Un peuple pour Son nom

10:32Ministere MotsdeDieu

Actes des apôtres, chapitre 2 1 L’effusion du Saint Esprit (ou : le Saint Esprit répandu) — Actes 2:1-4 Ce chapitre est très important. Avec l’aide de Dieu, nous chercherons à en saisir le sens avec le plus grand soin et avec prière. En effet, le fait même que beaucoup de chers enfants de Dieu n’ont pas compris le contenu de ce chapitre, a donné lieu aux interprétations les plus étranges, voire fausses, avec des répercussions fatales sur leur vie de foi. 1.1 Plan du chapitre Ce chapitre décrit des événements d’une importance extraordinaire, dont le premier est l’effusion du Saint Esprit (ou : le Saint Esprit répandu). Cette effusion a eu pour effet de former le Corps de Christ, l’Assemblée du Dieu Vivant. En second lieu on trouvera d’autres résultats hautement intéressants de la descente du Saint Esprit, et il faudra se demander s’il faut s’attendre encore aujourd’hui à ces mêmes résultats. En troisième lieu, nous entendrons la première prédication chrétienne. Nous verrons son contenu en profondeur. En quatrième lieu, on trouvera quelques résultats essentiels produits par le discours de Pierre sur ses auditeurs juifs. En dernier lieu, nous apprendrons ce qui caractérisait les premiers chrétiens sur leur chemin commun — un sujet auquel nous ne saurions être trop attentifs. Toutes ces vérités nous ramènent à tous égards à « ce qui était dès le commencement » — non pas tant selon la doctrine, mais bien plutôt selon la pratique. Les cinq parties de ce chapitre sont les suivantes : 1. L’effusion du Saint Esprit (2:1-4), 2. Les résultats immédiats de Sa présence (2:5-13), 3. Le discours de Pierre (2:14-36), 4. Les résultats de ce discours (2:37-41), 5. Les caractéristiques des premiers chrétiens (2:42-47). 1.2 Le jour de la Pentecôte — Actes 2:1 « Et comme le jour de la Pentecôte s’accomplissait, ils étaient tous ensemble dans un même lieu » (2:1). La promesse du Père (1:4) dont avaient déjà parlé Jean le Baptiseur (Jean 1:33), puis particulièrement le Seigneur Jésus Lui-même (Luc 11:13 ; Jean 7:37-39 ; Jean 14 à 16), était sur le point de s’accomplir : Le Saint Esprit allait venir sur la terre comme personne de la Déité, afin de faire Son habitation aussi bien dans les croyants individuellement (1 Cor. 6:19) que dans l’ensemble des croyants (2 Cor. 3:16), et ainsi de les lier ensemble, afin qu’ils soient baptisés en un seul corps, le corps de Christ sur la terre (1 Cor. 12:13). Cela allait être le commencement de quelque chose de tout nouveau, le commencement d’une nouvelle création. « Peu de jours » s’étaient écoulés, depuis que le Seigneur, avant Son ascension, avait parlé à Ses disciples et leur avait dit : « Mais vous, vous serez baptisés de l’Esprit Saint, dans peu de jours » (1:5). Effectivement, cela eu lieu seulement dix jours après que leur Sauveur soit monté au ciel sous leurs yeux. Ils avaient été consolés par le message des envoyés célestes selon lequel leur Seigneur, qui avait été élevé d’avec eux dans le ciel, reviendrait de la même manière qu’ils L’avaient vu s’en aller au ciel. Cependant les anges n’avaient indiqué aucune époque ni aucune date quelconques pour ce retour. Le Seigneur n’avait pas non plus donné de moment précis pour la venue du Saint Esprit. Il avait seulement dit qu’elle aurait lieu dans « peu » de jours. Il est donc évident que les disciples n’ont pas su quand le Saint Esprit descendrait sur eux. Mais en vue de ce grand événement qu’ils attendaient, ils avaient fait la seule chose juste : Ils étaient restés dans la chambre haute et avaient persévéré d’un commun accord dans la prière (1:14). Il ne nous est raconté qu’un seul événement intervenu dans les dix jours intermédiaires entre l’ascension du Seigneur et la venue du Saint Esprit : Le choix de Matthias comme douzième apôtre à la place du traître, qui s’en était allé en « son propre lieu ». Mais le moment de la venue de la venue du Saint Esprit était déterminé avec précision dans le calendrier divin, déjà 1500 ans auparavant, même si les disciples ne le savaient pas : c’était le jour de la Pentecôte. Il s’agit ici d’une fête israélite, qui ne reçut cette appellation (grec pentecosté = le cinquantième [jour]) que plus tard par les Juifs de langue grecque. À l’origine, elle s’appelait autrement. L’Ancien Testament cite trois noms : Fête de la moisson (Exode 23:16), fête des semaines (Ex. 34:22 ; Deut. 16:10) et Jour des premiers fruits (Nombres 28:26), c'est-à-dire des premiers fruits de la moisson du froment (cf. Ex. 34:22). 1.2.1 Trois fêtes de l’Éternel importantes et leur signification Les Israélites avaient dû, selon l’ordre divin, compter sept semaines complètes à partir du jour de la présentation de la gerbe tournoyée (Lév. 23:15-16), pour alors fêter la fête des semaines. La présentation de la gerbe tournoyée, quant à elle, était prescrite le lendemain du sabbat (Lév. 23:11) qui suivait la fête de Pâque. Voici l’ordre chronologique des « fêtes de l’Éternel » qui nous occupe maintenant : · Le quatorzième jour du mois de Nisan, on célébrait la Pâque à l’Éternel, · Le jour suivant le sabbat faisant partie de la semaine de la Pâque, le « lendemain du sabbat » (c’est-à-dire le premier jour de la semaine, notre dimanche), on tournoyait devant l’Éternel la gerbe des prémices de leur moisson (moisson d’orge). Ce « lendemain du sabbat » appartenait à la fête de Pâque (Lév. 23:5-8) ou à la semaine de Pâque [fête des pains sans levain], · Puis, sept semaines entières plus tard, de nouveau « le lendemain du sabbat », le septième sabbat, il y avait la fête des semaines. En plus des sacrifices prescrits, il fallait apporter une offrande de gâteau nouvelle, composée de deux pains de deux dixièmes de fleur de farine — exceptionnellement ils devaient être cuits avec du levain. Tout cela a une signification imagée profonde, incompréhensible à tout homme jusqu’alors. On n’a pu saisir la vraie signification des fêtes de l’Éternel qu’après que les choses qu’elles préfiguraient aient eu leur plein accomplissement dans le Seigneur Jésus. Le Seigneur Jésus, en tant que vrai Agneau pascal, en tant que « notre Pâque » (1 Cor. 5:7), a été immolé exactement au temps prédéterminé, le quatorzième jour du mois Nisan. Il avait célébré la Pâque avec Ses disciples le soir avant Sa mort. Les jours juifs commençaient le soir, et allaient jusqu’au soir du lendemain. C’est ainsi que le Seigneur a mangé la Pâque au premier soir, et est mort avant le second soir sur la croix de Golgotha, Lui, l’Agneau sans défaut. C’était vers trois heures de l’après-midi. Le corps du Seigneur a reposé dans le tombeau durant le sabbat (Luc 23:53-56 ; Jean 19:31-42). Au premier jour de la semaine qui suivait, Il est ressuscité comme la vraie « gerbe tournoyée », vainqueur de la mort et du diable. À cette occasion, l’expression « gerbe des prémices » de Lév. 23:10 dirige les regards vers Christ comme Prémices de ceux qui sont endormis (1 Cor. 15:20, 23). De la même manière dont Christ, les prémices, est ressuscité d’entre les morts, au temps de la « moisson », de même tous ceux qui sont du Christ ressusciteront d’entre les morts à Sa venue, ou bien, selon le cas, seront changés (1 Cor. 15:23, 51-52). Bienheureuse part ! Cher lecteur, auras-tu aussi part à la « première résurrection » (Apoc. 20:6) ? Es-tu aussi déjà « du Christ » ? Si non, alors hâte-toi d’aller à Lui encore aujourd’hui ! Celui qui est le Sauveur du monde (Jean 4:42), veut aussi être ton Sauveur. Exactement cinquante jours plus tard, pas un jour plus tôt ni un jour plus tard, s’accomplit ce qui avait été préfiguré dans la fête des semaines. Car pour la Pentecôte, Dieu n’avait fixé qu’un seul jour de fête — contrairement à la fête des pains sans levain qui durait sept jours, ou à la fête des tabernacles qui durait huit jours. Par la descente du Saint Esprit, l’Assemblée de Dieu fut formée à partir de Juifs et de païens (cf. les « deux pains », Lév. 23:17). C’est le début d’une nouvelle dispensation, ce à quoi faisait allusion l’offrande de gâteau nouvelle, qui devait être apportée à l’Éternel. Or les deux pains devaient être cuits avec du levain (le levain est toujours une figure du péché), tandis que dans toutes les autres offrandes de gâteau, aucun « levain » ne devait être présent (Lév. 2:11) : ce fait devient vite compréhensible, si nous pensons à ce que les offrandes de gâteau en général parlent du Seigneur Jésus dans Sa sainteté et Sa pureté comme homme, tandis que les deux pains de Pentecôte sont une figure de l’assemblée. Les croyants ne sont pas sans péché ; même après leur conversion, ils ont encore le péché en eux. Mais les pains levés étaient offerts à Dieu à l’état « cuit ». C’est une allusion au fait que le péché des croyants a été jugé [et condamné] dans la mort de Christ, même s’il est encore présent en eux (1 Jean 1:8). Mais dans la puissance de l’Esprit qui habite en eux, ils sont capables de se tenir pour morts au péché (et ils sont tenus de le faire), et pour vivants à Dieu dans le Christ Jésus (Rom. 6:11). 1.2.2 Pentecôte : Le jour de naissance de l’Assemblée La Pentecôte, c’est le jour de naissance de l’Assemblée, et par-là le commencement d’une ère nouvelle. Il n’y avait pas d’Assemblée auparavant, et elle n’est pas née plus tard. Le fait qu’il ne pouvait pas y avoir d’Assemblée auparavant est montré clairement par les paroles du Seigneur en Matt. 16:18, lorsqu’Il dit : « sur ce roc, je bâtirai mon Assemblée ». Elle n’a même pas existé au temps de la vie du Seigneur ici-bas. Selon ce que montre Éph. 3:1-10, elle était cachée dans le cœur de Dieu, comme un secret [ou : mystère], pendant tout le temps de l’Ancien Testament. Personne ne pouvait la connaître, ni Abraham, ni Moïse, ni aucun autre croyant de l’Ancien Testament. La pensée de certains que l’Assemblée n’aurait débuté qu’après le commencement du ministère de Paul, n’est pas plus tenable que l’idée selon laquelle les douze apôtres n’auraient jamais fait partie de l’Assemblée, au motif qu’ils seraient toujours restés sur le terrain du royaume. Il est bien vrai que la doctrine concernant l’Assemblée comme maison de Dieu et comme corps de Christ n’avait pas encore été donnée à connaître lors de l’effusion du Saint Esprit. Paul est absolument le seul à avoir été appelé à ce service, et à ce moment-là, il n’était même pas encore converti. Nous n’avons pas le droit de faire l’erreur de croire, que quelque chose ne peut pas exister tant que l’enseignement sur cette chose n’a pas encore été donné. L’Assemblée comme corps de Christ existait avant que l’apôtre ait fait connaître la révélation reçue de Dieu à ce sujet ; la preuve en est clairement donnée par le fait qu’à la conversion de Saul de Tarse, celui-ci entendit du ciel la voix du Seigneur Jésus glorifié : « Saul ! Saul ! pourquoi me persécutes-tu ? ». Du fait qu’il était l’instrument choisi de Dieu pour annoncer la doctrine de l’unité de Christ et de l’Assemblée, la première allusion à cette grande vérité lui fut justement donnée à sa conversion. Combien cela fait ressortir la sagesse de Dieu ! Actes 2 nous apprend donc qu’une chose peut exister, et qu’on peut même y avoir part sans le savoir. C’est dans ce chapitre que le corps de Christ a été formé par le baptême du Saint Esprit, mais les disciples ne le savaient pas : L’enseignement à ce sujet n’est arrivé que des années plus tard. Il en va de même, par exemple, pour la question de savoir si les croyants de l’Ancien Testament étaient nés de nouveau. Or ils avaient sans aucun doute reçu une vie nouvelle, une vie divine. Mais ils ne le savaient pas ; car cette vérité n’a été pleinement dévoilée que dans le Nouveau Testament. Nous apprenons aussi ici, — relevons-le encore une fois — ce qui assemblait les disciples en un seul corps. C’était la descente du Saint Esprit, non pas leur foi personnelle. Certains disent que c’est la foi qui nous unirait, mais ce n’est pas juste. C’est en réalité le Saint Esprit qui seul l’opère. Les disciples avaient déjà la foi quand le Seigneur était parmi eux. Or le Seigneur Jésus leur a dit : « À moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12,24). Il n’y a pas d’union avec un Christ devenu chair. Il fallait préalablement qu’Il meure, qu’Il ressuscite en vainqueur, et qu’Il envoie d’en haut le Saint Esprit comme sceau d’une rédemption accomplie. C’est par cela que s’est produite cette chose nouvelle, l’unité entre Christ et les Siens, de sorte que maintenant, tous ceux qui sont unis au Seigneur sont « un seul esprit [ou : Esprit] avec lui » (1Cor. 6:17). 1.2.3 Tous ensemble en un même lieu — Actes 2:1 Mais retournons maintenant au déroulement historique des événements ! « Comme le jour de la Pentecôte s’accomplissait », non pas comme il touchait à sa fin, mais comme ce jour suivait son cours (c’est le sens de la forme du verbe en grec), pendant la fête de Pentecôte donc, « ils étaient tous ensemble dans un même lieu » (2:1). Combien cela est beau ! Les disciples avaient été assemblés précédemment en un même lieu au jour de la résurrection du Seigneur ; ensuite, après Son ascension, ils étaient montés dans la chambre haute, et y étaient restés ; et maintenant nous entendons répéter qu’ils étaient réunis en un même lieu. De quelle sorte d’endroit il s’agissait, cela ne nous est pas communiqué. Peut-être était-ce la même chambre haute que celle où ils avaient passé dix jours en prière dans l’attente de l’accomplissement de la promesse. Peut-être était-ce aussi une maison faisant partie des bâtiments extérieurs du temple. Le fait que la foule des Juifs qui séjournait à Jérusalem à l’occasion de la fête, entendit le bruit, ou le mugissement comme on peut bien traduire le verset 6, parle en faveur de cette dernière idée. En tout cas les croyants étaient là tous ensemble, aucun d’eux ne manquait. J’admets qu’il s’agissait des 120, des convertis de Jérusalem que nous avons vu au ch. 1, et non pas par exemple des 500 frères de Galilée dont parle 1 Cor. 15. Il était important que tous ceux-là soient assemblés au même moment en un même lieu, et non pas dispersés dans le parvis du temple ou chez quelques Juifs pieux venus à Jérusalem pour la fête. Certainement, c’est l’Esprit qui avait opéré de cette manière. 1.3 Le Baptême du Saint Esprit — Actes 2:2-3 « Et il se fit tout à coup du ciel un son, comme d’un souffle violent et impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Et il leur apparut des langues divisées, comme de feu; et elles se posèrent sur chacun d’eux » (2:2-3). Considérons l’expression tout à coup ! L’assemblée n’est pas issue d’un processus long et pénible, mais Dieu l’a créée en un instant. Elle n’existait pas précédemment, et maintenant elle était là, d’un coup. C’est un miracle de Dieu, que nous ne pouvons ni ne voulons expliquer. Mais nous le croyons, parce que la parole de Dieu nous le communique ainsi. Pareillement quand l’Assemblée sera enlevée de ce monde, cela se passera de nouveau de manière très soudaine. Le changement et l’enlèvement des saints aura lieu en un clin d’œil (1 Cor. 15:52) (*). Ces événements seront un pur miracle. Combien il est beau qu’il nous soit permis de le savoir : notre époux vient en se hâtant, il vient vite ; car c’est là le sens du mot « bientôt » en Apoc. 22:20 ! (*) note Bibliquest : la durée d’un clin d’œil qui figure en 1 Cor. 15 ne concerne que la résurrection des morts et le changement (transmutation) des vivants, non pas l’enlèvement décrit en 1 Thes. 4. 1.3.1 Pas de renouvellement du baptême de l’Esprit Le son, ou mugissement, vint du ciel, et cela montre que cette œuvre est venue du ciel et a été opérée par Dieu, le Saint Esprit. C’était le baptême « avec » le Saint Esprit, ou « dans la puissance du » Saint Esprit — une vérité dont parle l’apôtre Paul parle en 1 Cor. 12. Le v. 13 de ce chapitre important contient une déclaration absolue, qui de manière significative est énoncée au passé et désigne un processus achevé et du passé : «Car aussi nous AVONS tous ÉTÉ BAPTISÉS d’un seul Esprit pour être un seul corps … et nous AVONS tous ÉTÉ ABREUVÉS pour l’unité d’un seul Esprit ». Cela m’amène à faire la remarque qu’il n’y a pas tous les jours un nouveau baptême de l’Esprit. Le corps n’est pas de nouveau formé tous les jours. Le Seigneur Jésus a parlé en Actes 1:5 de ce baptême, et le fait lui-même a eu lieu au jour de la Pentecôte au ch. 2. Au début, seuls des croyants issus des Juifs formèrent l’Assemblée. En Actes 8 et 10 des croyants issus des Samaritains et des nations sont introduits. Le corps de Christ n’a eu sa pleine stature prévue que lorsque les croyants des nations furent ajoutés dans cette unité. C’est pourquoi, l’apôtre dit « soit Juifs, soit Grecs ». Or cet ajout ultérieur d’individus au corps de Christ n’est jamais appelé « baptême du Saint Esprit » dans l’Écriture, mais sceau, réception d’arrhes ou onction (2 Cor. 1:21-22 ; Éph. 1:13-14 ; 4:30; 1 Jean 2:20). Le croyant qui aujourd’hui dans la période de la grâce s’appuie par la foi sur l’œuvre rédemptrice du Seigneur Jésus, et peut dire en vérité « Abba, Père », — celui-là reçoit personnellement le Saint Esprit : « parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, criant : Abba, Père » (Gal. 4:6). Ainsi le chrétien possède le Saint Esprit comme sceau, comme arrhes, comme onction — et quatrièmement aussi comme témoignage (1 Jean 5:6). C’est toujours le même Saint Esprit qui fait Son habitation dans le croyant, seulement Il est vu chaque fois sous un aspect différent. Mais du fait que Dieu le Saint Esprit, habite maintenant dans le corps du croyant comme dans un temple (1 Cor. 6:19), ce croyant devient aussi un membre du corps de Christ. C’est ce côté qui nous occupe ici dans une mesure toute spéciale. Privilège immense ! Cependant celui qui n’a pas l’Esprit de Christ, qui n’est pas Sien (Rom. 8:9), celui-là n’est pas du Christ dans la puissance de la rédemption. Ce passage ne se rapporte pas au caractère de Christ, mais à la possession de l’Esprit Saint qui, il est vrai, veut transformer le croyant à l’image de Christ en puissance pratique, comme 2 Cor. 3:18 nous le montre. L’Écriture évite l’expression « baptême du Saint Esprit » en rapport avec l’ajout d’individus après la Pentecôte ; quelques exemples tirés du livre des Actes vont le montrer : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, en rémission des péchés; et vous recevrez le don du Saint Esprit » (2:38). « … qui, étant descendus, prièrent pour eux, pour qu’ils reçussent l’Esprit Saint : car il n’était encore tombé sur aucun d’eux, mais seulement ils avaient été baptisés pour le nom du Seigneur Jésus » (8:15-16). « Comme Pierre prononçait encore ces mots, l’Esprit Saint tomba sur tous ceux qui entendaient la parole » (10:44). « et ayant trouvé de certains disciples, il leur dit : Avez-vous reçu l’Esprit Saint après voir cru ? … et Paul leur ayant imposé les mains, l’Esprit Saint vint sur eux » (19:2, 6). J’ai cherché à montrer, que le baptême du Saint Esprit est un événement qui n’a eu lieu qu’une fois, par lequel le corps de Christ a été formé sur la terre, et qu’ultérieurement les croyants individuels participent à cette bénédiction par la réception personnelle du Saint Esprit. Peut-être est-il utile pour expliquer davantage d’ajouter une image qu’un serviteur du Seigneur, délogé depuis longtemps, avait utilisée. Imaginons un beau jour d’été avec devant nous un étang totalement plat à cause de l’absence complète de vent. Des roseaux ont poussé de manière dense au bord de l’étang, et s’avancent sporadiquement jusqu’au milieu. Nous lançons une pierre au milieu de l’étang ; elle tombe au fond, mais à la surface des vagues rondes se forment et se propagent. Ce jet de pierre correspond au jour de Pentecôte, et la petite vague du commencement engloba le petit troupeau, les cent vingt dans la chambre haute. Pour revenir à cette image : la vague s’élargit rapidement en cercle, et atteint bientôt les roseaux les plus proches et les entoure. Tandis que la vague circulaire continue à se propager pour finalement atteindre le bord, elle entoure de plus en plus de roseaux, jusqu’à tous les inclure. Pareillement, toute âme sauvée par la foi en Christ et scellée du Saint Esprit, est comprise dans le baptême du Saint Esprit. Ce n’est jamais un nouveau baptême, mais tous les scellés ont part à cette bénédiction, ils appartiennent à cette unité merveilleuse. 1.3.2 Signes accompagnateurs Du fait que ce qui eut lieu à la Pentecôte était si absolument nouveau, Dieu dans sa grâce donna des signes accompagnateurs perceptibles par les sens humains. Dieu ne fait pas toujours cela. Les vérités divines, les bénédictions spirituelles sont purement en soi des objets de foi, et elles ne peuvent être saisies que par la foi, non par les organes sensoriels externes de l’homme. Mais à certaines époques et en certaines occasions bien précises, Dieu a daigné confirmer des phénomènes spirituels par des signes extérieurs visibles. Dieu le fait justement quand il y a quelque chose de nouveau. Nous ne saurions nous imprégner assez profondément de ce principe. Cela nous préserverait de bien des attentes et des idées malsaines et chimériques. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet. Trois choses accompagnèrent ici l’accomplissement de la parole du Seigneur : un bruit qu’on entendit, un signe visible qu’on a vu, et un effet qui fut manifeste. Cependant avant d’aborder ces trois choses, je voudrais remarquer brièvement qu’il ne faut pas confondre les signes accompagnateurs avec la Personne elle-même du Saint Esprit, ni avec Son habitation dans le croyant. Le Saint Esprit déclenche différents effets. Il peut, s’Il l’estime nécessaire, concrétiser Sa Présence de bien des manières. Mais ce n’est pas la même chose que Sa personne elle-même ni que le fait de Son habitation. Ce n’est pas anodin : il se peut qu’Il fasse Son habitation dans un homme, sans pour autant qu’il y ait aucun signe extérieur perceptible. Je n’hésite pas un instant à ajouter que c’est même le cas normal. 1.3.3 Le bruit Passons maintenant aux signes eux-mêmes. Le bruit était comme le son, ou mugissement, d’un vent violent et impétueux ; il remplit toute la maison où ils étaient assis. Ceci nous fait penser à un autre événement. Lorsque Salomon eut achevé le temple, « il arriva que, comme les sacrificateurs sortaient du lieu saint, la nuée remplit la maison de l’Éternel ; et les sacrificateurs ne pouvaient pas s’y tenir pour faire le service, à cause de la nuée, car la gloire de l’Éternel remplissait la maison de l’Éternel » (1 Rois 8:10-11). Cependant quelle différence significative ! C’est la différence entre la loi et la grâce. Sous l’ancienne alliance, quand la nuée, le signe visible de la présence de Dieu, remplit la maison, les sacrificateurs n’ont pas pu supporter cette présence. Ils durent quitter la maison. Mais dans la dispensation de la grâce, les croyants qui sont rachetés et purifiés par le sang de Christ, forment eux-mêmes la maison de Dieu, l’habitation de Dieu par l’Esprit (Éph. 2:22). Ils sont des pierres vivantes, et comme tels sont édifiés pour être une maison spirituelle (1 Pierre 2:4-5). Mieux même, selon ce que 1 Pierre 2 dit plus loin, ils sont aussi une sacrificature sainte et royale. Mais sous la grâce ils ne sont pas chassés de Sa sainte présence ; au contraire Dieu Lui-même fait d’eux Son habitation. Nous ne pouvons pas être approchés plus près. Merveilleuse grâce ! Résultats bénis d’une rédemption accomplie ! Que la maison entière soit remplie par le vent violent, montre sûrement l’aspect collectif de la présence du Saint Esprit. Nous apprenons en 1 Cor. 3, que les croyants forment ensemble le temple de Dieu sur la terre : « vous êtes le labourage de Dieu, l’édifice de Dieu » (v. 9). « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?... car le temple de Dieu est saint, et tels vous êtes » (1 Cor. 3:16-17). C’est un côté malheureusement méconnu de beaucoup d’enfants de Dieu. Car cet édifice de Dieu ne doit pas rester seulement une belle doctrine ou une belle théorie, mais il doit être concrétisé par les Siens dans la pratique et dans la doctrine. Là où Dieu habite, la sainteté est toujours le principe supérieur (Ps. 93:5 ; 1Tim. 3:15 ; 1 Pierre 4:17). Il me semble, que ce son, ou mugissement, comme d’un vent violent et impétueux a pu et dû être perçu par les gens au-dehors. Car la première phrase du v. 6 peut aussi être traduite de la façon suivante : « Et la voix s’étant fait entendre, la multitude s’assembla ». Certainement cette « voix » peut aussi s’appliquer à la rumeur au sujet de ces choses, cependant j’ai l’impression que Luc, l’auteur inspiré, voulait faire référence moins à la rumeur, que plutôt au bruit puissant lui-même que la foule entendit et qui la poussa à se rassembler. S’il en est ainsi, alors cette « voix » (grec phoné = bruyant, bruit, voix, langue parlée), était justement le « bruit » que la foule perçut, et non pas n’importe quel récit rapporté sur le sujet. 1.3.4 Des langues comme de feu — Actes 2:3 Le second signe, par lequel le Saint Esprit manifesta Sa présence fut des langues divisées comme de feu : « Et il leur apparut des langues divisées, comme de feu; et elles se posèrent sur chacun d’eux » (2:3) Pendant que le son du vent impétueux était, comme je le crois, également perçu par d’autres, il n’en fut pas de même avec les langues divisées : elles leur apparurent, c’est-à-dire aux cent vingt croyants. La foule dehors n’a rien vu de cela, car elle n’en fait pas mention plus tard. Ce qui est ici manifesté, c’est l’aspect personnel de l’habitation intérieure du Saint Esprit : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui habite en vous, et que vous avez de Dieu ? » (1 Cor. 6:19). Car il est dit expressément ici au sujet des langues qu’« elles se posèrent sur chacun d’eux ». Cette réception personnelle du Saint Esprit est la part de tous les croyants, pour autant qu’ils aient accepté par la foi l’œuvre de la rédemption accomplie par Christ. Nous avons déjà parlé à ce sujet. Le plus âgé, le plus mûr des chrétiens n’a pas le Saint Esprit plus réellement que le plus jeune croyant qui vient juste d’apprendre, quant au salut de son âme, à s’appuyer entièrement et seulement sur ce que le Sauveur a accompli pour lui sur la croix. Une telle foi est scellée par le Saint Esprit, qui vient en Personne faire Son habitation chez le croyant individuellement. Il ne s’agit pas seulement d’une puissance ou d’une influence en lui. 1.3.4.1 Une bénédiction immense Nous ne saurions trop apprécier la portée immense de cette grande bénédiction. Malheureusement, nous nous occupons beaucoup trop peu de la présence de l’Esprit Saint en nous, et nous en sommes beaucoup trop peu conscients. Avons-nous déjà réfléchi une fois à ce qui nous manquerait, s’Il n’avait pas fait Son habitation en nous comme Personne ? Par exemple, comment pourrions-nous prier par l’Esprit Saint (Jude 20), s’Il n’habitait pas en nous ? Comment pourrions-nous adorer en Esprit et en vérité (Jean 4:23-24), comment pourrions-nous avoir la conscience de notre relation d’enfants de Dieu ? (Rom. 8:16) ; comment pourrions-nous être conduit dans toute la vérité (Jean 16:13-15) ? comment jouir de l’espérance du retour de Christ pour enlever Son épouse (Apoc. 22:17) et jouir aussi de toutes les autres vérités chrétiennes, si « cet autre Consolateur » n’était pas en nous ? N’avons-nous pas accès par Lui auprès du Père (Éph. 2:18) ? L’Esprit n’intercède-il pas pour nous selon Dieu (Rom. 8:27) ? La loi de l’Esprit de vie ne nous a-t-elle pas affranchis de la loi du péché et de la mort, de sorte que nous avons une puissance sur le péché qui habite en nous (Rom. 8:2 et suiv.) ? Comment pourrions-nous faire mourir les actions du corps sinon par l’Esprit (Rom. 8:13) ? et comment faire autrement pour marcher par l’Esprit et porter le fruit de l’Esprit (Gal. 5:16, 22) ? Comment pourrions-nous combattre par l’épée de l’Esprit, sinon avec la puissance de l’Esprit qui habite en nous (Éph. 6:17) ? Comment pourrions-nous nous réjouir de l’amour de Dieu malgré toutes les afflictions et détresses dans ce monde, si ce n’était par l’Esprit Saint qui nous a « été donné » (Rom. 5:5) ? L’Esprit de Dieu habite en nous d’une façon si vraie, que nous ne sommes plus « dans la chair » : Nous sommes « dans l’Esprit » (Rom. 8:9). Un chrétien intelligent en face de la plénitude de bénédictions qui se rattachent à l’habitation intérieure de l’Esprit, peut-il encore prier pour que l’Esprit Saint vienne en lui, ou qu’il reçoive davantage de l’Esprit, ou une portion plus grande de l’Esprit ? Demander cela n’est pas seulement inopportun, c’est finalement de l’incrédulité. Dieu ne donne pas l’Esprit par mesure (Jean 3:34), Il n’en donne pas une portion plus grande ou plus petite, mais Il Le donne sans mesure, sans réserve, c’est à dire, Il Le donne Lui comme Personne. C’est un privilège qui caractérise le vrai christianisme. Et mieux encore, nous pouvons dire : C’est LA marque caractéristique principale des saints du temps de la grâce — un privilège que n’ont pas connu les croyants des époques précédentes, et que ne posséderont jamais les croyants des temps ultérieurs. Non, nous ne pouvons pas prier pour avoir une nouvelle effusion de l’Esprit Saint. Par contre, demander une réalisation plus profonde de Sa présence en nous, c’est naturellement toute autre chose. Nous devrions certainement le faire davantage ! 1.3.4.2 Comme de feu Considérons maintenant le caractère avec lequel le Saint Esprit rend sa présence visible. Ici il est parlé de feu. À l’inverse, quand le Seigneur Jésus fut baptisé au Jourdain, Jean le Baptiseur a vu l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe, et venir sur Lui (Matt. 3:16). La colombe est le symbole de la débonnaireté et de la pureté innocente. Le Seigneur Jésus ne faisait pas entendre sa voix dans les rues (Matt. 12:19), Il était « saint, innocent, sans souillure, séparé des pécheurs » (Héb. 7:26), Il était le vrai Joseph, celui « qui a été mis à part de ses frères » (Gen. 49:26). Considérons aussi comment l’époux du Cantique des cantiques, s’adresse deux fois à l’épouse en l’appelant sa colombe, sa parfaite (Cdc 5:2 ; 6:9). Face à l’impureté de la ville sainte et à l’oppression des impies, le psalmiste se lamente : « Oh ! si j’avais des ailes comme une colombe » (Ps. 55:6) ; il voulait s’enfuir loin des méchants et être séparé des pécheurs. Le Seigneur Jésus Lui-même a utilisé une fois le symbole de la colombe, lorsqu’il avertissait les disciples à être prudents comme des serpents, et Il ajouta : « et simples comme les colombes » (Matt. 10:16). Mais ce n’est pas de cette façon que le Saint Esprit est venu au jour de Pentecôte : les croyants, qui étaient rassemblés en un même lieu, n’étaient pas par nature « saint, innocent, sans souillure », comme le Seigneur Jésus, leur Sauveur, l’était et l’est dans Son Être. C’est pour cela qu’il est parlé de feu ici. Les langues, qui se posèrent sur chacun d’eux, étaient comme de feu. Le feu est une figure de la justice et du jugement de Dieu. Ainsi nous apprenons ici une vérité très importante : le témoignage de la grâce de Dieu, bien que ce soit une grâce sans mélange, n’en est pas moins fondé sur la justice et la sainteté de Dieu. La grâce règne — Dieu soit loué !, — mais elle règne par la justice (Rom. 5:21). Certaines personnes ont une idée très personnelle de la grâce de Dieu. D’un côté ils la confondent avec la licence (en ce qui concerne le croyant) et d’un autre côté avec l’indifférence (en ce qui concerne Dieu), et ils pensent que, si tout est grâce, alors les croyants peuvent pécher sans frein. C’était aussi le langage des adversaires invisibles en Rom. 6, auxquels l’apôtre Paul oppose immédiatement son « Qu’ainsi n’advienne ! » (Rom. 6:1). La conscience de la grâce qu’il a reçue, conduit bien plutôt le croyant vers une vie de justice et de sainteté. Si nous nous tenons dans la grâce, c’est à dire dans la faveur de Dieu, alors cela nous oblige hautement à nous tenir éloignés de ce qui ne plaît pas à Celui qui nous a tant aimés. Je l’ai souvent dit : Si je puis dire d’une chère femme qu’elle est la mienne, alors, justement parce qu’elle m’aime, je ne peux pas agir de manière insouciante, ni faire ce qui la blesse ou ce qui est contraire à son cœur. L’idée qu’étant sous la grâce, on peut pécher en toute tranquillité — voilà une notion tout à fait stupide. Comme toutes les inventions de Satan, cette idée est non seulement stupide, mais elle est fausse et elle induit en erreur, car elle détourne de Dieu. Beaucoup ont non seulement des idées fausses sur la grâce, mais aussi sur le « Dieu de toute grâce ». Ils s’imaginent que Dieu peut simplement agir en grâce vis-à-vis du pécheur, si seulement Il le veut bien. Or cela est absolument faux (ce serait de l’indifférence vis-à-vis du péché) et cela a donné occasion à des fausses doctrines dangereuses. Dieu ne peut user de grâce que sur le principe de la justice. Quelle que soit la miséricorde que Dieu a toujours pour le pécheur, Dieu ne peut pas se départir de Sa Sainteté, qui a nécessité un sacrifice pour le péché. Dieu soit loué ! Comme Hébreux 10 nous le montre, Dieu a trouvé ce sacrifice dans la personne de Son Fils, notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. Sur la base de ce seul sacrifice, « Il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » (Héb. 10:14). C’est pour cela que les langues étaient « comme de feu » : l’attestation que la bonne nouvelle, oui, que l’évangile lui-même est incompatible avec le mal. 1.3.4.3 Pourquoi les langues étaient-elles « divisées » ? Avec cela nous arrivons à la signification des langues divisées. Le fait que ces signes aient été vus, parle certainement de ce que désormais l’évangile de la grâce de Dieu devait être annoncé — et l’être non seulement à un peuple, le peuple des Juifs (le seul peuple dont Dieu s’était occupé jusqu’alors), mais aussi à toutes les nations de la terre. C’est probablement la raison pour laquelle les langues étaient divisées. Dieu ayant conçu et obtenu une rédemption éternelle (Héb. 9:12), il Lui était désormais impossible de continuer à n’être qu’un Dieu des Juifs, il était impossible que le Christ glorifié ne soit le Sauveur que d’un seul peuple. Juifs et nations [Gentils] devaient désormais entendre le précieux message de la grâce. Pour le moment, Dieu n’agissait dans Sa grâce que parmi les Juifs, le peuple des promesses. Mais le principe que l’évangile devrait être aussi annoncé aux nations, était déjà indiqué dans les langues divisées. Ce n’était plus qu’une question de temps, celle de savoir le moment où la parole les atteindrait — et ce moment était effectivement très proche. Déjà en Jean 10, le Seigneur Jésus avait parlé de Ses brebis de la « bergerie », les croyants du peuple juif, et Il avait ajouté, qu’Il avait aussi d’autres brebis, « qui ne sont pas de cette bergerie » ; celles-ci aussi, Il devrait les amener. « Et elles écouteront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger » (Jean 10:16). Voilà ce qui était maintenant sur le point de s’accomplir. 1.3.4.4 La Parole de Dieu comme Juge Revenons encore une fois sur la signification du feu en rapport avec les langues divisées. Comme nous l’avons déjà vu, le feu parle de jugement. En rapport avec les langues divisées, cela insiste manifestement sur la force pénétrante et agissant en jugement, de la parole de Dieu ; elle est vraiment « pénétrante… atteignant jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; et elle discerne (grec kritikos = capable de juger, un critique) les pensées et les intentions du cœur. Et il n’y a aucune créature qui soit cachée devant lui, mais toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de celui à qui nous avons affaire » (Héb. 4:12-13). Nous pouvons donc dire que les langues divisées comme de feu parlent des résultats de la Parole de Dieu dans l’âme des hommes, qu’ils soient déjà sauvés ou non. Si quelqu’un ne se soumet pas à la Parole qui cherche à placer sa conscience dans la lumière de Dieu, cette Parole le jugera au dernier jour (Jean 12:48). Combien cela est solennel ! Au lieu de croire ce que Dieu dit dans Sa sainte Parole, certaines personnes s’érigent en juges placés au-dessus de cette Parole, et s’estiment en mesure d’en être ses critiques. S’ils restent dans cette position — Dieu veuille leur accorder de s’en repentir ! — ils seront amenés un jour à faire l’expérience que c’est cette Parole qui est leur « critique ». Ils n’auront alors aucune réponse à mille questions, et cette Parole sera un témoin impitoyable contre eux. À l’inverse, l’âme croyante se soumet à la parole de Dieu, et elle se laisse conduire par-là au jugement de soi-même. Cela est toujours l’étape qui précède la bénédiction, une bénédiction immense, que cette Parole procure dès lors dans la puissance du Saint Esprit. Un bel exemple de la manière dont la Parole de Dieu opère en puissance sur la conscience des hommes, figure dans notre chapitre, quand trois mille Juifs « eurent le cœur saisis de componction » en entendant la parole de Pierre, et dans la détresse de leurs âmes ils s’écrièrent : « Que ferons-nous, frères ? » (2:37). 1.3.5 Ce qui eut lieu au jour de Pentecôte, était-ce le baptême de feu ? Qu’une remarque soit permise avant d’aller plus loin. Ce qui s’est passé à la Pentecôte, et en particulier les langues divisées comme de feu, n’ont rien à voir avec le baptême de feu dont parlait Jean le Baptiseur en rapport avec le Seigneur Jésus : «Lui vous baptisera de l’Esprit Saint et de feu » (Matt. 3:11). Le baptême du Saint Esprit et le baptême de feu ne sont pas la même chose. Ils sont certes cités en même temps dans la même phrase, mais ils se rapportent à des événements tout à fait différents et séparés dans le temps. Le jour de la Pentecôte, Christ a baptisé les Siens du Saint Esprit. Lorsqu’Il viendra sur la terre en puissance et en gloire, afin d’établir Son royaume, Il baptisera préalablement Son peuple apostat « avec du feu » : « il nettoiera entièrement son aire et assemblera son froment dans le grenier ; mais il brûlera la balle au feu inextinguible » (Matt. 3:12). Le fait que deux choses si différentes soient réunies dans une seule et même phrase ne doit pas nous pousser à la conclusion qu’il s’agit de la même chose. Souvent l’Écriture laisse l’aspect temporel entièrement de côté ; elle veut souvent nous montrer les choses elles-mêmes, non pas leur succession dans le temps. C’est comme deux sommets de montagne qui, vus de loin, semblent tout proches l’un de l’autre, mais qui, une fois qu’on s’en est rapproché, sont effectivement éloignés l’un de l’autre par de grandes vallées. Ainsi en Jean 5:28-29, le Seigneur nous parle de deux résurrections, entièrement différentes de caractère et séparées d’au moins mille ans dans le temps — la résurrection de vie et la résurrection de jugement. Une résurrection unique de tous les morts en une seule fois, cela n’existe pas selon l’Écriture ! C’est une invention du « menteur dès le commencement », qui cherche toujours à gommer la différence entre les justes et les injustes. Un autre exemple de cette manière compacte de présenter les choses se trouve en 1 Pierre 1. Les prophètes de l’Ancien Testament avaient prophétisé de deux choses qui, vues de loin, semblaient étroitement proches, mais qui dans la réalité sont déjà séparées de deux mille ans — les souffrances de Christ et les gloires qui suivraient (1 Pierre 1:11). Nous vivons aujourd’hui dans la vallée entre ces deux « sommets de montagnes ». 1.3.6 Remplis du Saint Esprit — Plein de l’Esprit — Actes 2:4 « Et ils furent tous remplis de l’Esprit Saint, et commencèrent à parler dans d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’énoncer » (2:4). Dans ce verset nous rencontrons une expression, que nous trouverons encore souvent au cours du livre des Actes — l’expression « remplis de l’Esprit Saint ». C’est une condition qui doit être différenciée d’avec le baptême du Saint Esprit ou réception fondamentale du Saint Esprit. Cela ressort clairement du fait qu’en Actes 4:31, précisément la même tournure est employée pour ceux qui avaient reçu le Saint Esprit déjà depuis longtemps, à savoir les apôtres eux-mêmes et les « leurs ». « Et comme ils faisaient leur supplication, le lieu où ils étaient assemblés fut ébranlé, et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et annonçaient la parole de Dieu avec hardiesse » (4:31). Si nous comparons les deux versets ensemble, nous nous apercevons qu’à la suite d’avoir été rempli du Saint Esprit, chaque fois il en est découlé une activité spirituelle ou un service significatif. Dans le premier cas, ils commencèrent à parler d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’énoncer. Dans le second cas, ils annoncèrent avec hardiesse la parole de Dieu malgré les menaces de leurs ennemis. Il n’est pas difficile de reconnaître qu’être rempli du Saint Esprit ne signifie pas une nouvelle réception du Saint Esprit, mais signifie que l’Esprit s’empare d’une manière pratique du croyant chez qui Il habite, au point qu’Il peut entièrement contrôler ses sens, ses pensées, ses capacités, tous ses faits et gestes, de sorte que ce que le croyant fait au service du Seigneur corresponde précisément à ce que l’Esprit Saint voulait. Il en fut ainsi au jour de la Pentecôte, et aussi plus tard. Les vases pour le service furent remplis du Saint Esprit à des moments particuliers et manifestement pour des services particuliers, et ils se tinrent dans cette condition pour l’exercice de ce service particulier sous le contrôle complet du Saint Esprit. Lorsque Pierre fut soumis à un interrogatoire devant le sanhédrin des Juifs « au sujet de la bonne œuvre qui a été faite à un homme impotent », et qu’il fut placé au milieu d’eux, nous lisons (4:8) : « Alors Pierre, étant rempli de l’Esprit Saint, leur dit… ». Lorsque le magicien Élymas résista aux deux serviteurs de Dieu, Barnabas et Saul, et qu’il cherchait à détourner de la foi le proconsul Serge, nous lisons ceci de Saul : « Et Saul qui est aussi appelé Paul, étant rempli de l’Esprit Saint, fixant ses yeux sur lui, dit: … » (13:9). Ces exemples montrent en outre que le contraire de rempli n’est pas vide. Dans des occasions particulières, Dieu a donné une puissance particulière, qui d’ailleurs n’était en général même pas demandée. Le fait d’être rempli du Saint Esprit ne dépend pas de l’habitation du Saint Esprit dans le croyant (tellement les deux choses sont distinctes) : c’est ce qui ressort de passages comme Ex. 28:3 – Deut. 34:9 – Luc 1:15, 41, 67, où dans tous les cas il est question de personnes n’ayant pas encore reçu le Saint Esprit (et pour cause, puisqu’à l’époque Il n’habitait pas encore sur la terre), mais qui furent remplies de l’Esprit Saint pour l’accomplissement d’une mission particulière. Je suis sûr que nous aussi aujourd’hui, nous pouvons faire l’expérience de ce fait d’être remplis de l’Esprit Saint, ou même que nous l’avons déjà expérimenté ; — que nous pouvons prier pour cela quand nous sommes face à une situation particulière, ou à un service difficile, etc. Éph. 5:18 ne nous dit-il pas : « Soyez [constamment] remplis de l’Esprit ». Dans ce passage il y a quand même une différence visible d’avec les exemples précédents, et j’ai cherché à la faire reconnaître en introduisant le mot constamment entre crochets. Tandis que dans les passages cités précédemment, la forme verbale utilisée pour remplis marque quelque chose de momentané, de ponctuel, en Éph. 5:18 l’Esprit Saint utilise une forme verbale qui indique un état qui dure. D’où ce « soyez constamment remplis ». Nous ne devrions pas nous satisfaire d’être remplis du Saint Esprit en certaines occasions, pour effectuer telle ou telle tâche sous Son contrôle et avec Sa puissance, mais nous devrions rechercher à en être remplis et à être conduits par Lui tout le temps, dans toute notre vie et en toute choses. C’est pourquoi nous devons ôter de nos vies ce qui Le contriste (Éph. 4:30), et ce ne sont pas seulement des choses mauvaises, mais aussi souvent des choses que nous considérons comme inoffensives. Si justement nous leur donnons la préférence à Christ, elles sont tout sauf inoffensives. Mais l’Esprit veut nous occuper de Christ, et Il est amoindri dans Son action si d’autres choses s’opposent à Lui dans nos cœurs. Si donc nous voulons être remplis du Saint Esprit, il y aura beaucoup de choses « inoffensives» que nous aurons à éliminer de nos vies. Cela nous amène à encore une autre expression qui apparaît çà et là dans les Actes : plein de l’Esprit Saint. Cela correspond à un état habituel de l’âme, et est utilisé à propos de personnes constamment contrôlées par l’Esprit. Cela s’est trouvé en perfection dans le cas de notre Seigneur (Luc 4:1) et aussi dans une certaine mesure chez Étienne et Barnabas (Actes 6:3,5 ; 7:55 ; 11:24). Quelle belle expression : « plein de l’Esprit Saint et de foi » (6:5 ; 11:24) ! L’Esprit Saint pourrait-il aussi dire cela de nous ? 1.3.7 D’autres langues Le jour de la Pentecôte, le Saint Esprit remplit les disciples et les rendit capable de parler dans d’autres langues, — des langues qu’ils n’avaient jamais apprises. Nous pouvons admettre que tous les cent vingt ont été dotés de cette puissance. Dieu s’apprêtait, dans sa grâce, à franchir les barrières qu’Il avait établies autrefois pour endiguer l’orgueil des hommes par la confusion des langages (Gen. 11:1-9). Il n’ôta pas les barrières des langues — elles demeurent jusqu’aujourd’hui, — mais Il les sauta. Il permit à Ses serviteurs de parler les différents dialectes des peuples : c’était un signe de ce que Son bon message devait atteindre tous les peuples et langues de la terre. Ainsi dans un certain sens, il y avait là un troisième signe de la venue et de la présence du Saint Esprit, à savoir la manifestation audible de langues divisées comme de feu, qui était venues sur chacun d’eux. 1.4 Résumé Avant de nous occuper de plus près de la nature du parler en d’autres langues, résumons ce que nous avons vu dans les quatre premiers versets du ch. 2 des Actes. Trois choses nous ont été montrées dans ces versets en rapport avec la descente du Saint Esprit : (1) le moment : c’est au jour de la Pentecôte ; (2) l’art et la manière, plus précisément les signes accompagnateurs : Le bruit d’un souffle violent, et les langues comme de feu ; (3) Un résultat de Sa venue : Le parler en langue. Luc est le seul écrivain du Nouveau Testament qui a eu la mission de la part de Dieu de nous rapporter ce qui s’est passé la nuit où le Seigneur Jésus est né. Il est aussi le seul qui nous a communiqué ce qui s’est déroulé le matin où le Saint Esprit a été répandu. Ce qu’il nous communique est du plus grand intérêt et de la plus haute valeur. Dieu soit loué pour les comptes rendus qu’Il nous a fait transmettre par le moyen du « médecin bien-aimé » (Col. 4:14) ! 2 Au sujet du parler en langues — Actes 2:5-13 La deuxième section d’Actes 2 est constituée par les versets 5 à 13. Comme nous l’avons déjà indiqué, les résultats immédiats de la présence du Saint Esprit nous sont communiqués dans cette partie du chapitre. Puisque ces résultats immédiats, tels qu’ils nous sont présentés ici, ne se rapportent pratiquement qu’au parler dans d’autres langues par les disciples, j’ai intitulé cette partie de nos méditations « Au sujet du parler en langues », dans l’intention d’éclairer plus à fond ce sujet par ce qu’en dit cette section. 2.1 Mouvement charismatique Beaucoup de choses ont été dites et écrites au sujet du don de parler en d’autres langues, ou — pour utiliser une expression courante aujourd’hui — au sujet du parler en langues ; et là-dedans on trouve à la fois du bon et du mauvais, du juste et du faux, de sorte qu’il existe beaucoup d’obscurité dans la chrétienté sur ce sujet, et qu’à mon avis il s’est répandu bien des enseignements et pratiques malsaines. Du fait que dans le parler en langue, il y a de manière tout à fait évidente un miracle divin, comme le montre l’Écriture, et que, vu de l’extérieur, il y a de quoi impressionner facilement, cela a exercé depuis toujours une grande force d’attraction sur les gens religieux et émotifs, qui déjà par leur disposition naturelle ont un goût marqué pour le spectaculaire et le sentimental. Et c’est ainsi qu’on répète et prétend toujours, y compris chez de vrais enfants de Dieu, que ce qui est arrivé au début du christianisme, est encore aujourd’hui la volonté de Dieu pour nous, et que si les chrétiens étaient davantage remplis de l’Esprit, ils parleraient aussi aujourd’hui dans d’autres langues. Ainsi, on maintient, dans beaucoup de milieux chrétiens, que le don des langues est la plus haute expression de spiritualité. D’après eux, s’il manque le don des langues, il manque un élément essentiel du vrai christianisme. Il n’est pas possible, ni même nécessaire, d’examiner en détail et de commenter les différentes doctrines et pratiques qui se sont introduites dans la chrétienté concernant le parler en langue. J’ai bien davantage à cœur de présenter ce que la parole de Dieu en dit, puis de laisser le lecteur lui-même tirer les conclusions nécessaires par rapport à ce qu’il rencontre dans la chrétienté dans ce domaine. Mais ce n’est pas une faute de reconnaître d’emblée les différents points de vue : Certains enfants de Dieu rejettent d’après l’Écriture le parler en langues de nos jours, et d’autres, utilisant les mêmes Bibles, soutiennent le parler en langues pour le temps actuel, en même temps que de « nouveaux baptêmes de l’Esprit » et des « guérisons » ; ils pratiquent tout cela de manières très diverses. Ce mouvement charismatique (grec chàrisma = don de grâce) gagne toujours plus de terrain. Est-il une bénédiction ou un danger ? Conduit-il à la vérité ou à l’erreur ? En ce qui concerne les prétendues « grandes expériences » de baptêmes de l’Esprit toujours nouveaux, nous avons déjà vu que de telles pensées et de telles doctrines sont parfaitement contraires à l’Écriture. Qu’en est-il alors du parler en langues ? Bien des chers enfants de Dieu, qui appartiennent au mouvement charismatique, prétendent posséder le don du parler en langues. Dans leurs assemblées, ils parlent « en langues », et il n’est pas rare que plusieurs le fassent en même temps. La plupart du temps, il n’y a pas d’interprètes. Ce qu’on peut constater, c’est que ces «langues» sont souvent des cris et piailleries incompréhensibles, et qu’en outre on les qualifie souvent de «langues des anges». Si tant est que des interprètes interviennent, alors ce que ceux-ci disent n’est pas vérifiable et le contenu en est entièrement pauvre. Souvent, ce sont des femmes qui exercent ces « dons de l’Esprit » de manière véhémente, — soi-disant pour l’édification. D’autres, également en rapport avec le don des langues, parlent d’annonce de l’évangile, d’expériences très profondes, de sentiment supérieur de bonheur, d’affermissement intérieur, de s’édifier soi-même, d’extase, d’enlèvement au troisième ciel, et même de chasser le diable. 2.2 Objectif fixé Par ce qui précède, j’ai donc esquissé l’arrière-plan de nos considérations sur le parler en langues. Mais nous ne voudrions pas considérer et étudier l’arrière-plan ; nous préférons nous occuper de la vérité. Si nous sommes prêts à lui ouvrir notre cœur, elle séparera comme d’elle-même — le bon du mauvais, le juste du faux, de sorte que nous pourrons reconnaître si ce que nous entendons, est la voix du Bon Berger ou celle des étrangers. Car il y a une tâche dont le Seigneur ne peut pas nous décharger dans des jours aussi mauvais que les nôtres : c’est celle d’éprouver les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu (1 Jean 4:1). Ainsi, en nous appuyant sur la section placée devant nous et sur d’autres passages de la Parole de Dieu, nous voulons nous occuper principalement de trois questions importantes relatives au parler dans d’autres langues, et chercher ce que l’Écriture Sainte en dit : Ø Quelle est la nature des autres langues ? Ø À quoi servent ces langues, quel est leur but ? Ø Pouvons-nous compter encore aujourd’hui sur ce miracle ? Que dit l’Écriture sur la persistance des langues ? Beaucoup, beaucoup de choses dépendront de la réponse à ces questions. Car soyons-en sûrs : On ne peut pas errer sur quelque partie de la vérité, sans que notre âme en subisse un dommage. En tout, trois auteurs du Nouveau Testament, et trois seulement, nous parlent du sujet qui nous intéresse maintenant : Marc, Luc et Paul. Chaque exposé de ces trois auteurs ne va pas répondre à toutes les questions posées. Nous pouvons également nous attendre à ce qu’au fil du temps au cours duquel chaque auteur traite du sujet, davantage de lumière soit donnée sur notre sujet. Il en est effectivement ainsi. Marc parle du parler en langues comme d’une promesse du Seigneur ressuscité. Luc raconte au point de vue historique trois circonstances qui sont un accomplissement de la parole du Seigneur. Et l’apôtre Paul, sous la même inspiration de l’Esprit Saint qui a été celle des deux prophètes du Nouveau Testament Marc et Luc, nous donne les principes significatifs de la vérité qui répandent beaucoup de lumière divine sur l’utilisation juste et le mauvais usage du don du parler en langues. 2.3 Le témoignage de Marc À la fin de son évangile, Marc reproduit la mission du Seigneur ressuscité à Ses disciples, les apôtres. Ils devraient aller dans le monde entier et prêcher l’évangile à toute la création. Celui qui croirait et qui serait baptisé, serait sauvé ; mais celui qui ne croirait pas serait condamné (Marc 16:15, 16). Voilà une mission qui allait bien au-delà de ce qui leur avait été confié durant la vie du Seigneur (Marc 3:14-15). Seraient-ils à la hauteur, d’autant plus qu’ils seraient privés de la présence personnelle de leur Seigneur et Maître vers qui ils avaient pu se tourner dans toutes leurs difficultés et leur défaillance dans le service ? 2.3.1 Cinq signes de la puissance divine C’est comme pour dissiper de telles craintes et les encourager à l’exécution en Son absence de Sa si vaste mission, que le Seigneur ajoute : « Ce sont ici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : 1. En mon nom ils chasseront les démons 2. Ils parleront de nouvelles langues, et 3. ils prendront des serpents, 4. s’ils boivent quelque chose de mortel, cela ne leur nuira point ; 5. ils imposeront les mains aux malades [JND : infirmes], et ceux-ci se porteront bien » (Marc 16:17-18). Voilà en tout cinq signes de puissance divine qui devaient accompagner la prédication des apôtres et ceux qui croiraient à leur parole. Lorsque que le Seigneur les avait envoyés prêcher au commencement de Son service terrestre, Il leur avait aussi conféré de la puissance pour guérir les maladies et chasser les démons (Marc 3:15). Mais comme ressuscité. Il leur donne maintenant trois signes supplémentaires en relation avec leur service apostolique : le parler de nouvelles langues, la puissance sur les serpents (cf. Ésaïe 11:8) et l’immunité vis-à-vis des poisons. Combien il était convenable et approprié de conférer de tels dons de puissance à ces hommes qui avaient à s’acquitter d’un service mondial ! À l’avenir, il y aurait même des rachetés de Dieu « de toute tribu, et langue, et peuple, et nation » (Apoc. 5:9). Combien ce signe du parler en de nouvelles langues était spécialement approprié ! 2.3.2 Confirmation de la Parole par les signes et miracles À partir de ce court récit de Marc, que pouvons-nous apprendre sur le don des langues ? Nous apprenons que le parler dans de nouvelles langues était l’un des cinq dons-signes particuliers que le Seigneur Jésus a conférés aux apôtres et à ceux qui les croiraient directement, et les suivraient, — en vue de confirmer et authentifier que le message qu’ils annonçaient était de Dieu. L’évangile du salut qui était fondé sur un Christ crucifié, ressuscité et monté au ciel, était une chose absolument nouvelle sur la terre. Et Dieu s’est plu à confirmer l’annonce de Son évangile par des signes extérieurs de puissance. Les auditeurs du message apostolique ne pouvaient en rien excuser leur éventuelle incrédulité ou leur refus du message. Dieu ne leur avait pas seulement envoyé la bonne nouvelle, mais Il lui avait donné de la force, et l’avait authentifié par le moyen de signes et de miracles puissants. Or c’est là une pensée très importante en rapport avec le parler en langues, sur laquelle nous reviendrons encore. Cette manière de faire, de confirmer par des miracles n’est pas du tout nouvelle. Lorsque Moïse fut envoyé par l’Éternel vers les enfants d’Israël, et qu’il se mit à douter s’ils le croiraient et écouteraient sa voix, l’Éternel lui donna trois signes précis qui devaient servir à le légitimer aux yeux du peuple : son bâton devint un serpent, sa main devint lépreuse, et l’eau du Nil fut changée en sang sur le sec (Exode 4:1-9). Ces signes étaient propres à faire disparaître toute cause d’incrédulité parmi le peuple d’Israël. Lorsque le Seigneur Jésus débuta Son service public et annonça le royaume des cieux comme n’étant pas de ce monde, Il fit également des signes et des miracles pour confirmer la Parole. Ce que les hommes ont entendu, a été renforcé par ce qu’ils ont vu. Nous savons ce qui s’est passé quand Jean le Baptiseur, en prison, se mit à douter si Jésus était véritablement le Messie, ou s’il fallait en attendre un autre. La réponse du Seigneur fut la suivante : « Allez, et rapportez à Jean les choses que vous entendez et que vous voyez : les aveugles recouvrent la vue et les boiteux marchent ; les lépreux sont rendus nets et les sourds entendent, et les morts sont ressuscités, et l’évangile est annoncé aux pauvres. Et bienheureux est quiconque n’aura pas été scandalisé en moi » (Matt. 11:4-6). Les signes qu’Il fit montrèrent qui Il était : l’Oint de l’Éternel. De la même manière, nous trouvons que ces signes accompagnèrent les serviteurs du Seigneur après la Pentecôte : ils confirmaient leur ministère comme venant de Dieu. C’est un principe de Dieu, sur lequel j’ai déjà attiré l’attention, à savoir que Dieu confirme ce qui est nouveau par des signes extérieurs. Le dernier verset de l’évangile de Marc nous le montre sans qu’on puisse s’y tromper. Puis après la présentation, dans le verset précédent, de l’ascension du Seigneur et de la position qu’Il a prise à la droite de Dieu, Marc termine avec ces paroles : « Et eux, étant partis, prêchèrent partout, le Seigneur coopérant avec eux, et confirmant la parole par les signes qui l’accompagnaient » (Marc 16:20). Nous retrouvons la même pensée en Hébreux 2: « Comment échapperons-nous, si nous négligeons un si grand salut, qui, ayant commencé par être annoncé par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’avaient entendu, Dieu rendant témoignage avec eux par des signes et des prodiges, et par divers miracles et distributions de l’Esprit Saint, selon sa propre volonté ? » (Héb. 2:3-4). Les signes et les miracles, parmi lesquels le parler en langues avait bien sa place, confirmaient ainsi la prédication de ce qui était nouveau, et ôtaient tout prétexte d’incrédulité aux auditeurs. Nous devons aussi toujours nous souvenir que ce n’est pas seulement le message de la grâce de Dieu en Christ Jésus qui était nouveau, mais que rien du Nouveau Testament n’avait encore été écrit. Par conséquent Dieu confirmait sa Parole exprimée oralement, sur laquelle tout reposait dans ce temps du commencement, et Il la confirmait par les signes qui l’accompagnaient. Si quelque chose ne correspondait pas à Sa Parole, si ce n’était pas le pur enseignement du Christ, il ne pouvait pas y avoir de tels signes. Dieu ne confirmera jamais ce qui est faux. Si nous trouvons donc chez des enfants de Dieu ou de ceux qui professent l’être, une désobéissance manifeste par rapport à La parole de Dieu, jointe à la revendication de posséder puissamment des dons de l’Esprit, nous pouvons sans crainte inscrire sur tout cela un gros point d’interrogation. Il n’est pas rare qu’un seul mensonge révèle qu’un système entier est faux (1 Jean 2:27). 2.3.3 Conclusions à tirer de Marc 16 Si nous revenons maintenant sur les trois questions du début, il semble à première vue qu’on ne peut rien conclure sur la nature de ces nouvelles langues à partir de la courte information de Marc. Mais cette apparence est un peu trompeuse. Car les paroles Seigneur Jésus rendent une chose tout à fait claire : ces nouvelles langues sont un signe. Un signe n’est tout simplement pas qu’un miracle, mais un miracle par lequel Dieu veut montrer quelque chose de précis et qui contient une signification morale ou spirituelle. Ces nouvelles langues sont donc un signe ; pour quoi et pour qui sont-elles un signe, cela n’est pas encore dit. L’adjectif « nouvelles » qualifiant le mot « langues », a de l’importance. Le grec connaît principalement deux mots pour désigner quelque chose de nouveau. Le mot utilisé ici « kainos » ne désigne pas quelque chose de nouveau du point de vue du temps, mais quelque chose d’inhabituel ou d’inaccoutumé, qui est nouveau quant à sa nature. Les « nouvelles » langues de Marc 16 sont les « autres » langues de Actes 2:4. Elles n’étaient manifestement pas nouvelles pour les auditeurs, comme nous le verrons encore, mais elles l’étaient pour ceux qui parlaient : Elles étaient différentes de celles qu’ils avaient l’habitude de parler. La deuxième question, celle du but du parler en langues, a au moins en partie trouvé une réponse, une réponse de poids : il s’agissait de la confirmation de ce qui était nouveau. Ce n’était pas seulement l’évangile de la grâce de Dieu lui-même qui était nouveau ; mais la nouveauté était qu’il s’adressait à toutes les langues, peuples et nations. Quant à la troisième question sur la persistance du parler en langues, nous ne trouvons pas la moindre indication dans le récit de Marc que ce don, de même que les autres signes, dureraient au-delà du temps des apôtres et de la génération suivante de la foi, ni même qu’ils accompagneraient l’annonce de l’évangile jusqu’à la fin de la dispensation actuelle de la grâce. Au contraire, il n’est parlé expressément que de la mission des apôtres et toute indication de persistance des signes est évitée. C’est d’autant plus significatif qu’en rapport avec la mission du Seigneur à ses disciples formulée autrement à la fin de l’évangile de Matthieu, il est ajouté l’assurance de Sa présence « jusqu’à la consommation du siècle ». Matthieu ne mentionne cependant en aucune manière des signes tels qu’en Marc. Mais Marc, qui les mentionne, ne donne aucune indication de temps. Cela ne devrait-il pas nous faire réfléchir ? Il y a malgré tout des défenseurs du parler en langues auxquels ces indications ne suffisent pas. Ils argumentent que, si le don des langues n’est pas limité expressément, on peut considérer qu’il persiste jusqu’à aujourd’hui. Mais les arguments de ce genre s’autodétruisent. Si le parler en langue devait subsister, il faut alors admettre que pareillement les quatre autres signes devraient subsister. Cela signifie que ceux qui prétendent eux-mêmes parler en langues, devraient aussi montrer les autres dons miraculeux. Chassent-ils aussi des démons ? Prennent-ils sans dommage pour eux des serpents ou boivent-ils des boissons mortelles ? Le Seigneur avait aussi cité ces signes qui accompagneraient ceux qui auraient cru. Il est étrange que, presque toujours, on ne parle que du parler en langue ! Pourtant, si un signe subsiste, les autres doivent aussi subsister. Mais où sont les autres signes ? 2.4 Le témoignage de Luc sur ce qui s’est passé à Jérusalem L’auteur inspiré Luc fait le récit de trois événements où l’on a parlé en langues. Le premier s’est produit le matin de la Pentecôte à Jérusalem. Écoutons son récit : « Or il y avait des Juifs séjournant à Jérusalem, hommes pieux, de toute nation d’entre ceux qui sont sous le ciel. Et le bruit de ceci s’étant répandu, la multitude s’assembla, et fut confondue de ce que chacun les entendait parler dans son propre langage. Et ils étaient tous hors d’eux-mêmes, et s’étonnaient, disant: Voici, tous ceux-ci qui parlent ne sont-ils pas des Galiléens ? Et comment les entendons-nous, chacun dans son propre langage, celui du pays dans lequel nous sommes nés ? Parthes et Mèdes et Élamites, et nous qui habitons la Mésopotamie, la Judée et la Cappadoce, le Pont et l’Asie, la Phrygie et la Pamphylie, l’Égypte et les quartiers de la Libye qui est près de Cyrène, et nous, Romains qui séjournons ici, tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, — nous les entendons annoncer dans nos langues les choses magnifiques de Dieu. Et ils étaient tous hors d’eux-mêmes et en perplexité, disant l’un à l’autre : Que veut dire ceci ? Et d’autres, se moquant, disaient: Ils sont pleins de vin doux » (2:5-13). 2.4.1 Deux groupes de Juifs À l’occasion de la grande fête, des Juifs pieux venant de contrées très variées de la terre, séjournaient en ces jours-là à Jérusalem. Loin dans le Nord-Est quelques-uns étaient venus de Parthe, de Médie, de Perse, de Mésopotamie. Du sud, il en était venu d’Égypte, de Libye et de Cyrène. Il y avait des représentants des provinces d’Asie mineure, au Nord-Ouest. De la capitale de l’empire romain aussi, beaucoup de Juifs étaient venus à Jérusalem, et aussi des îles de la méditerranée, comme la Crète, et enfin de l’Arabie située au sud-est. Quinze régions sont nommées en détail. C’est un grand groupe de Juifs, auquel nous avons à faire maintenant. Le deuxième groupe était composé de Juifs indigènes, domiciliés en Judée. Or il semble que tous ceux-là, rendus attentifs par le bruit énorme, se rendirent à la maison où les disciples étaient assemblés. Une fois arrivés là, ils entendirent les cent vingt (qui manifestement avaient entre-temps quitté la maison et s’étaient éparpillés dans les rues et parvis du temple) parler dans leurs propres dialectes, les langages de leurs lieux de naissance. Nous ne devons pas nous représenter un désordre confus, ni penser qu’on discourait dans tous ces différents dialectes au même endroit, de sorte qu’on n’arrivait plus guère à s’entendre les uns les autres. Dieu n’est pas un Dieu de désordre, et il y avait assez de place dans les bâtiments du temple et les rues adjacentes pour que les cent vingt disciples puissent s’y répartir, et rendre leur témoignage aux choses magnifiques de Dieu. Les disciples ont dû ainsi parler au moins quinze langues. Je dis : « au moins », parce que la description de certaines régions est très sommaire (par exemple « les quartiers de la Libye qui est près de Cyrène ») et dans les grands pays comme la Mésopotamie ou l’Égypte, on parlait sûrement plusieurs dialectes. 2.4.2 Les réactions des Juifs Les réactions de la population face à ce grand miracle sont allées de l’étonnement jusqu’à l’indignation, et même jusqu’à la moquerie. Dans ces réactions on voit clairement une répartition en deux de la composition du peuple juif. Ceux venus de loin, de pays étrangers, sont aussi désignés comme des «hommes pieux » ; ils étaient d’abord bouleversés parce que chacun d’eux les entendaient parler dans son propre dialecte (2:6). Ensuite ils étaient hors d’eux-mêmes et surpris de ce que ceux qu’ils entendaient parler dans leurs propres dialectes étaient natifs de Galilée (2:7). Et troisièmement, ils étaient hors d’eux et dans la perplexité, parce qu’ils ne pouvaient pas comprendre la signification de tout cela (2:12). L’autre groupe de Juifs, les indigènes, montra à l’inverse une réaction différente : ils dirent en se moquant : ils sont «pleins de vin doux» (2:13). Pourquoi ces différentes réactions ? Nous ne devons pas seulement chercher un état spirituel plus ou moins bon, mais un processus tout à fait naturel : un groupe comprenait ce qui était dit, l’autre pas. Les Juifs venus de pays étrangers les entendaient s’exprimer dans leurs propres dialectes, et pouvaient comprendre ce qui était dit. Ils n’avaient aucune raison de supposer que ceux qui parlaient fussent «plein de vin doux». En revanche, pour les Juifs habitant le pays, les dialectes qu’ils entendaient leur étaient entièrement étrangers. Ils connaissaient probablement plus ou moins le grec, mais leur langue locale était l’araméen. Ils ne comprenaient rien aux dialectes étrangers. À cause de cela, ils en vinrent facilement à croire que les disciples du Seigneur étaient ivres. 2.4.3 Langues (ou langages) des hommes Or tout cela a de l’importance pour le sujet qui est placé devant nous dans ce passage ; le récit historique fait aussi ressortir des détails importants qui méritent toute notre attention. Nous apprenons ici premièrement que les « nouvelles langues » dont le Seigneur avait parlé en Marc 16, sont des « langues des hommes », des dialectes ou patois qui étaient parlés et compris par des gens de l’époque. Ce n’était pas des cris inarticulés, hystériques, mais de vraies langues. Les disciples ne les avaient jamais apprises ; et c’est là le miracle. C’était un miracle de parler, non pas d’entendre ou écouter. « Ils commencèrent à parler d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’énoncer » (2:4). « Nous les entendons annoncer dans nos langues les choses magnifiques de Dieu » (2:11). Les langues qu’ils parlaient étaient des langues humaines tout à fait normales, et non pas des langues mystiques, la « langue des anges » par exemple. 2.4.4 Signes : de quoi ? pour qui ? Marc 16 nous a montré que les langues sont un « signe ». Ici, nous apprenons maintenant, de quoi et pour qui elles sont un signe. Elles étaient un signe de ce que : (1) Dieu, le Saint Esprit, était répandu sur les disciples croyants du Seigneur Jésus ; (2) Dieu était prêt à faire annoncer l’évangile de la grâce à toutes les langues et à tous les peuples de la terre. Nous avons maintenant déjà beaucoup appris sur la nature des langues, dans lesquelles les disciples ont parlé à la Pentecôte. Pour qui le signe était-il adressé ? Aux Juifs, et à personne d’autre. Ce n’était pas un signe pour le monde païen incrédule, mais pour le peuple juif qui aurait dû être familier des oracles de l’Ancien Testament et qui aurait dû savoir que le prophète Joël avait prophétisé de l’effusion de l’Esprit de Dieu. Pierre le leur fait remarquer dans son grand discours qui suit. 2.4.5 Les choses magnifiques de Dieu. Continuant maintenant le sujet du but du parler en langues, je ne crois pas qu’à cette époque l’évangile ait été annoncé en langues aux Juifs, que ce soit ceux établis dans le pays ou de ceux habitant au loin. En tout cas cela n’est pas dit. On lit plutôt : « Nous les entendons annoncer… les choses magnifiques de Dieu ». C’était beaucoup plus une louange de Dieu pour Ses choses magnifiques plutôt qu’une prédication de l’évangile. Par conséquent, il ne m’apparaît pas tout à fait correct de dire, que les disciples s’étaient adressé à la foule ou lui avaient parlé. Le fait est que la foule les a seulement entendus parler (2:6, 11). Il n’est nullement question ici d’une prédication. Il est vrai qu’ensuite Pierre leur a parlé en annonçant l’évangile à tous. Mais cela n’a pas eu lieu en langue. Pourquoi donc ? Ils comprenaient tous l’araméen, et c’est dans cette langue maternelle qu’il leur annonça l’évangile. Trois mille se convertirent cette fois-là — par l’annonce de l’évangile, et non par le parler en langues du matin de ce jour-là. Quand Barnabas et Paul passèrent plus tard en Lycaonie (Actes 14), ils ne comprenaient manifestement pas le lycaonien. Selon l’avis de beaucoup aujourd’hui, cela aurait été l’occasion d’apporter là l’évangile en langue aux hommes et de leur parler en lycaonien. Rien de tout cela ! Ces gens comprenaient tous le grec, et les apôtres se servirent de cette langue. Non, nous n’avons ni ici ni nulle part ailleurs l’indication que le parler en langues ait été utilisé pour annoncer l’évangile ou que quelqu’un ait été sauvé par ce moyen. 2.4.6 Une nouvelle époque Ainsi, le but du parler en langues étrangères semble avoir été double. Premièrement éveiller l’attention des Juifs, pour les amener à se poser des questions. Deuxièmement ils devraient être préparés à l’éclosion d’une ère nouvelle : Dieu ne serait pas seulement loué et glorifié dans la « sainte langue », l’hébreu, mais aussi désormais dans les langues des nations. C’était un processus complètement inconcevable pour un cœur juif. Nous avons de la peine à nous le figurer. Mais la vision de la grande toile avec dedans toutes sortes de reptiles, et la triple invitation de la voix céleste à Pierre, disant : « tue et mange » (10:11 et suiv.) nous montre encore à quel point il était difficile pour un Juif pieux de comprendre le tournant de Dieu envers les nations. « Non point, Seigneur ; car jamais je n’ai rien mangé qui soit impur ou immonde » (10:14). Mais dirigé et conduit par l’Esprit de Dieu, l’apôtre Pierre en est venu à dire : « Dieu m’a montré, à moi, à n’appeler aucun homme impur ou immonde » (10:28), et un peu plus tard : « En vérité, je comprends que Dieu ne fait pas acception de personnes, mais qu’en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice, lui est agréable » (10:34-35). Tout cela nous montre en outre que les apôtres n’avaient pas encore compris à l’époque la signification des signes de la Pentecôte, bien qu’ils fussent les instruments utilisés par Dieu à cette occasion. Et que pouvons-nous apprendre concernant la persistance du parler en langues à partir d’Actes 2 ? Le récit de Luc contient-il une indication d’après laquelle ce don se poursuivrait jusqu’aux jours les plus lointains ? Pas du tout ! Naturellement, aucun chrétien ne doute que cela soit possible, car, « pour Dieu toutes choses sont possibles ». Mais nous ne devons pas examiner ce que Dieu peut faire, mais nous demander s’Il veut faire une chose correspondant à la révélation de Ses voies. Or rien dans ce récit ne nous oriente dans cette direction. Les langues, en même temps que d’autres signes, ont plutôt caractérisé le commencement d’une nouvelle dispensation qui faisait un contraste fort avec tout ce qui avait été jusqu’alors. Un Christ glorifié en haut dans le ciel, l’Esprit Saint en tant que personne sur la terre, la grâce au lieu de la loi, la justice par la foi au lieu d’une justice par les œuvres, le salut de Dieu pour toutes les nations jusqu’au bout de la terre — voilà l’essentiel de ce qui caractérisait cette nouvelle dispensation, et c’est ce que devaient apprendre les Juifs auxquels ces signes s’adressaient. 2.5 Le témoignage de Luc sur ce qui s’est passé à Césarée Le second événement où l’on parla en langues dans les Actes, eut lieu à Césarée. Luc le rapporte au ch. 10. Il s’était passé quelque chose d’inconcevable pour des oreilles et des cœurs juifs. Pierre, instruit par Dieu, était venu dans la maison du centurion païen Corneille, et avait annoncé l’évangile à ceux qui y étaient rassemblés. Jusque-là, l’évangile n’avait été annoncé qu’aux Juifs et aux Samaritains (ch. 8) parmi lesquels le Seigneur Jésus aussi avait travaillé. Mais maintenant le cas qui se présentait était entièrement différent. Corneille était pieux et craignait Dieu avec toute sa maison. Il était né de nouveau, il n’y a aucun doute à cet égard ; car ses prières et aumônes étaient montées pour mémorial devant Dieu, selon le témoignage exprès de l’ange de Dieu (10:1-4). Mais il savait — et cela faisait justement partie de sa piété — que « la parole que Dieu avait envoyée aux fils d’Israël, annonçant la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ » (10:36) n’était pas pour lui. Il n’était qu’un païen, et officiellement il appartenait au peuple romain, étant officier de cette puissance victorieuse qui avait vaincu l’ancien peuple de Dieu et l’opprimait encore. Mais Dieu avait vu les exercices de cœur de cet homme et de sa maison, et Il envoya Pierre vers eux pour leur apporter la connaissance du pardon des péchés par la foi en Jésus Christ (10:34-43). 2.5.1 Un pas significatif Ce pas fait par Pierre a été incontestablement voulu et déclenché par Dieu, comme nous le savons aujourd’hui. Pendant assez longtemps les messagers envoyés du Seigneur avaient hésité à exécuter Sa mission (1:8) et à répandre l’évangile de Christ au-delà des frontières d’Israël et à l’annoncer à ceux qui étaient assis dans les ténèbres. Mais avant que cela puisse avoir lieu, Pierre dut remplir un service particulier. Le Seigneur Jésus lui avait confié les clés du royaume des cieux (Matt. 16:19) : au moment voulu, il devait introduire dans ce royaume respectivement les croyants issus des Juifs, des Samaritains et des nations. En rapport avec les deux premiers groupes, la mission était déjà exécutée (ch. 2 et 8). Nous sommes maintenant contraints d’anticiper les événements. Pour la première fois dans l’histoire de la terre, des païens entendaient l’évangile, prêché par un Juif, l’apôtre de la circoncision. Si je dis : « Pour la première fois », c’est parce que le cas de l’intendant eunuque d’Éthiopie (ch. 8) est un cas particulier sans rapport avec l’ouverture du royaume des cieux par Pierre. Nous pouvons également supposer que l’intendant était un prosélyte, c’est-à-dire un païen qui avait été admis dans la communauté religieuse d’Israël. Cet acte de Pierre était un pas en avant de la plus haute importance dans l’histoire de l’assemblée de Dieu sur la terre. Mais la question se posait forcément : Ce pas en avant était-il de Dieu ? 2.5.2 L’acceptation des croyants des nations Nous savons aujourd’hui, il faut le redire, que ce pas en avant était de Dieu. Mais les Juifs d’alors, les croyants d’entre les Juifs, comment pouvaient-ils admettre qu’entre eux et les Grecs, il n’y eût plus de différence, — que d’un coup, dans leurs réunions, des romains convertis pouvaient prendre place à côté d’eux, à côté des Juifs convertis ? Cela pouvait-il être de Dieu ? Ainsi une nécessité absolue s’imposait : L’annonce de l’évangile devant les nations par Pierre devait être certifiée et authentifiée par Dieu lui-même d’une manière visible et irréfutable, afin de clarifier cette question une fois pour toutes. Il fallait confirmer par un témoignage approprié que Corneille avec sa maison et ses amis, en tant que croyants professant Christ, seraient acceptés aussi bien que les Juifs croyants. Or cette confirmation fut donnée à Césarée. Voici le témoignage qu’en rend Luc en Actes 10 : « Comme Pierre prononçait encore ces mots, l’Esprit Saint tomba sur tous ceux qui entendaient la parole. Et les fidèles de la circoncision, tous ceux qui étaient venus avec Pierre, s’étonnèrent de ce que le don du Saint Esprit était répandu aussi sur les nations, car ils les entendaient parler en langues et magnifier Dieu. — Alors Pierre répondit: Quelqu’un pourrait-il refuser l’eau, afin que ceux-ci ne soient pas baptisés, eux qui ont reçu l’Esprit Saint comme nous-mêmes ? Et il commanda qu’ils fussent baptisés au nom du Seigneur » (10:44-48). Quel était le but du parler en langues chez des croyants des nations ? C’était afin que les Juifs, les « croyants de la circoncision », puissent reconnaître sans ambiguïté, que les croyants des nations eux aussi avaient été acceptés par Dieu, et qu’ils avaient reçu le Saint Esprit comme eux-mêmes. Recevoir et posséder le Saint Esprit sont des choses invisibles, non perceptibles par les sens. Il était pourtant très important en ce jour-là que les Juifs croyants puissent percevoir la présence du Saint Esprit chez ceux des nations. Car déjà au ch. 11 qui suit, on voit la résistance de ceux de la circoncision. Ils disputaient avec Pierre, disant : « Tu es entré chez des hommes incirconcis, et tu as mangé avec eux » (11:1-3). Mais l’apôtre explique clairement dans sa réponse qu’il avait agi à Césarée sous la conduite directe du Saint Esprit, et il conclut par ces paroles importantes : « Et comme je commençais à parler, l’Esprit Saint tomba sur eux, comme aussi il est tombé sur nous au commencement. Et je me souvins de la parole du Seigneur, comment il a dit : Jean a baptisé avec de l’eau, mais vous, vous serez baptisés de l’Esprit Saint. Si donc Dieu leur a fait le même don qu’à nous qui avons cru au Seigneur Jésus Christ, qui étais-je, moi, pour pouvoir l’interdire à Dieu ? » (11:15-17). 2.5.3 Une preuve importante Le fait que le don du Saint Esprit ait été répandu sur les croyants à Césarée, était la preuve irrévocable que l’acceptation de ceux des nations était en ordre. Mais cela ne pouvait être reconnu que si on les entendait parler en langues et glorifier Dieu. Pierre ne parle probablement pas du signe, mais c’est la chose elle-même (la venue de l’Esprit) qu’ils avaient reconnue par ce moyen. L’événement de Césarée est encore repris au ch. 15, quand les apôtres et les anciens de Jérusalem durent clarifier la question de principe de savoir comment il fallait traiter les croyants des nations. Après beaucoup de discussions, Pierre revient encore une fois sur ce qui était arrivé à Césarée, et dit : « Frères, vous savez vous-mêmes que, dès les jours anciens, Dieu m’a choisi entre vous, afin que par ma bouche les nations entendent la parole de l’évangile, et qu’elles crussent. Et Dieu qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage, leur ayant donné l’Esprit Saint comme à nous-mêmes ; et il n’a fait aucune différence entre nous et eux, ayant purifié leurs cœurs par la foi » (15:7-9). Ici, le don du Saint Esprit est à nouveau signalé comme garant de ce que les chrétiens Juifs avaient agi correctement en accueillant leurs frères des nations. Le signe de cela avait été le parler en langues. Par ce signe, Pierre et ceux de la circoncision pouvaient reconnaître sur-le-champ ce qui était arrivé : L’Esprit Saint était tombé sur eux. Il est en outre très intéressant de voir que cet événement du don du Saint Esprit à Césarée nous est rappelé pas moins de cinq fois, — avec de légères variantes d’expression : mais jamais il n’est parlé de baptême de l’Esprit Saint. 1. « l’Esprit Saint tomba sur tous ceux qui entendaient la parole » (10:44). 2. « Et comme je commençais à parler, l’Esprit Saint tomba sur eux, comme aussi il est tombé sur nous au commencement » (11:15). 3. « Et les fidèles de la circoncision… s’étonnèrent de ce que le don du Saint Esprit était répandu aussi sur les nations » (10:45). 4. « … qui ont reçu l’Esprit Saint comme nous-mêmes » (10:47). 5. « Et Dieu… leur a rendu témoignage, leur ayant donné l’Esprit Saint comme à nous-mêmes » (15:8). Tomber, répandre, recevoir, donner — voilà les expressions que la parole de Dieu utilise, mais non pas baptiser. Peut-être quelqu’un dira que Pierre parle quand même de baptême du l’Esprit Saint (11:16). Oui, cela est exact, mais il ne dit pas que les croyants à Césarée ont été baptisés du Saint Esprit ; il dit seulement, qu’à l’occasion des événements de Césarée, il s’est souvenu de la parole du Seigneur prononcée avant Son ascension en rapport avec le baptême du Saint Esprit. Ce sur quoi je voudrais encore faire une remarque, c’est la liaison faite ici, comme à la Pentecôte, entre le parler en langues et la louange de Dieu : « ils les entendaient parler en langues et magnifier Dieu » (10:46). Aucune prédication quelconque n’est mise en rapport avec le parler en langues, mais de nouveau la louange de Dieu. Dans les deux passages, il paraît ressortir que le parler s’adressait en premier lieu à Dieu. Le témoignage, le signe comme tel, avait toutefois sa valeur pour les hommes, et plus précisément les Juifs. Rien de ce qui est arrivé à Césarée ne suggère une continuation du don des langues — pas davantage que ce qui est arrivé à Jérusalem. À Jérusalem, il a été confirmé par ce signe que l’Esprit Saint était venu sur la terre en tant que Personne, et à Césarée il a été confirmé par ce même signe que l’Esprit avait été donné aussi bien aux croyants des nations. Les deux cas étaient d’une importance unique, ils ne pouvaient plus se répéter sous cette forme. Il n’y a aucun de reconfirmer que l’Esprit est venu, ni non plus que Dieu accorde en principe aux croyants des nations le même accès à l’Assemblée (Église). Ces cas de Jérusalem et de Césarée étaient si uniques, que les signes les accompagnant n’avaient pas plus de raison d’être répétés. En effet, on ne trouve dans le livre des Actes qu’un seul autre événement où il est question de parler en langues. Nous allons le traiter brièvement. 2.6 Le témoignage de Luc sur ce qui s’est passé à Éphèse Ce qui s’est passé à Éphèse n’est pas de moindre importance dans la mesure où, dans ce cas, le ministère actif était celui de Paul et non de Pierre. Paul avait rencontré quelques disciples de Jean le Baptiseur, et avait remarqué qu’ils n’étaient pas dans la véritable position chrétienne ; car il leur demanda : « Avez-vous reçu l’Esprit Saint après voir cru ? Et ils lui dirent : Mais nous n’avons même pas entendu dire si l’Esprit Saint est. Et il dit : De quel baptême donc avez-vous été baptisés ? Et ils dirent : Du baptême de Jean. Et Paul dit: Jean a baptisé du baptême de la repentance, disant au peuple qu’ils crussent en celui qui venait après lui, c’est-à-dire en Jésus. Et ayant entendu ces choses, ils furent baptisés pour le nom du Seigneur Jésus ; et Paul leur ayant imposé les mains, l’Esprit Saint vint sur eux, et ils parlèrent en langues et prophétisèrent. Et ils étaient en tout environ douze hommes » (19:2-7). 2.6.1 Les disciples de Jean le Baptiseur Ce groupe de croyants était dans une position singulière. Ils n’appartenaient ni aux Juifs devenus croyants au Seigneur Jésus, ni aux païens devenus croyants, mais ils se tenaient encore sur le terrain de Jean le Baptiseur. Sans doute ils avaient été dans leur patrie au temps où Jean le Baptiseur appelait les Juifs à la repentance dans le désert de Judée, et leur annonçait que le royaume de Dieu s’était approché. Ils avaient cru la prédication de Jean le Baptiseur, et avaient été baptisés du baptême de repentance, après avoir confessé leurs péchés. Environ vingt ans plus tard, lorsque Paul les rencontra, ils étaient toujours sur le même terrain, attendant le Messie et Son royaume. Ils ne connaissaient ni le Seigneur Jésus, ni Son œuvre accomplie, ni son couronnement par la descente du Saint Esprit à la Pentecôte. Alors Paul leur parla du Seigneur Jésus, Celui que leur maître leur avait signalé. Paul fit sûrement cela dans la plénitude de la vérité chrétienne qui lui avait été confiée comme « serviteur de l’assemblée » (Col. 1:24). Ces hommes crurent ce que Paul disait, et montrèrent la sincérité de leur confession en ce qu’ils furent baptisés pour le nom du Seigneur Jésus. Comment fallait-il continuer avec eux ? En tant que groupe, ils étaient jusque-là séparés à la fois des Juifs et des nations. Fallait-il leur donner à eux aussi l’accès aux privilèges de l’assemblée de Dieu sur la terre, dans laquelle les croyants tant des Juifs que des nations étaient déjà introduits ? Voilà ce qui était en cause à Éphèse. Cette question trouva une réponse rapide en ce que Dieu leur donna l’Esprit Saint à eux aussi — par le moyen de l’imposition des mains de Paul — et fit d’eux par-là des membres du corps de Christ. Et à nouveau nous trouvons le signe extérieur de la confirmation de ce fait de la part de Dieu : Ils parlèrent en langues et prophétisèrent. Remarquons qu’ici, le miracle du parler en langues est lié à la prophétie, à l’édification, et que le signe comme tel eut de nouveau lieu en rapport avec des Juifs, car il s’agissait de douze hommes Juifs qui parlèrent en langues. Cependant l’Esprit Saint ne vint pas sur eux aussi longtemps qu’ils ne croyaient qu’en un Christ qui devait venir. Ce n’est que quand ils crurent en Celui qui était venu et qui avait accompli l’œuvre de rédemption, que l’Esprit Saint put venir sur eux, de la même manière qu’auparavant sur leurs frères selon la chair. 2.6.2 Le début de l’assemblée à Éphèse Ces douze hommes qui avaient été précédemment disciples de Jean le Baptiseur, devinrent, par la grâce de Dieu, le point de départ, le « noyau » de l’assemblée de Dieu dans cette grande ville. Paul y travailla deux ans, « de sorte que tous ceux qui demeuraient en Asie entendirent la parole du Seigneur, tant Juifs que Grecs » (19:10). Combien il était important que ce « noyau » de l’assemblée locale reçût le même sceau de son acceptation et le même signe de la confirmation de ce sceau que les croyants de Jérusalem et de Césarée ! Toutefois dans ce cas le parler en d’autres langues est unique en son genre. On ne peut pas en déduire une persistance de ce signe pour des jours ultérieurs ou même jusqu’à la fin du temps de la grâce. Tous ces trois cas survenus à Jérusalem, à Césarée et à Éphèse, ont ceci en commun que Dieu, par le signe des langues, a confirmé ce qui était nouveau sous une forme ou sous une autre. À Jérusalem, la nouveauté était que l’Esprit de Dieu était venu en principe sur la terre pour habiter dans les croyants et former par-là l’assemblée de Dieu. À Césarée, la nouveauté était que des croyants des nations reçurent aussi l’Esprit et furent ajoutés à l’assemblée. Il en fut de même pour le groupe particulier de ceux qui étaient auparavant disciples de Jean le Baptiseur. 2.7 Résumé sur le témoignage de Marc et Luc quant au parler en langues Résumons encore une fois brièvement ce que nous avons trouvé par les témoignages de Marc et de Luc en rapport avec les trois questions que nous nous sommes posé au début. La nature des langues : C’était des langues réelles, humaines, qui étaient comprises par ceux qui les maîtrisaient. Ceux qui les parlaient ne les avaient pourtant jamais « apprises » ; elles étaient « nouvelles » pour eux. C’était un miracle du parler, et non de l’ouïe. Mais ce miracle portait le caractère d’un signe qui contenait une signification spirituelle, et par lequel quelque chose devait être exprimé. Le but des langues : Elles font partie des différents autres dons miraculeux, par lesquels le Seigneur a confirmé la Parole au commencement, laquelle devait désormais franchir les frontières d’Israël. En particulier elles étaient un signe extérieur de la réception du Saint Esprit — mais un signe toujours adressé aux Juifs. Car il leur était ainsi témoigné qu’une nouvelle ère avait commencé, et que de nouvelles portions de cette ère avaient débuté, chacune à son tour. La persistance des langues : Elle ne trouve aucun support dans aucun des passages considérés. Il s’agit partout d’événements uniques en leur genre, de phénomènes par lesquels quelque chose de fondamentalement nouveau commençait. Après que ce qui était nouveau ait commencé, et après que la multitude des chrétiens ait été confirmée dans son caractère mondial, nous n’entendons plus rien sur ce signe du parler en langues dans les Actes. En même temps que la nécessité de dons surnaturels, les miracles eux-mêmes disparurent dans le Nouveau Testament. N’est-ce pas extrêmement remarquable ? 2.8 Le témoignage de Paul d’après 1 Cor. 12 à 14 Le traitement de la question des langues serait forcément incomplet, si on ne tirait pas profit de ce que Dieu a confié à l’apôtre Paul sur ce sujet. Or dans sa première lettre aux Corinthiens, ch. 12 à 14, l’apôtre mentionne à plusieurs reprises le parler en langues. Sans m’écarter trop loin ou trop longtemps de ce qui est proprement notre sujet (la méditation du livre des Actes), je désire résumer succinctement ce que l’apôtre nous dit dans ces trois chapitres sur le parler en langues ; et je désire le faire sous les trois points de vue qui nous ont servi de ligne directrice dans les explications précédentes, et qui correspondent aux questions suivantes : Que dit l’apôtre Paul sur la nature, le but et la persistance de ce don ? Nous faisons remarquer d’abord une circonstance qu’on perd trop facilement de vue : on peut être richement pourvu en dons de grâce spirituels, et se trouver pourtant personnellement dans un bas état spirituel. L’exemple des Corinthiens nous l’enseigne. 2.8.1 Doués, mais charnels Les Corinthiens avaient été enrichis en Jésus Christ en toute parole et en toute connaissance, de sorte qu’ils ne manquaient d’aucun don de grâce (1 Cor. 1:4-7). Cependant ils étaient charnels : « Car, puisqu’il y a parmi vous de l’envie et des querelles, n’êtes-vous pas charnels et ne marchez-vous pas à la manière des hommes ? » (1 Cor. 3:3). Ils n’étaient pas « dans la chair » — un vrai chrétien ne l’est plus ; il est « en Christ » — mais ils étaient charnels, agissant à la manière de la chair. Encore un fois retenons bien que l’on peut posséder de grands dons spirituels de la part de Dieu, et être malgré tout charnel. La possession d’un don à elle seule, ne rend spirituel aucun chrétien. Nous devrions avoir toujours cela devant nos yeux ; nous avons trop facilement tendance à surestimer le déploiement d’un don. L’assemblée à Corinthe possédait effectivement tous les dons de grâce. Cela n’est dit d’aucune autre assemblée. Mais son état d’esprit charnel s’exprimait en ce qu’ils se complaisaient à utiliser spécialement les dons spectaculaires qui retenaient l’attention des hommes, comme par exemple le parler en langues. Ils se réjouissaient d’impressionner les autres par ce moyen. On pourrait presque dire qu’ils jouaient avec les dons divins, comme des enfants jouent avec les nouveaux jouets qui viennent de leur être offerts. Ce que Dieu mettait au dernier rang sur Son échelle de valeur, les Corinthiens le mettaient au premier rang. Dans l’énumération des dons au ch. 12, l’apôtre avait dit : Dieu a placé les uns dans l’assemblée: — d’abord des apôtres, en second lieu… en troisième lieu… ensuite… puis… (1 Cor. 12: 28-30). Et tout à la fin sont nommés le parler en langues et son interprétation. En outre, il avait mentionné la présence des langues sous la forme d’une question : « Tous parlent-ils en langues ? Tous interprètent-ils ». Lui-même ne donnait certes pas la réponse, mais la réponse attendue est claire ! c’est : « Non ! Tous ne parlent pas en langues ». Cela aurait dû donner à réfléchir aux Corinthiens, et cela devrait faire réfléchir aujourd’hui tous les chers enfants de Dieu qui attribuent tant d’importance au parler en langues. 2.8.2 Sur la NATURE du parler en langues L’apôtre ne laisse planer aucun doute sur le fait que le parler en langues, malgré la grande impression extérieure qu’il laisse sur les spectateurs, tient la plus petite place parmi les dons spirituels, et figure toujours à la fin des énumérations (1 Cor. 12:10, 28-30 ; 14:5). En absence d’interprétation, ce don n’est d’aucune utilité à l’assemblée, car il n’y a édification — ce qui est le grand but de Dieu pour son assemblée ! — que si on comprend ce qui est dit (1 Cor. 14:5-19, 28). Les plus grands dons n’étaient pas des dons de miracle et de langues, mais des dons d’apôtres, de prophètes et de docteurs (enseignants) qui étaient donnés pour affermir l’assemblée dans les grandes vérités du Nouveau Testament. Celui qui parlait en langue, ne parlait pas aux hommes, mais à Dieu (1 Cor. 14:2, 28). Nous avons déjà vu cela dans les récits historiques de Luc (Actes 2 et 10) et Paul confirme cela : Le parler en langues est quelque chose adressé à Dieu, c’est de la prière, de l’action de grâces, de la louange [ou : bénédiction] (1 Cor. 14:14-17). C’est la caractéristique principale de ce don. Que les prières, les chants de louange et les actions de grâces produisent aussi de l’édification, ces versets le montrent également clairement. Dans ce sens, l’apôtre n’avait rien contre la pratique du parler en langues, dans la mesure où un interprète rendait compréhensible ce qui était dit (1 Cor. 14:5, 13, 39). En absence d’interprète, le don du parler en langues ne devrait pas s’exercer dans l’assemblée (1 Cor. 14:28). Lui-même parlait certes plus qu’eux tous en langue, c’est-à-dire qu’il prononçait des mystères à Dieu, en Le priant, Le louant et Lui adressant des actions de grâces. Mais il ne faisait pas cela dans l’assemblée. Là, il préférait dire cinq paroles avec l’intelligence plutôt que dix mille paroles dans une langue (1 Cor. 14:19). C’est un exemple qui mérite d’être imité par tous ceux qui croient pouvoir édifier les autres par des discours mystérieux et incompréhensibles ! Celui qui parlait dans une langue sans interprète, s’édifiait lui-même ; car personne ne comprenait ce qu’il disait (1 Cor. 14:4). Mais l’auto-édification en rapport avec l’Assemblée (c’est ce dont il s’agit dans 1 Cor. 12 à 14) n’est ni la pensée, ni le but de Dieu. Dieu ne donne pas des dons à un individu pour qu’il n’édifie que lui-même. Par conséquent, le v. 4 de 1 Cor. 14 n’est pas une simple constatation, mais un blâme certain, selon ce que je crois. C’est propre à la nature des langues de ne produire de l’édification que si elles sont interprétées. Dans cette première épître aux Corinthiens, les « langues » sont aussi des langues normales, humaines que l’Esprit donnait à exprimer. Admettre ou même prétendre que l’apôtre, et peut-être d’autres aussi, auraient parlé les langues des « anges » est absurde (1 Cor. 13:1). Toutes les phrases qui commencent par « si je … » dans 1 Cor. 13, sont de nature purement hypothétique, et signifient « prenons le cas où je ferais tout ceci et cela ». Mais Paul confesse lui-même qu’il n’a pas « toute la connaissance », car lui ne connaît « qu’en partie » (1 Cor. 13:9). Il n’a pas du tout distribué tous ses biens en aliments pour les pauvres, il n’a pas donné son corps pour être brûlé. Ainsi, le verset 1 est également une pure supposition de choses au maximum imaginables, par lesquelles il veut prouver combien tout est sans valeur si le ressort n’en est pas l’amour. Il ne présente pas un fait qui aurait été une réalité chez lui. C’est la raison pour laquelle le verbe est au conjonctif [conditionnel], de sorte que si on traduit littéralement, cela donne : « Si… je parlais » (ou même : « si je parlerais »). 2.8.3 Sur le BUT du parler en langues Paul parle plutôt « en passant » du but du parler en langues. On le trouve en 1 Cor. 14:21-25 : «Il est écrit dans la loi: «C’est en d’autres langues et par des lèvres étrangères que je parlerai à ce peuple; et même ainsi, ils ne m’écouteront pas, dit le Seigneur». De sorte que les langues sont pour signe, non à ceux qui croient, mais aux incrédules ; mais la prophétie est un signe, non aux incrédules, mais à ceux qui croient. Si donc l’assemblée tout entière se réunit ensemble, et que tous parlent en langues, et qu’il entre des hommes simples ou des incrédules, ne diront-ils pas que vous êtes fous ? Mais si tous prophétisent, et qu’il entre quelque incrédule ou quelque homme simple, il est convaincu par tous, et il est jugé par tous: les secrets de son cœur sont rendus manifestes; et ainsi, tombant sur sa face, il rendra hommage à Dieu, publiant que Dieu est véritablement parmi vous » Nous apprenons ici (1 Cor. 14:22) que les langues sont un signe, non pas pour les croyants, mais pour les incrédules. Que veut dire l’apôtre par le terme « incrédules » ? La citation d’Ésaïe 28 au verset précédent nous le fait comprendre : Ce sont les Juifs incrédules. À eux, Dieu allait leur parler en langues étrangères, avait dit le prophète Ésaïe — et c’était un jugement ! — En entendant ainsi, ils entendraient et ne comprendraient pas, comme le même prophète l’a prophétisé dans un autre passage (És. 6:9). Pourquoi, dans ces conditions, les croyants de Corinthe étaient-ils si fiers de ce don qui était en soi un signe de jugement pour la nation incrédule des Juifs ? — un signe de jugement dans la mesure où ces langues montraient que Dieu se détournerait de ce peuple dans son ensemble et qu’Il se tournerait vers ceux des nations. Or c’est précisément ce que nous avons vu auparavant en Actes 2. Dieu leur a parlé dans d’autres langues, dans les langues des pays où beaucoup d’entre eux avaient été transportés selon le gouvernement de Dieu. Ils avaient entendu du point de vue acoustique, mais n’avaient vraiment pas compris. La grande masse de ce peuple restait incrédule, et continuait à rejeter Christ. Pour eux donc, les langues étaient un signe. En 1 Cor. 14:23-24, l’apôtre parle de nouveau des incrédules, mais il les rattache à un autre groupe, celui des « simples » [ou : « ignorants »]. Cela amène à conclure qu’il ne parle pas maintenant du groupe «des incrédules » en tant que tels comme au v. 22, mais de quelques incrédules parlant grec (« qu’il entre quelque incrédule ou quelque homme simple ») qui voudraient venir au milieu d’eux, et les tiendraient pour « hors de sens » [ou : fous] s’ils parlaient tous en langues. Pourquoi « hors de sens ? ». Parce que, contrairement aux Juifs incrédules de la dispersion, ils ne comprendraient pas les langues parlées. Il apparaît qu’au v. 22 l’apôtre parle de Juifs incrédules, mais qu’aux v. 23 et 24 il parle de Grecs incrédules : cela est confirmé par le fait que, dans le premier cas (v. 22), il y a l’article avant « incrédules » et il faut lire « les incrédules » ou « aux incrédules », et dans le deuxième cas (v. 23-24) il manque l’article. Si dans le premier cas il voulait simplement caractériser comme incrédule n’importe quelle personne, l’article grec devrait absolument être absent. Mais puisqu’il l’utilise, il définit un groupe déterminé d’incrédules — justement les Juifs. Retenons bien ce point important : Les langues n’ont pas été destinées à être un témoignage auprès des croyants, mais elles étaient un signe pour le peuple incrédule des Juifs. Que ce signe ne durerait pas longtemps, cela tombe sous le sens une fois qu’on a compris sa signification fondamentale. 2.8.4 Sur la PERSISTANCE du parler en langues En 1 Cor. 13, on est frappé par une particularité, qui donne un certain éclaircissement sur cette question de la persistance des langues qui nous occupe. L’apôtre avait parlé de l’amour qui « ne périt jamais ». Puis il parle des choses qui ne dureraient pas toujours : « Or y a-t-il des prophéties ? elles auront leur fin. Y a-t-il des langues ? elles cesseront. Y a-t-il de la connaissance ? elle aura sa fin » (1 Cor. 13:8). On remarque le changement d’expressions, d’abord « auront leur fin », puis « cesseront », puis de nouveau « aura sa fin ». Pourquoi l’apôtre se sert-il de ces différentes expressions ? Rien dans l’Écriture Sainte n’est fortuit ou insignifiant. Quand le parfait sera venu, c’est à dire, quand le Seigneur Jésus nous aura pris à Lui dans Sa gloire, alors nous n’aurons plus besoin de prophéties. Dans le ciel on n’entendra plus la voix d’aucun prophète. Le genre de connaissance que nous possédons aujourd’hui, à savoir la connaissance en partie, aura aussi sa fin. Il est caractéristique qu’au v. 10, cette expression « aura sa fin » est utilisée encore une fois : « mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est en partie aura sa fin ». Le Seigneur nous conduira à une connaissance parfaite, à une connaissance de manière absolue. C’est une bénédiction sans mesure ! Mais en ce qui concerne les langues, l’apôtre dit qu’elles cesseront. La forme du verbe en grec signifie « s’arrêter de soi-même ». Comme un petit ruisselet qui finit par tarir dans la terre sèche, de même les langues s’arrêteraient aussi petit à petit. N’est-ce pas justement ce que nous avons vu dans les Actes, et aussi ce que nous trouvons dans la suite du Nouveau Testament ? Nulle part il n’est reparlé des langues : elles ont perdu leur importance. Le témoignage a depuis longtemps été donné aux Juifs. Ce qui était nouveau, est confirmé depuis longtemps, et dans ce sens ce n’est plus nouveau aujourd’hui. À quoi serviraient aujourd’hui encore les langues ? Pour prêcher l’évangile dans les pays étrangers ? Elles n’ont jamais été utilisées dans ce but dans l’Écriture. Les langues comme signes ont fini leur service. Par conséquent : « elles cesseront », c'est-à-dire qu’elles cesseront avant que ce qui est parfait soit venu, avant que les prophéties et la connaissance aient eu leur fin. C’est probablement la raison pour laquelle l’apôtre, après avoir dit au v. 9 « car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie », il n’ajoute pas « nous parlons en langue en partie ». Le parler en langues cesserait déjà auparavant. 2.9 Satan comme ange de lumière Si le parler en langues que beaucoup pratiquent aujourd’hui est contraire à la Parole de Dieu sur presque tous les points, ne doit-on pas alors soupçonner que la chose toute entière soit fausse et contrefaite ? par exemple, que doit-on penser, de ce que ce sont très souvent des femmes qui parlent en langues publiquement dans les assemblées ou qui les interprètent, alors que l’apôtre nous a donné « ce commandement du Seigneur » qu’elles se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis de parler (1 Cor. 14:34, 37) ? Est-il possible que l’Esprit de Dieu pousse à faire quelque chose de contraire à la Parole de Dieu ? On parle beaucoup aujourd’hui du Saint Esprit, d’être rempli du Saint Esprit, mais on ne fait pas souvent ce que ce même Saint Esprit a fait consigner dans la sainte Écriture. Cela devrait faire réfléchir tout lecteur sincère de ces lignes. Naturellement le Saint Esprit est Dieu tout comme le Père et comme le Fils. Mais durant la période actuelle de la grâce, Il prend, nous le disons en toute révérence, une « position de service » : Il attire l’attention et les cœurs toujours vers Christ. Lisons seulement l’évangile de Jean au ch. 16 ! Nous le voyons là tout à fait clairement. Par conséquent, mettre excessivement l’accent sur le Saint Esprit éloigne facilement du Seigneur Jésus, et de la Parole de Dieu. Quand le Seigneur Jésus était sur la terre, les chefs du peuple Juif se rendirent coupables d’un péché terrible : Ils ont attribué à Béelzébul, chef des démons, la puissance de l’Esprit de Dieu par laquelle le Seigneur Jésus accomplissait les miracles. C’était là le « blasphème contre le Saint Esprit », le péché qui ne connaîtra pas de pardon (Matt. 12:22-32). Aujourd’hui, puisque l’Esprit Saint est sur la terre, il existe le danger inverse : On attribue à l’Esprit Saint ce que la puissance de Satan produit. Satan n’est jamais plus dangereux que lorsqu’il vient comme « ange de lumière », et qu’il cherche à corrompre la vérité divine par imitation. « Et ce n’est pas étonnant, car Satan lui-même se transforme en ange de lumière : ce n’est donc pas chose étrange si ses ministres aussi se transforment en ministres de justice, desquels la fin sera selon leurs œuvres » (2 Cor. 11:14-15). Satan n’hésite pas à dire des choses belles à entendre sur Christ et Ses serviteurs. Mais il le fait seulement pour gommer la frontière entre la lumière et les ténèbres, et pour égarer les simples. Nous trouvons un exemple de cela en Actes 16, où une femme avec un esprit de python [devineresse] suivait Paul et ses collaborateurs, et criait : Ces hommes sont les esclaves du Dieu Très-haut, qui vous annoncent la voie du salut » (16:16-18). C’était beau à entendre, et juste, mais elle cherchait à s’associer ainsi à ceux qui annonçaient l’évangile. C’était un esprit frauduleux qui parlait par elle, non pas l’Esprit de Dieu. Paul s’en est rendu compte, et en fut « affligé ». Or Satan ne se contentera pas d’utiliser ses esprits frauduleux « dans les rues ». Il essayera aussi de les introduire parmi les enfants de Dieu. Quand quelqu’un a parlé en langue, comment savoir, comment juger ce qu’il exprimé ? Était-ce conduit par le Saint Esprit ou par de mauvais esprits ? C’est encore une raison pour laquelle il était important qu’un interprète rende compréhensible ce qui était dit, et l’apôtre insiste là-dessus. Ne nous laissons pas tromper ! Satan peut encore aujourd’hui mettre un esprit de mensonge dans la bouche des gens, comme il l’a fait autrefois aux jours de Josaphat (1 Rois 22:22, 23). Il a bien réussi ! Il a toujours cherché à détourner les hommes du Dieu vivant et à les orienter vers les voix malhonnêtes de ceux qui « murmurent et qui chuchotent » (Ésaïe 8:19) ! N’oublions pas que Satan peut imiter les signes et les miracles opérés par l’Esprit de Dieu. Ce ne sont certes que des imitations, toutefois au premier coup d’œil, et souvent aussi encore au second, ils ont l’air authentique. Il a fait cela, au « milieu de la maison d’Israël » par des visions vaines, c’est-à-dire fausses, et par des divinations flatteuses (Ézé. 12:24). Dans des jours encore futurs, l’antichrist exercera une puissance satanique à un degré tel qu’il donnera « la respiration à l’image de la bête », de sorte qu’elle parlera même (Apoc. 13:15). Si Satan dans le passé a utilisé des forces surnaturelles et a parlé par la bouche mensongère des hommes, pour séduire si possible même les élus, — s’il fera de même dans l’avenir, — alors nous pouvons être sûrs qu’il agit aussi de la même manière aujourd’hui. Les serviteurs de Satan viennent souvent sous la forme de serviteurs de la justice, mais ils ressemblent à des loups ravisseurs en habits de brebis (Matt. 7:15). Ils revêtent « un manteau de poil pour mentir » (Zach. 13:4). Nous avons assez d’exemples dans l’Écriture de puissances spirituelles invisibles qui se saisissent de la bouche d’un homme pour lui faire exprimer des choses que ne comprennent ni celui qui parle ni les auditeurs. De telles puissances sont en général d’origine démoniaque. Non, aujourd’hui à la fin des jours du temps de la grâce, l’Écriture Sainte ne nous donne aucune raison d’attendre des signes et des miracles spectaculaires dans la puissance de l’Esprit de Dieu. Si on prétend les avoir, c’est soit de la tromperie ou de la folie, soit il y a une origine satanique. Cela est dur à entendre, mais je ne peux pas conclure autrement d’après ce que dit l’Écriture. Je ne doute nullement de la sincérité de beaucoup d’enfants de Dieu sérieux qui ont été impliqués dans des mouvements où on parle en langues. Dieu seul connaît et juge les cœurs. Mais ces mouvements ne sont pas de Dieu. Tôt ou tard leurs adeptes seront détournés encore davantage de la vérité de l’Écriture. Que dans Sa grâce le Seigneur veuille tous nous garder de prêter attention aux « esprits séducteurs et enseignements de démons » (1 Tim. 4:1) ! Pour finir, je voudrais montrer encore un recours, un critère de jugement que l’Écriture met à notre portée et qui ne fait jamais défaut, s’il s’agit de juger si quelque chose provient de l’Esprit de Dieu ou a pour origine une puissance mauvaise. Nous le trouvons au début de 1 Cor. 12 : « C’est pourquoi je vous fais savoir que nul homme parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit: «Anathème à Jésus» ; et que nul ne peut dire «Seigneur Jésus», si ce n’est par l’Esprit Saint » (1 Cor. 12:3). L’Esprit Saint fera toujours tout pour glorifier le Seigneur Jésus, et pour Lui donner la place suprême dans le cœur des Siens. Il conduira toujours à dire : Jésus est Seigneur ! Or c’est justement ce que les démons ne feront jamais. Ils chercheront par tous les moyens à jeter de l’opprobre ou du déshonneur sur Jésus. Ils peuvent dire de belles choses sur lui, mais ils ne Le reconnaîtront jamais comme Seigneur. Nous sommes environnés de nos jours dans le domaine chrétien par des choses qui font frissonner rien que d’en entendre parler. Mais soyons confiants ! Nous n’avons pas besoin de nous faire de souci. Notre chemin est bien simple À l’égard des choses qui viennent à nous, il suffit de faire le test : Le Seigneur Jésus est-Il glorifié par cela, ou quelque chose d’autre se met-il à Sa place ? Tient-on à Sa Parole, ou est-on surtout occupé de soi, de ses propres pensées et de ses propres expériences ? Cela décide de tout. Si la gloire de la Personne de Christ et Ses droit à la Seigneurie sont maintenus, si on se courbe dans l’obéissance sous l’autorité de Son œuvre et de Sa Parole, alors on peut être certain : L’affaire est de Dieu. Mais s’il y a quelque chose que nous reconnaissons n’être pas selon Ses pensées, alors tenons-nous en retrait : « Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur » (2 Tim. 2:19) ! « Ne soyez pas séduits : les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs. Réveillez-vous pour vivre justement, et ne péchez pas ; car quelques-uns sont dans l’ignorance de Dieu, je vous le dis à votre honte » (1 Cor. 15:33-34). Aimons-nous notre Seigneur et Sauveur ? Alors, nous nous rappellerons de Sa parole en Jean 14:21 : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime ». 3 Le discours de Pierre — Actes 2:14-36 Dans la section que nous abordons, nous trouvons la personne de l’apôtre Pierre sous un jour que nous n’avons encore jamais rencontré. Ce pêcheur « illettré » tient un discours public important. Il s’agit de la première prédication chrétienne qui ait jamais eu lieu. Elle s’adressait aux Juifs, et sa profondeur ne pouvait qu’être le résultat de l’habitation intérieure et de l’activité du Saint Esprit. Écoutons le récit inspiré qui nous en est fait : « Mais Pierre, s’étant levé avec les onze, éleva sa voix, et leur parla : Hommes juifs [ou : de Judée], et vous tous qui habitez Jérusalem, sachez ceci, et prêtez l’oreille à mes paroles ;— car ceux-ci ne sont pas ivres, comme vous pensez, car c’est la troisième heure du jour ;— mais c’est ici ce qui a été dit par le prophète Joël : «Et il arrivera aux derniers jours, dit Dieu, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront, et vos jeunes hommes verront des visions, et vos vieillards songeront en songes ; et sur mes serviteurs et sur mes servantes, en ces jours-là, je répandrai de mon Esprit, et ils prophétiseront ; et je montrerai des prodiges dans le ciel en haut, et des signes sur la terre en bas, du sang et du feu, et une vapeur de fumée ; le soleil sera changé en ténèbres et la lune en sang, avant que vienne la grande et éclatante journée du Seigneur. Et il arrivera que quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » (2:14-21). 3.1 Aperçu C’était en fait une scène impressionnante : Au milieu de la foule houleuse d’hommes Juifs tout à fait divisés dans leur appréciation des événements, Pierre se lève d’un coup avec les onze ! Quelle hardiesse et quelle clarté caractérisent maintenant cet homme qui, encore récemment, avait nié trois fois connaître le Seigneur Jésus ! C’est un tout autre Pierre que celui d’avant la Pentecôte. Sans le moindre signe de timidité ou de crainte, il s’adresse à la grande foule qui s’était rassemblée, et il s’adresse à eux trois fois en changeant chaque fois de formule pour les interpeler. Il les nomme d’abord « Hommes Juifs, et vous tous qui habitez Jérusalem » (2:14). Au v. 22, nous avons la deuxième adresse personnelle : « Hommes israélites ». La troisième adresse est au v. 29 : « Hommes frères », une formule déjà utilisée en 1:16. Ces trois manières de s’adresser à eux marquent clairement les trois sections du discours : a) 2:14-21, — b) 2:22-28 et — c) 2:29-36. Il est intéressant de noter que chacune de ces trois sections ne commence pas seulement par une adresse personnelle particulière, mais se clôt aussi chaque fois par une citation importante de l’Ancien Testament. En outre, on remarque que Pierre exprime dans chaque section une vérité ou un fait essentiel, en des paroles concises. Dans la première section qui nous occupe maintenant, il s’agit de l’effusion de l’Esprit Saint au jour de la Pentecôte. 3.2 La première prédication chrétienne Le changement intérieur fort qui s’était opéré en Pierre, ne peut être expliqué que par un seul fait : L’Esprit Saint était descendu sur la terre en tant que personne de la Déité, et avait fait Son habitation en lui et dans les autres disciples. Les paroles que Pierre exprime, ainsi que la compréhension profonde avec laquelle il cite et interprète des passages de l’Ancien Testament, tout cela ne peut s’expliquer que par la présence du Saint Esprit. Comme déjà remarqué, nous avons ici la première prédication chrétienne qui ait jamais eu lieu. Le disciple qui avait renié trois fois son maître, est estimé digne d’être la bouche des douze apôtres, et même mieux, la bouche du Saint Esprit. Grâce merveilleuse de Dieu ! Aurions-nous agi ainsi ? N’aurions-nous pas dit plutôt : « Pierre, tu as tant déshonoré le Seigneur, tu ne peux plus jamais exercer un service public » ? Mais le Seigneur a restauré son disciple, afin qu’il puisse exécuter le service dont il avait été chargé auparavant (Matt. 16:19). — Pierre seul possédait les clés du royaume des cieux, et le moment était venu maintenant de les utiliser pour la première fois, pour faire entrer les croyants Juifs dans le royaume de Dieu sur la terre. Nous verrons cela de plus près ultérieurement. Ce que signifie le royaume de Dieu et le royaume des cieux, nous l’avons déjà considéré à propos de Actes 1:3 (voir introduction p.32-35). Cette première prédication chrétienne est un modèle, un exemple pour tous ceux qui annoncent publiquement la Parole ; car leur grand objet est Christ. Et combien la parole de Dieu occupe une place prééminente dans ce discours ! Nous avions déjà observé cette caractéristique dans le discours de Pierre dans la chambre haute (1:16-22). C’est la parole de Dieu qui doit être présentée aux auditeurs, non pas des histoires bien inventées, des fables, des anecdotes, des expériences personnelles ou autres choses analogues. Naturellement on peut tirer à l’occasion des comparaisons ou des événements de la vie quotidienne pour mieux faire comprendre, et ils peuvent servir au prédicateur pour illustrer ce qu’il désire présenter. Paul est aussi parti d’une inscription trouvée sur un autel à Athènes (17:23). Une expérience vécue personnellement peut aussi être profitable à autrui. Mais la parole de Dieu — et avec elle, Christ — devrait toujours être le point central de la prédication. L’Esprit Saint utilise toujours la parole de Dieu, l’Ancien et le Nouveau Testament, pour parler aux cœurs et aux consciences des gens, et le sujet principal de l’Écriture Sainte est la personne et l’œuvre de Christ. Encore un point : Si l’Esprit Saint peut agir sans empêchement, alors ce qui est dit est marqué par l’assurance et la fermeté. Dans le discours de Pierre, on chercherait en vain des tournures comme « selon toute probabilité ». Mais considérons encore un trait de caractère de ce discours, avant d’entrer dans les détails ! J’ai dit : «son grand sujet, c’est Christ» ; or il n’est pas parlé du sang de Christ. Ce trait de caractère marque non seulement ce discours, mais tous les discours des apôtres qui nous sont rapportés dans les Actes. Ce sont toujours la résurrection et l’exaltation de Christ qui sont placées devant les cœurs du peuple juif. C’est cela qu’ils devaient entendre, qu’ils devaient reconnaître, s’il devait y avoir un salut pour eux. Mais nous apprenons aussi par-là que, si nous voulons annoncer un évangile complet et gratuit, en plus des récits historiques nous avons besoin de l’enseignement des épîtres apostoliques, spécialement des épîtres de l’apôtre Paul,. Certes Paul a parlé aux anciens d’Éphèse à Milet du « sang de son propre Fils » (20:28), mais ce n’était pas de l’évangélisation. Dans tout le livre des Actes, les thèmes prédominants sont Christ, l’objet excellent, et Sa résurrection. Dans ce chapitre le Saint Esprit fait prendre conscience au peuple juif de la culpabilité dont il s’est chargé par le rejet de Celui que Dieu lui avait envoyé. Ils devaient être amenés à reconnaître et ressentir leur péché particulier. Sans repentance, il n’y a pas de bénédiction. 3.3 La réponse de Pierre à la fausse accusation — 2:14-15 « Mais Pierre, s’étant levé avec les onze ». L’additif «avec les onze» montre clairement que l’Esprit Saint a produit le choix de Matthias comme douzième apôtre et l’a reconnu. Matthias, et non pas Paul, remplissait les conditions nécessaires (1:21, 22) ; c’est lui, et non pas Paul, qui devait être ajouté aux onze. L’évangile que Paul devait proclamer, portait un caractère particulier, encore plus élevé. C’était « l’évangile de la gloire de Christ » (2 Cor. 4:4-6). Que Pierre se soit levé avec les onze avant de commencer à parler, n’est assurément pas une circonstance complètement insignifiante. Les rabbins (enseignants en Israël) prenaient soin de rester sur leur siège dans les synagogues, et ils aimaient les premiers sièges dans les synagogues (Matt. 23:6) ; à l’inverse, les hérauts témoins de Christ ressuscité (1:8), se tenaient debout pour rendre leur témoignage. Il y a certainement à apprendre de cela. Le Seigneur Jésus ne s’est-il pas aussi levé lorsqu’Il a lu dans le rouleau du prophète Ésaïe ? « Il se leva pour lire » (Luc 4:16). Quelle révérence devant la parole de Dieu ! Ne devons-nous pas faire comme Lui et nous lever quand nous lisons la parole de Dieu dans une réunion publique ? La manière négligée dont on traite souvent l’Écriture Sainte aujourd’hui, n’est pas un bon signe. Il n’est pas bon non plus d’avoir des «discussions de table», si nous sommes réunis en tant qu’assemblée, pour lire et étudier ensemble la parole de Dieu. N’est-il pas bien mieux, si le frère qui parle à l’assemblée de la part de Dieu, se tient debout ? Le message qu’il apporte vaut la peine d’être entendu et compris de tous. Si Pierre s’est adressé à ses auditeurs comme étant les « Hommes Juifs [ou : de Judée], et vous tous qui habitez Jérusalem », il semble qu’il se soit tourné en premier lieu vers les Juifs indigènes [ou : natifs du pays]. Il me semble qu’il y avait une double raison à cela. D’une part, ceux qui avaient accusé les cent vingt en se moquant qu’ils étaient pleins de vin doux, étaient probablement justement les Juifs indigènes domiciliés dans le pays : ils n’avaient pas pu comprendre les langues étrangères dans lesquelles les disciples avaient parlé. Mais d’autre part, une convenance particulière figure dans ce discours, parce que Pierre, inspiré par l’Esprit de Dieu, cite immédiatement le prophète Joël, et ce prophète avait justement parlé de ces deux groupes du peuple juif, ceux de Juda et ceux de Jérusalem : « Car voici, en ces jours-là et en ce temps-là où je rétablirai les captifs de Juda et de Jérusalem, je rassemblerai toutes les nations» (Joël 3:1, 2). « Mais Juda sera habité à toujours, et Jérusalem de génération en génération» (Joël 3:20). Quelle exactitude nous trouvons partout dans la Parole de Dieu ! Quelle justesse dans les expressions particulières : seul le Saint Esprit pouvait donner cela. C’est un rafraîchissement pour la foi. Nous trouverons dans le discours de Pierre d’autres exemples de la perfection de l’Écriture Sainte, et c’est pour moi un sujet de joie intérieure particulier de pouvoir attirer l’attention sur ces détails. Il semble que Pierre reprend le mot «ceci» de la question des Juifs en perplexité : «que veut dire ceci ? », car il l’utilise trois fois dans la suite : Ø « sachez ceci, et prêtez l’oreille à mes paroles» (2:14), Ø « mais c’est ceci ce qui a été dit par le prophète Joël » (2:16), Ø «… il a répandu ceci que vous voyez et entendez» (2:33). Avec une grâce divine, Pierre répond à leur question sur ce qui s’était passé : L’Esprit Saint avait été donné. Il indique d’abord ce que l’événement n’était pas. Quelques-uns avaient allégué avec moquerie : «Vous êtes plein de vin doux». Ils pensaient en finir facilement de cette façon avec ce qu’ils ne pouvaient pas comprendre ni expliquer. Que de gens intelligents qui, lorsqu’il s’agit de choses divines, sont souvent si illogiques et si insensés ! Aujourd’hui il n’en est pas autrement. Dans les choses de la foi, des personnes intelligentes parlent et agissent souvent comme des enfants insensés qui ferment les yeux et croient ainsi qu’on ne les verra pas. Ce qu’on ne comprend pas dans les choses divines, ou qu’on ne peut pas expliquer par le moyen de l’intelligence, on le nie sans hésitation : c’est comme si cela n’existait simplement pas pour eux. J’ai souvent pensé : Que d’illogisme dans l’incrédulité, et chez ces hommes d’intelligence moderne, eux qui attachent tant d’importance à la logique ! Quelle logique que celle qui est toujours propre à la foi ! La foi de la mère de Samson n’était pas du tout logique, lorsque, apeurée, elle disait à son mari : «Nous mourrons certainement, car nous avons vu Dieu » ; quel contraste avec la tranquillité et la sécurité de la foi du mari qui répondait : « Si l’Éternel eût pris plaisir à nous faire mourir, il n’aurait pas accepté de notre main l’holocauste et le gâteau, et il ne nous aurait pas fait voir toutes ces choses, et ne nous aurait pas fait entendre, dans ce moment, des choses comme celles-là » (Juges 13:22, 23). Combien cela est beau ! C’était être dépourvu de toute raison que de penser que cent vingt personnes soient ivres à une heure si matinale ! En outre, la troisième heure du jour (9 heures du matin) était l’heure de la prière du matin et de l’offrande de l’holocauste du matin. Aucun Juif pieux n’aurait mangé ou bu quoi que ce soit avant cette heure, un jour de sabbat ou d’une des fêtes solennelles ! Une chose était certaine : ils ne pouvaient pas discréditer de cette façon les miracles qui s’étaient produits. Ces hommes n’étaient pas remplis de vin doux, mais de l’Esprit Saint. Dieu avait agi, et Il avait agi en puissance. Pour expliquer maintenant ce qui était survenu, Pierre ne s’arrête pas à cette autre allégation que ses disciples seraient venus de nuit et auraient volé le corps de Jésus, mais il cite un passage extrêmement remarquable de la Parole de Dieu, du prophète Joël. 3.4 La prophétie de Joël — 2:16-21 « C’est ici ce qui a été dit par le prophète Joël: «Et il arrivera aux derniers jours, dit Dieu, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair » (2:16-17). Pourquoi Pierre cite-t-il plus spécialement le prophète Joël ? D’autres prophètes n’ont-ils pas aussi prophétisé de l’effusion du Saint Esprit ? Certainement ! En Ésaïe 32:15, il est dit : « jusqu’à ce que l’Esprit soit répandu d’en haut sur nous », et au ch. 44 du même prophète : « je verserai mon Esprit sur ta semence » (44:3), et par le prophète Ézéchiel Dieu fait dire à son peuple terrestre : que je « ne leur cacherai plus ma face, parce que j’aurai répandu mon Esprit sur la maison d’Israël » (39:29). On peut rapidement reconnaître à qui se réfèrent les citations précédentes : exclusivement à Israël. Mais le prophète Joël est le seul à parler de l’Esprit répandu sur toute chair (Joël 2:28 ; Actes 2:17). Au jour de la Pentecôte, Dieu dans Sa grâce était sur le point de franchir les frontières étroites du judaïsme et d’apporter aussi aux nations la bénédiction de la rédemption dans le Christ Jésus ; dans ces conditions, aucun autre passage de l’Ancien Testament ne pouvait convenir, sinon celui de Joël 2, pour justifier la descente du Saint Esprit en ce jour. Aucun autre passage, sinon celui de Joël, ne mentionne également les signes et miracles accompagnateurs. Quelle sagesse divine se fait à nouveau voir ici ! Elle nous conduit à l’adoration. Mais considérons encore de près le passage : Pierre, conduit par l’Esprit, ne dit pas que la parole de Joël 2 avait été accomplie ce jour-là. Ce n’aurait effectivement pas été la vérité. Il dit seulement : « C’est ici ce qui a été dit par le prophète Joël ». Au jour de la Pentecôte, l’Esprit n’a nullement été répandu sur toute chair. Cela n’arrivera qu’« aux derniers jours » (2:17), après le rétablissement d’Israël et en relation avec le royaume millénaire. Même aujourd’hui, environ deux mille ans après l’effusion du Saint Esprit, la prophétie de Joël n’est pas accomplie. Elle a connu un accomplissement partiel avec l’effusion du Saint Esprit à la Pentecôte, mais rien de plus. Pierre, par la sagesse de Dieu, fait une application de cette prophétie, mais c’est tout. Par conséquent, personne ne devrait faire l’erreur d’attendre pour notre temps les suites (miracles et signes) mentionnées dans cette prophétie. L’Écriture Sainte a une perfection et une précision dont on est toujours à nouveau émerveillé, quand on en trouve des preuves. Il s’agit de preuves figurant dans l’Écriture elle-même, non pas en dehors d’elle (elle n’en a pas besoin). Je mentionne justement encore un autre exemple de la précision de ses déclarations. Lorsque le Seigneur Jésus fut crucifié, et que les soldats romains virent « qu’il était déjà mort », ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l’un d’eux Lui perça le côté avec une lance, « et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau ». Et alors, Jean (ch. 19) ajoute deux citations de l’Ancien Testament à ce sujet. Au sujet de la première citation (Jean 19:36) « Pas un de ses os ne sera cassé », il dit que cette écriture a été accomplie ; et de la deuxième citation « Ils regarderont vers celui qu’ils ont percé » (Jean 19:37) il ne le dit pas, mais remarque seulement : « Et encore une autre écriture dit ». Effectivement cette prophétie attend encore sa réalisation. L’accomplissement de cette parole a été pour ainsi dire préparé par le fait que le côté du Seigneur a été percé. Mais le regard porté vers le côté percé est encore futur. De la même manière, la prophétie de Joël n’a pas non plus été réalisée au jour de la Pentecôte, mais par son moyen, les Juifs auraient dû être préparés à ce qui s’est passé ce jour-là. Cela me conduit à faire remarquer une autre circonstance : Pierre ne cite de manière précise ni le texte hébraïque, ni la Septante (traduction de l’Ancien Testament en grec). Tandis que Joël dit deux fois « je répandrai mon Esprit » (2:28, 29), Pierre dit chaque fois : « je répandrai de mon Esprit » (Actes 2:17, 18), [ce qui correspond à une effusion partielle]. Cela indique également que l’accomplissement effectif de cette prophétie n’a pas eu lieu à ce moment-là. Nous avons aujourd’hui les «prémices de l’Esprit» (Rom. 8:23) : c’est la préparation pour une bénédiction beaucoup plus vaste — l’effusion de l’Esprit sur toute chair. Je ne dis pas : une «bénédiction bien plus grande», car l’effusion du Saint Esprit sur toute chair, comme le Prophète Joël la décrit, n’est pas la même chose que l’habitation personnelle du Saint Esprit dans le croyant et dans l’Assemblée. Cette bénédiction est beaucoup, beaucoup plus élevée, et est limitée au vrai christianisme au temps de la grâce. À aucun moment auparavant, l’Esprit n’a habité, et à aucun moment après, l’Esprit n’habitera dans des hommes comme dans un temple, comme c’est le cas aujourd’hui. Après l’établissement du royaume millénaire, l’Esprit viendra sur toute chair. Ce sera alors la réalisation directe de la parole de Dieu par Joël. Mais les croyants du temps de la grâce — qui, pour la plupart, proviennent des nations, et non pas des Juifs — forment une petite partie de ce « toute chair », comme une «anticipation» de cette prophétie. Combien il était dès lors approprié que Pierre introduise justement le prophète Joël, et applique sa prophétie à ce qui était arrivé à la Pentecôte. Inspiré par l’Esprit, il cite précisément ce qui était juste pour ce moment-là. Retenons bien encore ceci : La prophétie de Joël vise le résidu juif, et n’a rien à faire avec l’Assemblée, le corps de Christ. Mais parce qu’elle parle de l’effusion de l’Esprit de Dieu sur toute chair, elle nous est aussi applicable. Nous ne sommes pas son accomplissement. Quelle partie en serait quand même réalisée au jour de la Pentecôte ? Le fait que l’Esprit a été répandu, non pas toutefois avec l’ampleur et à la manière dont Joël parle. 3.4.1 La séquence des événements prophétiques. Je voudrais reparler de la séquence des événements futurs selon la présentation qu’en fait le prophète Joël. Ce qui fournit l’occasion, c’est la constatation que Pierre commence la citation de Joël 2 par les mots : « Et il arrivera aux derniers jours ». Le Prophète Joël en revanche commence le verset 28 par ces mots « Et il arrivera, après cela ». Par le moyen de Pierre, l’Esprit Saint nous fait connaître que les paroles de Joël se rapportent aux derniers jours, quand, aux jours du Messie, il se passera quelque chose de semblable à ce dont ils étaient devenus maintenant les témoins. Par Joël, l’Esprit Saint nous fait connaître la séquence dans le temps des événements futurs. Pour simplifier et avoir une meilleure vue d’ensemble, je cite en entier le passage de Joël 2:28-31 : « Et il arrivera, après cela, que je répandrai mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards songeront des songes, vos jeunes hommes verront des visions ; et aussi sur les serviteurs et sur les servantes, en ces jours-là, je répandrai mon Esprit. — Et je montrerai des signes dans les cieux et sur la terre, du sang, et du feu, et des colonnes de fumée ; le soleil sera changé en ténèbres, et la lune en sang, avant que vienne le grand et terrible jour de l’Éternel ». Cet « avant que » du v. 31 (« avant que vienne le grand et terrible jour de l’Éternel ») précède chronologiquement le « après cela » du v. 28 (« après cela… je répandrai mon Esprit » ). Autrement dit : Les versets 30 et 31 « Et je montrerai des signes …» remontent dans le temps et parlent de ce qui arrivera, avant que le jour de l’Éternel ne vienne. Le v. 28 en revanche, montre ce qui aura lieu « après cela », c’est-à-dire après le rétablissement d’Israël. Après l’humiliation publique, les pleurs des sacrificateurs entre le portique et l’autel (Joël 2:17), l’Éternel aura compassion de Son peuple (Joël 2:18) et leur enverra le blé, le moût et l’huile à satiété (Joël 2:19) ; et dans ces jours du rétablissement des enfants d’Israël, l’Éternel fera encore autre chose : Il éloignera et chassera d’eux leur ennemi de toujours, celui qui vient du nord, Gog (Ézé. 38 ; Joël 2:20) et le peuple ne sera plus jamais honteux (Joël 2:26), et l’Éternel sera personnellement au milieu d’Israël (Joël 2:27) ; et « après cela » Il répandra Son Esprit sur toute chair (Joël 2:28). Les miracles dans le ciel et sur la terre : Le sang et le feu et les colonnes de fumée forment les jugements préparatoires qui introduiront le grand et terrible jour du Seigneur. Ils précéderont les événements qui viennent d’être décrits. 3.4.2 Le jour du Seigneur et ses préliminaires Pour nous aujourd’hui il est extrêmement important de comprendre que le jour du Seigneur qui sera introduit par des jugements graves, n’est pas encore là : « … ne pas vous laisser promptement bouleverser dans vos pensées, ni troubler… comme si le jour du Seigneur était là. Que personne ne vous séduise en aucune manière, car ce jour-là ne viendra pas que l’apostasie ne soit arrivée auparavant et que l’homme de péché n’ait été révélé, le fils de perdition » (2 Thes. 2:2,3). Il ne faut pas confondre la venue du Seigneur pour l’enlèvement (1 Thes. 4) avec le jour du Seigneur et l’apparition de sa venue (2 Thes. 2:8), comme on le fait malheureusement souvent dans la chrétienté. Tant que l’Esprit de Dieu est dans l’Assemblée sur la terre, la révélation de l’inique, l’antichrist, est encore retenue. Une fois l’assemblée enlevée (en Apoc. 4 et 5, on la voit au ciel), des événements extrêmement graves auront lieu sur la terre, dont parle le prophète Joël et que Pierre cite en Actes 2. Ce sont les mêmes qui sont décrits en Apoc. 6:12 et suiv. (sixième sceau). L’Esprit Saint se sert d’un langage symbolique pour les décrire. Le soleil, « le grand luminaire pour dominer sur le jour » (Gen. 1:16), est le symbole de la plus haute puissance et autorité en gouvernement. La lune, « le petit luminaire pour dominer sur la nuit », est le symbole d’une autorité dérivée. Les étoiles sont également données pour dominer sur la nuit. Elles parlent d’une autorité subalterne. Or, dans ces jours terribles avant la grande tribulation, les gouvernements de cette terre seront ébranlés («il se fit un grand tremblement de terre», Apoc. 6:12), le «soleil» et la «lune» failliront complètement à réaliser leurs fonctions données par Dieu (Rom. 13:1-6). Des révolutions mondiales jetteront par terre les pouvoirs existants et feront partie des signes précédant et annonçant la venue du jour du Seigneur. Il y aura un écroulement complet de la puissance la plus élevée. Tout ordre organisé trouvera une fin violente. Que le « soleil » se transforme en obscurité ou qu’il devienne noir comme un sac de poils, cela nous parle de ce que la puissance de Satan croîtra rapidement et répandra des ténèbres, plus rien ne s’opposant alors à elle. Quand il est parlé de « lune » changée en sang, cela indique la fin mortelle de toute puissance et autorité dérivées. Toutes les autorités subalternes, qu’elles soient politiques ou religieuses, tomberont moralement de leur position élevée : « et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme un figuier agité par un grand vent jette loin ses figues tardives » (Apoc. 6:13). Ce seront des jours extrêmement graves qui succéderont à l’enlèvement de l’Assemblée — si graves et si désespérants que grands et riches, serviteurs et hommes libres, tous se cacheront dans les cavernes et diront aux rochers et aux montagnes : « Tombez sur nous et tenez-nous cachés de devant la face de celui qui est assis sur le trône et de devant la colère de l’Agneau ; car le grand jour de sa colère est venu, et qui peut subsister ? » (Apoc. 6:15-17). Mais les rochers et les montagnes ne leur donneront pas la réponse attendue. 3.4.3 Sauvés de la colère qui vient — 1 Thes. 1:10 Si parmi mes lecteurs il devait y avoir quelqu’un qui n’a pas encore trouvé abri et sécurité derrière le sang de l’Agneau (Ex. 12:13), et qui n’est pas sauvé de la colère qui vient (1 Thes. 1:10), alors il est urgent de te laisser conseiller : Hâte-toi encore aujourd’hui vers le Sauveur des pécheurs avec ta culpabilité ! Veux-tu rester sur cette terre, quand les croyants en seront enlevés, veux-tu vivre le chaos absolu qui vient, et trembler devant la colère de l’Agneau ? Tu ne pourras plus trouver de salut, une fois venu le temps de la colère ! Voici, c’est maintenant le « jour du salut » (2 Cor. 6:2), aujourd’hui le salut est encore offert. Car la citation de Joël 2 « Et il arrivera que quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » (Actes 2:21) a une application pour le temps présent. En soi, elle se réfère au salut du résidu juif des derniers jours, mais cette parole est aussi citée en Rom. 10:13 où elle est appliquée au temps actuel. Invoquer le nom du Seigneur n’est cependant pas une simple confession des lèvres, mais un appel de foi vraie. « Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur… », mais ce sera alors en vain (Matt. 7:22, 23). Mais aujourd’hui, celui qui invoque par la foi le Seigneur Jésus, trouvera le salut — le salut pour le temps et l’éternité. L’œuvre de Christ accomplie à la croix de Golgotha en est le fondement éternellement sûr. Je voudrais faire remarquer encore une beauté à la fin de la première partie du discours de Pierre : inspiré par le Saint Esprit, Pierre sait non seulement quel passage de l’Ancien Testament il devait citer (et nous avons vu qu’un seul convenait), mais il sait aussi où terminer la citation. Il fait exactement ce que son grand Maître, le Seigneur Jésus, fit à la synagogue de Nazareth (Luc 4:17-19) : Il arrête la citation au milieu d’une phrase : Pierre cite encore la promesse générale de salut valable pour toutes les dispensations ou époques, mais dès que sont mentionnées des choses qui se réfèrent au temps futur où le Seigneur Jésus reviendra pour régner à Jérusalem, il s’arrête. L’apôtre a été conduit divinement, il n’y a pas de doute à cet égard. Car qui, à cette époque, connaissait avec précision ce qui arriverait en détail, quel serait le caractère de la nouvelle dispensation, comment se dérouleraient les événements dans le temps, sinon Dieu seul ? Qui des apôtres ou des disciples comprenait alors les événements du jour de la Pentecôte ? qui d’entre eux prévoyait qu’Israël serait mis de côté pour un temps, pour faire place à l’ère chrétienne ? Il aurait été très naturel pour Pierre de citer le v. 32 de Joël 2 en entier jusqu’au bout, car pour l’instant Dieu opérait effectivement dans Jérusalem. Mais rempli du Saint Esprit, il omet cette partie qui se rapporte à l’avenir d’Israël. Ainsi, tout est perfection — une perfection qui n’a pas son origine dans l’homme ni dans son pouvoir ni dans son savoir, mais en Dieu seul. 3.5 Jésus, le Nazaréen — Actes 2:22 Après que Pierre eut expliqué aux Juifs par l’Écriture Sainte, quel était l’événement important qui avait eu lieu au matin du jour de la Pentecôte, il en vient maintenant dans la deuxième partie de son discours, à parler brièvement sur toute l’histoire du Messie sur la terre, ce Messie qu’ils avaient rejeté et mis à mort, bien que Dieu n’ai manqué en rien de l’approuver devant eux comme le Christ de Dieu. « Hommes israélites, écoutez ces paroles : Jésus le Nazaréen, homme approuvé de Dieu auprès de vous par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous-mêmes vous le savez » (2:22). Il s’adresse maintenant à eux en tant qu’hommes Israélites. C’était le titre qui leur appartenait en tant que membre du peuple élu de Dieu. Avec cette manière d’adresser son discours, Pierre fait allusion à l’espérance générale de la nation entière. Dans le même sens, Paul parle devant Agrippa de « nos douze tribus» et de l’« espérance de la promesse faite par Dieu à nos pères » (26:6, 7). Toutefois par l’utilisation du titre d’hommes Israélites, Pierre ne laisse aucun doute quant à leur responsabilité commune et à la culpabilité commune dont ils s’étaient chargé. Juste après l’adresse et la requête faite d’« écouter ces paroles », il introduit directement le nom de celui qu’ils avaient haï plus que tout, et qu’ils haïssaient encore : Jésus de Nazareth. La seule mention de ce nom du méprisé devait atteindre leur conscience comme un coup de fouet. Quand le Seigneur avait demandé autrefois à ses disciples ce que eux pensaient de Lui, en contraste avec ce qu’en pensaient les hommes, ce même Pierre L’avait confessé comme le Christ, le Fils du Dieu vivant (Matt. 16:16). Mais ici, devant la foule juive, il se déclare sans crainte être à Jésus le Nazaréen. Ce titre n’exprime-t-il pas tout le mépris et la mésestime dont Son peuple terrestre L’accablait ? N’était-ce pas le nom que l’écriteau de la croix avait infligé ? Il est caractéristique que ce soit justement Jean qui présente le Seigneur Jésus en tant que Fils de Dieu, qui mentionne aussi cette partie de l’écriteau : « Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs» (Jean 19:19). Les Juifs l’avaient connu sous ce nom, et leur attitude fondamentale était marquée par ce que l’un d’eux, qui était juste, Nathanael, avait dit de Lui au début, lorsqu’il avait entendu parler Jésus de Nazareth : « Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ?» (Jean 1:46). « Il sera appelé Nazaréen » (Matt. 2:23) était le jugement unanime des prophètes sur ce que serait le sentiment des hommes, et des Juifs en particulier, à Son égard. Certes c’est en vain que nous rechercherions ce mot précis dans les prophètes, mais l’esprit de ce qu’ils avaient tous prédit était uniforme : le Christ serait méprisé. Pensons seulement à cette parole du prophète Ésaïe : « Il est méprisé et délaissé des hommes, homme de douleurs… il est méprisé, et nous n’avons eu pour lui aucune estime » (Ésaïe 53:3). Effectivement le Seigneur Jésus a été appelé Nazaréen ! Or ce n’est pas seulement les hommes qui ont appelé le Seigneur de gloire de façon méprisante « Nazaréen », mais une fois Il s’est Lui-même désigné avec ce titre d’« honneur » dont les hommes L’ont affublé. Le Fils de l’Homme glorifié vint du ciel à la rencontre de Saul de Tarse avec cette parole : « Je suis Jésus le Nazaréen que tu persécutes » (22:8) ; c’était pour transformer en héraut de Sa gloire le persécuteur de l’assemblée qui pensait en lui-même qu’il « fallait faire beaucoup contre le nom de Jésus le Nazaréen » (26:9). Le méprisé des hommes n’en était pas moins le Fils du Père (2 Jean 3). Dieu le Père, pouvait Lui rendre ce témoignage : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Matt. 3:17). En lui, il n’y avait pas le moindre défaut. S’Il avait été tant soit peu en dessous de la perfection absolue, il n’aurait pas pu s’offrir à Dieu en sacrifice agréable, et mourir pour les pécheurs (Éph. 5:2). Personne ne peut être fait péché (2 Cor. 5:21), sauf Celui qui est sans péché. Christ l’était, Lui seul entre tous les hommes. L’Écriture Sainte a veillé plus que sur toute autre chose sur la sainte Personne de l’Homme Christ Jésus, Lui qui n’a « pas commis de péché » (1 Pierre 2:22), il n’y avait « point de péché en Lui » (1 Jean 3:5), Lui qui n’a « pas connu le péché » (2 Cor. 5:21) et qui a toujours été « saint, innocent, sans souillure, séparé des pécheurs » (Héb. 7:26). Le Seigneur Jésus est vrai Dieu et vrai Homme dans une personne. C’est ce que signifie l’expression « Dieu a été manifesté en chair » en 1 Tim. 3:16. Il était un homme véritable qui a ressenti tout ce que nous, les hommes, ressentons, seulement parfaitement, sans péché. Il est devenu en toutes choses semblable à ses frères (Héb. 2:17), c’est-à-dire qu’Il a eu l’esprit d’un homme, l’âme d’un homme et le corps d’un homme. Mais en ce qui est propre à notre nature, Il y est entré de dehors, si je puis dire : Il «a participé» «de la même manière» au sang et à la chair (Héb. 2:14, 17). Dire qu’Il a accepté notre nature pécheresse, est un blasphème, et totalement contraire à ce que l’Écriture Sainte dit de la nature de Sa Personne. Dès le commencement Il était la « Sainte Chose » (Luc 1:35), saint déjà comme petit enfant, et Il est et reste toujours et éternellement « le Saint » (Apoc. 3:7 ; 1 Jean 2:20) et « le juste » (Actes 3:14 ; 7:52 ; 22:14 ; 1 Pierre 3:18 ; 1 Jean 2:1). Il a été envoyé par Dieu « en ressemblance de chair de péché » et « pour le péché » (Rom. 8:3) — l’Écriture Sainte s’exprime avec une précision extrême, quand il s’agit de Son humanité et de Son œuvre, afin que nous soyons gardés de toute fausse pensée au sujet de Sa sainte Personne. Et lorsqu’Il s’est finalement livré à la mort pour notre rédemption, cela a eu lieu dans le caractère d’un Agneau « sans défaut et sans tache » (1 Pierre 1:19). C’est ce qu’Il a toujours été dans l’Être de Sa Personne — sans défaut et sans tache. Nous ne pouvons pas comprendre ni analyser le miracle de sa Personne, — que Dieu nous garde d’essayer de le faire ! — toutefois, nous pouvons Le contempler et L’adorer, et nous pouvons admirer aussi bien sa Déité que Son humanité. Il est parfait en tout et « toute sa personne est désirable » (Cant. des cant. 5:16). Jésus le Nazaréen — combien il était approprié que Pierre introduise le Seigneur Jésus par ce nom, puisque l’Esprit Saint voulait maintenant présenter au peuple juif d’une part la culpabilité de la nation et d’autre part l’abaissement, le rejet et la Résurrection de Christ ! Pour moi l’expression d’Actes 2:22 m’émeut toujours à nouveau quand je le lis : « Homme ». Notre Seigneur et Sauveur s’est abaissé si profondément que Pierre peut dire de lui : « Homme » approuvé de Dieu auprès de vous par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous-mêmes vous le savez ». Pierre survole brièvement les événements des trois dernières années. La foule était probablement familière avec eux. Par le moyen des miracles et prodiges que Dieu avait fait au milieu d’eux par Lui, Jésus de Nazareth, Dieu L’avait approuvé de toute manière et l’avait authentifié comme Messie. Beaucoup des auditeurs de Pierre avaient été témoins oculaires de ces miracles, qui ne s’étaient pas passés en un clin d’œil (Matt. 4:23, 24) : ils étaient indéniables. Le Seigneur Jésus avait Lui-même témoigné à l’égard des œuvres qu’Il avait faites : « les œuvres que le Père m’a données pour les accomplir, ces œuvres mêmes que je fais rendent témoignage de moi, que le Père m’a envoyé » (Jean 5:36) et les disciples d’Emmaüs discutaient des choses qu’ils savaient tous plus ou moins, « celles touchant Jésus le Nazaréen, qui était un prophète puissant en œuvre et en parole devant Dieu et devant tout le peuple » (Luc 24:19). Nicodème lui-même, un chef des Juifs, a reconnu devant le Seigneur : « Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que toi tu fais, si Dieu n’est avec lui » (Jean 3:2). Oui ils savaient ces choses — « comme vous-mêmes vous le savez » (2:22). Il est caractéristique qu’ici aussi bien qu’en Jean 3, le mot grec pour « savoir » désigne le « savoir interne et conscient », et pas seulement une connaissance extérieure apprise. 3.5.1 L’énigme de la croix — Actes 2:23 Même pour un Juif sincère, il y avait quand même une difficulté en rapport avec Jésus de Nazareth : Si celui-ci était vraiment le Messie promis, comment était-il possible qu’Il ait été méprisé et qu’on Lui ait craché dessus, et qu’Il ait été finalement frappé et cloué sur une croix ? L’Écriture n’avait-elle pas parlé en beaucoup de passages de la domination puissante et abondamment bénie du Messie au milieu d’un pays d’Israël libéré qui serait le point de départ d’une bénédiction générale pour tous les peuples ? Or Jésus de Nazareth avait été crucifié, et eux-mêmes étaient encore et toujours sous le pouvoir d’un peuple étranger ! Pourquoi n’avait-Il pas combattu pour Lui-même et pour Son peuple ? Vraiment, il y avait un mystère dans la croix du Christ. Même Jean le Baptiseur a une fois vacillé dans sa foi à cause de cela. La réponse du Saint Esprit à cette difficulté est simple et irrésistible en même temps : La mort de Jésus de Nazareth a eu lieu selon le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu. « Ayant été livré par [en allemand : « selon »] le conseil défini et par [en allemand : « selon »] la préconnaissance de Dieu, — lui, vous l’avez cloué à une croix et vous l’avez fait périr par la main d’hommes iniques » (2:23). Même des croyants juifs pouvaient être déstabilisés par le développement des choses et arrêtés devant un mystère. Nous voyons cela chez les disciples d’Emmaüs (Luc 24:19-21). Mais Dieu n’est surpris par rien, Il connaît la fin avant le commencement. La mort de Christ par la main d’hommes iniques a eu lieu par [en allemand : « selon »] le conseil défini de Dieu et par [en allemand : « selon »] Sa préconnaissance. Dans le jardin d’Eden, Dieu avait déjà dit au serpent au sujet de Son Fils : « Il [elle, la semence de la femme] te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon » (Gen. 3:15). Des siècles auparavant, les prophètes de l’Ancien Testament avaient parlé des souffrances qui devraient venir sur Christ, et aussi des gloires qui suivraient (1 Pierre 1:11). Oui, Dieu avait préconnu dès avant la fondation du monde, le Seigneur Jésus comme l’Agneau sans défaut et sans tache (1 Pierre 1:20), et à la fin des jours, Il fut alors manifesté — manifesté « pour vous », comme Pierre l’ajoute (= pour notre salut). Le Seigneur Jésus n’a pas seulement souffert la mort d’un martyr, mais Il est mort en sacrifice à la place du pécheur. Tout cela était le plan de Dieu. Ce plan avait été consigné dans les saintes Écritures, et ces Écritures témoignaient de Christ, de Ses souffrances, et de Ses gloires. Le Seigneur ressuscité pouvait rappeler à la mémoire des disciples les paroles qu’Il leur avait dites lorsqu’Il était encore avec eux : « Il fallait que toutes les choses qui sont écrites de moi dans la loi de Moïse, et dans les prophètes, et dans les psaumes, fussent accomplies… Il est ainsi écrit… il fallait que le Christ souffrît, et qu’il ressuscitât d’entre les morts le troisième jour » (Luc 24:44-46). Et déjà auparavant aux disciples d’Emmaüs : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire ? » (Luc 24:26). Que notre bien-aimé Seigneur soit loué de ce qu’Il a été prêt à aller jusqu’au bout de ce chemin déterminé à l’avance, un chemin de souffrances, qui commençait en particulier par ce « livré par le conseil prédéfini et par la préconnaissance de Dieu » ! De manière combien saisissante le Seigneur Jésus est placé ici devant nos yeux : comme un homme, — et un homme livré aux mains des hommes, aux mains de ses ennemis ! « Je suis comme un homme qui n’a pas de force » (Ps. 88:4). Il avait de la force, mais il est devenu comme un homme qui n’en a pas. Faisons bien attention ici aussi à la manière de s’exprimer de l’Écriture Sainte ! Quoi que soit ce que les hommes voulaient faire, ils n’ont fait que ce « que ta main et ton conseil avaient à l’avance déterminé devoir être faites » (4:28). Nous aussi, bien-aimés, rien n’arrive qui n’est pas ce que Son conseil a déterminé à l’avance à notre égard. Retenons toujours cela, spécialement dans les jours de souffrance et de détresse ! Dieu est derrière tout, mais derrière Lui il n’y a rien ni personne. Il pose des jalons, entre lesquels des hommes méchants sèment le trouble en apparence sans frein, et Satan lui-même y circule. Le livre de Job nous montre cela. Pensons-y davantage : Dieu a son propre plan béni que rien ne peut enrayer. Rien n’arrive par hasard. Quelle paix cela donne d’en avoir conscience, si seulement nous y pensions davantage ! Le Sauveur a dit il y a longtemps : « la coupe que le Père m’a donnée, ne la boirai-je pas ? » (Jean 18:11). Nous aussi nous pouvons prendre tout de la main de notre Père qui nous aime. Il nous faut maintenant parler d’un autre côté des choses. Nous avons vu jusqu’ici la ligne du conseil de Dieu et de Sa souveraineté : Toutes les choses arrivent selon la préconnaissance de Dieu et accomplissent seulement son conseil défini, — y compris les mauvaises actions des hommes. Ainsi, le Seigneur Jésus fut livré selon la préconnaissance de Dieu et selon Son conseil défini, mais Pierre n’hésite pas à ajouter avec hardiesse : « …. Lui, vous l’avez cloué à une croix et vous l’avez fait périr par la main d’hommes iniques ». C’est la ligne de la responsabilité de l’homme, qui court à travers toute la Bible, comme celles du conseil défini de Dieu. Nous avons déjà considéré ces deux lignes en rapport avec le passage de 1:16. Les deux lignes sont vraies. Elles sont comme une paire de rails qui ne se croisent jamais. Je crois aussi bien à la souveraineté de Dieu qu’à la responsabilité de l’homme, parce que la Parole de Dieu montre les deux. Abandonner l’une des deux lignes, conduit dans tous les cas à une erreur funeste. Et si nous ne pouvons pas faire concorder ici-bas ces deux lignes avec notre entendement, Dieu — et Lui seul — comprend parfaitement les liens entre les deux. Cela suffit à la foi. Comme une paire de rails semble se rejoindre dans le lointain, pour nous aussi ces deux lignes ne se toucheront que dans l’éternité. Alors, nous reconnaîtrons pleinement, ce que nous avons cru déjà ici-bas. Les Juifs, auxquels Pierre s’adresse ici, étaient pleinement responsables de ce qu’ils avaient fait de Jésus de Nazareth. Certes c’était sans le savoir qu’ils avaient servi au conseil défini de Dieu avec leurs mauvaises actions. Joseph avait également dit à ses frères, sur le tard : « Et maintenant, ce n’est pas vous qui m’avez envoyé ici, mais c’est Dieu » (Gen. 45:8), ce qui n’empêchait pas que les frères de Joseph étaient à tous égards responsables de ce qu’ils avaient fait de leur frère, et ils durent être amenés à reconnaître leur faute. Et quelle faute que celle dont se sont chargé les descendants de ces frères de Joseph, lorsque le vrai « Joseph », celui qui a été « mis à part de ses frères » (Gen. 49:26), a été attaché à la croix par les mains d’hommes iniques, et qu’ils l’ont fait mourir ! Ils étaient tellement responsables que Pierre dit : « vous l’avez fait périr ». Leur culpabilité a encore été accrue par le fait qu’eux, qui avaient la loi de Dieu comme norme de leurs actions, avaient utilisé en effet des hommes iniques, c’est-à-dire des païens, comme instruments de leur acte meurtrier. Étienne ira encore plus loin, un peu plus tard, et parlera à ces mêmes Juifs en rapport avec « Le Juste » et dira : « lequel maintenant vous, vous avez livré et mis à mort » (7:52). Il leur reprochera aussi d’avoir reçu la loi par la disposition des anges, et de ne pas l’avoir observée. Voilà donc les lignes de la justice de Dieu et de la responsabilité de l’homme. Elles ne sont pas effacées par la ligne de la grâce de Dieu que nous trouvons de manière si heureuse au ch. 3 : « Et maintenant, frères, je sais que vous l’avez fait par ignorance, de même que vos chefs aussi » (3:17). Les deux sont vrais. Ésaïe 10:5-12 montre que Dieu peut utiliser une nation pour punir une autre nation, et cependant elle est responsable de ce qu’elle fait. Nous avons ici aussi les deux lignes. Si Pierre parle ici de crucifixion du Seigneur, c’est dans le but de réveiller leurs consciences. C’était un mort terrible ! S’il y avait eu un genre de mort encore plus cruel, ils l’auraient sûrement appliqué. Notons de nouveau la précision de l’Écriture, et le soin avec lequel l’Esprit Saint choisit les mots ! Il n’est pas dit qu’ils avaient crucifié le prince (en allemand: auteur) de la vie et mis à mort le Seigneur de gloire, mais l’inverse : le prince (en allemand: auteur) de la vie est mis à mort (3:15) et le Seigneur de gloire est crucifié (1 Cor. 2:8). La croix de Christ — c’était une place unique dans l’univers de Dieu, unique dans son caractère sublime. C’est là que se sont rencontré l’inimitié de l’homme et l’amour de Dieu. Dieu s’est servi de la méchanceté de l’homme, pour accomplir l’œuvre de la rédemption. Quel triomphe de la grâce ! Qu’Il soit éternellement béni pour cela ! 3.5.2 La Résurrection de Christ — Actes 2:24-28 En plus de l’effusion du Saint Esprit, Pierre avait fourni aux Juifs déjà deux preuves supplémentaires de ce que Jésus de Nazareth était le Messie promis : Sa vie et Sa mort. Dans Sa vie, Dieu avait fait par Lui des miracles et des prodiges et des signes au milieu d’eux, et ainsi Il avait été « approuvé de Dieu auprès d’eux » (2:22). Sa mort avait été l’accomplissement de ce que Dieu avait prévu (2:23), et maintenant il ajoute encore une troisième preuve : la résurrection de Christ d’entre les morts : « lequel Dieu a ressuscité, ayant délié les douleurs de la mort, puisqu’il n’était pas possible qu’il fût retenu par elle. Car David dit de lui: « Je contemplais toujours le Seigneur devant moi ; car il est à ma droite, afin que je ne sois pas ébranlé. C’est pourquoi mon cœur s’est réjoui, et ma langue a tressailli de joie ; et encore ma chair aussi reposera en espérance ;car tu ne laisseras pas mon âme en hadès, et tu ne permettras pas que ton saint voie la corruption. Tu m’as fait connaître les chemins de la vie, tu me rempliras de joie par le regard de ta face » (2:24-28). « Dieu L’a ressuscité » — c’était là la preuve définitive que Jésus de Nazareth était le Christ. Par le fait qu’Il L’a ressuscité d’entre les morts, les douleurs de la mort ont été déliées (Ps. 116:3, 8). Considérons tout ce que, dans sa haine, l’homme a fait au Seigneur Jésus, alors qu’en même temps de la part de Dieu il y eut pour ainsi dire juste l’inverse. Si les hommes ont accumulé sur Lui le déshonneur et l’opprobre, Dieu L’a couronné de gloire et d’honneur. S’ils L’ont mis à mort, Dieu L’a ressuscité. Il a été ressuscité par la gloire du Père, nous dit Rom. 6:4. Le Fils avait glorifié le Père dans Sa vie, et spécialement dans Sa mort, Il avait parfaitement mis en lumière tous Ses attributs divins, quoi qu’il Lui en coûtât. Or ce qui était en jeu dans la résurrection du Fils, c’était toute la gloire du Père, non pas seulement Sa justice, mais tous les traits de Son Être. Toute la gloire de la Personne du Père était engagée, pour ainsi dire, et elle entra en action pour ramener le Fils d’entre les morts (Héb. 13:20). Combien il est frappant qu’ici tout provient de Dieu. Le Seigneur Jésus n’est pas présenté dans sa Déité, mais comme homme, comme un homme qui faisait tout pour Dieu et qui Le servait et qui recevait tout de Dieu. Il a été approuvé de Dieu devant eux ; Dieu a fait par Lui des miracles ; selon le conseil défini et selon la préconnaissance de Dieu, Il a été livré aux hommes ; et maintenant il est dit : Dieu L’a ressuscité. Dans la dernière partie du discours, nous trouverons encore que Dieu L’a élevé à Sa droite et L’a fait Seigneur et Christ. D’autres passages nous montrent que le Seigneur Jésus est ressuscité par Sa propre puissance, dans la puissance d’une vie impérissable. « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai » (Jean 2:19). « J’ai le pouvoir de la laisser (la vie), et j’ai le pouvoir de la reprendre : j’ai reçu ce commandement de mon Père » (Jean 10:18). Bien que le Seigneur Jésus soit Dieu, Dieu le Fils, Il n’a jamais quitté, comme homme, la place de dépendance vis-à-vis de Son Père. Nous montrer ces deux lignes, a été le service spécial de Jean, et c’est de son évangile que ces citations proviennent. « Puisqu’il n’était pas possible qu’il fût retenu par elle » (2:24b). Fait heureux ! Il n’était pas du tout possible que la mort Le retienne ! Pourquoi pas ? Parce qu’Il est le prince (en allemand: auteur) de la vie et parce que l’Écriture devait être accomplie. De quel autre vivant sur la terre cela pouvait-il être dit, sinon de Lui seul ? Et pourtant l’Écriture Sainte en avait déjà parlé mille ans auparavant ! Non, Christ ne pouvait pas être retenu par la mort. Comme prémices de ceux qui sont endormis (1 Cor. 15:20), c’est en vainqueur de la mort et du tombeau qu’Il est sorti d’entre les morts. Et comme il n’était pas possible qu’Il soit retenu par la mort, ainsi ne sera-t-il pas davantage possible pour la mort de garder ceux qui sont du Christ à Sa venue (1 Cor. 15:23). Nous réjouissons-nous, nous les croyants, de la sécurité que la mort et la résurrection du Seigneur nous ont apportées ? Nous sommes délivrés de la servitude de la crainte de la mort (Héb. 2:15), et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu (Rom. 5:2). Car le Seigneur Jésus a été livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification (Rom. 4:25). Tout cela dépasse notre entendement humain, mais c’est la vérité, et la foi se réjouit de ce que dit l’Écriture. 3.5.3 David a parlé de Christ — Actes 2:25-28 Comme déjà remarqué, Pierre n’évoque aucunement le mensonge infâme selon lequel les disciples de Christ auraient volé Son corps durant la nuit (Matt. 28:13). Il ne s’occupe pas de ce genre de courant d’idées indignes des hommes, mais de ce que Dieu a dit de Christ. Cela seul est la vérité ! Ainsi, il cite maintenant la dernière partie du Psaume 16, ce beau « poème de David ». Bien que David y parle tout du long à la première personne : « je », « moi », « mon » etc., il ne l’a pas écrit au sujet de lui-même. Ce qu’il a exprimé, n’était pas sa propre expérience. Il était mort, et les Juifs connaissaient Sa tombe. En ceci ils étaient tous d’accord que ce « doux psalmiste d’Israël » (2 Sam. 23:1) n’était pas ressuscité. Et pourtant il a écrit de Quelqu’un qui allait mourir, et qui peu après ressusciterait. Nous allons voir immédiatement les paroles correspondantes de David. Mais Pierre fait comprendre dès le début que David était la bouche du Saint Esprit et que l’Esprit Saint avait Christ devant Ses yeux : « Car David dit de lui ». Ce que David a exprimé, il l’a dit « de Lui », c’est-à-dire à Son sujet. « Car David dit de lui : « Je contemplais toujours le Seigneur devant moi ; car il est à ma droite, afin que je ne sois pas ébranlé » (2:25). Cette citation correspond au texte des Septante (traduction grecque de l’Ancien Testament), tandis que le texte hébraïque dit ici : « parce qu’il est à ma droite, je ne serai pas ébranlé ». De qui cela pouvait-il être dit, sinon de Christ ? Les meilleurs croyants, les plus fidèles, ont quelquefois vacillé, mais Lui jamais. « Je ne serai pas beaucoup ébranlé » (Ps. 62:2), pouvait-il être dit de quelques-uns d’eux, — mais Celui-ci n’a absolument pas vacillé (voir aussi Ps. 62:6). Ce Psaume (16) duquel Pierre tire ses citations, nous montre de manière merveilleuse le Seigneur dans Sa dépendance parfaite comme homme, Sa dépendance dans la vie (Ps. 16:1-9a), dans la mort (Ps. 16:9b) et dans la résurrection (Ps. 16:10, 11). « C’est pourquoi mon cœur s’est réjoui, et ma langue a tressailli de joie » (2:26). Notre cher Seigneur a été sur cette terre l’homme de douleurs (Ésaïe 53:3), entouré de toutes les souffrances que le péché avait apportées aux hommes et familier avec elles. Mais parmi ceux qui ont marché sur cette terre, y a-t-il eu quelqu’un de plus heureux que Lui ? Il pouvait se réjouir, Il pouvait tressaillir de joie, parce qu’Il était dans la communion ininterrompue avec Dieu, Son Père. Même si, à cause de leur incrédulité, Il devait faire des reproches aux villes où Il avait le plus fait de miracles, Il pouvait quand même dire « en ce temps-là » : « Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et que tu les as révélées aux petits enfants. Oui, Père, car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi » (Matt. 11:25, 26). Combien nous sommes touchés que des hommes animés des mêmes passions que nous aient pu aussi être conduits à un langage semblable ! Paul et ses collaborateurs ont traversé dans leur service pour le Seigneur de profondes afflictions et de grands dangers. Ils se sont montrés en tout comme serviteurs de Dieu, « par une grande patience, dans les tribulations, dans les nécessités, dans les détresses, les coups, dans les prisons » et à la fin de cette énumération poignante, il ajoute les mots qui suivent : « comme attristés, mais toujours joyeux » (2 Cor. 6:4-10). Connaissons-nous aussi, quelque chose de la joie qui découle de la communion avec Dieu, et qui n’est pas entravée même par les sujets d’affliction sur ce qui nous entoure ? « Comme attristés, mais toujours joyeux » — quel modèle parfait notre Seigneur nous en donne ! Et alors, Pierre continue de citer le Psaume 16 : « ma chair aussi reposera en espérance » (2:26). C’est une citation prophétique sur la mort de « son Saint » ou « son Pieux », le Pieux de Dieu. Or Dieu ne permettrait pas que l’âme de son Pieux restât en Hadès, le lieu des esprits dépouillés [litt.: dévêtus] ni que sa chair, c’est-à-dire son corps, voie la corruption : « car tu ne laisseras pas mon âme en Hadès, et tu ne permettras pas que ton saint voie la corruption » (2:27). Le verset ne décrit rien moins que l’attente de la résurrection de son Pieux, notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ dont le corps n’a jamais vu la corruption. La corruption est un résultat du péché et concerne le corps. Mais en Lui il n’y avait pas de péché, nous l’avons déjà vu, Lui était le Saint. C’est pourquoi Il n’a pas vu la corruption. Son corps saint a été trois jours dans le tombeau, mais l’odeur de mort n’est jamais venue sur Lui. À cet égard aussi, Il est unique. Il n’y en a qu’Un seul, dont on peut dire qu’Il n’a pas vu la corruption : Christ. Quand les croyants meurent — et sous ce point de vue, ils ne se différencient pas des incrédules, parce que le corps n’est pas encore racheté — c’est 1 Cor. 15:42 qui s’applique : « il est semé en corruption, il ressuscite en incorruptibilité ; ». Le corps du croyant est « ce corruptible » (1 Cor. 15:53). Si le verset 27 (Actes 2) exprimait l’attente de la résurrection (« car tu ne… laisseras pas et tu ne permettras pas… »), le v. 28 nous parle de l’accomplissement de cette attente qui ne pouvait pas tromper : « Tu m’as fait connaître les chemins de la vie, tu me rempliras de joie par le regard de ta face » (2:28). Depuis bien des siècles on lisait ce Psaume, tous le connaissaient. On ne pouvait discerner personne à qui il pût s’appliquer. Mais Pierre l’a pu. 3.5.4 Le patriarche David : un prophète — Actes 2:29-31 Pierre s’adresse maintenant à eux dans la troisième partie de son discours avec cette familiarité de « frères » qui indique son amour pour eux, et il continue : « Hommes frères, qu’il me soit permis de vous dire avec liberté, touchant le patriarche David, et qu’il est mort, et qu’il a été enseveli, et que son sépulcre est au milieu de nous jusqu’à ce jour. Étant donc prophète, et sachant que Dieu lui avait juré, avec serment, qu’il ferait asseoir quelqu’un suscité du fruit de ses reins, sur son trône, il a dit de la résurrection du Christ, en la prévoyant, qu’il n’a pas été laissé dans le hadès, et que sa chair non plus n’a pas vu la corruption » (2:29-31). Ils avaient une haute estime pour David, mais Pierre leur montre Un beaucoup plus grand que lui. Certainement Pierre estimait également David, mais c’est par la sagesse de Dieu que Pierre qualifie ici David de patriarche (père de tribu). Ce n’est qu’ici que David est appelé de ce nom, probablement parce qu’il est l’origine de la race royale. Être patriarche est un titre plus grand et une dignité plus grande que ceux de roi. Plus tard dans les Actes (7:8, 9), les fils de Jacob sont également appelés patriarches. Qu’Abraham fût patriarche (Héb. 7:4), cela nous est plutôt banal. Mais ici Pierre, conduit par le Saint Esprit, attribue ce titre d’honneur à David, et cela devait ouvrir le cœur des auditeurs juifs. Or David qui a écrit ce Psaume, était mort et enterré (1 Rois 2:10). Eux-mêmes avaient dit une fois qu’Abraham et les prophètes sont morts (Jean 8:52). « Vos pères, où sont-ils ? et les prophètes, ont-ils vécu à toujours ? » demandait l’Éternel au peuple par le prophète Zacharie (Zach. 1:5). Même si le lieu d’ensevelissement de Moïse n’était pas connu (Deut. 34:6), la tombe de David était parmi eux (Néh. 3:16). David n’a-t-il pas vu de corruption ? Eux croyaient que oui, à juste titre. David était-il ressuscité des morts ? Ils savaient que non. Il était impossible que cette prophétie du Psaume 16 se réfère ainsi à David, comme bien des rabbins l’affirmaient. Paul se sert plus tard du même Psaume et dit : « Car David, après avoir, en sa propre génération, servi au conseil de Dieu, s’est endormi, et a été réuni à ses pères, et a vu la corruption ; mais celui que Dieu a ressuscité, n’a pas vu la corruption » (13:36, 37). La solution du problème est dans le fait que David était un prophète et qu’il ne parlait pas de lui-même, mais de Celui de sa maison qui lui succéderait sur le trône, Un plus grand même que son fils Salomon. Dieu lui avait juré avec serment de placer du fruit de ses reins sur son trône. Il est évident que Pierre fait référence par-là au Ps. 132:11 : « L’Éternel a juré à David en vérité, il n’en reviendra pas: Je mettrai du fruit de ton ventre sur ton trône » (cf. aussi 2. Samuel 7:12-16). Le fils promis de David n’était personne d’autre que Christ. L’Esprit Saint a rendu David capable de prévoir la résurrection de Christ et d’en parler. En Lui seul sont accomplies tous ces passages de l’Écriture ! C’est ce que montre Pierre. Jésus le Nazaréen qu’ils ont crucifié, était ressuscité : Il était le Christ ! Avant de continuer la liste de preuves que Pierre donne, nous voulons toucher une question que beaucoup se posent : 3.5.5 L’âme du Seigneur a-t-elle été en Hadès ? — État de l’âme après la mort, Paradis Je voudrais répondre à cette question par « oui et non » : — « Oui » au vu de l’Ancien Testament, — « non » au vu du sens du mot « Hadès » dans le Nouveau Testament. Si nous considérons le « Hadès » comme l’équivalent grec du « Shéol » hébreu — et à mon avis c’est la seule manière de voir évidente pour ce passage d’Actes 2 — alors Son âme a été en Hadès, ou dans le Shéol ce qui était la même chose, mais elle « n’y fut pas laissée », ce qui fait allusion à Sa résurrection. L’explication donnée par Pierre au v. 31 confirme ce point de vue : David a parlé de la résurrection de Christ en la prévoyant, en ce qu’il a dit qu’Il n’a pas été laissé en Hadès, et que Sa chair n’a pas vu la corruption. Son âme était séparée du corps — cela signifie la « mort », — mais les deux ont été gardés par Dieu pour la résurrection et la gloire qui suivrait. Le « Hadès » est ici simplement le lieu invisible des esprits délogés, sans autre signification. Mais à la lumière du Nouveau Testament, le Hadès se différencie du Paradis, et le Seigneur Jésus, quant à Son âme, est allé au Paradis : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23:43). Entre temps Son corps a reposé dans le tombeau et n’a pas vu la corruption. [Nous laissons non traduite une discussion de traduction du grec vers l’allemand pour le verbe « laisser » ; selon la particule qui le précède, il peut signifier « faire entrer » ou « rester » ; la question ne se pose pas en français] À l’expression Shéol de l’Ancien Testament, il ne se rattache aucune idée de valeur, ni de séparation entre le bien et le mal. Ce n’est que dans le Nouveau Testament, et surtout par le Seigneur Jésus Lui-même, que davantage de lumière a été progressivement donnée sur le sujet (notamment Luc 16:19-31), et ce n’est que tout à la fin, justement à la croix de Golgotha, que le Seigneur Jésus a parlé pour la première fois du Paradis (Luc 23:43). Si on voulait voir dans Actes 2 davantage que le simple fait que le Seigneur est mort, ce serait mettre la lumière du Nouveau Testament dans les expressions de l’Ancien Testament : La partie invisible de Sa personnalité, l’esprit ou l’âme, ont été dans le monde invisible des délogés ; Son corps gisait dans le tombeau, sans voir la corruption. Les deux ont été préservés pour la résurrection. Pour conclure, signalons encore ceci : Logiquement la pensée de la résurrection ne peut pas être décrite par le fait que l’âme « n’a pas été déposée dans le Hadès » ou : « n’a pas été remise au Hadès » ou : qu’on ne l’y a pas fait entrer (cela signifierait plutôt que la personne n’est même pas morte), mais la résurrection est décrite par le fait que l’âme « n’est pas demeurée » dans le Hadès ». C’est aussi la signification du mot grec egkataleipo : « quitter, abandonner, laisser en plan, laisser dedans ». Combien il est émouvant que le Seigneur Jésus utilise ce mot dans Son cri bouleversant à la croix (Marc 15:34 ; Matt. 27:46) ! Dans Actes 2, il a le sens « laisser dedans, laissé pour rester ». Il n’y a pas un seul passage dans le Nouveau Testament, où egkataleipo a le sens de « faire entrer ». 3.5.6 Témoins de sa résurrection — Actes 2:32 Après nous être occupés de façon doctrinale de ce mot, n’oublions quand même pas les vérités immenses que cela place devant nos cœurs ! Nous nous voyons obligés de temps en temps d’examiner certains passages de la parole de Dieu avec précision, par tous les moyens disponibles, pour reconnaître quel sens de l’Esprit s’y trouve. Mais le danger existe facilement de s’en occuper seulement par la tête, et non par le cœur. Ce que le Saint Esprit veut placer ici devant nos cœurs, ce sont deux faits dont la portée pour le temps et l’éternité est inestimable : ce sont la mort du Seigneur et Sa résurrection. Le Seigneur Jésus soit loué de ce que, suivant le conseil [propos] de Dieu, Il est entré pour nous dans la mort, et que par-là Il a posé le fondement éternellement valable pour l’accomplissement des pensées de Dieu ! Loué soit notre Dieu et Père de ce qu’Il L’a ressuscité par Sa gloire, et nous a donné par-là la preuve irréfutable qu’Il a agréé Son œuvre, afin que tous ceux qui croient en Lui aient part au monde de la résurrection de son Fils ! Propos infini ! « Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité, ce dont nous, nous sommes tous témoins » (2:32). Pierre et les onze étaient témoins de Sa résurrection. Il n’y avait pas seulement les Écritures qui témoignaient de la résurrection de Christ, mais eux-mêmes L’avaient vu en résurrection, Il leur était apparu — à « nous » : Pierre dit plus tard dans la maison de Corneille : « à nous qui avons mangé et bu avec lui après qu’il eut été ressuscité d’entre les morts » (10:41). Cela ne nous rappelle-t-il pas les paroles de Pierre qu’il a prononcées avant la Pentecôte lors du choix du douzième Apôtre ? « … quelqu’un d’entre eux soit témoin avec nous de sa résurrection » (1:22). Oui ces douze hommes sont maintenant debout là, sans crainte, et ils proclament à leurs frères selon la chair : « Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité, ce dont nous, nous sommes tous témoins ». Ce Jésus — ces paroles font-elles tressaillir de joie ton cœur ? N’est-Il pas ton Sauveur, ton Seigneur plein de bonté ? Le monde L’a rejeté et Le rejette, « ce Jésus que vous avez crucifié » (2:36). Mais « ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ». Sur ce Jésus, Dieu a un tout autre avis que les hommes. Nous aussi — Dieu en soit béni ! 3.5.7 L’exaltation de Christ — Actes 2:33a Pierre ne s’arrête pas au fait de la résurrection de Christ, aussi fondamentale soit-elle. « Ayant donc été exalté par la droite de Dieu, et ayant reçu de la part du Père le Saint Esprit promis, il a répandu ce que vous voyez et entendez » (2:33). Ce verset contient trois faits importants. Le premier : Le Christ a été exalté par la droite de Dieu. C’est le témoignage du Saint Esprit par la bouche de l’apôtre Pierre. Nous trouverons ensuite immédiatement un autre témoignage du Saint Esprit par la bouche de David sur l’exaltation actuelle de Christ à la droite de Dieu. Mais ici, le Saint Esprit parle par Pierre de ce qu’Il a été exalté par la droite de Dieu. Les hommes L’ont abaissé, la droite de Dieu L’a exalté. Les disciples avaient vu comment Il avait été élevé (1:9), ils avaient entendu les anges dire qu’Il avait été élevé dans le ciel (1:11), ils L’avaient vu s’en aller au ciel (1:11) ; mais jusqu’ici aucun œil humain ne L’avait vu glorifié à la droite de Dieu. Étienne, Saul de Tarse et Jean ont été estimés dignes, plus tard, de voir Christ dans la gloire (ch. 7 et 9 ; Apoc. 1). Ici, c’est le témoignage direct du Saint Esprit. Nous pouvons voir aujourd’hui par la foi le Seigneur glorifié : « mais nous voyons Jésus, qui a été fait un peu moindre que les anges à cause de la passion de la mort, couronné de gloire et d’honneur » (Héb. 2:9). Oh ! Puissions-nous élever davantage les regards vers Lui dans la gloire ! Cela nous donnerait de la force dans les circonstances souvent pénibles, et cela nous transformerait moralement à Son image (2 Cor. 3:18). 3.5.7.1 Le don de l’Esprit reçu pour la seconde fois — Actes 2:33b Le deuxième fait concerne le don de l’Esprit promis, que Christ a reçu pour la seconde fois. Cela requiert un petit peu d’explications. Au commencement de Son service sur la terre, le Seigneur Jésus avait reçu le Saint Esprit (Matt. 3:16), Dieu le Père « L’avait scellé » (Jean 6:27). C’était l’expression du bon plaisir du Père. Le Seigneur a alors commencé Son service dans la puissance du Saint Esprit, comme nous le trouvons immédiatement après en Matt. 4:1 : « Alors Jésus fut emmené dans le désert par l’Esprit ». Recevoir le Saint Esprit avec le baptême de Jean n’est d’ailleurs nullement en contradiction avec la vérité encore plus élevée que toute la plénitude de la Déité — Dieu le Père, Dieu le Fils, et Dieu le Saint Esprit — habite corporellement en Lui, l’Homme Christ Jésus (Col. 2:9). Cela a été vrai dès le début, dès l’instant où Il est devenu homme. Ainsi, la possession de l’Esprit était le propre de Son Être-même, tandis que l’onction de l’Esprit au Jourdain a eu lieu en vue de Son service. Ces deux vérités sont présentées de manière touchante dans le sacrifice de prospérité en Lév. 2. Si l’offrande était un gâteau cuit au four, les gâteaux sans levain devaient être « pétris à l’huile », et les galettes sans levain « ointes d’huile » (Lév. 2:4). Nous savons bien que l’offrande de gâteau nous parle du Seigneur Jésus dans Sa pureté et Sa perfection, sans tache, comme homme, et que l’huile est une figure du Saint Esprit. L’huile était le propre de Son Être (« pétri à l’huile »), mais Il fut en outre oint de l’Esprit (« oint d’huile »). Cette onction eut bien sûr lieu tout d’abord pour confirmer la perfection de Sa personne aux yeux des hommes. 3.5.7.2 Le Saint Esprit répandu par le moyen de Christ — Actes 2:33c Mais maintenant le Seigneur Jésus était exalté, et en tant que glorifié, Il reçut la promesse du Saint Esprit de la part du Père pour la seconde fois, — pas pour Lui-même, mais pour nous, afin de poursuivre Son service depuis le ciel, maintenant que l’œuvre de la rédemption a été accomplie. Et ainsi, Pierre ajoute immédiatement le troisième fait : l’effusion du Saint Esprit, ou : le Saint Esprit répandu : « Il (Christ) a répandu ce que vous voyez et entendez » (2:33c). Dans l’épître à Tite, l’apôtre Paul utilise la même expression en ce qui concerne le don du Saint Esprit, cet « qu’il a « répandu » richement sur nous par Jésus Christ, notre Sauveur » (Tite 3:6) [le terme « répandu » est l’adjectif ou le participe passé du verbe « répandre ». Le nom commun correspondant à la même chose est « effusion »]. Notons bien : l’Esprit a été « répandu » sur nous, mais non pas sur le peuple incrédule ni sur toute chair ! Cependant, ce qui a été répandu ce jour-là, c’est ce qu’ils pouvaient voir et entendre — le Saint Esprit avec des signes extérieurement perceptibles. Il n’est pas encore révélé ici que le corps de Christ était formé par le Saint Esprit. Tout se rapporte beaucoup à la confirmation et à l’exaltation de Celui qu’ils avaient crucifié. Mais les disciples savaient déjà de la bouche du Seigneur, que l’autre Consolateur, une fois arrivé sur la terre, serait éternellement avec eux, et resterait avec eux et serait en eux (Jean 14:16, 17). Quel résultat béni de l’œuvre accomplie par notre Seigneur, dans laquelle nous avons souvent tant de peine à entrer — malheureusement ! « Il vous est avantageux que moi je m’en aille ; car si je ne m’en vais, le Consolateur ne viendra pas à vous ; mais si je m’en vais, je vous l’enverrai » leur avait dit le Seigneur auparavant (Jean 16:7), et maintenant cette parole du Seigneur s’était accomplie. Ainsi, la présence de l’Esprit qui était répandu, comme les Juifs pouvaient le voir et l’entendre, était la preuve que Jésus, le Nazaréens, était auprès du Père, à la droite de la majesté dans les hauts lieux (Héb. 1:3). Aucune créature ne peut prendre et ne prendra la place que le Seigneur occupe maintenant sur le trône du Père. Nous partagerons bien le trône du Seigneur avec Lui (Apoc. 3:21), non pas toutefois la place qu’il occupe maintenant. Elle Lui appartient en tant que Personne divine, bien qu’il soit entré dans la gloire en tant que Fils de l’homme glorifié. Encore une petite remarque « a répandu ce que vous voyez et entendez ». Je pense que cela se réfère au parler en d’autres langues qui avait déclenché chez les Juifs la question « que veut dire ceci ? » (2:13). Pierre est toujours encore en train de répondre à cette question. Mais par les mots « ce que vous voyez et entendez », il est confirmé ce que nous avons vu dans la deuxième partie de notre chapitre, à savoir que : (1) La présence du Saint Esprit, et aussi le fait de Sa descente ici-bas sur la terre, ne sont pas, en eux-mêmes, perceptibles par les sens extérieurs ; mais au jour de la Pentecôte, ils ont été donnés à connaître et ont été prouvés par des signes extérieurs. (2) Le signe du parler en langues s’adressait uniquement et seulement aux Juifs. D’où l’accent mis sur « vous ». Ce que les Juifs voyaient maintenant et entendaient, n’était pas le résultat d’un abus de vin, mais le résultat de la présence du Saint Esprit que Jésus glorifié avait envoyé. Il ne leur restait aucune possibilité d’excuses, de doutes ou d’échappatoires. 3.5.8 Un homme dans le ciel — Actes 2:34-36 Mais malgré tout, est-ce qu’un sentiment humain ou juif devrait critiquer la seule pensée qu’un homme puisse être au ciel ? Un autre Psaume, attribué à David à la fois par Pierre, par le livre des Psaumes et par le Seigneur Jésus Lui-même, interdit aussi cette échappatoire : « Car David n’est pas monté dans les cieux ; mais lui-même dit : «le Seigneur a dit à mon seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis pour marchepied de tes pieds». Que toute la maison d’Israël donc sache certainement que Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié » (2:34-36). David n’était pas plus monté dans les cieux qu’il n’est ressuscité d’entre les morts. Cela ils le savaient très bien. Cependant David a parlé au Psaume 110 d’une Personne que par l’Esprit il nommait seigneur (Matt. 22:43, 44). À cette Personne, l’Éternel avait dit : « Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je mette tes ennemis pour le marchepied de tes pieds » (Ps. 110:1). Pierre ne laisse planer aucun doute sur l’identité de cette personne : c’est ce Jésus qu’ils avaient crucifié. Cette parole ne s’applique qu’à Lui. Lui seul occupe la place élevée à la droite de Dieu dans le ciel. Certainement, Il était un homme véritable, et comme tel Il était fils de David. Le Seigneur Jésus n’avait nullement contesté ce point en face des pharisiens (Matt. 22:41-46), mais Il avait aussi montré qu’il était bien plus que seulement le fils de David : Il était son Seigneur ! La relation des deux était et est pour l’incrédulité une difficulté insoluble ; pour la foi elle est un sujet de joie et d’adoration. La traduction grecque du premier verset du Psaume 110 est : « Le Seigneur a parlé à mon Seigneur ». Parce que le grec ne connaît qu’un mot pour Seigneur (kyrios), et que, dans le Nouveau Testament, le nom de « l’Éternel » (ou : Yahweh) est toujours traduit par « Seigneur », il y a une distinction du texte hébraïque qui passe inaperçue : « L’Éternel (Yahweh) a parlé à mon Seigneur (adonai en hébreu) ». Il ressort de là d’autant plus clairement que c’est Dieu Lui-même qui a attribué au Seigneur Jésus la place qu’Il a reçue comme homme glorifié. Pierre en vient donc à dire au v. 36 : Dieu L’a fait à la fois Seigneur et Christ. 3.5.8.1 L’attente patiente de Christ — Actes 2:35 Mais avant d’aborder le v. 36, je voudrais m’arrêter un peu sur un terme important « jusqu’à ce que » : « jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis pour le marchepied de tes pieds ». Ce terme explique en effet clairement ce qu’est la position actuelle du Seigneur Jésus dans le ciel : Il occupe certes Sa place à la droite de Dieu, Il est assis avec Son Père sur le trône du Père (Apoc. 3:21) ; cependant Il attend, là ! Il s’est assis à la droite de Dieu jusqu’à ce que… Cela indique une certaine période ou durée de temps : le temps de la grâce qui dure encore aujourd’hui. Sur quoi porte l’attente du Seigneur Jésus dans le ciel ? En général, nous répondons aussitôt à cette question : « Aller chercher Son épouse pour l’avoir auprès de Lui ». Je ne dis pas que ce soit faux en principe, et sans aucun doute Il languit après nous bien plus que nous après Lui ; mais malgré tout, l’Écriture s’exprime autrement. Elle met l’accent sur autre chose : « jusqu’à ce que je mette tes ennemis pour le marchepied de tes pieds ». Héb. 10:12-13 le confirme : « Il s’est assis à perpétuité à la droite de Dieu, attendant désormais jusqu’à ce que ses ennemis soient mis pour marchepied de ses pieds ». Voilà l’attente patiente de Christ, vers laquelle nos cœurs devraient être dirigés (outre l’amour de Dieu ; 2 Thes. 3:5). Malheureusement nous pensons beaucoup trop peu à ce côté, aux droits de notre Seigneur et à Sa glorification devant le monde. Nous sommes plutôt occupés de nos privilèges. En soi, cela est juste, quoiqu’en cela, nous ne soyons pas toujours débarrassés de tout égoïsme. Or n’est-ce pas aussi opportun de nous oublier un peu, et de penser à Celui qui pour nous a plus d’importance que tout ? Pouvons-nous rester indifférents au fait que le Seigneur Jésus fera enfin valoir ses droits sur cette terre, et qu’Il règnera en justice sur cette scène où Il a été rejeté, et qu’Il y montrera Sa gloire ? Le propos arrêté de Son Père n’est rien moins que cela : faire de Lui la tête de tout, non pas seulement sur cette terre (Éph. 1:10). Dieu Lui mettra ses ennemis pour marchepied de ses pieds, et Il les foulera. Et alors Il commencera Sa domination de paix et de bénédiction ; comme le vrai Melchisédec, Il apportera du « pain et du vin » (Gen. 14:18) pour le monde qui n’a connu jusqu’ici, comme conséquence du péché, qu’une douleur inimaginable et une misère sans borne. Quelle triomphe de la grâce ce sera ! Et le plus précieux de tout pour moi sera que, même quand le Seigneur Jésus régnera sur l’univers de Dieu, Il restera quand même à tous égards le « Serviteur de Dieu », et Il servira son Dieu et Père comme Il l’a toujours fait. Dans Sa main, mais seulement dans la Sienne, « le plaisir de l’Éternel prospérera » (Ésaïe 53:10). Il mènera toutes choses là où Son Père avait toujours voulu les voir ; Il amènera tout dans l’état qui correspond parfaitement aux pensées de Dieu et qui, en conséquence, subsistera éternellement. Comprenons-nous maintenant un peu mieux, pourquoi le Seigneur Jésus attend et sur quoi porte Son attente ? Pourquoi sommes-nous invités à diriger nos cœurs vers l’attente patiente de Christ ? Il attend ce que Son Père fera pour Lui : mettre tous Ses ennemis sous Ses pieds, puis ensuite faire quelque chose pour Lui-même : « réconcilier toutes choses avec Dieu » (Col. 1:20).Vraiment si nous entrons dans les pensées de Dieu au sujet de Son Fils, et si nous entrons aussi dans les sentiments du Seigneur Lui-même, alors nous ne pouvons qu’aimer « Son apparition » (2 Tim. 4:8) ! Le Seigneur dit au résidu de Philadelphie : « Parce que tu as gardé la parole de ma patience, moi aussi je te garderai de l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière » (Apoc. 3:10). Il est si important pour Lui qu’au milieu d’une chrétienté apostate, les Siens entrent dans Ses pensées au sujet de Son attente patiente, qu’Il leur promet d’être gardés de cette période effrayante de jugements qui précède la grande tribulation (Matt. 24:7, 8 ; Apoc. 6 à 12). Comment le fera-t-Il ? Il prendra son Assemblée auprès de Lui, avant que cette époque terrible, cette « heure », n’ait effectivement commencé (1 Thes. 4). Il n’ira pas la chercher en les retirant de cette heure, Il ne la préservera pas au sein de cette heure, mais la gardera de cette heure [c’est-à-dire avant qu’elle commence]. C’est la même expression qu’en Jean 17:15 : « que tu les gardes du mal ». Non les Siens ne font pas partie « de ceux qui habitent sur la terre ». Ils sont des étrangers, des gens en séjour ici-bas ; ils ne sont pas du monde (Jean 17:14). Énoch fut enlevé vers Dieu avant le déluge (Héb. 11:5). C’est une figure de ce qui arrivera à l’Assemblée. Noé, au contraire, est une figure du résidu juif, en ce qu’il est passé à travers le déluge pour arriver sur une terre purifiée par le jugement. Énoch a été préservé de devant le déluge, tandis que Noé a été sauvé à travers l’eau (1 Pierre 3:20). La différence est significative ! Les enfants de Dieu connaissent certes déjà aujourd’hui de la tribulation dans le monde, mais la vraie église (assemblée) ne traversera pas la « grande tribulation » (Matt. 24:21). C’est un temps de tribulations pour Jacob (Jérémie 30:7). La citation du Psaume 110 témoigne ainsi de l’élévation présente de Christ dans le ciel. La citation du Psaume 132, en revanche, à laquelle Pierre fait référence au v. 30, assure au Seigneur Jésus, en tant que fils de David, la royauté éternelle sur Son trône en Sion, mais cela est encore à venir. 3.5.8.2 Fait Seigneur et Christ — Actes 2:36 La dernière phrase du discours est en même temps son sommet : « Que toute la maison d’Israël donc sache certainement que Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié ». Ici, des questions peuvent surgir dans les cœurs, comme celles-ci : Le Seigneur Jésus n’était-il pas déjà le Seigneur durant Sa vie sur la terre ? Les disciples ne l’ont-ils nommé ainsi à juste titre ? Le Seigneur ne s’est-il pas Lui-même désigné de cette manière (par exemple Jean 13:13, 14) ? N’en est-il pas de même pour le titre de Christ ? Et pourquoi est-il dit maintenant « Dieu l’a fait et Seigneur et Christ » ? Il est tout à fait certain que le Seigneur Jésus sur la terre était à la fois le Seigneur et le Christ. Ces titres Lui appartiennent toujours. Prenons par exemple les magnifiques paroles entendues par les bergers aux champs lors de Sa naissance : « car aujourd’hui, dans la cité de David, vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur » (Luc 2:11). Mais ce n’est que comme homme glorifié qu’Il a été établi officiellement dans cette position. C’est ce dont Pierre parle maintenant. L’effusion du Saint Esprit en était la preuve. Dans notre verset (2:36), nous avons le fait que le Christ, en tant qu’homme, a été établi par Dieu à la place de domination, celle de Seigneur. Aux premiers croyants des nations, il sera dit : « Lui est Seigneur de tous » (10:36), et en Philippiens 2 nous lisons « afin que… toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Phil. 2:11). En Col. 1, où il s’agit d’amener en harmonie, de réconcilier avec Dieu, il n’est cité que deux sphères, la terre et le ciel (Col. 1:20). Mais quand s’il s’agit de la soumission à Christ, une troisième sphère est introduite, celles des êtres infernaux [souterrains] (Phil. 2:10). Je voudrais faire remarquer à cet égard trois passages de 1 Corinthiens. Dès le début de cette épître importante, il est montré qu’elle ne s’adresse pas seulement à l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe, mais aussi à tous ceux « qui en tout lieu invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ », et il est rajouté « et leur Seigneur et le nôtre » (1Cor. 1:1,2). À Son titre de Seigneur se rattache tout le domaine de la profession chrétienne dont on commence toujours par admettre qu’il s’agit d’une confession vraie. Le deuxième passage se trouve en 1 Cor. 8:6 : « toutefois, pour nous, il y a un seul Dieu, le Père, duquel sont toutes choses, et nous pour lui, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par lequel sont toutes choses, et nous par lui ». Le monde connaît beaucoup de dieux et de seigneurs ; pour nous il n’existe qu’un Dieu et qu’un seul Seigneur qui nous a créés. Je cite seulement le troisième passage, car nous en avons déjà parlé : « C’est pourquoi je vous fais savoir que ... nul ne peut dire Seigneur Jésus, si ce n’est par le Saint Esprit » (1 Cor. 12:3). Là où le Saint Esprit agit, il conduit toujours à la reconnaissance de Christ comme Seigneur. Saul de Tarse s’est adressé à Lui comme « Seigneur » (9:5 ; 22:8, 10). Jamais cependant, nous n’entendons qu’aucun démon l’ait appelé « Seigneur ». Il est aussi caractéristique que Judas Iscariote n’ait jamais prononcé le titre de « Seigneur ». Il lui disait bien « Rabbi », mais jamais « Seigneur ». Il est important de voir que la soumission de l’âme au Seigneur signifie le salut, ou l’apporte avec elle. Si quelqu’un confesse de sa bouche Jésus comme Seigneur et qu’il croit dans son cœur que Dieu L’a ressuscité d’entre les morts, il sera sauvé (Rom. 10:9). « Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » (Rom. 10:13). Mais Dieu ne l’a pas seulement fait Seigneur, mais aussi Christ. « Christ » signifie l’« Oint ». Mais je ne crois pas que ce titre ne se rapporte à Lui qu’en tant que Messie de Son peuple terrestre. « Fait Christ » montre manifestement quelque chose de plus : en tant que Christ, Il est la tête Ointe non pas seulement sur Israël, mais effectivement sur tout. Il me semble que c’est là en général le sens de « Christ » dans les épîtres du Nouveau Testament. En énonçant ce titre, le Saint Esprit signale la haute position du Fils de l’homme exalté et glorifié au-dessus de tout. Une seule citation des épîtres peut suffire pour confirmer cette pensée : « réunir en un toutes choses dans le Christ » (Éph. 1:10). Il est impossible que « Christ » signifie ici « Messie ». Malgré tout, le Seigneur Jésus n’a ni perdu ni abandonné Sa revendication d’être le Christ de Son peuple terrestre. Comme semence de David, il a droit au trône de Dieu sur la terre, et nous pouvons et devons garder présent à l’esprit Jésus Christ, « ressuscité d’entre les morts, de la semence de David » (2 Tim. 2:8). Quel bonheur cela représente pour nous que de le connaître et de l’adorer en tant que Seigneur et en tant que Christ ! Mais avec quel effroi ce message de Dieu par Pierre dut inspirer à ses frères Juifs, quand ils durent entendre que Celui qu’ils venaient de crucifier récemment, n’avait pas seulement été ressuscité par Dieu et exalté dans le ciel, mais que Dieu L’avait aussi fait Seigneur et Christ ! Les réactions déclenchées par le discours de Pierre parmi ses auditeurs Juifs, et comment Pierre y a répondu, voilà ce qui va nous occuper maintenant dans la quatrième section de ce chapitre si important du livre des Actes. 4 Les résultats du discours de Pierre — Actes 2:37-41 4.1 Le ministère chrétien C’était donc la première prédication chrétienne, la première qui ait jamais été tenue ! Le prédicateur était Pierre dont on a en tout sept discours dans le livre des Actes, et les auditeurs étaient les Juifs séjournant à Jérusalem. Manifestement le Saint Esprit nous a donné la pleine teneur du discours, pas seulement quelques pensées ou des notes. Quel intérêt (et même bien plus !) cela a dû éveiller parmi l’auditoire juif tandis qu’ils entendaient exposer les écrits des prophètes d’une pareille manière ! Ils pouvaient avoir souvent lu les Psaumes cités par Pierre, et avoir souvent reçu des explications de la part des scribes, disant qu’il s’agissait d’annonces prophétiques du Messie. Mais ils n’avaient jamais pu entendre qu’elles venaient justement d’être accomplies quelques semaines auparavant. C’était en fait le ministère chrétien auquel ils prêtaient maintenant l’oreille, — un ministère si différent de ce que les scribes présentaient. Voilà la Parole divine ouverte et appliquée au Crucifié dans la puissance du Saint Esprit, maintenant descendu du ciel. « Celui-là me glorifiera, car il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera » avait dit le Seigneur Jésus en prévision de la venue et du ministère du Saint Esprit (Jean 16:14). 4.2 Un esprit de sagesse et de révélation (Éph. 1:7) Lorsque le Seigneur Jésus, au jour de Sa résurrection, s’était joint aux deux disciples marchant vers Emmaüs, Il leur avait ouvert les Écritures au cours de leur entretien (Luc 24:32), jusqu’à ce que finalement leur cœur brûlât. « Ne fallait-il pas que le Christ souffrit ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire ? Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliquait dans toutes les Écritures les choses qui le regardent » (Luc 24:26-27). Mais pour qu’ils comprennent vraiment les Écritures, il était besoin de quelque chose de plus. Et c’est ce que nous apprenons un peu plus loin dans ce chapitre : « alors il leur ouvrit l’intelligence pour comprendre [ou : entendre] les Écritures » (Luc 24:45). Nous trouvons ici en Actes, que l’Esprit de Dieu a fait la même chose par le moyen de Pierre. Pierre explique les Écritures à ses frères juifs, et le résultat en fut que cela leur transperça le cœur (*). Nous aussi, bien-aimés, pour comprendre les Écritures et ce qui y concerne Christ, nous avons besoin de deux choses : d’une part l’ouverture de l’Écriture elle-même, et d’autre part l’ouverture de notre intelligence, les deux par la puissance du Saint Esprit qui habite en nous. Dans sa prière « au Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ » en Éph. 1, Paul fait la demande « qu’Il vous donne l’esprit de sagesse et de révélation dans Sa connaissance, les yeux de votre cœur étant éclairés, pour que vous sachiez… » (Éph. 1:17-18). Par cette prière, Paul n’entendait pas demander, bien sûr, que Dieu donne le Saint Esprit à ces croyants d’Éphèse, car ils le possédaient déjà. Ils étaient scellés par Lui pour le jour de la rédemption (Éph. 1:13 ; 4:30). Nous avons déjà vu cela : tout vrai croyant a reçu le don du Saint Esprit. Mais il y a quelque chose de différent dans ce passage d’Éph. 1:17-18, où il s’agit de recevoir de la sagesse par le Saint Esprit, pour comprendre la révélation divine de Sa sainte Parole, et pour pouvoir la mettre en pratique. (*) note Bibliquest : J.N. Darby traduit Actes 2:37 par « ils eurent le cœur saisi de componction », le dictionnaire CNRTL définissant la componction comme « une tristesse profonde éprouvée à l’idée d’avoir offensé Dieu ». La version Elberfeld allemande traduit Actes 2:37 par « cela leur transperça le cœur », tandis que Carrez (traduction interlinéaire mot-à-mot grec-français du NT) donne : « ils furent piqués quant au cœur ». Sans cela, il est impossible de comprendre la Parole de Dieu. Ainsi la vérité de Dieu, Sa sainte Parole, nous est ouverte par l’esprit de révélation, tandis que l’esprit de sagesse éclaire notre esprit et ouvre notre intelligence. Ce n’est que de cette manière que nous pouvons saisir la vérité divine. Combien nous l’oublions facilement ! Combien il est heureux et quelle grâce que le propos déclaré de Dieu soit d’ouvrir les yeux de notre cœur et de nous communiquer une connaissance et une compréhension plus profondes de la Personne de Son Fils ! Mais tenons ferme au point suivant : dans les trois cas — qu’il s’agisse du Seigneur Jésus en résurrection, ou du Saint Esprit parlant par le moyen de Pierre, ou de Dieu en tant que tel — c’est toujours la Parole de Dieu qui est l’instrument que Dieu utilise pour amener à la connaissance. La foi du disciple doit se reposer sur la Parole écrite. 4.3 Des cœurs convaincus [de ce qu’ils avaient commis] — Actes 2:37 « Comme ils entendaient ces paroles, ils eurent le cœur transpercé [= saisi de componction] et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Que ferons-nous frères ? » (2:37). L’Esprit de Dieu avait communiqué une telle puissance aux paroles de Pierre, que les cœurs et les consciences de l’auditoire furent touchés au plus profond. Une parole d’homme ne peut pas faire ça toute seule, il est bon de toujours garder cela à l’esprit. Ni sagesse de parole ni formules logiques ne convaincront de la vérité les cœurs des hommes. L’expression « ils eurent les cœurs transpercés [= saisis de componction] » est une manière de s’exprimer concrète et très imagée, qui signifie littéralement ceci : « ils éprouvèrent dans leur cœur la douleur d’un tourment ». As-tu jamais éprouvé dans ton cœur une douleur qui te tourmentait quand tu entendais la Parole de Dieu ? Vraiment jamais ? alors je crains que tu ne sois pas encore un enfant de Dieu. Avant que la Parole de Dieu puisse couvrir et guérir, elle doit d’abord découvrir, et c’est toujours un processus douloureux. Mais en même temps c’est la première indication sûre que l’Esprit de Dieu travaille dans l’âme, et même que la foi est déjà là. Quelle découverte effrayante pour les fils d’Israël à ce moment-là, quand ils ont réalisé que Celui que, peu de temps auparavant ils avaient crucifié, était vivant ! et que Dieu L’avait ressuscité et L’avait fait asseoir à Sa droite dans le ciel. Il attendait là que Dieu mette Ses ennemis comme marchepied de Ses pieds. Il n’y avait en fait aucune perspective favorable pour ceux qui L’avaient alors rejeté, pas plus qu’il n’y en a pour ceux qui le rejettent aujourd’hui ! Mais le fait que leurs cœurs en furent transpercés [= saisis de componction] montrait clairement que la première étincelle de foi avait déjà germé dans leur cœur. Sinon, la parole de Pierre les aurait laissés froids. Nous verrons mieux cet état de choses dans l’exposé des versets suivants. Les paroles de Pierre qui transpercèrent leurs cœurs [= qui remplirent leurs cœurs de componction] sont en contraste avec le résultat produit par le discours d’Étienne sur les Juifs non croyants, un peu plus tard : « En entendant ces choses, ils frémissaient de rage dans leurs cœurs, et ils grinçaient les dents contre lui » (Act. 7:54). Dans les deux circonstances, il est présenté aux Juifs la culpabilité dont ils se sont chargés en crucifiant le Seigneur. Mais quelle différence de réaction ! il en est encore ainsi aujourd’hui. Dieu veuille que tous ceux qui entendent la Parole éprouvent une douleur de tourment dans leur cœur, qui les amène à se poser de sérieuses questions sur le moyen d’être sauvés de la colère qui vient ! Que c’est terrible quand les cœurs, au lieu d’un tel travail intérieur, ne sont que blessés et persistent dans l’incrédulité ! Être convaincu de ce qu’on a commis va beaucoup plus loin qu’être simplement interpellé. Les Juifs d’Actes 2 furent convaincus de leur culpabilité, et cela les conduisit à demander : « Que ferons-nous, frères » ? L’évangile n’opère jamais un bien réel, si la conscience n’a pas préalablement été atteinte. Ici les consciences et les cœurs sont tous atteints, non pas par des menaces, mais simplement par la présentation de la vérité de Dieu. « Que ferons-nous, frères » ? Quelle question posée à Pierre et aux autres apôtres ! Quand les gens sont dans la détresse à cause de leurs péchés, ils se tournent vers ceux qu’ils croient capables de leur venir en aide. Les Juifs, ici, ne se tournent ni vers les scribes ou pharisiens pour avoir de l’aide. Ceux-ci ne leur auraient servi à rien. C’est vers les apôtres qu’ils se tournent, prêts à s’asseoir pour apprendre aux pieds de ces Galiléens, les disciples de Celui qu’ils avaient jusqu’ici nommé du terme méprisant de Nazaréen. Ces Juifs atteints dans leur cœur ne durent pas attendre longtemps une réponse divine. Personne ne doit attendre longtemps pour avoir une réponse de Dieu à la détresse de son cœur. Si la foi est simple, elle ne tarde pas à recevoir une réponse. 4.4 La repentance envers Dieu Pierre est de nouveau la bouche de Dieu par laquelle Il donne l’enseignement divin. « Pierre leur dit : Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé, au nom de Jésus Christ, en rémission des péchés ; et vous recevrez le don du Saint Esprit » (2:38). Ce verset significatif, contient en peu de mots une surabondance de vérité chrétienne, et avec l’aide de Dieu et à la lumière des autres passages du Nouveau Testament, nous chercherons à comprendre correctement les enseignements qui nous sont offerts ici. On sait en effet que trop bien, qu’il existe là-dessus les commentaires les plus variés. Que Dieu nous garde d’interpréter faussement Sa Parole. Ces versets nous présentent trois thèmes que nous allons passer en revue l’un après l’autre : 1. La nécessité de la repentance 2. La signification du baptême chrétien 3. Les conditions pour la réception personnelle du Saint Esprit. J’ai déjà attiré brièvement l’attention sur la nécessité et l’importance de la repentance à propos de Judas Iscariote (Actes 1), dont il est bien dit qu’il a eu des « remords », mais jamais qu’il se soit « repenti ». Puisque Dieu fait maintenant adresser à l’homme le message « Repentez-vous ! », il est indispensable de commencer par bien comprendre ce que signifie réellement se repentir. 4.4.1 La différence entre le remords et la repentance La repentance, ce n’est pas le remords, et le remords sans la foi ne sert à rien, comme le Seigneur Jésus disait à propos des principaux sacrificateurs et des anciens d’Israël : « … vous l’ayant vu, vous n’en avez pas eu de remords ensuite pour le croire » (Matt. 21:32). Le mot grec pour « avoir du remords », est la combinaison de deux autres mots, meta (= d’après, en conséquence) et mélomai (= avoir du souci) ; et il signifie être soucieux à cause de, être triste au sujet de, regretter. En soi, il ne s’y cache aucun sens mauvais ; Paul l’utilise pour décrire son inquiétude après avoir écrit sa première lettre aux Corinthiens (2 Cor.7:8). Mais du regret sans rien d’autre, ne sert à rien, s’il n’est pas une tristesse à repentance, laquelle implique un changement de pensée et de vie (2 Cor. 7:9). Pierre lui-même avait ressenti précédemment cette tristesse selon Dieu quand, remué par le regard du Seigneur, il sortit en pleurant amèrement ; cette tristesse l’a ramené au Seigneur, tandis qu’au contraire, Judas Iscariote n’a eu que du remords [litt.: morsure de conscience], et cela ne l’a conduit qu’au suicide. La repentance est quelque chose de plus profond que le remords. À l’occasion d’un mauvais comportement ou d’une mauvaise action, le remords peut avoir sa place ; mais devant une mauvaise position ou une mauvaise attitude ou un état fâcheux, la repentance est nécessaire. C’est pourquoi la Parole de Dieu demande à l’homme pécheur de se repentir, parfois aussi au croyant tombé dans un mauvais état (Apoc. 2:5). Le mot grec pour repentance (metanoia) se compose aussi de deux mots, de nouveau la préposition meta (= « d’après », « en conséquence ») et le mot nous (= sens, état d’esprit), c’est à dire le siège des sentiments moraux et des pensées morales. Littéralement la repentance signifie les « sentiments d’après », un changement de pensées. Ce changement de pensées est lié, comme nous l’avons vu, à une profonde tristesse de l’âme, et il inclut l’action de se détourner du péché, et de se tourner vers Dieu avec foi. 4.4.2 La nécessité de la repentance La repentance n’est pas seulement un changement de pensée, elle signifie beaucoup plus. Au risque de me répéter, je dirai encore que la repentance, c’est prendre le parti de Dieu contre soi-même, ce qui n’est pas une mince affaire. Les Juifs avaient crucifié Christ. Devant ce péché d’une profondeur insondable, ils devaient maintenant éprouver des sentiments selon Dieu. Ils devaient être amenés au point de se juger eux-mêmes, eux et leurs voies, et de s’en détourner. « Que ferons-nous frères ? — Repentez-vous !». Il n’en va pas autrement aujourd’hui pour le pécheur. Devant sa culpabilité, il faut qu’il ressente tristesse et douleur. Certes ce qui est déterminant pour le salut du pécheur, ce n’est pas le degré de repentance, ni la profondeur avec laquelle il a senti la culpabilité de son péché, mais fondamentalement il faut que la repentance soit présente — la repentance envers Dieu et la foi au Seigneur Jésus (20:21), Lui que Dieu a livré pour nos péchés. Paul « insistait et auprès des Juifs et auprès des Grecs sur la repentance envers Dieu et la foi en notre Seigneur Jésus Christ » (20:21). Déjà au jour de la résurrection, le Seigneur Jésus avait donné aux disciples la mission de prêcher en Son nom la repentance et la rémission [ou : pardon] des péchés (Luc 24:47). C’est ce que Pierre fait ici en Actes 2:38. Qu’il est beau de voir cette liaison entre la repentance et la rémission des péchés ! Mais le chemin de la foi commence par la repentance. C’est pourquoi elle est appelée la repentance pour la vie (11:18). Dieu la donne, tout en sommant le pécheur : « Repens-toi ! ». C’est aussi le premier point de la réponse de Pierre à ses frères juifs. C’est pourquoi, il est regrettable qu’aujourd’hui des évangélistes traitent souvent la repentance de manière très superficielle. Il est frappant que Pierre, dans ce cas, ne dise absolument rien de la nécessité d’avoir la foi. En contraste avec cela, Paul ne mentionne pas la repentance au geôlier de Philippe : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta maison » (16:31). Pourquoi cette différence ? Le geôlier avait été manifestement convaincu de péché par les événements grandioses de la nuit, et c’est pourquoi il se jeta en tremblant aux pieds de Paul et Silas avec un ardent désir d’être sauvé. Il put entendre la réponse immédiate de la grâce : « crois au Seigneur Jésus… ». Nous n’avons pas à commencer par prêcher la repentance à un pécheur repentant et effondré. Il est déjà brisé. Le geôlier et les siens écoutèrent alors la Parole du Seigneur que leur apportaient les deux serviteurs de Dieu. Les versets suivants (16:33-34) démontrent pleinement sa repentance et, ce qui s’y rattachait, un demi-tour personnel d’avec ses mauvaises voies. En contraste avec ce geôlier, l’auditoire juif de Pierre, comme nous l’avons déjà vu, a été conduit à la foi au Seigneur Jésus. Pour eux qui avaient ouvertement rejeté le Seigneur Jésus, ce qui était important était d’avoir à ce sujet les sentiments convenables et de se placer ouvertement du côté du Crucifié en reconnaissant leurs mauvaises actions. Cela devait avoir lieu par le moyen du baptême au nom de Jésus Christ. 4.5 Le baptême chrétien — Actes 2:38a Nous arrivons maintenant aux paroles de Pierre à ses frères Juifs : « Que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ en rémission des péchés » (2:38a). Note Bibliquest : les mots « rémission » des péchés et « pardon » des péchés sont identiques dans le texte original. Dans ce qui suit nous avons principalement utilisé le mot « rémission ». Ces paroles ont servi à faire du baptême d’eau un « sacrement », un « moyen de grâces » par lequel on reçoit le pardon [ou : la rémission] des péchés et la vie éternelle. Du fait que cette erreur est extraordinairement et largement répandue dans la chrétienté, avec des conséquences catastrophiques pour d’innombrables chrétiens de profession — et du fait que, même chez de vrais enfants de Dieu, on comprend parfois peu la signification du baptême, — pour toutes ces raisons j’ai à cœur de saisir cette occasion pour dire quelque chose des principes du baptême chrétien. Il sera alors aussi plus facile de comprendre la signification des versets d’Actes 2 qui sont devant nous. Car j’accepte bien franchement qu’à première vue, les versets devant nous pourraient faire admettre que le baptême confère effectivement le pardon des péchés. Pour ce genre de questions si importantes, il ne faut pas se borner à donner un coup d’œil furtif sur le sujet. Nous voulons regarder à Dieu et Lui faire confiance pour qu’Il nous éclaire sur cette vérité si fondamentale du baptême chrétien, et nous voulons nous approcher de cette vérité pour ainsi dire pas à pas, avec précaution, afin que, étant conduit d’un point à un autre, nous puissions mieux saisir la vraie signification de cette institution chrétienne. Ce serait bien sûr très bénéfique de prendre la position de quelqu'un qui entendrait parler de ce sujet pour la première fois. Car il peut arriver que l’un ou l’autre soit amené à s’écarter de ce qu’il a toujours tenu pour correct jusque-là. C’est ce qui est arrivé à l’auteur de ces lignes. 4.5.1 La signification du mot baptême Le mot grec pour « baptiser » est baptizo, qui, dans le langage ordinaire, signifie immerger, plonger, laver, mouiller, arroser. Le baptême du Seigneur Jésus lui-même et celui de l’eunuque d’Éthiopie (Actes 8) montrent bien, autant l’un que l’autre, que le baptême était effectivement pratiqué par immersion. Dans les deux cas, il est parlé du baptisé remontant hors de l’eau (Matthieu 3:16 ; Actes 8:39). Je suis profondément convaincu que la manière correcte de baptiser est l’immersion. Seule cette manière correspond à la signification spirituelle du baptême comme figure — on le verra encore plus loin. Cependant nous ne devrions pas donner trop d’importance au mot lui-même, ni faire trop de construction doctrinale sur le fait que le mot « baptizo » ne signifie rien d’autre qu’« immerger » : car en réalité il a une signification de portée beaucoup plus vaste. 4.5.2 Le baptême de Jean Nous trouvons dans le Nouveau Testament plusieurs baptêmes d’eau : le baptême de Jean pour « Celui qui venait après lui » (Matt. 3:5-15), le baptême pour Christ comme le Messie vivant sur la terre (Jean 4:1-2) (*), et le baptême chrétien. Comprendre la signification du baptême de Jean est une étape préliminaire fort utile pour saisir ce qui est représenté dans le baptême chrétien. C’est pourquoi nous allons commencer par regarder rapidement ce baptême de Jean. (*) Les différences entre le baptême de Jean et le baptême pour le Messie vivant sur la terre, ne sont pas grandes, mais elles existent quand même. Leur point commun est que tous les deux étaient administrés en vue de Christ comme le roi d’Israël. Mais Jean baptisait pour la repentance. Cela n’est jamais dit du Seigneur Jésus. Il est seulement dit du Seigneur Jésus qu’Il faisait et baptisait plus de disciples que Jean (Jean 4:1). Or Jean baptisait pour Celui qui allait venir, pour Celui qui venait après lui. Plusieurs passages le montrent (Matt. 3:11 ; Marc 1:7 ; Luc 3:16 ; Jean 1:27 ; Actes 13:25 ; 19:4). En contraste avec cela, le baptême de Jean 4 était pour un Messie déjà présent au milieu de son peuple terrestre. Une autre différence, encore : le Seigneur s’est soumis au baptême de Jean (on va en voir bientôt la raison), mais il était impossible que le Seigneur soit baptisé pour Lui-même comme Messie vivant au milieu d’Israël. On peut admettre que les douze apôtres ont été baptisés par Jean, mais nous n’en avons pas le témoignage. De plusieurs passages du Nouveau Testament, on peut déduire que le temps où le Seigneur et son précurseur (Jean) ont travaillé simultanément a été court, et que d’autre part Jean et ses disciples ont pris une position séparée du Seigneur et de Ses disciples. Cela a persisté probablement même après que Jean ait été décapité, selon ce qu’on peut déduire d’Actes 19:1 et suivants. Peut-être que Matthieu 14:12 est une indication que quelques-uns des disciples de Jean ont suivi le Seigneur Jésus après la mort de Jean. Le baptême de Jean était un baptême de repentance. C’est ce que l’Écriture répète à maintes reprises à son sujet (Marc 1:4 ; Luc 3:3 ; Actes 13:24 ; 19:4). Jean sommait le peuple juif de porter « du fruit qui convienne à la repentance » (Matt. 3:8 ; Luc 3:8). Ceux qui étaient prêts à confesser leurs péchés, Jean les baptisait au Jourdain (Matt. 3:6), et il disait au peuple qu’ils devaient croire en Celui qui venait après lui, c’est-à-dire en Jésus (Actes 19:4). Le Seigneur Jésus s’est identifié (*) à ce résidu repentant en se faisant baptiser par Jean. Il n’avait pourtant aucun péché à confesser (c’est pourquoi il remonta aussitôt de l’eau), mais Il voulait accomplir toute justice (Matt. 3:15-16) (**). (*) note Bibliquest : ici et ailleurs, « (s’)identifier à » équivaut à « (se) faire un avec », ou « (s’)unir à ». En allemand on trouve plutôt ces dernières expressions. (**) (Note tirée de l’ouvrage de l’auteur sur le baptême). — « Accomplir toute justice » (Matt. 3:15) ne signifie pas simplement accomplir la loi de Dieu, mais reconnaître le véritable état dans lequel se trouvait même la meilleure partie du peuple juif. Dans le cas du Seigneur, cela impliquait d’entrer non seulement dans l’eau du baptême de Jean, mais dans ce dont l’eau était une figure, dans la mort. C’est ce que dit le Seigneur un peu plus tard : « J’ai à être baptisé d’un baptême, et combien suis-je à l’étroit jusqu’à ce qu’il soit accompli ! » (Luc 12:50). Il évoquait par là Sa mort en sacrifice à caractère substitutif qu’Il voulait endurer pour ce Résidu, pour tout pécheur coupable qui croirait en Lui. Mais tant que cette œuvre n’était pas accomplie, Il était « à l’étroit ». Cela ne veut pas dire qu’Il était oppressé par la peur de la mort. Non, mais tant que la question du péché n’était pas réglée selon Dieu, Il ne pouvait pas laisser le flot de la grâce et de l’amour de Dieu s’épancher sans empêchement, Il ne Lui était pas possible de faire connaître tout le conseil de grâce de Dieu. Cela Le faisait être « à l’étroit » par amour et à cause de nous. Merveilleuse grâce du cœur du Seigneur Jésus ! Mais une fois allé au ciel après avoir accompli l’œuvre, Il allait envoyer l’Esprit Saint qui les conduirait dans toute la vérité (Jean 16:13-14). C’est dans cette période bénie que nous vivons aujourd’hui. Un principe important du baptême se dégage déjà du fait que le Seigneur Jésus reconnut au milieu du peuple d’Israël, un résidu repentant, distingué par le baptême, et qu’Il s’identifia à lui en se faisant baptiser avec lui. Ce principe est que le baptême change la position du baptisé sur la terre. Par le baptême de Jean, le résidu pieux se mettait sur un terrain séparé du reste de la nation : Tandis que le peuple, comme tel, poursuivait son chemin dans l’incrédulité, ce résidu attendait le Messie et confessait leurs péchés ; ils se condamnaient eux-mêmes, et se purifiaient de leur état de pécheur où se trouvait la nation. En étant baptisés du baptême de Jean, ils justifiaient Dieu, c’est-à-dire qu’ils reconnaissaient que Son jugement à leur égard était juste (Luc 7:29). Ils étaient ainsi prêts à recevoir le Messie qui venait. 4.5.3 Le baptême « pour » Un deuxième principe essentiel du baptême ressort de façon visible déjà avec le baptême de Jean : le baptême est toujours administré pour quelque chose, c’est-à-dire en vue d’une chose ou d’une personne. Les Israélites avaient été baptisés dans la nuée et dans la mer « pour Moïse » (1 Cor. 10:2) — ce qui est d’ailleurs une belle figure de ce que le baptême signifie dans son principe. Je vais y revenir bientôt. Aux disciples de Jean que Paul rencontra à Éphèse, il leur demanda : « De quel baptême avez-vous été baptisés » ? [litt : « Pour quoi » avez-vous été baptisés ?] ; et eux répondirent : « du baptême de Jean » [litt : pour le baptême de Jean] (Actes 19:3). Ceux qui sont baptisés dans la période chrétienne le sont pour le nom du Seigneur Jésus, comme Sauveur et Seigneur, comme plusieurs passages des Actes le montrent. Ils sont baptisés en vue de ce nom — vers ce nom, le seul dans lequel on peut trouver le salut (Actes 4:12). Mais voilà que, sans y faire attention, nous sommes déjà passés du domaine du baptême de Jean à celui du baptême chrétien. Revenons quand même encore un peu au baptême de Jean. C’était un baptême de repentance pour la [ou : en] rémission des péchés (Marc 1:4 ; Luc 3:3). Il s’agit de la même préposition grecque eis, que nous avons utilisée dans le sens de à ou pour ou en vue de quelque chose. Le baptême de Jean était lui-même administré en vue de la rémission des péchés. Mais cela ne dit pas du tout que les baptisés possédaient cette rémission des péchés. Bien au contraire ! Ils ne pouvaient nullement encore la posséder, car l’œuvre de rédemption nécessaire n’était pas encore accomplie. Ce n’est qu’après l’accomplissement de l’œuvre que la repentance et la rémission des péchés purent et durent être prêchées à toutes les nations, en commençant par Jérusalem (Luc 24:47). Insistons aussi sur ce point : « Le baptême en rémission des péchés » ne signifie aucunement la possession du pardon [= de la rémission] des péchés, mais la direction vers laquelle le baptême est administré : en vue de la rémission ou pour la rémission des péchés. Le cas de ces gens baptisés du baptême de Jean et qui avaient été baptisés pour la rémission des péchés montre sans équivoque que l’on peut être baptisé pour quelque chose sans posséder déjà la chose elle-même. 4.5.4 Le baptême — une marque que l’on est disciple Il ressort des passages déjà cités que le fait d’être disciple est lié au baptême. Celui qui se fait baptiser pour quelqu’un devient son disciple ou celui qui le suit. De qui étaient disciples les douze hommes d’Actes 19 ? Disciples du Seigneur Jésus ? Pas du tout ! Ils n’avaient été baptisés que du baptême de Jean, et ils étaient donc disciples de Jean. Nous avons déjà mentionné brièvement le baptême pour le Seigneur Jésus comme un baptême pour le Messie vivant sur la terre ; mais écoutons le détail des expressions de Jean 4:1-3 : « Quand donc le Seigneur connut que les pharisiens avaient entendu dire : Jésus fait et baptise plus de disciples que Jean (toutefois Jésus lui-même ne baptisait pas, mais ses disciples), il quitta la Judée ». Le point suivant est clair : par le baptême pour quelqu’un, on devient, au moins extérieurement, son disciple, ou autrement dit : on reçoit la marque du fait d’être disciple. Savoir si on porte cette marque à tort ou à raison, savoir si on est réellement un disciple et qu’on suit réellement le Maître, c’est une toute autre question sur laquelle je reviendrai bientôt encore une fois. Dans le cas de Jean 4, les disciples du Seigneur baptisaient des gens qui Le confessaient comme le Messie envoyé de Dieu. Par cet acte, ils les faisaient disciples du Messie d’après ce qu’ils professaient. Pour reprendre le langage du Seigneur en Jean 15, ils étaient des sarments rattachés à Lui, le vrai cep de vigne (appendice A). Savoir s’ils portaient du fruit ou non, ne change rien à cette position extérieure dans laquelle ils étaient introduits. Cette idée générale du baptême — le fait d’être disciple — se trouve déjà en figure avec le peuple d’Israël traversant la mer rouge. Comme nous l’avons déjà évoqué, ils furent « baptisés pour Moïse » et devinrent par-là ses disciples (1 Cor. 10:1-2). Je parlerai plus loin de la signification du baptême en Matthieu 28, mais on verra que là aussi la pensée d’être disciple se rattache au baptême, — une pensée également contenue dans le baptême chrétien. Une traduction très littérale montre clairement cette liaison : « Allez et faites disciples toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur enseignant à garder toutes les choses que je vous ai commandées » (Matt. 28:19-20) (*). Ils devaient faire disciples toutes les nations, en les baptisant et en les enseignant. Ce n’est pas parce qu’ils étaient disciples qu’ils devaient être baptisés, mais ils deviendraient disciples par le baptême et par l’enseignement qui y est lié. (*) Ces paroles du Seigneur Jésus à la fin de l’évangile de Matthieu ont été diversement traduites et interprétées à partir du texte original. Cela est probablement dû à la position de chacun des commentateurs sur la question du baptême. C’est pourquoi il faut donner au lecteur intéressé par ces sujets quelques explications sur le texte original grec de ce passage, afin qu’il puisse plus facilement former son propre jugement. Le verbe « matheteuo », lorsqu’il est utilisé de façon intransitive, signifie « être disciple, être élève ». C’est dans ce sens qu’il est dit de Joseph d’Arimathée en Matthieu 27:57 qu’il était « disciple de Jésus ». Au passif, ce verbe signifie « devenir disciple, être enseigné » (Matthieu 13:52 en donne un exemple quand le Seigneur parle des scribes qui ont été faits « disciples du royaume des cieux »). Quand ce verbe matheteuo est utilisé transitivement, il signifie « faire disciple, prendre à son école, donner des leçons ». C’est l’usage qui est fait de ce verbe dans notre passage : les disciples devaient « faire disciples » toutes les nations. Aux versets 19 et 20, il y a quatre termes qui souvent sont tous rendus par des impératifs : allez, faites disciples, baptisez, enseignez. Or en grec, seule la deuxième expression (faites disciples) est une forme verbale à l’impératif. Les trois autres sont des participes, le premier étant un participe aoriste, tandis que les deux derniers sont des participes présents. Le premier participe « allant » ou « allé » en tête de cette chaîne de verbes doit, sans aucun doute, être traduit par un impératif : « Allez et… » C’est une construction habituelle. — Avec les deux autres participes « baptisant » et « enseignant », il semble qu’il faille agir autrement. Des recherches nouvelles faites par ordinateur sur le grec du Nouveau Testament ont montré en effet ceci : si un participe dépendant précède un impératif, il prend en général le caractère de commandement de ce dernier ; mais s’il suit cet impératif, ce caractère d’impératif, ne lui est pas communiqué. Dans notre passage, les participes « baptisant » et « enseignant » ne doivent pas être rendus par des impératifs (c’est-à-dire « baptisez ! » et « enseignez ! »), mais comme des précisions (ou : définitions du mode) de l’impératif qui précède. Ils donnent l’art et la manière (« en baptisant, … en enseignant ») d’accomplir le commandement « faites disciples ». Et pour finir encore un mot sur « toutes les nations » et sur « les » dans « les baptisant » et « les enseignant ». Il est vrai que « les nations » est un neutre, alors que « les » est au masculin. Mais cela ne change pas le fait que « les » se rapporte à « toutes les nations », c’est-à-dire aux individus dans ces nations. C’est une construction grammaticale usuelle, que nous trouvons par exemple exactement sous la même forme en Actes 15:17. Le fait d’être disciple, insistons, n’a rien à voir avec la question de savoir si l’on est né de nouveau ou si l’on a la vie divine. Être disciple est une profession [ou : confession], qui peut être authentique ou non authentique. On peut être un vrai disciple du Seigneur Jésus, et on peut ne l’être que par une profession extérieure. Mais, ça ne change rien au fait qu’on est disciple. Et nous avons vu comment l’on devient disciple en général : par le baptême. Judas Iscariote n’était pas né de nouveau ; il était pourtant un disciple de Jésus comme roi d’Israël séjournant sur la terre. Il faisait même partie des douze, comme Pierre l’exprime de façon si saisissante : « il était compté parmi nous, et il avait reçu en partage ce service » (Actes 1:17). Les douze apôtres n’ont manifestement pas été baptisés pour Christ comme Messie de Son peuple terrestre, et il y a une explication simple à cela : ce sont eux qui formaient par appel spécial le « noyau » des disciples, de ceux qui professaient être du Messie ; mais c’étaient eux qui introduisaient d’autres personnes dans ce domaine — par le baptême. Nous retrouverons ces pensées à propos du baptême chrétien. L’exemple des Israélites, tous baptisés pour Moïse, est tout à fait parlant. Ils étaient bien tous disciples de Moïse, mais Dieu n’a pas pris plaisir en la plupart d’entre eux, car ils tombèrent dans le désert (1 Cor. 10:5). Combien cela démontre que le fait d’être disciple est loin d’être la même chose que posséder la vie divine ! 4.5.5 Le baptême est pour la mort — Rom. 6:3-11 L’eau du baptême est un symbole de la mort, de la mort comme châtiment des péchés commis. Celui qu’on baptise entre dans l’eau ; symboliquement il entre dans la mort. Le baptême de Jean était pareillement un baptême pour la mort. Ils confessaient leurs péchés et reconnaissaient avoir mérité la mort comme châtiment pour eux. On a la même chose dans le baptême chrétien, mais avec une immense différence : le baptême chrétien est pour la mort de Christ (Rom. 6:3-4). Le baptême de Jean était aussi pour la mort, mais pas encore pour la mort de Christ. Il était bien administré dans l’espérance de Celui qui devait venir pour la rémission des péchés, mais ce n’était pas encore une bénédiction présente. Il en est aujourd’hui comme au temps de Jean, à savoir que ceux qui sont convaincus de péchés sont amenés à reconnaître devant Dieu leur place dans la mort. Mais quelle différence avec le baptême de Jean ! ils apprennent que Christ a été dans la mort pour eux : « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés pour le Christ Jésus, nous avons été baptisés pour sa mort » ? (Rom. 6:3). Je ne sais pas si cela est clair pour ceux qu’on baptise aujourd’hui, mais il s’agit d’une signification fondamentale et essentielle du baptême chrétien : quand ils entrent dans l’eau du baptême, ils reconnaissent avoir mérité le châtiment de la mort. En même temps, ils confessent — quel bonheur infini de pouvoir le faire — qu’un autre, Christ, a été dans la mort pour eux. Il a enduré la mort comme salaire du péché, et dans le baptême, ils s’identifient [ou : s’unissent] avec Lui, un Christ mort. Ils sont baptisés pour Sa mort, ils ont part à Sa mort. Ils sont ensevelis avec Lui par le baptême pour la mort, ils sont littéralement « réunis étroitement » avec Lui comme étant mort, ils sont comme une seule plante avec Lui mort (Rom. 6:4-5). En Romains 6, l’apôtre Paul se sert de la doctrine du baptême chrétien pour renforcer son argumentation, si l’on ose l’appeler ainsi, selon laquelle il est impossible pour un croyant de vivre dans le péché : une telle voie est proscrite tant par notre position en Christ (Rom. 6:2, « nous qui sommes morts au péché ») que par notre profession chrétienne (Rom. 6:3, « nous avons été baptisés, pour sa mort »). Ainsi donc, le baptême chrétien parle de mort, et seulement de mort, jamais de vie. Certes, Christ n’est pas resté dans la mort, Il a été ressuscité par la gloire du Père. Le chrétien non plus ne reste pas dans l’eau de la mort ; il en ressort pour vivre désormais en « nouveauté de vie » (Rom. 6:4), une sorte de vie tout à fait nouvelle. Mais cela va déjà au-delà de l’enseignement du baptême. C’est plutôt une conclusion tirée de la doctrine du baptême, plus que ce que le baptême lui-même enseigne, — mais c’est quand même une conclusion tirée par le Saint Esprit pour notre vie pratique, et que nous perdons de vue trop facilement. Je vais revenir bientôt sur cette pensée. Le grand point de la doctrine de cette portion de la Parole de Dieu (Rom. 5:12 à 7:6) est que le croyant, par son association avec Christ, la tête de la famille de Dieu, a la même position que Christ a, soit dans la mort, soit dans la résurrection. Ce qui nous intéresse ici est surtout le premier point. Christ est mort au péché. Comme nous sommes « en Christ », nous n’avons pareillement plus rien à faire avec le péché quant à notre relation avec le péché : nous sommes morts au péché. « Le péché » décrit l’état dans lequel nous étions avant notre conversion. Par la mort, nous avons quitté cet état une fois pour toute. Dieu soit loué ! Telle est notre position en Christ maintenant, telle est la position de tout enfant de Dieu. Notre baptême montre la même pensée fondamentale. En nous faisant baptiser au début de notre course chrétienne, nous avons confessé publiquement avoir part à la mort de Christ ; nous avons été baptisés pour Sa mort. Sa mort est notre mort : c’est notre position et c’est ce que nous professons. Peut-être n’avons-nous compris ni l’un ni l’autre lors de notre baptême. Mais cela ne change rien au fait lui-même. Je me réjouis toujours à la pensée que les croyants de Rome auxquels l’apôtre écrivait, n’avaient certainement pas non plus compris ces choses lors de leur baptême. Ce n’est que des années plus tard qu’ils ont reçu l’enseignement divin sur la vraie signification de leur baptême. J’ai parlé de la conclusion que le Saint Esprit tire de notre baptême en Romains 6. Beaucoup d’entre nous sont peut-être déjà baptisés depuis bien des années. Mais combien peu nous pensons encore aujourd’hui à ce que nous avons professé lors de notre baptême ! Combien nous sommes souvent peu conscients de la responsabilité liée à ce pas — la responsabilité de nous tenir pour mort au péché maintenant dans la vie journalière, « pour que nous ne servions plus le péché » (Rom. 6:6). Car en ce que Christ est mort, « il est mort une fois pour toutes au péché ; mais en ce qu’il vit, il vit à Dieu. De même vous aussi, tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le christ Jésus » (Rom. 6:10-11). Notons bien : ce n’est pas le péché en nous qui est mort, mais nous qui devons-nous tenir pour morts au péché. C’est entièrement une question de foi, une conclusion que la foi tire de la position conférée par Dieu. Que Dieu nous aide à rendre visible dans notre vie quotidienne ce que nous avons compris de notre position en Christ et ce que nous avons exprimé comme profession lors du baptême ! Quand on pense à ce que le baptême représente, on peut alors vraiment dire que c’est une belle figure de l’Évangile, ou autrement dit : par ce qu’il représente, le baptême montre de quelle manière l’homme est sauvé. Si quelqu’un entre avec foi dans ce que le baptême préfigure, cela conduit au salut. C’est de cette pensée que nous allons maintenant nous occuper. 4.5.6 Le baptême — un changement de position Le baptême marque un changement de position, comme nous l’avons déjà vu à propos du baptême de Jean. Il en va de même avec le baptême chrétien. Mais ne perdons jamais de vue qu’il s’agit d’une position sur la terre ; le baptême n’a absolument rien à voir avec une position dans le ciel. Celui qu’on baptise vient à l’eau du baptême comme un pécheur convaincu, et par le baptême, il entre dans une nouvelle position sur la terre. Cette nouvelle position est aussi décrite dans l’Écriture par le terme « salut ». Nous traitons ici du cas normal selon l’Écriture où c’est un croyant qui est baptisé. Je parlerai un peu plus loin du cas du baptême des non croyants, et de ce qu’eux aussi sont amenés par le baptême dans une autre position devant Dieu. 4.5.6.1 Le salut Le Salut, dans le Nouveau Testament, a de multiples significations. On trouve une fois le salut au sens de salut de l’âme, que le croyant reçoit déjà maintenant comme but final de sa foi (1 Pierre 1:9 ; Héb. 10:39). Dans plusieurs passages, le salut inclut la rédemption [ou : délivrance] du corps lors du retour de Christ (1 Pierre 1:5 ; Rom. 5:10, entre autres). Ailleurs le salut est considéré comme un salut tout au long de la course du croyant, dans son chemin à travers un monde rempli de danger jusqu’à la fin (par ex. Héb. 7:25 ; 1 Pierre 4:18). Parfois le salut n’est vu que dans le corps ou temporellement (par ex. 2 Cor. 1:10 ; 1 Tim. 2:15 ; Luc 1:74 ; 2 Tim. 4:17). Un salut d’un ordre spécial est mentionné dans l’épître aux Éphésiens (2:8) : par grâce, le croyant est déjà entièrement sauvé. Mais dans le Nouveau Testament, il y a encore un autre aspect du salut, parfois méconnu ou incompris. Il a à faire avec un changement de position sur la terre, et en ce sens (attention : dans ce sens seulement !) le salut est à plusieurs reprises lié au baptême. Nous avons un exemple de cela en Marc 16 et 1 Pierre 3. Commençons par Marc 16. « Celui qui aura cru et qui aura été baptisé sera sauvé ; et celui qui n’aura pas cru sera condamné » (Marc 16:16). Cette parole du Seigneur est claire : pour être damné, il suffit de ne pas croire ; mais pour être sauvé, il ne suffit pas de simplement croire ; il faut aussi le baptême. Plusieurs seront peut-être déconcerté par cette déclaration, mais c’est bien ce que le Seigneur Jésus dit : « Celui qui croit et qui aura été baptisé, sera sauvé ». Cela n’a rien à voir avec du ritualisme. L’expression « être sauvé » ne veut pas dire simplement « aller au ciel » ou « ne pas être perdu », comme on l’a souvent compris à tort, mais c’est prendre une nouvelle position sur la terre — une position, il est vrai, qui a pour effet des bénédictions éternelles et célestes. Celui qui croit et qui est baptisé se sépare par-là du monde qui a rejeté Christ, et qui le rejette encore, — du monde sur lequel le jugement de Dieu est suspendu, — et il vient dans un domaine sur la terre où, sur le fondement d’un jugement déjà pleinement exécuté, on connaît et jouit consciemment des conséquences bénies de la rédemption. Ce domaine sur la terre est celui du christianisme : « un Seigneur, une foi, un baptême » (Éph. 4:5). Celui qui croit et qui est baptisé se met du côté de Christ crucifié et contre le monde, et il professe ouvertement être à Lui et à tout ce qu’Il a apporté comme bénédictions par Sa mort ; en bref : il entre sur le terrain de la profession chrétienne. C’est en fait un changement immense, y compris aux yeux de Dieu, de passer d’une liaison avec un monde sans Christ, à être maintenant un vrai disciple du Seigneur, qui porte le Nom de Celui qui est mort pour lui : Christ (1 Pierre 4:16) ! 4.5.6.2 Deux aspects du salut : gouvernemental et administratif Ce changement partant de quelque chose d’ancien pour aller dans un domaine nouveau, ou autrement dit : le salut dans lequel on est sauvé de quelque chose de mauvais au profit de quelque chose de bon, – il a naturellement deux aspects ou deux côtés. Un côté est relatif à ce dont j’ai été sauvé, et l’autre côté est relatif à ce pour quoi j’ai été sauvé. Le fait que, par le baptême, le croyant soit séparé extérieurement du monde qui est sous le jugement, montre un côté du salut, le côté gouvernemental : il n’a plus rien à faire avec un monde sur lequel Dieu, dans Son gouvernement, va faire tomber le jugement. Mais d’un autre côté, le croyant est entré publiquement dans le domaine béni sur la terre, celui où l’on trouve la plénitude de la bénédiction chrétienne. C’est le côté administratif du salut. Nous nous en occuperons encore d’un peu plus près. Or remarquons déjà ceci : c’est bien un salut effectif quand, selon le cœur (« celui qui aura cru ») et selon ce qu’on professe (« et qui aura été baptisé »), on séjourne là où il n’y a plus aucun jugement de Dieu et où on peut jouir de toutes les bénédictions apportées par la mort de Christ ! 4.5.6.3 Qui est chrétien ? Quand l’est-on ? Le croyant n’est-il pas chrétien déjà avant son baptême ? Selon le cœur, oui ! Selon sa position en Christ, oui ! Mais selon sa position dans le monde, non ! Que ce soit bien clair : Celui qui refuse de se faire baptiser, refuse d’être chrétien. Il ne veut pas être identifié avec un Christ mort, ni avec le christianisme dans lequel on trouve toutes les bénédictions fondées sur la mort de Christ. Pour mieux nous faire comprendre, prenons le cas d’un jeune Juif qui s’est converti et a reçu la paix avec Dieu. Depuis lors il doit endurer une terrible inimitié dans la maison de ses parents. Ils le menacent : S’il se fait baptiser, c’est-à-dire s’il franchit le pas vers le christianisme, ils le déshériteront et le chasseront de la maison. Continuons la supposition : le jeune homme croyant recule de peur à l’idée de se faire baptiser et des conséquences qui s’ensuivront. Est-il sauvé ? Au sens de Marc 16, non ; il refuse de mettre le pied sur le terrain de la profession chrétienne, aussi compréhensibles qu’en soient les raisons. Il refuse d’être vu de l’extérieur comme un chrétien. Aux yeux de Dieu, des anges et des hommes, il est encore en liaison avec le judaïsme qui a conduit Christ à la croix : cela n’est pas le salut. C’est ce qui conduisit l’apôtre Pierre à lancer cet appel aux Juifs convaincus de péchés en Actes 2 : « Sauvez-vous de cette génération perverse » ! (2:40). Il ne dit pas « Sauvez-vous de l’enfer » ni « sauvez-vous de la colère de Dieu », mais « sauvez-vous de cette génération perverse », — de cette nation qui a rejeté Christ. Comment l’ont-ils fait ? Par la foi et par le baptême : « Ceux qui reçurent sa parole, furent baptisés » (2:41). Le jeune homme dont nous avons pris l’exemple ne s’est pas sauvé de cette génération perverse. Bien sûr, si le Seigneur Jésus revenait, il irait avec Lui dans la maison de Son Père comme tous les autres enfants de Dieu. Sur ce plan, il n’y a pas de différence entre celui qui est baptisé et celui qui ne l’est pas. C’est la foi au sang de Christ qui conduit à la justification (Rom. 3:25), non pas le baptême. Mais s’il y a des différences dans le ciel, — et il y en aura quant à la position dans le royaume (*) — elles seront fondées sur les différences de degrés de fidélité qui auront été montrés ici-bas sur la terre (Luc 19:12-27). Refuser de se faire baptiser n’est pas de la fidélité à Celui qui est allé jusqu’à la mort pour nous. (*) (Note tirée de l’ouvrage de l’auteur sur le baptême). — L’une des multiples allusions à ce sujet dans le Nouveau Testament se trouve dans la parabole des mines de Luc 19:11-27. Des différences de fidélité au temps de l’absence du Seigneur sont récompensées par des différences de position dans Son royaume (« aie autorité sur dix villes », « et toi, sois établi sur cinq villes »). On peut encore remarquer que ces différences disparaissent dans la maison du Père : on ne peut pas être plus que des enfants, des enfants de Dieu ! Nous avons appris ceci : Ce n’est pas la même chose d’être chrétien intérieurement et de l’être aussi extérieurement. Au commencement, Nicodème et Joseph d’Arimathée ont été disciples de Jésus en secret par crainte des Juifs ; mais quand leur Sauveur est mort, ils se sont tous deux identifiés publiquement à leur Seigneur mort (Jean 19:38-42). Quelle belle figure de ce que l’on fait quand on se fait baptiser ! 4.5.6.4 Se faire baptiser : un privilège Soulignons que se faire baptiser n’est pas un devoir, ce n’est pas une obligation pénible, mais un privilège précieux. « Qu’est-ce qui m’empêche d’être baptisé » ? demandait fort justement l’eunuque éthiopien devenu croyant (8:36). « Quelqu’un pourrait-il refuser l’eau afin que ceux-ci ne soient pas baptisés » ? demande Pierre lui-même (10:47). Il ne s’agit pas tant d’un commandement de se faire baptiser, mais plutôt d’un commandement de baptiser : « Allez donc et faites disciples toutes les nations, les baptisant pour le nom du Père et du Fils et du Saint Esprit… » (Matt. 28:19). « Et, il [Pierre] commanda qu’ils fussent baptisés au nom du Seigneur » (Actes 10:48). Mais la soumission à l’institution du baptême établi par le Seigneur est évidemment aussi de l’obéissance. Note Bibliquest : il est significatif que le cas de celui qui a cru intérieurement et qui refuse de confesser le Seigneur extérieurement par le baptême n’est pas explicitement mentionné en Marc 16. Voir aussi Romains 10:9: « si tu confesses de ta bouche… ». La Parole ne veut pas reconnaître cet état intermédiaire comme un état « ayant droit d’existence ». — Par ailleurs, s’il y a refus d’être vu comme chrétien (refus du baptême), on peut à bon droit mettre en doute qu’il y ait une foi réelle (voir plus haut). 4.5.7 La demande d’une bonne conscience Ce que nous avons appris jusqu’ici, rendra beaucoup plus facile la compréhension du passage de 1 Pierre 3 : « …quand la patience de Dieu attendait dans les jours de Noé, tandis que l’arche se construisait, dans laquelle un petit nombre, savoir huit personnes, furent sauvées à travers l’eau ; or cet antitype vous sauve aussi maintenant, [c’est-à-dire] le baptême, (non le dépouillement de la saleté de la chair, mais la demande à Dieu d’une bonne conscience), par la résurrection de Jésus Christ » (1 Pierre 3:20, 21). 4.5.7.1 Noé sauvé à travers l’eau : une figure du baptême Le baptême chrétien a son image dans un épisode de l’Ancien Testament, le salut de Noé et de sa famille aux jours du déluge ; autrement dit, la même chose nous est montrée, mais en figure (le salut de Noé est le type, la figure ; le baptême est l’« antitype », ou « contre-figure »). Cela va nous aider beaucoup à comprendre. Noé a été sauvé « à travers l’eau ». On peut le comprendre de deux manières distinctes, selon les deux sens possibles de la préposition grecque « dia » avec le génitif, qui sont « à travers » et « par le moyen de ». Dans ce deuxième sens dia désigne le moyen utilisé, ou l’instrument. Je crois que c’est ce deuxième sens qui est utilisé dans le passage que nous avons devant nous. Certes Noé a bien aussi été sauvé « à travers » l’eau du déluge, mais il apparaît que le Saint Esprit a voulu montrer ici « par quel moyen » Noé a été sauvé — par le moyen de l’eau. Cette même eau par laquelle le monde ancien et corrompu a été englouti, a été, dans la main de Dieu, le moyen par lequel Noé dans l’arche a été amené sur une terre nouvelle, purifiée par le jugement — c'est-à-dire a été sauvé. Ici en 1 Pierre 3, nous avons de nouveau ce changement complet de position, décrit par les mots « sauve » ou « sauvé » ou « salut ». Or le baptême montre en figure le même salut. Si nous nous souvenons encore une fois de quoi nous parle l’eau du baptême — de la mort de Christ comme jugement de Dieu sur le péché — combien ces deux images sont expressives. On voit la mort de Christ qui, dans la main de Dieu, est le moyen ou la raison pour lesquels Dieu jugera un jour le monde impie, et d’autre part cette même mort de Christ est dans Sa main le moyen par lequel ceux qui « sont dans l’arche » — c’est-à-dire ceux qui ont accepté Christ par la foi comme Sauveur — sont amenés par Lui dans une nouvelle place sur laquelle le jugement divin s’est déjà exécuté. Cette place nouvelle, purifiée par le jugement, est un domaine sur la terre où Dieu peut habiter et gouverner, — c’est la maison de Dieu, (appendice C) ou nous pouvons aussi dire : le royaume des cieux (appendice D). 4.5.7.2 La maison de Dieu sur la terre, la chrétienté, comme place nouvelle du baptisé Ce n’est que sur la base de l’œuvre rédemptrice de Christ que Dieu peut habiter parmi des hommes pécheurs par nature. À la croix de Golgotha, Dieu a parfaitement montré ce qu’Il pense du péché, car « ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, il a condamné le péché dans la chair » (Rom. 8:3). Là, à cette croix, Christ a souffert pour les péchés, « le juste pour les injustes, afin qu’il nous amenât à Dieu » (1 Pierre 3:18). C’est encore à cette croix que « le châtiment de notre paix a été sur Lui » et que Dieu a fait tomber sur Lui l’iniquité de nous tous (Ésaïe 53:5-6) Aujourd’hui donc, partout où des gens font profession de foi en l’œuvre de Son Fils, ils se trouvent sur le terrain d’une rédemption accomplie, d’un jugement exécuté ; et Dieu peut habiter avec eux, et même ils forment eux-mêmes l’habitation de Dieu sur la terre, une maison spirituelle (1 Pierre 2:5). Je vais maintenant aborder le fait que la maison de Dieu au sens large embrasse toute la profession chrétienne. C’est à ce domaine que se rapporte le baptême. C’est dans cette mesure aussi que cet antitype [ou contre-image], le baptême, nous sauve (1 Pierre 3:21) : il nous introduit dans ce domaine de la bénédiction divine sur la terre. Cela présuppose naturellement que nous avons passé par la foi à travers ce dont le baptême nous parle en type. Autrement on ne pourrait pas parler de salut. Il faut bien insister là-dessus. La simple profession d’être à une place juste n’a jamais été le salut. « Celui qui aura cru et aura été baptisé sera sauvé » : ce sont les propres paroles du Seigneur Jésus. Mais il faut aussi tenir fermement au point suivant : Quand nous sommes baptisés, nous sommes, devant Dieu, sur le fondement de la mort (et de la résurrection) de Christ, et alors Il nous reçoit dans Sa maison pour nous instruire des choses divines. En ce sens, la maison de Dieu, est la même chose que la chrétienté ; Pierre nous en parle au chapitre 4 v. 17. Malheureusement, ce domaine confié à la responsabilité de l’homme a aussi été gâté ; Dieu doit exercer son jugement sur lui. Mais tant que Dieu ne l’a pas définitivement jugé et mis de côté, ce domaine n’en reste pas moins l’habitation de Dieu, l’habitation du Saint Esprit. Je reviendrai là-dessus plus loin. 4.5.7.3 Le désir d’une bonne conscience — Le lien avec la résurrection Le baptême n’est pas non plus un signe de ce que nous possédons déjà. On le dit souvent, mais l’Écriture parle autrement. Le baptême est beaucoup plutôt un signe de ce que nous recevons et de ce que nous désirons. Le baptême sauve — mais dans le sens qui a été explicité — et, dans le baptême nous désirons une bonne conscience, mais nous ne l’avons pas encore. Rien de surnaturel ni rien de mystique ne se rattache à l’eau du baptême, et comme telle, elle ne peut pas nous purifier de la souillure de la chair (*). Mais l’eau a une signification profonde, symbolique, et parle de la mort de Christ. Celui qui se fait baptiser accepte la mort. À la suite de cela, et comme Noé autrefois, le croyant passe de l’autre côté de la mort et du jugement. Le baptême en lui-même, est un ensevelissement, qui a lieu pour la mort de Christ. Nous comprenons qu’en soi, le baptême ne peut pas sauver, parce que, comme figure, il ne va pas plus loin que la mort. Mais Christ n’est pas resté dans la mort. Il est ressuscité. Son œuvre a été acceptée par Dieu. (*) Pierre utilise le terme chair d’une autre manière que Paul. Paul entend par là, le principe du mal que l’homme porte en lui comme descendant d’Adam déchu : c’est le péché comme nature corrompue, devenue étrangère à Dieu. Pierre utilise au contraire le mot chair dans le sens de notre vie ici-bas dans un corps humain. C’est pourquoi le baptême et la demande d’une bonne conscience sont ici en relation avec la résurrection de Christ. Quand par la foi nous nous identifions avec la mort de Christ — ce dont notre baptême est un symbole — alors la résurrection de Christ nous donne une bonne conscience. Nous comprenons alors que, par notre identification avec la mort de Christ, nous avons perdu notre ancien état (« le péché ») et nos anciennes relations (« le monde »), et que par notre identification avec Christ ressuscité, nous sommes introduits dans un nouvel état (la « nouveauté de vie », Rom. 6:4) et dans un nouveau domaine (« la maison de Dieu »). Quelle grâce immense que Dieu nous voie identifiés à la fois avec Christ mort et avec Christ ressuscité ! Et si Dieu le voit ainsi, la foi peut aussi le voir ainsi. Mais c’est plutôt le côté que nous avons dans l’épître aux Romains, et encore plus dans celle aux Colossiens : « étant ensevelis avec lui dans le baptême, en qui [c’est ainsi qu’il faut lire, « qui » se rapportant à Christ et non pas au baptême (*)] aussi vous avez été ressuscités, ensemble, par la foi en l’opération de Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts » (Col. 2:12). (*) (Note tirée de l’ouvrage de l’auteur sur le baptême). — D’un point de vue purement grammatical, on peut aussi bien traduire « en qui » ou « dans lequel », et ces expressions peuvent avoir pour antécédent aussi bien Christ que le baptême. Mais il faut donner la préférence au premier. En effet, d’une part l’image du baptême ne va pas au-delà de l’immersion, et secondement nous avons la même construction grammaticale qu’au verset précédent. Après que le v. 10 ait parlé de Christ comme chef de toute principauté et autorité, l’écrivain sacré se réfère à Lui au v. 11 pour dire : « en qui aussi vous avez été circoncis ». Et après avoir parlé à la fin du v. 12 de la circoncision du Christ, et avoir dit que les croyants sont ensevelis avec Lui dans le baptême, il se réfère de nouveau à Lui et continue en disant « dans lequel [ou : en qui] aussi vous avez été ressuscité ensemble ». Le chrétien croyant est quant à sa position mort avec Christ et enseveli avec Lui dans le tombeau. Il a laissé là ce qui est selon sa nature déchue. Or voilà déjà un privilège immense, que de savoir que Dieu voit les choses ainsi. Mais Christ n’est pas resté dans le tombeau, Dieu L’a ressuscité, et Lui a donné une position entièrement nouvelle. Nous pouvons aussi partager avec Lui ce côté des choses (qui va cependant déjà au-delà de la signification du baptême). Quel changement béni de position nous voyons au v. 12 : enseveli avec Lui — ressuscité ensemble avec Lui ! Cela ne signifie rien moins que ceci : Nous sommes maintenant établis en Lui dans un monde nouveau, le monde de la résurrection de Christ. Répétons-le : Quel changement béni de position ! Au verset suivant, on a encore un changement d’état : morts / vivifiés ensemble avec Lui. 4.5.7.4 Vous êtes sauvés (Pierre), distinct de nous (Paul) Revenons donc encore un peu à 1 Pierre 3. Pierre se sert d’une tournure de phrase qui est en contraste frappant avec ce que Paul exprime. Pierre dit : « Or cet antitype [ou : contre-type] vous sauve aussi maintenant, c’est-à-dire le baptême », tandis que Paul en Rom. 6:3 dit : « nous tous, qui avons été baptisés pour le Christ Jésus », et au verset 4 « nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême pour la mort ». Paul s’inclut lui-même tout à fait quand il s’agit d’être baptisé. Effectivement c’est un disciple « ordinaire », Ananias, qui l’a baptisé, et il a été ajouté de manière normale à la maison de Dieu aussi bien qu’au royaume des cieux (9:18). En contraste avec tout cela, Pierre n’est jamais passé par le baptême chrétien, et c’est pourquoi il dit : « vous ». Qui aurait bien pu le baptiser ? Je reviens ainsi sur ce que j’ai dit plus haut à propos du baptême messianique selon Jean 4 par les douze apôtres. Du fait qu’ils formaient eux-mêmes le « noyau » du corps des disciples du Messie séjournant sur la terre, ils avaient le devoir d’introduire d’autres personnes dans ce même domaine. Par quel moyen ? par le baptême pour le Messie. Dans ce que nous considérons, nous en sommes maintenant à la période de temps postérieure à l’effusion du Saint Esprit ; et les 120 à la Pentecôte (1:15 et 2:1) formaient ce « noyau », non pas seulement de l’Assemblée de Dieu, mais aussi du corps des disciples du Seigneur glorifié. Qui aurait dû les baptiser ? Qui aurait dû les introduire dans ce nouveau domaine ? C’est eux qui le formaient ! Et de plus Pierre occupait parmi eux une place à part. C’est à lui que le Seigneur avait confié les clés du royaume des cieux. C’est avec elles qu’il devait ouvrir (*) ce royaume, d’abord aux croyants d’entre les Juifs. Et c’est justement ce qu’il s’apprêtait à faire, en répondant aux Juifs qui lui demandaient ce que eux devaient faire (2:38) ; « Repentez-vous, et que chacun soit baptisé au nom de Jésus Christ, en rémission des péchés ». (*) (Note tirée de l’ouvrage de l’auteur sur le baptême). — Des clefs ne servent pas à gouverner, mais à ouvrir. Le Seigneur se sert en Matt. 16:19 de ce langage symbolique pour montrer qu’Il voulait utiliser Pierre pour accorder d’abord aux Juifs et ensuite aux nations, l’entrée formelle dans cette nouvelle dispensation, cette nouvelle époque sur la terre qui allait commencer lors de Son ascension, — le royaume des cieux. Dans le livre des Actes, cela nous est présenté historiquement. Au ch. 2, Pierre ouvre le royaume aux croyants d’entre les Juifs, et au ch. 10 aux croyants d’entre les nations. Dans les deux cas il est en outre expressément mentionné que ces croyants furent baptisés (2:41 ; 10:48). 4.5.8 Le Baptême en rémission des péchés Note Bibliquest : « pardon » des péchés et « rémission » des péchés correspondent au même mot original (également un seul et même mot en allemand). 4.5.8.1 La signification du baptême « en rémission des péchés » — Actes 2:38 Cela nous amène à la question importante de ce que signifie le baptême en rémission de vos péchés [vos : traduction de Actes 2:38 selon la version allemande Elberfeld CSV, et selon Carrez]. Nous avons déjà vu un point décisif à propos du baptême de Jean qui était aussi en rémission des péchés. Partant de là, remarquons d’abord que la Parole de Dieu ne dit pas : « Que chacun de vous soit baptisé et vous recevrez la rémission des péchés ». Au contraire, elle dit : « Soyez baptisés en vue de », ce qui est tout à fait différent. Par le baptême ils devaient se placer, consciemment et publiquement, du côté de Celui qu’ils avaient jusqu’ici rejeté. Ce que leur dit Pierre revient pratiquement à ceci : « Devenez Ses disciples, devenez chrétiens ! Entrez dans le domaine du christianisme, où on trouve et administre la bénédiction de la rémission des péchés ». Attention : Sur la base du sang de Christ, Dieu a établi dans le christianisme un système sur la terre qui est lié à deux dispositions ou prescriptions de caractère visible : le baptême et la cène. L’un et l’autre ont trait à la mort de Christ. La cène en est le souvenir continuel. Nous nous occuperons de cela dans la dernière partie de notre chapitre. Mais le baptême, pour ce dont il s’agit ici, assure l’entrée dans ce domaine ou système de Dieu sur la terre ; nous l’avons déjà vu. Dans ce système, toutes les bénédictions du christianisme sont connues et administrées dans la puissance du Saint Esprit, c’est à dire qu’elles sont annoncées par ceux qui y ont part. Et la première de ces bénédictions, celle dont les gens ont besoin en premier lieu, c’est la rémission des péchés. Nous avons déjà rappelé la mission du Seigneur en Luc 24:47 de « prêcher la repentance et la rémission des péchés en son nom ». C’est sur cette mission du Seigneur ressuscité que se fonde tout ce que les apôtres ont prêché dans le livre des Actes, que ce soit Pierre ou Paul. On ne peut pas trouver cette bénédiction hors du christianisme. Quelqu'un qui est et reste Juif ou Mahométan, ne peut jamais entrer en jouissance du pardon des péchés. C’est pour cela que Pierre dit aux Juifs déjà croyants : « Soyez baptisés, franchissez cette porte par laquelle on devient chrétien, et vous trouverez dans le christianisme ce dont vous avez besoin : le pardon [ou : rémission] des péchés ». Il est indiscutable que c’est Dieu seul qui peut pardonner les péchés pour l’éternité, mais ce n’est pas là la question. Ce dont il s’agit, c’est que cette bénédiction (comme aussi toutes les autres bénédictions chrétiennes), quant à la jouissance qu’en ont les hommes, elle est administrée extérieurement sur la terre par des hommes qui sont « dedans ». Cette administration se réalise avant tout par la prédication. 4.5.8.2 Le pardon administratif des péchés Il y a donc un pardon des péchés qu’on peut appeler à juste titre le pardon administratif des péchés (*). C’est ce dont il s’agit dans notre passage de Actes 2:38. En Jean 20:23, le Seigneur Jésus parle également du pardon des péchés sous cet aspect : « À quiconque vous remettrez les péchés, ils seront remis, et à quiconque vous les retiendrez, ils seront retenus ». L’administration de la vérité du pardon des péchés a été confiée aux disciples. Quelle serait la limite qu’ils ne dépasseraient pas comme prédicateurs, ils ne le savaient pas. Sérieuse pensée pour nous aussi aujourd’hui ! (*) (Note tirée de l’ouvrage de l’auteur sur le baptême). — Sur ce mot « administratif ». Ce n’est pas du tout le seul endroit du Nouveau Testament où l’on trouve la pensée que des vérités divines sont administrées sur la terre par des hommes. L’apôtre Paul était administrateur du mystère de Christ et de l’assemblée (Éph. 3:8,9 ; Col. 1:25-27). En 1 Cor. 4:1, il dit : « Que tout homme pense ainsi à notre égard, — qu’il nous tienne pour des serviteurs de Christ et pour administrateurs des mystères de Dieu ». Pierre encourage les croyants à être les uns pour les autres de bons dispensateurs [litt.: administrateurs] de la grâce variée de Dieu. Dans la parabole des talents nous trouvons aussi cette pensée. Le Seigneur confie Ses biens à Ses esclaves, « à chacun selon sa propre capacité » (Matt. 25:14 et suiv.). Pendant le temps de Son absence, ils devaient les « faire valoir », c’est-à-dire agir de manière à ce qu’ils se multiplient. Or la vérité précieuse de la rémission des péchés en Son nom fait partie de ces biens du Maître. C’est la première chose dont le pécheur a besoin. Ce même côté de la vérité se retrouve dans l’appel d’Ananias adressé à Saul de Tarse qui possédait déjà la vie de Dieu sans être encore baptisé : « et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi et sois baptisé, et te lave de tes péchés, invoquant son nom » (22:16). « Lave-toi de tes péchés » est bien sûr une expression imagée, mais quant à ce qu’il professait, Saül n’était pas encore parvenu à cette place sur la terre où la vérité du pardon des péchés est connue et administrée. Il n’était pas encore sur le terrain du christianisme, et dans cette mesure il n’avait pas encore une bonne conscience devant Dieu. « Invoquer son nom » est là une autre manière intéressante d’exprimer le « désir d’une bonne conscience » de 1 Pierre 3:21, qui pourrait aussi être traduit par « l’invocation de Dieu pour avoir une bonne conscience ». Le lecteur demandera peut-être : « mais n’est-il pas possible de croire au Seigneur Jésus et à Son œuvre et d’avoir par là la rémission de mes péchés, avant d’être baptisé » ? Certainement, c’est possible. La rémission des péchés en rapport avec l’éternité ne dépend pas du tout du fait d’être baptisé. Mais en ce qui concerne ta position sur la terre, tu n’es pas encore sauvé, et tes péchés ne sont pas encore lavés. Tu es encore lié au système de ce monde impie, qui rejette Christ ; tu n’as pas encore franchi le pas publiquement, selon l’art et la manière montrés par Dieu, pour te mettre du côté du Rejeté et du Crucifié, et tu n’es pas ainsi entré dans le domaine divin sur la terre, le seul domaine où l’on trouve la rémission des péchés comme première nécessité pour le pécheur. C’est ainsi que Dieu voit les choses, c’est ainsi que les anges le comprennent, et les hommes aussi en un certain sens : extérieurement, tu n’es pas encore chrétien. Il nous faut apprendre simplement à faire la différence entre notre position en Christ comme saints et bien-aimés, et notre position sur la terre comme disciples ; entre, le pardon éternel des péchés, et l’administration de cette vérité sur la terre. J’ai déjà bien montré que le baptême ne touche en aucune manière la question de la vie éternelle. 4.5.9 Le baptême d’inconvertis 4.5.9.1 Question de sa validité Qu’arrive-t-il si quelqu’un qui n’est pas né de nouveau est baptisé ? Le changement de position s’effectue aussi pour lui, mais ce n’est qu’un changement extérieur sans réalité intérieure, un changement qui ne fait qu’accroître sa responsabilité. L’Écriture Sainte nous en donne même un exemple. Simon, le magicien n’était manifestement pas né de nouveau, pourtant Philippe l’avait baptisé (8:13). Il est bien dit de lui qu’il avait cru, mais la suite du récit montre qu’il ne s’agissait pas d’une foi vivante au Seigneur Jésus, mais seulement d’une conviction extérieure que la puissance de Dieu était en Philippe. Simon n’avait jamais reçu la rémission des péchés, et pourtant, il avait été baptisé en rémission des péchés ! Quand il y a la repentance et la foi dans une âme, alors elle reçoit la bénédiction administrée sur la terre. Si la repentance et la foi manquent, la bénédiction manque aussi. Combien c’est sérieux ! Cela ne nous rappelle-t-il pas les paroles du Seigneur en Marc 16 : « celui qui n’aura pas cru sera condamné » ? Il est bouleversant que dans la chrétienté, il y ait tant de personnes non converties qui soient baptisées. Or ces personnes aussi, ont été baptisées en rémission des péchés. Que ces personnes l’aient compris ou non, que ceux qui les ont baptisées l’aient compris ou non, tout cela ne joue aucun rôle. Simon ne l’avait bien sûr pas compris. Ces gens sont entrés par la porte dans la profession chrétienne, ils sont devenus extérieurement chrétiens, sans l’être intérieurement. Ils sont venus dans le domaine des bénédictions chrétiennes, mais celles-ci ne peuvent les atteindre, parce qu’ils n’ont pas cru véritablement. C’est une situation extrêmement sérieuse. Non seulement ils ne reçoivent pas les bénédictions chrétiennes, mais encore le Seigneur Jésus les jugera comme chrétiens professants selon leur responsabilité considérablement accrue. Ils recevront une sentence plus sévère que des païens qui n’ont jamais entendu parler de Lui. Quelqu’un demandera peut-être : « Mais la plupart d’entre eux ont été baptisés lorsqu’ils étaient des petits enfants ? Ce baptême a-t-il une validité quelconque ? Au fond, est-ce seulement un baptême chrétien » ? Commençons par la dernière question : Oui, c’est le baptême chrétien. Ils ont été baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Ce point est déterminant. Ils peuvent ne pas avoir été baptisés d’une manière scripturaire ; peut-être n’ont-ils été qu’aspergés de quelques gouttes d’eau ; mais il n’empêche que, par là, une profession de christianisme a été rendu publiquement, et qu’ils ont été faits extérieurement chrétiens. Qui pourrait le leur contester ? Dieu, en tout cas, ne le fait pas. Quand le méchant esclave de Matt. 24 professe que le maître de la maison est « son maître » (v. 48), le Seigneur ne lui dit pas « Je ne suis pas ton maître ». Non, Il le traite sur le terrain sur lequel Il s’est placé. Voilà les paroles du Seigneur Jésus : « le maître de cet esclave-là viendra en un jour qu’il n’attend pas… et il le coupera en deux et lui donnera sa part avec les hypocrites : là seront les pleurs et les grincements de dents » (Matt. 24:50-51). Le Seigneur jugera la chrétienté à Son tribunal selon ce qu’elle aura professé. Les lettres à Sardes et à Laodicée soulignent cette pensée solennelle. J’admets que nous sommes un peu familiers avec le contenu des sept lettres d’Apocalypse 2 et 3 et que nous connaissons leur portée prophétique. En ce sens la lettre à Sardes nous montre l’état du protestantisme après le temps de la Réformation, et la lettre à Laodicée nous montre l’état de la chrétienté dans sa dernière phase, avant d’être vomie de la bouche du Seigneur. Dans les deux cas, la masse est spirituellement morte. Le Seigneur dit à Sardes : « Je connais tes œuvres que tu as le nom de vivre, et tu es mort » (Apoc. 3:1). Ils professent justement avoir la vie par le baptême. C’est évidemment une erreur fâcheuse, mais c’est ce qu’ils professent. La conséquence en est que le Seigneur les traite selon leur profession et il dit : « Je viendrai sur toi comme un voleur » (Apoc. 3:3). En ce qui concerne Laodicée, le Seigneur dépeint dans la lettre qu’Il leur envoie, l’état du témoignage chrétien aux derniers jours : prétentieux, ni froid ni chaud, malheureux, misérable pauvre, aveugle et nu (Apoc. 3:17). Tel est aujourd’hui l’état de la grande masse de ceux qui font profession de christianisme. Le Seigneur leur conseille d’acheter de Lui de l’or (la justice divine ; 1 Cor. 1:30), des vêtements blancs (la justice pratique ; Apoc. 19:8) et du collyre pour oindre les yeux (l’onction du Saint Esprit ; 1 Jean 2:20). Mais Il sait que trop bien que la grande majorité ne donnera pas suite à cet appel. Comme ils ne montrent ni la froideur d’une inimitié ouverte, ni la chaleur d’une affection vraie, mais seulement la tiédeur de l’indifférence, de l’insensibilité à Ses intérêts, alors Il va les vomir de Sa bouche comme quelque chose de dégoûtant (Apoc. 3:16). Le Seigneur les compte bien tous comme des témoignages chrétiens, parce qu’ils ont tous été baptisés du baptême chrétien, mais c’est justement la raison pour laquelle il les traite selon leur responsabilité multipliée : Il les juge comme des chrétiens professants. Non le Seigneur ne méconnaît aucunement le changement extérieur de position qui a été la part de ceux qui ont été baptisés comme enfants. Nous ne devons pas le faire non plus. (*) (*) Cette reconnaissance de principe de ce baptême d’enfants n’en est pas une préconisation ou une approbation. — Il ne faut pas non plus la confondre avec une reconnaissance des systèmes chrétiens qui ont cette pratique. En pratique, bien des gens ont été baptisés au mauvais moment, ou dans un mauvais état (inconvertis) ou d’une mauvaise manière (aspersion), mais néanmoins, ils font partie par-là de la chrétienté. S’il n’en était pas ainsi, il n’y aurait presque pas de chrétienté. Nous en avons vu l’exemple avec Sardes et Laodicée. Et si, devenu adulte, le baptisé ne rétracte pas expressément son baptême, il est et demeure extérieurement un chrétien. Que Dieu veuille que beaucoup de chrétiens baptisés trouvent en vérité le Sauveur, et la rémission des péchés en Lui, et la paix avec Dieu ! Sinon c’est un sort effrayant qui les attend. 4.5.9.2 Faut-il rebaptiser ? La réponse à la précédente question posée jette de la lumière sur la seconde : « Que faire, si quelqu’un, baptisé enfant, vient à la foi au Seigneur Jésus ? Doit-il se faire rebaptiser, si l’Écriture enseigne le baptême des croyants » ? Sans aucun doute, l’ordre selon l’Écriture sainte est : la foi – le baptême. Nous le voyons dans la parole du Seigneur (Marc 16) et dans la pratique des premiers chrétiens dans le livre des Actes. Si par la confusion de la chrétienté, le baptême a été fait par anticipation, alors je ne crois pas que le répéter corresponde à la pensée du Seigneur. Le répéter reviendrait, de notre côté, à un mépris de cette institution du Seigneur, car nous ne reconnaîtrions pas le changement de position que Lui a pourtant tout à fait reconnu, au point même de traiter en conséquence la personne concernée. En outre que pourrions-nous faire de plus à quelqu’un qui a été baptisé enfant ? Il est déjà dans la profession chrétienne. Une répétition du baptême ne pourrait pas réellement l’y introduire, car il y est déjà. Cependant je ne voudrais pas dominer sur la conscience des individus, ni trop exiger de leur mesure de foi. Si selon sa compréhension des choses, quelqu’un estimerait absolument indispensable de se faire rebaptiser une fois devenu croyant, je lui accorderais son désir. Mais que Dieu nous garde d’élever le re-baptême au niveau d’une exigence ! En général, dans la question du baptême, nous avons besoin de beaucoup de grâce et de sagesse, pour ne pas contribuer à éloigner encore plus les cœurs des croyants les uns des autres. Il n’est certes pas question de dire que l’enseignement de l’Écriture sur le baptême n’a pas d’importance : c’est impossible. Mais n’en faisons pas un motif de séparation entre vrais enfants de Dieu. 4.5.10 Le baptême en Matthieu 28 En comparant la mission confiée par le Seigneur à ses disciples à la fin de l’évangile selon Matthieu avec celle de Marc 16, nous sommes frappés par le fait que la teneur et l’ordre des instructions particulières sont très différents. Commençons par Marc 16. 1. Allez dans tout le monde 2. Prêchez l’évangile à toute la création Et alors, celui qui 3. aura cru et qui 4. aura été baptisé, sera sauvé (Marc 16:15-16). On a là manifestement la suite des étapes chrétiennes : prêcher — croire — baptiser. Il est indiscutable que le baptême dont il s’agit ici, est bien le baptême chrétien. En Matt. 28, le Seigneur Jésus donne un autre ordre de chose 1. Allez donc, 2. Faites disciples toutes les nations 3. Les baptisant pour le nom du Père, du Fils et du Saint Esprit 4. Leur enseignant à garder toutes les choses que je vous ai commandées. La suite des étapes est claire et simple : aller — faire disciples. Faire des disciples aurait lieu par le moyen du baptême et de l’enseignement, comme nous l’avons vu. En outre cette mission est expressément limitée à toutes les nations, tandis qu’en Marc 16 le Seigneur parle du monde entier et de toute la création. Matt. 28 ne parle pas de repentance, ni de croire, ni même d’être sauvé. Bien plutôt, le Seigneur parle seulement de ce qu’ils devaient faire disciples toutes les nations en les baptisant et les enseignant. De ces remarques, on peut tirer la conclusion que la pleine signification de la mission de baptiser en Matt. 28 concerne une tâche qui sera effectuée par le résidu Juif à l’égard des nations après la fin du temps de la grâce. Il s’agit manifestement du baptême messianique qui aura lieu avant et pendant le règne de paix de mille ans de Christ sur la terre. Cette mission s’accompagnera d’un travail d’enseignement dont le contenu sera ce que le Seigneur a commandé à ses disciples — spécialement dans le sermon sur la montagne (Matt. 5 à 7) : « leur enseignant à garder toutes les choses que je vous ai commandées » (Matt. 28:20). En contraste avec cela, le baptême chrétien concerne autant les Juifs que les nations. Par le baptême, ils perdent tous les deux leur position religieuse antérieure : ils sont introduits dans la mort de Christ, et par là dans la profession chrétienne. Le Juif cesse d’être un Juif, et le musulman cesse d’être un musulman. 4.5.11 La formule prononcée au baptême Encore une remarque concernant les paroles à utiliser lorsqu’on baptise. Dans le livre des Actes, il est dit à plusieurs reprises que des gens ont été baptisés pour le nom ou au nom du Seigneur Jésus Christ. Beaucoup en ont conclu que l’instruction du Seigneur en Matt. 28 de baptiser « au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit » était un enseignement périmé pour nous. D’autres replaçant — à juste titre comme nous l’avons vu — les paroles de Matt. 28 dans le cadre de la mission juive pour les derniers jours, en ont déduit que la formule baptismale de Matt. 28 n’était pas appropriée pour le baptême chrétien. Je voudrais répliquer ceci : on ne voit pas pourquoi les deux manières de baptiser ne pourraient pas être reliées l’une à l’autre. Il y a deux raisons à cela. D’abord les différents passages des Actes ne donnent pas directement de formule pour le baptême. Le Saint Esprit montre beaucoup plutôt, à l’occasion de baptêmes effectifs, pour qui (pour le nom de), par quelle puissance (au nom de), ou sur quelle base les baptêmes avaient lieu. Cette dernière expression (sur quelle base) est d’ailleurs celle d’Actes 2:38 « que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ », littéralement « sur la base du nom de Jésus Christ ». Une deuxième considération est que Dieu s’est pleinement révélé dans le christianisme, en tant que Dieu le Père, Dieu le Fils, et Dieu le Saint Esprit. Si donc pendant le règne millénaire, de manière correspondant à cette pleine révélation, on baptisera au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, pourquoi ne le ferait-on pas déjà maintenant dans le christianisme ? En outre les paroles du Seigneur Jésus en Matt. 28 donnent la seule « formule baptismale » certaine qu’on ait pour le baptême. Pourquoi ne pas l’utiliser ? Je crois donc qu’il est convenable aujourd’hui de lier les deux, et de baptiser « au nom du Seigneur Jésus » et « pour le nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ». Personnellement j’ajoute encore volontiers « pour la mort du Seigneur Jésus » (Rom. 6:3-4). 4.5.12 Le baptême n’est pas une affaire d’Assemblée (ou Église) Puis-je montrer encore avec quoi le baptême n’a rien à voir ? · Il ne mène pas à la vie éternelle, il n’en est jamais une figure. · Il ne donne aucun pardon ou rémission des péchés, il n’est administré qu’en vue de cette rémission. · Il ne change pas ma position vis-à-vis du ciel ni de l’éternité ; il ne change ma position que vis-à-vis de la terre et pour le temps présent. Ajoutons encore un autre point important : · Le baptême n’est pas une affaire de l’assemblée de Dieu, mais une affaire personnelle entre le baptiseur et le baptisé. Contrairement à l’admission à la fraction du pain, ce n’est ni le devoir ni l’affaire de l’assemblée locale de baptiser quelqu’un et par-là de l’accueillir respectivement dans le royaume des cieux et dans la maison de Dieu sur la terre. C’est une pensée foncièrement erronée d’estimer que le baptême introduit dans l’Assemblée comme corps de Christ. C’est bien plutôt le sceau du Saint Esprit qui l’opère. Paul était serviteur de l’assemblée (Col. 1:24-25), mais Christ ne l’avait pas envoyé baptiser (1 Cor. 1:17). La confusion ou l’amalgame du royaume de Dieu et de l’Assemblée de Dieu a eu des effets tout à fait désastreux. Au commencement les deux ont pu se recouvrir (les mêmes disciples constituaient l’un et l’autre), mais, tout simplement, ils n’ont pas la même signification. Celui qui saisit cette différence, comprendra aisément que le baptême ne donne aucun droit à participer à la table du Seigneur, même si aucun non-baptisé ne doit y participer. Simon le magicien était baptisé, mais n’avait aucun droit à participer à la table du Seigneur ; il n’était pas un enfant de Dieu croyant. Non l’assemblée ne baptise pas ; c’est seulement un serviteur du Seigneur particulier qui le fait. Nous voyons cela partout dans les Actes. Pierre a baptisé, Philippe a baptisé, Ananias a baptisé, Philippe a baptisé l’eunuque qui venait juste de devenir croyant au Seigneur Jésus. Il n’a pris conseil de personne, il ne le pouvait même pas. Il n’a pas non plus commencé par demander à l’assemblée ni aux apôtres à Jérusalem si c’était permis. Il est simplement dit : « Philippe le baptisa » (8:38). Un « simple » disciple, Ananias, a baptisé celui qui allait devenir l’apôtre des nations. Et il n’y avait que trois jours qu’il était venu à une foi vivante en Jésus de Nazareth glorifié. Ces deux circonstances montrent aussi que le baptême se situe au commencement du chemin chrétien. C’est pourquoi on ne devrait pas réclamer toutes les vertus possibles, morales et spirituelles, des candidats au baptême. Cependant, que le baptême soit effectué chaque fois que cela est possible, en relation avec l’assemblée locale, c’est une toute autre chose, qu’on ne peut qu’approuver. Qu’il est beau et convenable que les frères et sœurs de l’assemblée locale soient présents comme témoins ! Justement à cause des temps de faiblesse et de confusion où nous sommes, le serviteur du Seigneur saura se garder de faire cavalier seul, sûr de lui-même. En outre, l’administration du baptême dans la sphère privée d’une maison suffit tout à fait, et devant Dieu, elle porte tout à fait le caractère public : cela ressort des exemples de la marchande de pourpre et du geôlier de Philippe (16:15, 33). Des fêtes de baptême organisées en grand, avec des cérémonies festives et des vêtements de baptême, tout cela était étranger aux chrétiens du temps de l’apôtre. On ne peut être trop simple dans toutes ces choses. 4.5.13 Le baptême pour les morts En terminant le thème du baptême, je voudrais encore parler du verset de 1 Cor. 15:29 que beaucoup trouvent difficile à comprendre, mais qui souligne la signification simple du baptême. « Autrement que feront ceux qui sont baptisés pour les morts, si les morts ne ressuscitent absolument pas ? Pourquoi aussi sont-ils baptisés pour eux ? » (1 Cor. 15:29) Que signifie « être baptisé pour les morts » ? Certains commentateurs ont pensé que les croyants de Corinthe étaient tombés dans l’erreur de croire que quand l’un des leurs mourait sans avoir été baptisé, il fallait qu’un autre soit baptisé à sa place, et que Paul voulait contrer cette pensée. Il n’y a pourtant dans les paroles de l’apôtre ni condamnation ni approbation. Si on comprend que les versets 20 à 28 sont une parenthèse, on verra alors que l’apôtre fait la liaison avec le verset 19, et que le verset 18 explique le verset 29, tandis que le verset 19 explique les versets 30 à 32. Il y avait à Corinthe des gens qui niaient la résurrection. L’apôtre argumente donc de la manière suivante : S’il n’y a pas de résurrection des morts, alors « ceux qui se sont endormis en Christ sont perdus… Que feront donc ceux qui sont baptisés pour les morts ? ». C’est comme s’il demandait : qui prendra leur place dans les rangs en bataille, et qui bravera le péril à toute heure comme les soldats à la guerre, si de toute façon les morts ne ressuscitent pas ? Quel sens y avait-il pour Paul d’avoir combattu « contre les bêtes sauvages » à Éphèse si les morts ne ressuscitent pas ? Avec les expressions « braver le péril à toute heure » et « combattre », il fait allusion aux périls encourus par ceux qui, comme des soldats à la guerre, prennent leur place dans les rangs de bataille du Seigneur et qui combattent le combat de la foi. Il n’y a rien de mystique dans les mots « baptisés pour les morts ». Ils signifient simplement que d’autres ont pris la place de ceux qui, entre temps, se sont endormis. Mais ce qui nous intéresse spécialement ici, c’est par quel moyen ont-il pris la place des décédés ? Par le baptême. Cela souligne la signification du baptême telle que nous l’avons vue précédemment. En se faisant baptiser, ils entraient publiquement dans le domaine du christianisme : ils étaient baptisés pour les morts, au sens de : « à la place des » morts. À l’époque, le christianisme n’était point une religion d’état, et il ne s’était pas dégradé pour devenir une forme vide ; on voyait la puissance des ténèbres du paganisme se dresser contre lui. Se faire baptiser signifiait alors, qu’on prenait la place d’un combattant pour la vérité de Dieu, et qu’on assumait tous les dangers qui s’y rattachaient. Avons-nous pensé quelquefois à ce côté des choses, en rapport avec notre baptême ? 4.5.14 Le baptême d’eau n’est pas le baptême du Saint Esprit (Section tirée de l’ouvrage de l’auteur sur le baptême). J’ai déjà indiqué quelques points qui sont sans rapport avec le baptême d’eau. Un point reste encore à ajouter à la liste : · Le baptême d’eau ne doit pas être mélangé ni confondu avec le baptême du Saint Esprit. Il peut arriver, et il arrive (il faut le dire), que des gens sont baptisés d’eau sans avoir passé par la nouvelle naissance. Nous avons déjà vu cette question. Par contre, le privilège d’être baptisé du Saint Esprit (Actes 2:4), et le privilège de recevoir le Saint Esprit (Actes 2:38 ; Romains 8:15) (*), ne sont partagés que par des gens qui possèdent déjà la vie éternelle par la foi au Seigneur Jésus, et qui s’appuient entièrement avec foi sur Son œuvre de propitiation. (*) Je fais ici la différence entre être baptisé du Saint Esprit et recevoir le Saint Esprit. Le baptême du Saint Esprit, au sens strict, ne se rapporte qu’à ce qui a eu lieu au jour de la Pentecôte, c’est-à-dire à la descente du Saint Esprit sur les 120 à Jérusalem. Aujourd’hui nous « recevons » le Saint Esprit, nous sommes « abreuvés » du Saint Esprit (1 Cor. 12:13), nous sommes « scellés » du Saint Esprit (Éph. 1:13). Fondamentalement, il s’agit cependant de la même bénédiction, comme le montrent clairement les passages cités. Nous le voyons tout à fait clairement par l’exemple du centurion romain Corneille en Actes 10. Cet homme pieux était préparé depuis longtemps dans son cœur pour la bonne nouvelle du Seigneur Jésus, mais il n’osait pas la revendiquer pour lui, du fait qu’il faisait partie des nations. Il n’est pas douteux qu’il possédât déjà la vie divine avant d’avoir vu la vision divine. Pensons seulement à ce que Dieu dit de lui ! Il est impossible de « prier Dieu continuellement » et de ne pas avoir la vie divine ! Mais quand il put entendre avec les siens que quiconque croit en Lui reçoit la rémission des péchés par Son nom, le Saint Esprit tomba sur tous ceux qui entendaient la Parole tandis que Pierre prononçait ces paroles (10:43-44 ; 11:15). Manifestement ils entendaient avec foi, selon ce qu’il faut comprendre de ce passage et de plusieurs autres du Nouveau Testament (par exemple Jean 5:25 ; 10:27). Et alors, sur l’ordre de Pierre, ils furent baptisés d’eau : « Quelqu’un pourrait-il refuser l’eau afin que ceux-ci ne soient pas baptisés, eux qui ont reçu l’Esprit Saint comme nous-mêmes ? ». C’est d’ailleurs la suite normale des événements pour nous aujourd’hui, qui faisons aussi partie des nations : d’abord la réception du Saint Esprit, et ensuite le baptême d’eau. La foi au Seigneur Jésus et à Son œuvre est suscitée dans l’homme par l’annonce de la Parole de Dieu dans la puissance de l’Esprit. Si l’Esprit est parvenu à la produire dans l’âme, Il scelle le croyant pour le jour de la rédemption (Éph. 1:13 ; 4:30). Et si les choses se passent normalement, il arrive bientôt un moment où surgit chez le croyant le désir de se mettre désormais aussi extérieurement du côté du Seigneur et Sauveur, et de partager avec Lui la place de rejet. Par le baptême d’eau, on entre extérieurement dans le domaine du christianisme, et on professe être à Christ mort ; cela est certes très important, mais cela ne concerne que notre position sur la terre. Cependant, par le baptême du Saint Esprit, un organisme céleste a été créé à la Pentecôte, il y a 2000 ans : c’est l’Assemblée, le corps de Christ. Quiconque reçoit aujourd’hui le Saint Esprit est lié à ce corps comme un membre vivant : « Car aussi nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit hommes libres ; et nous avons tous été abreuvés pour [l’unité d’]un seul Esprit » (1 Corinthiens 12:13). Cela n’est pas une simple profession extérieure pour la terre, mais c’est une relation intérieure, éternelle et pour le ciel. Or ce qui me réjouit tellement est ceci : Qu’il s’agisse du royaume ou du corps, c’est Christ, et Christ seul, qui donne à l’un comme à l’autre son contenu et son caractère. Que Son Nom soit haut élevé et loué ! 4.6 Variantes dans le don du Saint Esprit Maintenant après cette digression sur la question du baptême, nous revenons au récit des Actes et à la réponse de Pierre à ses frères Juifs au ch. 2. Il leur avait dit, qu’ils devaient se repentir et être baptisés au nom du Seigneur, puis il ajoute encore quelque chose d’important : « et vous recevrez le don du Saint Esprit » (2:38). Nous nous sommes déjà beaucoup occupés dans ce chapitre du privilège élevé du chrétien de posséder le don du Saint Esprit, de sorte que je peux me limiter maintenant à un point important non encore mentionné : la séquence des événements dans le don du Saint Esprit. Car il y a là des différences. Ici, pour les Juifs devenus croyants nous voyons qu’ils ont d’abord été baptisés, ensuite ils ont reçu le Saint Esprit. La même séquence a été vue aussi en Samarie (8:15-16). Par contre en 10:44, les croyants des nations reçoivent d’abord le Saint Esprit et sont ensuite baptisés. Sur quoi se fonde cette différence ? La séquence qu’on voit chez Corneille et sa maison au ch. 10, à savoir d’abord la réception du Saint Esprit et ensuite le baptême d’eau au nom du Seigneur, semble être l’ordre normal pour nous aujourd’hui, qui venons aussi des nations. Ces croyants des nations avaient entendu la parole du salut par Pierre, et ils l’avaient accepté par la foi. La confirmation de leur foi de la part de Dieu ne se fit pas attendre (cf. Gal. 3:2) « le Saint Esprit tomba sur tous ceux qui entendaient la parole ». Qui aurait pu alors leur refuser l’eau pour être baptisés ? Pierre ordonna donc qu’ils soient baptisés au nom du Seigneur. Le privilège leur était accordé, par ce moyen, de se placer publiquement du côté du Seigneur, et d’entrer ainsi dans le domaine de la profession chrétienne. Le cas des croyants issus des Juifs et de la Samarie était différent. Les deux revendiquaient des relations particulières avec le Messie, « qui est appelé le Christ » (Jean 4:25). Les premiers s’étaient rendus particulièrement coupables, parce qu’ils avaient crucifié « ce Jésus » que « Dieu a fait et Seigneur et Christ ». Nous avons vu que le fait d’avoir eu le cœur transpercé [saisi de componction], et leur question « que ferons-nous, frères ? » montraient la foi qui était en eux. Mais avant d’avoir pu être « scellés » du Saint Esprit (Éph. 1:13), ils durent prendre la place de la mort avec Christ par le baptême, et durent se placer publiquement du côté de Celui qu’ils avaient crucifié, et condamner tout ce en quoi ils s’étaient confiés jusque-là. En bref ils devaient rompre avec tout ce qu’est l’homme religieux, avec tout ce qu’est le judaïsme. Mais il y a encore une autre différence remarquable dans la manière dont le Saint Esprit leur a été conféré : je pense à ceci, que le Saint Esprit était donné soit par l’imposition des mains des apôtres comme au ch. 8, soit sans intermédiaire humain comme aux ch. 2 et 10. En principe, on peut dire ceci : Le don du Saint Esprit en relation avec une imposition des mains est l’exception. Quand le Saint Esprit au jour de la Pentecôte est venu sur la terre et a baptisé« en un seul corps » les croyants Juifs, les cent vingt à Jérusalem, il n’est question d’aucune imposition des mains. Il en est de même dans le cas du deuxième grand événement du don du Saint Esprit répandu sur les croyants des nations (10:44-47). Dans ces deux occasions extraordinaires et décisives de la distribution de l’Esprit, nous ne trouvons aucune intervention humaine. Au ch. 8 des Actes, les apôtres Pierre et Jean ont imposé les mains aux croyants en Samarie pour qu’ils reçoivent le Saint Esprit ; au ch. 19, l’apôtre Paul l’a aussi fait avec les douze disciples de Jean le baptiseur ; ce modèle inhabituel de communication de l’Esprit était dû à une raison spéciale : Le Seigneur glorifié honorait et confirmait Ses apôtres sur la terre — dans le premier cas les apôtres juifs, dans le second cas, l’apôtre des nations. En outre, la position de la Samarie avait toujours été marquée jusque-là par des attitudes de renégats et d’indépendants. Bien qu’ils se présentassent comme descendants de Jacob (Jean 4:12), ils avaient organisé un culte concurrent sur le mont Garizim, depuis les jours de Néhémie, et y avaient construit un temple rival. Il leur fallait donc apprendre à renoncer à toute attitude de rivalité dans les choses de Dieu. Le témoignage chrétien devait être un témoignage uni, l’œuvre de Dieu devait être une œuvre unie. Il ne suffisait pas que Philippe quitte la métropole juive et annonce l’évangile aux Samaritains, mais il fallait aussi que les apôtres Pierre et Jean descendent en Samarie et y imposent les mains aux croyants, afin qu’ils reçoivent le Saint Esprit: La bénédiction de Dieu ne pouvait les atteindre que depuis Jérusalem. 4.7 La nouvelle naissance n’est pas un sceau Il faut encore remarquer que la foi et la nouvelle naissance se différencient de la réception du Saint Esprit. Ce ne sont pas la même chose. Dans tous les exemples de l’Écriture, le don de l’Esprit suit toujours la foi, et jamais l’inverse. L’Esprit n’est pas donné pour croire. Certes Pierre n’a pas mentionné ici la foi des hommes Juifs, mais elle s’y trouve partout. Allaient-ils se soumettre au baptême pour le nom de Jésus Christ, sans croire en lui ? Le baptême parle de la mort, nous l’avons vu. Ils n’auraient pas été prêts à rompre leurs liens avec leur vie antérieure, s’ils n’avaient pas vraiment cru en Celui qui était Seigneur de la nouvelle vie. Aussi ils n’étaient appelés qu’à la repentance, non pas à la foi. Mais il peut y avoir quelquefois un temps considérable entre la foi et la nouvelle naissance d’un côté, et le sceau d’autre part. Cela devient particulièrement clair avec l’exemple des douze disciples de Jean. Ces douze hommes n’avaient encore rien entendu dire sur la Pentecôte ni sur la venue du Saint Esprit (19:2). En tant que disciples de Jean le Baptiseur, ils étaient familiarisés avec le baptême futur du Saint Esprit, car cela faisait partie de son témoignage. Mais ils n’avaient rien entendu de Sa venue : « Mais nous n’avons même pas ouï dire si le Saint Esprit est ». Paul n’a pas douté le moins du monde de leur foi, car il dit : « après avoir cru ». Alors, il leur imposa les mains, et ils reçurent le Saint Esprit, et alors seulement ils firent partie de l’assemblée. « … Auquel aussi ayant cru, vous avez été scellés du Saint Esprit de la promesse » (Éph. 1:13). Entre la foi et le sceau, il peut donc y avoir une période considérable, comme il peut y avoir une période très courte, mais une période existe dans tous les exemples de l’Écriture. Cela dépend justement si et quand l’âme se soumet entièrement à ce que le Seigneur Jésus a accompli pour elle à la croix, et si elle s’en remet à l’« évangile du salut ». C’est en grande partie simplement une question de l’instruction reçue. Dès l’instant où tu ne crois pas seulement au Seigneur Jésus, mais aussi à Son œuvre accomplie à Golgotha, le Saint Esprit te scelle. Si tu es scellé, tu appartiens éternellement à Dieu, tu appartiens à Christ. « Mais si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, celui-là n’est pas de lui » (Rom. 8:9) (*). Nous voyons la même chose chez Saul de Tarse qui ne retrouva la vue que trois jours après sa conversion, par le moyen d’Ananias, et fut rempli par le Saint Esprit (9:17). (*) Cela signifie : il n’est pas encore caractérisé comme étant la propriété du Seigneur Jésus Christ. — Il n’est pas question d’aller à la perdition dans ce passage. Résumons encore une fois : Pierre insiste sur un travail intérieur, la repentance, aussi bien que sur une confession publique par le moyen du baptême au Nom de Jésus Christ. Dans le cas des auditeurs de Pierre, les deux étaient nécessaires, avant qu’ils puissent faire l’expérience de la grâce dans sa plénitude et recevoir le Saint Esprit. C’était en effet une épreuve profonde, que de devenir des disciples du Crucifié ! 4.8 Ceux qui sont près et ceux qui sont loin — Actes 2:39 « Car à vous est la promesse et à vos enfants, et à tous ceux qui sont loin, autant que le Seigneur notre Dieu en appellera à lui » (2:39). Quand l’apôtre Pierre parle ici de la promesse, il entend par-là certainement le don du Saint Esprit qu’il venait juste de mentionner. Le Seigneur Jésus en avait déjà parlé comme promesse du Père (1:4). Selon Ézéchiel 39:29, la promesse du don du Saint Esprit appartenait aux enfants d’Israël comme tels — à eux et à leurs enfants. Ce devait être un grand encouragement pour les croyants juifs que cette bénédiction ne soit pas seulement pour eux, mais aussi pour leurs enfants. Cela nous donne une idée de la forme juive de la pensée, et le Saint Esprit y souscrit en grâce. Eux qui faisaient partie du peuple juif, avaient été amenés, selon les voies de Dieu avec les hommes, dans une relation de relative proximité avec Lui ; mais il y avait aussi d’autres hommes qui, considéré dans le même sens, « étaient loin » (Éph. 2:17) : c’étaient ceux des nations. Aussi eux — et je peux dire nous aussi — devions entrer en jouissance de cette immense bénédiction. Il est touchant de considérer que Dieu, dès le commencement a pensé aussi à nous, ceux qui étaient loin, et nous a aussi destiné ce don. Pierre, qui est la bouche de Dieu ici, n’a guère compris ses propres paroles dans leur entier. Car plus tard lorsqu’il est prié par le Seigneur d’aller vers ceux qui étaient loin » sous la forme du centurion romain Corneille et de sa maison, et de leur ouvrir le royaume, cela Lui a coûté bien de la peine pour l’y faire aller (ch. 10). Au temps de la vie du Seigneur ici-bas, combien peu les disciples entraient dans Ses pensées, quand Il leur parlait qu’en dehors des brebis de la bergerie (d’Israël), il y avait aussi des brebis qui n’étaient pas de « cette bergerie » ! Mais qu’ils le comprennent ou non à ce moment-là, Il allait laisser Sa vie pour les brebis, et amener aussi celles-là, et il n’y aurait qu’un troupeau et qu’un berger (Jean 10:16). L’ajout « autant que le Seigneur notre Dieu en appellera à lui » (2:39b) montre que ceux des nations n’accepteront pas tous l’offre de la grâce de Dieu dans la période actuelle. Cependant, Il en appellerait beaucoup, et beaucoup viendraient. Plus tard Jacques s’exprime de la même façon devant les apôtres et les anciens à Jérusalem, quand il décrit comment Dieu a premièrement visité les nations, pour en « tirer un peuple pour son nom » (15:14). Et au ch. 13, nous lisons : « et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent » (13:48). Il y a dans la sainte Écriture un appel général de Dieu, comme Prov. 1:24 le décrit si bien : « Parce que j’ai crié et que vous avez refusé d’écouter, parce que j’ai étendu ma main et que personne n’a pris garde ». Par ailleurs, il y a aussi un appel effectif ou efficace de Dieu qu’Il fait diffuser dans Sa souveraineté, et cet appel produit des effets dans tous les cas. C’est de cet appel qu’il s’agit dans notre verset. « Car ceux qu’il a préconnus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, pour qu’il soit premier-né entre plusieurs frères. Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés » (Rom. 8:29-30). Cet appel efficace est en relation avec le conseil défini de Dieu. 4.9 Ajoutés – Actes 2:40-41 Avec le verset 39 se termine la transcription mot à mot du discours de Pierre. Quelles profondeurs et quelles étendues nous y sont révélées ! Ce qui est dit ensuite est rapporté maintenant par des expressions plus générales, condensées : « Et par plusieurs autres paroles, il les exhortait, disant : Sauvez-vous de cette génération perverse. Ceux donc qui reçurent sa parole, furent baptisés ; et en ce jour-là furent ajoutées environ trois mille âmes » (2:40-41). L’apôtre avertissait sérieusement ses auditeurs Juifs et les exhortait « par plusieurs autres paroles » qui n’ont toutefois pas trouvé place dans le récit inspiré. Leur point culminant était dans cet appel : « Sauvez-vous de cette génération perverse ! ». Comme on l’a déjà remarqué, ils ne devraient pas se sauver de l’enfer ou de la colère de Dieu — ce n’est pas de cela qu’il s’agit ici — mais il s’agissait de se sauver de cette génération perverse qui avait rejeté Christ et continuait à le rejeter (7:51 ; Matt. 3:7). Par le baptême ils devaient déchirer leurs liens avec ce peuple et se sauver de cette génération perverse et du jugement suspendu sur elle (Matt. 24:2 et suiv.). Nous avons déjà considéré cela en détail. Il y avait de la foi — « Ceux donc qui reçurent sa parole », ce ne fut pas moins de trois mille âmes. Je peux bien penser que l’auditoire était encore plus grand, car il n’est pas dit : « Tous reçurent sa parole et furent baptisés. Mais ceux d’entre le grand nombre qui « reçurent sa parole » — ce qui équivaut à « croire » — furent baptisés. Ils ont eu confiance dans les paroles qu’ils avaient entendues, et se placèrent publiquement du côté du Crucifié. C’est ici que nous entendons ainsi parler pour la première fois du baptême chrétien comme d’un événement historique ! Et puisqu’il est un ensevelissement avec Christ et qu’il est administré pour Sa mort, il ne pouvait pas être réalisé avant que le Seigneur fût mort. Il n’est pas dit ici que ceux qui ont reçu la parole, ont reçu le Saint Esprit, mais il en fut ainsi. La parole de Dieu ne peut pas mentir, et Pierre leur avait dit qu’ils recevraient le don du Saint Esprit. « Et en ce jour-là furent ajoutées environ trois mille âmes » (2:41b). Ajoutées à quoi ? À ce « noyau » des disciples, les cent vingt, à ce « noyau » aussi de l’Assemblée de Dieu. Je pense que nous pouvons voir ici, les deux pensées. D’un côté, il est question du baptême, et par le fait d’être baptisés, ils furent ajoutés aux disciples de Christ, à la profession chrétienne sur la terre. Les cent vingt en étaient une incarnation. D’un autre côté, il est question du don du Saint Esprit et par la réception de ce don, ils furent ajoutés à l’Assemblée comme corps de Christ. Les cent vingt incarnaient aussi cela. Le témoignage chrétien existait effectivement, et l’Assemblée existait effectivement. Ce chapitre magnifique nous a montré les deux. Mais la doctrine à ce sujet n’existait pas encore. Ainsi, nous reconnaissons de nouveau que les Actes forment une partie très importante de la parole de Dieu pour les croyants. Beaucoup de choses qui s’y trouvent sont une préparation à l’enseignement des épîtres. Pour finir, notons encore une différence remarquable : Quand la loi a été donnée et qu’elle a été violée pour la première fois, la conséquence directe en fut la mort de trois milles homme (Exode 32:28). Quand le don de l’Esprit a été donné et que pour la première fois la bonne nouvelle de la grâce fut annoncée, la conséquence directe en fut trois milles âmes venues à la vie éternelle. Merveilleuse grâce de Dieu ! Ô grâce qui peut maintenant Effacer tous les péchés par le sang de Christ, Et qui proclame en tout lieu Pardon et paix pour tous ! Le salut éternel est déjà prêt, Oh, merveilleux temps de la grâce ! 5 Les caractéristiques des premiers chrétiens — Actes 2:42-47 5.1 Persévérance dans quatre choses — Actes 2:42 « Et ils persévéraient dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières » (2:42). CE VERSET, et même toute la section terminant ce chapitre, nous offre un beau tableau de l’état et de l’activité des premiers chrétiens. Quatre choses nous sont dites d’eux, qui les caractérisaient. Ces quatre choses sont réparties en deux groupes de deux choses, les éléments de chaque groupe étant liés entre eux par le mot « et ». Le premier groupe est la doctrine et la communion ; ce sont les attributs caractéristiques de ces croyants. Ils sont à l’origine du deuxième groupe, ce à quoi ils se consacrent : la fraction du pain et les prières — leurs activités dans le service divin. Les premiers chrétiens ont persévéré dans ces quatre choses. Ils n’étaient devenus enfants de Dieu que depuis peu, mais ils ont senti instinctivement la nécessité de rester dans ces choses. Qu’en est-il aujourd’hui de nous ? Sommes-nous aussi caractérisés par ces choses ou avons-nous déjà abandonné l’une ou l’autre ? Si c’est le cas, que le Seigneur veuille nous aider à retourner à ce qui était dès le commencement ! Car soyons certains qu’il n’est pas possible de négliger l’une de ces choses sans en éprouver des dommages intérieurs et sans perdre enfin aussi les autres choses. Combien nous aussi, nous avons besoin de l’exhortation de Paul adressée à la fin de sa course au jeune Timothée sur le chemin : « Mais toi, demeure dans les choses que tu as apprises et dont tu as été pleinement convaincu, sachant de qui tu les as apprises » (2 Tim. 3:14). Les apôtres inspirés (le mot « de qui » est au pluriel en grec – (*) l’avaient instruit, et sa sécurité dans les jours fâcheux de l’époque consistait à rester dans ce qu’il avait appris de personnes ayant reçu un appel. Il en est de même aujourd’hui pour nous qui sommes arrivés dans les jours de la fin. Les principes de la parole de Dieu demeurent toujours les mêmes, et si nous faisons un bon usage des Écritures comme Timothée, nous serons maintenus et préservés sur le chemin de la félicité. (*) note Bibliquest : il nous semble que ce pluriel n’est pas seulement dû aux apôtres inspirés, mais selon le v. 15 qui suit, à la mère et à la grand-mère de Timothée. 5.1.1 La doctrine des apôtres — Actes 2:42 La première chose que nous regarderons est la doctrine [ou : enseignement] des apôtres. « Et ils persévéraient dans la doctrine des apôtres ». Il y avait une grande nécessité d’enseignement et d’être enseignés. Non seulement le Seigneur avant Son départ avait donné à Ses disciples l’ordre d’enseigner (Matt. 28:20), mais eux-mêmes, bien qu’enseignés de Lui, ne pouvaient pas non plus saisir Ses paroles (Jean 16:12). Or l’Esprit était maintenant venu, l’Esprit de vérité dont le Seigneur Jésus avait parlé, et qui était en mesure de les conduire dans « toute la vérité ». « Lui, vous enseignera toutes choses et vous rappellera toutes les choses que je vous ai dites » (Jean 14:26). Ces paroles du Seigneur montrent tout de suite clairement, ce qu’était et qui était le centre de l’enseignement des apôtres : Lui-même, le Christ. Nous n’avons pas la doctrine des apôtres devant nous, si tout ce qui s’y trouve ne converge pas vers Lui. Jugeons par ce critère tout ce que nous entendons ou enseignons ! Combien les disciples ont dû alors avoir une grande faim pour toute la vérité divine, laquelle était entièrement nouvelle pour eux ! Jusque-là, ils n’étaient familiers qu’avec la loi donnée par Moïse — ce « joug » que ni eux ni leurs pères n’avaient pu porter (15:10) — ils avaient maintenant appris à connaître Celui par qui la grâce et la vérité étaient venues (Jean 1:17). Ils avaient reçu la vie divine, et par-là la capacité de jouir des choses divines et éternelles, et même de Dieu Lui-même. Le désir de cette vie nouvelle va toujours vers Christ et vers la vérité de Dieu selon que Christ l’a révélée. À cette époque-là, le ministère de l’Esprit ne s’exerçait que sous forme orale, rien du Nouveau Testament n’ayant encore été écrit. Mais l’Esprit a veillé sur ceux qui parlaient, de sorte qu’ils ont été préservée de commettre des erreurs dans l’annonce de la vérité : Ils « communiquaient des choses spirituelles par des moyens spirituels » (1 Cor. 2:13), c’est à dire que les mots mêmes qu’ils prononçaient étaient donnés par le Saint Esprit, de sorte que toute erreur était exclue. À la différence du Seigneur Jésus qui est « la vérité » en Lui-même, les apôtres n’ont pas toujours parlé de façon inspirée en toute occasion, et ils ont fait aussi des erreurs dans d’autres domaines, comme l’exemple de Pierre nous le montre en Gal. 2:11-14. Mais l’Esprit de Dieu a veillé soigneusement sur la doctrine des apôtres. Elle forme un tout bien uni. Un apôtre n’a pas dit autre chose que ce qu’un autre disait. Il y a eu une harmonie parfaite dans ce qu’ils ont enseigné. Le Seigneur avait prié en vue du témoignage des Siens dans le monde ; et parmi les trois unités qu’on trouve dans Sa prière de Jean 17, c’est celle spécifiée au verset 11, qui nous occupe ici : l’unité du témoignage des apôtres. Nous avons aujourd’hui la doctrine des apôtres consignée dans l’Écriture Sainte du Nouveau Testament qui, comme toute « Écriture », « est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice » (2 Tim. 3:16). Notre foi s’appuie là-dessus. Nous pouvons nous estimer extrêmement heureux d’avoir la Sainte Parole de Dieu comme base de notre foi, et non la parole des hommes, comme par exemple celle des pères de l’Église. Les hommes ont toujours beaucoup d’opinions et de doctrines (cf. Matt. 15:9 ; 1 Tim. 1:3 ; 4:1 ; Col. 2:22 ; Héb. 13:9), mais toutefois Dieu a et ne reconnaît seulement qu’une doctrine [ou : enseignement] (cf. Jean 7:16-17 ; Actes 2:42 ; 13:12 ; Rom. 6:17 ; 1 Tim. 1:10 ; 4:6 ; Tite 1:9 ; 2:1, 10 ; 2 Jean 9). Et Il a prédit dans Sa parole infaillible qu’il y aurait un temps, « où ils ne supporteraient pas le sain enseignement ; mais, ayant des oreilles qui leur démangent, ils s’amasseraient des docteurs selon leurs propres convoitises, et ils détourneraient leurs oreilles de la vérité et se tourneraient vers les fables » (2 Tim. 4:3-4). Développement fatal que celui de détourner les oreilles de la vérité ! Nous vivons aujourd’hui dans ces « temps fâcheux » (2 Tim. 3:1), ces derniers jours du temps de la grâce. Or il n’y a pas seulement une seule doctrine [ou : enseignement], la doctrine des apôtres, mais dans la Parole de Dieu cette doctrine [ou : enseignement] a aussi toujours la première place. Les hommes mettent souvent autre chose à la première place, par exemple une activité zélée pour Christ, la marche du chrétien ou autres choses semblables. Bien sûr, ces choses sont importantes à leur place. Qui voudrait le contester ? Mais la Parole de Dieu donne toutefois la place prépondérante à la doctrine et à la persévérance dans la doctrine. Nous voyons cela sans équivoque dans la seconde épître à Timothée déjà citée à plusieurs reprises. Paul pouvait dire à Timothée : « Mais toi, tu as pleinement compris [ou : tu as suivi avec exactitude] ma doctrine, ma conduite, mon but constant … » (3:10). Il ne peut pas y avoir de marche pratique saine, si la doctrine qu’on retient n’est pas saine. Et nous avons déjà mentionné que « toute écriture » donnée par Dieu est premièrement utile pour la doctrine ou l’instruction. Ici aussi en Actes 2, la doctrine est citée en premier à cause de son importance. La communion chrétienne et la marche chrétienne ont la vérité pour base. La doctrine des apôtres constitue aussi le fondement sur lequel repose « tout l’édifice » de l’Assemblée de Dieu (Éph. 2:20, 21). Tous les vrais chrétiens sont maintenant « concitoyens des saints et gens de la maison de Dieu » et sont édifiés comme tels sur le fondement des apôtres et prophètes du Nouveau Testament, « Jésus Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin ». Le fondement du « temple saint dans le Seigneur », de « l’habitation de Dieu par l’Esprit » n’est pas constitué de ce que les apôtres et les prophètes étaient dans leur propre personne — ce serait en effet un terrain mouvant ! — mais de ce que Dieu a enseigné par eux. N’est-il pas caractéristique que le mot enseigner figure aussi bien dans le premier que dans le dernier verset de ce livre des Actes, et que celui-ci commence, en quelque sorte, avec l’enseignement du Seigneur Jésus et termine avec l’enseignement de l’apôtre Paul ? « J’ai composé le premier traité, ô Théophile, sur toutes les choses que Jésus commença de faire et d’enseigner » (1:1) « Et Paul demeura deux ans entiers dans un logement qu’il avait loué pour lui, et il recevait tous ceux qui venaient vers lui, prêchant le royaume de Dieu et enseignant les choses qui regardent le Seigneur Jésus Christ, avec toute hardiesse, sans empêchement » (28:30-31). Combien nous rencontrons souvent au cours de ce livre le fait que les apôtres du Seigneur ont enseigné le peuple ou les croyants, mais aussi combien souvent les circonstances montrent Satan cherchant justement à empêcher que cela se fasse ! Relevons quelques passages : « Mais comme ils parlaient au peuple, les sacrificateurs et le commandant du temple et les sadducéens survinrent, étant en peine de ce qu’ils enseignaient le peuple et annonçaient par Jésus la résurrection d’entre les morts » (4:1-2). « Et les ayant appelés, ils leur enjoignirent de ne plus parler ni enseigner, en aucune manière, au nom de Jésus » (4:18). « Ce qu’ayant entendu, ils entrèrent, vers le point du jour, dans le temple, et ils enseignaient (5:21). « Or quelqu’un arriva et leur rapporta : Voilà, les hommes que vous avez mis en prison sont au temple et enseignent le peuple » (5:25). « Nous vous avons expressément enjoint de ne pas enseigner en ce nom-là, et voici, vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine, et vous voulez faire venir sur nous le sang de cet homme » (5:28). « et ils ne cessaient tous les jours d’enseigner et d’annoncer Jésus comme le Christ, dans le temple et de maison en maison » (5:42). « et l’ayant trouvé, il le mena à Antioche. Et il leur arriva que, pendant un an tout entier, ils se réunirent dans l’assemblée et enseignèrent une grande foule » (11:26). « Et Paul et Barnabas séjournèrent à Antioche, enseignant et annonçant, avec plusieurs autres aussi, la parole du Seigneur » (15:35). « Et il demeura là un an et six mois, enseignant parmi eux la parole de Dieu » (18:11). « Il était instruit dans la voie du Seigneur ; et étant fervent d’esprit, il parlait et enseignait diligemment les choses qui concernaient Jésus » (18:25). « … comment je n’ai rien caché des choses qui étaient profitables, en sorte que je ne vous eusse pas prêché et enseigné publiquement et dans les maisons » (20:20). Quelle place éminente a occupé au commencement l’enseignement de la parole de Dieu ! Je ne peux guère me représenter aujourd’hui quelque chose de plus important pour nous que de persévérer dans la doctrine [ou : enseignement] des apôtres. Nous irons toujours de travers, si notre volonté prend la direction. Notre place est de voir ce que Dieu dit, et de le suivre. David était certainement un homme ayant la crainte de Dieu, un homme selon le cœur de Dieu. Et du fait que lui-même habitait une maison de cèdre, tandis que l’arche de Dieu n’habitait que sous des tapis, il lui vint au cœur la pensée de construire une maison pour l’arche de Dieu. Cela était une bonne pensée et était en principe selon le bon plaisir de Dieu (1 Rois 8:18). Malgré tout, la volonté de Dieu était dirigée autrement, et Nathan, l’homme béni et le prophète de Dieu dut communiquer à David que ce n’était pas lui qui devait construire une maison à Dieu, mais son fils devrait le faire (2 Sam. 7). Nous aussi, nous disons souvent : « il serait bien de faire ceci ou cela », et dans les circonstances en question, tout n’est que notre propre volonté. Nous n’avons peut-être pas du tout interrogé le Seigneur dans cette affaire ; ou nous l’avons fait simplement parce que nous le considérions comme correct. Or c’est purement et simplement le principe du péché : la volonté propre (1 Jean 3:4). Cette volonté propre est terrible et a été la cause de toutes les divisions et les sectes de nos jours et dans les jours précédents. Si nous étions restés dans la doctrine des apôtres, elles ne seraient pas arrivées. Combien d’assemblées locales de croyants ont été détruits en fin de compte par la volonté propre de conducteurs ! Ils pouvaient avoir raison à bien des égards, mais leur volonté n’a pas été soumise à la volonté du Seigneur, et une scission a fini par se produire, alors qu’elle aurait pu être évitée, si on avait eu la pensée du Seigneur. Persévérer dans la doctrine des apôtres ne signifie pas insister outre mesure sur tel ou tel point de cette doctrine [ou : enseignement] — combien de malheurs sont nés de telles polarisations ! — mais c’est retenir la doctrine dans sa totalité et avec pondération. Dans la Parole de Dieu tout est dans une harmonie équilibrée. 5.1.2 La communion — Actes 2:42 Or de la persévérance dans la doctrine [ou : enseignement], il découle, comme de soi, qu’on demeure dans la communion. Les croyants avaient Christ comme centre de tout la doctrine [ou : enseignement]. Et dans la mesure, où ils saisissaient et jouissaient des « choses de Jésus » (18:25 ; 28:23), leurs cœurs n’étaient pas seulement attirés vers Lui, mais aussi l’un vers l’autre. C’est quelque chose de merveilleux ! Nous pouvons aussi le vivre, encore aujourd’hui. La foi « qui a été une fois enseignée aux saints » (Jude 3) est un bien précieux, et le bien constitué par cette foi chrétienne, la doctrine chrétienne, est appelé en Jude 20 « votre très-sainte foi », sur laquelle nous devons nous édifier nous-mêmes. Si nous faisons vraiment cela, cela conduit forcément à une communion pratique des saints les uns avec les autres. La communion est une relation entre des individus, qui inclut un intérêt commun et une participation réciproque et active à cet intérêt et les uns avec les autres. Autrement dit : avoir et jouir de la même part et de la même joie avec d’autres, voilà la communion. Comme dernier des apôtres, Jean a écrit aux enfants de Dieu ce que eux, les apôtres, avaient vu et entendu. Et il a fait cela, « afin que vous aussi vous ayez communion avec nous : or notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ » (1 Jean 1:3). Pensée élevée ! La communion de l’apôtre était avec le Père et avec Son Fils Jésus Christ. Et donc pour que nous aussi puissions entrer avec eux dans cette communion avec les Personnes divines, il nous a écrit cette lettre. Ainsi aujourd’hui, il est encore possible pour nous d’avoir communion avec les apôtres, bien qu’ils ne soient plus sur cette terre déjà depuis longtemps. Si nous restons dans leur doctrine, nous restons aussi dans leur communion. Or cela ne signifie rien d’autre — si nous gardons bien à l’esprit la définition donnée de la communion — que nous avons en principe la même part qu’eux et la même joie qu’eux dans le Père et dans le Fils comme eux l’avaient. La grandeur de cette bénédiction ne peut pas s’imaginer, mais le fait qu’elle est une possession commune, conduit à une communion pratique des enfants de Dieu les uns avec les autres. Cette communion s’exprime d’une manière pratique, dans deux domaines : dans le domaine du rassemblement des saints, et dans le domaine des relations habituelles et quotidiennes les uns envers les autres. La communion se réfère à ces deux domaines, et ils sont présentés tous les deux dans ce passage ; il est donc bon que nous prêtions attention aux deux domaines. Puisque les apôtres étaient des enseignants divinement instruits, les croyants sont restés là où ils pouvaient recevoir l’instruction nécessaire. Faudrait-il qu’il en soit autrement aujourd’hui ? Si nous avons reçu le Seigneur Jésus en vérité comme Sauveur et Seigneur, n’allons pas nous retrouver là où Sa Parole nous est ouverte aussi souvent qu’il y en a une quelconque possibilité ? Manquer les réunions est l’un des signes infaillibles de ce que l’âme n’est plus dans une bonne relation avec Christ. Cela peut devenir le premier pas sur le chemin funeste de l’apostasie au sujet duquel l’écrivain de l’épître aux Hébreux donnait à ceux-ci un avertissement. Pour quelques-uns uns d’entre eux, c’était déjà devenu une habitude d’abandonner complètement « notre rassemblement » (ou : « le rassemblement de nous-mêmes »), c’est-à-dire le rassemblement chrétien (Héb. 10:25). Naturellement, manquer par légèreté une réunion de croyants n’est pas exactement ce dont Hébreux 10 parle, ce n’est pas l’abandon par principe du christianisme ; mais il est possible que ce soit justement un pas dans cette direction. Combien cela est sérieux ! Quand un croyant se retire de la communion des saints, ce n’est jamais bien. « Si quelqu’un se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui » ; « mais pour nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour la perdition, mais de ceux qui croient pour la conservation de l’âme » (Héb. 10:38-39). Certes nous avons ici de nouveau un langage de principe, qui va jusqu’à inclure l’abandon du christianisme, mais il est quand même toujours très grave et dangereux quand un croyant se retire d’avec les saints, quelle qu’en soit la raison, soit qu’il se considère comme traité injustement, ou mal compris, ou négligé, ou aussi seulement parce que son caractère le porte à la solitude. Nous ne devons en aucune manière céder à de tels penchants. L’Esprit de Dieu n’en est jamais la source. Nous enfants de Dieu, nous avons besoin de la communion, comme de l’air pour respirer. Nous sommes membres les uns des autres, membres du seul corps, et nous avons besoin les uns des autres. Un solitaire deviendra bientôt un original, et s’appauvrira intérieurement, et ce n’est qu’une question de temps pour qu’il abandonne tout à fait le chemin de la vérité. Naturellement il existe le cas où Dieu appelle quelqu’un à être seul, à être seul à cause de la vérité (Apoc. 1:9), mais c’est un cas très rare. À la fin de 2 Corinthiens, nous trouvons l’expression « communion du Saint Esprit ». Avons-nous déjà un peu réfléchi à ce que cela signifie ? Dieu, le Saint Esprit, agit dans ton cœur et dans mon cœur. Il nous aide dans Sa puissance à nous réjouir des choses de Dieu ensemble et mutuellement. Voilà ce qu’est la communion du Saint Esprit. « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, et l’amour de Dieu, et la communion du Saint Esprit, soient avec vous tous ! » (2 Cor. 13:13). 5.1.3 La fraction du pain La « fraction du pain » est mentionnée comme troisième chose, et premier élément du deuxième groupe. C’est l’expression extérieure bien établie de la communion chrétienne, et en même temps le souvenir de Celui à la mort duquel nous sommes redevables de tout, nous les chrétiens. Ce sont en même temps les deux côtés de l’institution établie par le Seigneur Jésus, la fraction du pain, selon que 1 Cor. 10:14-22 et 11:20-34 nous la présentent — la table du Seigneur et la cène (= le repas) du Seigneur, deux côtés d’une seule et même chose. La pensée qui se rattache à la table du Seigneur, c’est la communion, — la communion dans laquelle, sur la base de Sa mort, nous sommes amenés à Lui, la Tête du corps, et les uns vers les autres comme membres de Son corps. « Car nous qui sommes plusieurs, sommes un seul pain, un seul corps » (1 Cor. 10:17). Lors de la cène (ou : repas) du Seigneur, ce qui est au premier plan, c’est le souvenir (ou : mémorial) de Celui qui est mort pour nous : « Faites ceci en mémoire de moi » (1 Cor. 11:24). Ce ne sont pas deux institutions différentes, mais seulement deux points de vue différents sur une même chose, la fraction du pain. Bien que les développements doctrinaux sur la table de Seigneur n’aient été données que des années plus tard par le moyen de l’apôtre Paul, les premiers chrétiens ont très bien compris que la fraction du pain, qui est d’abord le souvenir du Seigneur Jésus et de Sa mort, était aussi l’expression de la communion chrétienne, à laquelle ils avaient accédé par cette mort. Car il semble qu’ils aient pris la cène (ou : repas) du Seigneur en relation avec des repas normaux pris en commun (2:46). Ces derniers étaient déjà, à eux seuls, une belle expression de la communion pratique parmi les premiers chrétiens. Nous y reviendrons encore. Que la « fraction du pain » soit la cène du Seigneur, et non pas un repas habituel, cela est montré clairement par le v. 46 où les deux choses, bien que nommées ensemble, sont différenciées l’une de l’autre : « Ils rompaient le pain à la maison, et ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur ». Là où le contexte parle de communion dans la fraction du pain, il s’agit toujours et seulement de la cène du Seigneur. Au ch. 20, nous retrouvons cette distinction. Après qu’il soit parlé au v. 7 de réunion de l’assemblée à Troas pour la fraction du pain (« lorsque nous étions assemblés pour rompre le pain »), il est nous est présenté au v. 11 ce que l’apôtre a fait personnellement pour sa propre alimentation (« après qu’il fut remonté, et qu’il eut rompu le pain et mangé (litt.: « goûté »), et qu’il eut conversé longtemps jusqu’à l’aube, il partit… »). Les premiers chrétiens ont persévéré dans la fraction du pain, et il semble même ressortir du v. 46 qu’au commencement ils ont rompu le pain tous les jours. Ils donnaient une réponse spontanée au désir du Seigneur — une circonstance qui a sûrement lieu de faire honte à plusieurs d’entre nous aujourd’hui. Cela amène à une question que beaucoup se sont déjà posée : 5.1.3.1 En quel jour et avec quelle fréquence les Siens doivent-ils rompre le pain ? L’Écriture ne nous donne pas d’instruction spécifique à ce sujet. Si les premiers chrétiens ont probablement rompu le pain quotidiennement à Jérusalem, il semble que cela n’a été le cas qu’au commencement et qu’à Jérusalem. Plus tard les chrétiens à Troas avaient l’habitude de se réunir le premier jour de la semaine pour la fraction du pain (20:7). Le fait que ce fût la coutume générale des chrétiens en ce temps-là est encore renforcé par une circonstance particulière que je tiens à mentionner. Il semble en effet, comme si Paul n’était pas arrivé auprès des saints de Troas à temps pour la fraction de pain ; car nous lisons qu’il y séjourna sept jours. Ce séjour est d’autant plus remarquable qu’il était très pressé d’arriver à Jérusalem. Manifestement il séjourna à Troas suffisamment longtemps pour rompre le pain au prochain jour du Seigneur avec les croyants. Et quand il leur eut parlé jusqu’à l’aube, il partit sans plus tarder. Il apparaît que, durant la semaine, il n’y a eu aucune convocation pour une réunion particulière pour rompre le pain. Et encore pour ce qui est de la collecte qui se fait pour les saints, l’apôtre a ordonné qu’on mette en réserve « chaque premier jour de la semaine… chez soi » (1 Cor. 16:1-2). Cela nous indique que le regroupement du résultat des collectes s’effectuait en relation avec la fraction du pain au premier jour de la semaine. En ce qui concerne la fréquence de la fraction du pain, je ne crois pas que l’Écriture fasse des limitations. Si nous avions encore la fraîcheur et la puissance spirituelles, je ne verrais pas pourquoi nous ne pourrions pas rompre le pain plus fréquemment qu’une fois par semaine. L’apôtre Paul dit simplement : « Car toutes les fois que vous mangez ce pain... » (1 Cor. 11:26). Malgré tout il est bon et sage et conseillé de ne pas s’illusionner sur notre état véritable aujourd’hui, et d’en rester à la pratique et à l’ordre auxquels se sont appliqués les premiers chrétiens sous l’œil vigilant des apôtres. Une chose me semble toutefois bien établie : si nous rompons le pain une seule fois par semaine, et tel est l’ordre normal, alors ce doit absolument être le premier jour de la semaine, le jour du Seigneur. Participer à la fraction du pain une seule fois par mois, ou même par an, n’est pas du tout selon la pensée de Dieu. Il y a certainement abondance d’explications qui paraissent plausibles, tendant à soutenir qu’il est mieux de rompre le pain seulement une fois par mois ou par an. Souvent la raison pour laquelle on répond si rarement au désir du Seigneur, relève simplement d’une habitude ou d’un manque d’enseignement. Parfois, je crains qu’il n’y ait quelque chose de plus profond à la base : un manque d’amour pour le Seigneur, ou même une désobéissance manifeste. Quant à l’argument que cette sainte institution se déprécierait par un usage trop fréquent et qu’elle perdrait de sa valeur, il n’est pas seulement contredit par la parole de Dieu, mais il est aussi contredit par l’expérience de l’auteur et d’innombrables saints avec lui : Plus on participe fréquemment à la cène du Seigneur, plus notre compréhension en est devenue profonde, plus l’affection pour Celui qui nous a laissé cette institution est devenue intime. La fraction du pain est une institution bien établie et régulière dans la maison de Dieu, jusqu’au retour du Seigneur. Rien ne doit la remplacer, ni des prédications ni autre chose. Elle est la chose la plus importante pour le jour du Seigneur. L’abandonner signifie l’apostasie. Par conséquent persévérons nous aussi, bien-aimés, dans la fraction du pain, « jusqu’à ce qu’Il vienne » ! « Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez la coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’Il vienne ». 5.1.4 Prières Les premiers chrétiens ne persévéraient pas seulement dans la fraction du pain, mais aussi dans les prières. Cela veut manifestement dire des prières communes, des prières de l’assemblée, car elles sont placées à côté de la fraction du pain. Et le fait que ces deux sortes de réunions sont juxtaposées clarifie encore un autre point : Le rassemblement pour la prière en commun était tout autant une réunion régulière de l’assemblée que la réunion pour la fraction du pain. Une série de versets des Actes montre clairement l’importance de la prière en commun aux jours du commencement de l’Assemblée, et comment certaines circonstances particulières poussaient immédiatement les croyants à la prière. Déjà avant l’effusion du Saint Esprit, il est dit des cent vingt dans la chambre haute : « Tous ceux-ci persévéraient d’un commun accord dans la prière, avec les femmes, et avec Marie, la mère de Jésus et avec ses frères » (1:14). Quand Pierre et Jean furent interrogés devant le sanhédrin, puis relâchés pour aller vers les leurs, alors ces paroles sont ajoutées : « Et l’ayant entendu, ils élevèrent d’un commun accord leur voix à Dieu, et dirent:… » (4:24). Et alors suit une prière exemplaire pour nous, à bien des égards. Lorsque Pierre fut fait prisonnier par Hérode afin d’être mis à mort, nous apprenons : « Mais l’assemblée faisait d’instantes prières à Dieu pour lui » (12:5) Mais ce n’est pas seulement à Jérusalem qu’il y avait des réunions pour la prière. Car lorsque le Saint Esprit eut désigné Barnabas et Saul à Antioche pour l’œuvre à laquelle Il les avait appelés, il est dit des prophètes et des docteurs de l’assemblée en ce lieu : « Alors, ayant jeûné et prié, et leur ayant imposé les mains, ils les laissèrent aller » (13:3). Quel encouragement ce dut être pour l’apôtre Paul lors de son dernier voyage vers Jérusalem, quand, à son départ, les croyants de Tyr se sont unis avec lui pour la prière sur le rivage ! « Et tous nous accompagnèrent avec femmes et enfants jusque hors de la ville ; et nous étant mis à genoux sur le rivage, nous priâmes » (21:5) Les croyants de l’époque des apôtres persévéraient effectivement dans les prières. Le faisons-nous aussi ? Ou bien manquons-nous les réunions de prières ? Ce serait faire savoir que nous n’avons rien à demander. Ce serait l’esprit de Laodicée : « Je suis riche... et je n’ai besoin de rien » (Apoc. 3:17). Non, nous ne pouvons pas nous en sortir sans prier, que ce soit la prière personnelle ou collective. La prière est toujours une expression particulière de dépendance de Dieu et de confiance en Lui, aussi bien en ce qui concerne la prière individuelle que la prière en assemblée. La prière est la respiration de l’âme, le souffle de vie de l’assemblée. Si elle s’arrête, la piété s’arrête, et toute bénédiction également. 5.2 La crainte « Et toute âme avait de la crainte ; et beaucoup de prodiges et de miracles se faisaient par les apôtres » (2:43). Les caractéristiques et les activités des chrétiens furent perçues par les gens du dehors. Ils voyaient l’activité de la grâce de Dieu en eux, et le résultat produit fut la crainte. Pourquoi la crainte ? L’homme ne peut comprendre ni la grâce ni la puissance de Dieu, il a peur des deux. Dans l’affaire d’Ananias et Sapphira, il est parlé de crainte, et cela se comprend facilement : « Et une grande crainte s’empara de tous ceux qui entendirent ces choses… », « Et une grande crainte s’empara de toute l’assemblée et de tous ceux qui entendaient parler de ces choses » (5:5,11). Quand Dieu agit en jugement, la crainte s’étend jusque sur l’assemblée. L’action de Dieu en grâces et par des miracles et des signes ne suscite toutefois chez les croyants ni peur, ni effroi, mais de la révérence, de la crainte de Dieu. Dans ces jours du commencement, il y avait encore une distinction claire et visible entre les croyants chrétiens et le monde qui les entourait, de sorte qu’au ch. 5 nous lisons : « mais, d’entre les autres, nul n’osait se joindre à eux, mais le peuple les louait hautement » (5:13). Mais si cette ligne de séparation de nos jours n’est guère claire, et qu’en partie on ne la voit même plus, cela ne tient pas à ce que nous n’avons plus de miracles et de signes, mais à ce que la grâce de Dieu ne peut plus agir aussi librement en nous que dans les croyants du commencement. Cela suffit à nous humilier profondément. Cependant, je suis convaincu qu’aujourd’hui encore crainte et au moins malaise se font sentir du côté des gens du monde, quand ils perçoivent en nous l’activité de la grâce de Dieu. Ils sentent qu’il y a là une force à laquelle ils n’ont rien à opposer. Cette crainte peut facilement se tourner en haine. Nous avons déjà parlé de la signification des miracles et des signes. Il reste seulement à remarquer qu’ils n’ont été opérés que par les apôtres. Cela ne correspond pas du tout à la pensée courante selon laquelle tous les croyants ont fait des miracles et des signes. Ici et plus tard, cela n’est rapporté qu’à propos des apôtres (5:12), puis Étienne (6:8), puis Philippe (8:6, 7, 13) et enfin l’apôtre Paul et Barnabas (14:3). C’est l’accomplissement de la promesse du Seigneur en Marc 16:17-18. Concernant le caractère des miracles et des signes, rien ne nous est communiqué, mais nous pouvons être sûrs que les disciples étaient un témoignage puissant dans Jérusalem, et que ces miracles et signes ont permis de maintenir le respect initialement suscité par le miracle du parler en langues étrangères. 5.3 Ils étaient réunis (en un même lieu) — Actes 2:44-45 « Et tous les croyants étaient en un même lieu, et ils avaient toutes choses communes ; et ils vendaient leurs possessions et leurs biens, et les distribuaient à tous, selon que quelqu’un pouvait en avoir besoin » (2:44-45). L’expression grecque pour « réunis » — « epi to auto » — est connue en général en grec classique et dans la Septante, mais elle a acquis dans l’église du commencement une signification presque technique dans le sens de « communion d’assemblée ». Nous avons déjà vu cette expression en 1:15 et en 2:1. On la rencontre dans ce sens nouveau à la fin de notre chapitre et en 1 Cor. 11:20 et 1 Cor. 14:23. Ici, dans notre verset, elle ne désigne sûrement pas une réunion en tant qu’assemblée, mais davantage une réunion informelle et continuelle des croyants, qui incluait le quotidien comme les repas normaux. La conscience de la grâce reçue les attirait les uns vers les autres dans l’amour, de sorte que la troupe des rachetés demeuraient ensemble, entourés d’une « génération perverse » La proximité, dans laquelle nous sommes amenés les uns vers les autres en tant qu’enfants de Dieu, est extrêmement belle et noble ; elle est — je n’hésite pas à le dire — un morceau du ciel. Le monde n’en connaît rien. Mais justement cette proximité intime cache en soi un danger qu’il ne faut pas sous-estimer lorsque l’élément divin (l’amour) qui l’a suscitée n’est plus en activité. En effet s’il manque ce « lien de la perfection » (Col. 3:14), rien n’est vraiment beau : L’égocentrisme s’infiltre en s’élevant et détruit ce qui est beau dans ce que la grâce de Dieu nous a apporté. L’exemple des croyants de Corinthe souligne cela. Ils avaient relié, probablement par amour les uns pour les autres, la célébration de la cène avec une agape (« repas d’amour »). Peut-être que la pratique des premiers chrétiens leur avait servi de modèle. Mais l’amour se refroidit facilement. Cela devait avoir été le cas parmi eux. Beaucoup de choses de la première épître aux Corinthiens l’indiquent. Au début les plus riches d’entre eux avaient probablement pris en charges les besoins en nourriture de l’agape. Puis malheureusement ils en étaient arrivés à ce que ces plus riches s’enivraient tandis que les autres avaient faim : Les plus riches faisaient honte à ceux qui n’avaient rien (1 Cor. 11:20-22). Et ce qui aurait dû être l’expression de l’amour, se tournait justement à l’inverse, en exacerbant les différences sociales. En outre — et c’était là le plus grave de tout — ce n’était plus manger la cène dominicale (= du Seigneur). Quand des croyants restent ensemble malgré leurs différences, c’est une preuve de la puissance de l’Esprit. C’était le cas chez les premiers chrétiens. 5.3.1 Ils avaient tout en commun — Actes 2:44-45 Dans leur amour les uns envers les autres, ils firent encore un pas essentiel de plus qu’être simplement ensemble en heureuse harmonie — un pas d’une beauté sans exemple : Ils mirent tout en commun. Ils vendaient leurs possessions, et partageaient le produite de la vente à ceux qui étaient dans le besoin. Tout cela était fait volontairement, spontanément et sans commandement. L’abandon de leurs possessions pouvait leur paraître d’autant plus facile qu’ils attendaient certainement chaque jour le retour proche du Seigneur. Plus tard il est dit d’eux que personne ne disait que quelque chose était sa propriété, « mais toutes choses étaient communes entre eux » (4:32). Merveilleux résultat de la grâce de Dieu ! Le triomphe admirable sur l’égoïsme ancré chez l’homme ! L’amour du Seigneur et des uns pour les autres était le mobile pour cela. Maintenant, au vu de ce modèle unique en son genre, la question se pose pour nous : Est-ce la volonté du Seigneur pour nous aujourd’hui de procéder de manière semblable ? Pour répondre à cette question, nous devons garder à l’esprit un caractère particulier du livre des Actes sur lequel j’ai déjà attiré l’attention : Il nous montre beaucoup de choses à caractère transitoire. C’est pourquoi, nous ne sommes pas appelés à nous appliquer directement toutes les choses que nous y trouvons. Déjà le verset d’après (2:46) montre que l’état de choses d’alors ne pouvait être qu’une transition. Les chrétiens du début provenaient tous du peuple Juif ; ils allaient au temple aussi bien qu’à leurs réunions chrétiennes. Dieu a longtemps patienté à l’égard de ce système à double voie ; cela a duré tout le temps du livre des Actes. L’épître aux Hébreux a été alors un dernier appel de Dieu à Son peuple pour qu’il quitte une bonne fois pour toutes le temple avant sa destruction définitive. Non, nous ne pouvons pas tout nous appliquer directement aujourd’hui. Pourrions-nous par exemple déduire du v. 46 que nous aussi avons à aller à une synagogue juive et fréquenter en même temps nos réunions chrétiennes ? Ou pouvons-nous, sur la base de 21:20, tirer la conclusion, que nous aussi avons à être zélés pour la loi ? Pareillement nous ne sommes pas davantage autorisés à tirer une conclusion de ce genre en rapport avec la question qui nous occupe. Ces choses ont effectivement porté un caractère de transition. Ce n’était nullement la volonté de Dieu que le corps de Christ ne soit composé que de Juifs devenus croyants. Mais au commencement il en était ainsi. Ce n’était pas non plus la volonté de Dieu que le corps de Christ ne se trouve qu’en un seul endroit sur la terre. Mais au commencement il en était justement ainsi. Et pour ces circonstances particulières de la transition, l’intention de Dieu était que l’unité des enfants de Dieu se manifeste de cette façon particulière. Car il est incontestable que c’est l’Esprit de Dieu qui a provoqué cette expression particulière de l’unité. C’était la manière d’agir du Saint Esprit pour ce temps spécial, quand l’assemblée de Dieu était encore concentrée en un seul endroit, à Jérusalem. Quand plus tard, les croyants des nations ont été introduits, et que des assemblées ont surgi à plusieurs endroits, nous ne réentendons plus jamais parler de quelque chose de ce genre. Cela ne doit pas nous faire penser que chez les croyants des nations, il n’y aurait pas eu de résultats bénis de l’activité de l’Esprit en rapport avec la disposition à offrir. Écoutons seulement un peu ce que l’apôtre Paul écrit plus tard au sujet des croyants de Macédoine : « Or nous vous faisons connaître, frères, la grâce de Dieu donnée aux saints dans les assemblées de la Macédoine : c’est que, dans une grande épreuve de tribulation, l’abondance de leur joie et leur profonde pauvreté ont abondé dans la richesse de leur libéralité. Car selon leur pouvoir (j’en rends témoignage), et au-delà de leur pouvoir, ils ont agi spontanément, nous demandant avec de grandes instances la grâce et la communion de ce service envers les saints ; et non seulement comme nous l’avions espéré, mais ils se sont donnés premièrement eux-mêmes au Seigneur, et puis à nous, par la volonté de Dieu » (2 Cor. 8:1-5). Quel témoignage éloquent de la générosité des Macédoniens, qui étaient eux-mêmes dans une pauvreté profonde ! Quelle expression bénie de l’unité du corps : Des croyants de Macédoine ont aidé les croyants de Judée qui étaient devenus pauvres peut-être justement par la vente de leurs biens ! Mais cette expression ne prenait plus la même forme qu’aux jours du commencement. Dans les livres ultérieurs du Nouveau Testament, nous ne trouvons nulle part une indication quelconque de ce que les croyants devraient vendre leurs possessions pour mettre tout en commun. Nous trouvons bien plutôt ceci : Dieu exhorte les riches à ne pas placer leur confiance dans les richesses, mais de faire un bon usage de leurs possessions ; et il encourage ceux de basse condition à se réjouir de leur élévation (1 Tim. 6:17, 19 ; Jacq. 1:9-11). Il n’y aurait pas de pareilles exhortations si Sa pensée pour Son peuple était d’avoir tout en commun. Le christianisme n’a rien à voir avec le socialisme. Il n’enlève pas les différences sociales, il ne fait pas disparaître le pauvre et le riche. Au lieu de cela, il élève le croyant, riche ou pauvre, à un niveau bien supérieur, un niveau divin où les relations spirituelles et divines sont connues et où on en jouit. Mais pour cette terre, la Parole s’en tient à Prov. 22:2, sans changer sa validité : « Le riche et le pauvre se rencontrent : l’Éternel les a tous faits ». Ce que la parole de Dieu nous donne toutefois à considérer, est ceci : Le croyant n’est qu’un administrateur de ce que Dieu lui a confié comme biens terrestres ; ils ne lui appartiennent pas. Il est tenu d’utiliser ses possessions terrestres en vue du temps à venir, le temps où les richesses (Mammon) injustes auront pris fin, et où il s’agira d’être reçu « dans les tabernacles éternels » (Luc 16:1-13). Nous devons accumuler des trésors dans le ciel (Matt. 6:19-21), étant riches en bonnes œuvres, prompts à donner, enclins à la libéralité (1 Tim. 6:18), nous souvenant des pauvres et portant les charges des uns et des autres, de manière à accomplir la loi du Christ (Gal. 2:10 ; 6:2). L’apôtre pouvait écrire aux croyants de Thessalonique, nouvellement convertis : « … car vous-mêmes, vous êtes enseignés de Dieu à vous aimer l’un l’autre » (1 Thes. 4:9). S’aimer l’un l’autre, voilà la règle d’or qui ne peut jamais défaillir, même pas quand il s’agit de donner et de prendre. L’amour aime à servir, et donner est plus heureux que de recevoir (20:35). Ainsi, Dieu ne nous a pas laissés sans direction pour le chemin, comment et dans quel but nous devons utiliser nos possessions terrestres. Considérons seulement cette grande partie de la deuxième épître aux Corinthiens que l’apôtre Paul a consacrée à la question du don chrétien et avec quelles paroles ardentes il ramène tout à un point : « car Dieu aime celui qui donne joyeusement » (9:7) ! Même le plus pauvre de ce monde peut faire du bien à d’autres croyants : Il peut prier pour eux ! « Suivant que chacun de vous a reçu quelque don de grâce, employez-le les uns pour les autres, comme bons dispensateurs de la grâce variée de Dieu » (1 Pierre 4:10). Les tentatives n’ont jamais manqué de vouloir reconstituer l’état d’Actes 2 et d’avoir tout en commun, mais toutes, sans exception, ont échoué honteusement, et n’ont conduit qu’à déshonorer le Seigneur. Restons-en donc fermement à ceci : Selon les pensées du Seigneur, le verset 42 devrait rester le modèle pour nous (« ils persévéraient… ») ; quant au v. 44 (« ils avaient toutes choses communes »), il ne nous est pas recommandé de l’imiter. Le Seigneur nous a donné d’autres instructions pour le chemin. 5.4 Juifs chrétiens — Actes 2:46 Ce que nous trouvons dans le verset suivant, n’est pas non plus recommandé comme modèle à imiter : « Et tous les jours ils persévéraient d’un commun accord dans le temple ; et, rompant le pain à la maison [JND : dans leurs maisons] … » (2:46). Je ne pense pas que soit à imiter cet exemple, peut-être déconcertant pour nous aujourd’hui, de dualisme dans le comportement des croyants d’alors : persévérer dans le temple, et rompre le pain dans les maisons. Par cela, il devient clair que l’enseignement sur la vraie position de l’assemblée comme corps de Christ n’avait pas encore été donné, et que cette période de temps avait clairement un caractère transitoire. Les premiers chrétiens restaient encore attachés solidement au système Juif, et il ne leur venait absolument pas à l’idée de se retirer du service dans le temple. Au contraire, ils persévéraient d’un commun accord tous les jours dans le temple. Cependant le judaïsme était devenu un système mort, au plus tard depuis la crucifixion du Seigneur (Matt. 23:38), et le Seigneur voulait en faire sortir les Siens. De Son vivant avant la croix, Il leur avait déjà parlé du « bon berger » et de « ses brebis », et avait dit : « les brebis écoutent sa voix ; et il appelle ses propres brebis par leur nom, et les mène dehors », — dehors de la « bergerie » d’Israël (Jean 10:3). Il était lui-même « la porte », c’est-à-dire celui qui avait les pleins pouvoirs pour le faire (Jean 10:7). Mais il a fallu beaucoup d’années en pratique pour achever ce changement, jusqu’à ce que les premiers chrétiens comprennent qu’ils avaient cessé d’être Juifs. Comme déjà dit, cela a duré tout le temps du livre des Actes. Entre-temps, ils étaient plus ou moins améliorés, c’est-à-dire des Juifs chrétiens. Par la foi et le baptême, ils s’étaient certes sauvés de « cette génération perverse », et se tenaient par-là sur le terrain chrétien ; ils avaient aussi reçu le Saint Esprit et avaient été ainsi ajoutés à l’organisme chrétien unique en son genre, le corps de Christ — il est vrai sans le savoir. Mais ils restaient pratiquement encore en relation avec le système Juif, et cela était une contradiction en soi. Mais avec combien de grâce le Seigneur a supporté ce temps de transition et a laissé du temps aux Siens pour trouver leur place dans les nouvelles relations ! Nous avons déjà vu cela. Avec une lumière croissante, particulièrement par le ministère de l’apôtre Paul, il devint de plus en plus clair qu’un tel état était à la longue intolérable. Si nous gardons cela à l’esprit, nous serons gardés de tirer de fausses conclusions pour nous aujourd’hui, à partir de ce verset et d’autres passages semblables du livre des Actes. Encore une circonstance mérite absolument d’être mentionnée à cette occasion : Les croyants rompaient le pain « à la maison » [idem W.Kelly et Carrez ; JND en français : dans leurs maisons]. C’est la signification des mots grecs dans le texte original, non pas de maison en maison [version autorisée anglaise du roi Jacques], comme si cette institution chrétienne, la cène du Seigneur, passait en tournant de maison en maison, mais c’était à la maison. Ils ont senti, probablement de façon plutôt instinctive que le repas du souvenir du Seigneur mort et ressuscité ne convenait pas au temple : Ils ont rompu le pain à la maison. Le contraste dans ce verset est donc aussi entre : « dans le temple » et « à la maison ». 5.5 La nourriture avec joie — Actes 2:46-47a Même lors de leurs repas habituels, ils n’oubliaient pas le dernier désir du Seigneur, la nuit où Il fut livré. Et ainsi, nous lisons : « Et tous les jours ils persévéraient d’un commun accord dans le temple ; et, rompant le pain à la maison [JND : dans leurs maisons], ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur, louant Dieu, et ayant la faveur de tout le peuple » (2:46-47a). Il est intéressant de voir comment la fraction du pain est citée conjointement avec la nourriture qu’ils prenaient habituellement aux repas. Cela ne devrait toutefois pas être une occasion amenant à confondre ces deux choses. Car ne pas prendre garde à la différence entre ce qui a été institué par le Seigneur et un repas ordinaire, ce n’est pas autre chose que « ne pas distinguer le corps » — un danger dans lequel les croyants à Corinthe étaient tombés (1 Cor. 11:29). J’ai déjà essayé de montrer pourquoi ces deux choses sont ici côte à côte : Le sentiment d’appartenance commune des croyants à la famille de Dieu était si grand, qu’ils prenaient ensemble les repas ordinaires, et les rattachaient au souvenir du Sauveur mort en rompant le pain tous les jours. D’ailleurs le Seigneur Jésus lui-même aussi avait institué le repas du souvenir en relation avec un autre repas, celui de la Pâque : « Et comme ils mangeaient, Jésus, ayant pris un pain … » (Marc 14:22). Ainsi il nous est d’abord montré comment s’exprimait la vie des premiers chrétiens en rapport avec le service divin — ils montaient au temple, et rompaient le pain à la maison ; puis nous apprenons les suites bénies qui en découlaient pour leur vie normale : ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur. La joie du Seigneur pénétrait même leurs circonstances et travaux naturels. Ils sont pour nous un modèle brillant de ce dont l’apôtre Paul parle en 1. Cor. 10:31 : « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu ». Cette relation entre les choses élevées, spirituelles et les choses terrestres, naturelles est pour moi quelque chose de particulièrement précieux. Nous avons parfois tendance à les séparer complètement dans nos pensées, comme si elles n’avaient rien à faire les unes avec les autres. En vérité, elles ont le même Dieu et Père à l’origine, et le chrétien peut se réjouir de tout ce qui vient de Lui. Lui qui est à la source de toutes les bénédictions et joies spirituelles, est aussi Celui qui, par rapport aux hommes naturels, ne s’est pas laissé sans témoignage en leur donnant du ciel des pluies et des saisons fertiles, remplissant leurs cœurs de nourriture et de joie (14:17). Les premiers chrétiens n’étaient ni des originaux ni des ascètes. Ils prenaient aussi la nourriture pour leur corps de la main de leur Dieu (cf. 1 Tim. 4:4-5 ; 6:17), et ils en jouissaient dans la communion les uns avec les autres, et de ce fait leur joie n’en était que multipliée. Heureuses personnes ! Même dans ces repas habituels, l’allégresse (car c’est le sens du mot grec pour « joie ») se faisait entendre. Personne n’était mis de côté, comme cela marque malheureusement nos fêtes actuelles ; mais c’était l’allégresse de cœurs reconnaissants et heureux qui éclataient en louange de Dieu. 5.5.1 Simplicité de cœur — Actes 2:46 Cette joie était accompagnée de « simplicité » ou de « modestie de cœur ». C’est aussi une belle expression : la simplicité du cœur. Le contraire n’est pas tellement un cœur « double », mais plutôt un cœur « compliqué ». En généralement aujourd’hui, nous savons et nous voulons beaucoup trop pour avoir l’esprit simple. Combien nous perdons souvent de bénédictions et de bonheur, parce que nos pensées et nos sentiments sont tous devenus si compliqués que nous ne sommes pas prêts à accepter d’un cœur simple et modeste ce qui vient de la main de Dieu, ce qu’Il nous a destiné dans Sa bonté comme bénédictions naturelles et spirituelles. Quand la foi agit et qu’on jouit de la grâce de Dieu, le cœur sera caractérisé par une certaine simplicité ou modestie qui rendra la vie heureuse et belle. Je considère cela comme un point très important de nos jours, dans lesquels malheureusement bien des enfants de Dieu ont le moral ou l’âme malades. Que Dieu nous accorde en toute gravité et avec toute détermination un cœur large qui, en toute simplicité et spontanéité, se réjouit de ce qui vient de Lui ! Cette disposition positive de cœur conduit à l’allégresse et à la joie, et elle est le meilleur remède contre la morosité et les pensées sombres. 5.5.2 La faveur du peuple — Actes 2:47a Les premiers chrétiens étaient une foule très heureuse. Le Seigneur Jésus était tout pour eux, et du fait qu’ils Le possédaient, ils possédaient aussi le secret du vrai bonheur. Leur bonheur rayonnait aussi au dehors, de sorte qu’ils avaient la faveur de tout le peuple. Lorsque le Seigneur Jésus était un enfant de douze ans, il est aussi dit de Lui qu’Il avançait en sagesse et en stature, et en « faveur auprès de Dieu et des hommes » (Luc 2:52). Mais cela n’a pas tardé que cette faveur s’est changée chez ces hommes en une haine acharnée : tandis qu’Il leur parlait des paroles de vérité, ils furent tous remplis de rage dans la synagogue de Nazareth, et ils voulaient le précipiter de la montagne (Luc 4:22-30). Également pour les premiers chrétiens, il ne s’est pas passé longtemps jusqu’à ce que quelques-uns d’entre eux furent jetés en prison à cause de leur témoignage, voire même mis à mort. La faveur chez les hommes n’a rien de constant, rien de fiable, sur quoi l’on pourrait ou devrait construire. Il y a un fait qu’on observe et qui se répète : Si, en tant que chrétiens heureux, nous laissons voir douceur et débonnaireté à tous les hommes (Phil 4:5), en général Dieu ne nous privera pas de la faveur des hommes. Naturellement il arrive parfois que ce soit justement l’inverse qui arrive : Malgré un témoignage et un comportement plein de grâce, une haine acharnée s’enflamme. Dans certains cas, la crainte de Dieu gagne les cœurs, dans d’autres elle excite l’inimitié. Cependant tout est dans la main du Seigneur. Il se sert des choses, Il les conduit selon que cela est bon pour Son peuple. Ici, la flamme du témoignage divin était encore petite et jeune, et il n’a pas permis qu’une bourrasque d’inimitié haineuse l’éteigne. Une fois que le témoignage se fut affermi, Il a permis à l’orage de venir, mais celui-ci n’a pas pu éteindre le feu de son souffle : Il l’a attisé et activé. Nous aussi, il nous faut accepter les deux choses de la bonne main du Seigneur : la faveur des hommes et son inimitié ! 5.6 Le Seigneur ajoutait — Actes 2:47b Le travail de Dieu faisait des progrès rapides, et le chapitre termine par ces paroles remarquables : « Et le Seigneur ajoutait tous les jours (à l’assemblée) ceux qui devaient être sauvés » (2:47b). 5.6.1 Ajoutait à l’Assemblée — Actes 2:47b Les mots à « l’assemblée » manquent dans les manuscrits les meilleurs et les plus anciens. Pour cela, ils insèrent dans le v. 47 la tournure grecque déjà mentionné « epi to auto » (= « ensemble, assemblés ») du ch. 3 v. 1, de sorte que le ch. 3 commence ainsi : « Et Pierre et Jean montaient au temple », tandis que le v. 47 du ch. 2 devient littéralement : « Et le Seigneur ajoutait tous les jours ensemble ceux qui devaient être sauvés ». Cela modifie très peu le sens, et ainsi ce verset est rendu comme suit dans d’autres traductions : « Et le Seigneur ajoutait tous les jours à leur communion ceux qui devraient être sauvés » (Traduction œcuménique). Dans le livre des Actes, le mot « assemblée » se rencontre pour la première fois seulement en Actes 5:11, et là il est encore ajouté quelques versets plus loin : « mais, d’entre les autres, nul n’osait se joindre à eux » (5:13). Les hommes se joignent aujourd’hui à telle ou telle communauté ou église chrétienne, mais on ne peut pas se joindre à l’assemblée du Dieu vivant. On ne peut rien faire pour cela, sinon de commencer par se convertir. C’est le Seigneur lui-même qui ajoute à la communauté des croyants, à l’Assemblée. Lui seul peut ajouter au corps, dont Il est Lui-même la tête dans le ciel. Cela a lieu par la réception du Saint Esprit, comme nous l’avons déjà considéré en détail. Retenons encore bien ceci : Il s’agit ici effectivement de l’assemblée, à laquelle le Seigneur ajoute ; mais elle n’est pas encore désignée par ce nom. 5.6.2 Devaient être sauvés — Actes 2:47b L’expression « ceux qui devaient être sauvés » requiert peut-être encore une certaine explication. Littéralement, il est écrit : « les devenant sauvés ». L’utilisation du présent en grec dans ce contexte peut soit caractériser un processus pour devenir sauvé, soit mettre en relief le caractère d’une certaine classe d’hommes. Ici il semble qu’il s’agit de la deuxième signification, comme d’ailleurs aussi en Luc 13:23, où la même construction avec le participe présent est utilisée : « Seigneur, ceux qui doivent être sauvés sont-ils en petit nombre ? ». Il s’agit de la classe de ceux qui deviennent sauvés. Ce qui est présenté n’est pas le temps où quelque chose arrive, mais le caractère de la chose. Dans cette phrase, l’expression « devant être sauvés » n’a pas la même portée que le « salut » ou « être sauvés » tel qu’on le trouve plus tard dans le Nouveau Testament. Naturellement ils étaient sauvés dans le plein sens du terme, sauvés en vue de l’éternité. Aucun doute ne peut exister à cet égard. « Car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Éph. 2:8). Mais ici il est parlé de la classe de ceux qui étaient caractérisés par le fait qu’ils devaient être sauvés — non pas sauvés du jugement éternel, mais du jugement temporel qui allait bientôt s’abattre sur le peuple Juif et sur Jérusalem. C’était sans exception des Juifs devenus croyants et que le Seigneur ajoutait à la communion de ceux qui étaient déjà sur le terrain chrétien. Par le fait qu’ils étaient ajoutés à l’Assemblée, aux yeux de Dieu ils n’appartenaient plus au peuple Juif, sur qui l’épée du jugement de Dieu était suspendue. 5.6.3 Tous les jours — Actes 2:47b Encore une remarque concernant l’expression « tous les jours »! Ils rompaient le pain tous les jours au début, et tous les jours le Seigneur ajoutait. C’est quand même très beau ! Aucun jour ne se passait sans que quelques noms aient été inscrits dans le livre de vie. Dieu, le Tout-Puissant, l’Éternel, a Sa propre tenue de comptes pour ce temps-ci, pour chaque jour ; et si nous nous représentons un peu que dans le livre de vie de l’Agneau immolé (Apoc. 13:8) il y aurait une page par jour, alors aucune page ne serait blanche pour ces premiers jours du christianisme. Il se peut que quelques pages écrites soient plus moins pleines que d’autres. Dans les jours du commencement l’Esprit de Dieu opérait puissamment, tandis qu’aujourd’hui notre infidélité L’inhibe à bien des égards. Et pourtant je crois qu’encore aujourd’hui le Seigneur ajoute tous les jours sur la vaste surface de la terre, et que, pour en rester à la comparaison imagée, aucune des pages du livre de la vie ne reste blanche. Mais dis-moi, cher ami, ton nom est-il déjà inscrit dans ce livre ? Beaucoup de jours de ta vie sont déjà passés ! À l’un d’entre eux, s’est-il produit ce grand événement ? Si oui, alors tu auras éternellement un motif de Le remercier, et toi de te réjouir. « Réjouissez-vous plutôt de ce que vos noms sont écrits dans les cieux » (Luc 10:20). Sinon, alors dépêche-toi aujourd’hui d’aller dans les bras du Sauveur, de Celui qui veut être ton Sauveur à toi ! Ou veux-tu te tenir un jour devant le grand trône blanc, devant Lui en tant que Juge des morts, et vivre ce moment où le livre de la vie sera ouvert (Apoc. 20:12) pour vérifier si ton nom s’y trouve, et voilà qu’il n’y sera pas ? Cela signifierait ton jugement éternel ! Car il est écrit : « Et si quelqu’un n’était pas trouvé écrit dans le livre de vie, il était jeté dans l’étang de feu » (Apoc. 20:15). En ce temps-là des Actes, chaque jour quelques noms étaient ajoutés, chaque jour quelques-uns. Aujourd’hui encore, , le Seigneur ajoute celui-ci ou celui-là, chaque jour quelques-uns. Mais ce processus ne progresse que tant qu’il fait « jour ». La nuit vient, où personne ne peut travailler (Jean 9:4), pas même Lui, le Fils de l’homme. Alors, plus personne ne pourra être ajouté, cet acte quotidien du Seigneur qui ajoutait sera passé pour toujours. 5.7 Remarques finales C’est ainsi que se termine ce ch. 2 des Actes extrêmement riche et important. Il a commencé avec l’heure de naissance de l’Assemblée, et il se termine par la multiplication du nombre de ceux qui en font partie. Il nous a fait entendre la première prédication chrétienne, il nous a présenté le premier baptême chrétien, et nous a donné le premier récit historique sur la fraction du pain. Il nous a montré ce qui caractérisait les premiers chrétiens dans la doctrine et dans la marche. Le premier verset du chapitre a contenu les mots grecs « epi to auto » = « ensemble » : Ils étaient tous ensemble en un même lieu ; et le dernier verset du même chapitre se termine en grec précisément par les mêmes mots — « epi to auto » = « ensemble » : Le Seigneur ajoutait à ceux qui appartenaient à la même famille, et qui dans ces jours du commencement étaient pratiquement ensemble et demeuraient ensemble (2:44). Le Seigneur nous a accordé un aperçu sur un tableau parfait tracé par Lui — un tableau qui nous présente de manière impressionnante ce qui était « dès le commencement ». Nous avons pu voir, comment les disciples de ces jours ont formé une unité visible, un « peuple pour Son nom » (15:14). Aujourd’hui ce beau tableau est en grande partie détruit extérieurement par l’infidélité de l’homme. Mais combien il est rassurant, que les pensées du Seigneur restent les mêmes, et la foi peut encore aujourd’hui les réaliser ! Aujourd’hui aussi encore nous pouvons encore garder « l’unité de l’Esprit » dans le lien de la paix (Éph. 4:3). Ne reconnaissons, en doctrine et en pratique, aucune autre unité que celle que Lui reconnaît et que nous avons appris à connaître ici ! C’est l’unité que Lui-même a faite, l’unité du corps de Christ, à laquelle il ajoute aujourd’hui encore. « Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés pour une seule espérance de votre appel »

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