Reviens à moi : Éloignement du coeur Jérémie 2 à 4

13:22Ministere MotsdeDieu

1 - Éloignement du coeur — Jérémie 2 à 4 Nous lisons au chapitre 14 du livre des Proverbes : «Le coeur qui s’éloigne de Dieu sera rassasié de ses propres voies» (v. 14). On ne trouve pas le mot d’éloignement dans le Nouveau Testament, mais on y trouve le fait. Et je suppose que pour chacun de nous, il n’est pas nécessaire de chercher bien loin pour le découvrir dans notre propre histoire. Ces chapitres de Jérémie traduisent la tristesse du Seigneur lorsque son peuple n’est pas près de Lui. Et, en principe, ceci est toujours vrai. Ah ! bien-aimés, rien ne peut satisfaire le coeur de Jésus que de vous avoir, vous et moi, auprès de Lui. Et rien ne peut satisfaire le nôtre que d’être près de Lui, car «le coeur qui s’éloigne de Dieu sera rassasié de ses propres voies». Il n’est pas dit seulement : celui qui s’éloigne extérieurement, mais celui qui s’éloigne de coeur. Combien Dieu est sage quand il dit : «Garde ton coeur plus que tout ce que l’on garde, car de lui sont les issues de la vie» (Prov. 4:23) ! Comme un homme «a pensé dans son âme (ou son coeur), tel il est» (Prov. 23:7). Il ne s’agit pas de ce que je fais ou de ce que je dis mais de ce que je suis réellement, et c’est ce dont mes affections sont occupées. Je crois que nous vivons en un temps où l’intelligence va bien au-delà des sentiments. Assurément la cause secrète du manque de puissance spirituelle, c’est l’orgueil du coeur. C’est pourquoi Dieu veut la réalité de nos affections. Considérons maintenant ces trois chapitres extrêmement intéressants. Ils confirment qu’autrefois Dieu avait un peuple qu’Il aimait d’un amour profond ; un amour qu’Il lui témoignait continuellement (Deut. 7:8). Ils montrent aussi de quelle manière douce et habile Il cherche à gagner son peuple pour le ramener à lui après qu’il s’est égaré. Rien ne pourrait être plus touchant. Voyez l’affection profonde de Dieu pour son peuple ! Voyez aussi dans le peuple lui-même, l’image de ce que sont nos propres coeurs, et la seule façon de revenir quand nous nous sommes éloignés de Dieu. Or, la façon dont Dieu s’occupe de quelqu’un qui s’est éloigné n’est certainement pas la nôtre. Les voies de Dieu sont belles et parfaites. Il y avait eu, extérieurement, un grand réveil aux jours du roi Josias (2 Chron. 34,35). Mais Dieu regardait en profondeur et voyait que ce n’était que superficiel. «Juda la perfide, n’est pas revenue à moi de tout son coeur, mais avec mensonge, dit l’Éternel» (Jér. 3:10). Ce réveil n’était pas un réveil véritable. Voilà pourquoi Jérémie est choisi pour leur porter cette parole. «Et la parole de l’Éternel vint à moi, disant : Va, et crie aux oreilles de Jérusalem, disant : Ainsi dit l’Éternel : Je me souviens de toi, de la grâce de ta jeunesse, de l’amour de tes fiançailles, quand tu marchais après moi dans le désert, dans un pays non semé. Israël était saint (litt. sainteté) à l’Éternel, les prémices de ses fruits. Tous ceux qui le dévorent sont coupables ; il viendra sur eux du mal, dit l’Éternel» (Jér. 2:1-3). Huit cent cinquante ans s’étaient écoulés depuis que ce peuple, par obéissance à Dieu, avait tourné le dos à l’Égypte et à ses pots de chair, et était sorti vers l’Éternel. Il était alors sainteté à l’Éternel, un peuple séparé pour Dieu, le verset 3 nous le dit. On aime voir l’affection, l’énergie et la ferveur qui caractérisent un nouveau converti. Voyons, vous qui êtes chrétien de longue date, pensez-vous que votre coeur ait autant de fraîcheur que les premiers jours après votre conversion ? Oh, direz-vous, j’en sais beaucoup plus à présent ! La question n’est pas là. Aimez-vous Jésus simplement, trouvez-vous vos délices en lui, possédez-vous la sainteté pratique, avez-vous le désir de n’être rien d’autre que ce qu’Il veut, comme au lendemain de votre conversion ? Vous pouvez avoir oublié ce premier élan d’affection, Dieu lui ne l’a pas oublié. Il dit : Je n’ai pas oublié ton premier amour. «Je me souviens de toi, de la grâce de ta jeunesse, de l’amour de tes fiançailles, quand tu marchais après moi». Où ? Dans un désert. Quand les enfants d’Israël eurent traversé la mer Rouge, ils se trouvèrent dans un désert. Qu’y avait-il dans le désert ? Deux choses seulement : Dieu et le sol aride ; rien d’autre. Il n’y avait pas un brin d’herbe, il n’y avait pas d’eau, et rien à manger. Ce deuxième chapitre de Jérémie ressemble beaucoup au deuxième chapitre de l’Apocalypse où le Seigneur dit à l’Assemblée d’Éphèse : «J’ai contre toi que tu as abandonné ton premier amour» (Apoc. 2:4). Il ne dit pas «perdu» mais «abandonné» ton premier amour. C’est comme si Jésus nous disait : Quelque chose s’est introduit qui s’est placé entre toi et moi, et toute ton affection et ton intérêt pour moi ont disparu. Tu peux te passer de moi maintenant, mais il fut un temps où cela ne t’était pas possible. Ah ! bien-aimés frères et soeurs, où en sont nos âmes quant à Christ ? Eh bien, si la conscience accuse quelque déclin et que le coeur en soit conscient, il est extrêmement important pour nous d’y prendre garde. Le grand péché d’Israël était de n’avoir pas conscience de sa ruine et de son déclin. Des années auparavant, Dieu avait déjà parlé par un autre prophète, Osée, disant : «Éphraïm s’est mêlé avec les peuples ; Éphraïm est un gâteau qu’on n’a pas retourné. Des étrangers ont consumé sa force, et il ne le sait pas. Des cheveux gris sont parsemés sur lui, et il ne le sait pas» (Osée 7:8, 9). Quand un homme voit des cheveux gris sur sa tête, il a conscience de l’accumulation des années. Israël, c’est-à-dire les dix tribus (appelées Éphraïm dans les prophètes) souffrait déjà d’un grave déclin, mais ne s’en rendait pas compte. Prenons garde à l’éloignement. Le premier pas dans cette direction c’est l’attention portée à un objet qui interrompt la jouissance de l’amour de Christ, et voilà notre coeur qui perd l’heureuse appréciation qu’il avait de son amour et de sa grâce. Nous L’avons oublié, mais Lui ne nous a pas oubliés. Paul nous présente la même pensée quand il dit : «Je suis jaloux à votre égard d’une jalousie de Dieu ; car je vous ai fiancés à un seul mari, pour vous présenter au Christ comme une vierge chaste. Mais je crains que, en quelque manière, comme le serpent séduisit Ève par sa ruse, ainsi vos pensées ne soient corrompues et détournées de la simplicité quant au Christ» (2 Cor. 11:2, 3). L’apôtre bien-aimé tremble que quelque chose ne s’introduise qui leur rende Christ moins précieux. Il écrit aux Thessaloniciens «Maintenant nous vivons, si vous tenez ferme dans le Seigneur» (1 Thess. 3:8). C’est comme s’il disait : Si vous vous détournez, je mourrai de chagrin. Ces lignes tombent-elles sous les yeux de quelqu’un qui s’écarte ? Qu’il commence par reconnaître : Je me suis éloigné du Seigneur. Car si nous ne le savons pas toujours, le Seigneur le sait et cherche à nous ramener. À cet effet, fait-il des reproches ? Non. Il se peut qu’il doive reprendre et châtier. Mais ce qui restaure, c’est sa Parole. Je n’oublie pas ton dévouement ; tu peux l’avoir oublié, mais il m’était agréable, dit le Seigneur et je n’ai jamais oublié l’heure où tu es venu à moi, l’heure où j’étais tout pour toi. Le Seigneur parlait ainsi et, aujourd’hui, c’est peut-être à vous ou à moi qu’il adresse les mêmes paroles ! Il est le Même, hier, aujourd’hui et éternellement ! Quand Israël sortit d’Égypte, il avait pleinement conscience des soins et de la protection de Dieu. «Ainsi dit l’Éternel : Quelle iniquité vos pères ont-ils trouvée en moi, qu’ils se soient éloignés de moi, et soient allés après la vanité, et soient devenus vains ? Et ils n’ont pas dit : Où est l’Éternel qui nous a fait monter du pays d’Égypte, qui nous a fait marcher dans le désert, dans un pays stérile et plein de fosses, dans un pays aride et d’ombre de mort, dans un pays où personne ne passe et où aucun homme n’habite ?» (2:5, 6). Quel touchant argument l’Éternel fait valoir ici devant son peuple ! Depuis ce jour-là, avait-il changé ? Certes non, il n’y avait pas de changement de son côté. Le peuple avait perdu sa présence et cette perte le laissait insensible. «Et ils n’ont pas dit : Où est l’Éternel qui nous a fait monter du pays d’Égypte ?». Ils avaient oublié la grâce dont ils avaient été les objets. Voici maintenant le réquisitoire de l’Éternel. «Et je vous ai amenés dans un pays fertile, pour en manger les fruits et les biens ; et vous y êtes venus, et vous avez rendu impur mon pays, et de mon héritage vous avez fait une abomination» (v. 7). Il les avait fait sortir d’Égypte, et il les avait introduits en Canaan ; mais ils avaient perdu tout contact avec Lui, et avaient sombré dans une grossière idolâtrie. «Les sacrificateurs n’ont pas dit : Où est l’Éternel ? et ceux qui s’occupaient de la loi ne m’ont point connu, et les pasteurs se sont rebellés contre moi, et les prophètes ont prophétisé par Baal et ont marché après des choses qui ne profitent pas» (v. 8). Telle était la déplorable condition d’Israël. Sacrificateurs, pasteurs, prophètes et peuple avaient, tous semblablement, oublié l’Éternel. Triste tableau d’un éloignement complet du coeur ! Hélas, bien des croyants peuvent aujourd’hui s’y reconnaître. «C’est pourquoi je contesterai encore avec vous, dit l’Éternel, et je contesterai avec les fils de vos fils. Car passez par les îles de Kittim, et voyez ; et envoyez en Kédar, et considérez bien, et voyez s’il y a eu rien de tel. Y a-t-il une nation qui ait changé de dieux ? — et ce ne sont pas des dieux. — Mais mon peuple a changé sa gloire contre ce qui n’est d’aucun profit. Cieux, soyez étonnés de ceci, frissonnez, et soyez extrêmement confondus, dit l’Éternel. Car mon peuple a fait deux maux : ils m’ont abandonné, moi, la source des eaux vives, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées qui ne retiennent pas l’eau» (v. 9-13). Les nations — les païens — ont-elles jamais fait ce que mon peuple a fait ? — demande l’Éternel. — Mon peuple a changé sa gloire contre ce qui n’est d’aucun profit. — Vous trouverez tout au long de l’Écriture que l’important, c’est ce qui profite. S’il y a eu abandon de Dieu, cela vous a-t-il profité ? Les affaires du temps présent, les plaisirs, les devoirs et même les soucis légitimes auxquels nous devons faire face, s’ils nous voilent Christ, sont-ils profitables ? Interrogez votre propre coeur. Il dira non, énergiquement. «Il leur donna ce qu’ils avaient demandé, mais il envoya la consomption dans leurs âmes» (Ps. 106:15) : Voilà une parole saisissante. Vous voulez le monde ? Vous l’aurez. Dieu n’exige jamais le dévouement. Les deux disciples allant à Emmaüs durent contraindre le Seigneur d’entrer. Christ n’impose jamais sa compagnie ! Ils le contraignirent d’entrer, «et il entra pour rester avec eux» (voyez Luc 24:13-32). Certes, Christ nous a aimés le premier, mais Il s’attend à être aimé en retour. Ami, sachez-le, il n’y a pas de nourriture pour l’âme, pas de paix, pas de repos loin de Christ. Vous pouvez avoir fait votre chemin dans le monde ; vous pouvez avoir obtenu tout ce que vous désiriez, mais de quel prix l’avez-vous payé ? Où en êtes-vous quant au Seigneur, quant à son amour, quant à la communion avec Lui ? Est-il votre raison de vivre ? Si vous avez perdu ce sentiment, votre présence sur la terre est sans aucun profit. N’est-il pas extraordinaire que Dieu appelle à témoin les cieux pour contempler un peuple qui s’est éloigné ? (v. 12). «Ils m’ont abandonné, moi, la source des eaux vives». Ah, quel beau titre : «la source des eaux vives» ! Qu’il est merveilleux d’être en contact avec une telle source ! Dieu se présente à nous dans toute la fraîcheur de sa grâce et l’énergie vivante de son amour. Et l’on s’écarte «...pour se creuser des citernes, des citernes crevassées qui ne retiennent pas l’eau» ! (v. 13). Des citernes crevassées ! Peu importe qu’elles soient grandes ou petites. Le fait est que, si ma citerne n’est pas Christ, c’est une citerne crevassée. Combien de saints, aujourd’hui, essaient de boire à des citernes crevassées. Une citerne crevassée ne peut pas retenir l’eau. Tout ce qui n’est pas Christ ne pourra étancher ma soif. Ce réquisitoire est suivi d’une question bien touchante. «Israël est-il un serviteur ? Est-il un esclave né dans la maison ? Pourquoi est-il mis au pillage ?» (v. 14). Comment cela se peut-il ? «J’ai appelé mon fils hors d’Égypte», avait dit l’Éternel longtemps auparavant (Exode 4:23 ; Osée 11:1). Il avait été esclave mais Dieu l’avait affranchi. «Pourquoi est-il mis au pillage ?» Celui qui est libre, et qui a le sentiment de l’amour de Dieu, va-t-il retourner à la servitude ? Il en fut ainsi pour Israël, et le trouble et la douleur l’atteignirent en juste récompense. Ils en étaient entièrement la cause. Que Dieu nous préserve de cet éloignement ! Qui que vous soyez, prenez position pour Christ, nous vous en supplions, et que rien ne s’interpose pour distraire votre coeur de Lui. Lisons ce deuxième chapitre avec soin comme s’il s’agissait de nous-mêmes, et remarquons comment Dieu cherche à atteindre la conscience aussi bien que le coeur. «N’est-ce pas toi qui t’es fait cela, en ce que tu as abandonné l’Éternel, ton Dieu, dans le temps où il te faisait marcher dans le chemin ?» (v. 17). Tout ce qui leur arriva était le fruit de leur propre activité. «Ne soyez pas séduits, on ne se moque pas de Dieu ; car ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera. Car celui qui sème pour sa propre chair moissonnera de la chair la corruption ; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle» (Gal. 6:7, 8). Nous ne pouvons jeter une poignée de semence sans que vienne la récolte produite par cette semence. Si la peine et l’épreuve surviennent, demandons-nous si ce n’est pas le fruit de quelque mauvaise semence que nous avons jetée, bien des années auparavant, dans l’éloignement du Seigneur. Revenu à Lui maintenant, je puis m’étonner peut-être de ce que je suis en train de récolter. Eh bien ! je ne dois pas oublier que c’est moi qui ai jeté la semence. «Et maintenant, qu’as-tu affaire d’aller en Égypte pour boire les eaux du Shikhor ? Et qu’as-tu affaire d’aller vers l’Assyrie pour boire les eaux du fleuve ?» (v. 18). Après sa délivrance, ni l’Égypte, ni l’Assyrie n’avaient eu affaire avec Israël jusqu’à ce qu’il s’éloignât de Dieu. Mais les coeurs éloignés de Dieu aspirèrent à de mauvaises associations et reçurent leur juste récompense. C’est en toute vérité que Dieu doit dire : «Ton iniquité te châtie, et tes rébellions te reprennent ; et connais, et vois, que c’est une chose mauvaise et amère que tu aies abandonné l’Éternel, ton Dieu, et que ma crainte ne soit pas en toi, dit le Seigneur, l’Éternel des armées» (v. 19). C’est ici la première fois que nous trouvons le mot «rébellion» qui correspond au mot traduit par infidèle aux versets 6, 8, 11, 12, 14 et 22 du chapitre 3. C’est le mot caractéristique du début du livre de Jérémie. Mais alors, il laisse la porte ouverte au retour, et au retour du coeur à Dieu parce que c’est ce que le Seigneur désire : nous avoir tout près de Lui. Et nos coeurs n’aiment-ils pas se trouver près de Lui ? Mais si je suis loin de Lui, et que sa main soit sur moi, en est-Il responsable ? Certes non ; je le connais trop bien pour dire cela ! Si un coeur s’est éloigné du Seigneur, cette parole est vraie de lui : «Ma crainte n’est pas en toi» (v. 1, 9). Je crois que c’est le premier pas dans l’éloignement ; le sentiment de la crainte du Seigneur s’éteint progressivement dans l’âme, et c’est alors que le déclin commence. Mais il ne sert à rien, pour celui qui s’éloigne, d’essayer de redresser les choses extérieurement. Une purification extérieure ne conviendra pas. C’est l’intérieur — le coeur — qui doit être mis en ordre. «Quand tu te laverais avec du nitre, et que tu emploierais beaucoup de potasse, ton iniquité reste marquée devant moi, dit le Seigneur, l’Éternel» (v. 22). Il vient montrer ensuite comment le peuple ressemblait à «l’ânesse sauvage» (v. 24), et au «voleur confus quand il est trouvé» (v. 26) parce qu’il avait sombré dans une idolâtrie complète (v. 27). Dieu connaît bien nos pauvres coeurs. Si nous sommes éloignés autant du Seigneur et que la peine et la douleur surviennent, que ferons-nous ? «Dans le temps de leur malheur, ils diront : Lève-toi, et délivre-nous !» (v. 27). Mais le Seigneur est en droit de répondre : «Et où sont tes dieux que tu t’es faits ? Qu’ils se lèvent, s’ils peuvent te sauver au temps de ton malheur !» (v. 28). Que les choses dont vous vous êtes occupés vous délivrent. Ce qui est évidemment impossible ! Rien ne pourrait être plus touchant que la nouvelle question que Dieu pose ici : «Ai-je été un désert pour Israël ?» (Jér. 2:31). Y avait-il stérilité dans mon pays ? Y a-t-il de la stérilité dans les choses du ciel ? Quelle expression frappante Dieu emploie en parlant à son peuple ! Mais c’est bien cela. Si le coeur perd le sentiment de la grâce, il cesse de trouver ses délices en Christ et le résultat immanquable est : «Notre âme est dégoûtée de ce pain misérable» (Nombre 21:5). Il ajoute : «La vierge oublie-t-elle sa parure ? l’épouse, ses atours ? Mais mon peuple m’a oublié pendant des jours sans nombre» (v. 32). Qu’est-ce que Dieu avait fait chaque jour ? Il avait veillé sur ce peuple et pris soin de lui. Oui, béni soit son nom, Il avait continuellement pensé à eux ! Et nous, nous l’avons oublié peut-être, mais Lui ne nous a jamais oubliés. Nous sommes gravés sur les paumes mêmes de ses mains, et la seule chose qui l’occupe à l’égard de ceux qui se sont éloignés est leur restauration. Au chapitre 3, l’Éternel prend une autre image et assimile le péché de son peuple à la prostitution. Bien que son péché soit aussi grave que cela, nous lisons : «Toutefois retourne vers moi, dit l’Éternel» (v. 1), tant est profond son désir de restaurer Israël. Après cela sont comparés les agissements de Juda et ceux d’Israël. Dieu aime mieux la réalité, quand bien même notre âme serait loin de Lui, que l’apparence et la profession d’une proximité dans laquelle nous ne sommes pas. Il y avait rébellion et éloignement positifs de la part des dix tribus (Israël). Mais que fit Juda ? «Juda n’en a pas eu de crainte» (v. 8). «Juda n’est pas revenue à moi de tout son coeur, mais avec mensonge, dit l’Éternel» (v. 10). Nous avons là une grande leçon, chers frères et soeurs. Le Seigneur ne veut que ce qui est réel. Au jour du roi Josias un réveil s’était produit. On penserait que le peuple s’était vraiment tourné vers l’Éternel, mais il l’avait fait simplement sous l’influence de Josias. C’était avec mensonge ! Que le Seigneur nous garde d’avoir la forme de la piété tout en en reniant la puissance. Admirez maintenant la façon dont Dieu travaille à ramener ces dix tribus infidèles. «Et l’Éternel me dit : Israël l’infidèle s’est montrée plus juste que Juda la perfide. Va, et crie ces paroles vers le nord, et dis : Reviens, Israël l’infidèle, dit l’Éternel ; je ne ferai pas peser sur vous un visage irrité, car je suis bon, dit l’Éternel ; je ne garderai pas ma colère à toujours. Seulement, reconnais ton iniquité, ...» (v. 11 à 13). Peut-être vous demandez-vous : Comment puis-je revenir ? Il est bien vrai que Dieu a parlé à mon âme par sa Parole : j’ai bu à des citernes crevassées. Mais comment dois-je revenir ? Voilà la réponse : «Seulement, reconnais ton iniquité» (v. 13). Il n’y a qu’un seul chemin de retour, et quel est-il ? La confession. «Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité» (1 Jean 1:9). Combien cet appel est tendre : «Revenez, fils infidèles, dit l’Éternel, car moi je vous ai épousés» (v. 14) ! De la part de Dieu, il n’y avait pas rupture de relations. Remarquez les encouragements des v. 14 et 15 : «Je vous prendrai, ... je vous ferai venir... je vous donnerai des pasteurs...». N’est-elle pas belle, la façon dont le Seigneur cherche à gagner et lier l’âme à lui-même ? Du v. 16 au v. 20, il nous est montré comment Dieu finira par gagner et restaurer Israël, tout ensemble les dix tribus et Juda (v. 18). Le verset 21 révèle quel état moral précède la restauration, savoir les pleurs et les supplications. Suit alors un autre touchant appel : «Revenez, fils infidèles ; je guérirai vos infidélités». Qui pourrait résister à un tel appel ? Quelle âme malheureuse dira encore : Comment puis-je revenir ? quel chemin suivre ? Considérez ce verset : «Revenez, fils infidèles ; je guérirai vos infidélités». Et remarquez l’effet de cet appel : «Nous voici, nous venons à toi, car tu es l’Éternel, notre Dieu» (v. 22). Nous voici, nous venons. — C’est fait ! Ceux qui prennent garde à cet appel à revenir répondent : «Nous venons à toi, car tu es l’Éternel, notre Dieu». Si cette réponse attendue n’est pas donnée, savez-vous ce qui s’ensuivra ? Les choses iront de mal en pis. Si nous ne prenons pas garde à cette parole de répréhension, nous arriverons au verset 6 du chapitre 5 : «Leurs transgressions sont multipliées, leurs infidélités se sont renforcées». Combien cela est solennel ! Et ce n’est pas tout, car le péché non jugé ouvre la porte à un mal plus grave encore. Au chapitre 8, l’Éternel demande : «Pourquoi ce peuple de Jérusalem s’est-il détourné par un égarement continuel ? Ils tiennent ferme à la tromperie, ils refusent de revenir» (v. 5). Si je n’écoute pas sa parole pour revenir, je tomberai dans cette condition terrible d’un égarement continuel. «Prenez garde, frères, qu’il n’y ait en quelqu’un de vous un méchant coeur d’incrédulité, en ce qu’il abandonne le Dieu vivant ... afin qu’aucun d’entre vous ne s’endurcisse par la séduction du péché» (Héb. 3:12, 13). Il n’existe qu’une seule façon d’être ramené de ce terrible sentier de déchéance : c’est en reconnaissant sincèrement son propre état et en regardant simplement à Dieu pour être délivré. On peut s’exprimer ainsi : «Éternel ! si nos iniquités rendent témoignage contre nous, agis à cause de ton nom ; car nos infidélités sont multipliées, nous avons péché contre toi» (14:7). Je ne pense pas que ceux qui parlent ainsi soient alors déjà effectivement restaurés, mais cette prière traduit les exercices qui mènent à la restauration. Lisons maintenant le dernier chapitre d’Osée. Dieu nous y présente en d’autres termes la façon dont l’âme revient à l’Éternel. «Israël, reviens à l’Éternel, ton Dieu, car tu es tombé par ton iniquité» (v. 1). Voici de nouveau l’appel de Dieu et son invitation touchante. Il va jusqu’à dicter à son peuple ce qu’il doit lui dire : «Prenez avec vous des paroles, et revenez à l’Éternel ; dites-lui : Pardonne toute iniquité, et accepte ce qui est bon, et nous te rendrons les sacrifices de nos lèvres» (v. 2). Tel est le langage de quelqu’un qui revient ayant le sentiment de la grâce. «L’Assyrie ne nous sauvera pas ; nous ne monterons pas sur des chevaux, et nous ne dirons plus : notre Dieu, à l’oeuvre de nos mains ; car, auprès de toi, l’orphelin trouve la miséricorde» (v. 3). C’est le sentiment de la grâce et de la miséricorde qui ramène l’âme à Dieu. Et quelle est maintenant la réponse de Dieu ? «Je guérirai leur abandon de moi, je les aimerai librement, car ma colère s’est détournée d’eux» (v. 4). Que pourrait-il y avoir de plus béni ? Qu’est-ce qui pourrait encourager davantage quelqu’un qui revient au Seigneur ? C’est la victoire de l’amour sur le manque d’amour. Suivent les effets de la restauration. «Je serai pour Israël comme la rosée ; il fleurira comme le lis, et il poussera ses racines comme le Liban. Ses rejetons s’étendront, et sa magnificence sera comme l’olivier, et son parfum, comme le Liban : ils reviendront s’asseoir sous son ombre, ils feront vivre le froment, et ils fleuriront comme une vigne ; leur renommée sera comme le vin du Liban. Éphraïm dira : Qu’ai-je plus à faire avec les idoles ? — Moi, je lui répondrai et je le regarderai. — Moi, je suis comme un cyprès vert. — De moi provient ton fruit» (v. 5-8). Ne suppose pas, ami égaré, que si tu as abandonné le Seigneur, tout est fini pour toi et que tu ne peux pas être restauré. Non, des jours meilleurs sont préparés pour toi, si tu reviens. Le but de Dieu est de nous conduire à un état pratique meilleur que celui que nous avons perdu en nous écartant. Il en résulte pour nous une plus grande jouissance de la grâce, plus de confiance dans le Seigneur et plus de méfiance de nous-mêmes. «Ils feront vivre le froment, et ils fleuriront comme une vigne ; leur renommée sera comme le vin du Liban» : voilà de merveilleuses images de la prospérité et de la fraîcheur d’une âme restaurée. Quand elle est restaurée, elle dit, comme Éphraïm : «Qu’ai-je plus à faire avec les idoles ?» À quoi Dieu répond : «Moi, je lui répondrai et je le regarderai». Éphraïm ajoute : «Moi, je suis comme un cyprès vert». Le cyprès est un des plus beaux arbres ; il est vert toute l’année. Image de celui qui a le sentiment continuel de la faveur de Dieu, et de l’amour du Seigneur. Mais Dieu précise : «De moi provient ton fruit». Vous voyez qu’au verset 8 nous avons un dialogue exprimant la repentante avec la conscience que la bénédiction vient entièrement de Dieu. Osée peut bien terminer son livre par ces paroles : «Qui est sage ? il comprendra ces choses ; et intelligent ? il les connaîtra ; car les voies de l’Éternel sont droites, et les justes y marcheront, mais les transgresseurs y tomberont» (v. 9). Que Dieu nous donne à tous de prendre garde à sa parole et de considérer combien ses voies sont des voies de tendresse, particulièrement envers ceux qui se sont éloignés. Ami, si tel est votre cas, soyez sans indulgence envers vous-même mais souvenez-vous que le coeur de Dieu est rempli de l’amour le plus fidèle et ne cherche que votre restauration pour Lui-même. Oui, ton amour, toujours le même, Sollicite mon faible coeur À jouir de l’éclat suprême De ses doux rayons de bonheur. Mais si quelquefois un nuage Vient me dérober ta beauté, Ami divin, après l’orage, Comme avant brille ta clarté. De toi que rien ne me sépare, Ô mon Sauveur ! Enseigne-moi, Si de nouveau mon pied s’égare, À revenir bientôt à toi. 2 - Éloignement dans les voies — Luc 22:31-62 Il est hors de doute qu’aucun croyant qui s’éloigne n’est heureux. Or le Seigneur désire que nous soyons profondément heureux. Si vous ne l’êtes pas, c’est que vous n’êtes pas dans un bon état. Il y a quelque chose quelque part qui ne va pas et plus tôt on y remédiera, mieux cela vaudra. Vous savez probablement ce qu’il en est, et vous êtes conscient du danger qu’il y a à persister dans un mauvais état d’âme. S’il n’est pas mis en ordre, il empirera. D’où l’importance pour quelqu’un qui s’est éloigné d’apprendre quel est le chemin de la restauration. Il n’est personne qui, entendant parler d’éloignement, ne dise : «Dieu m’en garde !» Pourtant il est assez facile de s’éloigner beaucoup sans le savoir. Le déclin dans le coeur n’est pas immédiat. Samson était un homme remarquable, n’ayant, dans un certain sens, pas son pareil dans l’Ancien Testament. Mais voyez son histoire ! Nazaréen, séparé pour Dieu, il n’était point d’exploit qu’il ne pût accomplir. Quel en était le secret ? Il était soutenu par Dieu, et tant qu’il était séparé, Dieu le gardait et le fortifiait. Mais par la suite, ses affections furent détournées de l’Éternel ; son coeur fut pris par une femme qui finit par le trahir. Quel fut son premier pas dans la descente ? Il perdit sa séparation. Ce que le diable désire avant tout c’est de vous obliger à fréquenter le monde. Dès que vous ou moi cessons d’être séparés du monde et de ses voies, le déclin a commencé dans notre âme. Il y est aussi sûrement que le soleil est dans le ciel. Cette femme vers laquelle était allé Samson essaya de lui arracher le secret de sa force. «Et il arriva, comme elle le tourmentait par ses paroles tous les jours et le pressait, que son âme en fut ennuyée jusqu’à la mort ; et il lui déclara tout ce qui était dans son coeur». Il finit par lui dire que sa force était en rapport avec sa chevelure. Il était nazaréen... «Et les princes des Philistins montèrent vers elle, et apportèrent l’argent dans leur main. Et elle l’endormit sur ses genoux, et appela un homme et rasa les sept tresses de sa tête ; et elle commença de l’humilier, et sa force se retira de lui. Et elle dit : Les Philistins sont sur toi, Samson ! Et il se réveilla de son sommeil, et se dit : Je m’en irai comme les autres fois, et je me dégagerai. Or il ne savait pas que l’Éternel s’était retiré de lui. Et les Philistins le saisirent et lui crevèrent les yeux, et le firent descendre à Gaza, et le lièrent avec des chaînes d’airain ; et il tournait la meule dans la maison des prisonniers» (Juges 16:16-21). Avec sa chevelure, la première chose que Samson avait perdue était sa séparation. Puis ce fut sa force. Et ensuite il perdit sa liberté. Cette fois, il était vraiment capturé. Ne l’avait-on pas lié auparavant ? Certes, et avec des cordes neuves, mais elles furent pour lui comme des fils d’araignée. Il avait perdu sa séparation, et maintenant que sa force s’en était allée, il perdit sa liberté, pour perdre bientôt la vue, et finalement la vie. Faites la perte de votre séparation et vous ferez bientôt celle de votre force, de votre liberté, de votre vue et de votre vie. Samson est le type pitoyable d’un homme qui a fait une chute verticale. Il est l’image d’un chrétien qui s’est compromis avec le monde et a été dépouillé de tout quant au service de Christ. Oh, frères, que Dieu nous garde, car l’histoire de Samson est d’une extrême solennité ! Mais j’en arrive à Pierre. Je trouve qu’il est beau de voir de quelle façon ce disciple est restauré. Or le vingt-deuxième chapitre de Luc que nous avons lu nous parle de l’instant où il est tombé extérieurement. Il y a quatre points remarquables sur lesquels je désire attirer votre attention dans l’histoire de Pierre : sa conversion, sa consécration, sa chute, sa restauration. Ce cher apôtre occupait une place remarquable. Il avait un grand coeur, et il montra un grand dévouement ; il marcha même sur l’eau ! Oh, il enfonça, dites-vous ! Je le sais, mais il marcha avant d’enfoncer. C’est l’affection pour Christ qui le fit sortir du bateau et s’engager sur la mer, mais même l’affection pour Christ ne nous met pas en sécurité si nous ne fixons continuellement les yeux sur Lui ; cela est de toute importance. La conversion de Pierre nous est relatée dans le chapitre 1 de l’évangile selon Jean, quand il rencontra Jésus pour la première fois. Le Seigneur changea son nom. «Jésus, l’ayant regardé, dit : Tu es Simon, le fils de Jonas ; tu seras appelé Céphas (qui est interprété Pierre)» (Jean 1:43). Il fut alors converti, mais non pas consacré à Christ. Vous aussi êtes converti, et pouvez dire : Je suis un croyant et je sais que je suis sauvé. Oui, mais, bien-aimés, vous êtes-vous vraiment engagés à la suite de Christ ? Sinon, vous ressemblez beaucoup à Pierre tel qu’il était entre le premier chapitre de Jean et le cinquième de Luc ... Nous voyons dans ce dernier passage le Seigneur chercher comme une tribune pour parler, et emprunter dans ce but le bateau de Pierre. Il va sans dire que le Seigneur était le meilleur prédicateur qui fût jamais, et aussi un prédicateur très simple et pratique «Ayant ouvert la bouche, il les enseignait» (Matt. 5:2). Il s’adressait à la foule sur la rive, et du fait qu’il parlait depuis le bateau, chacun pouvait à la fois le voir et l’entendre. À cette occasion, il leur présenta la belle parabole du semeur et de la semence. La vérité pénétra dans le coeur de Pierre ce jour-là. Quelle scène extraordinaire ce dut être ! Voyez Simon assis dans sa nacelle et écoutant tout ce merveilleux enseignement. Il appartenait à Christ, mais jusque là il ne L’avait jamais suivi. Et alors, ayant fini de parler, le Seigneur, qui ne veut être le débiteur de personne, fait comme s’il disait à Pierre : Je vais te récompenser pour le prêt de ton bateau : «Mène en pleine eau, et lâchez vos filets pour la pêche. Et Simon, répondant, lui dit : Maître, nous avons travaillé toute la nuit, et nous n’avons rien pris ; mais sur ta parole je lâcherai le filet» (Luc 5:4, 5). Ils prirent tant de poissons que le filet se rompit, et ils durent faire venir leurs voisins pour les aider. «Et ils vinrent et remplirent les deux nacelles, de sorte qu’elles enfonçaient» (v. 7). Pierre n’avait jamais fait une telle prise de toute sa vie et quand il vit cela, «il se jeta aux genoux de Jésus, disant : Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur» (v. 8). Qu’est-ce qui provoquait cette question de son péché ? Tel qu’il était, son âme reçut une révélation de la gloire de la personne de son Maître : Dieu aussi bien qu’Homme. Je pense qu’il fut rempli de confusion en pensant à ce qu’avait été son propre chemin depuis sa rencontre initiale avec le Seigneur. Ce jour-là, Pierre apprit sa première grande leçon. La lumière de Dieu brilla sur son âme. Et bien qu’il dise : «Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur», dès qu’il est à terre il quitte tout et suit Jésus. Il lui est maintenant consacré, il commence de le suivre. Il arrive que des hommes se tournent vers le Seigneur quand les choses de la terre ont toutes fait défaut. En de telles circonstances, quelqu’un dira facilement : je pense que maintenant je me dévouerai à Lui. Mais, c’est quand ses affaires étaient les plus prospères que Pierre les laissa pour commencer de suivre le Seigneur. Christ remplissait son coeur, et, la gloire de Sa personne éclipsant tout ici-bas, il quitta tout et suivit Jésus. Y a-t-il eu un semblable tournant dans votre histoire ou dans la mienne ? Il n’est pas de question plus importante pour chacun de nous. Il est très intéressant de voir comment Pierre vient partout au premier plan dans les évangiles, précisément en vertu de l’affection de son âme pour le Seigneur — affection unie à une énergie qui l’a souvent égaré à cause de sa confiance en lui-même. Nous savons jusqu’où l’a conduit cette confiance en lui. Au ch. 22 de Luc, le Seigneur a été trahi et sait qu’il va mourir. Ayant rassemblé ses disciples dans la chambre haute et leur ayant donné une suprême expression de son amour dans la fraction du pain, il leur annonce que l’un d’eux le livrera. Pierre ne savait pas qui ce serait, et il fit signe à Jean de le demander. Et Jean, penché sur le sein du Seigneur posa cette question. Nous savons tous par expérience qu’il n’y a rien de meilleur que d’être près de Christ. Nous ne pouvons être dans une trop grande intimité avec le Seigneur, et il n’y a rien qu’il aime tant que de nous avoir près de Lui. Il n’y avait pas un nuage entre Jésus et Jean, et celui-ci posa la question : «Seigneur, lequel est-ce ?» (Jean 13:25). Après le souper, le Seigneur déclare : «Simon, Simon, voici, Satan a demandé à vous avoir pour vous cribler comme le blé ; mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, quand une fois tu seras revenu, fortifie tes frères» (v. 31, 32). C’est une parole très frappante. Il est essentiel pour chacun de nous de se souvenir que l’Ennemi est toujours à notre poursuite. La façon dont le Seigneur avertit Pierre est significative. Il dit : «Satan a demandé à vous avoir pour vous cribler comme le blé». C’est du blé, notez-le bien. Peut-être dites-vous, j’ai été bien criblé. Eh bien ! un fait est certain : si vous n’aviez pas été du blé, vous n’auriez pas été criblé ! Si vous n’étiez que de la balle, le diable vous aurait laissé tranquille. Il ne tourmente jamais ses propres sujets, il les laisse en paix. Ce sont les saints qu’il ne cesse d’attaquer. Le péché chez un pécheur est mauvais, mais le péché chez un saint l’est incomparablement plus, parce que nous péchons contre Christ et la lumière. C’est pourquoi le péché est bien plus mauvais dans ma vie, en tant que saint, que lorsque j’étais un pauvre pécheur perdu. Ne désespérez pas si Satan vous crible effectivement. La confiance en soi-même était le secret de la chute de Pierre, et elle est le secret le plus fréquent de nos chutes. Il vaut donc la peine, bien-aimés, que le ressort de la confiance en nous-mêmes soit brisé. Dieu veuille qu’il en soit ainsi ! Mais le Seigneur continue : «Mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas». Nous devrions prier nous aussi pour les serviteurs du Seigneur. Priez pour ceux qui sont en première ligne dans la bataille. Le diable est toujours prêt à les faire trébucher. Avant que Pierre ne fût tenté, Jésus avait prié. «Moi, j’ai prié pour toi». Bienfaisantes paroles ! L’intercession du Seigneur en notre faveur est d’un prix inestimable et peut bien encourager nos coeurs. Mais que cela, ne nous empêche pas de prendre garde, ni de prier. Dans la prière qu’on appelle l’oraison dominicale (ou : du Seigneur) — en réalité, la prière enseignée par lui aux disciples — on trouve les paroles : «Ne nous induis pas en tentation». Nous devrions souvent faire cette demande. Quand notre Seigneur se trouvait en présence d’une difficulté, il priait toujours. Vous le trouvez en prière en bien des occasions différentes dans l’Évangile selon Luc. On le trouve en prière dans notre chapitre même (v. 41). L’heure de la douleur suprême était venue pour lui, et comme Messie on le rejetait. Raison pour laquelle il déclare : «C’est ici votre heure, et le pouvoir des ténèbres» (v. 53). Il était donc d’autant plus nécessaire de s’attacher fermement à Dieu. Il priait pour lui-même, mais il dit d’abord à son faible disciple : «J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, quand une fois tu seras revenu, fortifie tes frères». La foi peut très bien défaillir, et sans doute, quand Pierre se réveilla et découvrit ce qu’il avait fait, il fut plongé dans le désespoir. Mais l’amour avait prié pour lui, et il fut gardé du remords et du suicide comme Judas. Le Seigneur là-haut intercède toujours pour nous. Il est mort pour nous purifier, et il vit pour nous conserver purs. Il ne dit pas que nous ne serons pas tentés, mais bien : — «Ainsi, que celui qui croit être debout prenne garde qu’il ne tombe. Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été une tentation humaine ; et Dieu est fidèle, qui ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de ce que vous pouvez supporter, mais avec la tentation il fera aussi l’issue, afin que vous puissiez la supporter» (1 Cor. 10:12, 13). On entend parfois cette question : Si je vais dans tel lieu, ne serai-je pas gardé ? Je sais que je ne devrais pas y aller, mais si j’y vais, Dieu me gardera-t-il ? Si vous allez contre les avertissements de la Parole de Dieu et votre propre conscience, vous tomberez certainement. Le Seigneur ne me garderait-il pas ? Non, pas le moins du monde. Pensez-vous que Dieu va garder quelqu’un qui se trouve dans un sentier de désobéissance ? Si Pierre avait seulement pris garde à la parole du Seigneur, il se serait évité sa terrible chute. Écoutons maintenant la réponse de Pierre. N’aurions-nous pas pensé trouver Pierre tremblant ? Or le voilà disant : «Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller et en prison et à la mort». Quelle réponse ! Bien-aimés, cet homme était déjà tombé ! Sa chute n’eut pas lieu quand il renia effectivement le Seigneur. C’est ici qu’il tomba. Il est occupé de sa propre affection. Il aimait le Seigneur, sans doute, mais au lieu d’être simplement occupé de Christ et de s’attacher à lui en pensant : Seigneur, si tu ne me gardes je tomberai — il se confiait en lui-même. Le Seigneur l’avertit, et nous avertit par son moyen. «Et il dit : Pierre, je te dis : le coq ne chantera point aujourd’hui, que premièrement tu n’aies nié trois fois de me connaître» (v. 34). Mais l’histoire continue. Suivons le Seigneur à la montagne des Oliviers. Nous entrons dans le jardin, et là, le Seigneur est occupé à prier. Il dit aux disciples : «Priez que vous n’entriez pas en tentation» (v. 40) et encore : «Asseyez-vous ici, jusqu’à ce que, m’en étant allé, j’aie prié là» (Matt. 26:36). Lorsqu’il revient, il les trouve dormant. Quand ils auraient dû prier, ils dormaient. Est-ce que je prie beaucoup ? Priez-vous beaucoup ? La prière est le secret de la victoire pour l’âme. «Veillez et priez» (Marc 14:38), dit aussi le Seigneur. Ici, au lieu de prier, ils dorment. Cela montre quelle est la faiblesse de la chair. Quels coeurs que les nôtres ! Nous sommes capables de dormir en présence de sa gloire (voyez Luc 9:32), et sommes également capables de dormir en présence de ses souffrances. «L’esprit est prompt, mais la chair est faible» (Marc 14:38), est le commentaire plein de grâce que le Seigneur en fait. Ce fut alors pour Pierre l’heure de la tentation, quand la foule apparut, conduite par Judas. Les disciples lui dirent : «Seigneur, frapperons-nous de l’épée ?» et sans attendre sa réponse, «l’un d’eux frappa l’esclave du souverain sacrificateur et lui emporta l’oreille droite». Ce «l’un d’eux» était Pierre, et cette action même attira l’attention sur lui. Quand il entra dans la maison du souverain sacrificateur, le parent de l’homme blessé reconnut l’homme qui avait tiré l’épée (Jean 18:26). Il est probable que Pierre se trouvait très dévoué et qu’il croyait faire une action d’éclat. Ah, bien-aimés frères, ce dont nous avons besoin, c’est de recevoir la parole du Seigneur ! Remarquez la réponse de Jésus à l’action de Pierre : «Laissez faire jusqu’ici ; et lui ayant touché l’oreille, il le guérit» (Luc 22:51). On prit ensuite Jésus et on le lia. Avons-nous remarqué quel fut le dernier acte du Seigneur avant d’être lié ? Il guérit cette oreille. Précieux Seigneur ! Le dernier mouvement de sa main libre fut de guérir l’oreille sanglante que son pauvre serviteur avait coupée. «Et se saisissant de lui, ils l’emmenèrent et le conduisirent dans la maison du souverain sacrificateur. Or Pierre suivait de loin» (v. 54 ). Pauvre Pierre ! Quand il aurait dû se méfier de lui-même, il se confiait en lui-même ; quand il aurait dû prier, il dormait ; quand il aurait dû rester tranquille, il faisait usage d’une épée ; quand il aurait dû être séparé, il était assis près du feu avec les gens du monde ; quand il aurait dû être près de Christ, il suivait de loin. Conséquence logique : quand il aurait dû rendre témoignage à son Seigneur, il le renia. Pauvre Pierre en effet ! Mais combien nous lui ressemblons ! Où était Jean pendant tout ce temps ? Un autre passage nous dit qu’il entra avec Jésus. D’abord «tous les disciples le laissèrent et s’enfuirent» (Matt. 26:56). Il est laissé seul. Par la suite, Jean retrouve du courage et revient. Pierre suit de loin. Ah ! frères, suivons-nous le Seigneur de loin ? Si c’est le cas, nous ne serons pas gardés. Qu’en est-il de Jean ? Personne ne l’a interpellé. Non, il était très près de Christ. L’homme qui suit de loin ne pourra que trébucher. «Et lorsqu’ils eurent allumé un feu au milieu de la cour et qu’ils se furent assis ensemble, Pierre s’assit au milieu d’eux» (v. 55). Là-dessus il renie son Seigneur trois fois de suite, exactement comme le Seigneur le lui avait prédit. Et quand il l’eut fait les trois fois, «le Seigneur, se tournant, regarda Pierre ; et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, comme il lui avait dit : Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. Et Pierre, étant sorti dehors, pleura amèrement» (v. 61, 62). Comment le Seigneur ramène-t-il notre coeur ? Par un regard parfois. Se tournant, il regarda Pierre. Quelle sorte de regard était-ce ? Un regard de colère et de reproche ? Non ! je pense que c’était un regard de l’amour déçu, d’un coeur brisé. Il disait : Tu dis ne pas me connaître, Pierre, mais moi je te connais et je t’aime. Rien n’a changé mon amour envers toi. Ce regard brisa le coeur du pauvre Pierre, et «étant sorti dehors, il pleura amèrement». Sans aucun doute le moment le plus terrible de l’histoire de Pierre fut celui où il vit que son Seigneur était crucifié. Qu’est-ce qui pouvait à ce moment soutenir le coeur de cet homme ? La prière de Christ et le regard de Christ ! S’il n’avait pas eu cette parole : «Moi, j’ai prié pour toi», et ce regard, peut-être aurait-il suivi Judas. Le remords vous place entre les mains de Satan, mais la repentance conduit à être vraiment brisé devant Dieu. Il n’y aura jamais de restauration sans repentance. Pierre avait le sentiment de l’amour du Seigneur pour lui. Il savait que le Seigneur l’aimait. Judas ne le sut jamais. S’il avait connu l’amour de Christ, il ne se serait pas pendu. Quelqu’un peut dire : «Ceci ressemble beaucoup à ma vie et à mon histoire. Il y a des années, j’étais un chrétien heureux, vivant, mais pour telle ou telle raison je me suis éloigné du Seigneur, j’ai glissé dans le monde, j’ai perdu ma joie et ma paix, et je suis accablé de ce que tout mon sentier a été en déshonneur à Christ». Mon cher ami, allez pleurer dans le secret et le moment viendra où vos pleurs seront séchés. Si vous avez seulement le sentiment d’avoir été aimé, d’être toujours aimé de Lui, tout rentrera dans l’ordre. La parole que Dieu adressait à Israël : «Je me souviens de toi, de la grâce de ta jeunesse», est tout aussi vraie de vous (Jérémie 2:2). Eux l’avaient oublié depuis longtemps, mais Lui ne les avait jamais oubliés. Ah, y a-t-il ici un coeur qui se soit éloigné ? Cher ami, ne restez pas ainsi, mais revenez au Seigneur. Ne perdez pas une heure de plus. Pierre dut attendre trois jours pour être restauré, tandis que la parole du Seigneur et son regard travaillaient dans son âme. Pierre se souvint que Jésus avait prié pour lui, et que son dernier regard exprimait une telle grâce qu’il avait brisé son coeur. Pierre eut une restauration privée et une restauration publique. Il est fait allusion à la restauration privée en Luc 24:34, et sa restauration publique nous est relatée en Jean 21. La pleine évidence de sa restauration apparaît en Actes 2. D’abord le Seigneur le rencontra seul. Ce qui eut lieu lors de cette rencontre, personne d’autre ne le sait. Cela ne vous ferait aucun bien de savoir comment le Seigneur s’est occupé de moi quand mon âme s’était éloignée, et cela ne me ferait aucun bien à moi de savoir comment il s’est occupé de vous. La façon dont il s’occupe de chacun de nous varie selon notre état intérieur et doit rester secrète. Un voile est jeté sur la scène. Mais ce que nous savons, c’est que Pierre fut bien ramené au Seigneur. Comment le savons-nous ? Jean 21:7 donne la réponse. Ses frères furent plus lents que Pierre à atteindre le Seigneur, en cette occasion. Il n’attendit pas que la nacelle atteigne le rivage ; il se jeta dans la mer, dans sa hâte à s’approcher du Seigneur. C’est comme s’il avait dit : Vous pouvez vous occuper des poissons ; laissez-moi aller au Seigneur. C’est cette action qui me prouve que cet homme était restauré. Mais alors, le Seigneur le restaura publiquement. Je crois, bien chers amis, que vous ne trouverez jamais un saint qui fasse véritablement du bien à autrui s’il n’est préalablement débarrassé de sa confiance en lui-même, et brisé devant le Seigneur — par conséquent, vraiment en règle avec le Seigneur. Il est alors dans une condition telle que le Seigneur pourra se servir de lui. Nous voyons un Pierre restauré jouissant de la communion et de la compagnie des apôtres en Jean 21, et nous le voyons ensuite, en Actes 2, qui prêche la Parole et est employé puissamment par le Seigneur. J’imagine que lorsque le diable vit Pierre prêcher dans le chapitre 2 des Actes, il aurait bien voulu l’avoir laissé tranquille dans le palais du souverain sacrificateur. Pourquoi ? Parce que le fait d’avoir été brisé l’avait formé comme serviteur, et dans la première moitié des Actes nous entendons parler beaucoup plus de Pierre que de tout autre disciple. Il était relevé et restauré. En vérité, il n’y a rien de tel que la grâce ! La grâce nous a sauvés en tant que pécheurs, et la grâce nous a gardés en tant que saints. Et quand nous arriverons dans la gloire, que constaterons-nous, que dirons-nous ? Que tout a été grâce ! Par conséquent, plus est profond dans nos âmes le sentiment de la grâce du Seigneur, plus nos coeurs se réjouiront en Lui. 3 - Ministère de restauration — Jean 21:1-25 Une simple allusion est faite en Luc 24:34 à la première rencontre de Pierre avec le Seigneur ressuscité. Quand les deux disciples venant d’Emmaüs entrent dans la chambre où les apôtres sont assemblés, ils reçoivent de ceux-ci la confirmation de ce dont ils ont été eux-mêmes les heureux témoins : «Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon». Où, quand et dans quelles circonstances cette entrevue eut lieu, cela ne nous est pas dit. Dieu s’est plu à jeter un voile sur cette scène où le Maître, inimitable en grâce, a ramené à lui le coeur de son serviteur en faute, serviteur qui, dans un moment de faiblesse, avait blessé son amour comme seul l’amour peut être blessé. Nous sommes assurés que Pierre était dès lors pleinement restauré, mais en secret encore. Évidemment, quelques jours se sont écoulés entre la scène relatée en Luc 24 et celles de Jean 21, puisqu’il est dit : «Ce fut là la troisième fois déjà que Jésus fut manifesté aux disciples, après qu’il fut ressuscité d’entre les morts» (v. 14). Dans la première des trois (Jean 20:19-23) vous avez ce qui est particulièrement en rapport avec l’Église. Des portes fermées, une assemblée à l’intérieur, et le Seigneur au milieu. En d’autres termes, vous voyez que l’assemblée est appelée à être ici-bas séparée pour lui et en sa compagnie. La semaine suivante (Jean 20:24-29), quand Thomas est avec eux, Jésus apparaît à nouveau. La bénédiction future des Juifs y est réellement préfigurée. Thomas ne veut pas croire jusqu’à ce qu’il ait vu le Seigneur. Les Juifs ne croiront en lui que lorsqu’on le verra venant en gloire. Ensuite, la troisième scène (ch. 21:1-I1), nous présente de façon imagée le rassemblement des nations, figure de la scène millénaire. Nous avons ainsi dans ces trois scènes l’Assemblée de Dieu, les Juifs et les nations. Cette troisième apparition devient la belle occasion de la restauration publique de Pierre. Lorsqu’un serviteur s’est écarté publiquement, le Seigneur se doit à lui-même de le restaurer publiquement. Avant que le Seigneur ne soit vu de la compagnie des disciples, l’ange leur a adressé ces paroles par les femmes : «Voici, il s’en va devant vous en Galilée : là vous le verrez ; voici, je vous l’ai dit» (Matt. 28:7). Alors qu’elles se hâtent de porter leur message, les femmes sont rencontrées par le Seigneur lui-même qui leur dit : «N’ayez point de peur ; allez annoncer à mes frères qu’ils aillent en Galilée, et là ils me verront» (v. 10). Ses disciples doivent quitter Jérusalem, le lieu de la religion établie, et se rendre en Galilée, région méprisée, hors de la Judée. Et maintenant, obéissant au commandement du Seigneur, ils se trouvent en Galilée en des lieux bien connus d’eux, avec les anciennes nacelles et les anciens filets (voyez Marc 1:16-20, Luc 5:1-11). Que font-ils là ? Ils ont à y attendre la venue de leur Seigneur, mais voyez à quoi ils s’occupent ! Mes amis, rien ne nous met plus à l’épreuve que l’attente. La plus grande épreuve qui révèle l’état de notre coeur est le temps. Or que faisaient ces hommes ? Attendaient-ils réellement ? Non. Ils pêchaient ! Et Simon était le meneur. Ils pensaient bien remplir leur temps. «Je m’en vais pêcher», annonce Simon. «Nous allons aussi avec toi», répondent les autres. Il est extraordinaire de voir comment un enfant de Dieu peut en entraîner d’autres. Tous nous avons une influence plus ou moins consciente l’un sur l’autre, soit en bien, soit en mal. Vous n’avez pas besoin même de parler. Quelque chose a plus de puissance que vos paroles, et c’est votre vie. Ce qu’un homme a dans l’esprit a infiniment plus d’importance que ce qu’il exprime. Le «je m’en vais pêcher» de Pierre entraîne les sept disciples à la mer, mais «cette nuit-là ils ne prirent rien» (v. 3). En Marc 1:17, le Seigneur avait dit : «Venez après moi, et je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. Et aussitôt, ayant quitté leurs filets, ils le suivirent». Ils avaient alors tourné le dos à leurs nacelles et à leurs filets, tout quitté pour suivre Jésus. Or, quand le matin fut venu, le Seigneur se tint sur le rivage (v. 4), mais ils ne le reconnurent pas. Pourquoi ? Parce que tant soit peu de distance entre moi et Christ, tant soit peu d’activité de ma volonté, rendent ma vue si faible que je ne reconnais plus le Seigneur, même quand il s’approche de moi. Ils n’étaient qu’à deux cents coudées de lui, à peine une centaine de mètres du rivage, et cependant ils ne savaient pas qui il était. Je pense que c’est pour cela que le Seigneur nous indique la distance. Ah, chers amis, si je dois être utile au Seigneur, j’aurai besoin d’être plus près de lui que cela. «Je t’instruirai, et je t’enseignerai le chemin où tu dois marcher ; je te conseillerai, ayant mon oeil sur toi (ou de mon oeil)» (Ps. 32 :8) ; voilà comment Dieu dirige les siens. Vous ne pouvez suivre les mouvements de mon oeil si vous êtes à l’extrémité de cette salle. Vous pourriez les suivre si vous étiez près de moi. «Je te conseillerai de mon oeil» est, pour le Seigneur, une façon très touchante de dire : Reste près de moi. Jésus leur dit alors : «Enfants, avez-vous quelque chose à manger ? Ils lui répondirent : Non» (v. 5). Ils ne purent lui répondre qu’un froid «non» pas même : non seigneur (ou monsieur). Oh, cette réponse brutale, sèche, qui sort parfois de la bouche d’un croyant ! Oui, frères, c’est ainsi que nous pouvons devenir rudes, impolis, quand nous sommes loin de Christ. Mais, direz-vous, ils ne savaient pas que c’était le Seigneur. Ce n’est pas une excuse ! Ce manque de courtoisie ne change pas son attitude, et il dit : «Jetez le filet au côté droit de la nacelle, et vous trouverez. Ils le jetèrent donc, et ils ne pouvaient plus le tirer, à cause de la multitude des poissons» (v. 6). Jean a immédiatement les yeux ouverts : «C’est le Seigneur ! Simon Pierre donc, ayant entendu que c’était le Seigneur, ceignit sa robe de dessus, car il était nu, et se jeta dans la mer» (v. 7). Il désirait s’approcher du Seigneur. Jadis, après avoir été appelé, il avait marché sur les eaux pour aller à sa rencontre (Matt. 14:28). Cette fois, il n’attend pas une invitation. Il semble dire : Je sais qu’il aimerait m’avoir près de lui. Et en un instant, il est auprès de Jésus. Si tout n’avait pas été en ordre dans sa conscience, aussi bien que dans ses affections, il se serait tenu un peu à l’écart. Cette action me montre ici que tout était en ordre chez lui. Tout avait été pardonné, et Jésus avait parlé de paix à son coeur troublé. Et maintenant, ayant conscience que c’est le Seigneur, il décide : Je veux m’approcher de lui. «Et les autres disciples vinrent dans la petite nacelle (car ils n’étaient pas loin de terre, mais à environ deux cents coudées), traînant le filet de poissons. Quand ils furent donc descendus à terre, ils voient là de la braise, et du poisson mis dessus, et du pain» (v. 8, 9). Ces braises ont dû parler à la conscience de Pierre. Elles lui rappelaient ce feu dans la cour du palais du souverain sacrificateur où il renia le Seigneur. Il se chauffait alors près du feu du monde, et, évidemment, si je puis dire, il s’y brûla les doigts. Et, bien-aimés, si vous et moi pactisons tant soit peu avec le monde, la peine et la souffrance sont inévitables. Maintenant, le Seigneur leur demande d’apporter du poisson qu’ils avaient pris ; aussi, «Simon Pierre monta, et tira le filet à terre, plein de cent cinquante-trois gros poissons ; et quoiqu’il y en eût tant, le filet n’avait pas été déchiré» (v. 11). Belle figure de ce qui aura lieu au millénium. En Luc 5, le filet se rompait. Ici, le filet ne se rompt pas, image de la perfection de tout ce que Christ introduira. Quand ils ont amené le poisson à terre, le Seigneur ajoute : «Venez, dînez». Il a commencé par préparer ce qui était nécessaire pour le corps, image assurément de ce qu’il donne pour l’âme. Il fournit la nourriture nécessaire, et dispense exactement ce dont nous avons besoin. Et voyez cette belle invitation : «Venez, dînez. Et aucun des disciples n’osait lui demander : Qui es-tu ? sachant que c’était le Seigneur» (v. 12). Pourquoi l’Esprit de Dieu dit-il cela, pensez-vous ? Il me semble que c’est pour traduire le désir qu’avait chacun d’eux d’être assuré que c’était leur Seigneur. Je ne peux m’éloigner de Christ sans que cela produise un effet désastreux sur mon âme ; je suis comme dans une brume, ayant fait la perte d’une claire vision spirituelle. «Jésus vient et prend le pain, et le leur donne, et de même le poisson» (v. 13). Il est le maître du souper. Il est l’hôte qui reçoit. Il met parfaitement à l’aise tous ses invités. Quand il lui arriva de donner un souper, afin qu’aucun ne fût oublié il fit asseoir les conviés par rangs de cinquante sur l’herbe verte (Marc 6:39, 40), et il est précisé qu’il y avait «beaucoup d’herbe en ce lieu-là» (Jean 6:10). La façon dont Christ répond aux besoins est toujours parfaite en tendresse, en soins, en égards. Rien n’y manque. Quand ils ont dîné, le Seigneur s’occupe de Pierre. Il ne l’a pas fait tant qu’il avait froid et faim. Il vous nourrira et vous réchauffera d’abord, s’il doit vous corriger ensuite. «Venez, dînez», leur dit-il. Ils étaient maintenant auprès d’un bon feu, mais ils étaient restés dehors, transis, toute la nuit, et avaient sans doute faim et froid. Il leur fallait la nourriture et la chaleur. Voilà la nature du ministère divin, — le ministère de l’amour. C’est pourquoi nous lisons : «Personne n’a jamais haï sa propre chair, mais il la nourrit et la chérit, comme aussi le Christ l’assemblée» (Éph. 5:29). Tels sont les soins du Seigneur envers nous. Or si je me suis éloigné du Seigneur, c’est seulement quand il m’a ramené à son côté, et que j’ai connu l’effet de son ministère de restauration, dont la grâce brise le coeur, c’est alors qu’il peut me poser toutes les questions qu’il lui plaît et mon coeur saura lui répondre. Et voici, maintenant, dans le cas de Pierre, tout ce qui était nécessaire. «Lors donc qu’ils eurent dîné, Jésus dit à Simon Pierre : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu plus que ne font ceux-ci ?» Pierre avait dit hardiment auparavant : «Si tous étaient scandalisés en toi, moi, je ne serai jamais scandalisé en toi» (Matt. 26:33). Il répond maintenant : «Oui, Seigneur, tu sais que je te suis attaché (traduction littérale). C’était tout à fait vrai, et le Seigneur l’accepta. Le fruit de sa grâce était parfaitement visible pour lui, et «il lui dit : Pais mes agneaux». Puis Jésus demande une seconde fois : «Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ?» Vous remarquez que la question est différente dans chacun des cas (ainsi que la mission). La première était : «M’aimes-tu plus que ne font ceux-ci ?». La seconde simplement : «M’aimes-tu ?» sans qu’il soit question de se comparer à d’autres qu’il avait pensé distancer. Pierre répond encore : «Oui, Seigneur, tu sais que je te suis attaché». Le Seigneur lui dit alors : «Sois berger de mes brebis». Sur le point de s’en aller, il confie aux soins de Pierre ceux qui lui étaient très chers. Cela montre la confiance de Christ en cet homme, maintenant brisé. «Il lui dit pour la troisième fois : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? Pierre fut attristé de ce qu’il lui disait pour la troisième fois : M’aimes-tu ? Et il lui dit : Seigneur, tu connais toutes choses, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit : Pais mes brebis» (v. 17). Ici il faut remarquer que le Seigneur modifie sa question en changeant le mot qui exprime l’amour. Dans les deux premières questions, il avait dit «agapâs me». Pierre répond chaque fois «philo se». Le mot que le Seigneur emploie est celui qui parle de l’amour divin, lequel ne fait jamais défaut ; celui de Pierre exprime l’affection fraternelle — qui fait souvent défaut — comme dans son propre cas, envers le Seigneur. La troisième fois, le Seigneur finit par employer le mot de Pierre et dit «phileîs me», c’est-à-dire : M’es-tu attaché ? «Pierre fut attristé de ce qu’il lui disait pour la troisième fois : M’es-tu attaché ?». Il répond : En regardant ce qu’a été ma conduite, d’autres pourraient bien en douter, mais «tu connais toutes choses, tu sais que je t’aime». Il ouvre, pour ainsi dire, les portes de son coeur afin que le regard de Christ puisse descendre dans ses plus profonds recoins. Il reconnaît qu’il fallait un discernement divin pour découvrir quelque amour pour Christ en celui qui s’était pourtant vanté d’en avoir plus que tous les autres. Les autres apôtres auraient pu penser qu’il était un hypocrite. Il n’en était rien. C’est la confiance en lui-même qui avait causé la chute de Pierre et le Seigneur atteint, ici, cette racine. Il ne parle pas de sa faute, mais de ce qui l’a produite, et il ne laisse en repos sa conscience que lorsque Pierre a réellement jugé la cause elle-même. La confiance en soi chez Simon Pierre fut réduite à néant. Mais pour en arriver là, Dieu le laissa faire une chute telle qu’il ne l’oublia jamais. «Gardés par la puissance de Dieu par la foi» (1 Pierre 1:5), paraît être désormais sa devise. Parcourez ses épîtres ; vous les trouverez tout imprégnées de ce triste épisode de son histoire. Sa confiance en lui-même s’envola et fit place en une simple confiance en Christ, confiance que le Seigneur constata et en laquelle il prit plaisir. Quand Pierre dit : «Tu connais toutes choses», Jésus répond : «Pais mes brebis». C’est comme s’il disait : Pierre, je m’en vais, mais je vais maintenant remettre entre tes mains ce que j’ai de plus précieux sur la terre. — Le Seigneur montre sa pleine confiance dans les affections de Pierre, en lui disant : «Pais mes agneaux, sois berger de mes brebis... pais mes brebis». Tout montre qu’il était pleinement restauré aux yeux du Seigneur, et qu’il avait regagné aussi la confiance de ses frères. Le jour où Pierre renia le Seigneur et s’enfuit, les autres disciples ressentirent certainement que le déshonneur atteignait toute la compagnie. Je crains que, parfois, nous soyons passablement touchés par la faute d’un frère parce que nous sommes déshonorés. Mais avons-nous assez le sentiment que c’est le Seigneur qui a été déshonoré ? Il est beaucoup plus important que nous éprouvions cela. Ici, le Seigneur restaure pleinement Pierre, et celui-ci reçoit ensuite la mission de prendre soin pendant Son absence de ceux qui sont si chers au coeur de Christ. Mais voici une grâce encore plus profonde de la part du Seigneur envers son cher serviteur. Pierre avait eu une merveilleuse occasion de rendre témoignage à Christ, et il l’avait manquée. Il avait peut-être sauvé sa vie, mais au prix du reniement de Celui qu’il aimait vraiment. Et maintenant, il était normal qu’il fût inconsolable d’avoir manqué cette occasion à un moment unique. Le Seigneur paraît lui dire : Tu as eu une occasion, Pierre, pour me rendre témoignage et puis tu l’as manquée, je vais t’en donner une autre et, mieux encore, tu ne t’y soustrairas pas. «En vérité, en vérité, je te dis : Quand tu étais jeune, tu te ceignais, et tu allais où tu voulais, mais quand tu seras devenu vieux, tu étendras les mains, et un autre te ceindra, et te conduira où tu ne veux pas. Or il dit cela pour indiquer de quelle mort il glorifierait Dieu. Et quand il eut dit cela, il lui dit : «Suis-moi» (v. 18, 19). Le Seigneur voulait lui donner une occasion d’être à nouveau un témoin pour Lui, et cette fois, sa grâce le soutiendrait. Ce qu’il n’avait pas pu faire par sa propre volonté, il le ferait par la volonté de son Dieu. Il avait affirmé être prêt à mourir pour son Seigneur par sa propre force. Un jour viendrait où il mourrait en effet pour son Seigneur, mais fortifié et soutenu par Dieu. Bien-aimés, il n’y a rien de comparable à la grâce. Que vos coeurs soient fortifiés dans la grâce infaillible de Christ. Oui, «il est bon que le coeur soit affermi par la grâce» (Hébr. 13:9). Paul pouvait bien dire à son enfant dans la foi : «Fortifie-toi dans la grâce qui est dans le Christ Jésus» (2 Tim. 2:1). Et, bien que nous ayons souvent heurté, déçu et attristé cette grâce, elle est toujours là, Dieu soit béni, comme une provision inépuisable. Il est important de répéter que ces paroles du Seigneur furent adressées à Pierre en présence de ses frères. Il fut restauré publiquement. Quoi qu’ils aient pu penser à son sujet, il fut évident que le Seigneur s’occupait beaucoup de lui. Nous sommes très lents à faire confiance à un frère qui a fait une chute. Il n’en est pas ainsi de Christ. Si un serviteur tombe, nous disons facilement : je ne pourrai plus jamais avoir confiance en lui. Pourquoi ? Parce que nous avons si peu, dans notre propre âme, le sentiment de ce qu’est la grâce. D’autre part, Dieu ne peut justement avoir confiance en nous que lorsque nous sommes brisés. Si vous étudiez l’histoire de Pierre, vous verrez que cet homme fut précisément préparé par le brisement de son moi. Dieu est obligé d’abaisser bien des saints pour briser le ressort de la confiance en soi-même, car Il veut de la réalité chez eux, et il dénonce tôt ou tard ce qui n’est pas vrai. Puis Il les élève, les fait aller de l’avant, et en fait les vases de sa grâce comme ils ne l’avaient jamais été jusque-là. Cette scène prend fin avec la parole touchante que le Seigneur adresse à Pierre : «Suis-moi» (v. 19). «Pierre, se retournant, voit suivre le disciple que Jésus aimait, qui aussi, durant le souper, s’étant penché sur sa poitrine, et avait dit : Seigneur, lequel est celui qui te livrera ? Pierre, le voyant, dit à Jésus : Seigneur, et celui-ci, — que lui arrivera-t-il ? Jésus lui dit : Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi» (v. 20-22). Jean faisait spontanément ce que le Seigneur avait expressément enjoint à Pierre. Celui-ci, curieux de connaître l’avenir de son compagnon, demande : «Seigneur, et celui-ci, — que lui arrivera-t-il ?» Combien nous sommes enclins à négliger ce qui nous est demandé pour nous occuper de ce qui concerne les autres, leur service et leurs voies. — Tu ferais mieux de ne pas t’occuper de ce qui arrivera à ton frère, va lui enjoindre le Seigneur. «Jésus lui dit : Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi». C’est la dernière parole de Jésus que nous rapporte l’évangile de Jean. Que Dieu nous aide à acquérir le sentiment de l’immensité de sa grâce. Et si un frère est tombé, ayons à coeur sa restauration. Parce que si le Seigneur le relève et le restaure, il peut en faire un vase très utile. On ne peut qu’être frappé par la place éminente que Pierre occupe dans le livre des Actes. Comme serviteur, il fut vraiment soutenu par la grâce. Le Seigneur se servit de la chute amère et terrible qu’il fit pour lui apprendre à Le suivre. C’est en demeurant près de lui que nous serons en sécurité. Nous ne pouvons mieux conclure qu’en citant les propres paroles de ce bien-aimé serviteur restauré : «Espérez parfaitement dans la grâce qui vous sera apportée à la révélation de Jésus-Christ, — comme des enfants d’obéissance, ne vous conformant pas à vos convoitises d’autrefois pendant votre ignorance ; mais, comme celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite ; parce qu’il est écrit : «Soyez saints, car moi je suis saint». Et si vous invoquez comme père celui qui, sans acception de personnes, juge selon l’oeuvre de chacun, conduisez-vous avec crainte pendant le temps de votre séjour ici-bas» (1 Pierre 1:13-17). Le jour où je tombe est toujours celui où j’ai cessé de craindre de tomber. Je ne tomberai pas, aussi longtemps que je craindrai. Que le Seigneur entretienne donc, en chacun de nous, la crainte de déshonorer par une chute son beau Nom que nous portons en le suivant dans le chemin. Seigneur ! ta grâce illimitée, Si pure et si douce pour moi, Fait que mon âme est transportée, Chaque fois que je pense à toi. De ta paix, de ta bienveillance, Fais-moi savourer tout le prix ; Couronne alors mon espérance, Et me transporte en tes parvis. 4 - Confession et purification — Nombres 19:1-22 Il est intéressant de considérer dans l’Écriture, et singulièrement dans ce type de la génisse rousse, quelles sont les ressources de Dieu à l’égard de tout ce qui pourrait venir interrompre la communion des siens avec lui-même. La Genèse est le livre de la création, l’Exode celui de la rédemption. Le Lévitique nous apprend de quelle manière on s’approche de Dieu. Ensuite, les Nombres présentent la traversée du désert par le peuple, désert dans lequel il peut contracter de la souillure. Notre chapitre montre comment est restaurée une âme qui, d’une manière ou d’une autre, a contracté de la souillure. Le péché est toujours l’activité de la volonté de la créature. Si la volonté a été active, par là provoquant le péché, la communion avec Dieu est interrompue. On devait prendre une génisse rousse, et ce devait être une génisse sans tare, qui n’avait jamais porté le joug. C’est Christ qui vous est immédiatement présenté. Le joug du péché ne reposa jamais sur Lui, ce joug terrible qui, hélas, n’a que trop pesé sur nous. La perfection du sacrifice étant établie, que fallait-il faire ? «Et vous la donnerez à Eléazar, le sacrificateur, et il la mènera hors du camp, et on l’égorgera devant lui» (v. 3). La génisse rousse est un type de Christ, qui est aussi le sacrificateur ; de là vient qu’il ne l’égorge pas lui-même. La mort intervient cependant. La seule façon dont je puis revenir à Dieu, si j’ai glissé loin de lui, est l’application à mon âme, dans la puissance du Saint Esprit, de la vérité merveilleuse de la mort du Seigneur Jésus Christ. La génisse est égorgée, après quoi le sacrificateur fait aspersion de son sang sept fois devant la tente d’assignation (v. 4). La grande pensée de l’expiation nous est rappelée ici. Qu’il s’agisse d’ôter mes péchés ou de me donner accès à Dieu, c’est toujours par le sang. C’est pourquoi, ici, où nous avons la base de la restauration d’un saint qui s’est éloigné de l’Éternel, nous retrouvons nécessairement la mention du sang. Mais cette fois nous devons remarquer que le sang n’est pas pour nous. Il ne peut jamais y avoir de nouvelle application du sang de Christ. Le sang est aspergé ici, non pas sur la personne souillée, mais sept fois devant la tente d’assignation. Autrement dit, ce sang est placé sous le regard de Dieu. Il se souvient toujours de la valeur de la mort expiatoire de son Fils bien-aimé. Or, lorsque vous et moi, nous avons suivi notre propre chemin et contracté la souillure, de quelle façon allons-nous revenir à Dieu ? Oh, dites-vous, je retournerai comme un pauvre pécheur et serai à nouveau lavé dans le sang de Christ ! Vous ne reviendrez jamais de cette façon, car ce n’est pas celle de Dieu. Et le fait de méconnaître cela a eu pour conséquence que bien des enfants égarés sont restés longtemps étrangers à la grâce qui restaure. Vous devrez revenir en tant que saint, qu’enfant, mais désobéissant, qui a fait sa propre volonté, et vous devrez revenir de la façon dont Dieu l’entend. «Et Eléazar, le sacrificateur, prendra de son sang avec son doigt et fera aspersion de son sang, sept fois, droit devant la tente d’assignation ; et on brûlera la génisse devant ses yeux : on brûlera sa peau, et sa chair, et son sang, avec sa fiente» (v. 4, 5). Ce n’est pas une façon agréable, j’en conviens. Mais c’est pourtant celle de Dieu. Remarquez quel est le rituel, car il est plein d’instruction. Tout l’animal est consumé. Tout supporte le feu du jugement. Le sacrificateur prend du bois de cèdre, de l’hysope, de l’écarlate, et les jette au milieu du feu où brûle la génisse. La victime est égorgée et ensuite réduite en cendres. Figure frappante de tout ce que le Seigneur Jésus Christ a traversé sur la croix, où il fut fait péché, lui qui n’a pas connu le péché ! La génisse réduite en cendres illustre ce que méritait le premier homme, et ce qu’il reçut sur la croix dans la personne de Christ. Là, tout fut consumé dans la mort. Tout ce que je suis disparaît de devant les yeux de Dieu, dans la mort ! Le bois de cèdre qui, dans l’Écriture, représente toujours ce qui est grand, noble et majestueux, est aussi brûlé avec la génisse. Et l’hysope, qu’est-ce que cela ? Une petite touffe verte. C’est dans le règne végétal l’opposé du cèdre, quelque chose d’insignifiant. Salomon «parla sur les arbres, depuis le cèdre qui est sur le Liban, jusqu’à l’hysope qui sort du mur» (1 Rois 4:33). Nous ne nions pas qu’il y ait dans l’homme des traces de noblesse et nous reconnaissons plus facilement encore ce qu’il a de vil ; nous avons tous pour cela des yeux excellents. Pouvez-vous voir un fétu dans mon oeil ? Oui, mais vous ne voyez pas toujours la poutre qui est dans le vôtre. Nous sommes tous capables de discerner des fautes les uns chez les autres, c’est très facile. Qu’est-ce que j’apprends ici ? Que ce soit majestueux et grand, ou méprisable et inutile, tout doit prendre place dans le feu qui consume la génisse. L’hysope tient une place importante dans l’Écriture. Le jour de la Pâque, on trempait un bouquet d’hysope dans le sang de l’agneau et on le plaçait sur l’encadrement de la porte (Exode 12:22). On plongeait l’hysope dans le sang de l’oiseau égorgé sur l’eau vive lors de la purification du lépreux (Lév. 14:4-6). Ici, on brûlait l’hysope. David dans la détresse de son âme demande : «Purifie-moi du péché avec de l’hysope, et je serai pur» (Ps. 51:7). Et encore au moment des plus grandes souffrances de notre Seigneur sur la croix : «Ils emplirent de vinaigre une éponge, et, l’ayant mise sur de l’hysope, ils la lui présentèrent à la bouche» (Jean 19:29). L’hysope a, dans l’Écriture, une signification remarquable en rapport avec la petitesse de l’homme, tandis que l’écarlate parle de la gloire de l’homme. Qu’il s’agisse donc de ce qui est méprisable ou de ce qui est grand, ou encore de tout ce dont l’homme peut se glorifier, Dieu soit béni : tout disparaît. Un seul homme est agréé de Dieu, et c’est l’homme qui est dans la gloire de Dieu. Le premier homme avec toutes ses vaines gloires et toute son insignifiance est ôté dans le jugement. Encore une fois je ne nie pas qu’il y ait en l’homme des qualités belles en elles-mêmes, mais elles ne conviennent pas à la présence de Dieu. Le premier homme est absolument mis de côté. Il est important de saisir ceci de façon intelligente et de pouvoir dire avec Paul : «Car je sais qu’en moi, c’est-à-dire en ma chair, il n’habite point de bien» (Rom. 7:18), pour apprendre ensuite, enseigné par la grâce, cette leçon fondamentale : «Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi» (Gal. 2:20). Si je porte mes regards vers la croix, j’y vois la disparition de l’homme qui pratiquait le péché. C’est un gain immense de savoir que tout disparaît dans le feu où brûle la génisse. Ensuite, le sacrificateur, aussi bien que celui qui l’a brûlée, doit laver ses vêtements (v. 7, 8). Et alors, «un homme pur ramassera la cendre de la génisse, et la déposera hors du camp en un lieu pur, et elle sera gardée pour l’assemblée des fils d’Israël comme eau de séparation : c’est une purification pour le péché» (v. 9). Les cendres de la génisse rappellent simplement mais sûrement à votre mémoire ce qui a eu lieu. Elles sont tout ce qui reste de cette merveilleuse victime. Tout a été consumé dans le feu du jugement. Par ces cendres, en figure, l’Esprit de Dieu rappelle ce qu’il en a coûté à Christ pour nous purifier, l’oeuvre sans laquelle, après une chute, nous ne connaîtrions pas ce qu’est vraiment la purification. Vous ne pouvez rien toucher de ce qui est en rapport avec le premier homme sans être souillé. «Celui qui aura touché un mort, un cadavre d’homme quelconque, sera impur sept jours» (v. 11). Eh bien ! — pourriez-vous dire — dans le cours habituel de mes devoirs quotidiens, j’entre en contact avec beaucoup de choses susceptibles de me souiller. C’est bien ce qui est supposé ici. «Il se purifiera avec cette eau le troisième jour, et le septième jour il sera pur ; mais s’il ne se purifie pas le troisième jour, alors il ne sera pas pur le septième jour» (v. 12). Dieu ne nous autorise pas à faire peu de cas du péché. L’homme souillé devait, pour être vraiment pur, se purifier le troisième jour et le septième jour (v. 19). Cette double purification montre que la restauration n’a pas lieu instantanément. Si mon âme s’est éloignée du Seigneur, elle ne revient pas en un instant. Dieu me donne tout le temps de peser ce qu’a été ma folie. «Quiconque aura touché un mort, le cadavre d’un homme qui est mort, et ne se sera pas purifié, a rendu impur le tabernacle de l’Éternel ; et cette âme sera retranchée d’Israël, car l’eau de séparation n’a pas été répandue sur elle ; elle sera impure, son impureté est encore sur elle» (v. 13). Si je tombe dans le mal, et que je ne le juge pas et ne m’en purifie pas, je fais du mal à d’autres. Dans ce cas, un homme insouciant «rendait impur le tabernacle de l’Éternel». Si je marche avec ce qui est mal, par là-même je contamine mes frères. J’appartiens à la congrégation, ne le perdons pas de vue. Combien nous devrions marcher soigneusement, quand ce ne serait qu’à cause des autres. Mais le verset 13 va plus loin : «Cette âme sera retranchée d’Israël car l’eau de séparation n’a pas été répandue sur elle». Elle mourait. Pour nous, ce n’est pas la mort, mais celui qui est impur n’est plus en communion. Il ne participe pas à la joie de l’assemblée. Il est en dehors moralement et pratiquement. Pourquoi ? Parce qu’il existe une façon de se mettre en règle, et qu’il n’en a pas profité. Il a été insouciant. «C’est ici la loi, lorsqu’un homme meurt dans une tente : quiconque entre dans la tente, et tout ce qui est dans la tente, sera impur sept jours ; et tout vase découvert, sur lequel il n’y a pas de couvercle attaché, sera impur. Et quiconque touchera, dans les champs, un homme qui aura été tué par l’épée, ou un mort, ou un ossement d’homme, ou un sépulcre, sera impur sept jours» (v. 14-16). Le contact avec le mal sous quelque forme que ce soit nous est préjudiciable et interrompt la communion. Il est très important de maintenir un couvercle sur le vase découvert. Qu’est-ce que cela signifie ? Il faut de la retenue, de la prudence. Si vous allez, marchez et vous entretenez avec les insouciants et les impies, vous découvrirez très rapidement que vous avez perdu la communion. Ce monde a une atmosphère polluée, et si le vase n’est pas couvert, il contracte de la souillure. Nous avons besoin que Christ couvre nos yeux et remplisse notre coeur à chaque heure de la journée. Vous ne pouvez même pas aller aider quelqu’un qui est tombé dans le péché sans abaisser un peu votre propre niveau. Le fait d’entendre parler du mal, même pour le juger, nous affecte, tout comme celui qui touchait un ossement d’homme ou un sépulcre était impur sept jours. «Et on prendra, pour l’homme impur, de la poudre de ce qui a été brûlé pour la purification, et on mettra dessus de l’eau vive dans un vase. Et un homme pur prendra de l’hysope, et la trempera dans l’eau, et en fera aspersion sur la tente, et sur tous les ustensiles, et sur les personnes qui sont là, et sur celui qui aura touché l’ossement, ou l’homme tué, ou le mort, ou le sépulcre ; et l’homme pur fera aspersion sur l’homme impur, le troisième jour et le septième jour, et il le purifiera le septième jour ; et il lavera ses vêtements, et se lavera dans l’eau, et le soir il sera pur» (v. 17-19). Un homme pur, remarquez-le, devait faire aspersion sur l’homme impur le troisième jour et le septième jour. Qu’est-ce que cela veut dire ? Chaque aspersion présente une étape différente dans le cours de la restauration de l’âme. Le troisième jour, je prends à coeur le fait d’avoir trouvé mon plaisir dans les choses qui valurent à Christ les souffrances inexprimables de la croix. Ceci s’accompagne d’une confession pleine et sincère du péché à Dieu. L’âme est remplie d’horreur en disant : J’ai péché contre la grâce ; mais en même temps se forme un sentiment de grande tristesse parce qu’après tout, je ne souffrirai pas pour cela et cela ne me sera pas imputé puisque Christ a déjà souffert pour cela. J’ai trouvé mon plaisir dans tout ce que lui ont coûté les angoisses de la croix. Il a pris le péché et l’a porté avec ses conséquences. Et l’âme passe par de pénibles exercices — plus ils sont profonds, mieux cela vaut. Ce n’est pas le premier jour après que le péché a été commis qu’on apprend tout cela. Non, Dieu me donne trois jours pour constater les conséquences sur mon âme du fait que j’ai suivi mon propre chemin. Les cendres évoquent la mort de Christ, et l’eau vive l’énergie du Saint Esprit qui me rappelle ce que Christ a traversé. Il dit : Christ est mort pour toi, il a porté le jugement de Dieu pour toi, il a connu l’abandon à cause de ce péché dans lequel tu as pris plaisir. Alors le sentiment d’être une créature misérable est produit en moi du fait que j’ai pris plaisir dans ce qui a fait souffrir mon Sauveur. Vient le septième jour. Maintenant jaillit en moi le sentiment de la grâce qui surabonde. Plus de doute : je suis parfaitement purifié par l’oeuvre que Jésus a accomplie dans son amour envers moi. La grâce qui m’a trouvé en tant que pécheur, s’est occupée de moi en tant que saint. Maintenant que l’aspersion a eu lieu le troisième jour et le septième jour, l’âme est déclarée pure et a conscience de l’être. Un changement pratique alors a lieu dans l’âme. Non seulement elle peut dire : Je suis parfaitement purifiée — mais : mon péché n’a pas changé ses affections pour moi. Il m’aime toujours ! Sa mort est toujours efficace pour purifier. Il est désastreux de perdre la jouissance de son amour et les encouragements que le Saint Esprit voudrait nous donner. Nous payons terriblement cher notre propre plaisir. Mais, oh ! la joie de la restauration ! Il semble que le sentiment d’avoir péché si gravement contre la grâce soit la première partie de la purification, au «troisième jour». Le «septième jour» la restauration parfaite est réalisée, l’esprit étant débarrassé de toute la souillure du péché par la grâce qui surabonde. Tout d’abord, j’ai un sentiment de peine d’avoir péché contre la grâce et ensuite, j’ai le sentiment d’être pardonné parce que cette grâce n’a pas changé (Rom. 6). Il est important de saisir ceci : si j’ai blessé l’amour du Seigneur, cet amour quoique attristé reste le même. Mais j’en perds la jouissance jusqu’au jour où je me juge moi-même et me repens. C’est ce que fit Pierre, je n’en doute nullement. Je crois voir Pierre le troisième jour en Marc 16:7, où l’auteur de cet évangile, justement un serviteur qui manqua comme tel (Actes 13:13 ; 15:37-39) est le seul à relater les paroles adressées à Pierre, — et aussi en Luc 24 (v. 34) où le Seigneur le rencontre seul. Nous le trouvons le septième jour en Jean 21:15-19, se reposant pleinement dans l’amour de son Seigneur. Remarquez que l’homme purifié lave ses vêtements. Qu’est-ce que cela signifie ? Il change entièrement ses voies, et se débarrasse de ce qui avait été un piège pour lui. Il est lavé en pratique par la Parole. Relions maintenant à ce type de la génisse rousse quelques versets du Nouveau Testament. «Si nous disons que nous avons communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons et nous ne pratiquons pas la vérité ; mais si nous marchons dans la lumière, comme lui-même est dans la lumière, nous avons communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché» (1 Jean 1:6, 7). Comprenez, jeune chrétien, que bien que vous soyez converti, et que le sang de Christ vous ait lavé de tous vos péchés, cette vérité demeure cependant, que le péché est toujours en vous. La chair est en nous. «Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes» (v. 8). Si je disais : je n’ai pas de péchés (au pluriel), ce pourrait être parfaitement vrai momentanément. Mais si je dis : je n’ai pas de péché (ma nature), je me séduis moi-même. C’est ce que certains perfectionnistes ont souvent été amenés à dire. Mais ce n’est rien d’autre qu’une erreur manifeste. D’autre part, dois-je toujours être accablé par le sentiment de mes péchés ? Dieu répond : «Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité» (v. 9). Vous êtes ainsi purifié pratiquement, mais c’est toujours par la confession à Dieu, non pas à l’homme, j’ai à peine besoin de le dire. Si quelque chose accable votre conscience, il vous faut aller le confesser. «Dieu sait tout ce qu’il en est», dites-vous. C’est parfaitement vrai, mais tout ne sera en ordre que lorsque vous le Lui aurez confessé. Vient ensuite le sentiment de ce qu’est la grâce, mais tout ne sera en ordre entre Dieu et vous que lorsque vous aurez tout dit au Seigneur. Je sais que bien des personnes vont leur chemin pendant des années, malheureuses et misérables. Pas de joie, pas de témoignage non plus ! et, si c’est votre cas, permettez-moi de vous supplier de ne pas vous endormir ce soir avant d’avoir tout avoué à Dieu. Si vous voulez être heureux et utile, vous ne devez rien garder sur votre conscience. Il n’y a pas eu de réserve du côté de Dieu ; qu’il n’y en ait pas du nôtre. «Mes enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez pas ; et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ, le juste» (1 Jean 2:1). Admirables paroles ! L’Avocat est Jésus lui-même ; il me restaure auprès du Père. Si j’ai péché et me suis éloigné, je ne puis revenir à Dieu comme un pécheur. Il faut que je revienne au Père comme un enfant, enfant désobéissant, mais enfant quand même. Il est précieux de voir que, avant la chute de Pierre, Christ avait déjà prié pour lui. Ah, bien-aimés, comme il nous aime ! Gardons cette pensée bien au fond de notre coeur, et tout ira bien pour nous. «Et lui est la propitiation pour nos péchés, et non pas seulement pour les nôtres, mais aussi pour le monde entier» (v. 2). C’est là que nous avons réellement les cendres de la génisse. Si je pèche, Christ priera pour moi, et alors l’Esprit de Dieu me le fera sentir. C’est lui, l’autre Consolateur, qui, en amour fidèle envers mon âme, a interrompu la communion. Lorsque vous discernez ce qui a produit le nuage entre le Seigneur et vous, jugez-le et confessez-le. Et, quand vous le confessez, il pardonne. Vous vous trouvez plus près de lui que vous ne l’étiez auparavant. Telle est sa grâce. Évidemment, si j’ai fait du tort à mon frère ou à mon voisin, il faut que j’aille le reconnaître. Je ne serai vraiment restauré que lorsque je serai allé mettre les choses en ordre. Je dois non seulement être en règle avec Dieu mais avec mon prochain si j’ai péché contre lui, parce que Dieu désire me purifier de toute iniquité. Remarquez que, si nous sommes brouillés avec un frère ou une soeur, les injonctions que notre Seigneur nous donne, à vous et à moi à cet égard, sont claires (voyez Lév. 5 ; Matt. 18). Je sais d’ailleurs fort bien que je ne ferai jamais de progrès spirituellement qu’à condition d’être sincère et au clair avec Dieu d’une part, et avec mes frères de l’autre. Combien le témoignage de Paul est remarquable. «À cause de cela, moi aussi je m’exerce à avoir toujours une conscience sans reproche devant Dieu et devant les hommes» (Actes 24:16). Revenons un instant à la restauration de Pierre. Il me semble que nous avons le troisième jour en Luc 24. Je remarque que le troisième jour, le jour de la résurrection, le Seigneur rejoint les deux disciples qui vont à Emmaüs et il marche avec eux. Il est très intéressant de voir de quelle façon le Seigneur se fait connaître aux siens après la résurrection. Le premier coeur qu’il rencontre et qu’il remplit est celui de Marie ; ce sont ensuite ses compagnons. Marie trouvait ses délices en Lui et il lui manquait de façon inexprimable. Le coeur dont il s’occupa ensuite fut celui de quelqu’un qui s’était éloigné de lui : Pierre précisément. Il semble que les deux disciples qui allaient à Emmaüs viennent après. Ils dirent : «Notre coeur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu’il nous parlait par le chemin, et lorsqu’il nous ouvrait les Écritures ?» (v. 32). Ils n’avaient jamais entendu de leur vie un discours tel que celui qu’il leur adressa au cours de cette marche d’une douzaine de kilomètres. Nos propres coeurs sont réjouis et débordent quand un serviteur du Seigneur, dans la puissance de l’Esprit, nous ouvre les Écritures. Mais figurez-vous que vous entendez le Seigneur lui-même vous «expliquer, dans toutes les Écritures, les choses qui le regardent» (v. 27) ! Quand «ils approchèrent du village où ils allaient, lui, fit comme s’il allait plus loin. Et ils le forcèrent, disant : Demeure avec nous» (v. 28, 29). Il n’impose jamais sa compagnie. Mais quand ils arrivèrent à la maison et que le Seigneur fit comme s’il allait plus loin, ils dirent : «Demeure avec nous». Ils le forcèrent. Ils font peser sur lui la pression que l’amour exerce toujours. Ils ont tant joui de son ministère qu’ils ne peuvent s’en passer. Ils ne savent pas qui il est, mais ils ont découvert qu’il en sait plus sur Celui qu’ils aiment que tous ceux qu’ils avaient pu rencontrer auparavant. C’est pourquoi ils le contraignent de rester. Alors il entre, rompt le pain et ainsi se révèle à eux. Ils savent maintenant qui il est ; il peut dès lors disparaître de devant eux. «Et se levant à l’heure même, ils s’en retournèrent à Jérusalem, et trouvèrent assemblés les onze et ceux qui étaient avec eux, disant : Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon» (v. 33, 34). Ils reviennent à Jérusalem. Quelques instants auparavant, il était trop tard pour aller plus loin ; maintenant, remplis de joie, ils ne trouvent pas qu’il est trop tard pour rebrousser chemin. Ils ont fait une marche de douze kilomètres et ce n’est absolument rien de refaire ces douze kilomètres en sens inverse, pour porter les nouvelles de leur entrevue avec Jésus et les partager avec les autres disciples. Quand ils arrivent, ils trouvent les onze assemblés et ceux qui sont avec eux. Ce n’est pas la seule compagnie des apôtres, c’est la compagnie des disciples en général. «Le Seigneur est réellement ressuscité», disent-ils, «et il est apparu à Simon». C’était le troisième jour, rappelons-le. Et ne doutons pas que Pierre ait commencé à apprécier la valeur des cendres et de l’eau vive dans cette entrevue unique. Ce que le Seigneur dit à Pierre, je l’ignore, mais je sais ceci, c’est que Pierre fut restauré. Il avait rencontré le Seigneur, et avait entendu des paroles de sa bouche. Dieu a jeté un voile sur cette scène. Sans aucun doute c’était le Seigneur qui avait cherché Pierre. Vous trouverez au verset 12 de ce même chapitre que Pierre était parti, «s’étonnant de ce qui était arrivé». Soyons sûrs qu’avant la fin du jour, il s’étonnait beaucoup plus, ayant vu que son Seigneur était venu à sa recherche, que tout était pardonné et qu’il était restauré pour jouir de l’affection de son Seigneur. Malgré sa faute, il ne découvrait dans le coeur de son Maître rien d’autre qu’une affection insurpassable. Si vous lisez avec soin les épitres de Pierre, vous trouverez de nombreux versets dans lesquels d’une façon ou de l’autre il fait allusion à sa chute. Par exemple : «Car vous étiez errants comme des brebis, mais maintenant vous êtes retournés au Berger et au Surveillant de vos âmes» (1 Pierre 2:25). N’avait-il pas été une brebis errante ? Oui, mais Jésus, le Berger et le Surveillant de son âme, l’avait restauré. Nous nous sommes déjà occupés de ce que nous avons appelé la restauration publique de Pierre, et nous avons vu de quelle façon le Seigneur rétablit son cher serviteur et lui donne tendrement une mission. Exemple admirable de la façon dont il restaure ceux qui ont pu glisser loin de lui. Mais s’il n’y a pas eu d’abord une rencontre personnelle avec lui, rien n’est fait. Vous pouvez entendre parler autant que vous voudrez de la grâce et de l’amour du Seigneur, vous ne connaîtrez jamais rien d’une restauration réelle jusqu’à ce que vous le rencontriez seul, et que vous mettiez les choses au clair avec lui. Que le Seigneur éveille dans nos coeurs la réponse d’amour à laquelle son amour a droit. Ô Rédempteur, ô charité suprême, Ô bon Berger, dont je connais la voix ! Pour tes brebis, dans ta tendresse extrême, Tu te laissas attacher à la croix. C’est toi, Jésus, qui restaures mon âme : À chaque instant j’éprouve ton amour. Tu m’as sauvé de l’éternelle flamme, Pour me conduire au céleste séjour. Ta croix, ta mort et ta grâce infinie, De tes brebis sont la félicité ; Ô Rédempteur ! accomplis, magnifie Ton grand pouvoir dans mon infirmité. Ce chapitre contient deux points au sujet desquels il est de toute importance d’être au clair, car je crois qu’il n’y a rien que nous connaissions aussi mal, en tant qu’enfants de Dieu, que les deux vérités enseignées par le bassin rempli d’eau d’une part et le sein du Seigneur d’autre part. Le bassin pour le lavage des pieds est l’expression du ministère qui rétablit la jouissance de la paix du coeur. Et, comme conséquence, l’âme prend sa place, tel Jean ici qui repose sa tête sur le sein du Seigneur. Chacun de nous, enfants de Dieu, connaît-il la proximité de Christ exprimée par le fait de reposer la tête sur son sein ? Ce ne sera jamais une réalité, si ce qui précède n’est pas compris, savoir : la perfection de l’amour du Seigneur pour nous, et la nécessité du jugement de nous-même accompli par la Parole et par son intercession. Nous avons déjà envisagé le ministère de restauration du Seigneur. Ce que présente le chapitre 13 de Jean a davantage un caractère préventif. Si j’ai saisi vraiment combien le Seigneur aime m’avoir et me garder près de lui, je ne m’éloignerai pas et l’égarement sera chose inconnue. Ce chapitre commence par le rappel de l’amour de Jésus. «Ayant aimé les siens». Ces deux petits mots sont très précieux. On ne les rencontre pas souvent, mais rien n’est plus doux que de cultiver cette pensée : je lui appartiens, j’ai de la valeur pour lui ; dans un monde où il n’a pas eu de place, où Christ n’a rien eu à lui, il possède quelque chose qu’il aime. Afin de mieux comprendre ce ministère de Christ, on peut le diviser en trois parties : son ministère dans le passé, dans le présent et dans l’avenir. Il nous est présenté ainsi très clairement en Éphésiens 5:25-27 : «Le Christ a aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle (c’est le passé) ; afin qu’il la sanctifiât, en la purifiant par le lavage d’eau par la parole (c’est son activité présente) ; afin que lui se présentât l’assemblée à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable» (c’est le futur). Il est merveilleux de penser qu’il est devenu serviteur. «Il n’est pas venu pour être servi mais pour servir» (Marc 10:45). Ainsi qu’il le dit à ses disciples : «Je suis au milieu de vous comme celui qui sert» (Luc 22:27). Trois passages de l’Ancien Testament (Ps. 40:v.6-8 ; És. 50:3-8 ; Ex. 21:2-6) se relient d’une belle façon à ce ministère de Christ. Commençons par le Psaume 40. «Au sacrifice et à l’offrande de gâteau tu n’as pas pris plaisir ; tu m’as creusé des oreilles ; tu n’as pas demandé d’holocauste ni de sacrifice pour le péché. Alors j’ai dit : Voici, je viens... C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir» (v. 6-8). Comment comprenez-vous ce «creusement» des oreilles pour notre Seigneur Jésus Christ ? C’est très simple. Il n’avait jamais auparavant écouté comme un esclave ; il avait créé, commandé, gouverné et légiféré, mais il n’avait pas à proprement parler «écouté». Hébreux 10 rend très clair le sens de cette expression : «Tu n’as pas voulu de sacrifice ni d’offrande, mais tu m’as formé un corps» (v. 5) (*). En écrivant aux Hébreux, Dieu, par son Esprit, conduit l’auteur à citer le texte grec, plutôt que l’hébreu, pour nous faire comprendre que le Fils prit alors un corps afin d’«écouter». Quelle est la valeur de l’oreille ? Elle ne voit, n’agit, ne pense pas ; elle ne fait que recevoir des communications de l’extérieur. «Voici, je viens», dit-il à Dieu, «tu m’as formé un corps», et dans ce corps, le Fils éternel du Père vint pour faire ce qu’aucun homme n’avait jamais fait : écouter les commandements de Dieu et faire sa volonté. (*) La citation suit la version grecque des Septante. Prenons le second passage : Ésaïe 50, autre étape de l’histoire bénie de ce serviteur parfait. Il était une personne divine, celui qui avait tout pouvoir dans sa main, soutenant «toutes choses par la parole de sa puissance», et on l’entend dire : «Je revêts les cieux de noirceur, et je leur donne un sac pour couverture» (v. 3). Nous avons là sa déité mise en évidence, tandis que le verset suivant le présente comme un homme dépendant. «Le Seigneur l’Éternel m’a donné la langue des savants pour que je sache soutenir par une parole celui qui est las. Il me réveille chaque matin, il réveille mon oreille pour que j’écoute comme ceux qu’on enseigne» (v. 4). Nul autre que son Dieu ne nous est montré, dans l’Écriture, réveillant Jésus, excepté les disciples qui le firent une fois brusquement quand ils n’auraient pas dû (Marc 4:38). La voix bien connue du Père le réveillait, et il recevait ses directives quotidiennes. Tandis que le Psaume 40 nous présente sa naissance, nous avons ici, en Ésaïe, sa vie. Il commençait par recevoir les communications de Dieu relatives à son chemin, il avait un sentiment parfait de la perfection absolue des voies de Dieu envers lui, et il ne se retirait pas en arrière. Les versets qui suivent révèlent sa soumission parfaite et ses ressources dans un chemin d’épreuve indicible. «Le Seigneur l’Éternel m’a ouvert l’oreille, et moi je n’ai pas été rebelle, je ne me suis pas retiré en arrière. J’ai donné mon dos à ceux qui frappaient, et mes joues à ceux qui arrachaient le poil ; je n’ai pas caché ma face à l’opprobre et aux crachats. Mais le Seigneur l’Éternel m’aidera : c’est pourquoi je ne serai pas confondu ; c’est pourquoi j’ai dressé ma face comme un caillou, et je sais que je ne serai pas confus. Celui qui me justifie est proche» (És. 50:5-8). Si l’histoire de nos âmes était relatée avec sincérité, on verrait qu’une bonne partie des exercices, ennuis, difficultés et détresses que nous traversons sont dûs à l’anticipation d’événements pénibles qui ne nous arrivent jamais. Le Seigneur Jésus, lui, vit tout le chemin d’avance et alla droit devant lui. Combien de fois nous sommes-nous rebellés et nous sommes-nous détournés de ce que nous voyions apparaître au loin ! Quel contraste avec ce que nous trouvons ici ! De plus, quand nous avons cherché à servir le Seigneur, combien de fois avons-nous été humiliés de notre incapacité ! Peut-être avons-nous atteint des personnes et cherché à les aider spirituellement, croyants ou inconvertis, mais en vain. Pourquoi ? Simplement parce que nous n’étions pas assez près du Seigneur. Pourquoi Jésus pouvait-il toujours aider les âmes ? Parce qu’il était toujours près de son Père ; les paroles qu’il prononçait venaient du Père. Dans toute l’histoire de Christ, une dépendance absolue, parfaite, l’a caractérisé. Il avait toujours la «parole à propos» : la parole convenable pour toute âme qu’il rencontrait, et Dieu était toujours glorifié, parce que la parole nécessaire était donnée quand et comme il convenait. Considérons la scène touchante de Jean 11, où les soeurs, Marthe et Marie, envoient vers Jésus pour qu’il vienne vers leur frère mourant, étant assurées que ces paroles : «Celui que tu aimes est malade», le feraient venir immédiatement. À supposer qu’un messager vienne chez vous pour vous dire que quelqu’un que vous aimez beaucoup est malade, que feriez-vous ? Vous prendriez le premier train ; vous iriez aussi vite que possible bien sûr. Mais le Seigneur ne fit pas cela. L’amour fait toujours ce qu’il y a de mieux à faire pour son objet. Je vous accorde volontiers que souvent nous ne connaissons pas assez la pensée du Seigneur pour agir de la meilleure façon. Quand le Seigneur «demeura encore deux jours au lieu où il était» (Jean 11:6), que pensaient les disciples ? Ils étaient sans doute surpris. Ils croyaient Jésus très attaché à cette famille de Béthanie, mais son attitude laissait supposer le contraire. Ils ne comprennent ni ce qu’il fait, ni ce qu’il dit, trouvant étrange qu’il n’aille pas immédiatement à Béthanie. Quant aux soeurs, elles attendent, veillent, et il ne vient pas. N’avons-nous pas souvent attendu une réponse à un message que nous Lui avions envoyé ? Que dit chacune des deux soeurs au moment où il arrive ? « Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort», si tu avais seulement un peu pressé le pas, si tu n’avait pas tant tardé, ceci ne serait pas arrivé. Cela ressemble fort au langage de l’incrédulité. Les disciples ne le comprennent pas mieux quand il y va. «Puis après cela il dit à ses disciples: Retournons en Judée. Les disciples lui disent: Rabbi, les Juifs cherchaient tout à l’heure à te lapider, et tu y vas encore ! Jésus répondit: N’y a-t-il pas douze heures au jour ? Si quelqu’un marche de jour, il ne bronche pas, car il voit la lumière de ce monde, mais si quelqu’un marche de nuit, il bronche, car la lumière n’est pas en lui. Il dit ces choses; et après cela il leur dit: Lazare, notre ami, s’est endormi; mais je vais pour l’éveiller» (Jean 11:7-11). Que signifient les versets 9 et 10 ? Appliquez-les à Christ et aussi à notre propre sentier. Il voyait la lumière, parce qu’il marchait de jour. A supposer que le Seigneur soit parti de là deux jours plus tôt, il aurait marché de nuit parce qu’il n’avait pas reçu la parole pour cela. C’était pour lui une impossibilité. Quand il allait c’est parce qu’il avait reçu la parole. Il marchait de jour, et ainsi ne bronchait .jamais. C’est ce que j’envie pour mon propre coeur, et pour tous les saints — cette proximité du Seigneur — afin que nous marchions si près de lui que, devant nous rendre à tel endroit, nous placions notre main dans la sienne pour ne pas y aller au mauvais moment ni par la mauvaise rue. Il y en a toujours une bonne et une mauvaise. Ne l’oublions jamais. Qu’est-ce qui fut mis en évidence, du fait que le Christ resta au même endroit ces deux jours ? Plusieurs choses: Marthe apprit que son frère ressusciterait. Ensuite nous trouvons ces deux petits mots qui ont encouragé tant de coeurs devant un tombeau ouvert: «Jésus pleura». Et surtout la gloire de Dieu brilla et la puissance de Christ sur la mort fut manifestée. Il fut un serviteur parfait et ne fit jamais aucun mouvement sans avoir reçu la parole pour cela. Le devoir d’un serviteur est d’attendre pour ainsi dire que la sonnette se fasse entendre, de savoir ensuite ce que son maître désire, et de le faire. Christ était un serviteur parfait. Venons-en maintenant au troisième passage annoncé (Exode 21:2-6). Dans cette oreille percée avec un poinçon, je ne doute nullement que soit présentée la mort de Christ, mais nous avons aussi ce qui le caractérisait d’une manière bénie tout au long de son sentier, une soumission à Dieu absolue, complète. Comme homme, il aimait son Maître, son Dieu; il aimait son épouse, ses enfants, ceux qui, collectivement, étaient liés à lui; et il ne voulait pas sortir libre. Christ a aimé l’assemblée. Cette pensée forme l’âme et attache le coeur au Seigneur. L’affection pour lui qui répond à la sienne est de toute importance. Vous pouvez être un homme très religieux, mais sans cette affection vous serez un très pauvre chrétien, vous pouvez être aussi étincelant qu’un bloc de glace... et aussi froid ! On fait grand cas de l’intelligence de nos jours, tout en étant singulièrement ignorants. Nous nous supposons volontiers, les uns aux autres, plus de connaissance que nous n’en avons réellement. Et alors, quand les difficultés nous arrivent, ou que surgissent des questions de doctrine, nous sommes surpris de découvrir combien les croyants sont facilement déroutés. Qu’est-ce qui gardera une âme ? L’intelligence ? Non ! L’affection ! Plus exactement la conscience de son amour à Lui envers nous ! Sans cela, la profession chrétienne est ce qu’il y a de plus lamentable. Si notre coeur ne jouit pas de l’amour du Seigneur, nous sommes vraiment bien misérables. Le serviteur hébreu aimait son maître (figure de l’affection de Christ pour Dieu), sa femme et ses enfants (représentant l’Église). Il ne voulait pas être séparé d’eux. Le percement de l’oreille l’indiquait, figure touchante de sa mort. Ainsi, en rapport avec l’oreille et le service d’amour de Christ, le Psaume 40 me présente Sa naissance, Ésaïe 50 Sa vie, Exode 21 Sa mort. Gardons cette pensée dans notre âme : le Seigneur désire que vous ne soyez pas séparé de Lui, non seulement dans l’éternité, mais présentement ; aussi s’emploie-t-il à ôter tout grain de poussière de la terre, et toute impureté, qui sépareraient votre âme de Lui et ainsi, il veut vous placer si près de Lui que vous ne seriez pas heureux s’il y avait la moindre distance. C’est Jean 13 ; et telle est ma place aujourd’hui, demain et pour toujours. Le point de départ du christianisme est un nouvel homme dans une nouvelle position — dans la gloire —. Ce n’est pas le premier Adam dans l’état d’innocence, encore moins dans la culpabilité, dans la mort ou dans quoi que ce soit. Cet homme-là a disparu, et maintenant je suis «en Christ», dans une nouvelle condition que je n’avais jamais connue auparavant. Jouissez-vous d’une vraie liberté d’âme ? On entend dire parfois : «Oh, je suis dans un grand trouble au sujet de moi-même, je suis tellement déçu ; mes efforts n’aboutissent pas». Vous en êtes là où l’on ramène tout au moi. Pourquoi l’homme de Romains 7 est-il si misérable ? Parce qu’il parle quarante fois de lui-même avant de parler pour la première fois de Christ. N’avait-il pas suffisamment appris à connaître sa misère ? Je le pense. Regardez Christ ; voyez ce qu’il est pour Dieu. Où est le chrétien ? Là, en Christ, devant Dieu ; tout haillon et tout vestige de ce vieux «moi» n’apparaissent plus. Si cette assurance n’est pas produite dans votre âme par le Saint Esprit, vous ne vivez pas encore la vie d’un chrétien. L’homme occupe maintenant une merveilleuse position de faveur en Christ devant Dieu, en Celui qui est notre vie, notre sagesse, notre justice, notre tout. Il n’y avait pas de lien véritable avec le Seigneur jusqu’à ce qu’il mourût et fût ressuscité ; il ne pouvait être parlé de notre position avant qu’il ressuscitât. Etudiez l’Évangile de Jean avec cette pensée, et vous verrez que dans les chapitres 1 à 12 il dit souvent « mon Père», dans les chapitres 13 à 19 «le Père», et enfin au chapitre 20, « votre Père». C’est l’évangile du Père d’un bout à l’autre. Au chapitre 13, il amène les disciples pour ainsi dire dans un état de transition. Au chapitre 20, toute la vérité est mise en évidence quand il dit : « Mon Père et votre Père, mon Dieu et votre Dieu». Il nous établit dans une relation indissoluble avec lui-même, dans la position même qu’il occupe. De même qu’en Genèse 2:7, Dieu souffla en l’homme, et il devint une âme vivante, ainsi en Jean 20:22 le Seigneur, en tant que ressuscité d’entre les morts, souffla en ses disciples sa vie et sa nature. «Parce que moi je vis, vous aussi vous vivrez» avait-il annoncé (Jean 14:19). Comment une âme peut-elle être «en Christ» ? Par le Saint Esprit, évidemment. Je suis devant Dieu «en Christ», qui est ma vie, et le Saint Esprit vient habiter en moi pour que je m’approprie et réalise toutes ces vérités, car «l’Esprit est la vérité» (1 Jean 5:6). Tout comme il est dit aussi que «l’Esprit est vie» (Rom. 8:10). M’ayant établi dans sa propre position devant Dieu — c’est là ma place — Christ par son ministère fait entrer mon coeur dans la jouissance intelligente de cette position. Jean 13 développe ce que l’amour fait pour son objet. En Matthieu 26:17 les disciples viennent au Seigneur pour savoir où ils doivent préparer la pâque, mais il n’est pas spécifié qui a posé la question, alors que Marc 14:13 dit que ce furent deux disciples, et que Luc 22:8 précise que ces deux disciples étaient Pierre et Jean. Jean, lui, avec sa réserve habituelle, ne dit pas un mot au sujet de ceux qui la préparèrent, mais quand tout fut prêt pour qu’ils s’asseyent à table, lui seul raconte : Il a lavé nos pieds et nous a rendus propres à jouir de sa communion. Et ensuite, enhardi par la connaissance d’un tel amour, il pose sa tête sur le sein du Seigneur. Jean 13 illustre la différence entre le service de Christ comme sacrificateur et comme avocat. La sacrificature nous maintient devant Dieu dans la jouissance de notre position selon toute la valeur et l’efficace du sacrifice en vertu duquel je suis amené à Dieu. Le service d’avocat a affaire avec le Père ; il est introduit pour me rétablir dans la jouissance de ma relation. La sacrificature est préventive — le service d’avocat s’exerce après la chute en vue de la restauration. Tout est amour parfait. Dans ce chapitre 13 de Jean, Christ descend, s’abaisse en grâce, et se propose de laver les pieds de ceux qu’il aime. Pour Pierre un tel abaissement de la part de son Maître est inconcevable : «Tu ne me laveras jamais les pieds» (v. 8). Le Seigneur répond : Pierre, tu ne pourras entrer dans mes pensées et en jouir que si tu me laisses faire comme je l’entends. «Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi». Pierre dit alors : «Seigneur, non pas mes pieds seulement, mais aussi mes mains et ma tête». Mais cela ne convient pas non plus. «Celui qui a tout le corps lavé n’a besoin que de se laver les pieds ; mais il est tout net». C’est la réponse de l’amour. Il ne supporte pas de tache sur celui qu’il aime. Cela ne veut pas dire que l’amour soit aveugle. Non, le vrai amour a au contraire une vue perçante. Il voit les taches et s’occupe à les ôter. Rien n’est plus doux que de penser à son amour tandis qu’Il est occupé à laver nos pieds. Quand un frère nous aide, nous dit une bonne parole, d’où cela vient-il ? Du Seigneur dans la gloire, se servant, pour ainsi dire, du bassin et de l’eau. Le moyen employé n’a aucune importance. Peu importe la nature du conduit qui amène l’eau, plomb ou terre cuite, pourvu que l’eau vous parvienne dans sa vertu purifiante et rafraîchissante. Si ce soir vous recevez quelque encouragement, d’où vient celui-ci ? De son coeur, depuis la gloire. Une seconde leçon d’une grande importance nous est apprise en Jean 13. Pour être intelligent et connaître la pensée du Seigneur il faut être près de lui, ce que Jean nous enseigne par sa propre attitude. Personne, sinon Judas, ne savait qui allait trahir le Seigneur, et quand celui-ci dit : En vérité, en vérité, je vous dis que l’un d’entre vous me livrera, les disciples se regardaient les uns les autres, étant en perplexité, ne sachant de qui il parlait (v. 21, 22). Comme cela nous ressemble ! Quand le niveau est bas, qu’il y a de la froideur dans une assemblée, il arrive que nous nous regardions les uns les autres. Il n’y a rien de tel que la Table du Seigneur pour mettre en évidence l’état des coeurs. Désirez-vous vous approcher de la Table du Seigneur ? Ne faites ce pas sérieux que si vous désirez réellement marcher avec le Seigneur. Tout y est mis en évidence, tout s’y trouve dénoncé. On dira facilement : Qu’il est précieux de s’approcher de la Table du Seigneur ! C’est quelque chose de grave si vous ne désirez pas vraiment y être pour le Seigneur. Tout vient en évidence parce qu’il s’y trouve. Après que les disciples se furent regardés les uns les autres, leurs consciences furent travaillées, ils se regardèrent eux-mêmes et chacun demanda alors : «Seigneur, est-ce moi ?» (Matt. 26:22 ; Marc 14:19). Mais ceci n’amena pas la réponse. Pierre, bien qu’il eût du coeur, n’était pas spirituellement intelligent. Il désirait savoir qui était le traître, mais il n’était pas en mesure de formuler convenablement la question. Pourquoi ne demanda-t-il pas au Seigneur lui-même qui le trahirait ? Parce qu’il éprouvait ce que nous avons souvent éprouvé, savoir qu’un autre se trouvait plus près du Maître que lui. Aussi fit-il signe à cet autre de demander : Lequel est-ce ? «Or l’un d’entre ses disciples, que Jésus aimait, était à table dans le sein de Jésus. Simon Pierre donc lui fait signe de demander lequel était celui dont il parlait. Et lui, s’étant penché sur la poitrine de Jésus, lui dit : Seigneur, lequel est-ce ?» (v. 23-25). L’intimité résulte de l’affection, et elle est la source d’une intelligence véritable. Pierre n’était pas dans l’intimité de Christ autant que celui qui était appuyé sur son sein. On peut difficilement mettre en doute que celui-ci fût Jean, car il parle constamment de lui-même comme du «disciple que Jésus aimait». Il croyait en l’amour du Seigneur pour lui, en faisait ses délices et restait toujours près de sa source. C’est comme s’il disait : Je sais qu’il m’aime ; il veut que j’apprécie son amour et rien ne lui plaît mieux que ma présence aussi proche de lui que possible. Savez-vous ce que j’apprécie chez mes amis ? C’est qu’ils aiment ma compagnie. Jean agissait selon ce principe vis-à-vis du Seigneur ; et, chers frères et soeurs, j’aimerais vous dire : Cultivez cette proximité de Christ. Cultivez en votre âme ce sentiment que, si vous vous éloignez de lui aussi peu que ce soit, de son côté vous lui manquez, et son désir est de vous avoir de nouveau près de lui. Mais le ministère d’amour de ce précieux Seigneur ne cesse pas avec ce que Jean 13 nous a présenté. Il continue jusqu’à la fin. En Luc 12, chapitre qui s’occupe d’abord des craintes et des soucis, nous avons le troisième aspect du ministère de Christ. Comment chasse-t-il la crainte de l’homme ? Par une crainte plus grande, la crainte de Dieu. Comment éloigne-t-il le souci ? Par l’assurance des soins de Dieu. Il dit alors : Maintenant vous pouvez penser librement à moi. Tout fait défaut ici-bas (v. 33). La teigne, la rouille et le voleur gâtent tout (Matt. 6:13, 20). Avez-vous un trésor dans les cieux ? Vous dites peut-être : «J’ai essayé de faire de Christ mon trésor». Avez-vous jamais découvert que Christ avait un trésor sans prix ici-bas ? Si vous étiez allé à Jean et lui aviez demandé : Où est le trésor de Christ ?, il aurait répondu : Je préfère ne pas vous dire son nom, mais je sais de qui il s’agit. C’est le disciple qu’Il aime. Dès que vous découvrirez qu’Il a un trésor sur terre et que vous êtes ce trésor, vous pourrez dire en vérité : Il est mon trésor dans le ciel. C’est la réciprocité de l’amour. Vous ne pouvez vous y soustraire. Quand le sentiment de l’amour de Christ et de ce qu’il a souffert pour vous sera produit en vous, votre coeur sera entièrement engagé. Mais il ne le sera pas avant que vous ne découvriez que vous êtes son trésor ; alors, lui deviendra le vôtre. Il n’y aura pas d’effort à fournir. Et s’il est votre trésor n’aimeriez-vous pas le voir ? Assurément. Mais quand aimeriez-vous que le Seigneur vienne ? Ce soir ? Maintenant même, n’est -ce pas ? Etes-vous prêt ? L’attendez-vous ?... Prêt pour lui «ouvrir aussitôt» ? En tant que médecin je vais parfois dans une maison, je sonne, et dois cependant attendre un moment avant d’entrer. Pourquoi cela ? Je me rends compte qu’on met un peu d’ordre dans l’appartement avant ma visite. Avez-vous vous aussi un peu d’ordre à faire avant que le Seigneur vienne ? Ou êtes-vous prêt pour qu’il puisse venir à l’instant même ? Pourriez-vous lui ouvrir immédiatement ? Les craintes ayant disparu, les soucis étant rejetés sur lui, et le coeur regardant en haut, nous sommes laissés dans ce monde pour être des lumières pour Christ. Le sommes-nous, dans nos affaires, à la maison, dans notre voisinage, attendant le Seigneur sur cette terre obscure, entachée de péché ? Regardez-vous en haut, ce soir, en attendant le Seigneur, désirant l’accueillir à son retour ? Remarquez le verset 37 de ce chapitre 12 de Luc : «Bienheureux sont ces esclaves, que le maître, quand il viendra, trouvera veillant. En vérité, je vous dit qu’il se ceindra et les fera mettre à table, et, s’avançant, il les servira». Quelle est la portée de ces paroles : «S’avançant, il les servira» ? Quand il nous aura enlevés dans la gloire, il ne cessera jamais d’être celui qui nous sert. Il nous servira à jamais. Quel amour ! Il a revêtu l’humanité afin de nous servir, et il ne cessera jamais d’être un homme. Ainsi nous le connaîtrons toujours dans la gloire. «Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, que tu m’as donnée». Cela faisait partie de sa prière (Jean 17:24). Mais plus profond que la gloire est l’amour qui nous y amène. Nous ne sommes pas encore dans la gloire, mais nous sommes déjà dans l’amour qui nous y introduira. «Conservez-vous dans l’amour de Dieu», est donc l’exhortation de l’Esprit (Jude 21). «Que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour ; afin que vous soyez capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, et la profondeur et la hauteur, — et de connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance» (Éph. 3:18, 19). Telle était la prière fervente de l’apôtre pour les saints. Que le Seigneur nous donne de savoir ce que c’est que de demeurer dans la jouissance constante de cet amour, à cause de son nom ! 6 - Les ronces et les épines — Hébreux 6 Ce chapitre est l’un des trois principaux passages du Nouveau Testament dont Satan s’est continuellement servi pour tourmenter les enfants de Dieu et les plonger dans la détresse (les deux autres auxquels je pense étant Jean 15:2 et Hébreux 10:26). Il décrit la condition de quelqu’un qui non seulement s’est éloigné mais a apostasié et abandonné toute vérité. Si vous êtes un enfant de Dieu, vous restez tel, que vous soyez dans un bon ou dans un mauvais état. Si vous êtes dans un bon état, vous jouissez de la communion avec Dieu ; si vous êtes dans un mauvais état, vous l’avez perdue, mais vous restez toujours un enfant, bien que désobéissant. Tandis que ceux qui sont décrits dans les différents passages cités n’ont jamais passé par la nouvelle naissance. Remarquons bien que cela est introduit ici comme une sorte de parenthèse qui commence au chapitre 5 v. 11. Ensuite, au chapitre 7 l’auteur poursuit son sujet «Car ce Melchisédec... etc». Il faut, par conséquent, relier les quatre derniers versets du chapitre 5 avec le chapitre 6 pour bien comprendre la suite des pensées. L’épître s’adresse à des Juifs qui professaient le christianisme. Certes il se trouvait parmi eux un grand nombre de vrais chrétiens ayant un témoignage brillant, mais la lettre est destinée à tous ceux qui avaient été élevés dans la religion traditionnelle du judaïsme. Le christianisme avait été introduit, et avait tout changé. Formes, cérémonies, ordonnances extérieures ; tout cela avait été remplacé par la connaissance du Fils de Dieu — un Homme vivant à la droite de Dieu — et par la foi qui trouve en cette Personne vivante — Jésus Christ le Seigneur — son tout pour le temps et pour l’éternité. Le christianisme, par conséquent, est un système céleste : il a affaire avec le ciel. Le judaïsme était pour la terre ; c’était un système terrestre. Satan s’efforce constamment de tourner les pensées des hommes vers la terre ; il voudrait que les coeurs soient occupés de tout ce qui n’est pas un Christ vivant dans la gloire de Dieu. Le but du Saint Esprit, au contraire, est d’attirer nos coeurs vers cet Homme vivant, ce Christ de Dieu dans la gloire, et par là, de les détacher de tout ce qui est terrestre et charnel. Le danger qui menaçait ces Juifs convertis était d’abandonner un Christ céleste, à cause de la persécution, et de retourner au rituel terrestre que Dieu avait mis de côté. Le judaïsme avait reçu le coup fatal à la croix de Christ. Il prit fin là, et devint comme un corps mort aux yeux de Dieu. Et que fait Dieu ? Il envoie Titus, puis Trajan pour le balayer et le faire disparaître de la scène. Le temps des cérémonies extérieures est passé, et l’Esprit de Dieu attire ceux qui formaient l’ancien peuple de Dieu vers Christ dans la gloire. Au chapitre 5, l’auteur de l’épître reproche aux Hébreux d’être de petits enfants, quand ils auraient dû être des hommes faits. En 1 Corinthiens 3, écrivant aux Grecs férus de philosophie, Paul dit : «Je vous ai donné du lait à boire, non pas de la viande, car vous ne pouviez pas encore la supporter, et même maintenant encore vous ne le pouvez pas, car vous êtes encore charnels» (v. 2). Ce qui empêchait la croissance des Corinthiens était surtout la philosophie, ce qui empêchait celle des Hébreux était la religion traditionnelle ; et nous savons bien quel frein celle-ci constitue encore aujourd’hui. Si Dieu nous a fait sortir pour nous rassembler autour de son Fils, et en son nom ; s’il nous a montré quelle est sa pensée quant à l’Assemblée de Dieu, nous ne le devons qu’à sa grâce souveraine. La nourriture solide est pour les hommes faits. Nous avons vu que l’auteur de l’épître met en contraste le christianisme, spirituel et céleste, et le judaïsme, système terrestre et à présent charnel. Ce dernier, bien qu’établi par Dieu à l’origine, est devenu tel parce que Christ est venu et a été rejeté ; dès lors il n’avait plus rien à dire à l’homme dans la chair. Tout devait être céleste, en rapport avec l’Homme qui est à la droite de Dieu. Un petit enfant est donc, dans cette épitre, quelqu’un qui est encore associé à ce qui fait simplement appel aux sens et qui n’est pas uniquement en rapport avec un Christ vivant, là où il est. «C’est pourquoi, laissant la parole du commencement du Christ, avançons vers l’état d’hommes faits» (v. 1). L’expression «le commencement du Christ» fait allusion au judaïsme en tant que divinement établi, et à Christ, Messie, chef et centre de tout cela. Mais le Messie ayant été mis à mort, le judaïsme avait entièrement pris fin devant Dieu. Par conséquent, l’Esprit dit que vous devez quitter ce qui est terrestre et avancer vers l’état d’hommes faits (ou : vers la perfection), et par perfection, il veut parler de Christ dans la gloire du ciel. Le mot «parfait» est employé de plusieurs façons différentes dans l’Écriture et nous devons connaître la portée du passage pour comprendre de quelle façon il est employé. Il est dit par exemple à Abraham de marcher devant Dieu et d’être parfait, et sa perfection devait être une dépendance absolue du Dieu qui l’avait appelé à sortir pour être un pèlerin. La perfection d’Israël consistait à ne rien avoir à faire avec les idoles — il ne fut pas parfait : il tomba dans l’idolâtrie. Notre perfection consiste à être toujours semblables à notre Père, à être toujours miséricordieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons (Matt. 5). Il est parlé deux fois de la perfection en Philippiens 3 : d’abord au verset 12 où Paul dit «Non... que je sois déjà parvenu à la perfection», parce que «parfait» signifie là être semblable à Christ dans la gloire, et Paul conclut : je n’y suis pas encore. Mais quelques versets plus loin, (v. 15) il dit : «Nous tous donc qui sommes parfaits», le fait d’être parfait étant relatif à l’objet du coeur, à l’élévation des rachetés vers le Christ maintenant dans le ciel, étant détachés de la terre et liés à lui là où il se trouve pour lui être rendus conformes. Tout ce que vous avez dans les deux premiers versets d’Hébreux 6 était la part du judaïsme et très bien connu des Juifs. Il fallait qu’il y eût «la repentance des oeuvres mortes», et quelques-uns avaient certainement la «foi en Dieu». Quant aux «ablutions» nous savons que ce sont les nombreux lavages du rituel juif ; les sacrificateurs devaient laver leurs mains et leurs pieds, les victimes devaient être lavées avant d’être offertes, ceux qui étaient souillés devaient laver leurs vêtements aussi bien que leur personne, etc. Quant à «l’imposition des mains», on connaissait dans le judaïsme l’imposition des mains du sacrificateur, et l’imposition des mains de l’adorateur sur la tête de la victime. «La résurrection des morts» aussi était parfaitement connue parmi les Juifs. La résurrection d’entre les morts ne l’était pas, car c’est la doctrine du Nouveau Testament. Dans le judaïsme, il y avait une certaine mesure de connaissance ; mais le voile n’était pas déchiré, Christ n’était pas mort, et l’homme n’était pas encore considéré comme entièrement ruiné. Mais maintenant Christ est venu, est entré dans la mort et a été ressuscité d’entre les morts ; le coeur est donc lié à lui là où il se trouve, dans la gloire du ciel ; et le prochain événement attendu est son retour pour ressusciter les siens d’entre les morts. Sa résurrection est le modèle et le gage de la leur. Eh bien ! dit l’auteur de l’épître, mettant de côté ces commencements — «le jugement éternel» aussi, car tout Juif y croyait — avançons vers la perfection. Il ne vous faut pas vous arrêter à ces choses maintenant, dit-il, mais aller de l’avant, et apprendre que le jugement, le jugement éternel que vous méritiez, fut subi par un Autre. Et puisqu’il a été subi par Lui, vous ne pouvez venir en jugement, vous êtes passé de l’autre côté de la mort et du jugement. Les versets 1 et 2 se rapportent donc au judaïsme, les versets 4 et 5, eux, se rapportent au christianisme purement professant. Je dis professant, car deux choses manquent, qui sont l’essentiel du christianisme vivant. Il n’y a ici aucune mention de la vie divine, et il n’y a aucune mention non plus de la possession du Saint Esprit, comme sceau de Dieu. Mais direz-vous : n’ont-ils pas été «une fois éclairés» ? Cela ne signifie-t-il pas être convertis ? — Pas du tout. En Jean 1:9 il est dit du Seigneur Jésus : «La vraie lumière était celle, qui, venant dans le monde, éclaire tout homme». Tout homme est-il donc converti ? Absolument pas ; mais tout homme entrant dans le monde est introduit dans le lieu où brille la lumière. Tout homme profite-t-il de la lumière bien qu’elle y soit ? Nous savons que non. Le soleil brille sur cette terre jour après jour, et répand largement sa lumière. Mais un aveugle en est-il conscient ? Non, et le soleil ne brille pas moins pour autant. Quelqu’un est éclairé quand la lumière lui parvient. Il en est ainsi des bonnes nouvelles de l’évangile ; elles sont annoncées à l’homme sans qu’il les reçoive nécessairement ou soit converti par elles. «Et qui ont goûté du don céleste» (v. 4). Cela veut-il dire que l’on est vraiment converti ? Pas nécessairement ! On peut avoir été ému et touché d’une façon charnelle. Combien de personnes ont assisté à une prédication de l’évangile, ont entendu parler de Christ, ont été profondément impressionnés sur le moment, ont eu l’intention de se convertir, de suivre Christ et s’en sont allés sans être sauvés, car il n’y a pas eu de travail dans leur conscience. Comme les auditeurs du «terrain rocailleux», ils ont reçu la parole avec joie et l’ont abandonnée à cause de quelques difficultés. Ils n’en ont pas moins goûté la joie, ils n’en ont pas moins éprouvé qu’il était merveilleux que Dieu puisse aimer des êtres comme eux. Ils quittent le lieu où ils ont reçu une impression momentanée, et abandonnent tout après en avoir goûté la joie. «Et qui sont devenus participants de l’Esprit Saint» (v. 4). Qu’est-ce qu’un participant de l’Esprit Saint ? Le Saint Esprit est descendu en conséquence de la mort, de la résurrection et de l’ascension du Seigneur Jésus Christ. Et, sur cette terre, il demeure en chaque croyant. Mais il demeure aussi dans ce qui professe le nom du Seigneur ici-bas, savoir la maison de Dieu. Ainsi, si je me trouve dans la sphère où il agit, je suis, dans ce sens, participant de l’Esprit Saint. Aux premiers jours du christianisme, on se rassemblait au nom du Seigneur et on était très conscient de cette présence du Saint Esprit et de ses manifestations de puissance. Il rendait témoignage devant le peuple de Dieu et devant le monde, et était présent avec une telle puissance qu’un étranger qui entrait était conscient que Dieu s’y trouvait. Il y avait une atmosphère d’amour aussi bien que de puissance que l’on ne pouvait s’empêcher de sentir. Si donc un étranger entrait et y prenait place, il se trouvait au milieu d’une assemblée de personnes où agissait le Saint Esprit et, dans ce sens, était participant de l’Esprit Saint, éprouvant son influence. «Et qui ont goûté la bonne parole de Dieu». Même ceci n’implique pas nécessairement la vie divine dans l’âme. Un inconverti ne peut-il pas admirer l’Écriture ? Nous savons que oui. Il peut l’admirer, sentir sa beauté, sa profondeur, sans que sa conscience en soit touchée. La Parole de Dieu peut lui être présentée, et il peut en reconnaître la valeur sans être vivifié par son moyen. «Et les miracles du siècle à venir». Le siècle à venir n’est pas l’éternité, mais la terre habitable future, pendant le règne millénaire du Seigneur Jésus Christ, durant lequel Christ déploiera sa puissance. Et la puissance de Satan disparaîtra de cette scène, car il sera lié lui-même dans le grand abîme. Quand ce temps viendra et que Christ règnera, les boiteux marcheront, les aveugles verront, les malades seront guéris. Or les premiers jours de l’histoire de l’Église ont connu un bel avant-goût de la puissance de ce royaume à venir. Un boiteux marcha et sauta à la porte du temple. Un paralytique nommé Enée se leva et fit lui-même son lit. Dorcas, qui était morte, revint à la vie. On amenait les infirmes sur des lits et des couchettes afin que l’ombre même de Pierre passât sur eux et ils étaient guéris... On apportait aux malades des mouchoirs et des tabliers qui avaient été sur Paul et voici que leurs maladies les quittaient et que les mauvais esprits sortaient d’eux. Tels étaient les «miracles du siècle à venir» et le Saint Esprit dit qu’on peut connaître tout ceci sans être cependant aucunement converti — sans avoir une étincelle de vie divine en soi. Quand les disciples chassaient les démons, Judas les chassait sans doute aussi ; car il croyait certainement en la puissance de son Maître, bien qu’il n’eût pas la vie. Au verset 6, l’auteur de l’épître affirme que si des personnes qui ont eu ces privilèges, et ont été amenées sous une telle puissance de l’Esprit Saint, abandonnent tout cela, «il est impossible...» qu’elles soient «renouvelées encore à la repentance, crucifiant pour elles-mêmes le Fils de Dieu et l’exposant à l’opprobre». Qu’avait fait le peuple ? Il avait crucifié le Fils de Dieu. Que faisaient ces personnes ? Ce que leurs pères avaient fait. Si vous abandonnez le christianisme, si vous abandonnez ce Christ céleste, Dieu dit qu’il n’a plus rien d’autre à vous proposer — toutes ses ressources ont été employées sans effet. La repentance est toujours produite dans l’âme par la parole de Dieu, elle est l’effet de la réception du témoignage de l’Esprit de Dieu. Dieu n’a pas d’autre témoignage à donner. Quand Dieu envoya son Fils dans ce monde, que fit l’homme ? Il cracha sur lui et le mit à mort. Que fit Dieu ? Tira-t-il l’épée du jugement ? Non. Il fit monter Christ au ciel, et du ciel envoya le Saint Esprit dire à l’homme : «Tu n’as pas voulu de mon Fils comme Christ terrestre, veux-tu maintenant de lui comme Christ céleste ?» Si l’homme refuse également cela, s’il rejette un Christ céleste, Dieu, pour ainsi dire, déclare qu’il n’y a pas d’autre moyen de produire la repentance envers Lui-même, et la foi envers le Seigneur Jésus Christ. Comme un autre l’a dit : «Si, après avoir subi l’influence de la présence du Saint Esprit, goûté la révélation de la bonté de Dieu et ressenti les preuves de sa puissance, on abandonnait Christ, il ne restait plus aucun moyen de renouveler l’âme pour l’amener à la repentance. Les trésors célestes étaient déjà dépensés, on les avait méprisés comme ne valant rien ; on avait rejeté la pleine révélation de la grâce et de la puissance après l’avoir connue. Quel moyen employer maintenant ? Il était impossible de retourner au judaïsme et à la parole du commencement du Christ contenue dans le judaïsme, depuis que la vérité avait été révélée ; et d’autre part la nouvelle lumière avait été connue et rejetée. Dans un pareil cas, il n’y avait que la chair, et point de nouvelle vie ; les ronces et les épines croissaient comme par le passé : il n’y avait aucun changement réel dans l’état de l’homme» (Études sur la Parole, J.N.D. Épître aux Hébreux). Une fois qu’on a compris que le passage qui nous occupe est une comparaison entre la puissance du système spirituel et le judaïsme, et qu’il s’agit de l’abandon du premier après qu’il a été connu, la difficulté disparaît. La possession de la vie n’est pas supposée, et la question de savoir si l’on possède cette vie n’est pas abordée. Le passage parle du Saint Esprit comme d’une puissance présente dans le christianisme, non pas de la vie. «Goûter la bonne Parole», c’est avoir découvert combien cette parole est précieuse, et non pas avoir été vivifié par son moyen. C’est pourquoi, en parlant aux chrétiens juifs, l’auteur de l’épître s’attend, en ce qui les concerne, à des choses meilleures et qui tiennent au salut, de sorte que tout ce qui a été énuméré pouvait être là sans le salut ; il ne pouvait non plus y avoir aucun fruit, car le fruit suppose la vie. L’auteur de l’épître n’applique cependant pas ses paroles aux chrétiens hébreux auxquels il écrit ; car, quel que fût leur état, ils avaient porté des fruits, preuves de la vie ; or jamais la simple puissance n’est en soi la vie ; il continue donc ses raisonnements en leur donnant des encouragements et des motifs pour persévérer. On remarquera donc que ce passage est une comparaison entre ce que l’on possédait avant et après que Christ soit glorifié ; entre l’état et les privilèges des professants à ces deux époques, sans question de conversion personnelle. Si, devant la puissance du Saint Esprit et la pleine révélation de la grâce, abandonnant l’assemblée, on se détachait de Christ pour retourner en arrière, il n’y avait pas moyen d’être renouvelé encore à la repentance. L’auteur ne voulait donc pas poser de nouveau le fondement des choses anciennes au sujet de Christ, choses déjà vieillies, mais avancer pour le profit de ceux qui demeuraient fermes dans la foi. Que telle soit notre part à tous ! Ô toi qui brisas nos chaînes, Jésus Christ, puissant Sauveur ! Dans l’opprobre et dans les peines, Tu consoles notre coeur ! Tu nous as donné la vie : Que notre âme, chaque jour, À ton joug soit asservie, Heureuse dans ton amour. 7 - Éloignement et Retour — Jérémie 2 à 4 Ces trois chapitres développent d’une manière très touchante l’importance que le Seigneur attache à avoir son peuple près de Lui. Le coeur de Jésus n’est satisfait que quand nous — vous et moi — sommes ainsi près de Lui, et rien ne peut satisfaire notre coeur que d’être près de Lui, car «le coeur qui s’éloigne de Dieu sera rassasié de ses propres voies» (Prov. 14:14). Il n’est pas dit seulement : celui qui s’éloigne extérieurement, mais celui qui s’éloigne de coeur. Dieu est infiniment sage quand Il dit : «Garde ton coeur plus que tout ce que l’on garde, car de lui sont les issues de la vie» (Prov. 4:23). De plus, comme un homme «a pensé dans son âme (ou son coeur), tel il est». Nous vivons dans un temps où l’intelligence va bien au-delà des affections, et au fond, ce besoin de puissance spirituelle n’est souvent que l’orgueil du coeur. Prenons garde à l’éloignement du coeur : Dieu veut de la réalité. Comme le montrent ces trois chapitres Dieu avait autrefois un peuple qu’Il aimait d’un amour profond, amour qu’Il ne cessait de lui manifester. Ils nous montrent aussi comment Il cherche à le ramener à Lui après qu’il s’est égaré. Dans le peuple lui-même nous pouvons voir l’image de ce que sont nos coeurs, et apprendre quelle est la seule façon de revenir quand nous nous sommes éloignés de Dieu. Or Dieu s’occupe de celui qui s’est éloigné, d’une manière qui n’est pas la nôtre ; ses voies sont parfaites. Au temps du roi Josias il y avait eu un grand réveil (2 Chron. 34 et 35). Mais Dieu voyait que ce n’était que superficiel, le fond des coeurs n’avait pas changé. «Juda la perfide n’est pas revenue à moi de tout son coeur, mais avec mensonge, dit l’Éternel» (Jér. 3:10). Ce réveil n’était pas un réveil véritable. Et c’est pourquoi Jérémie était envoyé. « Et la parole de l’Éternel vint à moi, disant : Va, et crie aux oreilles de Jérusalem, disant : Ainsi dit l’Éternel : Je me souviens de toi, de la grâce de ta jeunesse, de l’amour de tes fiançailles, quand tu marchais après moi dans le désert, dans un pays non semé. Israël était saint à l’Éternel, les prémices de ses fruits. Tous ceux qui le dévorent sont coupables ; il viendra sur eux du mal, dit l’Éternel» (Jér. 2:1-3). Huit cent cinquante ans s’étaient écoulés depuis que ce peuple, obéissant à Dieu, avait tourné le dos à l’Égypte et à ses «pots de chair», et était sorti pour l’Éternel. Il était alors saint (ou sainteté) à l’Éternel, un peuple séparé pour l’Éternel. Il est beau de voir l’affection, l’énergie et la ferveur qui caractérisent un nouveau converti ; mais après un certain temps son coeur a-t-il conservé autant de fraîcheur que lors de sa conversion ? On petit avoir oublié tout cela ; mais Dieu ne l’a pas oublié : «Je me souviens de toi», dit-Il, «de la grâce de ta jeunesse, de l’amour de tes fiançailles quand tu marchais après moi». Où ? Dans un désert, où il n’y avait pas d’herbe, pas d’eau et rien à manger. Ce deuxième chapitre de Jérémie ressemble beaucoup au deuxième chapitre de l’Apocalypse. Dans celui-ci le Seigneur dit à l’Assemblée d’Éphèse : «J’ai contre toi que tu as abandonné ton premier amour» (Apoc. 2:4). Il ne dit pas : «perdu ton premier amour», mais abandonné. Quelque chose s’est interposé entre toi et Moi, m’a éclipsé, et toute ton affection et ton intérêt pour moi ont disparu : tu peux te passer de Moi maintenant, mais il fut un temps où il n’en était pas ainsi. Et nous ? Où en sont nos âmes quant à Christ ? Eh bien, si la conscience accuse quelque déclin, si le coeur s’en est rendu compte, il est extrêmement important pour nous d’y prendre garde. Le grand péché d’Israël était d’ignorer absolument son déclin. Des années auparavant, Dieu leur avait déjà parlé par un autre prophète, Osée, disant : « Éphraim s’est mêlé avec les peuples ; Éphraim est un gâteau qu’on n’a pas retourné. Des étrangers ont consumé sa force, et il ne le sait pas. Des cheveux gris sont aussi parsemés sur lui, et il ne le sait pas » (O sée 7:8, 9). Israël, c’est-à-dire les dix tribus (appelées Éphraïm dans les prophètes) souffrait déjà d’un grand déclin, mais il ne le savait pas. Il est de la plus haute importance, pour les jeunes tout spécialement, que nous prenions garde à l’éloignement. Le premier pas dans cette direction correspond à l’introduction dans notre vie de quelque chose qui interrompt la jouissance de l’amour de Christ, et le coeur perd alors l’heureuse appréciation qu’il avait de son amour et de sa grâce. On l’a oublié, mais Lui ne nous a pas oubliés. L’apôtre Paul nous présente la même pensée dans ce passage de 2 Cor. 11:2, 3 : « Je suis jaloux à votre égard d’une jalousie de Dieu ; car je vous ai fiancés à un seul mari, pour vous présenter au Christ comme une vierge chaste. Mais je crains que, en quelque manière , comme le serpent séduisit Ève par sa ruse, ainsi vos pensées ne soient corrompues et détournées de la simplicité quant au Christ». Il craignait alors que quelque chose ne fût survenu qui leur eût rendu Christ moins précieux. « Maintenant » dit-il aussi aux Thessaloniciens, « nous vivons, si vous tenez fermes dans le Seigneur » (1 Thess. 3:8). Si vous vous détournez, semble dire Paul, je mourrai de chagrin. Nous ne savons pas toujours que nous nous sommes éloignés, mais le Seigneur le sait et cherche à nous ramener, et ce qui restaure, c’est sa Parole. Quand Israël sortit d’Égypte il avait un sentiment profond des soins et de la protection de l’Éternel. «Ainsi dit l’Éternel : Quelle iniquité vos pères ont-ils trouvée en moi, qu’ils se soient éloignés de moi, et soient allés après la vanité et soient devenus vains ? Et ils n’ont pas dit : Où est l’Éternel, qui nous a fait monter du pays d’Égypte, qui nous a fait marcher dans le désert, dans un pays stérile et plein de fosses, dans un pays aride et d’ombre de mort, dans un pays où personne ne passe et où aucun homme n’habite ?» (v. 5, 6). De puis ce jour-là, l’Éternel n’avait pas changé, mais le peuple avait perdu sa présence, et cette perte le laissait insensible ! «Et ils n’ont pas dit : Où est l’Éternel qui nous a fait monter du pays d’Égypte ?» Ils avaient oublié la grâce et la bonté de l’Éternel. Et Dieu les accuse : «Vous avez rendu impur mon pays, et de mon héritage vous avez fait une abomination» (v. 7). Il les avait fait sortir d’Égypte et les avait introduits en Canaan, mais ils avaient perdu tout contact avec Lui et étaient tombés dans une grossière idolâtrie. «Les sacrificateurs n’ont pas dit : Où est l’Éternel ? et ceux qui s’occupaient de la loi ne m’ont point connu , et les pasteurs se sont rebellés contre moi, et les prophètes ont prophétisé par Baal et ont marché après des choses qui ne profitent pas » (v. 8). Telle était l’affreuse situation d’Israël. Sacrificateurs, pasteurs, prophètes et peuple, tous avaient oublié l’Éternel. On peut appeler cela un éloignement complet de coeur. Et nous devons reconnaître que bien des croyants sont aujourd’hui dans un tel état ! Si la joie de l’amour de Christ a disparu, l’âme est très malheureuse. Mais le Seigneur veut ramener de telles âmes comme Il cherchait à ramener Israël. Il dit maintenant : « C’est pourquoi je contesterai encore avec vous, dit l’Éternel, et je contesterai avec les fils de vos fils. Car passez par les îles de Kittim, et voyez ; et envoyez en Kédar, et considérez bien, et voyez s’il y a eu rien de tel. Y a-t-il une nation qui ait changé de dieux ? — et ce ne sont pas des dieux. Mais mon peuple a changé sa gloire contre ce qui n’est d’aucun profit. Cieux, soyez étonnés de ceci, frissonnez, et soyez extrêmement confondus, dit l’Éternel. Car mon peuple a fait deux maux : ils m’ont abandonné, moi, la source des eaux vives, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées qui ne retiennent pas l’eau» (v. 9-13). Voici son argument : Les nations — les païens — ont-elles jamais fait ce que mon peuple a fait ? Mon peuple a changé sa gloire contre ce qui n’est d’aucun profit. Tout au long de l’Écriture, on voit que ce qui profite est ce qui importe. Demandons-nous : Cela nous a-t-il profité d’abandonner Dieu ? Les choses temporelles, les affaires, les devoirs et les soucis de la vie, sont-ils d’aucun profit, du moment qu’ils éclipsent Christ ? Notre propre coeur ne peut que répondre : non. « Il leur donna ce qu’ils avaient demandé, mais il envoya la consomption dans leurs âmes» (Ps. 106:15). N’est-ce pas frappant ? Si nous voulons le monde, nous l’aurons. Dieu ne force jamais au dévouement. Le Seigneur Jésus à Emmaüs «fit comme s’il allait plus loin» ; les deux disciples durent le contraindre d’entrer, de sorte qu’il «entra pour rester avec eux» (Luc 24:13-32). Il n’y a pas de nourriture pour l’âme, pas de paix, pas de repos loin de Christ. En perdant le sentiment qu’on lui appartient on perd tout le profit qu’il y a à lui appartenir. N’est-il pas extraordinaire que Dieu appelle à témoin les cieux pour contempler un peuple qui s’est éloigné ? (v. 12). «Ils m’ont abandonné, moi, la source des eaux vives !» Quel titre merveilleux : la source des eaux vives ! Et quel privilège que d’être en contact avec elle ! Dieu se présente à nous dans toute la fraîcheur de sa grâce et l’énergie vivante de son amour. «Ils m’ont abandonné pour se creuser des citernes, des citernes crevassées qui ne retiennent pas l’eau» (v. 13). Des citernes crevassées ! Peu importe qu’elles soient grandes ou petites : si ma citerne n’est pas Christ, elle n’est qu’une citerne crevassée. Hélas ! combien de saints aujourd’hui essaient de boire à des citernes crevassées. Ils cherchent en vain ; il n’y a pas d’eau ; la citerne crevassée ne la retient pas. Ce qui n’est pas Christ ne pourra jamais étancher ma soif. Que Dieu nous préserve de nous éloigner ! Dieu avait appelé son peuple hors d’Égypte, l’avait délivré, pourquoi était-il mis au pillage ? (v. 14). L’âme qui est libre, qui connaît quelque chose de l’amour de Dieu, doit-elle retourner à la servitude ? Oh, que rien ne vienne s’interposer entre notre coeur et Lui ! Tout ce chapitre deuxième doit être lu avec soin. Nous remarquerons que Dieu cherche à atteindre la conscience aussi bien que le coeur. «N’est-ce pas toi qui t’es fait cela, en ce que tu as abandonné l’Éternel, ton Dieu, dans le temps où Il te faisait marcher dans le chemin» (v. 17) ? Tout ce qui arriva à ce peuple était le fruit de sa propre activité. «Ne soyez pas séduits ; on ne se moque pas de Dieu ; car ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera. Car celui qui sème pour sa propre chair moissonnera de la chair la corruption ; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle» (Gal. 6:7, 8). Nous ne pouvons jeter une poignée de semence et en récolter autre chose que ce que cette semence produit. Telle peine et telle épreuve qui nous surviennent ne sont souvent que le fruit de quelque semence que nous avons jetée, bien des années auparavant peut-être dans l’éloignement du Seigneur. Mais une fois revenu à Lui, je puis porter un regard en arrière et je n’oublierai pas que j’ai jeté une semence dont il faudra bien que je récolte les fruits. Au v. 19 de ce chapitre 2 nous trouvons pour la première fois le mot rébellion (qui correspond au mot traduit par infidèle aux v. 6, 8, 11, 12, 14 et 22 du chap. 3). C’est le mot caractéristique du début du livre de Jérémie. Et l’on peut bien dire d’un coeur qui s’est éloigné du Seigneur que la crainte de Dieu n’est pas en lui (v. 19). C’est cette absence de crainte qui est le premier pas dans l’éloignement, le commencement du déclin. Et du nitre et beaucoup de potasse, une purification extérieure, ne redresseront pas les choses : c’est le coeur qui doit être mis en ordre. Les questions que l’Éternel pose à son peuple dans le dernier paragraphe de ce chapitre nous montrent son amour et ses soins inlassables ; si nous perdons le sentiment de la grâce, nous cessons de trouver nos délices en Christ, et nous en arrivons trop vite à dire : «Notre âme est dégoûtée de ce pain misérable» (Nombres 21:5). Et si encore nous l’oublions, Lui ne nous a jamais oubliés ; ce qui l’occupe, c’est la restauration de ceux qui se sont éloignés. Au chap. 3, l’Éternel prend une autre image et assimile le péché de son peuple à la prostitution. «Toutefois retourne vers moi» (v. 1), dit-Il, tant son désir de les voir revenir est intense. De nouveau au v. 8 est souligné le manque de crainte. «Juda la perfide n’est pas revenue à moi de tout son coeur, mais avec mensonge ». Il y a là une grande leçon pour nous : Le Seigneur ne veut que ce qui est réel. Au jour du roi Josias, il y avait eu un réveil ; mais le coeur du peuple ne s’était pas vraiment tourné vers l’Éternel ; il avait seulement subi l’influence du pieux roi. Son retour avait été «avec mensonge». L’Éternel multiplie ses appels pressants, toujours accompagnés de la plus parfaite grâce. «Je suis bon... je ne garderai pas ma colère à toujours... je vous ai épousés». Mais comment revenir ? Comment l’âme qui reconnaît n’avoir trouvé que des citernes crevassées quand elle voulait étancher sa soif, va-t-elle pouvoir s’approcher de la source des eaux vives qu’elle avait méprisée ? Il n’y a qu’un chemin, la confession. Voyez 1 Jean 1:9 : «Seulement, reconnais ton iniquité» (v. 13). Il n’y avait pas rupture des relations de la part de Dieu. Il dit : «Fils infidèles... je vous ai épousés» (v. 14). Du v. 16 au v. 20 nous voyons comment Dieu, plus tard, gagnera et restaurera Israël. Le v. 21 révèle quel état moral précède la restauration, savoir les pleurs et les supplications, puis au v. 22 l’effet du touchant appel : «Revenez, fils infidèles, je guérirai vos infidélités». «Nous voici, nous venons à toi, car tu es l’Éternel, notre Dieu». L’âme qui entend l’appel à revenir dit : «Nous venons à toi». Mais si l’on n’écoute pas, on tombera toujours plus bas, toujours plus loin : «Leurs transgressions sont multipliées, leurs infidélités se sont renforcées» (5:6), pour arriver à un «égarement continuel», d’où l’on «refuse de revenir» (8:5). Combien nous devons prendre garde à cette parole : «Prenez garde, frères, qu’il n’y ait en quelqu’un de vous un méchant coeur d’incrédulité, en ce qu’il abandonne le Dieu vivant... afin qu’aucun d’entre vous ne s’endurcisse par la séduction du péché» (Héb. 3:12, 13). Il n’y a qu’une seule façon de s’arrêter sur la pente ; c’est de reconnaître sincèrement son propre état et de regarder à Dieu pour être délivré. On peut s’exprimer ainsi : «Éternel ! si nos iniquités rendent témoignage contre nous, agis à cause de ton nom ; car nos infidélités sont multipliées, nous avons péché contre toi» (chap. 14:7). Ce n’est pas encore là la restauration effective, mais ce sont les exercices qui y mènent. Le chap. 14 du prophète Osée est utile à lire sur ce sujet, Dieu nous y présente, avec d’autres termes, la façon dont l’âme revient à l’Éternel. Il y a d’abord l’appel de Dieu (v. 1-2), puis la réponse de l’âme qui revient, dans le sentiment de sa grâce ; c’est toujours ce sentiment, et celui de sa miséricorde, qui ramène l’âme à Dieu. Et maintenant vient la réponse de Dieu : «Je guérirai leur abandon de moi, je les aimerai librement, car ma colère s’est détournée d’eux» (v. 4). Rien ne pourrait encourager davantage une âme qui revient au Seigneur ; c’est la victoire de l’amour. Puis viennent les effets de la restauration, «Je serai pour Israël comme la rosée» etc... Ne pensons pas un instant que s’il y a éloignement et abandon du Seigneur, tout est fini pour nous, et que la restauration est impossible. Non, des jours meilleurs sont en réserve pour nous si nous revenons. Je crois que Dieu nous ramène à quelque chose de meilleur que ce que nous avons perdu en nous écartant. Nous entrons dans une communion plus profonde et plus pleine avec le Seigneur ; je pense que sa grâce nous amène dans la jouissance d’une position plus bénie encore dans ses affections. Que Dieu nous donne à tous de prendre garde à sa parole et de bien comprendre que ses voies sont des voies d`amour, particulièrement envers ceux qui se sont éloignés. Et si tel est le cas de l’un de vous, chers lecteurs, souvenez-vous que le coeur de Dieu est rempli de l’amour le plus tendre envers vous, et ne cherche que votre restauration pour Lui-même. Oui, ton amour, toujours le même, Sollicite mon faible coeur À jouir de l’éclat suprême De ses doux rayons de bonheur. Mais si quelquefois un nuage Vient me dérober ta beauté, Ami divin, après l’orage, Comme avant, brille ta clarté. De toi que rien ne me sépare, O mon Sauveur ! Enseigne-moi, Si de nouveau mon pied s’égare, À revenir bientôt à toi.

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