LE FRUIT DE L'ESPRIT (Donald GEE) CHAPITRE 4, 5, 6,

12:33Ministere MotsdeDieu

CHAPITRE IV LA PAIX Hier soir, j'étais sur le pont du transatlantique ; je regardais les étoiles pendant que le navire suivait sa marche régulière à travers une mer calme,par une fraîche nuit des tropiques. Un frère en Christ, prédicateur, était assis à côté de moi, et nous nous entretenions des choses de Dieu. Toute la journée une activité incessante et des jeux continuels s'étaient déroulés sur le pont parmi les passagers ; ceci semble bien caractériser le contraste que nous éprouvons souvent entre la joie et la paix. Chacun d'entre nous, à certaines heures, aspire à la paix plus encore qu'à la joie. Un des plus beaux noms donnés à notre Père Céleste est celui de « Dieu de Paix », (Romains 16:20 2 Cor. 13:11). Nous ne pourrions jamais prononcer de bénédiction plus propre à remplir un coeur que celle-ci « Que la Paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence,garde vos coeurs et vos pensées ».... Un merveilleux héritage Nous aimons généralement faire en sorte que nos biens les plus chers aillent à ceux que nous aimons le plus. Il semble qu'un tel désir emplissait le coeur du Seigneur Jésus la nuit même où il fut trahi. « Je vous laisse ma paix »,dit-il à Ses disciples. (Jean 14:27). Combien merveilleuse avait toujours été cette paix ! Au milieu de la tempête, sur le lac. Il ne connaissait aucune inquiétude ; devant les démons,Il était le Maître absolu ; la foule hostile, Il la traversait simplement, gardé par une tranquillité,une paix invincibles. John Wesley, dans ses mémoires,rend le témoignage qu'il possédait une paix semblable devant les foules hostiles de son temps ; c'était le fruit de l'Esprit, sa part personnelle du grand héritage que Christ laisse à tous ses vrais serviteurs. Je connais une belle histoire d'un vieux martyr. Pendant que le feu s'allumait autour de lui, il dit à l'officier présent de placer la main sur son coeur. La tranquillité merveilleuse de ce coeur étonna si profondément le persécuteur qu'il devint, lui, aussi, un chrétien. Cette paix, héritage divin du Sauveur, est apportée à nos vies comme un fruit de Son Esprit demeurant en nous. La paix grandit Naturellement, elle nous est d'abord donnée là où la paix de Jésus avait toujours reposé depuis le commencement — dans une union parfaite avec le Père. La seule source, véritable de cette paix pour notre vie est dans la justification.« Etant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ » (Romains 5:1). C'est la « paix par le sang de Sa Croix » (Eph 1:20). Voilà le commencement : mais la paix peut et doit grandir. Le 11 novembre 1918, l'armistice fit taire les canons, et la guerre prit fin. Cependant les nations étaient organisées pour la guerre, et des mois devaient s'écouler avant que les conditions de paix, ne fussent réellement établies dans tous les pays. De grandes usines à munitions devaient être transformées ou détruites, des millions de soldats démobilisés et ramenés peu à peu à des occupations paisibles. Ainsi en est-il de l'âme : la conversion signifie l'abandon des armes de la rébellion et de la guerre contre Dieu, mais il se passe souvent un temps assez considérable avant que notre être tout entier soit soumis à l'influence bienfaisante de Sa paix divine. Pour beaucoup de chrétiens,elle ne s'étend jamais au-delà du sentiment que leurs péchés sont pardonnés, et de l'assurance d'un pardon final. Leur vie est remplie d'une anxiété et d'une inquiétude continuelles, ils sont, même dans l'église, une source fréquente d'inquiétude et de trouble, ne possédant pas eux-mêmes la paix et ôtant la tranquillité des autres. Le champ de bataille de notre esprit Les luttes les plus dures se déroulent généralement dans notre esprit. Ceci ajoute à la beauté significative des douces paroles d'Esaïe (Esa 26:3) « A celui qui est ferme dans ses sentiments tu assures la paix, la paix, parce qu'il se confie en Toi ». Elles nous parlent de l'esprit humain en repos, rempli de la connaissance du Tout-Puissant, assuré que l'Eternel suffit pour résoudre toutes les difficultés. Une telle paix est véritablement un fruit de l'Esprit,car Son oeuvre est de nous donner « un esprit de sagesse et de révélation dans Sa connaissance ». (Eph. 1:17-18). Nous oublions souvent que nous pouvons occuper nos pensées à tout ce que nous voulons. Tant de personnes considèrent que l'esprit humain est toujours la victime impuissante des circonstances ! Pourtant ce n'est pas exact. Dans un passage célèbre Paul dit, littéralement : « L'attachement aux choses de la chair, c'est la mort, mais l'attachement aux choses de l'Esprit c'est la vie et la paix ». (Romains 8:6). Nous pourrions peut-être traduire par l'« attention » aux choses de l'Esprit. Moffatt traduisait ainsi : « l'affection de la chair, c'est la mort, mais l'affection de l'Esprit c'est la vie et la paix ». Dans tous les cas l'enseignement est clair. Si nous voulons la paix, notre attention doit être portée aux choses de l'Esprit. Nous pouvons délibérément suivre cette voie par nos habitudes, par des lectures, par l'assistance aux réunions, par la méditation, en travaillant pour Christ. Si nous laissons le monde accaparer notre esprit, nous ne devons pas nous étonner de perdre la paix de Dieu. Un homme, en lisant un « roman policier » émouvant avant de se coucher,pourrait tout aussi bien se plaindre de cauchemars la nuit ! Nous avons deux moyens spécifiques de garder notre esprit dans la paix de Dieu. a) Apporter toutes choses à Dieu « par la prière avec actions de grâces ». « Ne vous inquiétez de rien, mais en toutes choses faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications avec actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos coeurs et vos pensées en Jésus-Christ » (Phil. 4:6-7) « gardera comme par une garnison vos coeurs et vos pensées en Jésus-Christ » (Phil. 4:6-7). Newberry). b) Aimer d'une manière pratique la Parole de Dieu « Il y a beaucoup de paix pour ceux qui aiment ta loi, et il ne leur arrive aucun malheur » (Psaume 119:65). On considère souvent le prophète Daniel comme l'auteur de ce psaume ; s'il en est ainsi, il nous révèle la source de la paix qui était sienne même dans la fosse aux lions. Quel contraste avec le pauvre roi, privé de tout sommeil ! (Daniel 6:18).On peut citer l’exemple du fils du capitaine qui, sachant son Père à son poste, s’est endormi en paix. En observant ces règles, nous verrons certainement le fruit de l'Esprit, la paix, grandir dans nos coeurs. Quelle bénédiction ne serons-nous pas pour les autres, souvent à notre insu ! La paix dans l'Assemblée Mais cette paix de Dieu n'est pas seulement une bénédiction personnelle pour chacun de Ses enfants ; elle est un héritage de notre vie commune dans l'Eglise : « La Paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps (Col 3:15). Les assemblées qui ne la connaissent pas sont bien tristes. Elle est notre héritage commun en Christ, mais ce fait ne nous dispense nullement de l'obligation de la préserver avec soin. L'un des moyens d'y parvenir est d'éviter toute controverse inutile. « Repousse les discussions folles et inutiles, sachant qu'elles font naître des querelles » (2 Tim 2:23). Certaines personnes n'aiment rien mieux que de toujours argumenter. D'autres, faute de bon sens, semblent ne jamais savoir en quelles occasions, à quels moments, rester bouche close sur un sujet de controverse: Par bonheur il en existe qui ont cette sagesse. Une belle anecdote que j'entendis en) Australie nous servira d'illustration. Un certain prédicateur anglais avait enseigné ! un point secondaire de doctrine sur lequel les assemblées australiennes n'étaient pas d'accord. Très timidement, un jeune pasteur, accompagné de ses diacres, l'aborda et lui demanda de ne pas continuer, pour la paix de l'assemblée. Le célèbre évangéliste prit un moment un air sévère et dit : « Savez-vous ce que je vais faire ? » Ils répondirent non, et pensaient qu'il allait sans doute mettre fin à la série de réunions spéciales (certains auraient agi de la sorte). A leur grand bonheur il répondit : « Je vais vous embrasser tous ! ». Il le fit, et ne mentionna plus jamais le sujet de controverse. Oh ! puissions-nous avoir plus d'hommes sachant manifester une telle sagesse, une telle grâce divine ! Un autre domaine sur lequel nous devons veiller avec soin, pour préserver la paix des assemblées de Pentecôte est l'exercice des dons spirituels. Employés d'une manière correcte par l'Esprit de Dieu, ils doivent toujours contribuer à la paix et à l'union. Paul résume la chose en ces mots : (« Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix » (1 Cor. 14:33). A Corinthe les « esprits des prophètes » n'étant pas bien contrôlés, quelques-uns des usages des dons spirituels étaient loin d'ajouter à la paix de l'assemblée. Si nous voulons voir le fruit vital de l'Esprit, la paix, grandir dans nos églises, nous devons soigneusement veiller à ce point. Ce n'est pas trop dire d'affirmer qu'en règle générale nous pouvons juger de la mesure dans laquelle un don spirituel est exercé par l'Esprit de Dieu par la manière dont il contribue à la paix de l'assemblée, ou y fait obstacle, étant entendu toutefois que l'assemblée désire sincèrement voir l'Esprit de Dieu agir en toute liberté. Les églises qui vivent dans la paix sont toujours spirituellement les plus saines cultiver ce fruit est donc une des préparations les plus efficaces à un accroissement général. « L'Eglise était en paix...et elle s'accroissait » (Actes 9:31) La paix véritable n'est pas synonyme de paresse : elle est le fond nécessaire à toute activité heureuse et utile. Elle est essentiellement l'atmosphère de la moisson active des champs. -------------------------------------------------------------------------------- CHAPITRE V LA LONGANIMITE (LA PATIENCE) La « longanimité » nous ramène aux tout premiers temps, quand l'histoire des rapports de Dieu avec les hommes était encore jeune, « lorsque la patience de Dieu se prolongeait, aux jours de Noé ». (1 Pierre 3:2). Fait remarquable,le cercle se complète ; la patience de Dieu opère de nouveau vers la fin,retenant le plus longtemps possible le jour inévitable du jugement : « Le Seigneur ne tarde pas dans l'accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient ; mais Il use de patience envers vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance. Le jour du Seigneur viendra.... (2 Pierre 3:9). Un attribut de Dieu La longanimité, fruit de l'Esprit,est l'un des attributs du Tout-Puissant. Elle forme partie du nom éternel (Exode 34:6) ; elle est une raison fréquente d'adoration et de louange. Elle se révèle d'une manière particulière dans la patience et la miséricorde divines envers les pécheurs (et non envers leur péché). Ce gracieux attribut de la Divinité brille d'une lumière plus grande encore si nous nous rappelons que tout péché est finalement une offense personnelle contre un Dieu personnel. Ce sentiment permet aux pécheurs réconciliés avec Dieu par Christ d'apprécier Sa longanimité avec plus de profondeur. Paul dit : « J'ai obtenu miséricorde, afin que Jésus-Christ fit voir en moi le premier toute Sa longanimité pour que je servisse d'exemple (1 Tim 1:16). Le but de la longanimité divine est d'amener les hommes à la repentance. (Rom.2:4). Il importe de se rappeler ceci : la patience divine a un but. Elle n'est pas seulement une endurance passive et sans objet. Elle diffère en cela d'une simple résignation à l'inévitable. Il s'ensuit donc que la longanimité véritable est essentiellement volontaire. Dieu n'est pas obligé de souffrir longtemps les malfaiteurs. Il le fait parce que l'amour est « patient et plein de bonté » (1 Cor 13.4) et ceux qui font preuve de longanimité agissent ainsi dans le dessein ferme de manifester de la bonté. Un fruit de l'Esprit Nous devons contempler la longanimité à sa source même dans le coeur de Dieu, en nous rappelant que ce fruit de l'Esprit résulte directement de notre participation à la nature divine, et ne parvient à maturité que par notre communion constante avec Dieu. La ressemblance entre Dieu et ses enfants peut ici devenir très belle. Je n'oublierai jamais la remarque passagère d'un pasteur fidèle que j'entendis dans ma jeunesse. Certaines personnes s'opposaient âprement à lui, cherchant à entraver son ministère et à y porter atteinte par tous les moyens en leur pouvoir. Quelques- uns d'entre nous étaient émerveillés de la manière dont il supportait leurs insultes et leur perversité. « Dieu est patient avec eux, je peux l'être aussi », dit-il simplement. L'épître aux Colossiens contient une déclaration importante au sujet de la longanimité (Col. 1:11). « Fortifiés à tous égards par Sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients ». Deux idées sont particulièrement frappantes dans ce passage : a) L'objet d'un tel revêtement de puissance doit être la longanimité. Nous pensons généralement que ce revêtement est donné dans le seul but de nous permettre d'accomplir des oeuvres grandioses en son Nom, et de remplir un ministre puissant et varié. La « longanimité » est cependant ici la fin spécifique de la puissance, et cela peut apporter à quelques personnes une lumière nouvelle sur le but pour lequel nous recevons le Baptême du Saint-Esprit. Sans aucun doute, il est accordé parfois pour faire de certains hommes des « colonnes » dans l'Eglise (Galates 2:9). De tels hommes sone toujours d'une valeur et d'une important de premier ordre. Il arrive que des prédicateurs brillamment doués, des travailleurs actifs pour Christ, ont peu de valeur comme « colonnes » simplement parce qu'ils ne montrent pas assez de longanimité. Leur ministère aurait peu d'occasions de s'exercer sans le concours d'assemblées déjà établies, qui subsistent grâce aux véritables colonnes que sont leurs pasteurs et leurs anciens. b) La seconde chose digne de remarque est que nous devons être persévérants et patients avec joie. Or, ceci est un point capital. Nombre de personnes se parent d'une caricature de la longanimité. Elles se vantent de leur patience, et ne cessent de publier leur douceur et leur résignation remarquables. Leurs soupirs feraient honneur à une machine à vapeur ! Tout cela n'est pas le fruit de l'Esprit ; la longanimité qu'il donne est joyeuse, elle chante. Moffatt traduit ainsi ce passage. « En sorte que vous soyez toujours joyeusement patients ». Un produit des hivers de Dieu Lorsque, dernièrement, je quittai ma maison en Angleterre, c'était au milieu de l'hiver. Beaucoup d'arbres étaient dénudés et le givre couvrait le sol. Je fis le tour des parterres que j'avais plantés, et songeai aux couleurs gaies des fleurs qui les avaient remplis l'été précédent : tout était disparu. Nous avons seulement pu préparer dans la serre des couches pour une culture entièrement nouvelle de plantes annuelles délicates. Cependant, au dehors, les racines des grands vieux arbres,solides et robustes,toujours pleins de vie,pénétraient profondément dans la chaleur du sol ; et des touffes de plantes vivaces sortaient déjà de terre, pour voir si le printemps approchait. La longanimité possède les caractéristiques de ces vieux arbres précisément parce qu'elle est le produit des hivers, comme des étés de Dieu. Elle a la force des choses qui viennent à maturité par l'épreuve. De toute évidence ce fruit de l'Esprit ne peut croître en nous sans que nous soyons éprouvés. Car, qui peut « souffrir » sans avoir connu l'épreuve ? Et qui peut « souffrir longtemps » sans épreuve prolongée ? Sûrement le dessein de Dieu dans les tribulations de Ses enfants est de produire et de perfectionner en nous, de la seule manière possible, ce fruit de l'Esprit. Le malheur peut avoir deux effets distincts. Il peut remplir d'amertume ou de tendresse. Les patriarches Job et Joseph sont, dans la Bible, les deux grands exemples de tribulation produisant la patience et c'est une des plus grandes beautés de l'histoire que Joseph, après dix années de prison par une injustice grossière. apparaisse aussi libre d'amertume,aussi radieux qu'une matinée de printemps, toujours animé d'une foi lumineuse, et d'un amour triomphant. La marque d'un serviteur approuvé. La longanimité véritable est qualité plutôt rare. Nous trouvons souvent le défaut opposé, fort peu attrayant : la vivacité et la mauvaise humeur. Et, murmurons-le tout doucement, les prédicateurs même ne manifestent pas toujours autant de longanimité qu'on pourrait en attendre. La Bible elle-même donne quelques exemples. Il y a Jonas. Il put amener une grande ville à la repentance par sa prédication, mais se montra coléreux comme tout au sujet du ricin. (Jonas 4:9). Et, pouvons-nous le dire ? il n'était pas le dernier prédicateur enflammé de la justice, qui pouvait avoir l'humeur excessivement difficile quand sa prédication était terminée, si tout n'allait pas comme il l'entendait. De tels hommes peuvent avoir du succès comme prophètes et évangélistes ; ils ne font que de piètres pasteurs. Même les douze apôtres nous donnent un exemple d'impatience par leur attitude à l'égard des mères qui amenaient leurs petits enfants à Jésus, et la manière dont ils les congédièrent brièvement. Certains types de spiritualité semblent toujours d'une impatience étrange avec les enfants. Mais le Seigneur Jésus n'était pas ainsi. Nul ne peut se permettre de négliger ce fruit de l'Esprit s'il veut devenir un ministre approuvé de Dieu. L'Ecriture le compte expressément parmi les caractères distinctifs d'un tel homme. (2 Cor. 6:4-6). Il doit prendre soin de le manifester dans sa prédication, et « reprendre, censurer, exhorter avec toute douceur et en instruisant ». (2 Tim. 4:2.) Qu'il est facile de laisser une note d'impatience et d'irritation se glisser dans un sermon ! Les gens paraissent parfois si lents à comprendre et à montrer quelque approbation. Seul l'Esprit de Christ peut nous donner la grâce de répéter à plusieurs reprises les mêmes vérités, dans le langage le plus simple possible, jusqu'à ce que les auditeurs semblent vraiment commencer à comprendre. Le prédicateur peut en être persuadé : qu'ils saisissent ou non la doctrine, ils sentiront bien sa disposition d'esprit, et rien ne fermera plus effectivement leurs coeurs que de ressentir son impatience envers eux. Je me souviens d'une convention,en Angleterre,pendant laquelle un prédicateur fit, de l'estrade même,des reproches à l'assemblée pour son inattention. Il parlait du Calvaire à une réunion de croyants. Pauvre prédicateur ! nous n'avons plus beaucoup entendu parler de lui et cela n'est pas étonnant. Il lui fallait chercher en lui-même la raison de son échec. Il ne possédait qu'une connaissance intellectuelle, et s'impatientait que nous ne nous laissions pas éblouir quand nos coeurs n'étaient pas touchés. Nos vies prêchent des sermons plus efficaces que ne le font nos paroles. Un prédicateur doit manifester de la longanimité dans sa conduite s'il veut gagner les âmes. (2 Tim. 3:10). J'ai été parfois émerveillé de voir comment certains des pasteurs les plus actifs que je connaisse,— des hommes auxquels sont confiés de grandes et vivantes assemblées — semblent avoir du temps à perdre, une patience illimitée, pour rendre visite à toutes sortes de personnes déraisonnables, sans importance apparente, et pour causer avec elles. Mais n'est-ce pas là, après tout, la raison secrète de leur succès ? Je pense que oui. -------------------------------------------------------------------------------- CHAPITRE VI LA BENIGNITE (LA BIENVEILLANCE) Dans une certaine aciérie d'Angleterre il y a un marteau-pilon très puissant. Après avoir expliqué et démontré aux visiteurs sa force exceptionnelle, l'opérateur termine généralement la démonstration en cassant une noix avec ce grand marteau-pilon. Et la noix est ouverte aussi doucement, aussi proprement qu'avec un petit casse-noisette à main. Voilà la bénignité véritable. Car la bénignité ne doit jamais être confondue avec la faiblesse. Elle est la puissance sous un contrôle parfait. La bénignité de Dieu. II faut la force rude de l'homme, et la tendresse éclairée de la femme, pour former la douceur la plus belle. C'est la bienveillance au sens le meilleur et le plus complet du mot. Car Dieu est bienveillance, et manifester la bénignité comme fruit de l'Esprit, c'est ressembler à Dieu dans un de ses attributs les plus aimables « Vous serez fils du Très-Haut, car il est bon. » (Luc 6:35). Lorsque les hommes, sous l'inspiration du Saint-Esprit, veulent décrire cette caractéristique du Tout-Puissant, ils parlent généralement de Lui comme d'un « Berger ». Cette bienveillance divine non seulement fit grand David (Psaume 18:35), mais elle l'inspira aussi à commencer un de ses psaumes les plus admirables par ces mots : « L'Eternel est mon Berger ». La grande bonté, les compassions de l'Eternel sont un thème constant de louanges. Le passage de l'Ecriture qui, peut être, nous permet le mieux de comprendre et d'apprécier la douceur divine est Esaïe 40:10-12. Le verset central est rempli d'une beauté paisible et forte : « Comme un Berger, il paîtra son troupeau, il prendra les agneaux dans Ses bras et les portera dans son sein ; il conduira doucement les brebis qui allaitent ». Cependant, les versets qui précèdent et suivent immédiatement ce joyau d'une douceur exquisément révélée contiennent une description éloquente de la puissance du bras de l'Eternel, le Gouverneur Tout-puissant, et de Sa sagesse infinie comme Créateur des extrémités de la terre, de celui qui a pris les dimensions des cieux avec la paume. Le contraste est superbe, et donne une conception exacte de la bénignité véritable, — la puissance, sous le contrôle de l'amour parfait. Paul, dans la seconde Epître aux Corinthiens, parle de la « douceur et de la bonté de Christ » (2 Cor. 10:1) En lui, la prophétie fut accomplie : « il ne brisera point le roseau cassé, et n'éteindra point la mèche qui brûle encore » (Esaïe 42:3). La bienveillance de notre Seigneur fut manifestée dans ses rapports avec les malades, les pauvres, les enfants, les pécheurs. Tous ceux qui comptaient au nombre des « roseaux brisés » en éprouvaient la bonté. Sa bénignité apparaît dans un trait plein de beau té,à la résurrection de la fille de Jaïrus. Il fait d'abord sortir la foule bruyante des gens qui pleurent et entre avec le père et la mère seuls; puis, avec une douceur exquise, il prend la main de la jeune fille et la réveille du sommeil de la mort. Enfin, ce trait final : il ordonne de lui donner à manger. Il est vrai qu'il réprimanda les fièvres, et qu'il fut sévère avec les dénions, mais nous avons pensé que les enfants de Dieu agissant en Son Nom gagneraient parfois à Lui ressembler un peu plus dans la bienveillance. La bénignité avec les âmes. Ce fruit de l'Esprit de Dieu est d'une importance primordiale chez un ministre de l'Evangile, dont le travail est souvent délicat. L'âme humaine est la création la plus merveilleuse de Dieu, et pour la diriger d'une manière tant soit peu efficace, ainsi qu'un serviteur de Christ est souvent, par son ministère, appelé à le faire, il faut une habileté donnée par le ciel même, et maintenue dans la perfection par une marche étroite avec Dieu. Ceux d'entre nous qui ne sont pas mis à part pour l'oeuvre spéciale du ministère doivent se souvenir que nous sommes tous appelés à être en contact avec d'autres âmes, sur le chemin de la vie. Nous avons tous besoin de la bienveillance pour nous garder d'infliger des blessures inutiles, et pour apporter le peu de secours dont on a si souvent besoin. a) Comme une mère avec ses enfants. Paul, en écrivant aux Thessaloniciens, déclare : « Nous avons été doux au milieu « de vous, comme une nourrice qui prend « un tendre soin de ses propres enfants ». (1 Thess. 2:7) (Version Synodale). Nous devons nous rappeler que les débutants de la vie chrétienne sont décrits par l'Esprit de Dieu comme des « enfants nouveau-nés ». (1 Pierre 2:2). Les croyants plus anciens semblent parfois l'oublier. Ils imposent à de jeunes convertis des niveaux spirituels applicables seulement à des chrétiens d'une expérience mûre. Nous ne suggérons pas un instant que les niveaux ultimes de la sainteté peuvent ou doivent être changés, mais nous sommes convaincus qu'il y a lieu d'exercer beaucoup de bonté,de bienveillance, lorsque de nouveaux convertis croissent dans la grâce. Les mères et les nourrices sont très douces avec de petits enfants qui ne savent pas encore se bien tenir à table ; elles ne grondent certainement pas le petit qui tombe en faisant ses premiers pas. Nous avons encore besoin de quelques Elisées pour dire aux Naamans « d'aller en paix » au lieu de les charger de fardeaux trop lourds à porter (2 Rois 5:18-19). C'est faute d'une bénignité raisonnable que certains nouveaux convertis pleins de promesse ont été rejetés dans le monde. Lorsqu'un croyant récemment baptisé du Saint-Esprit commet dans l'Assemblée une erreur dans l'exercice d'un don spirituel, c'est une brutalité complète de le reprendre dans une réunion. Si la chose est inévitable, elle doit être faite avec un grand tact, une grande bienveillance. Mais la bonté vraie préférera toujours l'avertissement privé. De même, c'est manquer de bonté réelle que de confier trop hâtivement une fonction à un jeune croyant. Aucune mère ou nourrice sage n'agirait ainsi avec les enfants qui lui sont confiés. « Il ne faut pas qu'il soit un nouveau converti, de peur qu'enflé d'orgueil..... (1 Tim. 3:16). Nous devons payer cher pour nos fautes. Les enfants nouveau-nés doivent recevoir le « lait spirituel et pur », mais il faut de la douceur pour les nourrir avec adresse, comme le savent fort bien tous ceux qui ont dû élever au biberon un jeune bébé. Certains pasteurs (et quelques moniteurs d'école du Dimanche) ont encore à apprendre l'art de donner la Parole sous forme de « lait ». Ne vous plaignez pas de la perte de l'appétit spirituel chez ceux qui vous sont confiés, si vous leur donnez comme nourriture la viande coriace d'une théologie systématique qui convient seulement à des élèves de troisième année dans une faculté, ou les ossements d'une doctrine de controverse dont la discussion serait mieux placée à une réunion privée de conseil presbytéral. N'avez-vous jamais songé que ce n'était vraiment pas charitable ? b) Comme une garde avec ses malades Peut-il y avoir de démonstration plus parfaite de la douceur et de la bonté que la manière d'agir d'une infirmière adroite envers son malade ? Et, malheureusement, beaucoup de personnes sont malades dans leur âme. Nous connaissons les symptômes habituels ; et combien leur ressemblance est frappante dans les domaines physique et spirituel. La perte de l'appétit, l'irritabilité, une sensibilité excessive, une vivacité à prendre offense, une humeur chagrine, un mécontentement de tout, une antipathie au travail, un désir revêche de se séparer du reste de la famille. Ce sont là les marques infaillibles d'un chrétien malade. Nous sommes très fortement tentés de nous irriter contre des gens dans une telle condition, et nous sentons qu'une bonne secousse, et quelques rudes paroles leur feraient beaucoup de bien. Mais généralement la douceur l'emporte. « Le serviteur du Seigneur doit avoir de la condescendance pour tous, être propre à enseigner, doué de patience ; il doit redresser avec douceur les adversaires ». (2 Tim. 2:24-25). Maint pasteur a gagné plusieurs de ses membres les plus fidèles par une bienveillance persévérante devant une irritabilité et des malentendus volontaires. Quelquefois, lorsque les gens sont malades, nous devons respecter la tranquillité de leur chambre ; nous ne pouvons nous permettre de siffler, chanter, ou engager des conversations bruyantes, si enclins que nous soyons à le faire, nous qui jouissons d'une pleine santé. Loin de nous de suggérer d'éteindre l'Esprit ; nous voulons dire que Sa douceur nous incitera à modérer l'exubérance de nos propres sentiments dans bien des occasions où nous sommes en présence de chrétiens ne possédant pas notre plénitude de santé et de vie spirituelles. C'est là se conformer au principe scripturaire de ne pas laisser notre liberté personnelle devenir une pierre d'achoppement pour un frère plus faible. Et les fruits de l'Esprit ne seront jamais en conflit avec les dons spirituels exercés « dans l'Esprit ». Comme un artisan avec son travail. Je regardai un jour un potier travaillant sur son tour. Je fus impressionné par la sensibilité merveilleuse de ses doigts, et la forme donnée au vase par la moindre pression sur l'argile. Il y a toujours quelque chose de noble et d'instructif dans toute oeuvre d'artisan habile. Les artisans de Dieu ont besoin du doigté le plus sensible entre tous, car leur travail est d'une importance très grande, de conséquences éternelles. La douceur forme partie de l'adresse indispensable pour accomplir une telle oeuvre de maître artisan. Les attributs de la sagesse que Jacques énumère impliquent cette douceur : « La Sagesse d'En-Haut est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde » (Jacques 3:17). Toutes ces choses, pour être dirigées en bénédiction sur les âmes, nécessitent le doigté d'un artiste. Les artistes ont toujours leur place. Quelle habile bienveillance ne faut-il pas pour gagner les âmes ! Il est instructif de contempler le Maître à l'oeuvre avec Nathanaël, avec Nicodème, avec la Samaritaine près du puits,avec Zachée, avec Pierre... oui, et avec vous et moi. Grâces soient rendues à Dieu, il possède encore de nos jours de nombreux experts, des ouvriers habiles, équipés du fruit de l'Esprit, la douceur,pour la plus grande de toutes les tâches. L'adresse d'un très bon pilote est indispensable dans une assemblée, — celle de l'homme qui peut lui apporter la « direction du Saint-Esprit » — pour garder les réunions loin des écueils et des remous, dans l'eau profonde de la plénitude des bénédictions spirituelles, tout en faisant le moins possible appesantir son autorité. Un tel frère, s'il est véritablement expert, possédera le don et la fonction de « gouverner » (1 Cor. 12:28) ; littéralement de « pilotage ». Nous sommes persuadés cependant que le fruit de la bienveillance accompagnera le don reçu. En de rares occasions, lorsqu'un grand vaisseau suit en mer une marche rapide,un danger soudain peut contraindre le pilote à changer brusquement la direction du navire. Mais cela le soumet de toutes parts à une tension considérable, et le met presque en morceaux. Le pilote conduit habituellement le navire avec douceur,et seul un grand danger imprévu le fera déroger à cette règle. Quel choc n'y a-t-il pas aussi dans une assemblée, quand celui qui préside gît sans douceur, d'une manière arbitraire! Voyez le contraste entre la puissance d'un grand transatlantique, et la douceur superbe avec laquelle il est toujours amené à quai I Le vaisseau ralentit sa marche, et semble se mouvoir à peine. Il se rapproche de plus en plus, en silence, du rivage ; un mince cordeau est lancé, puis un câble plus épais, et ainsi, mètre par mètre, l'énorme vaisseau est amené sans danger contre la jetée. Je fus frappé plus encore par l'atterrissage d'un grand aéroplane,car à ce moment-là je m'attendais vraiment à une forte secousse. Nous avions été avertis de nous attacher à nos sièges par des courroies,pour une telle éventualité. Mais le pilote amena si habilement l'avion au sol que l'atterrissage fut à peine perceptible. Le Seigneur veut, dans assemblées, des pilotes qui puissent agir de même dans une réunion ! Dans l'accomplissement des desseins éternels de Dieu, déversant Son Esprit avec puissance à la Pentecôte, il restera toujours une place essentielle pour le fruit de l'Esprit, la bénignité. Elle est une des qualités indispensables aux grands dons spirituels, et la marque de l'ouvrier revêtu de la Puissance d'En-Haut, sous le contrôle du parfait amour.

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