’offrir l’hospitalité à quelqu’un. C’était une obligation de la plus haute importance (Genèse 18.1-8; Hébreux 13.2). Mis dans ce contexte, les dérangements occasionnés par l’action d’aller chercher du pain et auxquels le voisin fait allusion semblent être des excuses bien peu crédibles. De toute évidence, la réponse à la question, ‘Qui d’entre vous a un ami qui se comporterait ainsi,’ ne peut qu’être négative. Non, personne n’a d’ami qui réagirait de la sorte. À cause de son importunité La question, Lequel d’entre vous…, commence au v. 5 et se poursuit jusqu’à la fin du v. 7. Puis au v. 8, Jésus énonce l’idée maîtresse de la parabole. Il dit, Je vous dis que, bien qu’il ne se lève pas et ne lui en donne pas parce qu’il est son ami, pourtant, à cause de son importunité, il se lèvera et lui en donnera autant qu’il en a besoin. Bien qu’il ne se lève pas… Dans d’autres traductions, on a accentué le contraste. Nous lisons dans la Bible Ostervald, Que quand même il ne se lèverait pas pour lui en donner parce qu’il est son ami. ‘Quand même qu’il ne se lèverait pas parce qu’il est son ami, pourtant…’ Les mots, ‘Bien que … pourtant’ indiquent que normalement le lien d’amitié aurait dû suffire pour inciter le voisin à se lever. Or Jésus déclare que même dans les cas (improbables) où l’amitié ne suffirait pas, l’importunité de celui qui voulait du pain poussera l’autre à répondre favorablement à la requête. En d’autres mots, Jésus dit ceci. ‘Vous avez raison de penser que personne n’a parmi ses amis quelqu’un qui serait si peu enclin à aider. Et même si vous en connaissiez un, celui-ci n’aurait pas d’autre choix que de vous rendre service lorsque vous faites preuve d’importunité.’ La leçon principale de cette histoire gravite autour de ce mot ‘importunité’. Il exprime l’idée de l’impudence. La parabole met en scène un individu réclamant du pain avec une insistance sans gêne, avec une obstination qui n’admet pas le refus. Il s’est montré importun devant son voisin. Cette persévérance sans pudeur est à nouveau soulignée dans le verset suivant, au v. 9, par l’utilisation successive de trois verbes. Tous les verbes sont conjugués au présent de l’impératif et décrivent une action soutenue. ‘Continuez à demander et vous recevrez. Ne cessez de rechercher et vous trouverez. Frappez sans arrêt et la porte vous sera ouverte.’ Et c’est exactement ce que cet homme était en train de faire. Il n’arrêtait pas de frapper à la porte jusqu’à ce qu’elle s’ouvre. Il quémandait sans relâche jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il voulait. Il recherchait du pain et ne retournera pas chez lui sans les avoir trouvés. Il s’est mis en tête d’en offrir à son ami voyageur et c’est ce qu’il va faire, que cela plaise au voisin ou non. Il faut avoir de l’aplomb pour agir de la sorte. Nous observons dans son importunité une hardiesse sans retenue et une obstination que rien ne décourage. Importuner Dieu Cette parabole nous laisse songeur. Quelle leçon doit-on en tirer? Jésus serait-il en train de promouvoir l’effronterie? La ténacité est un beau trait de caractère lorsqu’elle est encadrée à l’intérieur de certaines limites. Si on la pousse trop loin, elle devient alors de l’acharnement. Ce qui était à l’origine une qualité se transforme en défaut. Pouvez-vous imaginer les disciples de Jésus frappant à la porte de leurs voisins endormis afin d’accommoder un visiteur nocturne? Scène peu réaliste, n’est-ce pas? Vous avez raison. Ce n’est pas, en effet, ce à quoi Jésus veut en venir. Je vous rappelle que le contexte immédiat de ce passage est celui de la prière. Au premier verset de Luc 11, Jésus était en train de prier. Frappé de cet exemple, un des disciples lui demande de leur enseigner à faire de même. Jésus répond à cette demande en proposant comme modèle de leurs prières celle connue sous le nom de ‘Notre Père’ ou d’oraison dominicale. Père, que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne … et ainsi de suite. Après avoir prononcé devant eux ce qu’il devait prier, le Seigneur poursuit son enseignement en leur montrant comment adresser leurs requêtes à Dieu. Il dit à ses disciples, ‘Il y a un point dont vous devez vous souvenir lorsque vous priez. C’est très important. Quand vous vous approchez de Dieu, sachez qu’il n’y a pas de mal à le faire avec audace. Sollicitez-le sans gêne. En fait, dans la prière, osez même l’importuner. Prenez pour exemple l’homme qui demande du pain dans la parabole que je vais vous raconter.’ La majesté de Dieu peut inciter certains individus à croire que le Seigneur du ciel et de la terre est inapprochable. Ils se disent, ‘Si Dieu est affairé à prendre soin de tout l’univers, il n’a sûrement pas le temps de s’occuper de mes petites requêtes personnelles. De toute façon, il est au courant de tout. Pourquoi alors le déranger avec des choses qu’il connaît déjà?’ De telles réflexions démontrent une méconnaissance de la sensibilité de Dieu envers les siens. Le Seigneur, dans sa miséricorde infinie, est toujours prêt à écouter ses enfants et à accorder à chacun ses bénédictions. En racontant cette parabole, Jésus veut montrer aux disciples qu’ils peuvent aller sans gêne au devant de Dieu avec leurs requêtes. Cette histoire nous force à changer notre perception du Père céleste. Jésus nous dit, ‘Dans la vie, on vous a toujours enseigné à ne pas ennuyer les gens sans raisons valables. Vous êtes peut-être sur l’impression qu’il faut se comporter de la même façon avec Dieu. Mais c’est tout à fait faux. Dieu n’est pas comme cela. Il veut ardemment vous entendre. Il désire encore plus vous accorder des bénédictions. Vous avez une requête? Vous connaissez quelqu’un qui a besoin de pain spirituel? Demandez-le à Dieu! Réclamez-le, même à deux heures du matin. Implorez-le avec persévérance et confiance. Dieu adore qu’on frappe avec insistance aux portes du ciel. Il affectionne ceux qui, par leur entêtement, ne lui laissent aucun répit. Prier sans cesse Déjà dans l’AT, on retrouve cette notion de faire des prières importunes. Par exemple en Ésaïe 62, Dieu encourage ses fidèles à venir à lui de cette façon. Ésaïe 62.6-7 est un passage qui a plusieurs points communs avec la parabole de l’ami importun. On peut certainement affirmer qu’il en forme l’arrière-plan, du moins en partie. Lisons ces deux versets. Ésaïe 62.6. Sur tes murs, Jérusalem, j’ai posté des gardes ; de jour comme de nuit, ils ne se tairont pas. Vous qui évoquez le Seigneur, pas de répit pour vous! 7 Ne lui laissez aucun répit, jusqu’à ce qu’il rétablisse Jérusalem et en fasse un sujet de louange sur la terre. Dans ce passage, le prophète Ésaïe fait ressortir la nécessité de l’intercession des fidèles en faveur de Jérusalem. Il a eu une vision selon laquelle Jérusalem deviendra la ‘louange de toute la terre.’ Dieu la rendra glorieuse devant le monde entier. Et Ésaïe demande aux fidèles de prier sans relâche jusqu’à ce que l’Éternel accomplisse sa promesse. Les gardes dont il est question au v. 6 représentent les justes qui agissent comme des sentinelles, protégeant la ville des forces du mal par leur intercession. La Jérusalem spirituelle correspond à l’église. Non seulement les fidèles ne doivent pas prendre de repos, mais ils ne doivent pas en laisser prendre à Dieu lui-même. Ne lui laissez aucun répit, lit-on au v. 7. Sa fidélité envers Israël nous donne la garantie qu’il nous sera fidèle également. C’est pourquoi nous ne devons pas cesser de prier le Seigneur. Nous devons agir avec Dieu comme l’homme à l’égard du voisin à qui il demandait du pain. Évidemment le Seigneur n’a pas besoin de se faire rappeler ses promesses. Il s’agit d’une figure de style montrant qu’il est prêt à donner, mais il ne le fera pas sans en être prié. Si nous sommes disposés à importuner Dieu, alors le Seigneur sera, lui aussi, disposé à répondre à nos prières, à nous accorder ses bénédictions. Dieu prend plaisir à écouter les requêtes de ses enfants. Il aime particulièrement celles qui proviennent de gens déterminés que rien ne décourage quand il est question de prière. Ce sont des individus qui, après avoir bien réfléchi à la direction qu’ils veulent donner à leur vie pour le Seigneur, s’y engagent totalement. Sur un ton décidé, ils disent à Dieu, ‘Seigneur, je veux prendre part aux activités de ton royaume. Par ta grâce, je m’engage à suivre les objectifs que tu as fixés pour moi. Et je ne m’en éloignerai pas jusqu’à ce que tu les réalises en moi.’ Ne lui laissez aucun répit, jusqu’à ce qu’il rétablisse Jérusalem et en fasse un sujet de louange sur la terre. Je crois ne pas me tromper en affirmant que nous avons tous cru à un moment ou à un autre de notre cheminement spirituel qu’il ne fallait pas embêter Dieu avec nos soucis. Le Maître de l’univers connaît nos besoins. Laissons-lui exercer sa souveraineté sans que nous lui mettions des bâtons dans les roues. N’est-ce pas ce que nous pensions? Pourtant, la vérité est tout autre. Cette parabole enseigne que nos supplications n’irritent pas Dieu. Bien au contraire, il veut se faire déranger. Il veut que nous l’importunions. Il veut que nous soyons comme Jacob qui, lors d’une lutte avec Dieu, déclara qu’il ne le laissera pas aller sans qu’il ne soit béni par lui. ‘Tu peux faire tout ce que tu veux avec moi. Mais je t’en prie, exauce-moi! Accorde-moi ta bénédiction (Genèse 32.26).’ Ainsi, par l’insistance de sa supplication, Jacob sortit béni de l’épreuve. Dieu encourage l’ardeur et la constance dans la prière. Comme Jacob, il nous faut apprendre à lutter avec le Seigneur jusqu’à ce que, ‘vaincu’ dans un sens par nos prières, il nous accorde sa bénédiction. Notre Dieu est un Dieu qui aime qu’on lui fasse violence. Il aime se faire convaincre par nos supplications. Dans nos rapports humains, les hommes finissent par nous concéder ce que nous réclamons parce que notre obstination les importune. Sur le plan spirituel par contre, Dieu répond à nos demandes parce que notre ténacité lui plaît. Puis au v. 9, Jésus déclare, Et moi, je vous dis… Ces quelques mots indiquent qu’il va maintenant nous montrer comment mettre en application cette parabole. Comme nous l’avons souligné, la réponse du disciple est décrite sous la forme de trois verbes conjugués à l’impératif : demandez … cherchez … frappez. Ces trois actions sont utilisées ici comme métaphores en référence à la prière. Et chacune d’elle trouve une réponse : le disciple recevra, il trouvera et la porte lui sera ouverte. Dans le langage grec, le présent de l’impératif décrit une action qui dure. Les verbes ‘demandez’, ‘cherchez’ et ‘frappez’ signifient textuellement ‘continuez à demander,’ ‘continuez à chercher,’ et ‘continuez à frapper.’ Quand le chrétien prie sincèrement et avec insistance, il a l’assurance que Dieu écoute et qu’il répondra. Gardons-nous cependant de tirer de fausses conclusions. Il ne faudrait pas croire que les chrétiens disposent de chèques en blanc avec lesquels ils peuvent recevoir de Dieu tout ce qu’ils demandent. La prière n’est pas une formule magique! Nous devons interpréter ces versets dans leur contexte immédiat et à la lumière de tout l’enseignement biblique sur la prière. Il faut se rappeler que nos prières doivent toujours tenir compte de la volonté divine. Et non seulement nous en tenons compte, nous acceptons implicitement la volonté de Dieu lorsque nous prions, que cette volonté soit connue ou non. Nous acceptons que sa volonté puisse être différente de la nôtre et que Dieu n’a pas d’obligation à accorder ce que nous lui demandons. La prière, donc, implique fondamentalement une reconnaissance de la souveraineté absolue de Dieu et un désir de s’y conformer. Ceci étant compris, nous avons alors le privilège de l’importuner. Une parabole de contraste Il y a quelque chose d’étrange dans la réticence du voisin à rendre le service demandé. Logiquement l’histoire aurait été plus plaisante si Jésus avait dit que le voisin a accordé la demande à cause de l’amitié qui le lie au solliciteur et non parce qu’il a simplement cédé à son importunité. C’est une drôle de façon d’illustrer la générosité de Dieu en réponse à la prière, n’est-ce pas? Vous avez entièrement raison. Car il ne faut pas lire le récit en pensant que le voisin représente notre Père céleste à qui il faut tordre le bras avant qu’il nous concède des bénédictions. Nous avons ici une parabole de contraste où Dieu et le voisin sont mis en contraste. Et le contraste se présente ainsi. Si un homme accepte d’aider un ami à cause de son importunité, à combien plus forte raison Dieu est-il prêt à aider ceux qui le sollicitent. Il s’agit d’un argument qui passe d’un degré moindre à un degré plus élevé. Autrement dit, si une chose est vraie dans une situation superficielle, combien plus certainement sera-t-elle vraie dans une situation plus sérieuse. Et c’est précisément sur la base de ce raisonnement que Jésus nous invite à nous présenter devant Dieu avec l’assurance qu’il va répondre à nos prières. Il poursuit ainsi son enseignement en donnant l’exemple d’un père à qui le fils demande du poisson. Quel père lui donnerait un serpent à la place? Personne! Nul parent normal ne se moquerait de son enfant en remplaçant du poisson par un serpent. De la même façon, un fils qui demande un œuf ne recevra pas un scorpion. Aucun père humain ne donnerait à son fils quelque chose de trompeur ou de nocif. Vous voyez que Jésus utilise cette fois-ci une illustration plus intime et plus persuasive en passant de la relation d’amitié à celle impliquant un parent et son enfant. À partir de cet exemple inférieur, Jésus démontre l’exemple supérieur. Si donc vous qui êtes méchants, vous savez donner à vos enfants des choses bonnes, combien plus le Père qui est du ciel donnera–t–il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent. Si un père terrestre, bien que pécheur par nature, donne de bonnes choses à ses enfants, combien plus notre Père céleste, qui est amour, accordera-t-il des bénédictions à ceux qui les lui demandent. Le plus précieux don qu’il puisse nous donner est le Saint Esprit (Actes 2.1-4). Jésus a promis de l’envoyer pour tous les croyants (Jean 15.26). Cela ne signifie pas que le Saint Esprit peut combler tous nos besoins. Mais il constitue très certainement le gage de tous les dons de Dieu. Le modèle de prière que Jésus enseigna à ses disciples exprime la dépendance du croyant envers Dieu et son désir de reconnaître sa sainteté absolue. Le ‘Notre Père,’ cependant, ne montre pas comment le croyant doit prier. Certains peuvent être intimidés par la majesté du Dieu de l’univers de sorte qu’ils n’osent pas trop s’en approcher, croyant qu’il est préférable de le solliciter le moins possible. Rien n’est plus faux. Jésus raconte alors une parabole, la parabole de l’ami importun, sur la manière de prier. Son enseignement est sans équivoque. Le croyant peut et doit prier avec insistance. Dieu est facilement approchable et nous ne devons pas craindre de l’ennuyer avec nos requêtes. En fait, il plaît à Dieu lorsque nous faisons preuve d’ardeur, de constance, voire même d’importunité dans la prière.

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