L'ACCABLEMENT RESULTANT DES EPREUVES 1 Pierre 1,6 : John Wesley

03:24Ministere MotsdeDieu

Quoique vous êtes maintenant attristés (1) pour un peu de temps par diverses épreuves. (1Pi 1 : 6) (1) Dans la version anglaise il y a appesantis, et J. Wesley a intitulé son discours : L'appesantissement par diverses tentations. Le mot appesantissement rappelle l'abattement, l'accablement qui accompagnent un violent chagrin ou des afflictions prolongées. (Trad.) Dans le discours qui précède, j'ai parlé tout spécialement de cet obscurcissement de l'âme qu'on observe fréquemment chez des personnes qui marchaient autrefois à la clarté de la face du Seigneur. Il y a beaucoup de rapport entre cet état et un certain accablement moral qui se rencontre encore plus souvent, même parmi ceux qui ont cru. De fait, presque tous les enfants de Dieu éprouvent cela, les uns plus, les autres moins. Ces deux états d'âme se ressemblent tellement qu'on les confond assez souvent et qu'on dit indifféremment d'un homme : « Il passe par l'obscurité » ; ou bien : « Il passe par l'accablement ». On fait comme si ces expressions étaient équivalentes, comme si elles disaient exactement la même chose. Mais il s'en faut de beaucoup qu'il en soit, ainsi. L'obscurcissement de l'âme est une chose, et son accablement en est une autre. Non seulement il y a une différence entre ces deux situations ; mais c'est une différence profonde, essentielle. La distinction à faire entre les deux est de telle nature qu'il importe que tous les enfants de Dieu la comprennent, sans cela, rien de plus facile que de glisser de l'accablement dans les ténèbres. Afin d'écarter ce danger, je vais essayer d'indiquer d'abord, à quelle classe de personnes l'apôtre dit : « Vous êtes maintenant attristés (ou accablés) » ; en second lieu, de quel genre était leur accablement ; en troisième lieu, quelles en étaient les causes ; quatrièmement, dans quel but cela leur arrivait ; et, enfin, je tirerai quelques conclusions du tout. I Cherchons d'abord à quelle classe de personnes l'apôtre disait. : « Vous êtes maintenant attristés (ou accablés.) » Il est, en tout cas, évident que ces personnes avaient la foi, à l'époque où saint Pierre leur adressait ces paroles ; car il le dit positivement au verset 5 : « Vous qui êtes gardés par la puissance de Dieu, par la foi, pour obtenir le salut ». Et de nouveau, au verset 7, il dit : « L'épreuve de votre foi qui est beaucoup plus précieuse que l'or périssable ». Dans le verset 9 également : « Remportant le prix de votre foi qui est le salut des âmes ». Ainsi, tout en étant dans l'accablement, ces personnes possédaient une foi vivante ; cette profonde tristesse n'anéantissait pas leur foi ; « elles demeuraient fermes, comme voyant celui qui est invisible (Heb 11 : 27). Leur accablement ne leur avait pas non plus fait perdre leur paix, celle « paix de Dieu qui surpasse toute intelligence (Phi 4 : 7) », et qui est inséparable d'une foi sincère et vivante. Cela découle tout naturellement du second verset de ce chapitre, où l'apôtre demande à Dieu pour ces chrétiens, non pas que la grâce et la paix leur soient données, mais qu'elles leur soient multipliées, c'est-à-dire que les bénédictions dont ils jouissaient déjà leur fussent accordées encore plus abondamment. Ceux à qui saint Pierre s'adresse ici possédaient également une espérance vivante. Car il écrit, au verset 3 : « Béni soit le Dieu et le Père de notre Seigneur Jésus-Christ qui, selon sa grande miséricorde, nous a fait renaître », vous et moi, tous ceux qui « sont, sanctifiés par L'Esprit et ont part à l'aspersion du sang de Jésus-Christ » , (vers. 2) « en nous donnant une espérance vive (ou vivante) de posséder l'héritage qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir ». Malgré leur accablement, ces chrétiens conservaient donc une espérance immortelle. Ils avaient aussi la joie, « se glorifiant dans l'espérance de la gloire de Dieu (Ro 5 : 2) ». Ils étaient remplis de joie par le Saint-Esprit. Aussi l'apôtre, ayant parlé du moment « où Jésus-Christ paraîtra » (vers. 7), c'est-à-dire où il viendra, à la fin, pour juger le monde, ajoute aussitôt « En qui vous croyez, quoique vous ne le voyiez pas encore », des yeux de votre corps, « et en croyant, vous vous réjouissez d'une joie ineffable et glorieuse » (vers.8). Cet accablement de la tristesse n'excluait conséquemment ni une espérance vive, ni une joie ineffable. Ils étaient tout à la fois attristés et, pleins d'une joie glorieuse. Au sein de cet accablement moral, ils jouissaient cependant encore de l'amour de Dieu répandu dans leur cœur. « Lequel vous aimez, quoique vous ne l'ayez pas vu », dit saint Pierre (vers.8). Quoique vous ne l'ayez pas vu face à face, leur dit-il, vous avez appris à le connaître par la foi, et vous avez obéi à sa parole : « Mon fils, donne-moi ton cœur ! (Pro 23 : 26) » Il est votre Dieu, l'objet de votre amour, le désir de vos yeux, votre « très grande récompense » Vous avez cherché et trouvé votre bonheur en lui ; vous « prenez votre plaisir en l'Eternel, et il vous accorde les demandes de votre cœur (Ps 37 : 4). Il reste à ajouter ceci. Tout en étant accablés, ils demeuraient saints, ils conservaient le même ascendant sur le péché. A l'égard du péché, ils étaient encore et toujours « gardés par la puissance de Dieu (vers.5) ; » ils étaient « comme des enfants obéissants, ne se conformant point aux convoitises d'autrefois (vers. 14) ; » et, « comme celui qui les avait appelés est saint », eux aussi de même étaient « saints dans toute leur conduite (vers. 15) ». « Sachant qu'ils avaient été rachetés par le précieux sang de Christ, comme de l'Agneau sans défaut : et sans tache (vers. 18) », ils avaient, par la foi et l'espérance qu'ils mettaient en Dieu, « purifié leurs âmes en obéissant à la vérité par l'Esprit (vers. 22) ». Voilà donc, en résumé, une tristesse, un accablement qui n'empêchent pas la foi, l'espérance, l'amour de Dieu et du prochain, la paix de Dieu, la joie du Saint-Esprit, la sainteté au dedans et au dehors. Cet état n'anéantissait pas l'œuvre de Dieu dans l'âme de ces chrétiens, ne la dégradait en rien. Cela ne nuisait point chez eux à cette sanctification par l'Esprit qui est la racine de toute vraie obéissance à Dieu ; cela ne leur ôtait même pas ce bonheur qui découle nécessairement de la grâce et de la paix du Seigneur, lorsqu'elles règnent dans un cœur. II Ce que nous venons de dire aide à comprendre quelle était la nature de l'accablement, qui pesait, sur ces personnes ; et c'est là le second point que nous voulons éclaircir. Le mot employé dans le texte grec signifie attristés, chagrinés ; (c'est qui vient de tristesse, chagrin.) Tel est le sens littéral et invariable de ce mot. Il suit de là que cette expression ne saurait être ambiguë et qu'il ne peut pas être difficile d'en saisir la portée. Les personnes dont il s'agir ici étaient attristées ; leur accablement était, ni plus ni moins, du chagrin, de la douleur, et tout enfant des hommes sait par expérience ce que cela veut dire. Il est probable que nos traducteurs (Ceux de la version anglaise, dite autorisée. Elle fut publiée en 1611 Il en a paru une révision en 1881 et le mot appesantis y est remplacé par attristés. (Trad.) ont employé ici le mot appesantis (ou accablés, qui est un peu plus spécial,) parce qu'ils voulaient exprimer deux choses, le degré et la durée de cette tristesse. Et on peut supposer, en effet, que le chagrin dont il est question dans notre texte n'était pas léger et insignifiant, mais de ceux qui font sur l'âme une forte impression et qui y pénètrent profondément. Ce n'était pas une de ces douleurs passagères qui s'envolent au bout d'une heure ; mais plutôt une de celles qui s'emparent tellement du cœur qu'on ne peut s'en débarrasser promptement ; c'est une tristesse qui persiste, comme si elle devenait une habitude ; au lieu d'être une simple émotion, et cela chez des hommes qui ont une foi vivante en Jésus-Christ et un amour sincère pour Dieu. Même chez de tels chrétiens, cet accablement peut être parfois si grand qu'il projette une ombre sur l'âme tout entière, qu'il déteigne en quelque sorte sur nos sentiments et que cela s'aperçoive dans toute notre manière d'agir. Cela peut aussi influer sur le corps, en particulier chez les personnes dont la constitution est faible naturellement ou a été affaiblie par quelque maladie, et surtout par une maladie des nerfs. Dans bien des cas, c'est le corps mortel qui pèse sur l'âme ; mais ici c'est l'âme qui pèse sur le corps et qui l'affaiblit de plus en plus. Je ne suis pas même certain qu'un chagrin violent et prolongé ne puisse pas affaiblir une constitution solide et y déposer les germes de maladies qu'on ne guérira pas facilement. Mais tout cela peut se produire sans que l'âme cesse de posséder un certain degré de cette foi qui agit par l'amour. C'est bien là ce qu'on peut appeler « une fournaise ». Et quoique ce genre d'épreuve ne soit pas celui dont l'apôtre parle dans le quatrième chapitre de cette épître, plusieurs des expressions dont il se sert en cet endroit pour caractériser les souffrances extérieures peuvent s'appliquer à la souffrance intime dont nous nous occupons. Il ne conviendrait pas de s'en servir en parlant de ceux qui sont « dans les ténèbres ». Car ceux-là ne se réjouissent pas : ils ne le peuvent ; et il ne serait pas vrai non plus de dire d'eux : « L'Esprit de gloire, qui est l'Esprit de Dieu, repose sur vous (1Pi 4 : 2) ». Mais cet Esprit repose souvent sur ceux qui sont attristés ou accablés, de sorte que, tout en étant tristes, ils sont pourtant « toujours joyeux ». III Passons à notre troisième point : Quelles sont les causes qui produisent cette tristesse, cet accablement chez des croyants sincères ? Saint Pierre le dit clairement : « Vous êtes maintenant attristés par diverses épreuves », par des épreuves variées, non seulement nombreuses, mais de divers genres. Elles peuvent, en effet, être modifiées et diversifiées de mille façons par l'introduction d'une foule de circonstances particulières. Cette variété, ces différences font qu'il est encore plus difficile de se défendre contre l'épreuve. Parmi ces afflictions diverses, on peut compter tous les maux physiques, et tout spécialement les maladies aiguës et tous les genres de souffrance violente, que le siège en soit d'ailleurs le corps tout entier ou bien une portion très minime de notre organisme. Sans doute, les gens qui ont toujours joui d'une santé parfaite et qui n'ont rien éprouvé de pareil, tiennent fort peu de compte de ces choses, et s'étonnent qu'une maladie ou une douleur physique aient pour effet d'accabler l'esprit. Peut-être y en a-t-il un sur mille qui soit constitué si exceptionnellement qu'il ne sente pas la souffrance comme le reste des hommes. Il a plu à Dieu de montrer sa toute-puissance en créant de ces natures prodigieuse, que la douleur ne semblait, point affecter, même quand elle était à son paroxysme ; mais il a pu se faire aussi que ce mépris de la douleur provînt soit d'une forte éducation, soit même de causes surnaturelles, par exemple, de l'assistance d'esprits bons ou mauvais qui ont pu élever ces individus au-dessus des conditions ordinaires de l'existence. Mais, en réservant ces cas extraordinaires, on peut dire : La souffrance suffit pour abattre et troubler ; Et, quand elle est extrême, Il peut arriver même Que les plus patients se laissent accabler. Et lorsque ce dernier effet est écarté par la grâce divine, lorsque les chrétiens ont appris à « posséder leur âme par leur patience (Lu 21 : 19) », il peut cependant en résulter un grand accablement intérieur dû à la sympathie qui existe entre l'âme et le corps. Toutes les maladies prolongées, bien qu'elles fassent moins souffrir, ont une tendance à produire, les mêmes résultats. Quand Dieu nous envoie la phtisie, ou bien une fièvre chaude avec ses alternatives de frissons, si ces maux ne sont pas promptement guéris, ils « consumeront nos yeux, et tourmenteront aussi nos âmes (Le 26 : 16) ». Tel est tout spécialement l'effet de toutes les affections qu'on appelle maux de nerfs. La foi n'a pas le privilège de suspendre le cours de la nature. Les causes naturelles continuent à produire leurs effets naturels. La foi n'empêche pas davantage l'esprit de s'abattre dans une maladie hystérique, qu'elle n'empêche le pouls de battre plus vite quand on a la fièvre. D'un autre côté, « quand la calamité surviendra comme un tourbillon (Pro 1 : 27) » quand « la pauvreté et la disette viendront comme un homme armé, (Pro 6 : 11) », l'épreuve sera-t-elle insignifiante ? Faudra-t-il s'étonner si elle occasionne du chagrin et de l'accablement ? Pour ceux qui voient cela de loin et, après l'avoir vu, passent outre, ces afflictions peuvent sembler petites ; mais il en est autrement pour ceux qui les traversent. « Pourvu que nous ayons la nourriture et de quoi nous vêtir » , (le mot employé ici, se rapporte au logement, aussi bien qu'au vêtement, de quoi nous couvrir,) cela nous suffira (1Ti 6 : 8) », si nous avons l'amour de Dieu dans le cœur. Mais que feront ceux qui n'ont pas même ces choses-là ? ceux qui sont réduits à « chercher leur retraite dans les rochers (Job 24 : 8) », ceux qui n'ont que la terre pour lit et que le ciel pour couverture, qui n'ont point pour eux et pour leur famille une demeure chaude ou même sèche, encore moins une maison propre, qui ne possèdent pas assez de vêtements pour se préserver, eux et ceux qu'ils aiment comme eux-mêmes, du froid perçant, soit de jour, soit de nuit ? Je ne puis m'empêcher de rire quand j'entends cette absurde exclamation d'un auteur païen : Nil habet infelix paupertas durius in se Quàm quod ridiculos homines facit !..... (Juvénal, Satire 3, vers. 152, 153) Est-il donc vrai que « la pauvreté malheureuse ne renferme rien de plus dur que ceci, qu'elle rend les hommes ridicules », les expose à ce qu'on rie d'eux ? Est-ce que la privation de nourriture n'est rien ? Dieu prononça cette malédiction contre l'homme : « Tu mangeras le pain à la sueur de ton visage (Ge 3 : 19) ». Mais que de gens n'y a-t-il pas dans ce pays chrétien qui travaillent, et peinent, et suent pour n'avoir pas même, après tout, ce pain, qui ont à lutter à la fois contre la fatigue et contre la faim ! N'est-ce pas un surcroît de maux, quand on a travaillé dur toute la journée, de rentrer dans un logement pauvre, glacé, sale et misérable, où l'on ne trouve pas même la nourriture qu'il faudrait pour réparer ses forces ? J'en appelle à vous qui vivez dans l'aisance ici-bas et à qui il ne manque que des yeux pour voir, des oreilles pour entendre, et un cœur pour comprendre tout ce que Dieu a fait pour vous ; dites-moi, n'est-ce rien que de chercher à gagner son pain, jour après jour, sans y réussir, et, pour comble d'infortune, d'avoir à écouter les cris de cinq ou six petits enfants qui réclament ce qu'on ne peut pas leur donner ? Si une main invisible ne retenait pas un homme qui en est là, comment pourrait-il éviter de « maudire Dieu et mourir ensuite ! » (Job 2 : 9) Point de pain, point de pain ! pour savoir ce que cela veut dire, il faudrait l'avoir éprouvé. Je trouve surprenant que cela ne cause que de l'accablement, même quand on a la foi ! On pourrait mentionner, comme venant ensuite, la perte des êtres qui nous sont chers, des nôtres, d'un père, d'une mère, peut-être encore peu avancés en âge ; d'un enfant bien-aimé qui entrait dans la vie et dont l'âme était étroitement liée à la nôtre ; ou bien d'un ami, qui était comme notre propre âme, d'un ami, don suprême, don le plus excellent du ciel après la grâce de Dieu ! Mille circonstances ont pu aggraver ces afflictions. Peut-être cet enfant, cet ami est-il mort dans nos bras ! peut-être nous a-t- il été au moment où nous y pensions le moins : il fleurissait, et il a été coupé comme une fleur ! Dans des cas pareils, non seulement l'épreuve peut nous toucher, mais elle le doit : Dieu a voulu qu'il en fût ainsi. Il ne nous a pas faits semblables au bois ou à la pierre. Il ne veut pas étouffer nos affections, mais les régler. Ainsi, laissons couler, sans les condamner, ces larmes que réclame la nature. On peut être affligé sans pécher. C'est une douleur encore plus cruelle pour nous quand nous avons affaire à des âmes mortes en vivant, quand nous rencontrons méchanceté, ingratitude, apostasie chez ceux qui autrefois étaient unis à nous par les liens les plus forts. Qui dira le qu'un chrétien qui aime les âmes ressent en voyant son ami, son frère, perdu loin de Dieu ? en voyant un époux ou une épouse, un père ou une mère, un enfant se lancer dans le péché, comme le cheval dans la bataille, travailler ardemment à sa perte éternelle, malgré tous les raisonnements et toutes les supplications ? Et cette angoisse sera cent fois plus amère si l'on peut se souvenir d'un temps où cette personne, qui maintenant court à sa ruine, marchait dans le chemin de la vie. Le souvenir de ce qu'elle était autrefois ne sert plus qu'à envenimer toujours davantage l'aiguillon de la douleur qu'on éprouve en réfléchissant à son état actuel. Il va sans dire que, dans ces diverses situations, notre grand adversaire mettra tout à profit pour faire son œuvre. « Il tourne autour de nous, cherchant qui il pourra dévorer (1Pi 5 : 8) », et il déploiera toute sa puissance, toute sa ruse pour essayer de triompher d'une âme qui déjà est abattue. Il ne ménagera pas ses traits enflammés ; il lancera ceux qu'il juge les plus propres à pénétrer dans l'âme et à s'y planter profondément, en raison même de leur adaptation aux circonstances dans lesquelles la tentation a lieu pour cette âme. Il s'efforcera d'y insinuer l'incrédulité, le blasphème, le murmure contre Dieu. Il suggère à l'esprit cette pensée que décidément Dieu ne « s'inquiète pas de ce monde et ne le dirige pas, ou bien qu'il ne le dirige pas comme il faudrait, selon les lois de la justice et de la bonté. Il cherchera à insurger le cœur de l'homme contre Dieu, à ressusciter notre ancienne inimitié naturelle contre le Seigneur. Et si nous entreprenons de le combattre avec ses propres armes, si nous nous mettons à raisonner avec lui, notre accablement ne fera qu'augmenter et aboutira peut-être aux ténèbres les plus profondes. Plus d'une fois on a exprimé l'opinion qu'il y a une autre cause d'accablement, sinon d'obscurité, pour l'âme : ce serait que Dieu se retire d'elle, uniquement parce que telle est sa volonté souveraine. Bien certainement il se retirera si nous contristons son Saint-Esprit par des péchés visibles ou cachés, soit en commettant le mal, soit en négligeant de faire le bien, en nous laissant aller à l'orgueil ou à la colère, à la nonchalance spirituelle, à des désirs insensés ou à des affections déréglées. Mais qu'il nous abandonne jamais simplement parce qu'il le veut, simplement parce que tel est son bon plaisir, je le nie formellement. Il n'y a pas un seul texte de ta Bible qui puisse fournir l'ombre d'un prétexte pour faire une pareille supposition. Cette idée est contraire non seulement à tel ou tel passage des Ecritures saintes, mais à tout l'ensemble de la révélation divine. Elle répugne à la nature même de Dieu : c'est une insulte à sa majesté, à sa sagesse ; ce serait, comme l'a dit énergiquement un grand écrivain, « jouer à cache-cache avec ses créatures ». Ce serait incompatible avec sa justice et avec sa miséricorde, comme avec l'expérience authentique de son peuple. Une autre cause d'accablement a été indiquée par certains auteurs qu'on a qualifiés du nom de Mystiques. Et, je ne sais trop comment, leurs vues se sont propagées parmi de braves gens qui ne connaissent pourtant pas ces écrivains. Je ne saurais mieux rendre compte de ces idées particulières qu'en citant les paroles d'une femme (John Wesley cite peut-être ici les idées de Madame Guyon ou plus probablement celles d'Antoinette Bourignon, qui a publié vingt et un volumes d'écrits mystiques. Madame Guyon en a laissé trente-neuf. (Trad.) ) qui raconte ainsi ce qu'elle a éprouvé : « Je continuais à être si heureuse en mon Bien-aimé que, s'il m'avait fallu vivre errante dans un désert, cela ne m'aurait pas paru difficile. Mais cet état ne dura pas longtemps ; car je me trouvai effectivement bientôt conduite dans un désert. Je me trouvai dans un état d'abandon, tout à fait pauvre, malheureuse, misérable. La vraie source de cette tristesse, c'est la connaissance que nous gagnons de nous-mêmes, et par laquelle nous apercevons combien peu nous ressemblons à Dieu. Nous nous voyons tout le contraire de lui ; nous voyons notre âme entièrement corrompue et dépravée, toute pleine de péché et de méchanceté, du monde et de la chair, de toute sorte d'abominations ». C'est de considérations de ce genre qu'on a conclu que la connaissance de nous-mêmes, qui est essentielle pour que nous ne périssions pas éternellement, ne peut manquer, lorsque nous sommes déjà arrivés à la foi par laquelle on est justifié, de produire chez nous le plus profond des accablements. A propos de cette théorie, je ferai les observations suivantes. Dans un paragraphe précédent, l'auteur que je viens de ci ter disait : « Avant compris que je n'avais pas la vraie foi en Jésus-Christ, je me consacrai à Dieu, et aussitôt je sentis son amour ». C'est possible ; mais il n'est pas prouvé que ce fût la grâce de la justification. Il est plus probable que ce n'était que ce qu'on a appelé les attraits du Père. Et, s'il en était ainsi, l'accablement et les ténèbres qui suivirent étaient tout simplement les convictions de péché qui, dans l'ordre naturel des choses, doivent précéder la foi par laquelle on est justifié. D'un autre côté, si nous supposons qu'elle fut justifiée presqu'en même temps qu'elle s'apercevait qu'elle n'avait pas la foi, alors elle n'a pas eu le temps d'arriver à cette connaissance graduelle de soi-même qui d'ordinaire précède la justification ; et, dans ce cas, cette connaissance serait venue après ; et, comme elle ne s'y attendait pas, l'effet en aurait été d'autant plus accablant. De plus, je rappelle qu'après notre justification nous apprenons à connaître bien mieux qu'auparavant, d'une façon plus claire et plus complète, notre péché intérieur, l'entière dépravation de notre nature. Il n'y a pas de raison pour que cela plonge notre âme dans les ténèbres, et je n'oserais pas même affirmer que cela causera nécessairement de l'accablement. S'il en était ainsi, l'apôtre n'aurait pas employé cette expression : « S'il le faut (Notre traduction dit : « Vu que cela est convenable ». (1Pi 1 : 6) ). Car, alors, il serait absolument indispensable de passer par là si on veut arriver à se connaître, c'est-à-dire en réalité si on veut connaître l'amour parfait de Dieu et être « rendus capables d'avoir part à l'héritage des saints dans la lumière (Col 1 : 12) ». Mais il. n'en est rien. Au contraire, Dieu peut augmenter en nous indéfiniment cette connaissance de nous-mêmes, et en même temps y augmenter dans la même proportion la connaissance de lui-même et le sentiment de son amour. Cela suffit pour qu'il n'y ait plus pour nous de désert, de misère, d'abandon, pour que tout en nous soit amour, paix et joie, jaillissant toujours plus jusqu'en vie éternelle. IV Et maintenant, quel but le Seigneur se propose-t-il en permettant cet accablement chez un si grand nombre de ses enfants ? Voici la réponse nette et simple de l'apôtre à cette question : « Afin que l'épreuve de votre foi, qui est beaucoup plus précieuse que l'or périssable, et qui toutefois est éprouvé par le feu, vous tourne à louange, à honneur et à gloire, lorsque Jésus-Christ paraîtra (vers. 7) ». Il peut y avoir une allusion à ce même but dans le passage bien connu, qui toutefois, nous l'avons déjà dit, se rapporte à un sujet tout à fait distinct : « Ne trouvez point étrange, si vous êtes comme dans une fournaise, pour être éprouvés, comme s'il vous arrivait quelque chose d'extraordinaire ; mais réjouissez-vous de ce que vous avez part aux souffrances du Christ, afin que, lorsque sa gloire se manifestera, vous soyez aussi comblés de joie (1Pi 4 : 1,13). Ces paroles nous apprennent que le but principal que Dieu se propose en permettant les tentations qui causent de l'accablement chez ses enfants, c'est d'éprouver leur foi, et cela l'éprouve comme le leu éprouve l'or, Nous savons que, quand l'or est éprouvé par le feu, il est ainsi purifié, dégagé de toute crasse. Eh bien, la même chose arrive à notre foi quand elle passe par la fournaise de la tentation ; plus elle est éprouvée, plus elle est purifiée, et plus aussi elle se fortifie, elle s'affermit, elle s'augmente puissamment, trouvant dans cette épreuve des marques nombreuses de la sagesse, de la puissance, de l'amour et de la fidélité du Seigneur. Accroître notre foi, telle est donc une des intentions de Dieu lorsqu'il permet que nous soyons tentés de diverses manières. Ces afflictions servent aussi purifier, à affermir et à augmenter en nous cette espérance vive, à laquelle « le Dieu et le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, dans sa grande miséricorde, nous a fait renaître (1Pi 1 : 3) ». D'ailleurs, l'espérance ne peut manquer de grandir chez nous dans les mêmes proportions que la foi. Voici, en effet, sur quelle base elle repose. Nous croyons au nom de Jésus, nous vivons dans la foi au Fils de Dieu, et nous espérons, nous attendons avec confiance la gloire qui doit être révélée ; d'où il suit que tout ce qui sert à fortifier notre foi doit servir aussi à augmenter notre espérance. Et du même coup, cela augmentera notre joie, cette joie dans le Seigneur qui est inséparable d'une espérance pleine d'immortalité. C'est dans cette pensée que Saint-Pierre écrit plus loin à ces chrétiens : « Ré,jouissez-vous de ce que vous avez part aux souffrances de Christ » ; et qu'il ajoute : « Vous êtes bien heureux ; car l'Esprit de gloire, qui est l'Esprit de Dieu, repose sur vous » ; et par là vous pouvez, même au sein de la souffrance, vous réjouir « d'une joie ineffable et glorieuse ». Les chrétiens se réjouissent alors d'autant plus, que ces épreuves, qui augmentent leur foi et leur espérance, accroissent aussi leur amour, leur reconnaissance envers Dieu pour tous ses bienfaits, leur bienveillance envers tous les hommes. Plus ils sentent la grandeur de l'amour de Dieu leur Sauveur, plus aussi leur cœur s'embrase d'amour pour celui qui les « a aimés le premier (1Jn 4 : 19) ». Plus ils ont une assurance nette et ferme de la gloire qui doit être manifestée, plus aussi ils aiment celui qui la leur a acquise et qui leur « a donné les arrhes dans leurs cœurs (2Co 1 : 22) ». Ainsi, voilà encore un but, en vue duquel Dieu a permis que ces tentations survinssent. Un autre but qu'il se propose, c'est de nous faire faire des progrès dans la sainteté, tant celle du cœur que celle de la conduite ; la seconde procède tout naturellement de la première ; car un bon arbre produira de bons fruits. Or, toute sainteté intérieure est le fruit immédiat de cette foi qui agit par l'amour. L'Esprit divin se sert de ce moyen pour purifier le cœur de l'orgueil, de la volonté charnelle, de la colère, de l'amour du monde, des désirs insensés et funestes, des affections basses et vaines. De plus, il est certain que, par l'action de la grâce de Dieu, les épreuves sont sanctifiées pour notre bien et nous portent à la sainteté d'une manière très directe. Grâce aux opérations de son Esprit, elles humilient de plus en plus notre âme et la courbent devant le Seigneur. Elles calment et adoucissent notre esprit remuant, elles domptent la violence de notre naturel, elles assouplissent notre volonté personnelle revêche, elles nous crucifient à l'égard du monde, et enfin elles nous amènent à attendre de Dieu toute notre force, a ne chercher notre bonheur qu'en Dieu. Tous ces effets concourent à l'accomplissement de ce but suprême, que notre foi, notre espérance, notre amour et notre sainteté « nous tournent à louange » de la part de Dieu lui-même, « à honneur » devant les hommes et les anges, « et à gloire » même ; car le Juge souverain décernera la gloire à ceux qui auront persévéré jusqu'à la fin. Il l'accordera, dans ce jour solennel, « à chacun selon ses œuvres (Mat 16 : 27 etc.) ; » selon l'œuvre accomplie par Dieu lui-même dans le cœur de chaque homme, les œuvres visibles qu'il aura faites pour le Seigneur, et aussi selon ce qu'il aura souffert. Ainsi, toutes ces épreuves sont pour nous un gain indicible. Ainsi, de mille manières, « notre légère affliction du temps présent produit en nous le poids éternel. d'une gloire infiniment excellente (2Co 4 : 17) ». Il faut également tenir compte des bons effets produits sur ceux qui nous verront endurer l'épreuve comme il faut. L'expérience nous enseigne que l'exemple a plus d'influence que le précepte. Et quel exemple pourrait exercer une influence plus puissante, non seulement sur ceux qui ont reçu une foi du même prix, mais aussi sur ceux qui ne connaissent pas le Seigneur, que l'exemple d'une attitude d'esprit calme et sereine au milieu des tempêtes ; que la conduite d'un chrétien qui est attristé, mais pourtant toujours joyeux ; qui accepte avec douceur la volonté de Dieu quelle qu'elle soit, même lorsqu'elle est le plus pénible pour la nature humaine, qui, dans la maladie et dans la souffrance, peut, dire : « Ne boirai-je pas la coupe que le Père m'a donnée à boire ? (Jea 18 : 11) » qui, dans le deuil ou les privations, peut s'écrier : « L'Éternel l'avait donné ; l'Éternel l'a ôté ; que le nom de l'Éternel soit béni (Job 1 : 21) » Pour terminer, tirons de ce qui précède quelques conclusions. Et d'abord, quelle différence absolue entre l'obscurité spirituelle et l'accablement de l'âme ! Et, cependant, ces deux états sont généralement confondus, même par des chrétiens d'expérience. L'obscurité spirituelle, le passage du désert, comme on l'a surnommée, signifie une privation complète de cette joie que donne le Saint-Esprit. Il n'en est pas ainsi dans l'accablement de l'âme ; car, même alors, on peut se réjouir d'une joie ineffable. Ceux qui sont dans les ténèbres ont perdu la paix de Dieu, ceux qui passent par l'accablement la conservent, et même c'est à ce moment-là que la paix et la grâce peuvent leur être multipliées. Chez les premiers, l'amour de Dieu s'est refroidi, sinon tout à fait éteint ; chez ceux-ci, il a gardé toute sa vigueur et même il grandit de jour en jour. Chez les uns, la foi est sérieusement entamée, si même elle n'est anéantie ; car leur conviction et leur assurance des choses invisibles, et en particulier de l'amour de Dieu et de son pardon, ne sont plus nettes et fermes comme auparavant, et leur confiance dans le Seigneur est diminuée d'autant. Quant aux autres, bien qu'ils ne voient pas Dieu, ils ont en lui une confiance profonde et inébranlable ; ils possèdent une certitude constante de cet amour qui efface tous leurs péchés. Ainsi donc, tant que la foi et l'incrédulité, l'espérance et le désespoir, la paix et la guerre, l'amour de Dieu et l'amour du monde resteront choses distinctes, nous pouvons reconnaître infailliblement un état d'obscurcissement d'avec un état d'accablement. Une leçon à apprendre ici, c'est qu'il peut être nécessaire que nous passions par l'accablement, mais il ne peut pas l'être que nous passions par les ténèbres. Il peut être bon que nous soyons attristés pour un peu de temps en vue des résultats indiqués plus haut, ou du moins dans ce sens que ces résultats découleront naturellement de ces diverses afflictions qui auront servi à éprouver et à augmenter notre foi, à affermir et à développer nos espérances, à purifier notre cœur de tous les sentiments contraires à la sainteté, à nous perfectionner dans l'amour enfin. Et c'est de la même façon que, finalement, ces afflictions contribueront à rendre notre couronne plus brillante, à accroître pour nous le poids de la gloire éternelle. Mais nous ne pouvons pas dire que les ténèbres soient utiles pour produire ces mêmes effets. Car elles n'aboutissent à rien de pareil. La perte de notre foi, de notre espérance, de notre amour, ne tendent ni à nous rendre plus saints, ni à nous préparer dans le ciel une récompense plus éclatante, mais qui doit toujours être en rapport avec le degré de sainteté atteint ici-bas. De ce que dit saint Pierre, nous pouvons aussi tirer cette conséquence que l'accablement lui-même n'est pas toujours nécessaire. « Maintenant » , « pour un peu de temps » , « vu que cela est convenable » , cela signifie bien que ce n'est pas nécessaire pour tous ; et que ce n'est pas invariablement nécessaire pour une même personne. Dieu peut (il est assez grand et assez sage pour cela), accomplir, s'il le juge à propos, cette œuvre dans une âme par toute sorte d'autres moyens. Il v a des cas où il le fait : il y a des chrétiens qu'il trouve bon de faire aller de force en force jusqu'à ce qu'ils aient « achevé leur sanctification dans la crainte de Dieu (2Co 7 : 1) », sans presque avoir affaire à l'accablement spirituel. C'est qu'il a un pouvoir absolu sur les âmes et en fait jouer tous les ressorts comme il veut. Mais ces cas-là sont rares. En général, Dieu trouve bon de faire passer par le creuset de l'affliction les hommes qu'il agrée. Aussi, des tentations diverses et plus ou moins d'accablement sont-ils habituellement la portion de ses enfants les plus chers. En dernier lieu, tout cela nous rappelle qu'il faut veiller et prier, qu'il faut faire tous nos efforts pour ne point tomber dans un état ténébreux. Mais, quant à l'accablement, il ne s'agit pas tant d'y échapper que de mettre à profit cette dispensation. Notre grande préoccupation doit être de nous y comporter de telle sorte, d'y suivre le Seigneur de si près que nous y réalisions pleinement les intentions de son amour qui a permis que cela nous arrivât ; de telle sorte, enfin, que cela serve à augmenter notre foi, à affermir notre espérance, à nous rendre parfaits en toute sainteté. Et dès que nous sentirons approcher cet accablement, pensons à ce que Dieu a en vue en permettant que nous passions par cet état, et efforçons-nous de ne frustrer en rien ses plans en notre faveur. Soyons ouvriers avec lui de tout notre cœur par la grâce qu'il veut nous accorder sans cesse, afin que nous puissions « nous nettoyer de toute souillure de la chair et de l'esprit (2Co 7 : 1) ; » et grandir de jour en jour dans la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, jusqu'au moment où il nous recevra dans son royaume éternel !

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