LES DONS SPIRITUELS (Donald GEE) CHAPITRE 5, 6, 7, 8

12:41Ministere MotsdeDieu

CHAPITRE V Le don de prophétie. Le don de prophétie ouvre devant nous un champ très vaste. Entendue en son sens le plus large, la prophétie comprend toute parole inspirée, ou au moins toute parole divinement inspirée. Le ministère des prophètes n'a pas seulement une place importante dans le Nouveau Testament, il occupe aussi une grande partie de l'Ancien. Paul est si nettement favorable à l'exercice de ce don, qu'il exhorte les croyants à le désirer ardemment (I Cor. 14:39) ; il se représente même une assemblée où tous prophétisent (v .24). La définition de notre sujet sera facilitée si nous écartons d'emblée l'idée que la prophétie dans les Ecritures ne serait rien d'autre qu'une 'prédication ordinaire. Certes les prophètes de la Bible furent des prédicateurs, au sens le plus élevé, mais leur prédication avait un caractère distinctif. On ne peut pas séparer la vraie prophétie de la notion d'une inspiration certaine. « Le prophète parlait plutôt sous la poussée d'une inspiration soudaine, dans la lumière d'une révélation donnée au moment même (le mot révélation, apocalypsis, se trouve I Cor. 14:30)... L'idée d'une RÉVÊLATION immédiate donnée à celui qui parle, est fondamentale ; elle dévoile soit l'avenir, soit la pensée de l'Esprit en général ». (Robinson, Lexique, p. 693). Ce ministère est, sans conteste, autre chose que la prédication ordinaire ; mais il faut remarquer aussi que, dans certaines prédications inspirées, il y a un élément de prophétie beaucoup plus important qu'on ne le croit d'ordinaire. A l'occasion, le prophète était chargé de prédire l'avenir ; l'idée que l'on se fait couramment de la fonction du prophète ne s'attache guère qu'à cet aspect. Toutefois, ce n'est là qu'une très petite partie du ministère prophétique. Le don de prophétie et la charge de prophète. Le don de prophétie semble avoir été très répandu dans l'Eglise primitive ; mais ceux qu'on appelait officiellement prophètes n'étaient qu'en petit nombre et constituaient un groupe très défini. Parmi eux étaient Jude, Silas, Agabus, etc. Tous les croyants pouvaient, à l'occasion, prophétiser (I Cor. 14:24), mais ils n'en devenaient pas pour autant des prophètes au sens officiel, qui est celui des passages Actes 13:1 et Ephés. 4:11. Nous avons à étudier ici le don plutôt que la charge ; mais il n'est pas hors de propos de noter que, même au sens officiel, le prophète du Nouveau Testament occupe une position très différente de celle des grands prophètes de l'Ancien Testament. Samuel, par exemple (I Sam. 3:20), n'était pas seulement le porte-parole officiel de Jéhovah, mais aussi le porte-parole du peuple lorsqu'il voulait s'adresser à Jéhovah (Ch. 8:21). Tout cela change dans la nouvelle économie qui commence à la Pentecôte. C'est maintenant le privilège de tous les croyants d'être conduits personnellement par l'Esprit de Dieu (Rom. 8:14) : on ne peut souligner avec, trop de force que, dans l'économie présente, nous n'avons besoin ni de prêtre ni de prophète entre nous et le Seigneur. Adopter un seul moment un tel système serait revenir en arrière, et se remettre en esclavage. Le Nouveau Testament ne nous montre pas les prophètes chargés de guider l'Eglise, au même sens que les prophètes d'autrefois guidaient Israël, par une sorte de technique pour consulter Dieu, etc. Il y a certes des cas où le prophète annonce clairement ce qui va arriver : par exemple Agabus prédit une famine (Actes 11:28), il prédit le sort qui attend Paul à Jérusalem (Actes 21:11). Mais remarquez qu'il 'n'indique pas la conduite à tenir ; c'est aux membres' de l'Eglise à décider ce qu'il y a lieu de faire (ils « résolurent », Actes 11:29) ; c'est à Paul de choisir la voie à suivre (Actes 21:13). Remarquez aussi, et ceci est encore plus important, que l'on ne chercha pas à recourir au don de prophétie ni à un prophète officiel pour trancher la question de la circoncision, débattue au Ch. 15 des Actes, ni pour éclairer Paul lorsqu'il ne sait quelle route choisir (Actes 16:6-10), bien que, dans les deux cas, Silas, qui était prophète (15:32), fût sur les lieux. En vérité, on peut dire qu'il n'y a pas un seul passage du Nouveau Testament où l'on puisse voir le don de prophétie délibérément employé pour guider les croyants. Ceci est très important, et ainsi se trouve marquée avec clarté une grande différence entre le Nouveau et l'Ancien Testament, quant à la portée de ce don. Nature et portée du don de prophétie. Dans son essence, le don de prophétie est le même à travers toute la Bible ; son caractère distinctif est toujours d'être une parole inspirée. Toutefois il y a des degrés divers d'inspiration : il ne faut jamais l'oublier quand on traite de la valeur et de l'autorité des paroles prophétiques. En premier lieu vient ce que Pierre appelle la prophétie de l'Ecriture (II Pierre 1:20), qui comprend les prophéties inspirées contenues dans l'Ancien Testament, et les portions du Nouveau Testament qu'on peut appeler prophétiques, jusque et y compris l'Apocalypse. A ce degré, l'inspiration est infaillible. En second lieu, il y a tant dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament un type de prophétie dont le degré d'inspiration divine était beaucoup moins élevé, et qui n'était pas regardé comme infaillible. Dans cette catégorie on peut ranger, par exemple, Médad et Eldad et les soixante-dix anciens (Nombres 11:25-29), ou les prophètes auxquels se joignit Saül (I Sam. 10:10). Les prophètes du Nouveau Testament semblent devoir être placés aussi dans ce groupe, car leurs paroles ne doivent pas être regardées comme infaillibles, et leur ministère a, en général, une portée limitée (I Cor. 14:29-32). La valeur du don de prophétie. Reconnaître les limites du don de prophétie dans l'Eglise, ce n'est pas rabaisser sa valeur permanente, ni méconnaître son apport vital pour le ministère chrétien. Le don de prophétie apporte une contrepartie essentielle au ministère didactique et logique du Docteur. La prophétie s'adresse surtout aux émotions, l'enseignement du docteur à l'intelligence. La prophétie enflamme ce que la doctrine a éclairé. Il est merveilleux de constater l'union des prophètes et des docteurs dans l'église d'Antioche (Actes 13:1) ; l'une et l'autre fonctions sont toujours nécessaires pour constituer un ministère complet. De plus, elles se corrigent l'une par l'autre. Si, d'une part, la doctrine est nécessaire pour corriger le fanatisme qui peut découler d'un excès de prophétie, d'autre part la prophétie vraiment inspirée l'est pour corriger les abus d'un ministère trop exclusivement intellectuel et rationnel. On a dit que l'histoire de l'Eglise est un conflit perpétuel entre les prophètes et les docteurs. C'est une manière assez fâcheuse de se représenter les choses, mais elle contient un élément de vérité. Ce qu'il faut dire, c'est que chacune de ces deux fonctions a toujours servi, selon la volonté même de Dieu, à corriger et à compléter l'autre. L'Esprit de Dieu agit également par l'une et par l'autre ; ce sont des dons spirituels divers, mais qui ne doivent pas s'exclure. Dans, le mouvement de Pentecôte, nous sommes accoutumés à la prophétie sous sa forme directe ; elle existe aussi d'une manière moins facilement reconnaissable dans une prédication chaude et fervente : de toutes manières elle est un don spirituel des plus puissants. Ce don est capable de ravir une assemblée jusqu'à un ciel de gloire et d'enthousiasme, il peut fondre les coeurs, il peut les faire trembler. Il apporte vraiment au croyant, exhortation, édification et consolation (I Cor. 14:3), et il peut produire une profonde conviction chez l'incroyant (v. 24). Les paroles inspirées possèdent autorité et puissance. Les temps de sécheresse dans l'histoire de l'Eglise furent en général pauvres en dons prophétiques ; la réapparition de ces derniers résulte ordinairement d'un Réveil. Une de nos plus grandes responsabilités à l'heure actuelle concerne le maintien de l'exercice des dons prophétiques dans l'Eglise. Nous soulignons exercice, car il est terriblement aisé de défendre ces choses en théorie et en doctrine, mais sans les posséder réellement. Maintenir le don authentique de prophétie, et lui donner sa vraie place dans nos assemblées, n'est pas une entreprise aisée. Il le faut cependant, car cela est indispensable à la réalisation du plan de Dieu, qui nous accorde aujourd'hui cette effusion de l'Esprit, la « pluie de l'arrière-saison ». Les garanties contre l'abus de la prophétie. Si les dons prophétiques ont été si souvent combattus ou même entièrement supprimés, c'est que l'on a toujours craint l'erreur, soit sous la forme du fanatisme ou sous celle de la fausse inspiration. Rien ne serait plus facile que de dresser une liste des mouvements d'inspirés qui, depuis le montanisme, se sont donné pour tâche de remettre à sa juste place le don de prophétie, et qui n'ont pu se maintenir, soit que leurs excès d'enthousiasme les aient conduits à de désastreux échecs, soit qu'ils aient été graduellement réabsorbés dans la tiédeur et l'incrédulité de la grande Eglise. Là où tant d'autres ont échoué, oserons-nous espérer le succès ? Notre réponse sera : nous ne le pouvons que par la grâce de Dieu. Nous avons en tous cas un avantage : nous pouvons nous laisser instruire par les erreurs que d'autres ont commises avant nous. Quelles armes avons-nous pour nous garantir de l'erreur ? a) Il y a les armes spirituelles clairement désignées dans le Nouveau Testament, y compris les critères précis qui doivent servir à éprouver les esprits qui parlent (I Cor. 12:3 ; I Jean 4:1-6), il y a encore le don spirituel du discernement des esprits (I Cor. 12:10) ; enfin le discernement spirituel de ceux qui ont aussi reçu le Saint-Esprit et ses dons (I Cor. 14:29). Nous croyons que tout véritable enfant de Dieu, marchant dans la lumière, recevra sous une forme ou une autre un témoignage intérieur au sujet de la vérité et de l'erreur. b) Nous avons encore les armes naturelles et inappréciables que fournissent l'étude diligente et persévérante de tous les passages de l'Ecriture concernant la prophétie, ainsi que l'étude des leçons que peut donner l'histoire de l'Eglise. Les principes scripturaires suivants méritent tout particulièrement d'être relevés : I.— LES TROIS SOURCES POSSIBLES DE L'INSPIRATION. Le Saint-Esprit (II Sam. 23:2 ; Jérémie 1:9 ; Actes 19:6 ; 21:11). Des esprits mauvais et menteurs (Esaïe 8:19-20 ; I Rois 22:22 ; Matth. 8:29 ; Actes 16:17, etc.). L'esprit humain (Jérémie 23:16 ; Ezéchiel 13:2-3, etc.). Dans ce dernier cas, il n'y a pas inspiration au sens propre du mot, mais il peut y avoir là quelque chose qui y ressemble beaucoup ; aussi ce qui se donne pour prophétique peut, dans certains cas, provenir en réalité de cette troisième source. II. — LES DIVERS DEGRES DE L'INSPIRATION AUTHENTIQUE. L'inspiration infaillible des Ecritures. L'inspiration ordinaire des paroles prophétiques (non infaillibles), avec ses différents degrés de pureté et de puissance, formant une gamme extrêmement étendue. III. - LE ROLE DE L'INSPIRATION DANS CHAQUE ÉCONOMIE. a) La différence entre la position du prophète dans l'Ancien Testament, et sa position dans le Nouveau. b) Le changement introduit par la Pentecôte, depuis laquelle tous les croyants peuvent recevoir le Saint-Esprit, et s'approcher directement de Dieu pour l'adorer et pour chercher sa volonté. Les mouvements d'inspirés ont fréquemment échoué dans le passé, soit parce qu'ils ont attribué une trop grande autorité, ou un caractère d'infaillibilité, à leurs manifestations prophétiques, soit parce qu'ils ont méprisé cette manifestation particulière du Saint-Esprit jusqu'au moment où ils ont « éteint l'Esprit ». Ainsi se dévoile le grand secret qui assurera le maintien de ce glorieux don spirituel dans l'Eglise : il faut, par la grâce de Dieu, réaliser un équilibre parfait entre la foi et l'obéissance : foi qui laissera libre carrière au Saint-Esprit ; obéissance aux Ecritures, afin d' «éprouver toutes choses » et de « retenir seulement ce qui est bon » (I Thessaloniciens 5:19-21). Imposer silence au don de prophétie, c'est imposer silence à ce qui fut dans le passé, et à ce qui sera encore souvent, nous le croyons, l'expression même de l'émotion de Dieu, à la plénitude du sentiment divin qui s'exprime au moins en partie à travers l'imperfection des canaux humains. Lorsqu'il s'exerce sous sa forme la plus pure, le don de prophétie exige une communion très élevée entre l'homme et son Créateur, une sympathie avec le Dieu infini, qui ne peut provenir que d'une vie d'étroite communion avec lui. D'une telle communion jaillirent les éloquentes paroles de Jérémie : « Si je dis : je ne ferai plus mention de lui, je ne parlerai plus en son nom ; il y a dans mon coeur comme un feu dévorant qui est renfermé dans mes os. Je m'efforce de le contenir et je ne le puis ». Voilà la vraie prophétie. -------------------------------------------------------------------------------- CHAPITRE VI Le discernement des esprits. Il ne sera pas hors de propos d'introduire le présent chapitre en disant d'emblée avec la plus grande force que le don spirituel du discernement des esprits (I Cor. 12:10) n'a rien de commun avec l'esprit critique, tel qu'on le trouve sur le plan naturel. Nous le disons à regret : il nous est arrivé de rencontrer des personnes qui se plaisent à juger les intentions d'autrui, et qui essayent de se tromper elles-mêmes, sinon les autres, en disant avec satisfaction que leur don particulier est le discernement des esprits. C'est John Wesley qui a remarqué qu'on peut enfouir ce talent là dans la terre sans offenser le Maître. C'est une erreur encore, mais une erreur plus respectable, que de confondre ce don avec une vive intuition de la nature humaine, que quelques personnes possèdent à un haut degré. Il suffit de jeter un coup d'oeil sur le nom même de ce don pour mieux comprendre son véritable caractère et sa portée : car il s'agit du discernement, des esprits, et non des hommes agissant par des motifs purement naturels. Une protection contre les dangers d'erreur. Pour apprécier la valeur et le caractère de ce don, il faut se souvenir que l'Eglise primitive était, et que l'Eglise devrait toujours être, en contact constant avec le surnaturel dans ses services religieux aussi bien que dans la vie quotidienne de ses membres. Il y avait, nous l'avons vu, des paroles inspirées données sans cesse par le ministère des prophètes et des docteurs ; il y avait encore d'autres manifestations de la puissance invisible dans la guérison des malades et l'opération des miracles. Qu'on se rappelle avec quelle ténacité Satan a copié les activités du Saint-Esprit et imité les plus belles oeuvres de Dieu : on comprendra aisément quels dangers couraient les églises, du fait des esprits malins qui pouvaient imiter, en apparence, certains traits superficiels de l'oeuvre réelle du Saint-Esprit. Qu'on n'oublie pas non plus que l'Eglise primitive comptait, — et le cas peut se reproduire de nos jours, — des convertis, vrais ou faux, qui avaient été saturés de paganisme, de spiritisme et de possessions démoniaques. Le danger n'en était que plus réel. De nos jours plusieurs ont vu le danger, mais leur erreur fut de sous-estimer les précautions vigilantes et aimantes que le grand Chef de l'Eglise a prises lorsqu'il l'a armée contre les ruses subtiles. On est surpris et peiné de voir des maîtres compétents écrire et parler de manière à laisser croire que le Seigneur laisse son peuple racheté tomber sans défense au pouvoir de l'ennemi. Le don spirituel de discernement est une preuve de sa sollicitude ; affirmer que l'Eglise ne possède plus ce don aujourd'hui, c'est une prétention surprenante et sans aucun fondement dans l'Ecriture ou dans la raison. Ceux-là mêmes qui disent que Dieu n'accorde plus ce don, sont aussi ceux qui affirment que le danger causé par les esprits séducteurs devient de plus en plus grand, à mesure que l'on approche de la fin du monde. Combien gravement ils déshonorent Dieu, — inconsciemment peut-être, — en supposant que Dieu nous laisserait plus que jamais sans défense. De plus, le don du discernement des esprits n'a pas seulement une valeur défensive. Il sert à attaquer aussi ; car, lorsque la présence d'un esprit malin a été reconnue dans une personne, celle-ci peut en être délivrée par la puissance du nom du Seigneur Jésus-Christ. Nature du don. Nous savons déjà que ce don est un don de l'Esprit, don qui manifeste la présence de l'Esprit, et qui agit par sa puissance. On ne peut concevoir qu'un croyant qui ne serait pas rempli du Saint-Esprit (cf. le cas de Paul, Actes 13:9) se serve de ce don ; la chose serait du reste impossible. Le mot discerner (en grec, diacrisis) signifie « juger à travers, percer à jour ». Robinson le définit comme l'acte de distinguer, de discerner clairement. La pensée centrale est l'acte de percer ce qui est purement extérieur, de voir jusqu'au fond ; ensuite de former un jugement fondé sur cette intuition. Le mot a beaucoup de netteté et de force. Un don naturel d'intuition a son prix pour l'homme d'affaires ou l'homme politique. A combien plus forte raison un don d'intuition spirituelle pour celui qui croit à un monde spirituel, en particulier pour celui qui a sa part de responsabilités dans le gouvernement des églises. Il n'est pas inutile de répéter, et de souligner, que ce don spirituel ne peut opérer que dans et par « l'homme spirituel », mais non par « l'homme charnel ». Cela est en conformité absolue avec le principe que pose I Cor. 2:14-15 : ce n'est que « spirituellement » que l'on peut juger des choses spirituelles. Nous avons déjà noté dans une précédente étude que ce sont les « autres » prophètes qui peuvent juger les paroles prophétiques (I Cor. 14:29). En somme, cela est juste et logique. Les dangers d'un faux discernement. Des personnes peu spirituelles, ou pleines de préjugés, ont souvent fait beaucoup de mal et ont entravé sérieusement l'oeuvre de Dieu, en jugeant et en condamnant des choses qui venaient réellement de lui, mais qui n'étaient pas conformes aux idées personnelles qu'elles entretenaient au sujet des modes d'action du Tout-Puissant. Il y a eu des pasteurs et des chrétiens qui ont arrêté des Réveils, en s'opposant aux fortes émotions produites par l'Esprit de Dieu, qu'ils ont qualifiées à la légère d'excitations malsaines ou d'hystérie. Voici une expérience de John Wesley, telle qu'il la rapporte dans son Journal au 24 décembre 1739: « Vers le matin, l'un d'eux fut rempli de joie et d'amour, et ne put s'empêcher de le manifester par des cris et des larmes. Alors un autre fut très mécontent et dit : Ce ne sont que des mouvements naturels, de l'imagination et des manifestations psychiques. — 0 Toi, Dieu jaloux, ne lui impute pas ce péché ; et ne permets pas que nous soyons plus sages que l'Ecriture-Sainte ! ». Wesley aurait quelquefois besoin de cette prière s'il revenait aujourd'hui ! Quelques chrétiens ont si peu d'intelligence du baptême du Saint-Esprit, que nous en avons vu aller chercher un verre d'eau pour tirer le frère de sa syncope. Syncope bénie ! Il faut mettre dans la même catégorie, je suppose, ceux qui attribuent la conversion de Saul sur le chemin de Damas à une crise d'épilepsie. Nous répétons, avec Joseph Parker : « Puisses-tu continuer, ô puissante épilepsie ! ». Ceux qui prétendent juger des matières spirituelles doivent d'abord montrer les titres de leur propre expérience spirituelle. Malheureusement beaucoup de personnes condamnent en bloc les manifestations et les expériences qui ont trait au baptême du Saint-Esprit et à ses dons, et n'ont cependant aucune expérience personnelle de ces choses. Nous osons demander : Sont-elles en situation de juger ? Le Nouveau Testament s'accorde avec le simple bon sens pour donner une réponse négative. N'oublions pas qu'il y a aussi dans l'Ecriture d'autres critères pour éprouver les esprits (Matth. 7:15-23 ; I Cor. 12:3 ; I Jean 4:1-6) ; on peut s'en servir pour contrôler les jugements de ceux qui prétendent avoir un don de discernement spirituel. De plus, tout croyant peut employer ces critères, même s'il ne possède aucun don particulier de l'Esprit. Dans quel attribut divin ce don a-t-il sa source ? Revenons à notre étude du don de discernement des esprits. Nous voudrions montrer qu'il a sa source dans la puissance même de Dieu, laquelle se manifeste, par le Saint-Esprit, à travers le croyant. Le discernement absolu de toutes choses, la puissance parfaite de discerner (diacrisis), est un des attributs divins les plus clairement révélés dans l'Ecriture-Sainte (cf. I Chroniques 28:9 ; Psaume 139 ; Jérémie 17:10 ; Hébreux 4:13, etc.). C'est grâce, entre autres, à cet attribut que Dieu est sans conteste le Juge de toute la terre. Cette puissance réside aussi dans sa Parole écrite (Héb. 4:112). Cet attribut s'est manifesté dans le Fils d'une manière merveilleuse et frappante à la fois ; prenez par exemple le cas de Nathanaël (Jean 1:47-50) ; la manière toute différente dont il traite Nicodème (Jean 3:3) et la femme samaritaine (Jean 4:16). Le passage Jean, 2:25, attribue au Seigneur d'une façon expresse le pouvoir de connaître les hommes par la puissance d'une intuition divine. Y a-t-il rien d'étonnant dès lors à ce que le Saint-Esprit, ayant pris possession d'un homme, lui donne une petite étincelle de cette grande puissance, en vue de connaître non seulement les hommes mais les esprits, car tout est ,également nu et découvert aux yeux de Dieu ? Exemples bibliques de ce don. Il y a dans la Bible plusieurs exemples d'hommes qui ont possédé un discernement spirituel grâce auquel ils pénétraient au coeur même des choses. Il y eut Joseph, qui était célèbre par son pouvoir de, divination, que ses serviteurs faisaient remonter par erreur à je ne sais quelle source (Genèse 44:5) ; il y eut David, qui était « comme un ange de Dieu..., capable de discerner. » (II Samuel 14:17) : Salomon, son fils, demanda et reçut ce don (I Rois 3:9) ; la conduite d'Elisée envers Guéhazi témoigne d'un discernement vraiment surnaturel (II Rois 5:26). Dans le Nouveau Testament, il y a l'exemple frappant de Pierre, traitant avec une si grande sévérité Ananias et Saphira (Actes 5) ; un peu plus loin, sa dénonciation également sévère de Simon le Magicien, fondée sur le discernement de l'état de son coeur (Actes 8:23) ; notez que Simon avait réussi à tromper tous les autres par son apparence (v. 13). Les paroles de Pierre semblent bien indiquer qu'il discerna un mauvais esprit à l'oeuvre dans et par Simon Pour finir, un exemple remarquable de la pratique du don de discernement des esprits nous est fourni par Paul il réprimande l'esprit qui avait pris possession d'une pauvre servante, à Philippes, incident qui devait le mener en prison (Actes 16:16-18). Remarquez que le témoignage très plausible que l'esprit rendait en apparence aux serviteurs de Dieu, ne réussit pas à tromper l'apôtre rempli du Saint-Esprit sur sa vraie nature. Les Anciens qui possédaient ce don de l'Esprit devaient être tout désignés pour diriger les assemblées : aussi ce don correspond-il probablement à la charge de « gouverner » (I Cor 12:28). S'il en est ainsi, il est d'autant plus à supposer que le possesseur de ce don devait avoir aussi « l'amour de Dieu répandu dans son coeur par le Saint-Esprit qui lui avait été donné » ; loin d'exercer le don d'une manière dure et critique, il devait plutôt avoir une grande compassion pour les pauvres victimes des puissances mauvaises, et il cherchait pour elles, dans la grâce et la puissance du Seigneur Jésus, une prompte délivrance. En même temps il est à penser que le Dieu d'amour veille sur ses Eglises pour les préserver de toute ruse et de tout mal. Réalités spirituelles qui sont présupposées par l'existence de ce don. Quand on exerce ce don sous l'action du Saint-Esprit, il révèle donc avant tout la vraie nature, ou la source, de toute manifestation surnaturelle ; est-elle divine ou satanique ? Faut-il l'accepter ou la rejeter, s'y abandonner ou lui résister ? Non seulement on aura un puissant témoignage intérieur à ce sujet, mais une vision de l'esprit qui est à l’oeuvre. Il faut beaucoup de grâce pour garder la mesure quand on 'possède ce don, et pour l'employer à la gloire de Dieu. Pour conclure, nous voudrions attirer l'attention sur ce fait que la simple existence d'un tel don présuppose qu'il y a réellement des esprits méchants et trompeurs, qui se manifestent par le moyen de la créature humaine. Il y a des chrétiens de nos jours qui se doutent à peine de l'existence de ces faits fondamentaux du monde spirituel. Le monde spirituel tout entier devient très réel pour le croyant baptisé du Saint-Esprit et pour les églises où se manifestent les dons spirituels. Il s'ensuit inévitablement qu'on suivra d'un oeil d'autant plus averti la réalité de la puissance satanique, qu'on aura acquis plus d'intuition spirituelle pour percevoir les choses de Dieu. Heureux le croyant, heureuse l'église qui acquièrent cette sensibilité spirituelle agrandie, tout en restant vigilants, et tout en gardant aussi la foi que Dieu protègera l'Eglise qu'il s'est acquise par son propre sang, et qu'il viendra à bout des attaques les plus subtiles de son grand ennemi. -------------------------------------------------------------------------------- CHAPITRE VII Les langues et l'interprétation des langues. On a tant écrit depuis vingt ans au sujet du don des langues qu'on ne peut espérer dire quelque chose de nouveau. Notre dessein est simplement de présenter les faits essentiels au sujet de ce mystérieux don de l'Esprit. Nous étudierons le parler en langues simplement comme un don du Saint-Esprit placé par Dieu dans son Église, et dont l'utilité pour l'assemblée résulte de son association avec le don d'interprétation des langues. Nous ne parlerons pas dans ce chapitre du parler en langues, qui sert comme preuve initiale du baptême du Saint-Esprit (Actes 10:46, etc.). Il faut toujours se rappeler qu'il y a une distinction entre les langues comme «signe», et les langues comme « don». Le signe est pour tous (Actes 2:4) ; le don n'est pas pour tous (I Cor. 12:30). C'est une erreur de ne pas s'attendre à ce que tous parlent en langues en recevant personnellement une expérience de Pentecôte conforme à l'Ecriture ; c'est une autre erreur de s'attendre sans raison à ce que tous les membres de l'Eglise possèdent le don de parler en langues. Faute de faire cette distinction scripturaire, beaucoup de bons auteurs ont affaibli considérablement la portée de ce qu'ils ont pu écrire sur ce sujet. La vraie nature du don des langues. Après avoir analysé soigneusement tous les textes scripturaires qui se rapportent à la question, nous pouvons résumer comme suit notre définition de ce don : Il consiste dans le pouvoir de s'exprimer en des langues inconnues de celui qui parle, pouvoir qui est donné par l'Esprit de Dieu à certains membres de l'Eglise ; .ces langues sont susceptibles d'être traduites par le moyen d'un don également surnaturel, de manière à ce que ces paroles soient comprises par l'assemblée. D'une manière générale, il n'y a pas lieu d'interpréter les paroles prononcées dans l'extase par les croyants qui reçoivent le baptême du Saint-Esprit, car il ne s'agit pas là d'une manifestation du don des langues. Notons ici que le simple fait qu'il existe un don surnaturel du Saint-Esprit pour traduire le parler en langues en une langue connue, prouve sans conteste que le don des langues n'est pas une connaissance rationnelle des langues étrangères, comme l'ont supposé quelques personnes qui veulent éviter le surnaturel. S'il en était ainsi, la traduction elle aussi serait faite par des moyens naturels, sans qu'il soit besoin d'une onction spéciale de l'Esprit ; et même, elle pourrait être faite par un incrédule. La place de ces dons dans l'Eglise. Quand ces deux dons opèrent conjointement dans l'Eglise, ils forment l'équivalent du don de prophétie (I Cor. 14:5) et ils sont un canal par lequel l'Esprit de Dieu donne des paroles inspirées. S'il est pratiqué dans les assemblées proprement dites de l'église, le don des langues doit toujours être accompagné du don d'interprétation des langues (v. 5. 13, 27, 28). Ceci ne s'applique pas à son usage dans la prière privée et dans la communion personnelle avec Dieu (v. 2, 14, 18). On peut à bon droit demander quel avantage il y a à pratiquer les deux dons dans les réunions, si après tout ils constituent l'équivalent du don de prophétie ? Aux versets 21 et 22, Paul donne une raison très claire de l'avantage que présente parfois le don des langues. Il est un signe pour les incroyants. Le caractère mystérieux et surnaturel de ce don est de nature à saisir certains individus' et à leur donner un signe sûr de la présence du Saint-Esprit cherchant à s'exprimer par la créature humaine. La prophétie, prononcée dans une langue connue, peut passer inaperçue. « C'est par des hommes d'une autre langue... que je parlerai à ce peuple, dit le Seigneur ». Il faut que ce signe soit suivi aussitôt du ministère exercé par le moyen d'autres dons, comme cela fut le cas le jour de la Pentecôte (voir aussi v. 24). C'est comme un signal d'alarme, rien de plus : le cœur et la volonté seront touchés par d'autres dons. Pour l'édification des croyants, les deux dons de langues et d'interprétation sont simplement équivalents à la prophétie. Or l'édification normale des croyants ne requiert pas la présence continuelle d'un signe aussi surnaturel ; c'est pourquoi la méthode plus directe de la prophétie convient mieux, et c'est à ce titre que Paul la recommande. Le parler en langues à Corinthe. Il semble que Paul veuille détourner l'assemblée de Corinthe de parler en langues ; il y a lieu d'étudier les raisons de son attitude, car elles ont souvent été exagérées et déformées. Ces raisons étaient au nombre de deux : a) on parlait trop en langues dans les réunions à Corinthe ; b) on parlait en langues sans interpréter. Nous parlerons de ces abus dans un prochain chapitre. Qu'il nous suffise de dire, en ce qui concerne la première de ces deux raisons, que Paul fixa le nombre de ceux qui pouvaient parler en langues dans une réunion (v. 27) ; quant à la seconde, il prescrivit qu'il y eût toujours interprétation (v. 28). Après avoir posé ces règles, Paul affirme avec force qu'il ne faut pas empêcher de parler en langues (v. 39) ; ils ne (veut donc pas qu'on lui prête l'intention d'éteindre complètement cette manifestation de l'Esprit. Ce qu'il demandait, c'était de la mesure. Puissent les chrétiens, et leurs conducteurs, aborder ce don de nos jours dans le même esprit ! Nous avons dit plus haut que l'Eglise ne doit pas normalement exiger une grande abondance de ces dons qui servent de signes ; par « normale », nous entendons une expérience chrétienne conforme au Nouveau Testament, non l'expérience courante du chrétien moderne. Durant ces vingt dernières années, il y a eu une manifestation en apparence excessive du don des langues, probablement parce que l'Eglise est dans une situation anormale : elle s'est écartée extrêmement loin du Nouveau Testament, et cela surtout en niant le surnaturel. Les langues ont été nécessaires de nouveau comme signe dans l'Eglise elle-même. De plus il était inévitable qu'on insistât sur cette vérité négligée, quand on commença de la remettre en lumière. Paul exhorte ceux qui pratiquent ces dons à chercher à les posséder abondamment pour l'édification de l'Eglise. Ils peuvent donc être manifestés avec tant de maturité, d'ordre et d'amour, qu'ils n'auront rien de choquant, rien qui scandalise inutilement qui que ce soit. Ainsi pratiqués, ces dons sont particulièrement beaux, et nous croyons que l'habitude n'affaiblira jamais en nous le sentiment de vénération et d'émerveillement que nous éprouvons chaque fois que l'Esprit de Dieu manifeste de cette manière sa présence dans les assemblées. Ces dons créent par leur présence une véritable atmosphère céleste. Le don d'interprétation des langues. Le don d'interprétation est indispensable pour que le don des langues puisse être pratiqué avec fruit dans les assemblées (1 Cor. 14:5), et tous ceux qui parlent publiquement en langues sont invités à prier pour recevoir le don d'interpréter (v. 13). Ainsi ils pourront toujours employer le don des langues d'une manière profitable. En règle générale, il est préférable qu'un seul interprète les deux ou trois qui auront pu parler en langues (v. 27). Il ne faut pas en conclure que la même personne doive interpréter dans toutes les réunions, et nulle part on ne nous parle d'une fonction d' « interprète ». La raison et la prudence commandent toutefois de ne confier l'interprétation qu'à des personnes éprouvées, spécialement dans de grandes réunions. Le but du don d'interprétation est de rendre compréhensibles pour tous, les paroles prononcées dans l'extase et l'inspiration en une langue inconnue de la grande majorité des personnes présentes, en les répétant, traduites dans la langue courante. On peut sentir dans son esprit la beauté, l'élévation, la richesse d'une parole en langue inconnue, mais le but du don d'interprétation est de rendre ces choses accessibles à l'intelligence, en sorte que les autres puissent participer eux aussi par l'intelligence à la révélation, à l'élévation, à la prière de celui qui parle. Il est toujours bon que l'être entier participe aux exercices religieux, et pas seulement une partie de nous-mêmes. Dieu attend que nous l'aimions de tout notre coeur et de toute notre âme, de toute notre pensée et de toute notre force. La nature du don d'interprétation. Le don spirituel d'interprétation joue le même rôle qu'une traduction naturelle d'une langue dans une autre ; tous ceux d'entre nous qui ont eu à parler à l'étranger, dans des pays dont ils ne connaissaient pas la langue, ou qui ont entendu parler un orateur que l'on traduisait à mesure, sont familiers avec ce genre de traduction. Cependant le don d'interprétation diffère de la traduction ordinaire, et dans sa nature et dans ses modalités. Comme tous les autres dons que nous étudions, il est surnaturel et provient du Saint-Esprit. Celui qui traduit ne connaît pas le moins du monde la langue qu'il traduit ; il en résulte que l'interprétation est reçue non par un effort d'attention portant sur les mots prononcés par celui qui parle en langues, mais plutôt par une concentration de l'esprit sur le Seigneur, qui seul donne l'interprétation. Les paroles sont données par révélation et suivent les mêmes règles que la prophétie et les autres paroles inspirées, elles viennent par le moyen de visions, de révélations, de suggestions, comme il plaît au Seigneur. L'esprit du croyant que le Seigneur veut employer pour l'interprétation se sentira touché immédiatement par les paroles prononcées en langue. Cette réaction dépendra sans doute de la pureté et de la profondeur du parler en langue ainsi que de l'état spirituel de celui qui interprète. Il doit être possible d'exercer un don spirituel tout en ne gardant pas le contact avec le Seigneur (I Cor. 13:1) : dans ce cas l'exercice qui devrait être si beau, est grandement entravé et rabaissé. Les langues et l'interprétation caractérisent l'économie actuelle. Ces deux dons du Saint-Esprit sont en effet les seuls qui ne soient jamais manifestés sous aucune forme dans l'Ancien Testament. Il y a, il est vrai, quelque chose d'analogue au don d'interprétation : c'est le pouvoir d'expliquer les songes, qu'eurent certains hommes comme Joseph (Genèse 40:41) et Daniel (Dan. 4:5). Mais le don n'est pas réellement le même. Ces dons ne semblent pas non plus avoir été manifestés dans le ministère terrestre du Seigneur Jésus. Certaines de ses paroles (Marc 7:34, 15:34) sont citées en araméen, mais ne constituent nullement un parler en langue inconnue, analogue à celui dont parle I Cor. 14. Le don des langues, et le don d'interprétation qui l'accompagne, semblent avoir été réservés par Dieu pour caractériser l'économie de la grâce que dispense l'Eglise. Cela fait mieux comprendre la place qu'occupa le phénomène des langues le jour de la Pentecôte, qui inaugura l'économie actuelle. Dieu créait une ère nouvelle : elle s'accompagnait d'un signe nouveau, et d'une manifestation nouvelle de l'Esprit éternel. Le Saint-Esprit s'était manifesté avant la Pentecôte par le moyen d'hommes qu'il s'était choisis comme instruments pour tel ou tel but défini ; maintenant il vient d'une autre manière, pour remplir quiconque veut le recevoir, même ceux qui sont au loin « en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera ». (Actes 2:39). Chacun de ceux qui étaient dans la Chambre haute reçut la plénitude de l'Esprit, qui fut attestée par un signe, choisi par la sagesse divine : le Saint-Esprit s'emparait des organes de la parole, que l'homme emploie si souvent pour des oeuvres diaboliques (Jacques 3:6). La souveraineté de Dieu, qui s'était manifestée à la Tour de Babel, se révéla de nouveau le jour de la Pentecôte. C'était momentanément au moins une image du triomphe complet de la grâce rédemptrice sur l'être tout entier. Le vainqueur planta, si l'on peut dire, son drapeau sur la partie la plus importante de l'âme vaincue, — la partie que Bunyan dans sa Guerre sainte appelle la « Grille de la bouche ». Pour la raison humaine, le don des langues est absurde, et là encore il y a une intention divine. Pour pratiquer ce don, il faut abaisser tout l'orgueil de l'intelligence : preuve nouvelle de la victoire de la grâce. C'est le seul don que Dieu ait destiné à servir de signe clans l'économie où nous vivons actuellement. Y a-t-il rien d'étonnant dès lors que nous soutenions résolument qu'il doive se perpétuer jusqu'à ce que ce qui est parfait soit venu dans le siècle nouveau, lorsque nous verrons Dieu « face à face ? ». -------------------------------------------------------------------------------- CHAPITRE VIII Les dons de l'Esprit et le fruit de l'Esprit. Un aspect très important de la question des dons spirituels est celui qui concerne leurs rapports avec la sainteté. Diverses questions se pressent ici, questions qui ne sont pas purement •théoriques, mais qui s'imposent à nous, souvent à l'improviste, pour des raisons pratiques. Les dons spirituels développent-ils la sainteté ? La sainteté est-elle, ou non, préalablement requise, pour qu'on puisse les recevoir ? Sont-ils une preuve de sainteté ? La sainteté personnelle de l'individu affecte-t-elle l'emploi qu'il fait des dons ? Faut-il se préoccuper des dons, étant donné l'importance suprême de la sainteté ? Pour éviter tout malentendu, notons que nous entendons ici par sainteté, la ressemblance morale avec le Christ : il s'agit de cette conséquence positive de la conversion, par laquelle la vie même de Christ est reproduite dans et par la vie ou le caractère du croyant. Il y a plusieurs grâces visibles qui marquent un tel caractère, avant tout celles que Paul énumère dans Galates, 5:22-23, sous le titre : « le fruit de l'Esprit ». La liste est la suivante : l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance la fidélité, la douceur, la tempérance. L'apôtre regarde ces vertus comme produites dans l'âme par la grâce divine ; elles ne sont pas de notre nature originelle, elles proviennent de Dieu. Différence entre les dons et le fruit. Il est nécessaire de comprendre la différence fondamentale qui existe entre les dons et le fruit de l'Esprit. Le fruit est le produit naturel d'un principe de vie intérieure, qui se développe d'une manière continue. Le développement du fruit demande du temps ; il est amené à la perfection grâce à l'aide d'éléments extérieurs : le soleil, la pluie, le sol. Les dons, en revanche, sont conférés par la générosité de quelqu'un qui est en dehors de nous. En général ils sont parfaits quand nous les recevons, bien que celui qui les reçoit puisse apprendre à s'en servir de mieux en mieux, comme par exemple dans le cas où nous recevons un appareil de photographie ou une automobile. Ce qui est essentiel pour notre étude, c'est que le fruit vient progressivement du dedans, tandis que les dons viennent tout d'un coup du dehors. Cette distinction est un peu simpliste, mais elle aide à comprendre cette différence fondamentale. Le fruit de l'Esprit est donc la manifestation et le produit de la vie divine qui a été impartie au croyant au moment de la conversion ; il peut apparaître presque instantanément dans certains cas, mais le plus souvent il apparaît graduellement par une croissance dans la grâce. Son développement est favorisé par des moyens de grâce extérieurs, tels que l'aide des chrétiens et des pasteurs, les circonstances de la vie, et par-dessus tout la communion avec Dieu. Ce fruit peut croître à travers toute la vie chrétienne ; la sainteté doit croître sans cesse. Les dons de l'Esprit, au contraire, peuvent être conférés soudain, à n'importe quel point de l'expérience du chrétien ; il ressort clairement du Nouveau Testament que certains croyants ont reçu un don en même temps que le baptême du Saint-Esprit. D'autres dons leur ont été accordés à certains tournants de leur vie chrétienne (par exemple I Tim. 4:14 ; passage qui se rapporte probablement au moment où Timothée a été mis à part pour le ministère, Actes 16:1-3). On peut désirer de nouveaux dons et prier pour les obtenir (I Cor. 12:31-14:13 et 39). L'octroi des dons du Saint-Esprit paraît donc plus ou moins indépendant de la maturité atteinte par le croyant au point de vue de la croissance dans la grâce ; étant bien entendu que le Seigneur peut juger de la capacité de chaque individu. Ils ne peuvent jaillir de la vie intérieure mais sont des actes souverains du grand donateur. L'amour n'est pas un don spirituel. Le premier et le plus grand FRUIT de l'Esprit est l'amour. Si merveilleux est cet amour divin qui se manifeste dans et par une vie entièrement livrée à l'Esprit de Christ, que lorsque Paul consacre un chapitre entier à le chanter (I Cor. 13), nous sentons qu'il décrit en réalité le chrétien idéal. Il faut bien comprendre que cet amour est un fruit et non un don. I Cor. 13:1, établit cette distinction. Il n'est pas scripturaire de dire : « Je recherche l'amour, le plus grand de tous les dons ! ». Beaucoup parlent ainsi, mais l'amour n'est pas mentionné dans la liste des neuf dons de l'Esprit (I Cor. 12:8-11). Plutôt que d'attendre l'amour (I Cor. 13) comme un don achevé que Dieu mettrait tout d'un coup dans le coeur, nous devons considérer qu'il n'est que le fruit du développement d'un principe divin en nous. Il devient parfait par une vie de communion étroite avec le Seigneur, et non autrement. Si l'on considère l'amour, décrit si merveilleusement dans I Cor. 13, comme étant non seulement le premier des fruits de l'Esprit (Gal. 5:22), mais comme comprenant aussi en lui tous les autres fruits de l'Esprit, on peut noter deux faits très importants au sujet de la relation entre les dons et le fruit : Il y a NEUF DONS énumérés dans I Cor. 12:8 à 11, et NEUF FRUITS énumérés dans Gal. 5:22 et 23. Le grand chapitre sur l'amour (I Cor. 13) est inséré entre les deux principaux chapitres qui traitent des dons spirituels, et il fait partie intégrante du sujet. Le premier fait nous enseigne que les dons et les fruits sont destinés à se compléter les uns les autres ; le second fait, qu'ils sont en relation intime les uns avec les autres. On interprète souvent l'exhortation de Paul au sujet de « la voie plus excellente » (I Cor. 12:31) comme si l'apôtre disait : « Ne vous occupez pas des dons spirituels, recherchez seulement l'amour ». Cela est faux, car il n'est pas écrit : « recherchez l'amour AU LIEU des dons spirituels » ; mais « recherchez l'amour ET ASPIREZ aux dons spirituels ». C'est un manque d'équilibre contraire à l'Ecriture, que d'ignorer ou de négliger les dons spirituels. UN APPEL A L'ÉQUILIBRE. Lorsque l'apôtre écrit : « Aspirez aux dons les meilleurs », et : « Je vais vous montrer encore une voie par excellence », il ne nous invite pas à négliger les dons spirituels. Il fait un appel à L'ÉQUILIBRE, et il établit les vraies (valeurs spirituelles. La chose la plus grande de toutes, c'est une ressemblance croissante avec Christ ; c'est donc une grande erreur de penser que les dons peuvent tenir lieu des fruits. Il développe cette pensée avec une très grande force dans les premiers versets de I Cor. 13. Il représente les dons spirituels opérant de la manière la plus brillante — puis il anéantit d'un seul coup toute cette splendeur. Le don des langues, celui de prophétie, de connaissance et de foi, tout est également rabaissé. Tout le raisonnement vise ceux qui exerçaient ces dons sans avoir l'amour. C'est un passage frappant. C'est un passage d'une importance capitale pour tous ceux qui se réclament d'une expérience de Pentecôte. Remarquons que l'apôtre ne met pas en doute un seul instant l'authenticité des dons (comme le font tant de personnes aujourd'hui) ; il ne s'agit pas de contrefaçons qui viendraient de quelque puissance démoniaque. Il s'agit de dons authentiques du Saint-Esprit, que les fidèles ont reçus directement du Seigneur Lui-même, mais qu'ils exercent maintenant sans avoir gardé le sens des vraies valeurs spirituelles. Si quelqu'un s'étonne ici, c'est parce qu'il se représente les dons spirituels comme étant imposés à l'homme par le Saint-Esprit. En réalité ces chapitres montrent qu'une fois les dons accordés, leur exercice est à la disposition de la volonté de l'individu (I Cor. 14:14. 19, 28, 30, 32). L'idéal est que le croyant soumette sa volonté si parfaitement à la volonté de Dieu que tout exercice des dons se fasse (vraiment « dans l'Esprit ». Il n'en est pas toujours ainsi, mais ce devrait être le but de tous ceux qui ont des dons spirituels. Qu'arrive-t-il lorsqu'on exerce les dons sans amour ? a) Cet exercice est sans puissance et il est irritant pour les autres. b) Celui qui exerce le don n’a pas de profit pour lui-même. (« Cela ne sert de rien » 1 Cor 13 :1-3) Plus clairement encore : a) un chrétien qui exerce les dons spirituels sans vivre une vie qui y soit conforme, ne fait pas la moindre impression sur les autres ; il est, au contraire, une pierre d'achoppement pour eux, b) un chrétien qui se figure qu'en pratiquant abondamment les dons spirituels, il peut suppléer à un manque de sainteté personnelle, se trompe du tout au tout. Ensuite l'apôtre donne une description positive des merveilles de l'amour (I Cor. 13:4-7), et couronne le tout en montrant que ces qualités sont éternelles. Les dons spirituels, au contraire (et il cite ici la prophétie, les langues et la connaissance) ne sont que pour le siècle présent, où nous voyons comme à travers un miroir. Son but est de donner le vrai sens des valeurs spirituelles, et d'élever l'ambition de ses lecteurs jusqu'au point le plus élevé possible : jusqu'au moment où ils verront face à face... Pour les personnes qui voudraient tordre le sens de ce passage, il y a lieu de souligner que l'Apôtre ne dit pas qu'un seul des dons spirituels doive cesser avant ce temps. Une doctrine vraie est toujours équilibrée ; c'est pourquoi, tout de suite après l'éloquence passionnée des derniers versets de I Cor. 13, l'Apôtre se hâte de prévenir une réaction possible contre les dons spirituels : « On doit aspirer aux dons spirituels ». (Chap. 14:1). Mais maintenant il va donner un enseignement détaillé sur les principes qui doivent présider à l'exercice des dons, et la clé de tout, c'est L'AMOUR. Le chapitre 14 est une application pratique du chapitre 13, à la question des dons spirituels. L'amour ne se contente pas de l'exercice égoïste d'un don (v. 4, etc.) ; l'amour aura un ardent désir de voir les autres recevoir des bénédictions (v. 19, etc.) ; l'amour prendra bien garde de ne jamais être en scandale à personne (v. 26, etc.) ; tout cela nous ramène à un équilibre parfait entre les dons et les fruits. Le chrétien qui a le plus des fruits de l'Esprit, sera le chrétien qui exercera les dons spirituels avec le plus de profit. Un étalage théâtral de dons, si brillants soient-ils, ne produira rien d'éternel ; il faut que l'homme soit dirigé par l'amour de Dieu. Le caractère du fidèle qui exerce un don spirituel n'affectera pas beaucoup la manifestation extérieure de ce don, mais il aura un effet considérable sur son pouvoir d'édification. Cela est d'une importance capitale. Les dons spirituels et le manque de sanctification. Ceci constitue un problème tellement grave aux yeux de quelques-uns, qu'il faut l'examiner sérieusement. Dans le Nouveau Testament, il n'y a pas de problème de ce genre. Le, problème se pose à cause de quelques idées erronées, et, croyons-nous, très peu conformes à l'Ecriture, qui ont été répandues parmi les chrétiens à la faveur de telle ou telle doctrine du baptême du Saint-Esprit. a) C'est une erreur de croire que le baptême du Saint-Esprit enlève au croyant la possibilité de pécher à l'avenir. Selon l'Ecriture, le croyant peut avoir besoin, après ce baptême, d'un grand progrès dans la sanctification personnelle ; il doit pour cela MARCHER selon l'Esprit (Galates 3:2-3 et 5:16-25). Il est vain de penser qu'une expérience quelconque, une « crise », une « bénédiction », puisse remplacer la marche continuelle selon l'Esprit, quelque utile qu'une pareille crise puisse être sans aucun doute à la sanctification même. Nous ne pouvons pas aborder ici le vaste problème de la sainteté. Qu'il nous suffise d'indiquer que, selon le Nouveau Testament, la sainteté procède de trois sources : le Sang (Hébr. 13:12), la Parole (Jean 17:17) et l'Esprit (I Pierre 1:2). Le baptême du Saint-Esprit a pour conditions préalables la repentance et la rémission des péchés, ainsi qu'un coeur pur : et cette dernière condition est remplie par la foi dans le précieux sang (Actes 2:38 ; 15:9). Le but du baptême est la puissance dans le témoignage (Actes 1:8) sous les différentes formes qu'enseigne l'Esprit. Le baptême du Saint-Esprit ne produit pas l'impeccabilité, et le Nouveau Testament ne fait pas des dons du Saint-Esprit un signe de sainteté. Ils sont le signe de la venue de celui qui peut sanctifier ; mais son oeuvre peut n'avancer que lentement, surtout si l'on n'obéit pas à la Parole écrite. Toute confusion doit être évitée sur ce point. b) L'autre erreur qui cause chez plusieurs trouble et scandale, est l'idée que le Saint-Esprit ne peut se manifester qu'en des êtres déjà parvenus à la perfection. Comment peut-on penser pareille chose lorsqu'on a une Bible ouverte devant soi ? Dans l'Ancien Testament, il y a le cas de Jephté (Juges 11:29), de Samson (Juges 15:14), de Saül, qui tous avaient une sanctification très imparfaite. Dans le Nouveau Testament on voit sans cesse que le Seigneur travaille avec, et par le moyen d'hommes et de femmes très imparfaits, même parmi les apôtres, et même après la Pentecôte. La 1e épître aux Corinthiens traite des divisions de l'église, de cas d'immoralité, de désordres, d'hérésies, etc. ; cependant le Saint-Esprit se manifestait chez les Corinthiens d'une manière telle que Paul déclare qu'il ne leur manque aucun don, dans l'attente de la manifestation du Seigneur (1Co 1:7). Ce simple fait est à l'abri de toute contradiction. Quelle réponse à ceux qui ne veulent pas admettre qu'il y ait d'authentiques dons de l'Esprit, là où ils trouvent la moindre trace d'imperfection. Nous n'excusons pas les imperfections ; ce que nous avons déjà dit suffit à montrer combien on doit les prendre au sérieux chez ceux qui ont des dons de l'Esprit. Mais ce qui nous étonne, ce sont les problèmes que posent des personnes qui ont pourtant la Bible. Toutes ces difficultés proviennent de ces deux erreurs jumelles : ou que le baptême du Saint-Esprit devrait produire une perfection définitive ; ou que l'exercice des dons de l'Esprit est une preuve de perfection. Dieu veuille nous ramener à la vérité biblique ! Citons pour conclure les paroles pleines de mesure de Conybeare et Howson, au chapitre 13 de leur Vie et Epîtres de saint Paul : « Beau rêve que celui d'une Eglise semblable à une société d'anges ; ce n'est pas sans peine que nous ouvrons les yeux pour voir la réalité... Du vivant même des apôtres, tout comme aujourd'hui, les miracles ne suffisaient pas pour convertir ; l'inspiration ne produisait pas la sainteté ; alors, comme aujourd'hui, l'imperfection et le mal se glissaient parmi les membres de l'Eglise, et ralentissaient la marche du Royaume de Dieu ». Les amis aussi bien que les adversaires du Réveil de Pentecôte, ont à retenir la leçon que donne le Nouveau Testament : l'inspiration ne crée pas la sainteté. Mais l'inspiration n'en est pas moins réelle et précieuse. Ce que nous désirons ardemment, c'est une Eglise glorieuse, possédant les neuf dons et les neuf fruits de l'Esprit, dans une harmonie toute à la gloire du Rédempteur. Un Réveil ne peut pas continuer par la puissance du Saint-Esprit, si l'on voit en lui seulement l'inspirateur des paroles et des actes, et non l'auteur de la sainteté. Si l'on ATTRISTE l'Esprit de Dieu par un manque de sanctification (Ephés. 4:30) on finira aussi par ÉTEINDRE les manifestations de l'Esprit (I Thess. 5:19). Le plan harmonieux et divin que révèle le Nouveau Testament fait du Saint-Esprit la source aussi bien des fruits que des dons ; nous le bénissons et nous lui obéissons pour l'un et pour l'autre aspect de notre Rédemption.

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