A L'OCCASION DE LA MORT DE GEORGE WHITEFIELD Nombres 23,10 : John Wesley

03:36Ministere MotsdeDieu

Que je meure de la mort des hommes droits, et que ma fin soit semblable à la leur. (No 23 : 10) Sermon prêché par deux fois le dimanche 18 novembre 1770, dans deux chapelles de Londres, et une troisième fois, le 23, dans la ville de Greenwich. George Whitefield, né en 1714, fut un des premiers associés de J. Wesley à Oxford. Pour les détails, voir John Wesley, sa vie et son œuvre, par Matthieu. Lelièvre, 2° édit. « Que ma fin soit semblable à la sienne ! » Tel est, à coup sûr, le voeu formé par beaucoup d'entre vous. Peut-être n'y en a-t-il guère, dans cette nombreuse assemblée, qui ne le fassent pas. Puisse ce désir s'entretenir en vous, et ne jamais cesser jusqu'à ce que vous soyez parvenus, vous aussi, « là où les méchants ne tourmentent plus personne, et où ceux qui sont fatigués se reposent ! (Job 3 : 17) » Dans les circonstances spéciales qui nous réunissent, vous ne vous attendez pas à une étude complète de notre texte. Cela détournerait trop longtemps vos pensées de l'objet qui les remplit, objet triste et doux en même temps, le souvenir de celui en qui vous avez chéri un frère, un ami, un pasteur, je pourrais dire un père ; car combien n'y en a- t-il pas ici qu'il a « engendrés en Jésus-Christ (1Co 4 : 15) ? » Ce discours sera sans doute plus en rapport avec vos préoccupations et avec la solennité de la circonstance, si nous nous entretenons immédiatement de l'homme de Dieu qui, si souvent, vous a adressé la parole dans ce lieu de culte, et dont la vie se résume, vous le savez, dans ces mots : « Jésus-Christ est le même hier, aujourd'hui et éternellement ! (Heb 13 : 8) » Il convient donc que d'abord nous rappelions quelques-uns des traits de sa vie et de sa mort ; qu'ensuite nous disions quelque chose de ses qualités distinctives ; et enfin que nous cherchions à profiter de l'événement solennel qui vient de l'enlever soudainement du milieu de nous. I Rappelons d'abord quelques détails relatifs à sa vie et à sa mort. Il naquit à Gloucester, en décembre 1714, et, à l'âge de douze ans, il entra dans l'école secondaire de cette ville. Il avait dix-sept ans lorsqu'il commença à s'occuper sérieusement de religion et à servir Dieu du mieux qu'il savait. Vers l'âge de dix-huit ans, il se rendit à l'université d'Oxford, et fut admis dans le collège de Pembroque. Un an plus tard, il faisait connaissance avec ceux qu'on appelait les méthodistes et, à partir du premier jour, il les aima comme sa propre âme. Ce fut par leur moyen qu'il arriva à la conviction qu'il nous faut naître de nouveau, ou bien notre religion n'étant qu'extérieure, ne nous servira de rien. Il s'associa avec eux pour jeûner, le mercredi et le vendredi, pour visiter les malades et les prisonniers, et pour « ramasser les miettes (Jea 6 : 12) » du temps, afin qu'aucun moment ne se perdit. Il modifia la direction de ses études et se mit à lire surtout des livres qui allaient droit au cœur de la religion, qui menaient directement à connaître par expérience Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié. Bientôt il fut éprouvé comme par une fournaise. Non seulement il dut faire le sacrifice de sa réputation et voir quelques-uns de ses meilleurs amis lui tourner le clos, mais il passa par des épreuves intérieures, extrêmement pénibles. Il resta sans dormir pendant bien des nuits ; et, pendant bien des jours, il demeura prosterné sur le sol. Mais, après avoir gémi plusieurs mois sous le joug de « l'esprit de servitude » ; il sentit que Dieu enlevait son fardeau écrasant et lui donnait « l'Esprit d'adoption (Ro 8 : 15) », en lui faisant la grâce de s'attacher ; par une foi vivante, à « son Fils bien-aimé (Col 1 : 13) » On crut qu'un changement d'air était nécessaire pour le rétablissement de sa santé, qui avait beaucoup souffert, et il se rendit à Gloucester, où Dieu lui accorda de contribuer à réveiller plusieurs jeunes personnes. Celles-ci formèrent bientôt, en se groupant, une petite société ; ce furent là les prémices de son ministère. Peu de temps après, il commença à faire, deux ou trois fois par semaine, des lectures à quelques pauvres gens de la ville, et chaque jour il allait lire et prier avec ceux qui étaient détenus dans la prison du comté. Il avait alors environ vingt et un ans, et on le pressait d'entrer dans les rangs du clergé. Mais il hésitait fort à le faire, se sentant insuffisant pour cette œuvre. L'évêque le fit appeler et lui dit : « J'avais résolu de ne consacrer personne avant l'âge de vingt-trois ans ; mais je vous consacrerai dès que vous voudrez ». Cela, joint à diverses autres circonstances providentielles, le décida à accepter, et il fut consacré le dimanche de la Trinité 1736 (Dimanche après celui de Pentecôte). Le dimanche suivant, il prêcha devant un auditoire très nombreux, dans l'église même où il avait été baptisé. Dans la semaine qui suivit, il retourna à Oxford et y prit son grade de bachelier. A partir de ce moment, il trouva là abondance d'occupations ; car c'était surtout à lui qu'on laissait le soin des pauvres et des prisonniers. Mais, peu de temps après, il fut invité à aller remplacer à Londres un de ses amis qui se rendait, à la campagne. Il y passa deux mois, pendant lesquels il logeait à la Tour de Londres ; et, deux fois par semaine, il présidait un service liturgique dans la chapelle de la Tour ; il y faisait le catéchisme et y prêchait une fois, et de plus il visitait les soldats dans leurs casernes et à l'infirmerie. Outre cela, il tenait chaque soir un culte dans la chapelle de Wapping, et chaque mardi il prêchait, dans la prison de Ludgate. Tandis qu'il était à Londres, il reçut de ses amis qui étaient en Géorgie (Les deux frères Wesley étaient partis comme chapelains de la nouvelle colonie qui s'était formée en Géorgie, (Amérique du Nord) ) des lettres qui lui firent désirer d'y aller pour les aider ; mais, n'étant, pas bien convaincu que Dieu l'y appelât, il retourna, au bout de ces deux mois, à Oxford, pour y reprendre sa petite œuvre. Plusieurs jeunes gens s'y réunissaient tous les jours dans son appartement, pour s'affermir mutuellement dans leur très sainte foi. Mais il dut bientôt tout quitter, étant appelé à desservir temporairement la paroisse de Dummer, dans le Hampshire. Dans cette Eglise, il présidait un culte deux fois par jour, le matin de bonne heure et le soir quand les gens étaient de retour de leurs travaux. Chaque jour aussi, il donnait une instruction religieuse aux enfants et visitait les familles « de maison en maison (Act 20 : 20) ». A. cette époque, il divisait sa journée en trois portions : huit heures pour le sommeil ou les repas, huit heures pour l'étude et le recueillement, huit heures pour le culte public, les catéchismes et les visites. Un serviteur fidèle de Jésus-Christ et de son Eglise pourrait-il mieux agir ? Si l'on admet que c'est impossible, alors nous dirons : « Va et fais de même ! (Lu 10 : 37) » Mais la pensée qu'il devait aller à l'étranger le poursuivait. Etant à ce moment-là bien convaincu que Dieu l'y appelait, il lit tous ses préparatifs et se rendit à Gloucester, en janvier 1737, pour y prendre congé de ses amis. Ce fut au cours de ce voyage que Dieu commença a bénir extraordinairement son ministère. Partout où il prêcha, à Gloucester, à Stotnehouse, à Bath, à Bristol, des foules d'auditeurs accoururent, à tel point qu'on pouvait à peine endurer la chaleur dans les églises. Les impressions produites sur l'esprit de beaucoup de personnes furent très remarquables. Quand il fut de retour à Londres, où le général Oglethorpe le retint semaine après semaine et mois après mois, le Seigneur daigna bénir encore davantage sa prédication. Il se montrait infatigable ; le dimanche il prêchait en général quatre fois, sans parler des prières liturgiques qu'il lisait deux ou trois fois en public, et sans compter qu'il faisait souvent seize à dix-huit kilomètres. Le 28 décembre, il quitta Londres. Ce fut le 29 que, pour la première fois, il prêcha sans le secours de notes écrites. Le 30 décembre, il s'embarqua ; mais un mois s'écoula avant que le bateau perdit de vue les côtes. Cette traversée si longue eut d'heureux effets, comme le montre ce qu'il écrivit au mois d'avril : « Béni soit Dieu ! nous sommes maintenant très heureux dans le grand salon du bateau. On n'y parle plus guère que de Dieu et de Jésus-Christ ; quand nous y sommes réunis, on s'entretient presque uniquement de choses qui se rattachent, soit à notre chute par le premier Adam, soit à notre nouvelle naissance par le second ». Ils s'arrêtèrent quelque temps à Gibraltar, et cela aussi paraît avoir été un arrangement providentiel ; car, dans cette ville, tant les civils que les militaires, riches et pauvres, jeunes et vieux, tous « reconnurent le temps où ils étaient visités (Lu 19 : 44) ». A partir du dimanche 7 mai 1738 et jusqu'à la fin d'août de la même année, il remplit les devoirs de son ministère dans la Géorgie, et en particulier à Savannah. Chaque jour, il présidait le culte par deux fois et y expliquait la parole de Dieu ; puis il visitait les malades. Le dimanche, il expliquait la parole de Dieu à cinq heures du matin ; à dix heures du matin et à trois heures de l'après-midi, il lisait les prières et prêchait ; dans la soirée, à sept heures, il expliquait le catéchisme de l'Eglise. Nos collègues dans le ministère en Angleterre en Ecosse, en Irlande trouveront sans doute qu'il est plus facile de critiquer un pareil ouvrier du Seigneur que d'imiter son exemple. Il fut frappé de la triste situation où se trouvaient beaucoup d'enfants dans ce pays, et Dieu lui mit au cœur la pensée d'y fonder un orphelinat. Dans ce but, il songea à collecter des fonds en Angleterre, si le Seigneur lui accordait un heureux retour. Au mois de décembre, il se trouvait rentré à Londres, et le dimanche 14 janvier 1730, il reçut les ordres de la prêtrise (L'Eglise anglicane a retenu des expressions qui chez nous, appartiennent au catholicisme romain – Trad.) dans l'église du Christ à Oxford. Le jour suivant, il retourna à Londres, où il prêcha deux fois le dimanche 21. Bien que les églises fussent vastes et que les auditeurs fussent entassés, des centaines de gens restaient dehors dans les cimetières, autour des églises ; des centaines retournaient chez eux, sans avoir pu entrer. C'est ce qui lui donna la première idée de prêcher en plein air. Mais quand il en parla à quelques-uns de ses amis, cela leur parut une folie ; il n'exécuta donc point ce projet pendant son séjour à Londres. Ce fut un mercredi, le 21 février, à Bristol, que, trouvant fermées les portes de toutes les églises (sans compter qu'aucune n'eut pu contenir la moitié de l'auditoire), il se rendit à trois heures de l'après-midi à Kingswood, où il prêcha dans la campagne à environ deux mille personnes. Le vendredi, il y prêcha à quatre à cinq mille ; le dimanche suivant, à dix mille, autant qu'on en put juger. Le nombre de ses auditeurs alla en augmentant pendant tout le temps qu'il passa à Bristol, et, il s'est allumé là un foyer d'amour céleste qui ne s'éteindra pas de sitôt. Les mêmes effets se produisirent ensuite en diverses partie du pays de Galles et des comtés de Gloucester et de Worcester. De fait, Dieu confirma le témoignage rendu par son envoyé, partout où il passa. Le dimanche 29 avril, il prêcha pour la première fois à Moorfields et sur le communal de Kennington (A Londres), et les milliers de gens qui l'écoutèrent là furent aussi tranquilles que si l'on avait été dans l'enceinte d'un temple. Se voyant de nouveau retenu en Angleterre, mois après mois, il fit de petits voyages dans différents comtés, et reçut les offrandes empressées de la multitude en faveur de son orphelinat de la Géorgie. A cette époque, le gouvernement mit l'embargo (Défense de sortir des ports ; on faisait cela en vue de réquisitionner les services des vaisseaux qui seraient jugés utiles – Trad.) sur les vaisseaux, ce qui empêcha notre frère de partir et lui donna l'occasion de faire, dans diverses portions de l'Angleterre, des tournées pour lesquelles beaucoup d'âmes rendront grâces à Dieu pendant toute l'éternité. Il s'embarqua finalement le 14 août ; mais il n'aborda en Pennsylvanie, que le 30 octobre. Il traversa les colonies de Pennsylvanie de New-Jersey, de New York, de Maryland, de Virginie et les Carolines du Nord et du Sud, prêchant partout, à des foules immenses, avec tout autant de bénédiction qu'en Angleterre. Le 10 janvier 1740, il parvint à Savannah. Le 29 du même mois, il ajouta trois pauvres orphelins à une vingtaine d'autres qu'il avait déjà réunis. Le jour suivant, il traça le plan de son établissement, à environ 16 kilomètres de Savannah. Le 11 février, il admit quatre orphelins de plus ; puis il partit pour Frédérica, en vue d'y recueillir quelques orphelins venus des régions méridionales de la colonie. A son retour, il établit une école pour enfants et pour adultes à Darien, et là encore il trouva quatre orphelins. Le 25 mars, il posa les fondements de l'orphelinat, auquel il donna le nom bien approprié de Béthesda. Bien des enfants encore à naître béniront Dieu de ce que cette œuvre a été commencée. Il avait dès lors près de quarante orphelins, et en tout presque une centaine de bouches à nourrir tous les jours, Mais il ne s'inquiétait d'aucune chose, et se déchargeait de tout souci sur celui qui nourrit les petits du corbeau quand ils crient. Au mois d'avril, il fit une nouvelle tournée en Pennsylvanie et dans les colonies de New Jersey et de New York. Des foules incroyables accouraient pour l'entendre, et, dans le nombre, des quantités de noirs. Partout la masse des auditeurs étaient touchés d'une façon merveilleuse. Beaucoup furent profondément convaincus de leur état de perdition ; beaucoup se convertirent sincèrement au Seigneur. Dans certaines localités, des milliers de personnes poussaient des cris d'angoisse, et nombre d'entre elles semblaient à l'agonie, la plupart versant des torrents de larmes, quelques-unes devenant, pâles comme la mort, d'autres se tordant les mains, d'autres gisant à terre, d'autres encore tombant, entre les bras de leurs amis, et presque tous levant les yeux au ciel et implorant la miséricorde Le 5 juin, il était de retour à Savannah. Dans la soirée du lendemain, pendant. le culte public, tout l'auditoire, tant les vieux que les jeunes, fondit larmes, et, à l'issue du service ; plusieurs de ses paroissiens et aussi toute sa propre famille, surtout les petits enfants, rentrèrent chez eux en pleurant tout le long du chemin, et même quelques-uns ne pouvaient s'empêcher de prier à haute voix. Les sanglots et les pleurs des enfants continuèrent pendant toute la nuit, et pendant une bonne partie de la journée suivante. Au mois d'août, il se remit, en route et, traversant diverses provinces, il parvint à Boston. Pendant le temps qu'il passa là ou dans des localités voisines, il eut à endurer une grande faiblesse physique, ce qui n'empêcha point les auditoires d'être si considérables et si extraordinairement affectés par la prédication que, de mémoire d'homme, on n'avait rien vu de pareil dans le pays. La même démonstration de puissance accompagna sa parole à New York, et tout particulièrement le dimanche 2 novembre. Il avait à peine commencé de parler que de tous côtés on entendit des cris, des pleurs, des sanglots. Beaucoup tombèrent à terre. Le cœur transpercé ; mais beaucoup aussi furent remplis des consolations divines. Vers la fin de ce voyage, il faisait les réflexions suivantes : « Il y a soixante-cinq jours que j'arrivai à Rhode Island, extrêmement affaibli dans mon corps. Cependant Dieu m'a donné la force de prêcher dans cet intervalle cent soixante et quinze fois en public, sans compter de nombreuses exhortations en particulier. Jamais Dieu ne m'avait accordé tant de bonheur ; jamais je n'ai éprouvé moins de fatigue en voyageant ; jamais je n'ai joui si constamment du sentiment de la présence de Dieu, au milieu des assemblées auxquelles je prêchais ». Au mois de décembre, il revint à Savannah, et, en mars de l'année suivante, il se trouvait de nouveau en Angleterre. Vous aurez compris déjà que le récit que je viens de vous faire est tiré principalement du journal de sa vie, journal qui, par sa simplicité naïve et exempte de toute affectation, se place au premier rang parmi les écrits de ce genre. Et ce qui précède est un échantillon fidèle de ses travaux en Europe et en Amérique pendant les trente années qui ont suivi, comme aussi des pluies continuelles de bénédictions que le Seigneur a répandues comme récompense des efforts de son serviteur. N'est-il pas bien regrettable qu'il se soit laissé arrêter dans la rédaction de ce journal et ne l'ait reprise que vers l'époque où Dieu allait le rappeler à lui pour le faire jouir du fruit de ses travaux ? Mais s'il a laissé d'autres écrits de cette nature, et si ses amis me jugent digne de cet honneur, je me ferais un plaisir, et ce serait pour moi une gloire, de les mettre en ordre, de les transcrire et de les préparer en vue de leur publication. Un monsieur qui habite Boston nous fournit les détails qui suivent sur les derniers moments de White-field : « Après avoir passé environ un mois avec nous, à Boston ou dans le voisinage, prêchant tous les jours pendant ce temps, il se rendit à Old-York et y prêcha le jeudi 27 septembre. De là il alla à Portsmouth et y prêcha le vendredi. Il se mit en chemin pour Boston le samedi matin ; mais avant qu'il fût arrivé à Newbury, où il avait promis de prêcher dans la matinée du lendemain, on insista pour qu'il donnât une prédication en route ; et, la maison où il était ne pouvant contenir la foule, ce fut dans un champ, en plein air, qu'il prêcha. Mais il était indisposé depuis plusieurs semaines, et cet effort l'épuisa tellement qu'en arrivant à Newbury, il fallut que deux hommes l'aidassent à sortir du bac. Cependant il se remit dans la soirée et retrouva son entrain habituel. Il se retira dans sa chambre à neuf heures, selon son usage, auquel il ne dérogeait pour personne, et il reposa mieux qu'il n'avait fait depuis plusieurs semaines. Le 30 septembre, il se leva à quatre heures du matin, et entra dans son cabinet pour prier ; son compagnon de voyage remarqua qu'il y était resté beaucoup plus longtemps que d'habitude, Quand il en sortit et vint retrouver son compagnon, il se jeta sur le lit et y demeura à peu près dix minutes. Puis il se mit à genoux et demanda au Seigneur avec beaucoup d'ardeur que, si c'était selon sa volonté, il lui permit d'achever ce jour-là son ministère. Il chargea ensuite son serviteur d'appeler M. Parsons, le pasteur chez qui il était logé ; mais une minute plus tard, avant l'arrivée de Parsons, il expirait, sans avoir poussé un gémissement ou un soupir. En apprenant la nouvelle de sa mort, six messieurs partirent pour Newbury afin de ramener ici sa dépouille mortelle ; mais il ne fut pas possible de la transporter, de telle sorte que ses cendres vénérées reposeront à Newbury. Le fait qu'on s'attendait à ce qu'il fût enterré ici, a empêché des centaines de personnes de Boston d'assister à son ensevelissement. Que cette dispensation de la Providence soit sanctifiée pour l'Eglise de Dieu tout entière, et en particulier pour cette province-ci ! » II Nous voudrions maintenant rappeler quelques traits de son caractère. La Gazette de Boston publia, à l'époque de sa mort, une courte notice à laquelle nous empruntons ce qui suit : « Pendant bien des années qu il déployait dans son ministère public, ont été un sujet d'étonnement pour le monde entier. C'était du cœur que venaient ses discours, et pareille ferveur ne fut peut-être jamais vue depuis le temps des apôtres. Il n'avait point de rival comme prédicateur et pour l'influence qu'il exerçait sur d'immenses auditoires. Sa conversation particulière n'était pas moins agréable et instructive que ses prédications ; il avait une remarquable facilité d'expression, il aimait à s'entretenir, et il visait à l'édification. Puisse la génération naissante conserver quelques étincelles du feu sacré dont brûlait ce fidèle serviteur du Très-Haut et qui jetait un éclat si brillant et si pur sur son caractère et sur sa vie ! Un journal anglais a publié une appréciation plus détaillée et non moins exacte, que vous me permettrez de reproduire en substance : « Le souvenir de cet éminent chrétien mérite d'être gravé dans le cœur de tous ceux qui aiment une religion vivante et efficace. En dépit d'une constitution qui était faible, Whitefield a continué jusqu'à son dernier jour à prêcher plus fréquemment et avec plus de chaleur qu'on ne serait en droit de l'attendre même des plus robustes. Appelé à remplir cette fonction à un âge où la plupart des jeunes gens commencent seulement à s'y préparer, il n'avait pas eu le temps d'étudier à fond les langues sacrées. Mais cette lacune fut comblée amplement par son talent plein de vie et de fécondité, par son zèle ardent, et par sa parole puissante et persuasive. Bien qu'en chaire il crût devoir souvent, « sachant quelle est la crainte qu'on doit avoir du Seigneur, tacher d'en persuader les hommes (1Co 5 : 11) », il n'avait cependant rien de triste dans le caractère ; il était au contraire d'une humeur gaie, et ses dispositions naturelles étaient douces, et même tendres. Ceux qui s'adressaient à lui le trouvaient tout aussi prêt à s'occuper de leurs nécessités matérielles que de leurs besoins spirituels. Il est bon aussi de constater qu'il insistait constamment auprès de ses auditeurs sur l'importance de tous les devoirs moraux, et en particulier sur la nécessité d'être diligent dans la vocation ou le métier qu'on exerce, et sur celle d'obéir à ceux qui sont nos supérieurs. Par son activité extraordinaire dans la prédication en divers lieux, et même en plein air, il s'efforçait d'atteindre les classes inférieures de la population qui étaient plongées dans l'indifférence et l'ignorance les plus profondes, et de réveiller chez elles le sentiment religieux ». « A cause de ces efforts et des autres travaux auquel, il s'est consacré, George Whitefield vivra longtemps dans notre souvenir, entouré de notre estime et de notre vénération ». On ne peut nier que ces appréciations ne soient exactes et impartiales, aussi loin qu'elles vont ; mais elles ne vont guère plus loin que la surface de son caractère ; elles vous montrent le prédicateur, mais non l'homme, le chrétien, le saint. Me sera-t-il permis de compléter son portrait de ce côté-là, en mettant à profit une connaissance personnelle de près de quarante ans ? Je sens bien qu'il est difficile de parler convenablement sur un point si délicat, et qu'on a besoin de beaucoup de prudence pour éviter les deux extrêmes et n'en dire ni trop ni trop peu. Il y a plus : je sais qu'il est impossible de parler dans un sens ou dans l'autre, sans s'exposer à être accusé, par les uns d'en avoir trop dit, par les autres de n'en avoir pas dit assez. Mais, sans m'arrêter à cela, je dirai ce que je sais et rien de plus, comme en la présence de celui auquel nous devons tous rendre compte, Nous avons signalé son zèle incomparable, son infatigable activité, sa sympathie pour les affligés, sa charité envers les pauvres. Mais ne rappellerons-nous pas également sa reconnaissance profonde à l'égard de tons ceux dont Dieu s'était servi pour lui faire du bien, et comment il n'a jamais cessé jusqu'à son dernier jour d'en parler avec la plus grande considération ? Ne rappellerons-nous pas qu'il avait un cœur capable de l'amitié la plus généreuse et la plus tendre ? Il m'est souvent arrivé de penser que ce dernier trait était le trait caractéristique de son individualité. Chez combien d'hommes avons-nous rencontré autant de bienveillance, des affections aussi larges, aussi expansives ? N'est-ce pas surtout cela qui lui attirait et lui attachait les cœurs d'une façon si étonnante ? Autre chose que l'amour peut-il engendrer l'amour ? Cette bonté brillait sur son visage, s'exprimait par toutes ses paroles, soit en public, soit en particulier. N'est-ce pas elle qui, rapide et envahissante comme l'éclair, courait d'un cœur à l'autre, animant ses sermons, ses entretiens, ses lettres ? A vous de répondre ! » Loin de nous les commentaires de ces esprits corrompus qui ne connaissent qu'un amour terrestre et sensuel ! Il ne faut point oublier de dire que, chez notre frère, on rencontrait la modestie la plus délicate, la plus parfaite. Son ministère l'appelait fréquemment à avoir de longues conversations, non seulement avec des hommes, mais aussi avec des femmes de tout âge et de tout rang. Ses rapports avec elles réalisaient pleinement les recommandations faites par saint Paul à Timothée : « Exhorte les femmes âgées comme des mères, les jeunes comme des soeurs, avec une entière pureté (1Ti 5 : 2) ». Et, d'un autre côté, à ces dispositions aimables s'alliaient harmonieusement la franchise et la sincérité de ses conversations ; mais il ne tombait pas davantage dans la brusquerie que dans la dissimulation. Cette franchise elle-même n'était-elle pas une preuve, en même temps qu'un fruit, de son courage, de son intrépidité ? C'est parce qu'il était revêtu de ces qualités qu'il n'avait peur de personne et parlait très simplement, très librement à tous, quel que fût leur rang ou leur position sociale, aux grands comme aux petits, aux riches comme aux pauvres ; sa seule préoccupation était de « se rendre recommandable à la conscience de tous les hommes devant Dieu, par la manifestation de la vérité (2Co 4 : 2) ». Il ne redoutait pas davantage les travaux ou les souffrances qu'il ne craignait « ce que peut faire l'homme (Ps 118 : 6), il se montrait. aussi patient pour endurer les maux que persévérant dans l'accomplissement des bonnes œuvres. De là cette constance qu'il a fait paraître dans tout ce qu'il avait entrepris au nom de son Maître. Je n'en citerai qu'un exemple, l'orphelinat de la Géorgie, qu'il fonda et acheva malgré toutes sortes de découragements. Pour ce qui ne touchait qu'à lui il se montrait souple et, accommodant, il se laissait facilement persuader et gagner. Mais dès qu'il s'agissait des intérêts du Seigneur, ou que sa conscience était en jeu, il était inébranlable. Personne n'eut pu l'entraîner, soit par des raisonnements, soit en l'intimidant, à s'écarter tant soi peu de cette intégrité qui était à la base de son caractère moral tout entier et qui déterminait toutes ses paroles et tous ses actes. Sur ce point-là il était, « ferme comme un pilier de fer, aussi résistant qu'une muraille d'airain ». Si maintenant on se demande d'où venaient cette intégrité, cette sincérité, ce courage, cette patience, et tant d'autres qualités aimables et précieuses, la réponse est facile. Cela ne venait pas de ce qu'il possédait un excellent naturel ou une intelligence hors ligne ; ce n'était pas non plus le fruit de l'éducation ou de l'influence de ses amis ; non, cela provenait de sa foi à un Sauveur crucifié, d'une foi qui était l'œuvre de Dieu. Cela venait de ce qu'il avait « une espérance vive de posséder l'héritage qui ne se peut corrompre, ni souiller ; ni flétrir (1Pi 1 : 3,4) ». de ce que « l'amour de Dieu avait été répandu dans son cœur par le Saint-Esprit qui lui avait été donné (Ro 5 : 5 » et remplissait son âme d'une affection tendre et généreuse pour tous ses semblables. C'est de là que, comme d'une source, jaillissait ce torrent d'éloquence qui souvent semblait tout entraîner ; de là aussi ce don merveilleux de persuasion qui triomphait de la résistance des pêcheurs les plus endurcis. Cela explique pourquoi si fréquemment « sa tête se fondait en eau et ses yeux étaient une vive fontaine de larmes (Jer 9 : 1) ; » et comment son âme pouvait s'épancher dans la prière d'une façon tout à fait unique, avec tant d'abondance et d'abandon, avec tant de force et de variété dans les expressions comme dans les pensées. Pour terminer ce que je voulais dire sur ce point, laissez-moi vous faire remarquer quel honneur Dieu accorda à ce fidèle serviteur en l'appelant à proclamer son Evangile éternel en tant de pays divers, à de si grandes multitudes, avec des effets si puissants sur tant d'âmes précieuses ! Avons-nous appris, par l'histoire ou autrement, qu'il y ait eu quelqu'un, depuis le temps des apôtres, qui ait annoncé la bonne nouvelle de la grâce divine dans un rayon aussi étendu, sur une portion aussi considérable de la surface du globe ? quelqu'un à qui il ait été donné d'appeler à la repentante tant de milliers, tant de myriades de pécheurs ? Connaissez-vous un instrument béni davantage par le Seigneur pour, faire passer des âmes en grand nombre « des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu (Act 26 : 18) ? » Je n'oublie pas qu'en parlant ainsi nous ferions aux esprits frivoles du monde l'impression de gens sans culture, de vrais barbares. Mais vous, mes frères, vous comprenez ce langage ; car c'est celui de la patrie vers laquelle vous marchez et où notre ami bien-aimé nous a précédés de quelques pas seulement. III Que ferons-nous pour mettre à profit cet événement solennel ? Tel est le troisième point que nous sommes appelée à examiner ensemble. La réponse à une question si sérieuse est pourtant facile (et que Dieu veuille la graver dans tous nos cœurs !) : il faut demeurer attachés aux doctrines importantes que notre frère a prêchées, et être animés du même esprit que lui. Et d'abord, restons attachés aux importantes doctrines bibliques qu'il a partout enseignées. Certaines doctrines n'ont pas un caractère très essentiel, et relativement à elles, grâce à l'état d'infirmité où se trouve l'intelligence humaine, il y a, comme il y a eu depuis des siècles divergence d'opinion parmi les vrais enfants de Dieu eux-mêmes. Quant à ces doctrines, nous pouvons réserver notre manière de voir et nous devons respecter celle des autres ; qu'il soit entendu que sur ces points-là on peut n'être pas d'accord. Mais retenons d'autant plus fermement les éléments essentiels de « la foi qui a été donnée une fois aux saints (Jude 1 : 3) », ces choses sur lesquelles ce vaillant soldat de Jésus-Christ insistait partout et toujours ! L'article fondamental, c'était pour lui ceci : « Attribuer à Dieu toute la gloire de tout le bien qui peut se trouver en l'homme » ; ou encore : « Mettre, dans l'œuvre de notre salut, Jésus-Christ aussi haut que possible, l'homme aussi bas que possible ». Ce fut là son point de départ, et ce fut celui de ses amis d'Oxford, les premiers méthodistes, comme on les appela. Leur grand principe, c'était que l'homme n'a par lui-même ni force ni mérites. Ils soutenaient que c'est de l'Esprit de Christ seul que vient le pouvoir de penser, de parler, d'agir comme il faut, et qu'il n'y a des mérites que dans le sang de Jésus, et point en l'homme, quel que soit le degré de grâce qu'il ait atteint. Aussi notre frère enseignait avec ses amis que, s'il ne l'a reçue d'en haut, l'homme n'a pas la puissance de produire une seule bonne œuvre, de prononcer une seule bonne parole, de concevoir un seul bon désir. Il ne suffit pas, en effet, de dire que le péché a rendu tous les hommes malades ; le fait est que nous sommes tous « morts dans nos fautes et dans nos péchés (Eph 2 : 1) ». D'où il suit que tous les enfants des hommes sont « naturellement des enfants de colère (Eph 2 : 3) ». Nous sommes tous « coupables devant Dieu (Ro 3 : 19) », tous en danger de mort, temporelle et éternelle. Nous sommes tous également incapables de nous soustraire, soit à notre culpabilité, soif à l'empire du péché. Car « qui est-ce qui tirera une chose nette de ce qui est souillé ? Personne (Job 14 : 4) » que le Tout-Puissant ! Qui pourrait ressusciter ceux qui sont morts, dont l'âme est morte par le péché ? Celui-là seul qui nous a tirés de la poussière de la terre. Mais en considération de quoi le fera-t-il ? Ce ne sera pas « à cause des œuvres de justice que nous aurions faites (Tit 3 : 5) ». « Les morts ne loueront point l'Eternel (Ps 115 : 17) ; » ils ne peuvent. rien faire qui leur obtienne la grâce d'une résurrection. Aussi, tout ce que Dieu fait à cet égard, il le fait uniquement. pour l'amour de son Fils bien-aimé, qui « a été navré pour nos forfaits et frappé pour nos iniquités (Esa 53 : 5) », qui « a porté nos péchés en son corps sur le bois (1Pi 2 : 24) », qui « a été livré pour nos offenses et qui est ressuscité pour notre justification (Ro 4 : 25) ». Telle est la seule source de mérites et de grâces que nous possédions, la seule que nous puissions avoir ; telle est en particulier la source de notre pardon, de notre réconciliation avec Dieu, de notre justification pleine et entière. Mais par quel moyen arrivons-nous à avoir part à ce que Jésus-Christ a fait et a souffert ? « Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie (Eph 2 : 9) ; » c'est par la foi seule. « Nous concluons donc, dit l'Apôtre, que l'homme est justifié par la fois sans les œuvres de la loi (Ro 3 : 27) ». Et « à tous ceux qui l'ont rem (de cette manière), il leur a donné le droit (la puissance) d'être faits enfants de Dieu, savoir à ceux qui croient en son nom, qui ne sont point nés... de la volonté de l'homme, mais de Dieu (Jea 1 : 12,13) ». « Si (de cette manière-là) un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu (Jea 3 : 3) ». Mais tous ceux qui sont ainsi « nés de l'Esprit (Jea 3 : 6) » ont « le royaume de Dieu au dedans d'eux (Lu 17 : 21 – d'après la version anglaise) ». Jésus établit son règne dans leurs cœurs ; et ce règne « consiste dans la justice, dans la paix, et dans la joie par le Saint-Esprit (Ro 14 : 17) ». Ils ont « les mêmes sentiments que Jésus-Christ a eus (Phi 2 : 5) ; » et cela les rend capables de « marcher comme il a marché lui-même (1Jn 2 : 6) ». Son Esprit qui habite en eus les rend saints intérieurement, par le cœur, mais aussi « saints dans toute leur conduite (1Pi 1 : 15) ». Toutefois, puisque tout cela est le don gratuit de Dieu, procuré par la justice et le sang de Jésus-Christ, il y aura toujours également lieu de dire : « Que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur (1Co 1 : 31) ». Vous n'ignorez pas que c'est sur ces doctrines fondamentales que notre frère insistait partout. Et ne peut-on pas les résumer en ces deux expressions, la nouvelle-naissance et la justification par la foi ? Insistons donc, nous aussi, sur ces choses avec une pleine hardiesse, en tout temps et en tout lieu, soit en public pour ceux d'entre nous qui sont appelés à le faire, soit en particuliers quand l'occasion s'en présente. Demeurez attachés à ces bonnes vieilles doctrines qui ne sont guère à la mode et ne vous inquiétez ni des contradictions ni des calomnies. Avancez donc, mes frères, avancez au nom du Seigneur et par sa force toute-puissante. Appliquez-vous diligemment à « gardez le bon dépôt (2Ti 1 : 14) », sachant que la terre et les cieux passeront, mais que cette vérité ne passera point. Mais suffit-il de rester attachés aux doctrines qu'il prêchait, si pures qu'elles fussent ? N'est-il pas encore plus important d'être animés du même esprit que lui, d'être ses imitateurs en cela comme il le fut de Christ ? S'il n'en était ainsi, la pureté des doctrines professées par nous ne ferait qu'augmenter notre condamnation. Voilà donc ce qu'il y a de plus essentiel, être animés du même esprit que lui. Et s'il est vrai que, sur certains points, nous devrons nous contenter de l'admirer sans être en état de l'imiter, nous pourrons néanmoins en beaucoup d'autres participer aux mêmes grâces et aux mêmes bénédictions que lui. Si vous sentez vos besoins et croyez à l'amour généreux du Seigneur « qui donne à tous libéralement et sans rien reprocher (Jas 1 : 5) », implorez celui qui opère tout en tous afin d'obtenir une mesure de cette foi précieuse, de ce zèle et de cette activité, de cette tendresse de cœur, de cette charité, de ces « entrailles de miséricorde (Col 3 : 12) ». Luttez avec Dieu pour recevoir quelque chose de ces dispositions reconnaissantes, amicales, affectueuses, quelque chose de cette droiture, de cette simplicité, de cette sincérité chrétienne, de cet « amour sans hypocrisie ». (1Pi 1 : 22) Luttez jusqu'à ce que la puissance d'en haut ait produit en vous le même courage et la même patience, et, par-dessus tout, puisque c'est là comme le couronnement de tout, la même intégrité à toute épreuve ! N'y a-t-il pas encore quelque fruit de la grâce divine qui ornait spécialement l'âme de notre frère et dont il déplorait fréquemment et hautement l'absence chez les enfants de Dieu ? Oui, il y en avait un, L'amour fraternel pour tous, cette affection sincère et tendre que nous devrions éprouver pour tous ceux que nous croyons enfants du Seigneur par la foi, pour tous ceux qui, quelle que soit la dénomination qu'ils portent, « craignent Dieu et s'adonnent à la justice (Act 10 : 35) ». Il eût voulu voir tous ceux « qui ont goûté la borne parole de Dieu (Heb 6 : 5) » animés de cet esprit de largeur chrétienne qui est si mal compris et surtout si peu pratiqué, même parmi beaucoup de ceux qui en parlent constamment. Où sont-ils les hommes qui ont ces dispositions, qui montrent une vraie largeur chrétienne, qui aiment comme des amis, comme des frères dans le Seigneur, comme des co-partageants du royaume des cieux sur la terre et des co-héritiers du royaume éternel, tous ceux qui, quelles que soient leurs opinions, les formes de leur culte ou la communion particulière à laquelle ils se rattachent, croient au Seigneur Jésus, aiment Dieu et leurs semblables, cherchent à plaire à l'Eternel et craignent de l'offenser, s'abstiennent soigneusement du mal et sont zélés pour les bonnes œuvres ? Pour être un chrétien vraiment large, il faut porter ainsi tous ses frères dans son cœur constamment, éprouver une affection indicible pour eux, être si désireux de contribuer à leur bien-être qu'on ne cesse point de les recommander au Seigneur par des prières et de témoigner en leur faveur devant les hommes ; il faut leur parler selon leur cœur et tâcher, par tout ce qu'on peut dire, de fortifier leurs mains dans l'œuvre de Dieu. Il faut aussi leur aider, autant qu'on le peut en tout, soit matériellement, soit spirituellement ; il faut être prêt à donner et à se donner pour eux, et même à « donner sa vie pour ses frères (1Jn 3 : 16) ». Quel type aimable que celui que nous venons d'esquisser ! Combien chaque enfant de Dieu devrait chercher à le réaliser ! Pourquoi donc le rencontre-t-on si rarement ? Comment se fait-il que, lorsque nous avons goûté l'amour de Dieu, nous puissions nous donner quelque repos aussi longtemps que nous ne sommes pas tels ? Ah ! c'est que Satan a inventé un moyen bien subtil de prouver à des milliers de chrétiens qu'ils peuvent, sans être coupables, se dispenser de réaliser cet idéal. Je souhaite qu'il n'y en ait pas, parmi ceux qui sont ici présents, beaucoup qui aient été « pris dans ce piège du diable, pour faire sa volonté (2Ti 2 : 26). « Peut-être quelqu'un dit-il : « Pour moi, j'aime ainsi tous ceux que je crois enfants de Dieu. Mais jamais je ne croirai qu'on peut être enfant de Dieu quand on appartient à cette secte abominable ! Croyez-vous qu'on puisse avoir ces opinions détestables et être un enfant de Dieu ? qu'on puisse être enfant de Dieu et prendre part à un culte aussi absurde, aussi superstitieux et même idolâtre ? » C'est là essayer d'excuser un péché en y en ajoutant un nouveau. Pour nous justifier d'un manque de charité, nous en rejetons la faute sur les autres. Pour déguiser nos dispositions diaboliques, nous déclarons que nos frères sont enfants du diable. Oh ! fuyez ce piège, et si vous y avez déjà été pris, sortez-en au plus tôt. Tâchez donc d'apprendre à aimer de cet amour plein de largeur chrétienne, qui « n'est point emporté » , prompt à juger, de cet amour qui « ne soupçonne point le mal » , qui « croit tout, espère tout (1Co 13 : 4,5,7) », qui tient compte de toutes les circonstances pour les autres comme nous désirons qu'on en tienne compte pour nous-mêmes. Alors nous reconnaîtrons la grâce de Dieu en tout : homme qui la possède, sans nous arrêter, à ses idées particulières ou aux formes de son culte. Alors tous ceux qui craignent le Seigneur nous seront chers comme nos plus proches « dans les entrailles de Jésus-Christ (Phi 1 : 8 – d'après le texte grec) ». N'est-ce pas là l'esprit qui animait notre cher ami ? Pourquoi ne serait-ce pas aussi le nôtre ? O Dieu d'amour, jusqu'à quand ton peuple sera-t-il un objet de risée pour les païens ? Jusqu'à quand se moquera-t-on de lui en disant : « Voyez comme ils s'entr'aiment, ces chrétiens-ci ? » Quand donc ôteras-tu de dessus nous cet opprobre ? L'épée ne cessera-t-elle point de dévorer ? Quand commanderas-tu aux tiens de ne plus poursuivre l'un l'autre ? Maintenant même, que tout le peuple s'arrête et ne poursuive plus ses frères ! Quoi que fassent les autres, nous tous du moins, ô mes frères, entendons la voix de ce serviteur de Dieu qui, quoique mort, parle encore. Ne vous semble-t-il pas l'entendre vous dire : « Soyez désormais mes imitateurs comme je l'ai été de Christ. Qu'aucun frère ne lève plus l'épée contre son frère, et qu'on ne s'adonne plus à la guerre ! Revêtez-vous plutôt, comme étant les élus de Dieu, d'entrailles, de miséricorde, d'un esprit d'humilité, de bonté fraternelle, de douceur, de patience, vous supportant mutuellement par amour. Que le temps passé ait plus que suffi pour s'être haïs, jalousés et querellés, pour s'être mordus et dévorés les uns les autres ! Bénissez Dieu de ce que vous ne vous êtes pas entre-détruits depuis longtemps, et dorénavant conservez l'unité de l'Esprit par le lien de la paix ! » Ô Dieu, rien n'est impossible pour toi : tu fais tout ce qu'il te plaît. Veuille donc faire tomber sur nous maintenant le manteau du prophète que tu viens d'enlever. « Où est l'Eternel, le Dieu d' Elie ? (2Ro 2 : 14) » Que l'esprit de ton serviteur descende sur nous tes serviteurs ! Montre nous que tu es le Dieu qui répond par le feu ! Que le feu de ton amour vienne embraser tous nos cœurs. Et puisque nous t'aimons, fais que nous nous aimions les uns les autres d'un amour plus fort que la mort ! « Que toute aigreur, toute animosité, toute colère, toute crierie, toute médisance et toute malice soient bannies du milieu de nous ! (Eph 4 : 31) » Que ton Esprit repose si puissamment sur nous, qu'à partir de ce moment nous soyons « bons les uns envers les autres, pleins de compassion, nous pardonnant mutuellement, comme Dieu nous a pardonnés par Christ ! (Eph 4 : 32) » CANTlQUE Cela va bien, serviteur du saint Maître ! De tes travaux le cours est terminé. Tu combattis ; ta vainquis ; tu vas être Par le seigneur de gloire couronné. Dès maintenant ton âme les possède, Ces biens du ciel désirés ici-bas. Celui qui fut ton refuge et ton aide T'a recueilli sur son sein, dans ses bras. Dans son amour ce Sauveur charitable Exauce ainsi tous tes voeux de ton cœur. Sans longs délais il t'admet à sa table ; De son repos tu jouis en vainqueur. O messager de la paix, de la grâce, Que sur les monts ils étaient beaux tes pieds ! Mais Jésus vit que ton âme était lasse ; Il te fit signe : à ses pieds tu t'assieds. Là haut ta voix s'unit aux voix des anges Pour entonner le cantique nouveau ; Mieux que jamais tu chantes les louanges De Jéhovah, le Sauveur et l'Agneau ! Amis, ton âme enfin nage et se plonge Dans l'océan de l'amour infini. Et ton bonheur, ce n'est pas un vain songe Tes yeux ont vu Jésus, le Roi béni ! Oh ! quand là-haut irons-nous te rejoindre, Loin des combats, dans le sein de Jésus ? En y pensant notre exil semble moindre ; Nos ennemis, nos dangers ne sont plus ! Viens donc, Seigneur, viens bientôt à notre âme Ouvrir le ciel : « C'est assez ; monte ici ! » Ton peuple élu t'adore et te proclame Et nous voulons te louer aussi !

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