LE SERMON SUR LA MONTAGNE, TREIZIÈME DISCOURS Matthieu 7,21-27 : John Wesley

08:13Ministere MotsdeDieu

« Ceux qui me disent ; Seigneur, Seigneur, n'entreront pas tous au royaume des cieux ; mais celui-là seulement qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux ». « Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé en ton nom ? Et n'avons-nous pas chassé les démons en ton nom ? Et n'avons-nous pas fait plusieurs miracles en ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus ; retirez-vous de moi, vous qui faites métier d'iniquité » « Quiconque donc entend ces paroles que je dis et les met en pratique, je le comparerai à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. Et la pluie est tombée, et les torrents se sont débordés, et les vents ont soufflé et sont venus fondre sur cette maison-là et elle n'est point tombée, car elle était fondée sur, le roc ». « Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera comparé à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. Et la pluie est tombée, et les torrents se sont débordés, et les vents ont soufflé et sont venus fondre sur cette maison-là ; elle est tombée, et sa ruine a été grande ». (Mat 7 : 21-27) Notre divin Maître ayant déclaré tout le conseil de Dieu quant au chemin du salut, et fait remarquer les principaux obstacles que rencontrent ceux qui désirent y marcher, conclut maintenant son discours par ces graves paroles par lesquelles il met, pour ainsi dire, le sceau à sa prophétie, et imprime toute son autorité sur son témoignage, afin qu'il demeure ferme dans tous les siècles. Car, ainsi a dit le Seigneur, afin que jamais personne ne s'imagine qu'il y a une autre voie de salut : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur, n'entreront pas tous au royaume des cieux ; mais celui-là seulement qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là Seigneur ! Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé en ton nom ? Et n'avons-nous pas chassé les démons en ton nom ? Et n'avons-nous pas fait plusieurs miracles en ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus. Retirez-vous de moi, vous qui faites métier d'iniquité. Quiconque donc entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera comparé à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. Et la pluie est tombée, et les torrents se sont débordés, et les vents ont soufflé et sont venus fondre sur cette maison-là, elle est tombée, et sa ruine a été grande ! » Je me propose dans ce discours : 1° de considérer le cas de celui qui bâtit sa maison sur le sable ; 2° de montrer la sagesse de celui qui bâtit sa maison sur le roc ; et 3° de terminer par une application qui fasse ressortir l'importance pratique des avertissements du Seigneur Jésus. I Je considère d'abord le cas de celui qui bâtit sa maison sur le sable. C'est pour lui que le Seigneur dit : « Ceux qui me disent Seigneur, Seigneur, n'entreront pas tous au royaume des cieux ». C'est un décret irrévocable et qui demeure pour toujours ferme. Il nous importe donc, au plus haut degré, d'en comprendre entièrement le sens et la force. Eh bien ! Que faut-il entendre par cette expression : « Ceux qui me disent, Seigneur ! Seigneur ? » Elle désigne indubitablement ceux qui pensent aller au ciel par quelque autre chemin que celui qui vient d'être décrit par Jésus. Elle implique donc (pour commencer par le plus bas degré) toute religion en paroles ; — à cela se rapportent tous nos symboles, toutes nos professions de foi, tout ce que nous pouvons dire ou répéter en fait de prières et d'actions de grâces. Nous pouvons bénir le nom de Dieu et déclarer sa bonté aux enfants des hommes ; nous pouvons discourir de ses faits merveilleux, nous entretenir chaque jour de son salut, et comparant entre elles les choses spirituelles, nous pouvons en tirer l'explication des oracles de Dieu. Nous pouvons éclaircir les mystères de son royaume, qui étaient demeurés cachés dès le commencement du monde ; nous pouvons parler la langue des anges plutôt que des hommes, concernant les choses profondes de Dieu ; nous pouvons crier aux pécheurs : « Voilà l'Agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde » ; que dis-je ? Nous pouvons le faire avec une telle puissance de Dieu, une telle démonstration de son Esprit, que nous sauvions beaucoup d'âmes de la mort, et couvrions une multitude de péchés ; nous pouvons faire tout cela et pourtant n'avoir rien fait de plus que de nous écrier : « Seigneur ! Seigneur ! » Après avoir efficacement prêché aux autres, je puis moi-même n'être qu'un réprouvé. Après avoir, dans la main de Dieu, arraché beaucoup d'âmes à l'enfer, je puis, en fin de compte, y tomber moi-même. Après en avoir conduit plusieurs au royaume des cieux, il se peut que moi-même je n'y entre jamais. Lecteur, si jamais Dieu a béni ma parole pour ton âme, prie-le d'avoir compassion de moi qui suis pécheur ! Dire : « Seigneur ! Seigneur ! » peut impliquer, en second lieu, l'innocence dans les actions ; ne pas faire le mal. Nous nous abstenons peut-être de tout acte de présomption, de toute méchanceté extérieure ; nous nous abstenons de tous ces actes, de toutes ces paroles qu'interdit l'Écriture ; nous pouvons dire à tous ceux qui nous entourent. « Qui de vous me convaincra de péché ? » Nous pouvons avoir la conscience nette de toute offense extérieure envers Dieu et envers les hommes, être exempts de toute impureté, de toute impiété, de toute injustice quant au dehors, ou comme l'apôtre le témoigne de lui-même, être, quant à la justice de la loi, « sans reproche ». Mais pour tout cela, nous ne sommes pas justifiés. Ce n'est encore rien de plus que dire, « Seigneur ! Seigneur ! » Et si nous en demeurons là, jamais nous n'entrerons au royaume des cieux. Dire : « Seigneur ! Seigneur ! » peut impliquer, en troisième lieu, plusieurs de ces œuvres qu'on appelle particulièrement « les bonnes œuvres ». Je puis participer à la Cène du Seigneur, entendre force excellents sermons et n'omettre aucune occasion de prendre part aux autres moyens de grâce ordonnés de Dieu ; je puis faire du bien à mon prochain, rompre mon pain aux affamés, vêtir ceux qui sont nus et pousser le zèle jusqu'à donner tout mon bien pour la nourriture des pauvres ; que dis-je ? je puis faire tout cela avec le désir de plaire à Dieu et la ferme persuasion de lui plaire en effet (comme c'était indubitablement le cas pour ceux que Jésus représente ici, lui disant : Seigneur ! Seigneur !), et néanmoins n'avoir aucune part à la gloire qui doit être révélée au dernier jour. Si cette doctrine vous surprend, reconnaissez par là même que vous êtes encore étrangers à la religion de Jésus-Christ ; et, en particulier, au parfait tableau qu'il en a tracé devant nous dans ce discours. Car combien tout cela est peu de chose en comparaison de cette justice et de cette vraie sainteté qu'il y décrit ! Combien c'est loin de ce royaume des cieux qui s'établit dans l'âme croyante ; de cette piété qui, d'abord semée dans le cœur comme un grain de semence de moutarde, pousse bientôt de grandes branches, oh croissent tous les fruits de justice et tout ce qui est bien en fait de sentiments, de paroles et d'actions ! Mais, quelque clarté qu'il eût mise dans cette déclaration, quelque soin qu'il eût pris de répéter qu'aucun de ceux qui n'ont point reçu dans leur cœur ce royaume de Dieu, n'entrera dans le ciel, notre Sauveur n'ignorait pas que plusieurs hésiteraient à recevoir cette parole : c'est pourquoi il veut bien encore la confirmer : « Plusieurs », dit-il (non pas un seulement ou quelques-uns, mais) « plusieurs me diront en ce jour-là », non seulement nous avons dit beaucoup de prières, nous avons célébré tes louanges, nous nous sommes abstenus du mal et exercés à bien faire, mais ce qui est beaucoup plus que tout cela, — « n'avons-nous pas prophétisé en ton nom ? n'avons-nous pas chassé les démons en ton nom ? n'avons-nous pas fait plusieurs miracles en ton nom ? » — Nous avons prophétisé, c'est-à-dire nous avons déclaré ta volonté aux hommes ; nous avons montré aux pécheurs le chemin de la paix et de la gloire, et cela en ton nom, c'est-à-dire conformément à la vérité de ton Evangile, et avec ton autorité, ton Saint-Esprit envoyé du ciel confirmant notre prédication. Car en ton nom ou par ton nom, par la puissance de ta Parole et de ton Esprit, nous avons chassé les démons hors des âmes sur lesquelles ils avaient longtemps maintenu leur empire et dont ils avaient une pleine et paisible possession. Par ton nom, par ta puissance et non par la nôtre, nous avons fait plusieurs miracles, tellement que même les morts revenaient à la vie en entendant, par notre bouche, la voix du Fils de Dieu. « Mais à ceux-là même je dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus ! » —Non, je ne vous ai jamais connus comme miens, pas même lorsque vous chassiez les démons en mon nom, car votre cœur n'était pas droit devant Dieu. Vous n'étiez pas, quant à vous, doux et humbles, vous n'aviez pas l'amour de Dieu et du prochain, vous n'étiez pas renouvelés à l'image de Dieu, vous n'étiez pas saints comme je suis saint. Retirez-vous de moi, vous qui êtes, malgré tout cela, « des ouvriers d'iniquité » ; vous qui êtes transgresseurs de ma loi, de ma loi de parfaite sainteté et de parfait amour ! C'est pour rendre la chose entièrement évidente et incontestable, que le Seigneur la confirme par cette frappante comparaison : « Quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera comparé à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable, et la pluie est tombée et les torrents se sont débordés, et les vents ont soufflé et sont venus fondre sur cette maison-là », — comme ils le feront sûrement un jour ou l'autre sur toute âme d'homme : les flots de l'affliction au dehors, ou de la tentation au dedans ; les vents de l'orgueil, de la colère, de la crainte, de la convoitise ; — « et elle est tombée et sa ruine a été grande ! » Telle sera nécessairement la portion de tous ceux qui restent en quelque chose en dessous de cette religion précédemment décrite. Et leur ruine sera d'autant plus grande qu'ils « ont entendu ces paroles et ne les ont pas mises en pratique ». II Je dois maintenant montrer la sagesse de celui qui les met en pratique, de celui qui bâtit sa maison sur le roc. Il est sage, en vérité, « celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux ». Il est vraiment sage celui dont « la justice surpasse celle des Scribes et des Pharisiens ». Il est « pauvre en esprit », se « connaissant lui-même comme il est connu ». Il voit, il sent combien il est pécheur et coupable, jusqu'à ce qu'il soit lavé par le sang expiatoire. Il sait qu'il est perdu, que la colère de Dieu repose sur lui, et il se sent incapable de rien faire à moins qu'il ne soit rempli « de paix et de joie par le Saint-Esprit ». Il est humble et doux patient envers tous, ne rendant jamais mal pour mal, ni injure pour injure, mais au contraire bénissant, jusqu'à « surmonter le mal par le bien ». Son âme n'a soif sur la terre que du Dieu vivant. Il a pour tous les hommes « des entrailles de miséricorde », et il est prêt à donner sa vie pour ses ennemis. Il aime le Seigneur son Dieu « de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa pensée et de toutes ses forces ». Celui-là seul entrera au royaume des cieux qui, dans cet esprit, fait du bien à tous les hommes, et qui, méprisé et rejeté par cela même, haï, injurié, persécuté des hommes, « se réjouit et tressaille de joie », sachant en qui il a cru et ne doutant pas que « ces légères afflictions du temps présent » ne produisent en lui « le poids éternel d'une gloire infiniment excellente ». Que cet homme est vraiment sage ! Il se connaît lui-même, il sait qu'il est un esprit immortel, issu de Dieu et envoyé ici-bas dans une maison d'argile peur faire, non sa volonté, mais la volonté de Celui qui l'a envoyé. Il sait ce qu'est le monde, — le lieu où il doit passer un petit nombre de jours on d'années, non comme habitant, mais comme un étranger et un voyageur qui se dirige vers les demeures de l'éternité. Et c'est pour cela qu'il « use du monde comme n'en abusant pas », sachant que « la figure de ce monde passe ». Il connaît Dieu comme son père et son ami, l'auteur de tout bien, le Dieu des esprits de toute chair, le seul centre de bonheur pour tous les êtres intelligents. Il voit, plus clairement que par le soleil en plein midi, que le tout de l'homme, c'est de glorifier Celui qui l'a créé pour soi, c'est de l'aimer et de le posséder à jamais. Et il ne voit pas moins clairement que le moyen de parvenir à cette possession de Dieu dans la gloire, c'est de le connaître, de l'aimer, de l'imiter dès maintenant, et de croire en Jésus-Christ qu'il a envoyé. Cet homme est sage, même au jugement de Dieu, car il bâtit sa maison « sur le roc », — sur « le rocher des siècles », sur le Seigneur Jésus-Christ le rocher éternel. Jésus mérite bien ce titre, puisqu'il ne change point, puisqu'il est « le même hier, aujourd'hui et éternellement », suivant qu'il est dit dans ce témoignage d'un homme de Dieu des anciens temps, cité par l'apôtre dans son Epître aux hébreux : « C'est toi, Seigneur, qui as fondé la terre au commencement, et les cieux sont l'ouvrage de tes mains. Ils périront, mais tu subsistes toujours. Ils vieilliront tous comme un vêtement, tu les plieras comme un habit, et ils seront changés. Mais toi tu es toujours le même, et tes années ne finiront point ». Bien sage est donc l'homme qui bâtit sur Lui comme sur son unique fondement, sur son sang et sa justice, sur ce qu'il a fait et souffert pour nous. Il établit sa foi sur cette « pierre du coin », il y repose son âme entière. Enseigné de Dieu, il peut dire : Seigneur, j'ai péché, et je mérite d'être ; jeté aux dernières profondeurs de l'enfer. Mais je suis « justifié gratuitement par ta grâce, par la rédemption qui est en Jésus-Christ. Et je vis, non plus moi-même, mais Christ vit en moi ; je vis d'une vie cachée avec Christ en Dieu », et « si je vis encore dans ce corps mortel, je vis par la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est donné lui-même pour moi ». Je vis, même dans la chair, d'une vie d'amour, d'un amour pur pour Dieu et pour les hommes ; d'une vie de sainteté et de bonheur, louant Dieu et faisant toutes choses à sa gloire. Toutefois, qu'il ne se persuade pas qu'il n'aura plus de combats, qu'il est désormais hors des atteintes de la tentation. Dieu veut montrer en lui la réalité de sa grâce. Il sera donc éprouvé « comme l'or dans le feu ». Il sera tenté non moins que ceux « qui ne connaissent point Dieu » ; peut-être beaucoup plus encore ; car Satan ne manquera pas de cribler à l'excès ceux qu'il ne peut détruire. C'est pourquoi « la pluie tombera » avec force ; seulement ce sera quand et comme il plaira, non pas au « Prince de la puissance de l'air », mais à Celui « dont le règne a la domination sur tout ». « Les torrents se déborderont », ils élèveront leurs vagues avec fureur. Mais ici encore le Seigneur qui a présidé sur le déluge et qui préside comme roi éternellement, dira : « Vous viendrez jusqu'ici et vous ne passerez pas plus avant », et « ici s'arrêtera l'élévation de vos ondes ». « Les vents souffleront et fondront sur cette maison-là », comme pour l'arracher de ses fondements ; mais leurs efforts seront vains ; elle ne tombe point, car elle est fondée sur « le roc ». Cet homme prudent a bâti sur Christ par la foi et l'amour ; il ne sera point ébranlé. « Il ne craindra point, quand même la terre se bouleverserait et que les montagnes se renverseraient au milieu de la mer, et que ses eaux viendraient à bruire, et à se troubler et que les montagnes seraient ébranlées par l'élévation de ses vagues ». Il habite toujours dans « la retraite secrète du souverain » ; il est en sûreté « à l'ombre du Tout-Puissant ». III N'est-ce donc pas la grande affaire de tout enfant de Dieu de s'appliquer ces choses à lui-même ? d'examiner avec soin sur quel fondement il bâtit sur le sable ou sur le rocher ? N'avez-vous- pas le plus profond besoin de vous demander : Quel est le fondement de mon espérance ? Sur quoi fais-je reposer mon attente. d'entrer au royaume des cieux ? N'est-ce. pas sur le sable ? Sur mon orthodoxie. c'est-à-dire, sur la vérité de mes opinions religieuses que par un grossier abus de langage je décore du nom de foi ? Sur ce que j'ai un formulaire de doctrine plus rationnel, peut-être, ou plus scripturaire que celui de tels ou tels ? Hélas, quelle folie ! Certes, c'est bien là bâtir sur le sable, ou mieux encore sur l'écume de la mer ! — Ou bien encore n'ai-je point bâti sur un autre fondement non moins fragile, peut-être sur ce que j'appartiens à une Eglise si excellente, réformée suivant le vrai patron des Écritures, dotée de la plus pure doctrine, de la liturgie, de la discipline la plus ancienne, la plus apostolique ? Ce sont là, indubitablement, tout autant de raisons de bénir Dieu, et ce peuvent être tout autant de moyens de sanctification, mais ce n'est pas la sanctification elle-même, et sans elle, ils ne me profitent de rien, ils me rendent, au contraire, d'autant plus inexcusable, et m'exposent à une condamnation d'autant plus grande. Mon espérance est donc bâtie sur le sable si elle repose sur ce fondement. Vous ne pouvez, vous n'oseriez vous y appuyer. Mais sur quoi bâtirez-vous donc pour votre salut ? Sur votre innocence ? Sur ce que vous ne faites de tort à personne et ne commettez point de mal ? Bien, j'admets qu'il en soit ainsi : vous êtes justes en toute affaire ; vous êtes un franc honnête homme, vous rendez à chacun ce qui lui est dû, vous ne vous rendez coupable ni de fraude, ni d'extorsion, vous avez de la bonne foi et de la conscience, et l'on ne vous connaît aucun péché. Jusque-là c'est très bien ; mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Vous pouvez avoir toutes ces qualités et n'aller jamais au ciel. Toute cette innocence, si même elle part d'un bon principe, n'est encore que la moindre partie de la religion de Christ. Mais chez vous le principe n'en est pas le droit, en sorte qu'elle n'a rien à faire avec la religion. En bâtissant là-dessus, vous bâtissez donc encore sur le sable. Faites-vous un pas de plus, et à cette innocence ajoutez-vous l'usage des moyens de grâce ordonnés de Dieu ? Participez-vous, en toute occasion, à la Cène du Seigneur ? Priez-vous en public et en particulier ? Jeûnez-vous souvent ? Écoutez-vous, méditez-vous, sondez-vous la sainte Parole ? Ces choses pareillement, étaient, de tout temps, votre devoir. Mais ces choses ne sont encore rien à elles seules. Elles ne sont rien sans « les choses les plus importantes de la loi » que vous oubliez ou dont au moins vous n'avez aucune expérience : « la justice, la miséricorde et la fidélité » l'amour de Dieu, la sainteté de cœur, le ciel commencé dans l'âme. Vous bâtissez donc encore sur le sable. Je vais plus loin : êtes-vous zélé pour les bonnes œuvres ? Faites-vous, selon votre pouvoir, du bien à tous les hommes ? — donnant du pain aux affamés, et des vêtements à ceux qui sont nus, « visitant les orphelins et les veuves dans leurs afflictions ? » Visitez-vous les malades et consolez-vous les prisonniers ? Recueillez-vous les étrangers ? Montez encore plus haut, ami. Prophétisez-vous au nom de Christ ? Prêchez-vous la vérité telle qu'elle est en Jésus ? et votre parole, accompagnée de son Esprit, est-elle puissante à salut et amène-t-elle les pécheurs « des ténèbres à la lumière » et « de la puissance de Satan à Dieu ? Alors, allez et appliquez-vous ce que vous avez si souvent enseigné : « Vous êtes sauvés par grâce, par la foi » — « non par des œuvres de justice que vous ayez faites, mais par sa grande miséricorde ». Apprends à t'appuyer uniquement sur la croix de Christ, dépouillé de tout et comptant tout ce que tu as pu faire pour de l'ordure. Invoque-Le, ni plus ni moins, comme le brigand crucifié, comme la prostituée qui avait sept démons ! Autrement tu bâtis encore sur le sable, et après avoir sauvé les autres, tu perdras ta propre âme. Seigneur ! si je crois, augmente-moi la foi ! sinon, donne-moi la foi, ne serait-ce que comme un grain de semence de moutarde ! Mais « à quoi servirait-il à un homme de dire : J'ai la foi, s'il n'avait pas les œuvres ? Cette foi le pourrait-elle sauver ? » Oh non ! Cette foi qui est sans les œuvres, qui ne produit pas au dedans et au dehors la sainteté, qui n'a point pour effet d'imprimer l'image entière de Dieu, sur le cœur, et de nous rendre purs comme Dieu est pur, cette foi qui n'opère pas, dans son ensemble, la religion décrite dans ces trois chapitres, cette foi n'est pas la foi de l'Evangile, la foi chrétienne, la foi qui conduit à la gloire Oh ! par-dessus tous les autres piéges du diable, gardez-vous de vous reposer sur une foi sans sainteté et sans efficace ! Si c'est là votre appui, vous êtes à jamais perdu ; vous bâtissez encore votre maison sur le sable. La pluie venant à tomber et les torrents à se déborder, elle tombera infailliblement et la ruine en sera grande ! Toi donc, maintenant, bâtis sur le rocher ! Par la grâce de Dieu, connais-toi toi-même. Vois et sens que tu as été « formé dans l'iniquité et que ta mère t'a conçu dans le péché » et que tu n'as fait toi-même qu'accumuler péché sur péché dès l'âge où tu as pu « discerner le bien du mal ». Confesse que tu as encouru la peine d'une mort éternelle, et renonce à tout espoir de jamais te sauver toi-même. Que ton seul espoir soit d'être lavé, purifié, par le sang, par l'Esprit, de Celui qui « a lui-même porté tes péchés en son corps sur le bois ». Et si tu peux dire : « Je sais qu'il a lui-même ôté mes péchés », abaisse-toi d'autant plus devant lui, dans le sentiment constant que tu dépends de lui pour toute bonne pensée, toute bonne parole, toute bonne œuvre, et que tu es entièrement incapable de faire aucun bien, à moins qu'il ne t'arrose de moment en moment. Toi donc, pleure sur tes péchés et mène deuil devant Dieu, jusqu'à ce qu'il change en joie ta tristesse. Mais alors même « pleure avec ceux qui pleurent », et pour ceux qui ne pleurent point encore pour eux-mêmes. Mène deuil sur les péchés et les misères des hommes ; et vois, oui là, devant tes yeux, l'océan de l'éternité, immense, sans fond et sans rivages, qui a déjà englouti des milliers, des millions d'hommes, et dont les gouffres ouverts attendent ceux qui restent. encore ! Vois d'un côté « la maison de Dieu éternelle dans les cieux » ; de l'autre l'enfer et le gouffre sans couverture, et apprends de là le prix de chacun de ces moments qui paraissent et ne sont déjà plus ! Toi donc, au sérieux, ajoute la douceur de la sagesse. Tiens en balance toutes les passions, mais particulièrement la colère, la tristesse et la crainte. Accepte avec calme toute dispensation de Dieu. Apprends à être toujours content de la position où tu te trouves. Sois affable avec les bons, doux envers tous les hommes, mais surtout envers les méchants et les ingrats. Garde-toi non seulement des manifestations extérieures de la colère (comme, par exemple, d'appeler ton frère raca ou fou), mais de toute émotion intérieure contraire à l'amour, lors même qu'elle resterait cachée au fond du cœur. Aie de l'indignation contre le péché, comme portant atteinte à la majesté de Dieu, mais aime toujours le pécheur, comme Jésus qui « regarda avec indignation les Pharisiens, étant indigné de l'endurcissement de leurs cœurs ». Il s'affligeait pour les pécheurs ; il était courroucé contre le péché. De la même manière, mets-toi en colère, « mais ne pèche point ». Toi donc aie faim et soif, rien de la nourriture qui périt, mais de celle qui demeure pour la vie éternelle. Foule à tes pieds le monde et les choses du monde, toutes les richesses, tous les honneurs, les plaisirs du temps présent. Qu'est le monde pour toi ? « Laisse les morts ensevelir leurs morts » ; mais toi poursuis l'image de Dieu. Et si déjà cette soif bénie est dans ton âme, garde-toi de vouloir l'apaiser avec ce qu'on appelle vulgairement religion ; pauvre et stupide comédie, affaire de forme et de vaine apparence qui laisse le cœur aussi terrestre et aussi sensuel que jamais ! Que rien ne puisse te satisfaire, si ce n'est la force de la piété, si ce n'est une religion qui soit « esprit et vie », par laquelle Dieu demeure en toi et tu demeures en Dieu, si ce n'est d'être dès à présent un habitant de l'éternité, d'entrer « par le sang de l'aspersion » au dedans du voile et d'être « assis dans les lieux célestes avec Jésus-Christ ». Toi donc, puisque « tu peux toutes choses par Christ qui te fortifie », sois miséricordieux comme ton Père céleste est miséricordieux ! « Aime ton prochain comme toi-même » ; aime amis et ennemis comme ta propre âme, et que ta charité soit magnanime et patiente envers tous les hommes. Qu'elle soit bonne, douce, bienveillante, t'inspirant l'amabilité la plus agréable, les plus tendres et les plus vives affections. Qu'elle se réjouisse de la vérité où elle la trouve, de la vérité « qui est selon la piété ». Sois heureux de tout ce qui avance « la gloire de Dieu, la paix et la bonne volonté parmi les hommes ». Couvre tout de ta charité, ne parlant jamais qu'en bien des morts ou des absents ; crois tout ce qui tend à excuser ou à justifier le prochain, espère tout en sa faveur, et supporte tout, triomphant de toute opposition, car la vraie « charité ne périt jamais » dans le temps ou dans l'éternité. Toi donc, aie « le cœur pur », étant purifié par la foi de toute affection qui n'est pas sainte, « de toute souillure de la chair et de l'esprit », et « achevant ta sanctification dans la crainte de Dieu » ; étant, par la puissance de la grâce, purifié d'orgueil par une profonde pauvreté d'esprit, de colère et de toute passion haineuse ou turbulente par la douceur et par la miséricorde, de tout désir autre que celui de plaire à Dieu et de le posséder, par la faim et la soif de la justice.Toi donc, aime le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ta force ! En un mot : que ta religion soit la religion du cœur ! Qu'elle soit enracinée au plus profond de ton âme. Sois petit, bas et vil, au-delà de toute expression à tes propres yeux, et que l'amour de Dieu révélé en Jésus-Christ t'humilie jusque dans la poussière, et te remplisse d'étonnement et d'admiration. Sois sérieux. Que toutes tes pensées, tes paroles et tes actions découlent de la conviction profonde que tu es, ainsi que tous les hommes, sur le bord de l'éternité, prêt à entrer dans la gloire éternelle, ou à tomber dans l'éternelle perdition. Que ton âme soit pleine d'affection, de débonnaireté, de patience, de support envers tous les hommes, et qu'elle ait « soif de Dieu, du Dieu fort et vivant », soupirant après le moment de te « réveiller à sa ressemblance », et d'en être « rassasié ! » Sois l'ami de Dieu et des hommes ; fais et supporte tout dans cet esprit ; « montre » ainsi « ta foi par tes œuvres » ; fais ainsi « la volonté de ton Père qui est aux cieux » ; et autant il est vrai que c'est là « marcher avec Dieu » sur la terre, autant il est certain que tu régneras avec lui dans la gloire !

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