DE LA LIBRE GRACE Romains 8,32 : John Wesley

03:37Ministere MotsdeDieu

« Lui qui n'a pas épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas toutes choses avec lui, par grâce ? » (Ro 8 : 32) Combien Dieu aime librement le monde ! Alors que nous étions encore des pécheurs, « Christ est mort pour des impies ». Alors que nous étions « morts au péché » , Dieu « n'a pas épargné son propre Fils, mais l'a livré pour nous tous ». Il nous « donne librement toutes choses » ! En vérité, LA LIBRE GRÂCE est tout en tous ! La grâce ou l'amour de Dieu, source de notre salut, est LIBRE EN TOUS et LIBRE POUR TOUS. LA GRÂCE, DON LIBRE DE DIEU Premièrement, elle est libre EN TOUS ceux à qui elle est donnée. Elle ne dépend pas de quelque pouvoir ou mérite inhérent à l'homme ; non, à aucun degré, grand ou petit. Elle ne dépend, en aucune manière, des bonnes œuvres ou de la justice du destinataire. Elle ne dépend pas de ses efforts. Elle ne dépend ni de son bon caractère, ni de ses bons désirs ou de ses bonnes intentions, car tout cela provient de la libre grâce de Dieu : comme un courant d'eau à partir de sa source ou comme des fruits par rapport aux racines de l'arbre qui les porte. Toutes ces bonnes dispositions sont, non pas la cause, mais les effets de la grâce. Dieu est l'auteur de tout bien qui se trouve en l'homme et que celui-ci peut accomplir. Ainsi la grâce est libre en tous ; elle ne dépend en aucune façon de quelque pouvoir ou de quelque mérite inhérent à l'homme, elle vient de Dieu seul, qui nous a donné son Fils et, avec lui, toutes choses librement. La grâce et le problème de la prédestination Mais la grâce est-elle libre POUR TOUS aussi bien qu'EN TOUS ? A cela, certains ont répondu : « Non, elle n'est libre que pour ceux que Dieu a ordonnés à la vie, et ils ne constituent qu'un petit troupeau. La plus grande partie de l'humanité est destinée, par Dieu, à la mort, et la grâce n'est pas libre pour ceux qui la composent. Dieu les hait ; il a par conséquent décrété, dès avant leur naissance, qu'ils mourraient éternellement. Ce décret est absolu, parce que tel a été son bon plaisir, sa volonté souveraine. Il s'ensuit que ces personnes sont nées pour être détruites, corps et âme, en enfer. Elles grandissent sous l'irrévocable malédiction de Dieu, sans aucune possibilité de rédemption. La grâce que Dieu leur accorde sert, en effet, non pas à prévenir, mais uniquement à accroître leur condamnation ». Tel est le décret de la prédestination. Mais il me semble entendre quelqu'un répliquer : « Cela ne correspond pas à ma conception de la prédestination. Je ne crois qu'à l'élection de la grâce, à savoir qu'avant la fondation du monde, Dieu a élu un certain nombre d'hommes pour être justifiés, sanctifiés et glorifiés ; ceux-ci et personne d'autre seront sauvés. Dieu abandonne le reste des hommes à eux-mêmes. Ce reste suit les penchants de son propre cœur -continuellement mauvais -et n'arrête pas d'empirer ; il est en définitive justement condamné à la destruction éternelle ». Est-ce bien tout ce que vous mettez sous le terme de prédestination ? Réfléchissez bien, il y a peut-être encore autre chose. Ne croyez-vous pas que Dieu a destiné les non-élus à la condamnation ? Si oui, vous croyez au décret complet, à la prédestination telle qu'elle vient d'être décrite. Mais peut-être ne le pensez-vous pas. Croyez-vous alors que Dieu endurcisse le cœur de ceux qui périssent ? Croyez-vous qu'il a littéralement endurci le cœur de Pharaon et qu'il l'a élevé à son rang, ou même créé, dans le seul but de le condamner ? Si oui, alors vous croyez tout ce qui a été dit de la prédestination. Et il n'est pas nécessaire d'ajouter que Dieu renforce son décret, supposé immuable et inéluctable, en endurcissant les cœurs de ces « vases de colère » que son décret avoué auparavant à la destruction. La prédestination inconcevable sans la réprobation Mais vous ne croyez peut-être même pas cela et vous n'admettez pas qu'il y ait un décret de la réprobation. Vous ne pensez pas que Dieu a décrété la condamnation d'un homme en l'endurcissant et en le vouant irrésistiblement à une telle destinée. Vous vous contentez de dire : « Dieu a éternellement décrété que, tous les hommes étant morts au péché, il ne dirait qu'à quelques ossements desséchés « vivez ! » et que, par conséquent, les uns seraient vivifiés et les autres resteraient en leur état, les uns glorifieraient Dieu par leur salut et les autres par leur destruction ». N'est-ce pas ce que vous entendez par « l'élection de grâce » ? Si oui, laissez-moi vous poser quelques questions. Parmi ceux qui ne sont pas élus de cette manière, certains sont-ils néanmoins sauvés ? Ou bien cela a-t-il déjà été le cas depuis la fondation du monde ? Est-il possible qu'un homme soit sauvé sans être ainsi élu ? Si vous répondez « non » , vous en êtes au même point qu'auparavant, vous n'avez pas avancé d'un pas. Vous croyez toujours qu'en raison d'un décret immuable et inéluctable de Dieu, la plus grande partie de l'humanité demeure dans la mort sans aucune possibilité de rédemption ; seul, Dieu pourrait les sauver, mais il ne le veut pas. Vous croyez que Dieu a décrété de manière absolue qu'il ne les sauverait pas. Qu'est-ce que cela, sinon un décret de condamnation ? Dans les faits, ce n'est ni plus, ni moins cela. Car si vous êtes mort et totalement incapable de revenir à la vie par vous-même, et si Dieu a décrété de manière absolue de vivifier tout le monde sauf vous, il a donc décrété de manière absolue votre mort éternelle. Vous êtes absolument destiné à la damnation. Ainsi, tout en utilisant des termes plus doux que certaines personnes, vous exprimez exactement la même chose. Le décret divin d'élection de grâce, dont vous parlez, n'est rien d'autre que ce que certains appellent « le décret divin de la réprobation ». Utilisez le terme qui vous plaira -élection, prétérition, prédestination ou réprobation -, cela revient finalement au même. La signification de tous ces mots est clairement celle-ci : par la vertu d'un décret éternel, immuable, irrésistible de Dieu, une partie de l'humanité est infailliblement sauvée, et le reste infailliblement damné. Autrement dit, il est impossible que l'un des premiers soit damné ou que l'un des derniers soit sauvé. La grâce n'est plus exprimée dans la prédication S'il en est ainsi, toute prédication est vaine. Elle est sans utilité pour les élus, puisqu'ils seront infailliblement sauvés, avec ou sans elle. Par conséquent, le but de la prédication -sauver des âmes -ne leur sert de rien. Elle est également sans utilité pour ceux qui ne sont pas élus, puisqu'ils ne peuvent pas être sauvés ; avec ou sans elle, ils seront infailliblement damnés. Par conséquent, le but de la prédication ne leur sert de rien, non plus. Dans l'un et l'autre cas, notre prédication est vaine, comme l'est aussi votre écoute. Il y a là une preuve évidente que la doctrine de la prédestination n'est pas une doctrine de Dieu, puisqu'elle annule le commandement de Dieu, et que Dieu n'est pas divisé contre lui-même. LA GRÂCE ET LA SAINTETÉ DE DIEU La doctrine de la prédestination tend aussi à faire obstacle à la sainteté, qui est le but que visent toutes les ordonnances de Dieu. Je ne veux pas dire qu'aucun de ses partisans ne soit saint (car Dieu fait preuve d'une tendre compassion envers ceux qui sont inextricablement empêtrés dans toutes sortes d'erreurs), mais j'entends par là que la doctrine elle-même -à savoir que chaque homme est, de toute éternité, soit élu, soit non-élu, c'est-à-dire inévitablement sauvé ou inévitablement damné -a une tendance manifeste à s'opposer à la sainteté en général. Cette doctrine évacue, en effet, les principales motivations pour rechercher la sainteté -proposées si souvent dans les Ecritures -, telles que l'espoir d'une récompense future et la crainte du châtiment, l'espoir d'aller au ciel et la crainte de l'enfer. Celui qui croit que son sort est déjà décidé -qu'il soit au nombre de ceux qui sont condamnés aux peines éternelles ou de ceux qui sont appelés à la vie éternelle -n'est pas motivé à combattre pour la vie ; il serait déraisonnable pour lui de le faire s'il pense qu'il est inéluctablement destiné à la vie ou à la mort. Vous direz sans doute : « Mais il ne sait pas s'il est destiné à la vie ou à la mort ». Et alors ? Quelle importance cela a-t-il ? Si une personne malade sait qu'elle va, quoi qu'elle fasse, soit mourir, soit guérir, même si elle ignore laquelle de ces deux issues lui est réservée, elle renoncera à prendre des médicaments, car le faire serait déraisonnable. Elle pourra seulement dire (et j'ai déjà entendu des personnes atteintes dans leur santé physique, ou spirituellement, s'exprimer ainsi : « Si je suis destinée à vivre, je vivrai, sinon je mourrai ; je n'ai donc pas à m'en préoccuper ». C'est ainsi que cette doctrine aune tendance directe et générale à détourner les gens de la sainteté, et aussi à empêcher les hommes impies de la rechercher ou d'y atteindre. La prédestination démobilise... Cette doctrine conduit aussi à détruire plusieurs aspects particuliers de la sainteté, tels que la douceur et l'amour -j'entends par là l'amour de nos ennemis -des méchants et des ingrats. Je ne veux pas dire qu'aucun de ses partisans n'a de la douceur et de l'amour (car la miséricorde de Dieu est aussi grande que sa puissance) ; mais cette doctrine tend naturellement à susciter, ou à accroître, l'aigreur et l'impatience du caractère, ce qui est tout à fait contraire à la bonté du Christ. Ces défauts sont spécialement visibles chez les partisans de cette doctrine quand on s'oppose à leurs principes. De plus, cette doctrine inspire naturellement du mépris ou de la froideur envers ceux que nous supposons être bannis par Dieu.... et n'encourage pas à aimer « Mais, direz-vous, je ne considère personne en particulier comme un réprouvé ». Vous voulez dire que vous ne le feriez pas si vous pouviez vous en empêcher ; mais vous ne pouvez pas vous empêcher parfois d'appliquer les principes généraux de votre doctrine à des individus en particulier, ou alors l'ennemi des âmes le fera pour vous. Vous savez bien qu'il l'a déjà fait souvent, mais vous avez rejeté cette pensée avec effroi. C'est vrai, vous avez fait aussi vite que possible ; mais cela n'a-t-il pas, en même temps, aigri et excité votre esprit ? Vous savez bien qu'alors ce n'était pas un esprit d'amour que vous manifestiez envers ce pauvre pécheur, que vous soupçonniez ou suspectiez d'être l'objet de la haine de Dieu. LA PRÉDESTINATION DÉTRUIT LA PAIX Cette doctrine contribue à détruire les consolations de la religion, le bonheur chrétien. Cela est évident pour tous ceux qui se croient réprouvés ou qui craignent simplement de l'être. Toutes les grandes et précieuses promesses sont perdues pour eux. Elles ne leur apportent aucune lueur de consolation, puisqu'ils ne sont pas les élus de Dieu ; elles ne les concernent donc pas le moins du monde. Ceci constitue un sérieux obstacle à leur découverte d'un peu de consolation ou de bonheur, même dans cette religion dont les chemins sont sensés être « des chemins agréables et des sentiers de paix ». L'assurance vient de l'Esprit Et vous qui vous croyez élus de Dieu, où est votre bonheur ? J'entends non une notion, une croyance spéculative ou une simple idée, mais le sentiment d'avoir Dieu présent dans votre cœur par le Saint-Esprit, l'Esprit de Dieu qui témoigne à votre esprit que vous êtes un enfant de Dieu. En d'autres termes, « la pleine assurance de la foi » est le véritable fondement de la joie chrétienne. Cela implique la pleine assurance que tous vos péchés passés sont pardonnés et que vous êtes maintenant un enfant de Dieu. Mais cela n'implique pas nécessairement la pleine assurance de notre persévérance future. Je ne dis pas qu'elle n'y est jamais jointe, mais cela n'est pas automatique. Bien des personnes ont une assurance présente, mais pas future. Il apparaît que la doctrine de la prédestination entrave le témoignage de l'Esprit. C'est le cas, non seulement pour ceux qui, se croyant réprouvés, repoussent ce témoignage, mais aussi pour ceux qui ont goûté au don parfait, l'ont ensuite perdu et sont retombés dans les doutes, la crainte et les ténèbres, des ténèbres horribles, quasiment palpables ! Je vous le demande, à vous les tenants de cette doctrine, dites-moi si, entre Dieu et votre propre cœur, vous n'êtes pas souvent assaillis par des doutes ou des craintes concernant votre élection ou votre persévérance ? Si vous me rétorquez : « Qui n'en a pas ? » , je répondrai que très peu de partisans de cette doctrine en ont, à la différence de beaucoup, de vraiment beaucoup de ceux qui n'y croient pas sur toute la surface de la terre. Beaucoup de ceux qui savent et ressentent qu'ils sont en Christ aujourd'hui et ne « se soucient pas du lendemain » , qui « se réfugient en lui » par la foi heure après heure, ou plutôt moment après moment, beaucoup de ceux-Ià jouissent du témoignage ininterrompu de l'Esprit, de la lumière permanente de sa face, depuis qu'ils ont cru pour la première fois -il y a de cela des mois ou des années jusqu'à ce jour. La foi ne s'enracine pas dans la connaissance de l'élection L'assurance de la foi de ces derniers exclut tout doute et toute crainte. Elle exclut toutes les sortes de doutes et de craintes concernant leur persévérance future, bien qu'il ne s 'agisse pas, à proprement parler, d'une assurance relative au futur, comme nous l'avons dit, mais seulement d'une assurance pour maintenant. Et cette assurance n'a pas besoin de se fonder sur une croyance spéculative, selon laquelle celui qui a été ordonné à la vie doit vivre, car elle se façonne d'heure en heure par la puissante main de Dieu, « par le Saint-Esprit qui leur est donné ». Par conséquent, la doctrine de la prédestination n'est pas de Dieu, car elle tend à entraver, voire à détruire, l'œuvre du Saint-Esprit, dont découlent les principales consolations de la religion, la joie chrétienne. Mais poursuivons : y a-t-il pensée plus inconfortable que de savoir que des milliers et des millions d'hommes ont été inéluctablement condamnés aux flammes éternelles, sans avoir commis aucune offense ou faute préalable ? Quelle pensée inconfortable pour ceux qui ont revêtu Christ et qui, ayant des entrailles de miséricorde, de bonté et de compassion, pourraient même « souhaiter être maudits à la place de leurs frères » ! LA PRÉDESTINATION DÉCOURAGE LES ŒUVRES Cette détestable doctrine de la prédestination conduit à détruire notre zèle pour les bonnes œuvres. Et ceci, premièrement, parce qu'elle aune tendance naturelle (selon ce que nous avons déjà fait remarquer) à détruire notre amour pour la plus grande partie de l'humanité, à savoir les méchants et les impies. Car tout ce qui réduit notre amour réduit aussi notre désir de leur faire du bien. Deuxièmement, elle anéantit la plus forte raison qui soit d'accomplir des actes de charité, tels que nourrir les affamés, vêtir ceux qui sont nus..., à savoir l'espoir de sauver leur âme de la mort. Car à quoi sert-il de soulager les besoins temporels de ceux qui sont en train de tomber dans le feu éternel ? « Eh bien, courez, arrachez-Ies comme des tisons du feu ! » Mais vous supposez que c'est impossible. Vous dites qu'ils y ont été destinés de toute éternité, avant même d'avoir rien fait de bien ou de mal. Vous croyez que c'est la volonté de Dieu qu'ils meurent ; or « qui peut résister à sa volonté ? » Mais vous dites que vous ne savez pas s'ils sont élus ou pas. Et alors ? Si vous saviez qu'ils sont l'un ou l'autre -élus ou non-élus tout votre travail serait inutile et vain. Dans les deux cas, vos conseils, vos réprimandes ou vos exhortations seraient aussi inutiles que notre prédication. Tout cela sans aucune utilité pour les élus puisqu'ils sont infailliblement sauvés, et pour les non-élus puisqu'ils sont infailliblement damnés. Ainsi, si vous êtes conséquents avec vos principes, ne vous mettez pas en peine de leur salut. Ces principes tendent directement à détruire votre zèle pour les bonnes œuvres, pour toutes les bonnes œuvres, et particulièrement pour la plus grande de toutes : sauver les âmes de la mort. LA PRÉDESTINATION EST CONTRE L'ENSEMBLE DE LA RÉVÉLATION La doctrine de la prédestination ne tend pas seulement à détruire la sainteté et la joie chrétienne, ainsi que le désir d'accomplir des bonnes œuvres, elle pousse aussi, de façon directe et manifeste, à ruiner toute la révélation chrétienne. Le point que les plus avisés des incroyants modernes cherchent, avec le plus d'acharnement, à prouver est que la révélation chrétienne n'est pas nécessaire. Ils savent bien qu'une fois cela démontré, la conclusion évidente et indéniable sera : « Si elle n'est pas nécessaire, elle n'est pas vraie non plus ». Et vous, vous renoncez à ce point fondamental : le décret éternel et immuable de Dieu sous-entend, en effet, qu'une partie de l'humanité doit être sauvée, même sans l'existence de la révélation chrétienne, et que l'autre partie doit être condamnée en dépit de cette révélation ! Que pourrait désirer de plus un païen ? Vous lui fournissez tout ce qu'il demande. En rendant ainsi l'Evangile inutile pour toutes sortes de personnes, vous trahissez l'ensemble de la cause chrétienne. « Oh ! N'allez pas le dire à Gath et ne le publiez pas dans les places d'Askalon, de peur que les fils et les filles des Philistins ne s'en réjouissent et que les fils des incirconcis n'en triomphent ! » Contradictions Comme la doctrine de la prédestination tend directement et manifestement à ruiner toute la révélation chrétienne, elle aboutit à la faire se contredire elle-même. Elle est, en effet, basée sur une interprétation de certains textes (qu'il yen ait peu ou beaucoup, qu'importe !), qui contredit nettement tous les autres, et même tout le contenu et la portée des Ecritures. En voici un exemple. Les tenants de cette doctrine interprètent le verset biblique « J'ai aimé Jacob et j'ai haï Esaü » , comme impliquant que Dieu a littéralement haï Esaü et tous les réprouvés de toute éternité. Est-il possible d'être plus nettement en contradiction avec, non seulement tout le contenu et la portée des Ecritures, mais encore avec tous les textes particuliers qui déclarent expressément que « Dieu est amour » ? Autre exemple. Ils déduisent du texte « Je ferai miséricorde à qui je ferai miséricorde » (Ro 9 : 15) que Dieu n'est miséricordieux que pour quelques-uns seulement, les élus, et qu'il n'aura pitié que de ceux-ci, contrairement à ce qui est dit dans les Ecritures, à savoir que « le Seigneur aime tous les hommes et sa miséricorde s'étend à toutes ses œuvres » (Ps 145 : 9). Et encore, ils déduisent de textes tels que « cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde » , que Dieu ne fait miséricorde qu'à ceux qu'il a en vue depuis l'éternité. Mais n'est-ce pas contester avec Dieu ? Ils contredisent tous les oracles de Dieu selon lesquels « Dieu ne fait point acception de personnes » (Act 10 : 34), « il n'y a point d'acception de personnes devant lui » (Ro 2 : 2). Autre exemple. Ils déduisent du texte « quoique les enfants ne fussent pas encore nés et qu'ils n'eussent fait ni bien, ni mal — afin que le dessein d'élection subsistât, sans dépendre des œuvres, mais de celui qui appelle — il fut dit à Rébecca l'aîné sera assujetti au plus jeune » , que notre prédestination, ou notre élection, ne dépend en aucune manière de la prescience de Dieu. Or, toutes les Ecritures contredisent nettement cette idée, particulièrement les passages suivants : « élus selon la prescience de Dieu » (1Pi : 2) et « ceux qu'il a connus d'avance, il les a aussi prédestinés » (Ro 8 : 29). Et encore « Le même Seigneur est riche en miséricorde pour tous ceux qui l'invoquent » (Ro 10 : 12). Mais vous, vous dites : « Non, il ne l'est que pour ceux pour qui le Christ est mort. Et cela ne concerne pas tous les gens, mais seulement un petit nombre que Dieu a choisi dans le monde ; il n'est pas mort pour tous, mais seulement pour ceux qui ont été « élus en lui avant la fondation du monde » (Eph 1 : 4). Tout le contenu du Nouveau Testament contredit également votre interprétation de ces passages, en particulier les textes suivants : « Ne détruis pas avec un aliment celui pour qui Christ est mort » (Ro 14 : 15), preuve évidente que le Christ n'est pas mort uniquement pour ceux qui sont sauvés, mais qu'il l'est aussi pour ceux qui périssent. Il est « le Sauveur du monde » (Jea 4 : 42), « l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jea 1 : 29), « Il est la propitiation non seulement de nos péchés, mais aussi de ceux du monde entier » (1Jn 2 : 2). Lui, le Dieu vivant « est le Sauveur de tous les hommes » (1Ti 4 : 10), « Il s'est donné en rançon pour tous » (1Ti 2 : 6), « Il a goûté la mort pour chaque homme » (Heb 2 : 19). Pourquoi tous ne sont pas sauvés ? Si vous demandez « pourquoi tous les hommes ne sont-ils pas sauvés ? » , toute la Loi et le témoignage répondent ainsi. Premièrement, ce n'est ni à cause de quelque décret de Dieu, ni à cause du plaisir que lui causerait leur mort : « Je suis vivant, dit le Seigneur, je ne prends pas plaisir à la mort de celui qui meurt » (Eze 3 : 32) ; quelle que soit la cause de leur perdition, ce ne peut être la volonté de Dieu, car les oracles de Dieu sont véridiques lorsqu'ils affirment : « Il ne veut pas qu'aucun périsse, mais il veut que tous parviennent à la repentance » (2Pi 3 : 9), « Il désire que tous les hommes soient sauvés ». Deuxièmement, la Bible explique pourquoi tous les hommes ne sont pas sauvés. Le Seigneur dit expressément : « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie » (Jea 5 : 40). « La puissance du Seigneur est là pour les guérir » , mais ils ne veulent pas être guéris. Ils ne sont pas sauvés, parce qu' ils ne veulent pas être sauvés. « Ils rejettent le dessein qui est un dessein miséricordieux de Dieu » , comme l'avaient déjà fait leurs pères au cou roide. Ils sont par conséquent sans excuses, car Dieu aimerait qu'ils soient sauvés, mais eux ils ne le veulent pas. C'est leur condamnation : « Combien de fois ai-je voulu vous rassembler et vous ne l'avez pas voulu ! » (Mat 23 : 37). LA PRÉDESTINATION EST CONTRE L'HONNEUR DE DIEU Mais cela n'est pas tout. Cette doctrine de la prédestination comporte tant de blasphèmes que je répugne à en parler... mais I'honneur de notre Dieu de grâce et la cause de sa vérité ne doivent pas souffrir de mon silence. Aussi, pour la cause de Dieu et avec le désir sincère de glorifier son grand Nom, je vais mentionner quelques-uns des blasphèmes horribles contenus dans cette horrible doctrine. Tout d'abord, je dois avertir chacun de ceux qui m'écoutent, et qui devront en répondre au dernier jour, de ne pas m'accuser de blasphèmes (comme certains l'ont fait) parce que je mentionne ceux des autres. Plus vous êtes affligés par ceux qui blasphèment ainsi, plus vous devez veiller à « affermir votre amour à leur égard ». Que le souhait de votre cœur et votre prière continuelle à Dieu soit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font ! » La sincérité divine est mise en question. Il faut, tout d'abord, noter que cette doctrine représente notre Seigneur béni, « Jésus-Christ le juste, le Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité » , comme un hypocrite, un trompeur qui abuse les gens, un homme dépourvu de toute sincérité, car il est indéniable qu'il s'exprime toujours comme s'il voulait que tous les hommes soient sauvés. Aussi dire qu'il ne le voulait pas équivaut-il à faire de lui un hypocrite et un dissimulateur. Il est indéniable que les gracieuses paroles qui sont sorties de sa bouche sont remplies d'invitations à tous les pécheurs. C'est pourquoi affirmer qu'il n'avait pas l'intention de sauver tous les pécheurs revient à donner de lui l'image de quelqu'un qui a grossièrement trompé les gens. Impossible de nier qu'il dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés ». Ainsi, vous qui croyez à la prédestination, vous dites que Jésus appelle ceux qui ne peuvent pas venir, ceux dont il sait qu'ils sont incapables de venir à lui, ceux qu'il peut mais ne veut pas faire venir à lui. Est-il possible de décrire un manque de sincérité plus grand que celui-là ? Vous représentez Jésus comme se moquant de ses créatures impuissantes en leur offrant ce qu'il n'a pas l'intention de leur donner. Vous le décrivez comme disant une chose et en pensant une autre, comme éprouvant un amour qu'il n'a pas. Vous faites de « celui dans la bouche duquel il n'y avait pas de fraude » un être plein de tromperies et dépourvu de toute sincérité, spécialement quand s'approchant de la ville, il pleura sur elle en disant : « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants... et tu ne l'as pas voulu ». Mais si vous dites qu'ils voulaient, mais que lui ne voulait pas, vous représentez Jésus pleurant des larmes de crocodile sur la proie qu'il a lui-même vouée à la destruction ! Dieu serait injuste Un tel blasphème devrait alerter les chrétiens ! Mais il y a plus : la doctrine de la prédestination, en effet, traite le Père de la même façon que le Fils. Elle détruit d'un coup tous ses attributs. Elle renverse, à la fois, sa justice, sa miséricorde et sa vérité. Oui ! Elle représente le Dieu très saint comme étant pire que le diable, tout à la fois plus cruel et plus injuste. Plus faux, parce que le diable, menteur comme il est, n'a jamais dit qu'il voulait sauver tous les hommes. Plus injuste, parce que le diable ne peut pas, même s'il le voulait, être coupable d'une injustice aussi grande que celle qui est attribuée à Dieu : condamner des millions d'âmes au feu éternel préparé pour le diable et ses anges -pour avoir persévéré dans le péché, alors qu'elles ne pouvaient pas faire autrement sans la grâce que Dieu ne voulait pas leur accorder. Et plus cruel : tout esprit malheureux qui « cherche le repos et ne le trouve pas est, à cause de sa propre misère, incité à induire les autres en tentation. Dieu demeure dans un lieu élevé et saint ; aussi supposer que, de sa propre initiative, volontairement et par pur plaisir, Dieu, dans sa béatitude, voue ses créatures, avec ou sans leur consentement, à un malheur sans fin, revient-il à lui imputer une cruauté dont il serait impossible de taxer le grand ennemi de Dieu et des hommes. C'est faire le Dieu très haut (que celui qui a des oreilles entende !) plus cruel, plus faux et plus injuste que le diable ! Transformation de la nature divine Tel est le problème clairement contenu dans l'horrible décret de la prédestination ! Je n'en démordrai pas. Je suis prêt à en discuter avec quiconque défend cette doctrine. Vous faites Dieu pire que le diable : plus faux plus cruel, plus injuste. Et vous dites pouvoir prouver cela par les Ecritures. Chiche ! Que pouvez-vous prouver par les Ecritures ! Que Dieu est pire que le diable ? lmpossible ! Quoi que puissent prouver les Ecritures, elles ne prouveront jamais cela ; une telle chose ne peut pas être scripturairement vraie. Si vous me demandez « Que faut-il alors comprendre ? » et que je réponde que je ne sais pas, vous n'êtes pas plus avancés. Il y a, en effet, beaucoup de passages bibliques dont ni vous, ni moi, ne comprendrons le véritable sens avant que la mort ne soit engloutie dans la victoire. Je pense qu'il est préférable de dire que ces passages n'ont pas de sens, plutôt que de leur donner celui que vous leur donnez. Ils ne peuvent pas vouloir dire, quel que soit leur sens, que le Dieu de vérité est un menteur. Quelle que soit leur signification, ils ne peuvent pas vouloir dire que le Juge de toute la terre est injuste. Aucun texte ne peut signifier que Dieu n'est pas amour, que sa miséricorde ne s'étend pas à toutes ses œuvres. En d'autres termes, aucun passage biblique, quoi qu'il puisse prouver, ne peut prouver la prédestination. Tel est le blasphème qui fait que, tout en aimant ses partisans, je hais la doctrine de la prédestination, selon laquelle — à supposer qu'on s'y arrête un instant — on pourrait dire à notre adversaire le diable : « Espèce de fou, pourquoi t'épuises-tu à rugir çà et là ? Ta quête des âmes est aussi inutile et vaine que notre prédication. Ne vois-tu pas que Dieu t'a pris le travail des mains et qu'il l'accomplit avec beaucoup plus d'efficacité ? Toi, avec toutes tes principautés et tes pouvoirs, tu ne peux pas nous empêcher de résister à tes assauts ; mais, lui, il peut irrésistiblement détruire à la fois le corps et l'âme en enfer ! Toi, tu ne peux que séduire, alors que, lui, par son décret immuable d'abandonner des milliers d'âmes à la mort, il les contraint à persévérer dans le péché jusqu'à leur saut final dans les flammes éternelles. Toi, tu tentes les gens ; lui, il nous contraint à la damnation, car nous ne pouvons pas résister à sa volonté. Fou que tu es, pourquoi continues-tu à chercher qui tu pourras dévorer ? Ne vois-tu pas que Dieu est le lion dévorant, le destructeur des âmes, le meurtrier des hommes ? » Moloch a seulement fait passer des enfants par le feu, et ce feu a été vite éteint ; une fois le corps corruptible consumé, c'est la fin du tourment. Mais Dieu, dit-on, par son décret éternel fixé avant qu'ils n'aient agi en bien ou en mal, fait passer les petits enfants ainsi que les parents par le feu de l'enfer, « le feu qui ne s'éteindra jamais » ; et le corps qui y est jeté incorruptible et immortel se consumera sans fin, parce que c'est le bon plaisir de Dieu, « la fumée s'élevait continuellement ». (...) LE VRAI DÉCRET Oui, il y a un décret depuis la fondation du monde. Quel est ce décret ? « Je mettrai devant les fils des hommes la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Et l'âme qui choisit la vie vivra, de même que celle qui choisit la mort mourra ». Ce décret, selon lequel « Dieu a prédestiné ceux qu'il a connus d'avance » , existe effectivement de toute éternité. Ce décret, selon lequel tous ceux qui acceptent que Christ les vivifie sont « élus selon la prescience de Dieu » , tient bon maintenant, comme la lune et les fidèles témoins dans le ciel. Et quand le ciel et la terre passeront, il ne passera pas, car il est aussi immuable et éternel que l'être de Dieu qui l'a donné. Ce décret contient le plus fort encouragement à abonder en bonnes œuvres et en tout ce qui est saint ; il est un torrent de joie et de félicité pour notre consolation sans fin. Il est digne de Dieu et s'accorde en tous points avec les perfections de sa nature. Il nous donne la vision la plus noble de sa justice, de sa miséricorde et de sa vérité. Il est en accord avec tout le contenu, et toutes les parties, de la révélation chrétienne. Moïse et tous les prophètes lui rendent témoignage, de même que notre Seigneur béni et tous les apôtres. Ainsi Moïse dit, au nom du Seigneur : « J'appelle en ce jour les cieux et la terre à déposer contre vous que j'ai placé devant vous la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction ; choisis par conséquent la vie, pour que toi et ta semence viviez ». Et (pour citer au moins un des prophètes) Ezéchiel dit : « L'âme qui pèche mourra : le fils ne portera pas éternellement l'iniquité du père. La justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui » (Eze 18 : 20). Et notre Seigneur béni dit. « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne et qu'il boive ! » (Jea 7 : 37). Et Paul, le grand apôtre, dit : « Dieu ordonne à tous les hommes en tous lieux de se repentir » (Act 17 : 30) ; « tous les hommes en tous lieux » , cela signifie chaque homme à chaque endroit, sans exception de place ou de personne. Et saint Jacques dit : « Si quelqu'un de vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous les hommes libéralement et sans reproches, et elle lui sera accordée » (Jas 1 : 5). Et saint Pierre dit : « Le Seigneur ne veut pas qu'aucun périsse, mais que tous parviennent à la repentance » (2Pi 3 : 9). Et saint Jean dit : « Si un homme a péché, nous avons un avocat auprès du Père ; il est la propitiation de nos péchés, et non seulement des nôtres, mais de ceux du monde entier ». (1Jn 2 : 1-2). CONCLUSION Ecoutez, vous qui oubliez Dieu ! Vous ne pouvez pas lui faire porter la responsabilité de votre mort ! « Ai-je un quelconque plaisir à ce que le méchant meure ? » dit le Seigneur (Eze 18 : 23 et suivants). Repentez-vous et détournez-vous de toutes vos transgressions ; ainsi l'iniquité ne sera pas votre ruine. Jetez loin de vous toutes vos transgressions, car pourquoi mourrais-tu, maison d'Israël ? Je ne prends pas plaisir à la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur. Convertissez-vous donc et vivez ! » « Je suis vivant ! dit le Seigneur Dieu, je ne prends pas plaisir à la mort du méchant. Revenez, revenez de vos mauvaises voies. Pourquoi devriez-vous mourir, maison d'Israël ? » (Eze 33 : 11).

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