Sur les chutes de leaders dans les mouvements de réveil ?

09:11Ministere MotsdeDieu

1 Pourquoi parler de ce sujet ? À plusieurs reprises des chrétiens se sont interrogés et s’interrogent sur les déraillements de leaders de mouvements de réveils, spécialement dans les domaines moral et financier. Certains nous dirons que nous n’avons pas à remuer et étaler les misères et hontes de l’église en public. D’autres diront que nous ne sommes pas meilleurs que les autres et que nous n’avons pas à leur faire la leçon. Ce genre d’arguments, valable dans beaucoup de cas, ne s’impose pas dans le cas présent où les affaires ont déjà été largement étalées et discutées en public, au point même de faire l’objet, il y a quelques années, d’une déclaration publique commune de 50 responsables charismatiques en Amérique. Le présent article a pour but de rappeler quelques enseignements élémentaires de l’Écriture, et de s’interroger sur les origines de telles affaires. Plusieurs points discutés reprennent des thèmes abordés dans la déclaration publique précitée. 2 Les mouvements de réveil sont-ils l’avenir du christianisme ? 2.1 Les réveils du temps des Juges Le livre des Juges nous montre neuf juges (on dirait aujourd’hui des leaders pourvus d’autorité) correspondant à autant de réveils pour cette période « où il n’y avait pas de roi », c’est-à-dire où Israël n’avait pas encore demandé à être « comme toutes les nations », avec un roi à la tête (1 Samuel 8). Leur régime était donc d’être conduits par Dieu Lui-même : c’est bien là une image valable pour le temps du christianisme où nous n’avons pas d’autre guide que le Seigneur Jésus Christ et Sa Parole. Ce livre des Juges montre que les réveils, ainsi que les juges correspondant, sont suscités par Dieu seulement. Les réveils sont une pure grâce de Dieu, et il n’est jamais garanti qu’il y en aura de nouveau. 2.2 Commencement d’un réveil Entre deux réveils, ne se trouvait-il aucune bénédiction ? L’histoire de Gédéon donne la réponse : Gédéon tout seul, le plus petit dans la maison de son père, appartenant à la famille la plus pauvre de sa tribu, battait du blé dans un pressoir (Juges 6) pour préparer et préserver un peu de nourriture pour le peuple de Dieu affamé ; la quantité produite était certainement faible, mais selon son pouvoir ; Gédéon ne s’occupait pas de demander un réveil ou d’en préparer un : il faisait ce qui était à sa portée pour le bien du peuple de Dieu, gardant dans son cœur le souvenir des délivrances de Dieu dans le passé. Or c’est un tel homme que Dieu a choisi, justement pour susciter un réveil. La naissance d’un réveil ne peut avoir lieu avec un déploiement considérable de force humaine : l’armée de 30000 hommes a dû être réduite à 300 pour que Dieu accepte de s’en servir (Juges 7). Ce rejet de la force de l’homme dans l’œuvre de Dieu est un principe général : Paul disait en 2 Cor.12 : « quand je suis faible, alors je suis fort » et Dieu disait : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans l’infirmité ». Pareillement, notre Seigneur refusait généralement la publicité donnée à Ses miracles et Ses actions (Marc 1:34, 38, 45 ; 7:36 ; Matthieu 12:15). 2.3 Durée et déclin des réveils Les réveils du livre des Juges ont-ils duré ? La réponse est clairement non ; leur durée même était souvent courte, quelques années seulement. Juges 8 montre le déclin qui recommence quand Gédéon se met à établir un mémorial célébrant son réveil en son lieu d’origine. Les juges eux-mêmes montrent un déclin progressif, le dernier étant Samson, plus efficace par sa mort que par sa vie. Ils ne font qu’illustrer le principe général de toutes les dispensations, à savoir que ce qui est confié à la responsabilité de l’homme va à la ruine. Ce principe est encore valable de notre temps. Le livre des Juges s’achève par le récit de désastres moraux plus lamentables les uns que les autres. Si le livre suivant de Ruth apporte lumière, joie et bénédiction, ce n’est que par un travail de la grâce incomparable et immérité opérant dans un petit « résidu » (Ruth une étrangère, Naomi veuve et vieillie, Boaz). Dieu dans Sa grâce voulait préparer la lignée du roi selon Son cœur (David d’abord, Christ ensuite). 2.4 Individualisme et unité du peuple On a souvent souligné la phrase plusieurs fois répétée dans le livre des Juges : « chacun faisait ce qui était bon à ses yeux ». Cette phrase met justement en relief l’état spirituel mauvais du peuple où l’on n’est guidé ni par la Parole de Dieu, ni par l’intérêt pour le bien du peuple de Dieu, mais seulement par ses pensées personnelles. On retrouve cela dans la deuxième épître à Timothée où l’apôtre souligne l’isolement des fidèles pieux. Toutefois, il ne faut pas confondre cet état d’esprit individualiste et indépendant, avec la responsabilité personnelle qui subsiste toujours pour le croyant, spécialement dans les temps mauvais ; c’est à elle que correspond l’expression « mais toi » cinq fois répétée dans les épîtres à Timothée et Tite. L’action individuelle de Gédéon est bien le point de départ d’un réveil, mais ensuite l’action commune est recherchée (Juges 7:23). 2.5 Conclusion sur les réveils d’après le livre des Juges En conclusion, ce qui compte n’est pas d’obtenir un réveil ou de se focaliser sur les temps de réveil ; certes quand Dieu en suscite un, il y a lieu de se réjouir et de rendre grâces et d’en profiter. Quand Dieu suscite un réveil, il y a toujours le danger que l’homme s’enorgueillisse et se donne trop d’importance dans l’œuvre. Aussi ce qui compte avant tout, c’est la fidélité pratique individuelle permanente en tout temps ; et la vraie fidélité s’accompagne de la recherche du bien du peuple de Dieu. C’est aussi ce que notre Seigneur enseigne en Luc 17:5-10. Les disciples voulaient plus de foi, probablement dans le but de faire de grandes choses, peut-être un retournement du peuple de Dieu en faveur du Seigneur ; ils aspiraient au rétablissement de la gloire d’Israël (Actes 1:6). Que leur répond le Seigneur ? « quand vous aurez fait toutes les choses qui vous ont été commandées, dites ‘nous sommes des serviteurs inutiles ; ce que nous étions obligés de faire, nous l’avons fait’ ». C’est comme en Luc 16:10-12, on commence par être fidèle dans les petites choses, et ensuite le Seigneur confie des grandes. C’est aussi l’enseignement de Jérémie 45 et Zacharie 4:6-7,10 et Malachie 3:16-18 et Luc 12:32 : ne pas mépriser le temps des petites choses, ne pas mépriser les petits troupeaux. Cela implique de ne pas croire que tous les mouvements grands et beaux sont bons. Nous avons dans l’Écriture toutes les directions pour être fidèles en tous les temps, et cela est indépendant des circonstances, réveil ou pas réveil. 3 Ministères quintuples C’est un qualificatif pour désigner ceux qui cumuleraient tous les dons d’Éphésiens 4, apôtre, prophète, évangéliste, pasteur et docteur. Certains milieux de mouvements de réveil prônent ce genre de ministère. Éphésiens 4:11 mentionne bien cinq dons, ou ministères, donnés par Christ glorifié à Son assemblée ou église, mais 1 Corinthiens 12:19 et 12:28-30 montrent que le cumul de tous les dons chez une seule personne serait une anomalie ; ce n’est donc pas à favoriser. Le sens du mot « ministère » est simplement celui de « service ». Ce n’est pas une classe de chrétien distincte des autres. Dans l’ancienne alliance, il y avait des sacrificateurs constituant une classe à part (fils d’Aaron), un clergé ; il n’en est plus de même maintenant car tous sont sacrificateurs (1 Pierre 2:5,9). Les serviteurs du culte d’autrefois étaient les Lévites, descendants de Lévi ; ils étaient donnés aux sacrificateurs (à Aaron et à ses fils) pour les aider dans l’exercice de leur sacrificature (Nombres 3:9 ; 18:2,4,6) ; ce principe subsiste aujourd’hui, à savoir que le ministère conserve ce caractère de service au profit de tous (Éphésiens 4:12-16 ; Romains 12:1-8). Le service chrétien n’est pas un privilège d’une caste cléricale. La notion d’un ministre (celui qui a un ministère) ou ministère au sens de quelqu’un qui contrôlerait la vie de toute une congrégation est une notion étrangère à l’Écriture, spécialement 1 Corinthiens 12 et 14. Nous ne pensons pas qu’il y ait des apôtres aujourd’hui, car leur rôle était de contribuer au fondement de l’église ; nous bénéficions encore des dons d’apôtres d’Éphésiens 4 par le moyen de leurs écrits, mais il ne peut pas y avoir d’apôtre témoin de la résurrection du Seigneur. Si l’on voulait argumenter que le mot « apôtre » signifie « envoyé », alors ce ne serait pas un don spécial, car nous sommes tous envoyés (Matthieu 20:2 ; Jean 17:18 ; 20:21). Retenons en conclusion que les ministères quintuples sont certainement une anomalie de plusieurs manières. 4 Autorité du « ministre » Si quelqu’un est susceptible d’être grand parmi les croyants, il doit non seulement être le serviteur de tous, mais même leur esclave (Matthieu 20:26-28, répété en 23:11-12). Le Seigneur interdit même que certains dominent ou usent d’autorité sur les autres (Matthieu 20:25-26). Cet ordre de chose est totalement contraire à ce qui existait au temps de l’Ancien Testament, mais il se rattache au fait que les chrétiens constituent un seul corps, le corps de Christ (1 Corinthiens 10 et 12 ; Éphésiens 1 à 4 ; Romains 12), un organisme où les membres ne commandent pas les uns aux autres, mais reçoivent les directions de la tête qui est Christ (Colossiens 1:18). Les relations entre serviteurs, comme entre tous les membres du corps, doivent être en parfaite cohérence les uns avec les autres, justement parce qu’ils fonctionnent comme les membres d’un même corps, dans lequel il y a un seul Esprit qui distribue les dons, un seul Seigneur qui a l’autorité, et un seul Dieu qui opère tout en tous (1 Corinthiens 12:4-6). Un tel organisme, le corps de Christ, fait contraste à la fois avec les systèmes des hommes où chacun tire de son côté (1 Corinthiens 12:2), et avec le principe démocratique ou d’égalité entre les croyants (l’union fait la force, comme à la tour de Babel, Genèse 11). Il doit simplement fonctionner comme un corps. C’est ce qu’enseigne la Parole et nous avons à en tenir compte. On ne peut pas dire que c’est irréalisable aujourd’hui : Dieu nous aurait-il présenté un modèle irréalisable ? ce serait de l’incrédulité de le penser. On a essayé de définir les relations entre ministères comme des relations de partenariat ; mais il est plus sain de s’en tenir à la notion de corps de Christ, car tout autre langage imagé altère la nature des relations entre chrétiens et entre serviteurs. Hébreux 13:17 requiert certes l’obéissance aux conducteurs, et 1 Pierre 5:5 demande aux jeunes gens la soumission aux anciens ; Romains 12:8 parle de ceux qui sont à la tête. Mais il s’agit là de reconnaître une autorité morale, non pas d’appliquer un système hiérarchique, ce que le Seigneur rejette (Matthieu 23:8-12). Même un apôtre Pierre n’imposait pas son autorité aux anciens, mais se plaçait à leur niveau (1 Pierre 5:1). Discuter sur l’abus de pouvoir est une notion étrange, car les serviteurs n’ont pas de pouvoir à exercer dans l’église. Le Seigneur seul a le pouvoir. 5 Les titres et leur importance 5.1 Position prise, position donnée Il faut bien distinguer l’autorité que Dieu donne et l’autorité qu’on s’arroge. Certes la Parole distingue entre anciens (ou : surveillants) et serviteurs, entre les dons qui sont donnés pour tout le corps (Éph.4) et les charges locales d’anciens (1 Tim.3 et Tite 1). Mais s’agissant de la position que nous prenons extérieurement, même si elle ne correspond pas à une réalité intérieure ou à un don de la part du Seigneur, Dieu nous juge selon cette position que nous prenons (Luc 19:22a ; Matthieu 12:37). Si quelqu’un prétend avoir un ministère quintuple, et qu’il est incapable d’assumer les responsabilités rattachées à chacun de ces cinq dons, Dieu le jugera malgré tout comme ayant l’obligation d’exercer correctement les cinq dons. L’autorité morale est autre chose : elle s’acquiert par l’exemple (1 Tim.4:12 ; 3:7 ; Actes 6:3 ; 10:22 ; 16:2 ; 22:12). 5.2 Titres honorifiques, humilité, orgueil Les titres officiels faisant l’objet d’honneurs officiels sont rejetés par le Seigneur (Matthieu 23:5-12). Si un honneur spécial est prévu pour ceux qui sont à la tête (1 Timothée 5:17), il s’agit de respect et de révérence en rapport avec le travail ou la responsabilité. L’humilité est requise de la part de tous, à de nombreuses reprises (Luc 9:46-48 ; 22:24-26 ; 1 Pierre 5:5 ; Philippiens 2:5-8). C’est Dieu qui se charge d’élever ceux qui se sont abaissés (Philippiens 2:9-11 ; 1 Pierre 5:6), mais ce n’est pas à l’homme à imposer son autorité. Le danger d’orgueil est grand, car le diable est toujours là pour nous y pousser (1 Timothée 3:7). Quand l’homme s’élève, Christ n’a plus la place qui Lui est due, et Dieu ne peut l’accepter. 5.3 Titres ou positions fictifs Ceux qui recherchent les titres s’arrogent souvent des titres auxquels ils n’ont pas droit. C’est ainsi que nous ne pensons pas qu’il y ait des apôtres aujourd’hui ; le ministère des apôtres donnés par Christ subsiste aujourd’hui par leurs écrits, et en ce sens ils ont bien été donnés à tout le corps, mais nous ne voyons aujourd’hui ni autorité pour les nommer ni le caractère d’avoir vu le Seigneur ressuscité (Actes 1:22). Si quelqu’un voulait soutenir que apôtre signifie « envoyé » et que les serviteurs sont bien envoyés par leur Maître, alors la qualité d’envoyé s’applique à tous les chrétiens (Jean 20:21), mais il ne s’agit pas là d’apôtres au sens du Nouveau Testament. 6 Fidélité et exemplarité 6.1 La référence est la sainteté de Dieu, non pas une éthique Les chrétiens sont à la fois la maison de Dieu elle-même (1 Pierre 2:5 ; Éphésiens 2:20-22) et dans la maison de Dieu (Éphésiens 2:19 ; 1 Timothée 3:15). L’obligation de bien se conduire vient de ce que nous avons affaire à Dieu qui est un Dieu saint (1 Timothée 3:15 ; 1 Pierre 1:15-17 ; Psaume 93:5). Certains cherchent à promouvoir une éthique des ministères. Or on définit l’éthique comme étant la morale sans Dieu. Ce n’est qu’une misérable notion qui passe à côté du fait solennel que nous avons tous affaire à un Dieu saint et que tous les dons sont sous l’autorité du Seigneur. Notre standard, la norme à suivre, ce n’est pas une éthique, c’est la sainteté de Dieu et la soumission au Seigneur. Si la Parole nous dit qu’il y a des surveillants dans l’assemblée (ou : église), ce n’est pas pour que les ministères soient hors du domaine de leur surveillance : Les serviteurs ne sauraient échapper à la surveillance des surveillants, ni à l’autorité de l’église ou assemblée ; bien entendu, par le terme « église » ou « assemblée », on entend ici, non pas une fédération d’églises, mais l’assemblée locale du lieu où habite le serviteur. 6.2 Ce qui est requis par la Parole La Parole requiert des croyants qu’ils soient fidèles (Matthieu 23:23 ; 24:45 ; 25:21,23 ; Luc 16:10-12 ; 19:17 ; Actes 16:15 ; 1 Corinthiens 4:2, 17 ; Galates 5:22 ; Éphésiens 1:1 ; 6:21 ; Colossiens 1:1,7 ; 4:7,9 ; 1 Timothée 3:11 ; 4:3,10 ; 5:16 ; 6:2 ; Jacques 1:12 ; 1 Pierre 5:12 ; 3 Jean 5 ; Jude 4 ; Apoc. 2:13 ; 17:14) et exemplaires (1 Corinthiens 7:25 ; 1 Timothée 1:12 ; 4:12 ; 2 Timothée 2:2 ; Tite 1:6 ; 2:10). Dans le cas des anciens ou surveillants, l’exemplarité requise est particulièrement forte : irrépréhensible, irréprochable ! (1 Timothée 3:2 ; Tite 1:6). Les chrétiens sont aussi tous appelés à être imitateurs de Dieu, de Christ et de l’apôtre Paul (Éphésiens 5:1 ; Philippiens 3:17 ; 1 Corinthiens 4:16 ; 11:1). Le niveau requis n’est pas minimum, ce qui montre, en passant, combien les restaurations bon marché sont inconvenantes. Les pharisiens d’autrefois étaient au contraire des gens qui prétendaient avoir une autorité, et ne faisaient pas ce qu’ils disaient (Matthieu 23:1-3). Cette dérive les avait amenés à un égarement plus grand, l’opposition mortelle au Seigneur (Luc 4:29 ; 13:31 ; Jean 7:19 ; 12:10) et l’annulation de la Parole de Dieu (Matthieu 15:6). 6.3 Un bon témoignage, par rapport aux croyants et au monde Le Nouveau Testament attribue beaucoup d’importance à ce que les croyants aient un bon témoignage à la fois vis-à-vis des gens du monde que vis-à-vis des autres croyants : · « Jetez donc les yeux, frères, sur sept hommes d’entre vous, qui aient un bon témoignage, pleins de l’Esprit Saint et de sagesse, que nous établirons sur cette affaire » (Actes 6:3) · « Corneille, centurion, homme juste et craignant Dieu, et qui a un bon témoignage de toute la nation des Juifs, a été averti divinement par un saint ange » (Actes 10:22) · « Timothée… lequel avait un bon témoignage des frères qui étaient à Lystre et à Iconium » (Actes 16:2) · « Un certain Ananias, homme pieux selon la loi… avait un bon témoignage de tous les Juifs qui demeuraient là » (Actes 22:12) · « Or il faut aussi qu’il ait un bon témoignage de ceux de dehors, afin qu’il ne tombe pas dans l’opprobre et dans le piège du diable. » (1 Timothée 3:7) Deux domaines sont particulièrement concernés par la fidélité et l’exemplarité : 6.4 Fidélité et exemplarité dans la famille Le premier domaine est la vie de famille, où l’exemplarité est spécialement requise de ceux qui sont à la tête. 1 Timothée 3:4-5, 7 en donne la raison toute simple : comment s’occuper de la maison de Dieu quand on ne sait pas s’occuper de sa propre maison ? Il est assez remarquable que ce soin vis-à-vis des enfants soit déjà signalé par Dieu chez Abraham, et c’est en raison de cette fidélité que Dieu lui a communiqué ce qu’Il se proposait de faire aux villes de Sodome et Gomorrhe. Abraham, connaissant ainsi ce propos de Dieu, a pu devenir intercesseur en faveur de ces villes (Genèse 18:19 et la suite), ce que Lot n’a pas pu faire. La plus grande joie de l’apôtre Jean, l’apôtre de l’amour, était de savoir que ses enfants marchaient dans la vérité (3 Jean 4). Malachie 2:16 montre l’inverse à la fin d’une dispensation (l’ancienne alliance), et Dieu est obligé d’insister sur Sa haine de la répudiation ; les hommes couvraient l’autel de l’Éternel des pleurs des femmes abandonnées (Malachie 2:13). Cette indifférence vis-à-vis du lien conjugal allait de pair avec l’indifférence vis-à-vis de l’Éternel décrite au ch.1 du même livre. Les fautes conjugales multipliées ne sont pas un hasard, mais elles accompagnent les errements et la désobéissance à la Parole de Dieu quant à la pratique du ministère. 6.5 Fidélité et exemplarité dans les questions d’argent 1 Timothée 3:3 requiert des anciens qu’ils n’aiment pas l’argent : Dieu va à la racine des choses ; non seulement il veut que les Siens soient honnêtes, mais il veut davantage ; il faut que leur cœur ne soit même pas incliné vers l’argent. Peut-on dire qu’on n’aime pas l’argent quand on a un train de vie ultra-luxueux comme certains leaders ? 1 Timothée 6:5 qualifie d’hommes corrompus dans leur entendement ceux qui estiment que la piété est une source de gain. Cette attitude de recherche de l’argent est aussi dénoncée par Pierre (2 Pierre 2:13-14) et Jude (v.11). Comment, dès lors, accepter que certains réclament perpétuellement de l’argent ? Les simples serviteurs également doivent ne pas être avides d’argent, ce qui serait un gain honteux pour eux, et être irréprochables à ce sujet (1 Timothée 3:8-10). Même les esclaves sont exhortés à être fidèles dans ce domaine (Tite 2:10). L’apôtre Paul donne un exemple remarquable de contentement dans une situation très dure, puisqu’il était en prison, manquant parfois du nécessaire, appréciant quand il recevait de l’aide, ne se plaignant jamais quand il était dans le besoin (Philippiens 4:10-20). Ce passage confirme Philémon 14 qui nous dit que faire le bien ne doit pas être l’effet de la contrainte (il est inacceptable d’exiger qu’on montre les bulletins de salaire pour prouver qu’on a donné au moins la dîme). Les manquements dans le domaine de l’argent jettent spécialement l’opprobre (1 Timothée 3:7) sur le fautif et, ce qui est pire, sur le nom du Seigneur (Héb.6:6), car le monde voit très bien que les paroles sur le ciel et la grâce de Dieu cachent des intérêts sordides et terrestres ; le témoignage du chrétien en est détruit, et le Seigneur déshonoré. L’appât du gain et le manque de sobriété (Tite 2:6,12) sont déjà désapprouvés par la Parole ; mais que dire alors de malhonnêtetés directes, de détournements d’argent ?! Dieu permet que les choses s’aggravent pour que l’intérieur des cœurs soit manifesté (Luc 8:17 ; 12:2-3 ; 2 Cor.5:10-12). 6.6 Fidélité dans la discipline et les restaurations 6.6.1 Ne pas « laisser-faire » Quand on a ainsi compris l’enseignement de l’Écriture, et qu’on voit certains le transgresser en face, non pas par simple erreur occasionnelle, mais régulièrement, on ne peut pas en prendre son parti. Le Seigneur reproche à l’assemblée de Thyatire de « laisser faire » une prophétesse en son sein (Apoc.2:20) et Timothée avait mission de faire taire certaines personnes qui donnaient un enseignement incorrect (1 Timothée 1:3). 6.6.2 Discipline et restaurations superficielles Un problème important aujourd’hui est celui des restaurations superficielles. Des « ministres » tombent dans le péché et voilà qu’on s’occupe tout de suite à leur « restauration », sans attendre que la repentance ait eu lieu. En outre, par le terme « restauration », on n’entend pas, en général, une restauration spirituelle et morale, mais une possibilité de reprendre « l’activité de son ministère ». L’Écriture donne des exemples de confessions express, superficielles, sans valeur : Saül disant à Samuel : « j’ai péché, honore-moi en la présence des anciens de mon peuple » (1 Samuel 15:30 ; voir Matthieu 27:4 avec Judas ; Nombres 14:40 ; le pharaon Exode 9:27 ; 10:16 ; Balaam Nombres 22:34 ; etc.). On ne trompe pas Dieu, ces confessions express n’écartent pas le jugement. L’Écriture instruit sur la manière de restaurer sérieusement. En 1 Cor.5 l’apôtre Paul exhortait l’assemblée de Corinthe à ôter du milieu d’elle celui qui avait commis une faute morale, et il qualifie les fornicateurs de « méchant ». En 2 Cor.2 l’apôtre évoque bien le pardon, mais il le pouvait parce ce que la personne avait été plongée dans une grande tristesse, une tristesse que 2 Cor. 7:9-11 qualifie de « tristesse à repentance », une « tristesse selon Dieu » accompagnée « d’indignation ». Il faut que la désobéissance à la Parole et le déshonneur jetés sur le nom du Seigneur soient sentis et condamnés (d’où le terme de « vengeance » utilisé en 2 Cor.7:11), à la fois par celui qui a péché et par les autres croyants. Dieu veut la « vérité dans l’homme intérieur », « un renouvellement de l’esprit droit » (Psaume 51:6,10). Accepter que quelqu’un quitte sa femme pour prendre la femme avec laquelle il a forniqué, c’est mépriser la Parole et le Seigneur Lui-même. Laisser celui qui a forniqué recommencer son ministère comme avant, c’est mépriser ce que l’apôtre dit à Timothée et Tite (1 Tim.3:2 ; Tite 1:6). 6.6.3 Perte de l’autorité morale et de la puissance spirituelle Quand un ministère a chuté pareillement, quelle autorité morale lui reste-t-il ? (Luc 16:11 ; noter que dans ce passage les malhonnêtetés de gestion financière sont spécialement visées). Pourquoi chercher à le rétablir dans ses fonctions rapidement ? L’exemple type est celui de Samson ; il avait péché et forniqué et croyait que sa force demeurait (Juges 16) ; or la puissance spirituelle ne peut pas subsister chez le serviteur du Seigneur qui a péché publiquement, a déshonoré le Seigneur et n’a pas passé par une profonde repentance. En aucun cas, on ne peut accepter que le ministère, et encore moins le succès du ministère, permettent de minimiser les fautes ; au contraire ils les accentuent. La gravité des fautes se pèse par rapport au Seigneur et à Sa gloire, le succès du ministère ne fait que rendre la honte plus grande en cas de faute. Pierre a été restauré après son reniement du Seigneur, mais on le voit pleurer amèrement (Matthieu 26:75) très rapidement dès qu’il se rend compte de ce qu’il avait fait ; le Seigneur a eu affaire avec lui une première fois (1 Cor. 15:5), puis plusieurs fois ensuite (Jean 20 et 21). Les propos qu’il tient en Jean 21 montrent un brisement profond, et ceux tenus en Actes 3:14-15 montrent une restauration spirituelle complète. Chercher à cacher sa faute est une preuve d’endurcissement. On ne peut soutenir que la vie privée ne regarde pas les fidèles, même si la Parole condamne la médisance spécialement à l’encontre des anciens (1 Timothée 5:19 ; Lévitique 19:16 ; Romains 1:30 ; 2 Corinthiens 12:20 ; Tite 2:3 ; 1 Pierre 2:1). 6.6.4 Sensibilité spirituelle quand l’Esprit Saint agit vraiment Le propre d’un temps de réveil est d’être un temps où l’activité du Saint Esprit se déploie en toute liberté. Le jugement du mal y est alors particulièrement net (Actes 5). La référence pour mesurer la fidélité n’est pas la façon de vivre des autres communautés que nous fréquentons, mais c’est la Parole de Dieu, les droits du Seigneur et de l’Esprit Saint. Le développement du péché attriste le Saint Esprit (Éphésiens 4:30) et restreint Son action. Ne pensons pas que réveil et péché aillent ensemble. Quand le péché se généralise, il n’y a plus de réveil, et les vrais fidèles ne forment plus qu’un petit troupeau, un résidu (2 Timothée 2:22 ; Malachie 3:16-18 ; Luc 1 et 2). 7 Origine des affaires 7.1 La multiplication des affaires n’est pas un hasard La multiplication de désordres moraux n’est pas le fruit du hasard comme nous l’avons vu en Malachie. Certes Malachie dénonce le manque de cœur pour le Seigneur, mais il faut s’interroger s’il n’y a pas une cause commune à tous ces cas ? Il ne s’agit pas ici de se faire l’« accusateur des frères » (rôle de Satan, Apoc.12), mais on ne peut éviter que les fidèles se posent la question et nous cherchons ici à répondre à ces interrogations. Insister sur l’action du Saint Esprit dans les croyants est une bonne chose car c’est un élément caractéristique du christianisme. Mais Satan cherche toujours à contrefaire ce qui est de Dieu. Sans aller jusqu’à l’action directe de Satan, il y a un gros risque pour chacun de nous de confondre les pensées de l’homme avec celles de l’Esprit Saint. Comment faire la distinction, si ce n’est en appliquant l’éclairage de la Parole de Dieu ? 7.2 Mauvais effets de l’évangile de prospérité Commençons par la question d’argent et d’honnêteté financière. L’évangile de la prospérité s’est répandu dans ces mouvements dits de réveil, et les leaders le proclament haut et fort. Or c’est clairement une fausse doctrine, le Seigneur Lui-même ayant vécu dans la pauvreté (2 Cor. 8:9 ; Matt. 17:24-27), et les apôtres n’ont jamais annoncé une vie facile pour les croyants, bien au contraire (Romains 5:3 ; 1 Pierre 1:6 ; 4:12). Alors quand on annonce la prospérité matérielle et qu’elle ne peut que tarder à venir, puisque Dieu ne l’a pas promise, il est inévitable d’être tenté, et même plus, de vouloir accélérer la venue de cette prospérité par des moyens humains, personnels, forcément douteux. 7.3 Deux natures : Pensées de l’Esprit et pensées de la chair Les affaires morales (de mœurs) maintenant. Il y a convergence d’un double problème : d’abord on insiste sur le Saint Esprit qui guide le croyant sans dissocier les pensées personnelles d’avec celles de l’Esprit, et ensuite on n’enseigne pas la présence de la chair, toujours mauvaise, dans le croyant, — selon Romains 7:18 « en moi en ma chair, il n’y a point de bien ». Cette question des « deux natures », le nouvel homme et le vieil homme, ou la chair comme l’appelle l’apôtre Paul, revient souvent dans les épîtres (Romains 6 à 7 ; Galates 5 ; Colossiens 3 ; Éphésiens 4, et d’autres). Il est fondamental de comprendre ce point pour avoir à la fois la paix avec Dieu et l’assurance que nous sommes de bien-aimés enfants de Dieu, et en même temps comprendre pourquoi il y a toujours ces mauvaises tendances chez nous qui nous entraînent à mal faire ; le croyant a à nourrir le nouvel homme, et à tenir la chair dans la mort. Le résultat de cette double erreur est que l’on prend ses propres pensées pour celles de l’Esprit de Dieu sans se méfier qu’elles puissent être mauvaises. Dans de telles conditions, on est la proie facile aux tentations et chutes morales. Le mysticisme et la sentimentalité humaine (non pas la compassion selon Dieu) présentent les mêmes dangers. Il y a une déviation encore pire : au lieu de recevoir ce que dit l’Écriture quant aux mauvais désirs et aux mauvaises pensées en nous qui viennent de « la chair » et qu’on doit « tenir dans la mort » (Rom.6:11 ; Col. 3:5-11), on attribue ces mauvaises pensées et ces mauvais désirs à des démons, et on se lance dans l’exorcisme pour en débarrasser les âmes. Le résultat de cet errement est double : ignorant « la chair », on ne cherche pas à la tenir dans la mort et elle continue de plus belle à pousser au mal ; et exorciser des personnes qui n’ont pas de démons les met dans un trouble et une détresse insurmontables. Toujours dans le même sens, le parler en langues avec des langues incompréhensibles (alors que quand Dieu parle, c’est toujours pour se faire comprendre) est un exemple manifeste de confusion entre la pensée de l’Esprit et les pensées de l’esprit humain ou d’esprits mauvais. Les mauvais résultats ne sont pas bien loin. On voit ainsi que dans les deux domaines financier et moral, il est capital de revenir à l’Écriture pour tous les détails de la vie personnelle et collective, pour avoir de saines pensées (2 Timothée 3:14-17). Il ne suffit pas de prétendre être conduit par l’Esprit Saint pour l’être effectivement ; encore faut-il que ce qu’on manifeste soit conforme à la Parole de Dieu ; elle est le seul test ou moyen de contrôle de notre conduite. 7.4 Effets d’accentuation Si ce qui précède a mis en relief l’origine des affaires, il est certain qu’elles sont aggravées, accentuées par toute sorte d’autres désobéissances à l’Écriture ou de violations des modèles de l’Écriture dont nous avons parlé ci-dessus : les titres que les leaders s’attribuent indûment, l’autorité qu’ils se donnent ou se font donner, le manque d’humilité, la pratique incorrecte du service chrétien ou de la vie de l’assemblée chrétienne, etc. sont autant de catalyseurs d’accélération des chutes. L’absence de jugement de la chair laisse les convoitises amorcer, puis enfanter le péché, comme dit Jacques (1:13-15). Les trois éléments du péché selon 1 Jean 2:16 et Gen.3:6, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie nourrissent et sont nourris par l’appât du gain, la vie dans le luxe, la puissance (fausse ou réelle), l’autorité (fausse ou réelle), la légèreté et la superficialité dans la conduite et les relations avec les autres, le manque de soin vis-à-vis de la vie de famille, le manque de respect du lien conjugal, etc. Il y a là des cercles vicieux où l’on perd vite tout discernement. 8 Conclusion Nous répétons que le but de cet article n’est pas d’accabler tant de vrais croyants qui désirent goûter la vie par l’Esprit de Dieu. Mais nous avons cherché à identifier les racines d’égarement selon l’Écriture. C’est en le comprenant qu’on peut revenir à une vie plus en accord avec un vrai témoignage chrétien, où le Seigneur pourra être honoré. Nous demandons au Seigneur que ces quelques réflexions amènent chacun à bien s’interroger sur ce qu’est la vraie conduite par l’Esprit, afin que les assemblées chrétiennes soient un peu plus à la gloire du Seigneur.

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