LES DONS SPIRITUELS (Donald GEE) CHAPITRE I, 2, 3, 4

12:39Ministere MotsdeDieu

l° épître de Paul aux Corinthiens. Chapitre 12. — 1 Pour ce qui concerne les dons spirituels, je ne veux pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance. 2 Vous savez que, lorsque vous étiez païens, vous vous laissiez entraîner vers les idoles muettes, selon que vous étiez conduits. 3 C'est pourquoi je vous déclare que nul, s'il parle par l'Esprit de Dieu, ne dit : Jésus est anathème ! et que nul ne peut dire : Jésus est le Seigneur ! si ce n'est par le Saint-Esprit. 4 II y a diversité de dons, mais le même Esprit ; 5 diversité de ministères, mais le même Seigneur ; 6 diversité d'opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. Or, à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune. 8 En effet, à l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance par le même Esprit ; 9 à un autre, la foi, par le même Esprit ; à un autre le don des guérisons, par le même Esprit ; 19 à un autre, le don d'opérer des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un autre, l'interprétation des langues. " Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut. -------------------------------------------------------------------------------- INTRODUCTION M. Donald Gee, qui a bien voulu nous autoriser à présenter au public de langue française, son livre sur les Dons spirituels, appartient à cette fraction de l'Eglise chrétienne que l'on a pris coutume d'appeler le mouvement de Pentecôte. M. Donald Gee a été pasteur à Édimbourg, dans une église foursquare (1), et, depuis quelques années, il parcourt le monde entier, prêchant et enseignant, principalement sur la question des dons spirituels. Nous espérons que cette traduction donnera une idée plus précise de ce qu'est en réalité le mouvement de Pentecôte, ou de l'Evangile foursquare, encore assez mal connu dans notre pays. L'enseignement de M. Gee est essentiellement fondé sur la Bible. Il a, croyons-nous, le grand mérite de nous rendre le sens exact des textes qui concernent les dons spirituels. De la sorte, l'Eglise primitive revit dans notre pensée d'une manière particulièrement précise et intense. Est-il possible, de nos jours, d'avoir une Eglise fondée d'aplomb sur la Parole de Dieu, et jouissant de dons authentiques du Saint-Esprit ? C'est la question que l'existence du mouvement de Pentecôte pose à la conscience, de la chrétienté. Nous espérons que le livre de M. Donald Gee aidera le lecteur à s'orienter vers une réponse personnelle à cette question, sous le regard de Dieu. (1) Le mot anglais foursquare : carré, est le mot caractéristique du Réveil de Pentecôte. Il désigne d'abord le caractère absolu du message évangélique, qui est d'aplomb sur la Parole de Dieu. Les quatre doctrines fondamentales du foursquare sont : Jésus sauve, Jésus guérit, Jésus baptise du Saint-Esprit, Jésus revient. -------------------------------------------------------------------------------- Préface de la 1re édition anglaise L'auteur a rédigé les études bibliques qui composent ce volume, au cours d'une grande tournée de conférences, qui l'a amené en diverses parties du monde. Ces études n'ont pas cependant été conçues à la hâte ; elles représentent le fruit de plusieurs années de méditation sur la question des dons spirituels, selon l'Ecriture Sainte ; et le sujet devient de plus en plus familier à l'auteur au fur et à mesure qu'il le traite de nouveau en public. Il doit beaucoup également aux autres orateurs ou écrivains qui lui ont apporté plus d'un trait de lumière en cette matière. Il ne prétend nullement à l'originalité. Les études sur les Dons spirituels sont accueillies partout avec beaucoup d'intérêt et de faveur. Certainement les croyants ont soif, en tous lieux, d'un enseignement clair et nettement biblique sur ce sujet, car ils comprennent de plus en plus qu'ils peuvent être ainsi conduits à des voies de communion avec Dieu qui véritablement versent l'abondance. (Psaume 65:12). Ceux qui ont entendu l'auteur traiter ces sujets en public, lui ont souvent demandé de présenter ses études en volume ; aussi espère-t-il que le présent petit livre sera favorablement accueilli. Il espère également rendre service, par le moyen de cette publication, à toute l'Eglise de Dieu, en apportant une contribution, — bien modeste —, à ses enseignements sur un sujet qui a été peu traité, et autour duquel flottent un certain nombre d'idées qui, sans être positivement erronées, sont souvent assez mal définies. L'auteur s'est efforcé d'éviter, autant que possible, tout parti pris confessionnel. Il est difficile d'y parvenir quand on est attaché de coeur à un grand mouvement, que l'on veut servir malgré tous les malentendus, les préjugés, et malgré ses propres insuffisances. Toutefois nous espérons que le lecteur même le, plus exigeant trouvera ici peu de controverse et beaucoup d'édification. Ces études ont pour fondement la Bible, Parole inspirée de Dieu ; nous croyons que les faits qu'elle rapporte au sujet des dons spirituels sont authentiques, et que son enseignement en la matière doit être accepté comme étant d'autorité divine. Edimbourg, Décembre 1928. DONALD GEE. -------------------------------------------------------------------------------- Préface de la 3° édition anglaise Le fait qu'une troisième édition du présent opuscule a été nécessaire dans l'espace de dix-huit mois, confirme ce que nous écrivions : à l'heure actuelle il y a un grand désir de connaître l'enseignement de la Bible, sur les Dons spirituels. Nous avons été ému et réconforté par l'appui qui nous a été donné par des chrétiens éminents, qui n'appartiennent pas à ce qu'on est convenu d'appeler le Mouvement de Pentecôte. Ce que nous demandons à Dieu, pardessus tout, c'est que les Dons spirituels fassent partie de l'expérience actuelle de tous ses enfants. Nous attachons à cela beaucoup plus d'importance qu'à une simple adhésion doctrinale. L'Evangile, dans toutes ses parties, ne consiste pas en paroles, mais en puissance. Avril 1930. DONALD GEE. -------------------------------------------------------------------------------- CHAPITRE I Peut-on recevoir les dons spirituels de nos jours ? Pourquoi pas ? A ceux qui disent « non » d'apporter leurs preuves. Rien dans l'Ecriture, la raison ou l'expérience, ne nous permet de croire que les dons du Saint-Esprit, sans aucune exception, ne sont plus d'aujourd'hui. Voyons quels sont les arguments les plus fréquemment avancés pour prouver qu'on ne doit plus compter au XX° siècle sur les dons surnaturels qui, au I" siècle, étaient si répandus dans l'Eglise. 1° Dieu a cessé d'accorder ces manifestations de son Esprit depuis la fin de l'âge apostolique. Sur quelle autorité fonder une telle affirmation ? Non pas certes sur celle du Nouveau Testament. Il ne contient pas une seule ligne qui indique que Dieu ait eu l'intention de retirer ses dons. Bien au contraire, nous lisons : « Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel (Rom. 11:29) — Jésus-Christ est le même hier, aujourd'hui et éternellement (Hébreux, 13:8) ». Le Christ ressuscité, qui 'travaillait avec ses premiers disciples et confirmait la Parole par les miracles qui l'accompagnaient (Marc 16:20), est aussi avec eux « jusqu'à la fin du monde (Matth. 28:20). » Si nous cherchons à rabaisser l'expérience spirituelle, telle qu'elle nous est présentée dans la Bible, au niveau de notre pauvre expérience et de nos propres opinions, où alors nous arrêterons-nous ? On cite souvent, un verset qui prouverait, dit-on, que certains dons spirituels ne sont plus de notre temps : « les langues cesseront » (I Cor. 13:8). Chose curieuse, on affirme que les langues cesseront, et l'on semble ignorer qu'il en est tout à fait de même de la prophétie et de la connaissance. Nos contradicteurs possèdent, en général, cette dernière avec abondance, et se récrieraient vivement si on leur disait que la connaissance a disparu, elle aussi, en ce qui les concerne. Mais ce passage se rapporte évidemment au moment où « ce qui est parfait sera venu » (v. 10), non pas à l'époque actuelle où « nous voyons confusément comme dans un miroir » ; les dons cesseront quand nous verrons face à face (v. 12). En fait, tout le .passage prouve avec une très grande force que nous devons compter sur les dons spirituels jusqu'à la fin du monde actuel, puisque le but divin en vue duquel ils ont été donnés ne sera atteint que lorsque ce qui est parfait sera venu. On admettra facilement que nous n'y sommes pas encore. 2° L'histoire prouve que les dons disparurent à la fin de l'âge apostolique. Ceci est vrai en partie, mais faux dans l'ensemble. En somme, l'histoire prouverait plutôt le contraire. Ce qui est vrai, c'est que les dons furent moins en évidence après l'âge apostolique et même déjà vers la fin de cette époque. Non pas que le Seigneur eût retiré ses dons, mais, comme le dit John Wesley, « parce que l'amour de beaucoup, de presque tous ceux qui portent le nom de chrétiens, s'était refroidi... Telle est la véritable raison pour laquelle les dons extraordinaires du Saint-Esprit disparurent de l'Eglise chrétienne. » Aux époques de Réveil, à travers toute l'histoire de l'Eglise, ils réapparurent sous une forme ou sous une autre. Prenons garde : il ne faut pas accuser Dieu de retirer ses dons, si en réalité c'est l'Eglise qui les a perdus par sa tiédeur. Cependant il n'est pas exact de dire que les dons aient jamais cessé. Irénée, Tertullien, Jean Chrysostome, Augustin, font tous allusion à ces dons comme existant à leur époque. Pendant le Moyen-âge, ils apparurent parmi les Vaudois et les Albigeois persécutés ; plus tard, parmi les Jansénistes, les premiers Quakers, les Prophètes Cévenols, les Méthodistes à leurs débuts, et jusque dans l'église des Irvingiens au XIX° siècle. Il y a beaucoup de chrétiens, encore aujourd'hui en vie, qui ont eu le don des langues ou d'autres manifestations du Saint-Esprit, longtemps avant la grande effusion actuelle qui a commencé vers 1900. 3° Le canon du Nouveau Testament étant définitivement constitué, le ministère des dons spirituels n'est plus nécessaire puisque nous avons la Parole écrite. Cet argument ne tient aucun compte de la vraie nature des dons de l'Esprit. On se figure que l'Eglise primitive attachait la même autorité à l'exercice de ces dons qu'aux Ecritures. Le Nouveau Testament prouve le contraire. L'Eglise primitive fait constamment appel à l'autorité des Saintes Ecritures de l'Ancien Testament (et jamais à l'autorité de ses propres prophètes) pour fonder les doctrines et trancher les discussions. (Actes 2:16-15:15-28:22, etc.). Les prophéties de l'Ecriture (II Pierre 1:20) avaient une toute autre autorité que les dons spirituels : il en est toujours ainsi aujourd'hui. Les dons spirituels n'ont pas eu pour but la composition du Nouveau Testament ; ils ne remplaçaient pas la Parole écrite avant que le Nouveau Testament fût composé. Leur rôle était tout différent, et si on les exerce normalement dans leur propre sphère, ils sont aussi précieux et nécessaires aujourd'hui qu'alors. 4° Mais les dons ne sont plus nécessaires aujourd'hui car le monde est convaincu de la vérité du Christianisme. Peut-on avancer sérieusement un pareil argument ? Même en pays chrétien il y a des multitudes d'incrédules. L'Eglise ne doit-elle plus compter que sur d'éloquents appels intellectuels pour assurer la victoire de l'Evangile On le dirait, si on en juge par la préparation donnée aux pasteurs dans les écoles théologiques. De telles armes sont légitimes et précieuses, nous l'admettons, mais il y a des foules qui ne seront jamais touchées par l'Evangile, si ce n'est par une manifestation surnaturelle de puissance, foules altérées en face d'une Eglise sans puissance. Que la guérison divine et la manifestation des autres dons aient une grande puissance pour éveiller les indifférents, convaincre de péché, attirer à l'Evangile et aboutir à de vraies conversions, le fait est abondamment prouvé. Partout où le ministère des dons spirituels est exercé, les foules accourent en masse. L'exercice des dons spirituels produit aussi dans les services religieux un tel sentiment de la réalité de la présence du Dieu vivant, que les chrétiens qui goûtent ces choses sont remplis d'un enthousiasme entièrement nouveau. Ces résultats ne sont-ils pas nécessaires et précieux ? Les missionnaires dans les pays païens sont dans une situation tout à fait analogue à celle des premiers apôtres. Tout le monde admettra sûrement que, pour eux, les dons de l'Esprit constituent une aide appréciable. Mais si l'on admet leur réalité et leur valeur pour les champs de mission, alors on ne peut plus soutenir qu'ils ne sont pas pour notre temps. 5° Mais si ces dons sont réellement pour notre temps, pourquoi les dirigeants des églises ne les exercent-ils pas ? Pour différentes raisons : quelques-uns se sont détournés de la simplicité de l'Evangile, de la vérité qui est en Jésus, et des doctrines essentielles de la foi : on ne peut guère s'attendre à ce que le Saint-Esprit confère ses dons à de tels ministres. Beaucoup sont fidèles à « la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes » mais il y a le plus souvent, par une étrange inconséquence, une complète incrédulité en ce qui concerne les dons spirituels. On ne les désire pas, on ne les attend pas, on ne croit pas qu'il soit possible de les recevoir. Il y a un principe infaillible ici : « Qu'il vous soit fait selon votre foi ». Dieu n'impose pas ses grâces à ceux qui ne les attendent pas avec foi. Dans certains cas, il est triste de le dire, le prix à payer a été jugé trop élevé. Une opposition acerbe contre les dons spirituels est souvent le fait d'une conscience troublée, qui essaie de se justifier de n'avoir pas répondu à un appel très clair de Dieu, qui voulait l'engager dans cette voie. Parmi les plus consacrés et les plus spirituels des enfants de Dieu, il y a souvent une crainte étrange et bien exagérée de la puissance des démons et de leur habileté à séduire. Le Seigneur laisserait-il un homme sincère qui recherche une vie plus étroitement unie à la sienne, devenir le jouet du Prince des ténèbres ? Que l'on médite plutôt Luc 11:11-13. Par crainte de faire fausse route, on préfère n'avoir aucune expérience du surnaturel. On oublie que le Nouveau Testament contient des règles très simples pour éprouver les esprits, et qu'un esprit de crainte y est tout spécialement condamné. Ce fut un coup de maître de Satan de priver beaucoup d'excellents chrétiens des richesses de leur héritage, par la crainte des illusions. Il est très regrettable que plusieurs des docteurs chrétiens les plus remarquables se soient prêtés de nos jours à cette besogne. Depuis des années la preuve a pu être faite qu'il n'y a rien de démoniaque dans les expériences qui ont été accordées à tant d'enfants de Dieu : cependant la crainte et le préjugé font encore leur oeuvre mortelle. Rien 'n'interdit à l'Eglise de jouir pleinement aujourd'hui de la possession et de l'exercice de tous les dons de l'Esprit. Nous bénissons Dieu du fond du coeur pour ceux qui ont déjà été remis à leur place normale au milieu de nous. Il y a encore des territoires à explorer. Nous devons aller de l'avant avec le courage de la foi. Puisque nous nous avançons sur des terres dont Dieu Lui-même a tracé les frontières, nous pouvons avoir une pleine assurance qu'il nous permettra, dans sa grâce infinie, de jouir pleinement de notre héritage. -------------------------------------------------------------------------------- CHAPITRE II Le but des dons spirituels. Dans le conseil divin, les dons spirituels sont destinés à servir de fondement aux ministères chrétiens. Le Nouveau Testament met cette vérité clairement en lumière (I Cor. 12, Romains 12:3-8, I Pierre 4:10-11). Les divers ministères énumérés dans I Corinthiens 12:28 et Ephésiens 4:11, sont fondés sur le ou les dons accordés au croyant. Dans le chapitre 12 de I Corinthiens, Paul passe tout naturellement de la description des dons (premiers versets du chapitre) à celle des ministères qui découlent de ces dons (fin du même chapitre). Il n'y a peut-être pas un parallélisme absolu entre la liste des dons et celle des ministères, mais cela n'enlève rien au principe. L'Eglise primitive, ayant reconnu que le Saint-Esprit avait départi ses dons avec une souveraineté absolue (« comme il le veut », I Cor. 12:11), reconnut aussi que, de cette manière, Dieu avait donné à l'Eglise les divers ministères nécessaires à son témoignage envers ceux du dehors, et à l'édification de ses membres au-dedans. Sans aucun doute, c'est à cause des dons reçus du Seigneur par le croyant, que celui-ci était reconnu comme exerçant un des ministères chrétiens, et qu'il était par suite traité dans le corps de Christ, comme étant lui-même un don du Chef ressuscité. Toute la Trinité sainte est en oeuvre dans l'octroi des dons spirituels, comme le montre l'étude des versets I Corinthiens 12:5-6. Un ministère spirituel. Nous avons posé le principe selon lequel tout ministère chrétien a pour origine un don de Dieu. Arrêtons-nous un instant pour considérer à quel point nous nous sommes écartés de ce principe aujourd'hui. On accepte dans le corps pastoral des hommes qui ne sont même pas réellement convertis, à plus forte raison des, hommes qui n'ont pas reçu le baptême du Saint-Esprit, condition essentielle d'un ministère efficace. De plus, la formation des pasteurs est en général une simple érudition, accumulant des connaissances purement naturelles, ou le perfectionnement de talents naturels, sans qu'on ne prête pratiquement aucune attention aux dons spirituels. La pratique constante des dons spirituels ne fournit pas seulement à l'Eglise les ministères dont elle a besoin. Etant surnaturels et divins dans leur origine, il en résulte qu'ils sont une continuelle manifestation de l'Esprit, un témoignage réel et fort rendu à la présence et à la puissance du Saint-Esprit. Le ministère fondé sur les talents naturels donne rarement cette impression. Le plus souvent, il attire l'attention sur les qualités brillantes du pasteur et glorifie en lui l'homme. Le vrai ministère fondé sur les dons spirituels laisse l'homme à l'arrière-plan et glorifie Dieu. Tel était le vrai ministère apostolique. (voyez le ch. 2 de I Corinthiens). Un ministère ouvert à tous. Le plan tracé par le Seigneur en vue des ministères dans son Eglise, est dévoilé d'une manière splendide dans I Cor. 12:12-27 ; et il y a une part pour chaque croyant, Tous peuvent avoir part au ministère spirituel. Si l'on étudie le Nouveau Testament de bonne foi, on est contraint d'admettre que le ministère d'un seul homme, qui prévaut d'une manière si générale dans les églises de nos jours, n'est pas conforme à l'ordre divin révélé dans les Ecritures. Précisons bien la portée de cette affirmation, de peur qu'on ne nous accuse de favoriser la tendance ultra-démocratique et anarchique, préconisée par ceux qui ne veulent reconnaître ni charge ni gouvernement, et qui voudraient donner à tous la même autorité et la même position dans l'Eglise. Souvent on se porte par réaction à cette extrémité, comme le pendule qui oscille d'un extrême à l'autre. Le modèle idéal donné dans l'Ecriture présente une union parfaite de la liberté qui est reconnue à tous de participer au ministère spirituel, avec l'autorité reconnue à quelques-uns, qui reçoivent de Dieu des charges de gouvernement, et qui ont des dons surnaturels pour exercer des ministères spéciaux, comme apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs. Mais comme est beau que le plus humble croyant, ayant reçu un don spirituel, puisse apporter une force au corps de Christ tout entier, et que, d'autre part, le corps entier soit frustré si ce ministère en apparence insignifiant est empêché ! Ainsi Paul décrivant une réunion de l'église de Corinthe, écrit : « Lorsque vous vous assemblez, les uns ou les autres, parmi vous, ont-ils un cantique, une instruction, une révélation, une langue, une interprétation, que tout se fasse pour l'édification. » (I Cor. 14:26). Dans le même chapitre il se représente l'assemblée entière parlant en langues ou prophétisant (v. 5), et il attend de ce dernier don des résultats fort précieux (v. 24 et 31). Les dons spirituels correctement pratiqués, ont pour fin, dans la pensée divine, des bénédictions toutes particulières pour les incroyants et pour l'Eglise de Dieu. L'exercice de ces dons pratiqué avec ordre, est indispensable pour l'édification de l'Eglise : c'est ce que nous étudierons dans un prochain chapitre. Dans la vie religieuse personnelle. Il ne faut pas négliger cet aspect quand on étudie le but des dons spirituels. Chose étrange, l'enseignement et le témoignage de Paul dans I Cor. 14, montrent clairement que le don auquel quelques-uns ont attribué un peu hâtivement un usage public, le don des langues, a en réalité un usage privé des plus importants. Paul remercie Dieu de ce qu'il parle en langue plus qu'eux tous (v. 18) ; cependant, de toute évidence, il emploie ce don très rarement dans les réunions (v. 119). La seule explication possible de cette contradiction apparente est que Paul pratiquait ce don en privé. La clé est dans les versets 2 et 28, où il expose avec netteté que celui qui parle en langues parle à Dieu et non aux hommes. De plus, Paul ajoute qu'à l'occasion, il priera par l'Esprit seulement, c'est-à-dire en langues. Il n'avait pas peur d'exercer ce don ; et qui peut dire à quel point les bénédictions reçues par autrui dépendaient de ses intercessions par l'Esprit, ou à quel point son puissant ministère se fortifiait par la plénitude divine jaillissant dans son âme par le moyen de cette forme si précieuse de communion avec Dieu ? Prier dans une langue inconnue est une pratique conforme aux Ecritures. Il n'y a rien de malsain ou de mystérieux dans ce moyen de communion entre Dieu et l'homme. « Dieu est Esprit, et ceux qui l'adorent doivent l'adorer en Esprit et en vérité. » (Jean 4:24) ; il est dit clairement que le don des langues fournit à l'esprit humain un moyen de s'exprimer (I Cor. 14:14) ; il fournit par conséquent un moyen légitime de communion entre le racheté et son Rédempteur. Pourquoi l'intelligence serait-elle toujours active dans la prière, spécialement dans l'adoration secrète ? Les soupirs de l'Esprit peuvent fort bien s'exprimer en dehors d'elle. Ils manifestent la puissance de Dieu. Les conséquences de l'expérience et du ministère surnaturels dans l'Eglise primitive furent très importantes ; elles constituent un des traits distinctifs de cette Eglise. Heureusement, nous l'avons vu, il y a tout lieu de croire que les mêmes choses peuvent se répéter aujourd'hui. Pourvue des dons de sagesse et de connaissance, l'Eglise était en mesure d'exercer un ministère qui répandait la lumière divine, tout en remplissant d'étonnement ceux qui avaient été accoutumés aux subtilités d'une orgueilleuse philosophie, où il n'y avait point de place pour des « folies ». 'Cependant, Dieu choisissait maintenant de faibles instruments (I Cor. 1:27) pour confondre la sagesse du monde, et ils mirent le monde sens dessus dessous en une génération. Pourvue des dons de guérison et de miracle, l'Eglise avait une grande puissance dans le combat contre le paganisme : Paul frappant Elymas de cécité (Actes 13), guérissant les malades à Ephèse (Actes 19), et guérissant le père de Publius (Actes 28), voilà, entre autres, quelques illustrations de cette puissance. Pourvue des dons de foi et de discernement des esprits, l'Eglise se fortifiait contre la plus dure des persécutions, supportait les rigueurs de la guerre, car elle avait des prises surnaturelles sur l'invisible et l'éternel. Les pièges les plus subtils de l'Ennemi, voulût-il même se déguiser en ange de lumière, étaient déjoués à l'instant. Pourvue des dons d'expression surnaturelle, l'Eglise entendait continuellement dans son sein des révélations qui enflammaient d'un feu divin orateurs et auditeurs, et qui procuraient un ministère que ne peuvent égaler ni les dons oratoires les plus brillants, ni la logique la plus persuasive. Elle en tirait un profit inappréciable d' « exhortation, d'édification, de consolation. » (I Cor. 14:3) ; elle avait un pouvoir extraordinaire pour convaincre l'incroyant. (v. 24). Les dons manifestent la présence de Dieu. Le but des dons spirituels, correctement pratiqués dans les assemblées de l'Eglise, est résumé de la manière la plus forte et la plus précise dans les mots du verset 25 : « Dieu est réellement au milieu de vous. ». Tel était le témoignage, non d'un enthousiaste, disposé à l'avance à tout accepter comme venant de Dieu, mais d'un incroyant, entrant sceptique dans l'assemblée, peut-être même hostile : cependant les manifestations de l'Esprit de Dieu lui faisaient une telle impression que le sentiment de la présence de Dieu s'imposait à lui, et lui restait ensuite comme le souvenir dominant de sa visite à une assemblée chrétienne. Tel est, pleinement révélé, le but dernier des dons spirituels. Ils servent à mettre l'homme en contact avec la réalité du Dieu invisible ; ils obligent l'Eglise à comprendre que le Saint-Esprit est toujours présent, et que tout vrai ministère vient de lui, car il est pour elle la seule source de vie et de puissance ; ils servent enfin à donner à l'incroyant la conscience que Dieu ne doit pas être oublié et que le péché ne peut pas être traité à la légère. Quand l'Eglise rentrera en possession de ses pouvoirs divins, quand elle possèdera par pure grâce tous les dons spirituels, elle sera réellement « belle comme la lune, pure comme le soleil, mais terrible comme des troupes sous leurs bannières. ». -------------------------------------------------------------------------------- CHAPITRE III Le don de sagesse et le don de connaissance. Ces deux dons spirituels sont en tête de la liste donnée par Paul dans I Cor 12:8-11 ; nul doute qu'il ne faille les compter au premier rang des dons les meilleurs, qu'il désire voir recherchés par ses lecteurs. Cependant il est difficile de les définir d'une manière précise, comme en conviendront aisément tous ceux qui ont essayé d'approfondir la question. Sont-ils surnaturels ? Sont-ce des dons naturels ou surnaturels ? Une solution aisée et attrayante serait de les regarder comme des dons naturels de sagesse et de connaissance, sanctifiés par le Saint Esprit, et consacrés au service de Dieu. Cette explication a le mérite de rendre à Dieu la gloire pour nos dons naturels, et elle suppose que le meilleur emploi qui puisse en être fait consiste à les livrer à l'Esprit de Dieu : et tout cela est très juste. Mais cette explication épuise-t-elle le sujet ? Convient-elle à tout le tableau dressé dans le Nouveau Testament ? Il y a à cela une objection décisive. Ces dons sont placés dans une liste des manifestations du Saint-Esprit. Ils sont essentiellement une partie de ce revêtement de la puissance d'En-haut, qui est donné aux croyants parce qu'ils ont reçu le Saint-Esprit. Cette note revient sans cesse dans tout le passage. (I Cor 12:3-11) : « A l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, par le même Esprit… Un seul et même Esprit opère toutes ces choses. » D'une manière générale les dons sont « la manifestation de l'Esprit. » Or, l'homme inconverti, qui n'a jamais reçu l'Esprit de Dieu, peut avoir de grands dons de sagesse et de connaissance. Des oeuvres importantes de philosophie, des encyclopédies, ont été composées par des athées. Il est tout-à-fait certain que Paul fait ici allusion à des dons conférés spécialement aux croyants par l'opération surnaturelle de l’Esprit. Cette manière de traiter le sujet des dons spirituels est la seule logique. Personne ne prétendra sérieusement que les dons de guérison du Nouveau Testament ont un lien quelconque avec la science médicale, ou que le don des langues était simplement l'acquisition ordinaire des idiomes étrangers. Ces dons portent à première vue l'empreinte du surnaturel. Nous sommes par là contraints logiquement de reconnaître que le don de sagesse et le don de connaissance sont aussi surnaturels, et font partie de l'opération de Dieu dans et par l'Eglise, par le moyen de laquelle l'Esprit est rendu manifeste. (I Cor.12:7). Bien qu'ils opèrent à travers des vases d'argile, leur source originelle est divine et non humaine. Ils révèlent la présence de Dieu. a) LA PAROLE DE SAGESSE. Le don spirituel de sagesse est donné par révélation. C'est ce qu'illustrent magnifiquement les chapitres premier et second de I Corinthiens. Dans ces chapitres le mot sagesse (sophia) et ses dérivés reviennent au moins vingt-quatre fois, et toujours la distinction est clairement tracée entre la sagesse des hommes et la sagesse de Dieu. Paul explique en particulier qu'il laisse de côté la sagesse naturelle, qu'il possédait sans aucun doute et qu'il aurait pu employer (I Cor. 2:1-4), en vue de devenir le canal de la sagesse surnaturelle de l'Esprit. Il affirme ensuite que cette sagesse est donnée par révélation (v. 6-10). De plus, il s'agit ici d'une parole de sagesse, non pas d'une sagesse abstraite ; car il dit : « une sagesse que nous prêchons... nous parlons avec des discours qu'enseigne l'Esprit. » (I Cor. 2:6, 7, 13). Il s'agit évidemment de la pratique du don spirituel qui est désigné par l'expression « une parole de sagesse. » Dans ces passages le don sert à dévoiler la vérité en ce qui concerne la prédication de la Croix, et les choses que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment. Nous n'hésitons pas à affirmer que ce passage révèle l'un des emplois les plus élevés et les plus vrais de ce don. « L'enseignement des choses profondes de Dieu ; ses voies de salut que l'Esprit seul peut explorer et révéler : cet enseignement réclame une faculté d'intuition.» (Dr J. Massie). Le don de sagesse ainsi employé portait au coeur une révélation de la vérité, qui était intuitive, mais convaincante. Dans le ministère d'un apôtre, il produisait des résultats considérables par la puissance de l'Esprit. Un autre aspect de ce don. Il y a probablement d'autres aspects de la parole de sagesse. Nous en parlons avec une certaine réserve car notre interprétation n'est peut-être pas tout à fait aussi sûre ici. Le Seigneur a donné des promesses précises à ses disciples en leur disant : « Je vous donnerai une bouche et une sagesse. » (Luc 21:15). Il s'agit de paroles prononcées dans des moments d'épreuve et de crise, et mises expressément en rapport avec l'opération du Saint-Esprit (Luc 12:12). Il y a lieu, semble-t-il, de reconnaître ici un autre exemple authentique de la parole de sagesse. Il y a deux occasions dans le ministère du Seigneur où l'on peut voir une belle illustration de cette forme de sagesse divine.» Tout d'abord, sa question aux principaux sacrificateurs au sujet du baptême de Jean (Matth 21:25) ; elle constituait une réponse si parfaite à ses adversaires qu'elle les désarma complètement et les remplit, de confusion en second lieu, il y a sa réponse fameuse à la question perfide concernant le tribut à payer à César (Matth 22:21), réponse si sage qu'elle a fait l'admiration de tous les siècles depuis lors ! A notre sens le plus humble croyant peut attendre du Saint-Esprit qu'il lui donne quelque chose d'analogue en cas de besoin. Exemples bibliques. On peut citer Joseph (Gen. 41:38-39), Salomon (I Rois 3:28) et Daniel (Dan. 2:30). Dans le Nouveau Testament il y a le cas remarquable d'Etienne (Actes 6:10). Notons que dans chacun de ces cas, la parole de sagesse est présentée comme un don surnaturel de Dieu, et est soigneusement distinguée de toute capacité naturelle. La parole de sagesse eut des conséquences diverses pour ses possesseurs. Elle valut des honneurs à Joseph et à Daniel, le martyre à Etienne. Nous devons la sagesse inspirée du livre des Proverbes en grande partie à cette manifestation du Saint-Esprit par le moyen de Salomon. b) LA PAROLE DE CONNAISSANCE. Le don spirituel de connaissance consiste dans une révélation de la vérité divine Opérant à travers les facultés intellectuelles du croyant rempli de l'Esprit. Il s'adresse à la pensée, à la partie rationnelle de l'homme. Il a pour but de révéler à l'intelligence la raison profonde de ce qui a été accepté par la foi. C'est en cela qu'il diffère de la parole de sagesse, laquelle s'adresse aux facultés intuitives du coeur et de l'esprit, mais qui peut laisser l'intelligence momentanément de côté. Par suite il est très important que le ministère de la parole de sagesse soit toujours accompagné ou suivi du ministère de la parole de connaissance, en sorte que ce qui a été reçu par intuition soit ensuite compris par la pensée. Le don de connaissance est précieux pour fortifier les Eglises. Notez combien de fois l'apôtre Jean dit : « Nous connaissons » dans ses épîtres. C'est probablement par le moyen de ce don 'spirituel qu'Apollos arrosa la semence que Paul avait semée à Corinthe (I Cor. 3:6). Le don de connaissance est le fondement de la charge de docteur. C'est ce don plus que tout autre que possède le vrai docteur, et qu'il exerce dans les assemblées. Notez bien que c'est un don surnaturel ; il ne consiste certainement pas en une faculté naturelle d'analyse, de raisonnement ou d’exposition. Il est la manifestation du Saint-Esprit agissant à travers le docteur ; les puissances intellectuelles qui sont à l'oeuvre reçoivent la connaissance par une illumination divine. Un tel docteur est vraiment un don du Christ (Ephés. 4:11), et l'une des plus grandes bénédictions qui puissent être accordées à une église ; il apporte un enrichissement divin partout où il enseigne dans la puissance de son onction (I Cor 1:5). Certes la lumière divine n'abolit pas les dangers qui résultent de ce que nous portons le trésor dans des vases de terre. Il ne s'agit pas d'une vague hypothèse : celui qui reçoit par le Saint-Esprit une lumière intellectuelle au sujet de la vérité divine, est réellement tenté de s'enorgueillir (I Cor. 8:1). Sans un secours de la grâce, sans l'amour de Dieu pour inonder l'âme, le don spirituel lui-même peut manquer son but. (I Cor. 13:2). Le docteur qui apporte une parole de connaissance sera gardé humble s'il sait se souvenir que nous connaissons seulement en partie (I Cor. 13:9), même quand nous sommes éclairés par l'Esprit de Dieu. Souvent les docteurs ont été responsables des divisions qui ont déchiré l'Eglise de Dieu, parce qu'ils n'ont pas su accompagner la révélation divine qui leur était accordée d'une mesure correspondante d'humilité et d'amour. Le remède voulu de Dieu pour son Eglise est l'exercice simultané de tous les dons, ceux qui s'adressent à l'intuition et à l'émotion aussi bien que ceux qui s'adressent à l'intelligence. Le ministère des prophètes et celui des docteurs se complètent et s'équilibrent mutuellement ; qu'on les emploie de concert, on obtient le ministère idéal dans l'Eglise de Dieu. Il y a toujours perte spirituelle, et quelquefois danger, à donner une importance exagérée à l'un des dons au détriment des autres, qu'il s'agisse des langues, de la prophétie, des guérisons, ou de la parole de connaissance. Le plan de Dieu veut que tous les dons soient en oeuvre à la fois en vue de la parfaite édification du corps de Christ. Comment ces dons opèrent de nos jours. Ces dons sont-ils en oeuvre de nos jours ? La question est d'une importance vitale. Nous avons rencontré des personnes qui prétendaient avoir le don de sagesse, mais nous confessons franchement que, dans la plupart des cas, nous avons dû repousser leurs prétentions, qui ne trahissaient que fanatisme ou orgueil. Faire de la publicité pour les dons qu’on possèderait, voilà qui est déjà suspect. Qui a un don n'a pas besoin de le publier. D'autre part, on entend dire souvent avec découragement que ces dons ne se trouvent plus de nos jours dans les églises, en sorte que nous devrions avant tout demander à Dieu de nous les rendre. Nous éprouvons une grande sympathie pour de telles prières, car nous désirons fort de voir tous les dons de l'Esprit s'exercer dans les églises, s'équilibrant mutuellement, et leur donnant une puissance convaincante à la gloire de Dieu. Mais la vérité, en ce qui concerne la parole de sagesse et la parole de connaissance, est que ces dons existent dans les assemblées de Pentecôte plus qu'on ne le croit. Il faut reconnaître leur présence. Il y a d'abord les cas où les plus simples et les moins instruits des croyants ont prononcé des paroles vraiment merveilleuses par leur profondeur spirituelle, leur sagesse dans telle difficulté précise, ou leur pertinence en réponse à quelque question directe. Ceci ne vient-il pas du Saint-Esprit ? Nous ne voulons pas dire, toutefois, que ce soient là les exemples les plus remarquables de la manifestation de ces dons excellents, ou le meilleur usage qu'on en puisse faire. Il faut plutôt considérer le ministère de la Parole dans les assemblées. Paul montre avec force que les assemblées doivent atteindre un certain degré de croissance spirituelle, ou au moins un état de vie spirituelle, pour qu'on puisse y manifester ces dons avec profit. (I Cor 3:1). Ils ne sont pas pour les « charnels », mais pour les « spirituels ». Il aurait aimé se servir de ces dons plus librement que ne le lui permit l'état spirituel des Corinthiens. Nous pouvons en conclure : a) que le plein exercice de ces dons peut être empêché, non parce qu'ils font défaut dans le ministre rempli du Saint-Esprit, mais par l'état spirituel de ceux à qui il s'adresse ; b) que ces dons peuvent être mis en oeuvre sans être reconnus et appréciés comme tels par les assemblées. Par leur nature même, ces grands dons n'ont pas une apparence aussi surnaturelle, ils ne frappent pas par leur forme extérieure, au même titre que les guérisons ou les langues par exemple. Par suite, plus le niveau spirituel sera bas, moins on les reconnaîtra et moins on les appréciera tandis qu'on estimera hautement et qu'on recherchera les dons plus visibles. L'équilibre sera rétabli s'il se produit une réelle croissance dans la grâce. Nous sommes persuadés que ces deux dons existent au milieu de nous aujourd'hui, et que, au fur et à mesure que la vie spirituelle s'enrichira et s'approfondira dans les assemblées, ils seront de plus en plus manifestés et de plus en plus reconnus. -------------------------------------------------------------------------------- CHAPITRE IV La foi ; les dons de guérison ; le don d'opérer des miracles. Venons-en maintenant à l'étude du groupe des dons de PUISSANCE. En cela, ils se distinguent des deux précédents, aussi bien que des suivants (le don de discernement excepté), qui se manifestent tous par des paroles. Ce n'est pas sans raison que la foi est placée en tête de ce groupe, car elle est le fondement des autres dons de puissance, quoique moins frappante pour les regards. Les dons qui frappent le plus sont mentionnés les derniers dans chaque groupe. Les ministères les plus grands sont ceux que l'on voit le moins, bien qu'ils soient à la racine de tous les autres. Etudions successivement chacun de ces dons de l'Esprit : a) LE DON DE FOI. Il faut distinguer le don spirituel de foi, de la foi ordinaire, sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu (Héb. 11:6). Le Nouveau Testament enseigne avec la plus grande clarté qu'un certain élément de foi est indispensable pour le salut même de l'âme. « Le Juste vivra par la foi », telle est la note fondamentale de toute vie chrétienne. Il est vrai que même la foi par laquelle on est sauvé, est un don de Dieu (Ephés. 2:8), mais il ne s'agit pas du don spirituel de foi mentionné dans I Cor. 12:9 ; « à un autre, la foi par le même Esprit » : ces mots indiquent clairement qu'il s'agit d'une manifestation particulière du Saint-Esprit, accordée à quelques individus seulement, non pas donnée à tous également. Weymouth traduit : « A un troisième, par le moyen du même Esprit, une foi spéciale ». Le don spirituel de foi est une qualité spéciale de la foi, que les anciens théologiens appellent quelquefois la foi des miracles. Il est donné à certains serviteurs de Dieu à des périodes critiques, avec une telle puissance qu'ils sont soulevés au-dessus du niveau naturel et ordinaire de la foi en Dieu, et qu'ils reçoivent dans leur âme une certitude qui triomphe de tout. C'est un don magnifique, et il est probablement exercé souvent, avec des résultats considérables, par des enfants de Dieu qui restent entièrement dans l'ombre. Un des exemples les plus frappants de ce revêtement de puissance nous est fourni par Elie au Carmel. En face de désavantages écrasants, il triomphe avec calme au point de railler ses adversaires ; il se fait une gloire de rendre l'exaucement qu'il attend de Dieu plus que jamais impossible naturellement ; il répand de l'eau sur le sacrifice (I Rois 18:33-35) ; pour couronner le tout, la certitude tranquille de sa prière, à la fin de cette journée, est l'un des passages les plus puissants de la Bible. Quel contraste dans le Chapitre 19, quand cette onction spéciale semble lui avoir été retirée. On dira peut-être qu'Elie n'eut pas un don particulier de foi, puisqu'il est dit en Jacques 5:17, qu'Elie était un homme de même nature que nous : mais remarquez qu'il s'agit ici de sa prière pour obtenir la pluie. Il nous a toujours semblé qu'il y avait une inspiration toute spéciale dans la prière d'Elie au Carmel pour obtenir le feu. En tous cas, tous les dons spirituels opèrent dans des hommes de même nature que nous, car la vérité, pleine de grâce, est que Dieu nous les destine, à nous-mêmes. Peut-être le Seigneur pense-t-il à cette qualité spéciale de la foi quand il dit (Marc 11:22) : « Ayez la foi de Dieu ». C'est d'une telle foi qu'il pouvait dire qu'un seul grain peut transporter une montagne (Matth. 17:20). Un grain de cette foi divine qui est un attribut du Tout-puissant, tombant dans l'âme de l'homme, quels miracles ne peut-il pas produire I Ce grain de foi semble être tombé dans le cœur de Pierre le jour où il monta au Temple avec Jean pour prier (Actes 3:4) ; et quand le miracle fut accompli, il l'attribua expressément à la foi au nom de Jésus (v. 16). Plusieurs d'entre nous ont eu conscience à certaines époques déterminées d'une foi spéciale pénétrant l'âme sur certains sujets précis. S'il ne s'agissait pas alors du don de foi, c'était au moins quelque chose d'analogue, et du même ordre. b) LES DONS DE GUÉRISON. Combien souvent nous avons eu affaire à des personnes qui désiraient le don de guérison ! Par pitié, par sympathie, on soupire, et cela est tout naturel, après le pouvoir de soulager miraculeusement la souffrance humaine. Cependant c'est une erreur de croire que si l'on possède le don des guérisons, on pourra guérir infailliblement toute maladie qui se présentera, et, par exemple, entrer dans un hôpital et dire à tous les malades de rentrer en paix chez eux. Il suffit de réfléchir un moment au témoignage du Nouveau Testament pour corriger un rêve aussi tentant. Plusieurs membres des églises primitives possédaient sans conteste le pouvoir de guérir surnaturellement, mais aucun passage ne nous les présente s'en allant guérir tous les malades sans exception, ni même guérissant tous les chrétiens malades. Alors, comme aujourd'hui, il y avait simplement des cas de guérison. Au point culminant du ministère du Seigneur auprès des malades, il nous est dit certes qu'il les guérit tous, mais cette affirmation ne s'applique qu'à un temps et à un lieu déterminés. (Comparez avec Jean 5:3 et 6). Il est clair que même après avoir exercé ce merveilleux ministère, le Seigneur laissa beaucoup de malades. II est hors de notre propos de rechercher les raisons de ce fait. Mais reconnaître les faits, ce n'est pas affaiblir la base scripturaire de la foi en la guérison divine. Nous voulons seulement corriger l'idée selon laquelle la manifestation des dons de guérison comporterait un pouvoir illimité et absolu pour délivrer de toutes les maladies. Une des conséquences regrettables de cette erreur est que des ministères très beaux et très précieux sont mal jugés, à cause de ce qu'on appelle leurs échecs. Nous avons tous besoin d'étudier le Nouveau Testament pour corriger et pondérer nos idées. La valeur du don dans l'oeuvre de l'évangéliste. Le don de guérison s'est manifesté glorieusement dans l'Eglise primitive, et à certains moments on le voit revêtir une valeur considérable pour la propagation de l'Evangile. Voilà qui indique quelle est sa sphère d'action et son but. C'est un don spirituel qui, se rapporte spécialement au ministère de l'évangéliste, et il est accordé à ceux qui exercent ce ministère. Notez l'exemple de Philippe (Actes 8:6-7). Souvent le don ouvre la porte pour l'oeuvre d'évangélisation, comme, par exemple, lorsque Paul guérit le père de Publias (Actes 28:8-10). Sa manifestation attirait l'attention des gens sur l'Evangile de Christ d'une manière frappante, et qui gagnait à l'avance leur sympathie. Il est au premier rang des dons qui servent de signes, et sa puissance en ce domaine n'a pas diminué aujourd'hui. Notons que si ces dons spéciaux de guérison (car le texte en parle au pluriel, et semble indiquer plusieurs formes de ce don), ne sont conférés qu'à certains individus, tous ceux qui croient au Seigneur Jésus peuvent imposer les mains aux malades pour leur guérison (Marc 16:18), et les anciens de l'Eglise doivent oindre d'huile pour la même fin (Jacques 5:14). Ces ministères ne dépendent pas de la possession d'un don particulier de guérison. Ce n'est pas un don « psychique ». Les dons de guérison provenaient du Saint-Esprit, ils étaient manifestés « par le même Esprit ». C'est la puissance de Dieu agissant dans et par le croyant qui produisait la guérison. Les apôtres nient avec la plus grande force que ces dons puissent émaner de leurs puissances naturelles (Actes 3:12 ; 14:15 ; etc.). Ils ne parlent pas de puissances magnétiques, psychiques, mentales, ou autres ; ils donnent gloire à Dieu directement. Les guérisons étaient des guérisons divines. C'est donc tout autre chose que l'enseignement et les prétentions de la Science chrétienne et autres cultes apparentés, qui se ramènent en dernière analyse à la puissance exercée par l'esprit sur la matière, et qui font en somme de l'homme son propre guérisseur et son propre sauveur. Ajoutons pour finir qu'il est absolument impossible d'établir un rapport légitime entre les dons de guérison et la science médicale ; ou de prétendre que l'oeuvre médicale des Missions est la manifestation moderne de ces dons spirituels de I'Eglise apostolique. Nous ne voudrions pour rien au monde rabaisser l'oeuvre magnifique accomplie de nos jours par la médecine naturelle, ou l'aide très réelle que les oeuvres médicales ont apportée aux Missions chrétiennes. Mais des considérations de cet ordre ne nous autorisent pas à obscurcir le sens des Ecritures. Il est regrettable que des docteurs exercés, ou des infirmières, soient ouvertement incroyants, et vivent sans Dieu : mais cela est un fait. D'autre part, il est clair pour tout esprit non prévenu que les dons de guérison dont parle le Nouveau Testament, n'ont aucun rapport avec la science médicale, mais sont nettement surnaturels, et attribués directement comme tels à l'Esprit de Dieu. La manifestation de ces dons est indépendante de la connaissance ou de l'emploi des moyens naturels. Dans leur essence même, ces dons sont la vie du Chef de l'Eglise, répandue dans ses membres par le Saint-Esprit. c) LE DON D'OPERER DES MIRACLES. Le don d'opérer des miracles occupe le milieu de la liste (I Cor. 12:8-11), et prend place au milieu d'autres manifestations de l'Esprit que nous regardons comme plus ordinaires, en quoi du reste nous avons tort d'abord parce que nous ne nous attendons pas assez à des miracles, ensuite parce que nous ne savons pas assez voir le miracle dans ce qui paraît ordinaire. Le texte grec porte littéralement : « les opérations des oeuvres de puissance » (dynamis). La pensée centrale est celle de puissance, la puissance de Dieu agissant par l'Esprit de Dieu, dans et par le moyen de l'Eglise de Dieu. Jésus a promis expressément à ses disciples qu'ils accompliraient les mêmes miracles que lui, et même de plus grands (Jean 14:112). La promesse du Saint-Esprit s'accompagne d'une promesse de puissance (Actes 1:8). Le Nouveau Testament montre qu'effectivement les miracles annoncés par Jésus eurent lieu. Pierre ressuscite Dorcas. (Actes 9:40). Il y a le récit émouvant où Paul rappelle Eutychus à la vie (20:10) ; et le texte frappant (Actes 19:11-12) qui nous dit qu'à Ephèse, Dieu fit des miracles extraordinaires (et non pas les miracles ordinaires !) par les mains de Paul. A certains moments l'ombre de Pierre fut chargée de la puissance divine. (Actes 5:15). Peut-être toutes les manifestations du don d'opérer des miracles n'étaient-elles pas aussi remarquables, mais il semble que sous une forme ou une autre, ce don était communément répandu parmi les Eglises. Les gens étaient pourtant des gens tout ordinaires, sujets à l'erreur et à la faiblesse. Dans l'Ancien Testament, l'exemple de Samson illustre ce qui est clairement dit dans I Cor. 13:1-2, au sujet des dons spirituels : à savoir que les plus brillants extérieurement, comme les langues ou les miracles, peuvent s'accompagner d'un singulier manque de sanctification. Ce problème nous retiendra plus tard ; ce que nous voulons souligner pour le moment, c'est que des gens très ordinaires ont reçu des dons très extraordinaires de l'Esprit de Dieu. Si nous avançons que le don d'opérer des miracles peut se manifester aujourd'hui, on nous accusera de présomption et de fanatisme. Notre position est cependant parfaitement logique. Nous n'avons aucune raison de discerner entre les dons, Les attaques portées à la foi par le spiritisme et d'autres formes de puissances surnaturelles qui ne sont pas de Dieu, nous disposent à croire que le Dieu qui a répondu autrefois à Jannès et Jambrès par une manifestation plus grande de sa puissance divine, répondra

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