LE FRUIT DE L'ESPRIT (Donald GEE) CHAPITRE 7, 8, 9, 10 et FIN

12:35Ministere MotsdeDieu

CHAPITRE VII LA BONTE. La bonté est tombée de nos jours dans un genre de discrédit ; non pas, à vrai dire, la qualité elle- même, mais le mot qui la désigne. Nous appelons parfois certaines gens des « saintes-nitouches » (1), et nous entendons par là un type de personnes d'une dévotion affectée souvent entachée d'hypocrisie. (1) En anglais « Goody-good », littéralement des bonnes « bonnes-femmes » Dans le langage moderne, le mot qui semble le mieux qualifier cette bonté robuste et vraie, fruit de l'Esprit, est le mot « solide ». Ainsi, nous disons souvent que certaines marchandises sont des marchandises « solides » ; qu'un cordonnier fait un «travail solide » pour la réparation de nos chaussures, et de certaines personnes, pour employer une locution expressive,qu'elles sont des « gens solides » . Une telle expression ne suppose pas, généralement, une habileté spéciale, au contraire. Par « gens solides » nous voulons communiquer l'idée du caractère plutôt que de dons particuliers. Nous entendons par là qu'ils ont une personnalité bien équilibrée, un caractère tout à fait honnête ; nous pouvons compter sur eux, et ils forment dans les chemins de la vie une société excellente . Voilà la bonté véritable. Et combien belle aussi ! La bonté passive. La bonté semble avoir deux aspects. Nous pourrions les appeler bonté active et bonté passive, quoique l'expression « passive » ne puisse être employée ici que dans un sens très restreint, car la bonté exerce toujours une influence très active. Notre Seigneur Lui-même décrivit la bonté passive lorsqu'Il compara Ses disciples au « sel de la terre ». (Matt. 5:30). L'idée mise en évidence est l'effet préservatif invisible qu'exerce le sel sur toutes les choses avec lesquelles il vient en contact. La société est corrompue par le péché : seule, l'existence, presque inaperçue parfois, de l'Eglise de Dieu dans le monde, empêche la démoralisation complète. Abraham intercédant pour Sodome, et la promesse divine de ne pas détruire la ville s'il s'y trouvait seulement dix justes, vient à l'esprit comme une illustration de ce principe. (Genèse 18). Il n'est pas difficile de voir l'influence tranquille mais puissante d'un homme, d' une femme vraiment bons sur leur entourage. Nous avons tous remarqué comment l'arrivée d'une telle personne dans un groupe de gens du monde mettra sensiblement frein à l'impureté et à la mondanité de la conversation. De même, le ton moral d'une maison de commerce ou d'une maison privée sera relevé par l'humble bonté d'un de ses membres influents. Une telle puissance discrète exige toutefois une bonté qui soit partie intégrante du caractère . Une contrefaçon tout extérieure, revêtue pour des motifs de gain égoïste ou de commodité personnelle, est généralement vite jugée. La bonté véritable est chose que l'on ressent, — l'hypocrisie aussi. Elle peut se corrompre rapidement, et son influence n'aura pas une portée bien grande sur la base d'une réputation déjà acquise. Les hommes oublient une erreur passagère dans l'exercice d'un don bien plus facilement qu'un défaut de caractère. Notre Seigneur exprima très ouvertement cette vérité : « Le sel est une bonne chose : mais si le sel perd sa saveur, avec quoi l'assaisonnera-t-on ? Il n'est bon ni pour la terre ni pour le fumier ; on le jette dehors ». (Luc 14:34-35). Demeurer bon, au sens véritable du mut, implique une marche étroite avec l'Esprit de Dieu. C'est une bénédiction de savoir que là où cette marche est maintenue par la grâce divine, le fruit de l'Esprit sera la récompense certaine. La communion avec ce qui est « vertueux et digne de louange » fera germer en nous cette qualité divine, aussi sûrement que le soleil apporte de la couleur à la pèche et à la pomme de la douceur. La bonté active. La bonté n'est pas seulement passive, comme « qualité » du caractère. Elle se manifeste sous forme de bonnes oeuvres. « L'homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor ». (Matt. 12:35). Cette déclaration, du plus grand de tous les Maîtres, est claire comme le cristal dans les trois aspects de la vérité qu'elle nous présente : d'abord, l'homme vraiment bon ; deuxièmement le « trésor » qu'un tel homme doit certainement amasser dans son coeur ; troisièmement, la révélation de ce « trésor » devant le monde. J'ai eu le privilège de connaître intimement un tel chrétien, en Ecosse ; il était délicieux de découvrir, le soir, par l'art de la conversation, les « choses excellentes » que renfermait son coeur. La pauvreté de la conversation est souvent l'indice d'une bonté bien faible. Ne nous faisons aucune illusion au sujet des bonnes oeuvres. Une expérience présumée de l'Esprit de Dieu, ou la foi qui ne produisent pas d'oeuvres bonnes, sont pure vanité. « Afin qu'ils voient vos bonnes oeuvres, et glorifient votre Père qui est dans les cieux ». « Pour marcher d'une manière digne du Seigneur, portant des fruits en toutes sortes de bonnes oeuvres ». « Afin que ceux qui ont cru en Dieu s'appliquent à pratiquer de bonnes oeuvres. ( Matt. 5:16 ; Col. 1:10 ; Tit. 3:8). Voici un fruit de l'Esprit vu et apprécié de tous les hommes, une preuve convaincante, même pour le non-croyant, de la réalité de l'oeuvre accomplie par Christ pour nos âmes. « Afin que.... ils remarquent vos bonnes oeuvres, et glorifient Dieu au jour où Il les visitera ». (1 Pierre 2:12). Il n'est pas nécessaire d'amonceler référence sur référence. Un fait mérite cependant d'être relevé : ceux qui se vantent d'une spiritualité profonde courent parfois le plus grand danger de négliger les aspects pratiques de la religion véritable. Lorsque j'étais dans la grande assemblée de Pentecôte à Stockholm, rien ne m'a fait davantage plaisir que de voir « l'Arche » amarrée par les chrétiens dans la rivière tout proche, où, nuit après nuit, pendant l'hiver, ils hébergent gratuitement et confortablement des centaines de pauvres, et fournissent des repas à des centaines d'autres. Une telle « Pentecôte pratique » eût certainement réjoui le coeur de l'apôtre, qui ne craignait pas de dire aux maîtres capables de « s'exhorter et de s'instruire les uns les autres », d'accorder à leurs serviteurs ce qui est « juste et équitable »,ou aux femmes qui pouvaient « chanter par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels », d'être des modèles dans la maison et dans la vie de famille. (Col. 3:16 ; 4:1). Tel est le fruit de l'Esprit, la bonté. Le corollaire de la plénitude de l'Esprit est d'être « pleins de bonnes dispositions » (de bonté) (Romains 15:14). Le Trône de la Justice. Nous n'avons pas jusqu'ici mentionné un aspect de cette qualité plus profond encore. La bonté absolue n'est autre que la perfection morale. Une des déclarations les plus grandioses de la Bible est dans Nahum 1:7. « L'Eternel est bon. Il est un refuge au jour de la détresse ». C'est parce qu'il est bon qu'il peut être un refuge. Le gouvernement moral de l'univers est établi sur un trône de justice. Seule la foi dans cette vérité certaine peut maintenir l'âme ferme dans les tempêtes de la vie. Sans une telle foi pour base tout serait chaos. Ne soyons pas étonnés d'être toujours exhortés à « louer l'Eternel pour Sa bonté ». (Psaume 107 :). Les hommes peuvent ressembler à Dieu en marchant avec lui, par l'Esprit de Son Fils qui demeure en eux ; — voilà l'Evangile, l'enseignement caché dans le fruit spirituel. La vérité capitale pour tous ceux qui ont connu la plénitude du Saint-Esprit accompagnée de manifestations évidentes de Sa puissance c'est que le fruit de l'Esprit dort devenir inséparable de cette puissance au fur et à mesure qu'ils avancent dans la vie chrétienne. Sinon, au lieu de recevoir la couronne impérissable, ils finiront par une banqueroute spirituelle. « Quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance ; quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. » (1Cor. 13:2-3). La bonté peut être la récompense, la consolation de ceux qui, jamais peut-être, ne se feront remarquer par des dons brillants. Dorcas n'était nullement prophétesse comme Débora, ou même les filles de Philippe, mais elle fit « beaucoup de bonnes oeuvres et d'aumônes », et l'Ecriture nous le rapporte pour l'inspiration des femmes chrétiennes de tous les temps. (Actes 9:36). Chez Barnabas ce fruit de l'Esprit se manifestait d'une manière si évidente qu'il est dit de lui : « C'était un homme de bien, plein d'Esprit-Saint et de foi ». (Actes 11:24). Puisse Dieu donner encore à Son Eglise de nombreux pasteurs semblables à celui qui fut une bénédiction pour l'assemblée privilégiée d'Antioche. 1) En anglais : « un homme bon » -------------------------------------------------------------------------------- CHAPITRE VIII LA FIDELITE Il est à regretter que la version anglaise autorisée de la Bible obscurcisse quelque peu la compréhension du septième fruit de l'Esprit en le traduisant par le mot « foi ». (1) (1) Nos versions françaises traduisent bien « fidélité La foi, dans un sens spécial, n'est pas un fruit de l'Esprit, mais un de Ses dons. (1 Cor.12:9) ; et même la foi qui sauve est regardée comme un don de Dieu. La signification du mot dans Galates 5:22 est fidélité, comme le traduit la version américaine révisée. Moffatt donne aussi « fidélité ». Un passage similaire dans lequel la version autorisée anglaise emploie de même le mot « foi », mais où le sens est évidemment « fidélité », est Romains 3:3, que Moffatt traduit : « Leur incrédulité annulera-t- elle la fidélité de Dieu ? » et Newberry : « Leur infidélité rendra-t-elle la fidélité de Dieu sans effet ? » Le fruit de l'Esprit étudié est donc cette belle qualité du caractère connue sous les noms de fidélité, honnêteté, loyauté, tance, fermeté persévérante. Un fondement naturel et spirituel La fidélité est même dans le domaine naturel,le fondement sur lequel toute société, finalement, repose. Toutes les transactions commerciales, tous les traités internationaux, toutes les relations conjugales et familiales, sont établies sur la base d'une présomption de fidélité des parties contractantes. Leur succès ou leur échec dépend en grande partie de l'accomplissement par les intéressés de leurs engagements réciproques L'absence de loyauté amène le désordre. La nature véritablement fondamentale de la fidélité est encore plus marquée dans le domaine spirituel. Les rapports de Dieu avec les hommes, et tout notre espoir personnel de salut en Christ, sont fondés sur cette vérité suprême : « Dieu est fidèle » (1 Cor. 1:9). Otez celle-ci, et notre assurance disparaît. Mais en la conservant, et en nous reposant sur la fidélité du Seigneur, nous pouvons dire « Je suis persuadé qu'il a la puissance de garder mon dépôt jusqu'à ce jour-là » (2 Timothée 1:12). Les grandes alliances de l'Ecriture dépendent toutes de la fidélité des parties intéressées. Dans l'Ancienne Alliance Dieu ne manqua point à Sa Parole, mais Israël, l'autre « partie contractante », faillit. La différence, dans l'Alliance Nouvelle, c'est que notre part est garantie par la fidélité de Christ, qui est « l'Amen, le Témoin fidèle et véritable » ; notre « Grand Prêtre », et Celui qui nous « sanctifie ». (Héb. 8:9:10. Apoc. 3:14 : Héb. 2:17. 1 Thess. 5:24.) II importe de baser notre compréhension du fruit de l'Esprit sur ces grands attributs fondamentaux de la Divinité, pour cette raison que ce fruit spirituel est le résultat direct de notre participation à la nature divine par l'oeuvre de régénération du Saint-Esprit, et grandit dans nos vies quand nous marchons en communion avec Dieu par l'Esprit. Il nous est ainsi donné de partager cette qualité divine et de recevoir « la grâce d'être fidèle ». (1 Cor. 7:25). Certaines natures, en elles-mêmes inconstantes, peuvent être transformées, et d'autres, naturellement loyales, voir leur loyauté dirigée vers les buts les plus élevés. J'entendis un jour mon ami Howard Carter donner une illustration excellente de ce principe en comparant nos natures humaines dans leur inconstance à de la poudre de ciment. Lorsque de l'eau est mélangée à cette poudre, elle la transforme en un ciment dur comme le roc. Ainsi l'eau vivante de l'Esprit de Dieu peut transformer notre faiblesse en une fidélité magnifique, et convertir maint « Si mon » impulsif en « Pierre » dévoués. Quelques exemples remarquables de fidélité. Les Ecritures nous en présentent de nombreux exemples. Moïse est décrit comme « fidèle dans toute sa maison ». (Heb. 3:2). Sa fidélité consistait évidemment en grande partie dans son obéissance à faire tout,dans le Tabernacle, « d'après le modèle ». Caleb et sept mille hommes au temps d'Elisée sont également de magnifiques exemples d'attachement à Dieu dans des temps d'apostasie. (Nombre 14:24 1 Rois 19:18). Dans le Nouveau Testament, à part les principaux apôtres,mention spéciale est faite d'Epaphras, dépeint avec amour comme un « fidèle ministre de Christ ». L'Ecriture a trouvé pour décrire sa constance une expression rare et féconde : « il ne cesse de combattre pour vous dans ses prières ». (Col. 1:7 ; 4:12). Les jeunes prédicateurs doivent le noter. Timothée fut approuvé à cause de sa fidélité dans le seigneur (1 Cor. 4:17), et sa récompense se trouve dans la responsabilité des devoirs qui lui sont assignés dans les Epîtres portant son nom. Ceux qui aspirent à des positions de responsabilité et de direction dans l'Eglise doivent se rappeler la nécessité primordiale de la fidélité. L'illustration la plus frappante, la plus remplie de beauté, est peut-être l'histoire d'Onésime, l'esclave vagabond, converti à Rome, et renvoyé à son maître Philémon avec une lettre de recommandation exquise de Paul. Il est spécialement apprécié comme un « fidèle et bien-aimé frère ». (Col. 4:9), et nous donne un exemple notoire de sable transformé en rocher par l'Esprit de Christ demeurant en lui. La Fidélité dans le ministère Il est de toute importance qu'un prédicateur soit digne d'une entière confiance. « Ce qu'on demande des dispensateurs, c'est que chacun soit trouvé fidèle ». (1 Cor. 4:2). Nous suggérons trois points qui doivent spécialement retenir notre attention : a) La fidélité dans la prédication « Un témoin fidèle délivre les âmes », et un prédicateur de l'Evangile doit l'être avant toutes choses. Malgré de temps en temps une persécution passagère, rien ne gagnera mieux le respect, à la longue. La loyauté à la vérité doit de même marquer tout enseignement ; car les enfants nouveau-nés en Christ doivent recevoir le « lait spirituel et pur (sans fraude). Il est des moments où la fidélité nous contraindra d'annoncer « tout le conseil de Dieu » (Actes 20:27), à ne rien retenir de la vérité que Dieu nous a révélée. Nous devons, cependant, nous garder de mal interpréter ce qui précède, et d'avancer en tout temps des questions de controverse. Paul se référait à une période de trois années de ministère à Ephèse, et non à un « engagement » passager. Nous ne sommes pas obligés de sortir toutes nos croyances chaque fois que nous prêchons. b) La loyauté à nos promesses. La perfidie est toujours odieuse, mais chez un prédicateur elle suffit pour le disqualifier de la fonction. Un ministre de Jésus-Christ doit être un homme dont « la parole est le lien ». Ceci doit s'appliquer à tous les détails de son travail — au maintien des engagements de prêcher ou de rendre des visites, aux promesses faites indistinctement aux riches, aux pauvres, aux personnes jeunes ou âgées. Il trouvera que le maintien d'une promesse mérite, s'il le faut, une grande dépense d'argent, de loisirs et de forces. Rien n'établira de plus solide fondement à l'influence d'un prédicateur qu'une réputation de fidélité à la parole donnée. c) La fidélité dans les affaires. Un homme mis à part pour la prière et le ministère de l'Evangile agira avec sagesse en suivant la règle établie par les apôtres, de laisser à d'autres le soin de « servir aux tables ». Les affaires, au sens ordinaire du mot, forment un domaine dans lequel un prédicateur n'est pas appelé à briller ; en l'oubliant, certains bons prédicateurs ont fait naufrage dans leur ministère. Cependant, le pasteur doit légitimement s'intéresser à certaines « affaires » inséparablement liées au travail dans l'église. Et il y a naturellement, les transactions ordinaires de sa vie privée et de sa maison. Dans toutes ces choses, un ministre de Christ doit surtout éviter les dettes personnelles, et par tous les moyens en son pouvoir, se faire une réputation de la plus stricte intégrité parmi ceux qui ont avec lui des relations commerciales. Son intégrité et honnêteté doivent être proverbiales chez tous les commerçants de la localité. « Fidèle jusqu'à la mort. » Le principe qui nous inspire et nous réconforte, suivant lequel les récompenses seront finalement données aux serviteurs de Dieu pour leur fidélité, et non pour leur éclat — (Matt. 5:21) — a été relevé trop de fois pour que nous ayons à le développer ici. Nous devons nous rappeler que la fidélité suppose un travail diligent, comme la parabole se propose de nous l'enseigner. Il faut plus que la stricte honnêteté du serviteur rendant à son maître tout ce qu'il reçut de lui. Dieu réclame de nous la fidélité d'un service zélé. Comme tout fruit de l'Esprit, cette loyauté se développe ; elle commence par les choses simples. En vérité, si elle ne se manifeste pas dans les petites choses, elle ne pourra jamais s'exercer dans les occasions importantes, dont l'éternité peut seule révéler la grandeur. (Luc 16:10) Les récompenses de la fidélité comprennent parmi leurs caractéristiques les plus attrayantes celle d'une activité plus grande au service de Dieu. (Luc 19:17). Mais ce n'est pas tout. Les aperçus de la récompense finale suffisent pour fortifier tout esprit chancelant, et ravir tout coeur aimant. Ceux qui seront « avec Lui » dans la gloire sont « les appelés, les élus, les fidèles ». (Apoc. 17:14). Voilà la récompense de la fidélité, de la loyauté à Christ. Il convient, après tout, que ceux dont elles seront la marque distinctive forment les armées célestes du Roi des rois et du Seigneur des seigneurs, sur la bannière duquel resplendiront ces mots : « Fidèle et Véritable ». (Apoc. 19: 11-14). Le fruit de l'Esprit, croissant ici-bas dans une marche persévérante avec Lui, mûrira pour la récolte. « Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie ». (Apoc. 2:10). -------------------------------------------------------------------------------- CHAPITRE IX LA DOUCEUR Trois choses sont dignes de remarque au sujet de la douceur. Elle est une « qualité» très rare du caractère ; elle est exceptionnellement précieuse aux yeux de Dieu ; elle est l'un des facteurs les plus « marquants » de l'enseignement de Christ. La douceur ne doit pas être confondue avec la faiblesse La douceur véritable demande une soigneuse définition. Nous avons, dans la langue anglaise,un mot prononcé sensiblement de la même manière : « faiblesse ». Nous devons le dire — nombre de personnes confondent non seulement les deux mots, mais les deux aspects du caractère. La différence réelle entre la douceur et la faiblesse est immense. La douceur, véritable nécessite une force de volonté considérable. Le meilleur exemple biblique d'un homme doux est Moïse. C'était un homme « fort patient, plus qu'aucun homme sur la face de la terre ». (Nombres 12:3). Cependant il était un des conducteurs les plus grands que l'histoire ait jamais produits. Il savait montrer de la sévérité quand le réclamaient les circonstances, par exemple lorsqu'il contraignit les adorateurs du veau d'or à boire la poussière de leur propre idole (Exode 32:20) Mais c'était un zèle saint pour la cause de Jéhovah. Lorsqu'il fut l'objet de reproches de la part d'Aaron et de Marie, il ne fit pas la moindre tentative de représailles (Nombres 12). Ceci révèle la douceur et le calibre véritable de l'homme. Etienne est un autre bon exemple. Nous voyons resplendir la douceur dans sa prière pour ses meurtriers (Actes 7:60), mais il n'y a aucune trace de faiblesse dans son accusation écrasante contre le sanhédrin —« Hommes au cou raide,incirconcis de cœur et d'oreilles ! vous vous opposez toujours au Saint-Esprit » (verset 51). L'on remarque les mêmes qualités que chez Moïse —du zèle pour Dieu, mais de l'humilité s'il s'agit de lui-même. Il est superflu de mentionner Celui qui fut « mené comme une brebis à la boucherie », et cependant purifia le temple avec un fouet ! Une disposition de l'esprit humain Pierre emploie cette expression très belle : « un esprit doux et paisible, qui est d'un grand prix devant Dieu ». (1 Pierre 3:4). Le Nouveau Testament parle généralement d'une douceur de l'esprit. (Galates 6:1. — 1 Cor. 4:21). A cet égard la douceur diffère de la bénignité. Sous bien des rapports ces deux fruits de l'Esprit se ressemblent, mais la douceur est intérieure et passive, tandis que la bénignité est extérieure et active. Un homme ressent la douceur intérieure, mais il agit avec bénignité. Le visage d'Étienne était « comme celui d'un ange » précisément parce qu'il se sentait tel. (Actes 6:15). La sérénité de son esprit rayonnait au dehors ; cette manifestation se produisit sans doute à son insu. En raison de sa nature même, la douceur peut être « gâtée » chez le croyant par une conscience trop scrupuleuse exagérant les défauts personnels et affaiblissant sa volonté, bien qu'elle lui apporte les bénédictions intérieures d'une joie et d'une paix profondes. Une véritable humilité d'esprit doit être extrêmement difficile à imiter. On peut parfois user de bénignité sans éprouver de douceur intérieure, mais s'il n'y a pas dans le coeur une douceur réelle, le feu intérieur de l'orgueil et de la colère apparaîtra inévitablement tôt ou tard. Le défi du Christianisme. Le fait que Christ ait soigneusement enseigné la douceur comme une qualité indispensable à tous Ses disciples (et nul ne contestera qu'Il n'ait pratiqué Son enseignement jusqu'à la fin) constitue l'un des facteurs les plus provocants du Christianisme. Il suffit de contempler le réveil d'un nationalisme intense dans presque toutes les parties de. l'Europe, et tout ce qu'il entraîne d'orgueil et de réarmement, pour voir quelle difficulté intense éprouvent les pays nominalement « chrétiens » à mettre en harmonie avec l'enseignement et l'esprit véritable de Christ leurs fièvres de vanité naturelle . Un retour aux anciennes déités de la force, plutôt qu'à Christ, a été recommandé par certains conducteurs. La situation embarrassante de la plupart des églises en cas de guerre, la persécution de l'objecteur de conscience, tout cela montre combien une douceur réelle répugne à l'homme du monde. Tout compromis est inutile, mieux vaut accepter le défi. Nous ne vaincrons peut- être par tous, mais nous devons admettre que la douceur est le seul esprit véritable de Christ et des chrétiens, non seulement en cas de guerre, mais aussi dans les affaires, et en toutes choses comme dans l'Eglise. Quand montrer de la douceur dans l'Eglise Dans certains cas particuliers il est spécialement recommandé aux chrétiens de manifester cet esprit dans leur vie au sein de l'Eglise. Nous n'avons que peu d'espoir de montrer au monde un victorieux exemple de douceur vraie dans les questions importantes si nous ne commençons pas « dans la famille». a) Pour redresser les rétrogrades» (Galates 6:1) Les chrétiens « rétrogrades » doivent, s'ils se repentent, être « redressés avec un esprit de douceur », et leurs méfaits oubliés, comme Dieu Lui même a oublié nos péchés pardonnés. Cet avertissement est nécessaire, l'orgueil de ceux qui ne sont pas tombés de la même manière aimant toujours rappeler les manquements de ceux qui ont failli. La conscience de leur propre faiblesse chez ceux qui prétendent juger fera paraître clairement à toute personne sensée le bien fondé de cette attitude La grâce de Dieu a seule empêché le juge de devenir le criminel Ceci n'exclut naturellement pas la place légitime de la discipline dans l'Eglise, mais qui indique seulement dans quel esprit elle doit être exercée. b) Pour répondre aux adversaires. (1 Pierre 3:15) « Etant toujours prêts à vous défendre, avec douceur ». C'est une chose excellente que d'avoir toujours prête une réponse convaincante pour celui qui la demande, mais elle doit être donnée avec douceur. Nous ne pouvons nous glorifier, même de bénédictions spirituelles profondes : elles sont toutes reçues par grâce. Cela est vrai des bénédictions de Pentecôte comme des autres, et nous devons garder cette pensée dans nos coeurs. Si nous contestons et nous querellons pour les vérités même les plus précieuses de notre espérance et de notre foi, notre esprit de dispute contredira vraisemblablement notre témoignage. Nous connaissons cette « convention de sanctification » où les assistants s'échauffèrent tellement à discuter leurs doctrines sur la « sainteté » que la seule preuve effectivement fournie fut que nul d'entre eux ne la possédait ! Sachons aussi qu'un homme contraint à une adhésion intellectuelle par une argumentation brillante fermera plus encore son coeur à la vérité que nous désirons le voir accepter, à moins qu'il n'ait également senti la douceur de notre esprit. Vaincre un ennemi n'est pas le convertir en ami. Notre but immédiat, à nous chrétiens, est la conversion, et non la conquête. c) Pour recevoir la Parole (Jacques 1:21) Ecouter la Parole est un grand art,— aussi grand peut-être que de la prêcher. Si nos auditeurs se préparaient par la prière comme le font nos prédicateurs, de quel réveil ne nous réjouirions-nous pas ! Le cœur humain est comme un terrain de culture, et détermine le résultat de la semaille bien plus encore que l'habileté de celui qui sème. La douceur assure une condition de réceptivité propre à donner une bonne récolte. Cela ne signifie pas que nous devons avoir une crédulité naïve prête à absorber toute doctrine nouvelle et étrangère, mais bien l'abandon de toute rébellion d'esprit, et la promptitude à accepter coûte que coûte les enseignements indubitablement reconnus comme le « lait spirituel et pur » de la Parole. Nous devons aussi mettre de côté cet orgueil stupide qui refuse d'admettre qu'il reste encore à apprendre sur le sujet traité. d) « La douceur de la sagesse » (Jacques 3:13) La douceur véritable est toujours marquée par l'humilité, et la douceur de la sagesse » exprime d'une manière délicieuse une évidente vérité. Paul la recommande à Timothée (et certainement, au delà de lui, à tous les prédicateurs, jeunes et vieux) : il doit « redresser avec douceur les adversaires (2 Tim. 2:25), surtout les plus âgés. (1 Tim. 5:1-2). —Non dominer sur le peuple de Dieu, mais donner avec humilité et calme, à tout avertissement et toute sanction, une raison qui fasse appel à l'esprit de Christ dans le croyant. Les victoires remportées par la douleur chez les pasteurs et les prédicateurs, les plus jeunes surtout, ont plus de poids que les avantages douteux acquis en insistant précipitamment sur une dignité personnelle et les prérogatives de leur position dans l'Eglise. Rien peut-être ne montre davantage une maturité de caractère en Christ que la douceur manifeste d'esprit. Les promesses faites aux humbles Elles sont nombreuses et très belles « Les humbles mangeront et se rassasieront » (Psaume 22:26) « Il conduit les humbles dans la justice, Il enseigne aux humbles sa voie » (Psaume 25:9). Cela est logique. Il est facile de voir qu'un coeur rempli d'humilité est devant Dieu dans des dispositions bien meilleures pour recevoir la direction divine qu'un coeur orgueilleux. La promesse la plus célèbre est faite par notre Seigneur : « Les doux hériteront la terre (Matt. 5:5). Le monde tourne ceci en dérision ; toute l'expérience humaine semble démontrer le contraire — les doux doivent « céder la place ». La philosophie sent bien la vérité de cette parole de Christ, mais s'efforce vainement de résoudre le problème. Seule la foi triomphe, et s'écrie : « Cela sera ». Un jour, je regardais une file de personnes qui attendaient pour entrer quelque part. Un grand gaillard cossu s'amena, et joua impudemment des coudes jusqu'à prendre la première place. Mais un agent qui avait vu la scène s'avança et le fit placer le dernier de la file. Tout le monde en eut l'air content, et nous sentons qu'en toutes choses il devrait en être ainsi. La foi possède l'assurance, aussi sûrement que Dieu est sur le trône, que cela arrivera un jour ; les « pousseurs » devront prendre la place qui leur revient. « Les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers ». Dans cette espérance, nous saisissons dans nos coeurs la plus belle des promesses faites aux humbles par Celui qui, seul,pouvait oser dire, de Lui-même « Je suis doux et humble de coeur ». En passant avec Christ par l'école de ]a douceur nous trouvons le repos pour nos âmes. (Matt. 11:45). Un tel repos est en lui-même une récompense pleine et entière, les prémices de la moisson de ce fruit de l'Esprit. -------------------------------------------------------------------------------- CHAPITRE X LE CONTROLE DE SOI-MEME. (La tempérance) L'expression « contrôle de soi-même » donne aux lecteurs de la Bible une bien meilleure compréhension du fruit de l'Esprit nommé en dernier lieu que le mot « tempérance ». Newberry la donne, et la version américaine révisée aussi, dans Actes 24/25 et 2 Pierre 1:6. Le mot « tempérance » pour un grand nombre de personnes, n'est associé qu'aux boissons fortes, tandis que le mot employé couvre toute la gamme des appétits humains, non seulement physiques, mais aussi moraux et spirituels. Pouvoir être « modéré en toutes choses » est une grande et importante vertu chrétienne et un signe certain de croissance dans la grâce. De peur que nous n'imaginions pouvoir acquérir ce contrôle de nous-mêmes par une discipline purement naturelle, il est bon d'appuyer en premier lieu sur sa nature de « fruit de l'Esprit » produit par Sa grâce et Sa vie dans le croyant, accessible aux personnes d'une force de caractère très faible tout autant qu'à celles dont la volonté est naturellement forte. En vérité, cette douce tempérance, fruit de l'Esprit peut être une nécessité plus sévère encore pour des natures volontaires et fortes. L'athlète chrétien Paul en parle dans un passage magnifique de la première Epître aux Corinthiens (1 Cor. 9:24-27). Tous ceux qui combattent « s'imposent toute espèce d'abstinences...... Je traite « durement mon corps et je le tiens assujetti ». Toute cette métaphore est empruntée aux anciens jeux grecs, dans lesquels chaque concurrent devait entreprendre au moins dix mois d'entraînement rigoureux avant d'avoir accès à ces jeux. A bord du transatlantique d'où j'écris se trouve un célèbre athlète finlandais. Tous les matins, on le voit s'entraîner à la course, au saut et à d'autres exercices, et il est notoire qu'il ne touche ni tabac ni boissons fortes, malgré l'insistance des passagers qui le tentent. La chaleur de l'Equateur n'apporta aucune modification à son entraînement ; il continua exactement de même, dans un bain de transpiration. Et cependant combien pensent qu'un chrétien approche du fanatisme s'il prend autant de peine pour maintenir l'état spirituel de son âme. Il n'est pas étonnant que nous ayons si peu d'athlètes spirituels. Mais Dieu tient encore des récompenses pour Ses Daniels. (Daniel 1/8/21). Ne trouvons-nous pas ici l'explication de la pénurie de conducteurs réels dans l'Eglise ? Le contrôle physique de nous-mêmes. On peut le considérer sous deux aspects : a) ce qui est illégitime Nous n'avons besoin d'écrire que peu de mots sur la nécessité de ce contrôle de nous-mêmes. Et en vérité, ce n'est pas la tempérance qui s'impose, mais l'abstinence complète. Toute passion sans frein amène sa propre rétribution, et le pressentiment d'un jugement à venir plus grand encore. « Félix tremblait » quand Paul lui parlait du contrôle de soi-même, —et pour cause. « Abstenez-vous des convoitises charnelles, qui font la guerre à l'âme ». Rien n'ouvre aussi sûrement la porte à la possession complète par les démons que l'abandon continuel aux jouissances physiques illégitimes. Il faut se le rappeler très soigneusement. b) Ce qui est « légitime ». Le plaisir physique parfaitement légitime peut occuper dans la vie du croyant une place assez considérable. Dans ce domaine, nous devons nous garder d'interpréter le contrôle de nous-mêmes de manière à tomber dans l'erreur contraire, et infliger à nos corps une mortification contre nature qui répugne aux gens normaux, et peut nous exposer à des tentations plus violentes encore. Ce n'est pas l'Esprit de Dieu, ce sont des esprits séducteurs qui commandent de ne pas se marier et de s'abstenir de viandes, etc. (1 Tim. 4:1 -3). Ce passage doit être médité pour nous aider à l'équilibre. Même les penchants physiques légitimes doivent être fermement contrôlés. L'attitude exacte est parfaitement établie dans 1 Cor 6:12. « Tout m'est permis, mais tout n'est pas utile ; tout m'est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit ». Voilà ! Ne se laisser asservir par quoi que ce soit. Le corps doit être le serviteur, jamais le maître. Les raisons d'un tel contrôle rigide et soigneux, même dans les choses légitimes, sont variées : 1. L'amour fraternel NOUS devons considérer avec attention l'effet produit par nos propres plaisirs sur un caractère plus faible, qui connaît peu le fruit spirituel, la tempérance, et pourrait être conduit dans le péché par notre exemple. C'est ici l'un des principes fondamentaux qui doit gouverner toutes nos actions en tant que chrétiens. (Lire Romains 14 pour un exposé détaillé). 2. La victoire personnelle sur le péché Le corps est le point faible dans notre lutte contre le péché. (Romains 6:12 ; 7:18); et nécessite une vigilance redoublée de tous les instants. Encore et toujours l'ennemi entre par là ; parfois nous résistons victorieusement à la tentation spirituelle, mais pour tomber finalement dans le domaine physique. Il faut spécialement remarquer que l'expérience et les bénédictions des dons spirituels ne sont en rien une raison de diminuer de vigilance contre les péchés du corps, ou de demeurer imprudemment dans une confiance excessive en nous-mêmes. David avait composé des psaumes merveilleux sous l'onction du Saint-Esprit ; il commit néanmoins l'adultère lorsque la tentation soudaine s'empara de lui dans un moment de paresse. 3. La capacité pour le service L'état physique de notre corps exerce une influence sur notre capacité pour le service dans le domaine spirituel. Ce principe est à la base du jeûne. L'état du corps réagit inévitablement sur notre intelligence, à plus forte raison sur notre esprit. Nous avons tous expérimenté, ou entendu parler sans doute, de la somnolence proverbiale des auditoires d'écoles du dimanche après-midi, en Angleterre, après le dîner non moins proverbial du dimanche midi. Spurgeon les décrit « remplis de rosbif et d'incrédulité. » En Amérique on offre généralement au prédicateur un souper plantureux vers six heures et demie du soir, puis on attend de lui qu'il prêche comme un ange à sept heures trente ! En Suède, c'est la tasse de café qui semble indispensable à l'inspiration de certains prédicateurs,et à la bonne humeur de leurs auditoires ! Heureux le chrétien qui est libéré de l'esclavage de ces choses, quoiqu'il les utilise de temps en temps. La modération est souvent la compagne de la spiritualité véritable. Ce principe était à la base de l'ancien voeu nazaréen (Nombre 6), et occupait sûrement la pensée de notre Seigneur lorsqu'il dit : Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière et par le jeûne » (Matt. 17:21). Notons tout particulièrement que le Saint-Esprit parla dans l'assemblée d'Antioche « pendant qu'ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu'ils jeûnaient » (Actes 13:2). II est facile de se moquer de la mortification personnelle, mais si les récompenses qu'elle apporte sont une puissance spirituelle plus effective et une sensibilité plus grande à la voix de l'Esprit, elle mérite d'être mise en pratique. Le contrôle mental de nous-mêmes Certaines personnes, choquées à la pensée d'une licence physique, peuvent néanmoins être coupables, dans d'autres domaines, d'intempérance grossière, — plus sérieuse peut-être. La colère est une forme courante mais gave d'intempérance de l'âme. « Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu'un héros, et celui qui est maître de lui-même que celui qui prend des villes » (Prov 16:32). Nous devons nous souvenir que toujours bouder et se laisser aller à une humeur chagrine est une intempérance aussi blâmable qu'une exhibition violente de rage injustifiée. Laisser courir la langue en est une autre ; que ce soit seulement bavardages, légèreté excessive ou confidences abusives. Le remède scripturaire est énergique. Jacques emploie le terme emphatique « brider » et donne l'illustration d'un mors dans la bouche d'un cheval. (Jacques 1:26 ; 3:2). C'est là le contrôle véritable de soi--même. L'amour démesuré de la louange est une autre faiblesse qui peut également devenir une intempérance. Nous sommes tous soutenus par quelques paroles aimables d'appréciation bien méritées. Mais certains prédicateurs sont à tel point esclaves des applaudissements publics qu'ils ne peuvent guère prêcher sans être accompagnés d'un chorus ronflant « d'alléluias », à coup sûr une forme extérieure de louange destinée à eux-mêmes, et non à Dieu. Ils dépasseront à l'occasion toutes les limites de la bienséance, et de la considération pour les autres, sur l'estrade ou ailleurs. Il est des moments où de longs sermons, et des déclarations explicites » ou « hardies » ne sont autres qu'une intempérance mentale. Le contrôle spirituel Une telle nécessité peut être une possibilité étonnante pour beaucoup, mais il est d'une haute importance d'en reconnaître la place essentielle dans Tes expériences de Pentecôte. « Les esprits des prophètes sont, soumis aux prophètes » (1 Cor. 14:32) ; et, le don des langues est parfaitement sous le contrôle de celui qui l'exerce. (1Co 14 : 28). Notre propre esprit est extrêmement sensible aux sentiments profonds (ainsi, Jésus « frémit » en Son esprit, et Paul fut « irrité » (Jean 11:33 ; Actes 17:16). Nous devons donc garder le contrôle sur notre esprit toutes les fois que nos sentiments sont fortement mis en jeu, et que le réclament impérieusement les circonstances. Dans notre vie chrétienne privée ce contrôle sera peut -être moins nécessaire, et nous pourrons laisser à notre esprit une liberté sans entraves pour parler « à nous-mêmes et à Dieu ». Mais dans les réunions publiques de l'assemblée, exemple, l'amour de Christ pour d'autres âmes nous incitera à considérer l'heure et le milieu dans lequel nous nous trouvons, avant de nous permettre une entière liberté dans l'exercice des dons spirituels. Une attention toute particulière est recommandée dans les réunions où notre esprit est porté à émouvoir, pendant des sermons puissants, des prières émouvantes ou des cantiques ou domine une note sentimentale. Nous contrôler nous- mêmes n'est pas éteindre le Saint-Esprit, mais manifester un de Ses fruits. Tous les croyants en qui Il demeure doivent apprendre à discerner entre les émotions de source seulement humaine et les moments où le Seigneur désire effectivement utiliser leur esprit pour prononcer des messages inspirés sous forme de révélations. Si notre propre esprit ne possède pas ce fruit, le contrôle de soi-même, nous pouvons donner en public des exhibitions désastreuses d'intempérance émotive parfaitement inutile. La force intérieure Le mot grec pour « tempérance » signifie « posséder la force intérieure ». C'est-à-dire que notre force intérieure de volonté est plus grande que toute force extérieure des tentations, des désirs ou des émotions. Il dénote le contrôle parfait de nous-mêmes. Une telle condition est vraiment enviable. Enseigner la tempérance à un homme qui,par des années de plaisirs égoïstes, a perdu toute force de résistance spirituelle, semble une moquerie cruelle. L'enseignement du fruit de l'Esprit est une bonne nouvelle , entre toutes : Christ demeurant en nous peut achever une oeuvre dont nous ne pouvons jamais espérer l'accomplissement par nos propres forces. Une marche constante avec Lui transformera le plus faible d'entre nous à Son image ; et les hommes commenceront à voir en nous un peu de ce contrôle magnifique, de cet équilibre divin en toutes circonstances, qui était toujours la marque divine du Fils de l'Homme. La force intérieure ne procède pas de nous, mais de Lui. CHAPITRE VII LA BONTE. La bonté est tombée de nos jours dans un genre de discrédit ; non pas, à vrai dire, la qualité elle- même, mais le mot qui la désigne. Nous appelons parfois certaines gens des « saintes-nitouches » (1), et nous entendons par là un type de personnes d'une dévotion affectée souvent entachée d'hypocrisie. (1) En anglais « Goody-good », littéralement des bonnes « bonnes-femmes » Dans le langage moderne, le mot qui semble le mieux qualifier cette bonté robuste et vraie, fruit de l'Esprit, est le mot « solide ». Ainsi, nous disons souvent que certaines marchandises sont des marchandises « solides » ; qu'un cordonnier fait un «travail solide » pour la réparation de nos chaussures, et de certaines personnes, pour employer une locution expressive,qu'elles sont des « gens solides » . Une telle expression ne suppose pas, généralement, une habileté spéciale, au contraire. Par « gens solides » nous voulons communiquer l'idée du caractère plutôt que de dons particuliers. Nous entendons par là qu'ils ont une personnalité bien équilibrée, un caractère tout à fait honnête ; nous pouvons compter sur eux, et ils forment dans les chemins de la vie une société excellente . Voilà la bonté véritable. Et combien belle aussi ! La bonté passive. La bonté semble avoir deux aspects. Nous pourrions les appeler bonté active et bonté passive, quoique l'expression « passive » ne puisse être employée ici que dans un sens très restreint, car la bonté exerce toujours une influence très active. Notre Seigneur Lui-même décrivit la bonté passive lorsqu'Il compara Ses disciples au « sel de la terre ». (Matt. 5:30). L'idée mise en évidence est l'effet préservatif invisible qu'exerce le sel sur toutes les choses avec lesquelles il vient en contact. La société est corrompue par le péché : seule, l'existence, presque inaperçue parfois, de l'Eglise de Dieu dans le monde, empêche la démoralisation complète. Abraham intercédant pour Sodome, et la promesse divine de ne pas détruire la ville s'il s'y trouvait seulement dix justes, vient à l'esprit comme une illustration de ce principe. (Genèse 18). Il n'est pas difficile de voir l'influence tranquille mais puissante d'un homme, d' une femme vraiment bons sur leur entourage. Nous avons tous remarqué comment l'arrivée d'une telle personne dans un groupe de gens du monde mettra sensiblement frein à l'impureté et à la mondanité de la conversation. De même, le ton moral d'une maison de commerce ou d'une maison privée sera relevé par l'humble bonté d'un de ses membres influents. Une telle puissance discrète exige toutefois une bonté qui soit partie intégrante du caractère . Une contrefaçon tout extérieure, revêtue pour des motifs de gain égoïste ou de commodité personnelle, est généralement vite jugée. La bonté véritable est chose que l'on ressent, — l'hypocrisie aussi. Elle peut se corrompre rapidement, et son influence n'aura pas une portée bien grande sur la base d'une réputation déjà acquise. Les hommes oublient une erreur passagère dans l'exercice d'un don bien plus facilement qu'un défaut de caractère. Notre Seigneur exprima très ouvertement cette vérité : « Le sel est une bonne chose : mais si le sel perd sa saveur, avec quoi l'assaisonnera-t-on ? Il n'est bon ni pour la terre ni pour le fumier ; on le jette dehors ». (Luc 14:34-35). Demeurer bon, au sens véritable du mut, implique une marche étroite avec l'Esprit de Dieu. C'est une bénédiction de savoir que là où cette marche est maintenue par la grâce divine, le fruit de l'Esprit sera la récompense certaine. La communion avec ce qui est « vertueux et digne de louange » fera germer en nous cette qualité divine, aussi sûrement que le soleil apporte de la couleur à la pèche et à la pomme de la douceur. La bonté active. La bonté n'est pas seulement passive, comme « qualité » du caractère. Elle se manifeste sous forme de bonnes oeuvres. « L'homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor ». (Matt. 12:35). Cette déclaration, du plus grand de tous les Maîtres, est claire comme le cristal dans les trois aspects de la vérité qu'elle nous présente : d'abord, l'homme vraiment bon ; deuxièmement le « trésor » qu'un tel homme doit certainement amasser dans son coeur ; troisièmement, la révélation de ce « trésor » devant le monde. J'ai eu le privilège de connaître intimement un tel chrétien, en Ecosse ; il était délicieux de découvrir, le soir, par l'art de la conversation, les « choses excellentes » que renfermait son coeur. La pauvreté de la conversation est souvent l'indice d'une bonté bien faible. Ne nous faisons aucune illusion au sujet des bonnes oeuvres. Une expérience présumée de l'Esprit de Dieu, ou la foi qui ne produisent pas d'oeuvres bonnes, sont pure vanité. « Afin qu'ils voient vos bonnes oeuvres, et glorifient votre Père qui est dans les cieux ». « Pour marcher d'une manière digne du Seigneur, portant des fruits en toutes sortes de bonnes oeuvres ». « Afin que ceux qui ont cru en Dieu s'appliquent à pratiquer de bonnes oeuvres. ( Matt. 5:16 ; Col. 1:10 ; Tit. 3:8). Voici un fruit de l'Esprit vu et apprécié de tous les hommes, une preuve convaincante, même pour le non-croyant, de la réalité de l'oeuvre accomplie par Christ pour nos âmes. « Afin que.... ils remarquent vos bonnes oeuvres, et glorifient Dieu au jour où Il les visitera ». (1 Pierre 2:12). Il n'est pas nécessaire d'amonceler référence sur référence. Un fait mérite cependant d'être relevé : ceux qui se vantent d'une spiritualité profonde courent parfois le plus grand danger de négliger les aspects pratiques de la religion véritable. Lorsque j'étais dans la grande assemblée de Pentecôte à Stockholm, rien ne m'a fait davantage plaisir que de voir « l'Arche » amarrée par les chrétiens dans la rivière tout proche, où, nuit après nuit, pendant l'hiver, ils hébergent gratuitement et confortablement des centaines de pauvres, et fournissent des repas à des centaines d'autres. Une telle « Pentecôte pratique » eût certainement réjoui le coeur de l'apôtre, qui ne craignait pas de dire aux maîtres capables de « s'exhorter et de s'instruire les uns les autres », d'accorder à leurs serviteurs ce qui est « juste et équitable »,ou aux femmes qui pouvaient « chanter par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels », d'être des modèles dans la maison et dans la vie de famille. (Col. 3:16 ; 4:1). Tel est le fruit de l'Esprit, la bonté. Le corollaire de la plénitude de l'Esprit est d'être « pleins de bonnes dispositions » (de bonté) (Romains 15:14). Le Trône de la Justice. Nous n'avons pas jusqu'ici mentionné un aspect de cette qualité plus profond encore. La bonté absolue n'est autre que la perfection morale. Une des déclarations les plus grandioses de la Bible est dans Nahum 1:7. « L'Eternel est bon. Il est un refuge au jour de la détresse ». C'est parce qu'il est bon qu'il peut être un refuge. Le gouvernement moral de l'univers est établi sur un trône de justice. Seule la foi dans cette vérité certaine peut maintenir l'âme ferme dans les tempêtes de la vie. Sans une telle foi pour base tout serait chaos. Ne soyons pas étonnés d'être toujours exhortés à « louer l'Eternel pour Sa bonté ». (Psaume 107 :). Les hommes peuvent ressembler à Dieu en marchant avec lui, par l'Esprit de Son Fils qui demeure en eux ; — voilà l'Evangile, l'enseignement caché dans le fruit spirituel. La vérité capitale pour tous ceux qui ont connu la plénitude du Saint-Esprit accompagnée de manifestations évidentes de Sa puissance c'est que le fruit de l'Esprit dort devenir inséparable de cette puissance au fur et à mesure qu'ils avancent dans la vie chrétienne. Sinon, au lieu de recevoir la couronne impérissable, ils finiront par une banqueroute spirituelle. « Quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance ; quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. » (1Cor. 13:2-3). La bonté peut être la récompense, la consolation de ceux qui, jamais peut-être, ne se feront remarquer par des dons brillants. Dorcas n'était nullement prophétesse comme Débora, ou même les filles de Philippe, mais elle fit « beaucoup de bonnes oeuvres et d'aumônes », et l'Ecriture nous le rapporte pour l'inspiration des femmes chrétiennes de tous les temps. (Actes 9:36). Chez Barnabas ce fruit de l'Esprit se manifestait d'une manière si évidente qu'il est dit de lui : « C'était un homme de bien, plein d'Esprit-Saint et de foi ». (Actes 11:24). Puisse Dieu donner encore à Son Eglise de nombreux pasteurs semblables à celui qui fut une bénédiction pour l'assemblée privilégiée d'Antioche. 1) En anglais : « un homme bon » -------------------------------------------------------------------------------- CHAPITRE VIII LA FIDELITE Il est à regretter que la version anglaise autorisée de la Bible obscurcisse quelque peu la compréhension du septième fruit de l'Esprit en le traduisant par le mot « foi ». (1) (1) Nos versions françaises traduisent bien « fidélité La foi, dans un sens spécial, n'est pas un fruit de l'Esprit, mais un de Ses dons. (1 Cor.12:9) ; et même la foi qui sauve est regardée comme un don de Dieu. La signification du mot dans Galates 5:22 est fidélité, comme le traduit la version américaine révisée. Moffatt donne aussi « fidélité ». Un passage similaire dans lequel la version autorisée anglaise emploie de même le mot « foi », mais où le sens est évidemment « fidélité », est Romains 3:3, que Moffatt traduit : « Leur incrédulité annulera-t- elle la fidélité de Dieu ? » et Newberry : « Leur infidélité rendra-t-elle la fidélité de Dieu sans effet ? » Le fruit de l'Esprit étudié est donc cette belle qualité du caractère connue sous les noms de fidélité, honnêteté, loyauté, tance, fermeté persévérante. Un fondement naturel et spirituel La fidélité est même dans le domaine naturel,le fondement sur lequel toute société, finalement, repose. Toutes les transactions commerciales, tous les traités internationaux, toutes les relations conjugales et familiales, sont établies sur la base d'une présomption de fidélité des parties contractantes. Leur succès ou leur échec dépend en grande partie de l'accomplissement par les intéressés de leurs engagements réciproques L'absence de loyauté amène le désordre. La nature véritablement fondamentale de la fidélité est encore plus marquée dans le domaine spirituel. Les rapports de Dieu avec les hommes, et tout notre espoir personnel de salut en Christ, sont fondés sur cette vérité suprême : « Dieu est fidèle » (1 Cor. 1:9). Otez celle-ci, et notre assurance disparaît. Mais en la conservant, et en nous reposant sur la fidélité du Seigneur, nous pouvons dire « Je suis persuadé qu'il a la puissance de garder mon dépôt jusqu'à ce jour-là » (2 Timothée 1:12). Les grandes alliances de l'Ecriture dépendent toutes de la fidélité des parties intéressées. Dans l'Ancienne Alliance Dieu ne manqua point à Sa Parole, mais Israël, l'autre « partie contractante », faillit. La différence, dans l'Alliance Nouvelle, c'est que notre part est garantie par la fidélité de Christ, qui est « l'Amen, le Témoin fidèle et véritable » ; notre « Grand Prêtre », et Celui qui nous « sanctifie ». (Héb. 8:9:10. Apoc. 3:14 : Héb. 2:17. 1 Thess. 5:24.) II importe de baser notre compréhension du fruit de l'Esprit sur ces grands attributs fondamentaux de la Divinité, pour cette raison que ce fruit spirituel est le résultat direct de notre participation à la nature divine par l'oeuvre de régénération du Saint-Esprit, et grandit dans nos vies quand nous marchons en communion avec Dieu par l'Esprit. Il nous est ainsi donné de partager cette qualité divine et de recevoir « la grâce d'être fidèle ». (1 Cor. 7:25). Certaines natures, en elles-mêmes inconstantes, peuvent être transformées, et d'autres, naturellement loyales, voir leur loyauté dirigée vers les buts les plus élevés. J'entendis un jour mon ami Howard Carter donner une illustration excellente de ce principe en comparant nos natures humaines dans leur inconstance à de la poudre de ciment. Lorsque de l'eau est mélangée à cette poudre, elle la transforme en un ciment dur comme le roc. Ainsi l'eau vivante de l'Esprit de Dieu peut transformer notre faiblesse en une fidélité magnifique, et convertir maint « Si mon » impulsif en « Pierre » dévoués. Quelques exemples remarquables de fidélité. Les Ecritures nous en présentent de nombreux exemples. Moïse est décrit comme « fidèle dans toute sa maison ». (Heb. 3:2). Sa fidélité consistait évidemment en grande partie dans son obéissance à faire tout,dans le Tabernacle, « d'après le modèle ». Caleb et sept mille hommes au temps d'Elisée sont également de magnifiques exemples d'attachement à Dieu dans des temps d'apostasie. (Nombre 14:24 1 Rois 19:18). Dans le Nouveau Testament, à part les principaux apôtres,mention spéciale est faite d'Epaphras, dépeint avec amour comme un « fidèle ministre de Christ ». L'Ecriture a trouvé pour décrire sa constance une expression rare et féconde : « il ne cesse de combattre pour vous dans ses prières ». (Col. 1:7 ; 4:12). Les jeunes prédicateurs doivent le noter. Timothée fut approuvé à cause de sa fidélité dans le seigneur (1 Cor. 4:17), et sa récompense se trouve dans la responsabilité des devoirs qui lui sont assignés dans les Epîtres portant son nom. Ceux qui aspirent à des positions de responsabilité et de direction dans l'Eglise doivent se rappeler la nécessité primordiale de la fidélité. L'illustration la plus frappante, la plus remplie de beauté, est peut-être l'histoire d'Onésime, l'esclave vagabond, converti à Rome, et renvoyé à son maître Philémon avec une lettre de recommandation exquise de Paul. Il est spécialement apprécié comme un « fidèle et bien-aimé frère ». (Col. 4:9), et nous donne un exemple notoire de sable transformé en rocher par l'Esprit de Christ demeurant en lui. La Fidélité dans le ministère Il est de toute importance qu'un prédicateur soit digne d'une entière confiance. « Ce qu'on demande des dispensateurs, c'est que chacun soit trouvé fidèle ». (1 Cor. 4:2). Nous suggérons trois points qui doivent spécialement retenir notre attention : a) La fidélité dans la prédication « Un témoin fidèle délivre les âmes », et un prédicateur de l'Evangile doit l'être avant toutes choses. Malgré de temps en temps une persécution passagère, rien ne gagnera mieux le respect, à la longue. La loyauté à la vérité doit de même marquer tout enseignement ; car les enfants nouveau-nés en Christ doivent recevoir le « lait spirituel et pur (sans fraude). Il est des moments où la fidélité nous contraindra d'annoncer « tout le conseil de Dieu » (Actes 20:27), à ne rien retenir de la vérité que Dieu nous a révélée. Nous devons, cependant, nous garder de mal interpréter ce qui précède, et d'avancer en tout temps des questions de controverse. Paul se référait à une période de trois années de ministère à Ephèse, et non à un « engagement » passager. Nous ne sommes pas obligés de sortir toutes nos croyances chaque fois que nous prêchons. b) La loyauté à nos promesses. La perfidie est toujours odieuse, mais chez un prédicateur elle suffit pour le disqualifier de la fonction. Un ministre de Jésus-Christ doit être un homme dont « la parole est le lien ». Ceci doit s'appliquer à tous les détails de son travail — au maintien des engagements de prêcher ou de rendre des visites, aux promesses faites indistinctement aux riches, aux pauvres, aux personnes jeunes ou âgées. Il trouvera que le maintien d'une promesse mérite, s'il le faut, une grande dépense d'argent, de loisirs et de forces. Rien n'établira de plus solide fondement à l'influence d'un prédicateur qu'une réputation de fidélité à la parole donnée. c) La fidélité dans les affaires. Un homme mis à part pour la prière et le ministère de l'Evangile agira avec sagesse en suivant la règle établie par les apôtres, de laisser à d'autres le soin de « servir aux tables ». Les affaires, au sens ordinaire du mot, forment un domaine dans lequel un prédicateur n'est pas appelé à briller ; en l'oubliant, certains bons prédicateurs ont fait naufrage dans leur ministère. Cependant, le pasteur doit légitimement s'intéresser à certaines « affaires » inséparablement liées au travail dans l'église. Et il y a naturellement, les transactions ordinaires de sa vie privée et de sa maison. Dans toutes ces choses, un ministre de Christ doit surtout éviter les dettes personnelles, et par tous les moyens en son pouvoir, se faire une réputation de la plus stricte intégrité parmi ceux qui ont avec lui des relations commerciales. Son intégrité et honnêteté doivent être proverbiales chez tous les commerçants de la localité. « Fidèle jusqu'à la mort. » Le principe qui nous inspire et nous réconforte, suivant lequel les récompenses seront finalement données aux serviteurs de Dieu pour leur fidélité, et non pour leur éclat — (Matt. 5:21) — a été relevé trop de fois pour que nous ayons à le développer ici. Nous devons nous rappeler que la fidélité suppose un travail diligent, comme la parabole se propose de nous l'enseigner. Il faut plus que la stricte honnêteté du serviteur rendant à son maître tout ce qu'il reçut de lui. Dieu réclame de nous la fidélité d'un service zélé. Comme tout fruit de l'Esprit, cette loyauté se développe ; elle commence par les choses simples. En vérité, si elle ne se manifeste pas dans les petites choses, elle ne pourra jamais s'exercer dans les occasions importantes, dont l'éternité peut seule révéler la grandeur. (Luc 16:10) Les récompenses de la fidélité comprennent parmi leurs caractéristiques les plus attrayantes celle d'une activité plus grande au service de Dieu. (Luc 19:17). Mais ce n'est pas tout. Les aperçus de la récompense finale suffisent pour fortifier tout esprit chancelant, et ravir tout coeur aimant. Ceux qui seront « avec Lui » dans la gloire sont « les appelés, les élus, les fidèles ». (Apoc. 17:14). Voilà la récompense de la fidélité, de la loyauté à Christ. Il convient, après tout, que ceux dont elles seront la marque distinctive forment les armées célestes du Roi des rois et du Seigneur des seigneurs, sur la bannière duquel resplendiront ces mots : « Fidèle et Véritable ». (Apoc. 19: 11-14). Le fruit de l'Esprit, croissant ici-bas dans une marche persévérante avec Lui, mûrira pour la récolte. « Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie ». (Apoc. 2:10). -------------------------------------------------------------------------------- CHAPITRE IX LA DOUCEUR Trois choses sont dignes de remarque au sujet de la douceur. Elle est une « qualité» très rare du caractère ; elle est exceptionnellement précieuse aux yeux de Dieu ; elle est l'un des facteurs les plus « marquants » de l'enseignement de Christ. La douceur ne doit pas être confondue avec la faiblesse La douceur véritable demande une soigneuse définition. Nous avons, dans la langue anglaise,un mot prononcé sensiblement de la même manière : « faiblesse ». Nous devons le dire — nombre de personnes confondent non seulement les deux mots, mais les deux aspects du caractère. La différence réelle entre la douceur et la faiblesse est immense. La douceur, véritable nécessite une force de volonté considérable. Le meilleur exemple biblique d'un homme doux est Moïse. C'était un homme « fort patient, plus qu'aucun homme sur la face de la terre ». (Nombres 12:3). Cependant il était un des conducteurs les plus grands que l'histoire ait jamais produits. Il savait montrer de la sévérité quand le réclamaient les circonstances, par exemple lorsqu'il contraignit les adorateurs du veau d'or à boire la poussière de leur propre idole (Exode 32:20) Mais c'était un zèle saint pour la cause de Jéhovah. Lorsqu'il fut l'objet de reproches de la part d'Aaron et de Marie, il ne fit pas la moindre tentative de représailles (Nombres 12). Ceci révèle la douceur et le calibre véritable de l'homme. Etienne est un autre bon exemple. Nous voyons resplendir la douceur dans sa prière pour ses meurtriers (Actes 7:60), mais il n'y a aucune trace de faiblesse dans son accusation écrasante contre le sanhédrin —« Hommes au cou raide,incirconcis de cœur et d'oreilles ! vous vous opposez toujours au Saint-Esprit » (verset 51). L'on remarque les mêmes qualités que chez Moïse —du zèle pour Dieu, mais de l'humilité s'il s'agit de lui-même. Il est superflu de mentionner Celui qui fut « mené comme une brebis à la boucherie », et cependant purifia le temple avec un fouet ! Une disposition de l'esprit humain Pierre emploie cette expression très belle : « un esprit doux et paisible, qui est d'un grand prix devant Dieu ». (1 Pierre 3:4). Le Nouveau Testament parle généralement d'une douceur de l'esprit. (Galates 6:1. — 1 Cor. 4:21). A cet égard la douceur diffère de la bénignité. Sous bien des rapports ces deux fruits de l'Esprit se ressemblent, mais la douceur est intérieure et passive, tandis que la bénignité est extérieure et active. Un homme ressent la douceur intérieure, mais il agit avec bénignité. Le visage d'Étienne était « comme celui d'un ange » précisément parce qu'il se sentait tel. (Actes 6:15). La sérénité de son esprit rayonnait au dehors ; cette manifestation se produisit sans doute à son insu. En raison de sa nature même, la douceur peut être « gâtée » chez le croyant par une conscience trop scrupuleuse exagérant les défauts personnels et affaiblissant sa volonté, bien qu'elle lui apporte les bénédictions intérieures d'une joie et d'une paix profondes. Une véritable humilité d'esprit doit être extrêmement difficile à imiter. On peut parfois user de bénignité sans éprouver de douceur intérieure, mais s'il n'y a pas dans le coeur une douceur réelle, le feu intérieur de l'orgueil et de la colère apparaîtra inévitablement tôt ou tard. Le défi du Christianisme. Le fait que Christ ait soigneusement enseigné la douceur comme une qualité indispensable à tous Ses disciples (et nul ne contestera qu'Il n'ait pratiqué Son enseignement jusqu'à la fin) constitue l'un des facteurs les plus provocants du Christianisme. Il suffit de contempler le réveil d'un nationalisme intense dans presque toutes les parties de. l'Europe, et tout ce qu'il entraîne d'orgueil et de réarmement, pour voir quelle difficulté intense éprouvent les pays nominalement « chrétiens » à mettre en harmonie avec l'enseignement et l'esprit véritable de Christ leurs fièvres de vanité naturelle . Un retour aux anciennes déités de la force, plutôt qu'à Christ, a été recommandé par certains conducteurs. La situation embarrassante de la plupart des églises en cas de guerre, la persécution de l'objecteur de conscience, tout cela montre combien une douceur réelle répugne à l'homme du monde. Tout compromis est inutile, mieux vaut accepter le défi. Nous ne vaincrons peut- être par tous, mais nous devons admettre que la douceur est le seul esprit véritable de Christ et des chrétiens, non seulement en cas de guerre, mais aussi dans les affaires, et en toutes choses comme dans l'Eglise. Quand montrer de la douceur dans l'Eglise Dans certains cas particuliers il est spécialement recommandé aux chrétiens de manifester cet esprit dans leur vie au sein de l'Eglise. Nous n'avons que peu d'espoir de montrer au monde un victorieux exemple de douceur vraie dans les questions importantes si nous ne commençons pas « dans la famille». a) Pour redresser les rétrogrades» (Galates 6:1) Les chrétiens « rétrogrades » doivent, s'ils se repentent, être « redressés avec un esprit de douceur », et leurs méfaits oubliés, comme Dieu Lui même a oublié nos péchés pardonnés. Cet avertissement est nécessaire, l'orgueil de ceux qui ne sont pas tombés de la même manière aimant toujours rappeler les manquements de ceux qui ont failli. La conscience de leur propre faiblesse chez ceux qui prétendent juger fera paraître clairement à toute personne sensée le bien fondé de cette attitude La grâce de Dieu a seule empêché le juge de devenir le criminel Ceci n'exclut naturellement pas la place légitime de la discipline dans l'Eglise, mais qui indique seulement dans quel esprit elle doit être exercée. b) Pour répondre aux adversaires. (1 Pierre 3:15) « Etant toujours prêts à vous défendre, avec douceur ». C'est une chose excellente que d'avoir toujours prête une réponse convaincante pour celui qui la demande, mais elle doit être donnée avec douceur. Nous ne pouvons nous glorifier, même de bénédictions spirituelles profondes : elles sont toutes reçues par grâce. Cela est vrai des bénédictions de Pentecôte comme des autres, et nous devons garder cette pensée dans nos coeurs. Si nous contestons et nous querellons pour les vérités même les plus précieuses de notre espérance et de notre foi, notre esprit de dispute contredira vraisemblablement notre témoignage. Nous connaissons cette « convention de sanctification » où les assistants s'échauffèrent tellement à discuter leurs doctrines sur la « sainteté » que la seule preuve effectivement fournie fut que nul d'entre eux ne la possédait ! Sachons aussi qu'un homme contraint à une adhésion intellectuelle par une argumentation brillante fermera plus encore son coeur à la vérité que nous désirons le voir accepter, à moins qu'il n'ait également senti la douceur de notre esprit. Vaincre un ennemi n'est pas le convertir en ami. Notre but immédiat, à nous chrétiens, est la conversion, et non la conquête. c) Pour recevoir la Parole (Jacques 1:21) Ecouter la Parole est un grand art,— aussi grand peut-être que de la prêcher. Si nos auditeurs se préparaient par la prière comme le font nos prédicateurs, de quel réveil ne nous réjouirions-nous pas ! Le cœur humain est comme un terrain de culture, et détermine le résultat de la semaille bien plus encore que l'habileté de celui qui sème. La douceur assure une condition de réceptivité propre à donner une bonne récolte. Cela ne signifie pas que nous devons avoir une crédulité naïve prête à absorber toute doctrine nouvelle et étrangère, mais bien l'abandon de toute rébellion d'esprit, et la promptitude à accepter coûte que coûte les enseignements indubitablement reconnus comme le « lait spirituel et pur » de la Parole. Nous devons aussi mettre de côté cet orgueil stupide qui refuse d'admettre qu'il reste encore à apprendre sur le sujet traité. d) « La douceur de la sagesse » (Jacques 3:13) La douceur véritable est toujours marquée par l'humilité, et la douceur de la sagesse » exprime d'une manière délicieuse une évidente vérité. Paul la recommande à Timothée (et certainement, au delà de lui, à tous les prédicateurs, jeunes et vieux) : il doit « redresser avec douceur les adversaires (2 Tim. 2:25), surtout les plus âgés. (1 Tim. 5:1-2). —Non dominer sur le peuple de Dieu, mais donner avec humilité et calme, à tout avertissement et toute sanction, une raison qui fasse appel à l'esprit de Christ dans le croyant. Les victoires remportées par la douleur chez les pasteurs et les prédicateurs, les plus jeunes surtout, ont plus de poids que les avantages douteux acquis en insistant précipitamment sur une dignité personnelle et les prérogatives de leur position dans l'Eglise. Rien peut-être ne montre davantage une maturité de caractère en Christ que la douceur manifeste d'esprit. Les promesses faites aux humbles Elles sont nombreuses et très belles « Les humbles mangeront et se rassasieront » (Psaume 22:26) « Il conduit les humbles dans la justice, Il enseigne aux humbles sa voie » (Psaume 25:9). Cela est logique. Il est facile de voir qu'un coeur rempli d'humilité est devant Dieu dans des dispositions bien meilleures pour recevoir la direction divine qu'un coeur orgueilleux. La promesse la plus célèbre est faite par notre Seigneur : « Les doux hériteront la terre (Matt. 5:5). Le monde tourne ceci en dérision ; toute l'expérience humaine semble démontrer le contraire — les doux doivent « céder la place ». La philosophie sent bien la vérité de cette parole de Christ, mais s'efforce vainement de résoudre le problème. Seule la foi triomphe, et s'écrie : « Cela sera ». Un jour, je regardais une file de personnes qui attendaient pour entrer quelque part. Un grand gaillard cossu s'amena, et joua impudemment des coudes jusqu'à prendre la première place. Mais un agent qui avait vu la scène s'avança et le fit placer le dernier de la file. Tout le monde en eut l'air content, et nous sentons qu'en toutes choses il devrait en être ainsi. La foi possède l'assurance, aussi sûrement que Dieu est sur le trône, que cela arrivera un jour ; les « pousseurs » devront prendre la place qui leur revient. « Les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers ». Dans cette espérance, nous saisissons dans nos coeurs la plus belle des promesses faites aux humbles par Celui qui, seul,pouvait oser dire, de Lui-même « Je suis doux et humble de coeur ». En passant avec Christ par l'école de ]a douceur nous trouvons le repos pour nos âmes. (Matt. 11:45). Un tel repos est en lui-même une récompense pleine et entière, les prémices de la moisson de ce fruit de l'Esprit. -------------------------------------------------------------------------------- CHAPITRE X LE CONTROLE DE SOI-MEME. (La tempérance) L'expression « contrôle de soi-même » donne aux lecteurs de la Bible une bien meilleure compréhension du fruit de l'Esprit nommé en dernier lieu que le mot « tempérance ». Newberry la donne, et la version américaine révisée aussi, dans Actes 24/25 et 2 Pierre 1:6. Le mot « tempérance » pour un grand nombre de personnes, n'est associé qu'aux boissons fortes, tandis que le mot employé couvre toute la gamme des appétits humains, non seulement physiques, mais aussi moraux et spirituels. Pouvoir être « modéré en toutes choses » est une grande et importante vertu chrétienne et un signe certain de croissance dans la grâce. De peur que nous n'imaginions pouvoir acquérir ce contrôle de nous-mêmes par une discipline purement naturelle, il est bon d'appuyer en premier lieu sur sa nature de « fruit de l'Esprit » produit par Sa grâce et Sa vie dans le croyant, accessible aux personnes d'une force de caractère très faible tout autant qu'à celles dont la volonté est naturellement forte. En vérité, cette douce tempérance, fruit de l'Esprit peut être une nécessité plus sévère encore pour des natures volontaires et fortes. L'athlète chrétien Paul en parle dans un passage magnifique de la première Epître aux Corinthiens (1 Cor. 9:24-27). Tous ceux qui combattent « s'imposent toute espèce d'abstinences...... Je traite « durement mon corps et je le tiens assujetti ». Toute cette métaphore est empruntée aux anciens jeux grecs, dans lesquels chaque concurrent devait entreprendre au moins dix mois d'entraînement rigoureux avant d'avoir accès à ces jeux. A bord du transatlantique d'où j'écris se trouve un célèbre athlète finlandais. Tous les matins, on le voit s'entraîner à la course, au saut et à d'autres exercices, et il est notoire qu'il ne touche ni tabac ni boissons fortes, malgré l'insistance des passagers qui le tentent. La chaleur de l'Equateur n'apporta aucune modification à son entraînement ; il continua exactement de même, dans un bain de transpiration. Et cependant combien pensent qu'un chrétien approche du fanatisme s'il prend autant de peine pour maintenir l'état spirituel de son âme. Il n'est pas étonnant que nous ayons si peu d'athlètes spirituels. Mais Dieu tient encore des récompenses pour Ses Daniels. (Daniel 1/8/21). Ne trouvons-nous pas ici l'explication de la pénurie de conducteurs réels dans l'Eglise ? Le contrôle physique de nous-mêmes. On peut le considérer sous deux aspects : a) ce qui est illégitime Nous n'avons besoin d'écrire que peu de mots sur la nécessité de ce contrôle de nous-mêmes. Et en vérité, ce n'est pas la tempérance qui s'impose, mais l'abstinence complète. Toute passion sans frein amène sa propre rétribution, et le pressentiment d'un jugement à venir plus grand encore. « Félix tremblait » quand Paul lui parlait du contrôle de soi-même, —et pour cause. « Abstenez-vous des convoitises charnelles, qui font la guerre à l'âme ». Rien n'ouvre aussi sûrement la porte à la possession complète par les démons que l'abandon continuel aux jouissances physiques illégitimes. Il faut se le rappeler très soigneusement. b) Ce qui est « légitime ». Le plaisir physique parfaitement légitime peut occuper dans la vie du croyant une place assez considérable. Dans ce domaine, nous devons nous garder d'interpréter le contrôle de nous-mêmes de manière à tomber dans l'erreur contraire, et infliger à nos corps une mortification contre nature qui répugne aux gens normaux, et peut nous exposer à des tentations plus violentes encore. Ce n'est pas l'Esprit de Dieu, ce sont des esprits séducteurs qui commandent de ne pas se marier et de s'abstenir de viandes, etc. (1 Tim. 4:1 -3). Ce passage doit être médité pour nous aider à l'équilibre. Même les penchants physiques légitimes doivent être fermement contrôlés. L'attitude exacte est parfaitement établie dans 1 Cor 6:12. « Tout m'est permis, mais tout n'est pas utile ; tout m'est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit ». Voilà ! Ne se laisser asservir par quoi que ce soit. Le corps doit être le serviteur, jamais le maître. Les raisons d'un tel contrôle rigide et soigneux, même dans les choses légitimes, sont variées : 1. L'amour fraternel NOUS devons considérer avec attention l'effet produit par nos propres plaisirs sur un caractère plus faible, qui connaît peu le fruit spirituel, la tempérance, et pourrait être conduit dans le péché par notre exemple. C'est ici l'un des principes fondamentaux qui doit gouverner toutes nos actions en tant que chrétiens. (Lire Romains 14 pour un exposé détaillé). 2. La victoire personnelle sur le péché Le corps est le point faible dans notre lutte contre le péché. (Romains 6:12 ; 7:18); et nécessite une vigilance redoublée de tous les instants. Encore et toujours l'ennemi entre par là ; parfois nous résistons victorieusement à la tentation spirituelle, mais pour tomber finalement dans le domaine physique. Il faut spécialement remarquer que l'expérience et les bénédictions des dons spirituels ne sont en rien une raison de diminuer de vigilance contre les péchés du corps, ou de demeurer imprudemment dans une confiance excessive en nous-mêmes. David avait composé des psaumes merveilleux sous l'onction du Saint-Esprit ; il commit néanmoins l'adultère lorsque la tentation soudaine s'empara de lui dans un moment de paresse. 3. La capacité pour le service L'état physique de notre corps exerce une influence sur notre capacité pour le service dans le domaine spirituel. Ce principe est à la base du jeûne. L'état du corps réagit inévitablement sur notre intelligence, à plus forte raison sur notre esprit. Nous avons tous expérimenté, ou entendu parler sans doute, de la somnolence proverbiale des auditoires d'écoles du dimanche après-midi, en Angleterre, après le dîner non moins proverbial du dimanche midi. Spurgeon les décrit « remplis de rosbif et d'incrédulité. » En Amérique on offre généralement au prédicateur un souper plantureux vers six heures et demie du soir, puis on attend de lui qu'il prêche comme un ange à sept heures trente ! En Suède, c'est la tasse de café qui semble indispensable à l'inspiration de certains prédicateurs,et à la bonne humeur de leurs auditoires ! Heureux le chrétien qui est libéré de l'esclavage de ces choses, quoiqu'il les utilise de temps en temps. La modération est souvent la compagne de la spiritualité véritable. Ce principe était à la base de l'ancien voeu nazaréen (Nombre 6), et occupait sûrement la pensée de notre Seigneur lorsqu'il dit : Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière et par le jeûne » (Matt. 17:21). Notons tout particulièrement que le Saint-Esprit parla dans l'assemblée d'Antioche « pendant qu'ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu'ils jeûnaient » (Actes 13:2). II est facile de se moquer de la mortification personnelle, mais si les récompenses qu'elle apporte sont une puissance spirituelle plus effective et une sensibilité plus grande à la voix de l'Esprit, elle mérite d'être mise en pratique. Le contrôle mental de nous-mêmes Certaines personnes, choquées à la pensée d'une licence physique, peuvent néanmoins être coupables, dans d'autres domaines, d'intempérance grossière, — plus sérieuse peut-être. La colère est une forme courante mais gave d'intempérance de l'âme. « Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu'un héros, et celui qui est maître de lui-même que celui qui prend des villes » (Prov 16:32). Nous devons nous souvenir que toujours bouder et se laisser aller à une humeur chagrine est une intempérance aussi blâmable qu'une exhibition violente de rage injustifiée. Laisser courir la langue en est une autre ; que ce soit seulement bavardages, légèreté excessive ou confidences abusives. Le remède scripturaire est énergique. Jacques emploie le terme emphatique « brider » et donne l'illustration d'un mors dans la bouche d'un cheval. (Jacques 1:26 ; 3:2). C'est là le contrôle véritable de soi--même. L'amour démesuré de la louange est une autre faiblesse qui peut également devenir une intempérance. Nous sommes tous soutenus par quelques paroles aimables d'appréciation bien méritées. Mais certains prédicateurs sont à tel point esclaves des applaudissements publics qu'ils ne peuvent guère prêcher sans être accompagnés d'un chorus ronflant « d'alléluias », à coup sûr une forme extérieure de louange destinée à eux-mêmes, et non à Dieu. Ils dépasseront à l'occasion toutes les limites de la bienséance, et de la considération pour les autres, sur l'estrade ou ailleurs. Il est des moments où de longs sermons, et des déclarations explicites » ou « hardies » ne sont autres qu'une intempérance mentale. Le contrôle spirituel Une telle nécessité peut être une possibilité étonnante pour beaucoup, mais il est d'une haute importance d'en reconnaître la place essentielle dans Tes expériences de Pentecôte. « Les esprits des prophètes sont, soumis aux prophètes » (1 Cor. 14:32) ; et, le don des langues est parfaitement sous le contrôle de celui qui l'exerce. (1Co 14 : 28). Notre propre esprit est extrêmement sensible aux sentiments profonds (ainsi, Jésus « frémit » en Son esprit, et Paul fut « irrité » (Jean 11:33 ; Actes 17:16). Nous devons donc garder le contrôle sur notre esprit toutes les fois que nos sentiments sont fortement mis en jeu, et que le réclament impérieusement les circonstances. Dans notre vie chrétienne privée ce contrôle sera peut -être moins nécessaire, et nous pourrons laisser à notre esprit une liberté sans entraves pour parler « à nous-mêmes et à Dieu ». Mais dans les réunions publiques de l'assemblée, exemple, l'amour de Christ pour d'autres âmes nous incitera à considérer l'heure et le milieu dans lequel nous nous trouvons, avant de nous permettre une entière liberté dans l'exercice des dons spirituels. Une attention toute particulière est recommandée dans les réunions où notre esprit est porté à émouvoir, pendant des sermons puissants, des prières émouvantes ou des cantiques ou domine une note sentimentale. Nous contrôler nous- mêmes n'est pas éteindre le Saint-Esprit, mais manifester un de Ses fruits. Tous les croyants en qui Il demeure doivent apprendre à discerner entre les émotions de source seulement humaine et les moments où le Seigneur désire effectivement utiliser leur esprit pour prononcer des messages inspirés sous forme de révélations. Si notre propre esprit ne possède pas ce fruit, le contrôle de soi-même, nous pouvons donner en public des exhibitions désastreuses d'intempérance émotive parfaitement inutile. La force intérieure Le mot grec pour « tempérance » signifie « posséder la force intérieure ». C'est-à-dire que notre force intérieure de volonté est plus grande que toute force extérieure des tentations, des désirs ou des émotions. Il dénote le contrôle parfait de nous-mêmes. Une telle condition est vraiment enviable. Enseigner la tempérance à un homme qui,par des années de plaisirs égoïstes, a perdu toute force de résistance spirituelle, semble une moquerie cruelle. L'enseignement du fruit de l'Esprit est une bonne nouvelle , entre toutes : Christ demeurant en nous peut achever une oeuvre dont nous ne pouvons jamais espérer l'accomplissement par nos propres forces. Une marche constante avec Lui transformera le plus faible d'entre nous à Son image ; et les hommes commenceront à voir en nous un peu de ce contrôle magnifique, de cet équilibre divin en toutes circonstances, qui était toujours la marque divine du Fils de l'Homme. La force intérieure ne procède pas de nous, mais de Lui. FIN

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