A CEUX QUI FONT PROFESSION D'ETRE CHRETIENS (Finney Ch.) 8 et 9/25

13:15Ministere MotsdeDieu

VIII° DISCOURS LA CONFORMITE AU MONDE. « Ne vous conformez pas au monde. » Rom XII, 2. Je traiterai ce sujet dans l'ordre suivant : I. Je montrerai quel n'est pas le sens de notre texte. II. Quel en est le sens. III. Je mentionnerai quelques-unes des raisons de ce commandement. IV. Je répondrai à quelques objections. I. Ce commandement ne signifie pas que les chrétiens ne doivent pas profiter des arts utiles, des inventions qui se font dans le monde et de tous les perfectionnements qu'on y apporte. C'est non-seulement le privilège, c'est encore le devoir des amis de Dieu de les utiliser pour le service de leur Maître. II. Je veux montrer ce que signifie le commandement donné dans notre texte. Il veut dire que les chrétiens sont tenus de ne point se conformer au monde dans les trois ordres de choses que je vais mentionner. (Je n'en mentionne que trois, non qu'il n'y en ait beaucoup d'autres dans lesquels les chrétiens ne doivent pas se conformer au monde, mais parce que ces trois ordres de choses sont tout ce que je puis examiner ce soir, vu le temps dont je dispose, et ensuite parce qu'il est particulièrement nécessaire à notre époque d'appeler l'attention sur ces trois ordres de choses-là.) Ces trois ordres de choses sont : LES AFFAIRES, LA MODE, LA POLITIQUE trois départements de la vie dans lesquels le chrétien ne doit ni recevoir les maximes, ni adopter les principes, ni suivre les pratiques des gens du monde. III. Je mentionne quelques-unes des raisons du commandement : « ne vous conformez, pas au monde. » Vous ne devez nullement agir d'après les mêmes principes, ni pour les mêmes motifs, ni par les mêmes moyens que le monde, soit dans les affaires, soit en ce qui concerne la mode, soit encore dans la politique. J'examinerai les raisons du commandement à l'égard de chacune de ces trois sphères de la vie considérée séparément : Premièrement, à L'ÉGARD DES AFFAIRES. 1. La première raison de ne pas nous conformer au monde dans les affaires, c'est que le principe du monde n'est autre qu'un égoïsme absolu. Cela se voit partout dans les affaires ; le monde ne connaît ici d'autres maximes et d'autres motifs que ceux du plus pur égoïsme; il règle les affaires sans le moindre égard pour les commandements de Dieu, sans le moindre souci pour sa gloire et sans se préoccuper davantage du bonheur d'autrui. Les habitudes, les usages des gens d'affaires procèdent tous d'un égoïsme extrême. Qui ne sait qu'en faisant un marché les hommes d'affaires de ce monde consultent leur propre intérêt, cherchent leur propre bénéfice, et non pas le bénéfice de ceux avec lesquels ils traitent: ? Qui a jamais vu un mondain, homme d'affaires concluant un marché ou poursuivant une affaire quelconque en vue de procurer du bénéfice à ceux avec lesquels il traite ? — Cela ne se voit jamais ; c'est toujours pour son propre bénéfice - qu'agit un tel homme. Les chrétiens peuvent-ils agir ainsi ? — Ils sont tenus d'agir par un principe tout opposé : « Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres (Philipp. II :4). » Ils sont appelés à suivre l'exemple de Jésus-Christ. Jésus-Christ fit-il jamais un marché en vue de son propre avantage ? Et ses disciples adopteraient le principe du monde, un principe qui renferme en lui-même la « semence de l'enfer ! » Si les chrétiens agissent de la sorte, n'est-ce pas le plus chimérique des rêves que de croire que le monde va se convertir à l'Evangile ? 2. Ce commandement nous est donne parce que la conformité au monde est totalement opposée à l'amour pour Dieu et pour l'homme. Le monde des affaires tout entier ne reconnaît d'autre amour que l'amour de soi. Passez en revue tous les rangs de l'armée des hommes d'affaires, depuis le marchand de sucre candi qui dresse sa petite table au coin des rues jusqu'au plus grand négociant en gros ou armateur des Etats-Unis, et vous verrez que le même principe les dirige tous : acheter aussi bon marché et vendre aussi cher que l'on peut ; tout d'abord prendre bien soin de sa propre maison. Autant que le permettent les règles vulgaires de l'honnêteté, chercher son intérêt personnel sans se préoccuper de l'intérêt d'autrui. qui sont étrangers à la piété reconnaîtront que c'est bien là, en effet, le principe d'après lequel se font les affaires en ce monde. Maintenant, que penser de ce principe? Est-il d'accord avec la sainteté, avec l'amour de Dieu et de l'humanité, avec l'esprit de l'Evangile, avec l'exemple de Jésus-Christ ? Peut-on tout à la fois se régler sur un tel principe et aimer Dieu? — Impossible 1 Deux choses ne peuvent pas être plus contraires l'une à l'autre. Les chrétiens ne peuvent donc en aucune façon se conformer, quant aux affaires, aux maximes du monde. 3. Les règles et les principes que le monde suit dans les affaires, sont directement opposés à l'Evangile, à l'esprit que montre Jésus-Christ et aux enseignements qu'il donna et que tous les siens doivent suivre, sous peine de se perdre éternellement. Quel fut l'esprit que Jésus-Christ montra sur la terre? Ce fut l'esprit de bienveillance et de renoncement, l'esprit de celui qui se sacrifie pour faire du bien aux autres. Il montra le même esprit que Dieu le Père qui trouve un bonheur infini à sortir de lui-même et à satisfaire son coeur plein de bienveillance en faisant du bien à ses créatures. C'est en cela que consiste la religion de l'Evangile; être semblable à Dieu, non seulement faire le bien mais jouir de faire le bien, trouver son bonheur à sortir de soi-même pour faire le bien d'autrui. C'est ce qu'exprime cette parole: « Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir ; » et c'est ce qu'ordonne ce commandement: « Ne regardez pas chacun à votre propre intérêt, mais que chacun regarde aussi à l'intérêt des autres. » Mais quelle est la maxime du monde en fait d'affaires? Elle est : « Chacun pour soi. » Et elle a été inventée par des gens qui étaient aussi étrangers à la connaissance et à la pratique de l'Evangile que peuvent l'être les païens eux-mêmes. Comment les chrétiens pourraient-ils adopter de pareilles maximes? 4. Se conformer au monde dans les affaires c'est se mettre en flagrante contradiction arec les engagements que l'on prend en entrant dans l'Eglise. Quel est l'engagement que vous prenez en entrant dans l'Eglise ? N'est-ce pas de renoncer au monde et de vivre pour Dieu, d'être conduits par l'Esprit de Jésus-Christ, d'avoir pour Dieu un amour suprême, de renoncer à vous-même et de vous consacrer au service de Dieu et au bien de vos semblables? Ne faites-vous pas alors profession de ne point aimer le monde et ses pompes, ses honneurs et ses richesses? A la table de la communion, en recevant le corps du Sauveur rompu pour vous, ne déclarez-vous pas les mêmes choses? Et ensuite, que faites-vous? Vous vous en allez et vous suivez les principes et les règles de ceux dont la vie, la volonté et le but avoués sont d'aimer le monde, de gagner le monde et de jouir du monde! Si vous ne vous repentez, vous périrez éternellement. Les chrétiens de profession qui se conforment au monde iront tout aussi certainement en enfer que les pires incrédules; leur condamnation est aussi certaine que celle des plus grands scélérats. Ils sont doublement coupables. Ils se sont engagés solennellement devant Dieu à suivre le chemin qui mène à la vie, puis ils se sont mis, dans leurs affaires, à suivre les principes de ce monde; il est évident qu'ils sont de misérables parjures. 5. La conformité au monde est si évidemment contraire aux principes de l'Evangile, que lorsque les pécheurs la rencontrent chez ceux qui font profession de christianisme, elle les empêche de comprendre la nature et le but de L'Evangile. Comment, en effet, dans de telles conditions, les pécheurs comprendraient-ils que le but de l'Evangile est d'élever les hommes au-dessus de l'amour du monde, au-dessus de l'influence du monde, de les placer sur un terrain plus élevé, de leur apprendre à vivre d'après des principes totalement différents ? Comment les pécheurs comprendraient-ils ce que sont les dispositions d'une âme toute remplie de la vie du ciel, comment connaîtraient-ils le renoncement à soi-même, la bienveillance, etc. ? 6. C'est cet esprit de conformité au monde qui a chasse de l'Eglise l'amour de Dieu. Voyez ce nouveau converti, il est bouillant de zèle, l'amour de Dieu remplit son coeur et s'échappe de ses lèvres en paroles de feu. Que lui importe le monde! Appelez son attention sur ses richesses, ses plaisirs, ses honneurs, et engagez-le à les poursuivre, vous ne réussirez qu'à exciter son dégoût. Mais mettez-le dans les affaires, laissez-le pendant une année faire du négoce selon les principes admis dans le monde, et vous ne reverrez plus en lui ce brûlant amour de Dieu qui remplissait son coeur; sa religion ne sera plus pour lui qu'un devoir; religion sèche, maigre, sans influence; tout autre chose que cet ardent amour de Dieu qui pousse aux actes de bienveillance. J'en appelle à tout homme ici présent, et si ma voix était assez forte j'en appellerais à tous ceux qui professent être chrétiens dans cette ville, et je demanderais : N'en est-il pas ainsi? Et si quelqu'un me répondait : « Non, il n'en est pas ainsi, » cette réponse prouverait seulement que celui qui la fait n'a jamais su ce que c'est que le feu du premier amour chez un nouveau converti: 7. Cette conformité au monde dans les affaires est un des plus grands obstacles à la conversion des pécheurs. Que pensent, en effet, les incrédules quand ils voient que ceux qui se disent chrétiens et prétendent croire ce que la Bible enseigne, n'en recherchent pas moins les biens de ce monde tout aussi ardemment que tous les autres hommes, faisant les meilleurs marchés, achetant au plus bas prix et vendant aussi cher que les plus zélés serviteurs de Mammon ? Ce qu'ils pensent ? — Je puis, moi, vous le répéter. Ils disent: « Ces chrétiens font exactement comme nous tous, ils suivent les mêmes principes ; « chacun pour soi » est leur devise tout aussi bien que celle de tout le monde ; ils marchandent comme les autres et placent leur argent à aussi gros intérêts que qui que ce soit. » Et ces accusations ne sont pas des calomnies. C'est un fait notoire que la plupart des membres des églises recherchent le monde et les choses qui sont au monde, au même degré, avec le même esprit et selon les mêmes maximes que ceux d'entre les incrédules qui passent pour honnêtes et humains. Le mondain dit « Voyez ces chrétiens, je ne vois pas qu'ils soient en rien meilleurs que moi, ils vont tout aussi loin que moi en fait de recherche des biens terrestres. » Si ceux qui professent être chrétiens agissent selon les mêmes principes que les gens du monde, aussi vrai que l'Eternel est vivant, ils auront le même salaire. Ces chrétiens sont inscrits au livre de Dieu comme de noirs hypocrites, attendu qu'ils prétendent être des amis de Dieu tandis qu'ils aiment le monde. Aimer le monde c'est être ennemi de Dieu.- 8. Une autre raison du commandement : « Ne vous conformez pas au monde » est l'influence salutaire, instantanée, immense, qu'auraient ceux qui professent le christianisme s'ils se mettaient à conduire leurs affaires d'après les principes de l'Evangile. Voyez, en effet, ce qui arriverait si, pendant une année, les chrétiens se réglaient dans leurs transactions commerciales d'après les principes de l'Evangile. Le retentissement en serait plus grand que celui du tonnerre ; le monde en serait ébranlé. Que les incrédules voient ceux qui professent le christianisme, consulter en toute affaire le bien de la personne avec laquelle ils traitent, cherchant l'intérêt d'autrui autant que le leur vivant au-dessus du monde, ne lui attribuant d'autre valeur que celle d'un instrument pour glorifier Dieu ; — quel ne serait pas l'effet d'une conduite pareille ? Quels effets vit-on se produire à Jérusalem quand tous les chrétiens renoncèrent à leurs affaires particulières pour se donner sans réserve à l'oeuvre du salut du monde ? Ce n'étaient que quelques pêcheurs ignorants et quelques humbles femmes, mais ils mirent le monde sens dessus dessous. Que l'Eglise fasse de même maintenant et le monde sera couvert de confusion et accablé sous la conviction de péché. Oui ! que seulement l'église s'élève au-dessus du monde et traite les affaires d'après les principes de l'Evangile, chacun cherchant non pas seulement ses propres intérêts mais aussi les intérêts des autres, et l'incrédulité cachera, sa tête, l'hérésie sera arrachée de l'Eglise et l'esprit d'amour, esprit délicieux, béni entre tous, se répandra sur le monde comme les vagues de la mer. Secondement. Raisons pour fuir toute conformité au monde EN CE QUI CONCERNE LA MODE Pourquoi est-il commandé aux chrétiens de ne pas suivre les modes du monde ? 1. Parce qu'elles sont diamétralement opposées à l'esprit de l'Evangile, et que les suivre, c'est mettre son affection aux choses de la terre. Qu'est-ce que « avoir ses pensées aux choses de la terre » si ce n'est pas entr'autres choses suivre la mode, qui, semblable à la marée, ne cesse son mouvement de va et vient, changeant toujours ses formes et renouvelant sans cesse les attraits de ce monde? Il y a de grands commerçants, des possesseurs de grandes fortunes qui se vantent de n'avoir aucun souci de la mode; ils sont occupés de tout autre chose et ils laissent le soin des modes à leur tailleur, c'est son affaire et l'on compte qu'il fera tout pour le mieux. Mais représentez-vous que ce tailleur fasse un habillement hors de mode, l'on verrait alors si ces messieurs ne font aucun cas de la mode. et s'ils voudraient encore employer le même tailleur. Pour le moment, il est vrai, ils ne s'occupent pas beaucoup de la mode; ils ont de plus hautes ambitions, aussi pensent-ils que prêcher sur la mode c'est abaisser la dignité de la chaire chrétienne. Ils oublient que pour la plus grande partie de l'humanité, la mode est la chose essentielle. La plus grande partie de ceux qui composent l'Eglise ne sont pas riches et ne s'attendent pas à le devenir ; leur grande affaire c'est d'avoir un extérieur « respectable, » et d'élever leur famille d'une manière « respectable; » ce qui veut dire de suivre la mode. Les neuf dixièmes de la population ne regardent jamais plus haut que cela : faire comme le monde, c'est-à-dire suivre la mode. Pour y parvenir, aucun effort, aucun sacrifice ne leur coûte ; tout leur coeur est là, c'est pour cela qu'ils vivent. Le grand négociant, l'homme opulent, le personnage important se trompent donc s'ils pensent que la mode soit une petite chose. La très grande majorité des gens ont toute leur attention, tout leur coeur tourné vers cet objet : dans leurs vêtements, leur mobilier, et le reste, imiter les gens à la mode, les gens respectables, comme on dit. 2. Se conformer au monde est contraire à la profession chrétienne. Quand on se joint à l'église on fait profession d'abandonner cet esprit qui a donné naissance à la mode. On déclare renoncer aux « pompes et aux vanités du monde, » se repentir de son orgueil, vouloir désormais suivre celui qui fut « doux et humble de coeur, » et vivre pour Dieu. Après cela, que fait-on? On suit la mode et souvent avec une ardeur extrême ; on n'acceptera rien qui ne soit à la dernière mode; de sorte qu'une faiseuse de robes qui par motif de conscience refuserait de suivre la mode ne pourrait pas gagner son pain. Oui, c'est un fait, une couturière en robes ne peut trouver du travail, même auprès des dames qui font profession d'appartenir à Jésus-Christ, à moins qu'elle ne suive la mode dans toutes ses extravagances ; Dieu sait qu'il en est ainsi ; et ces couturières doivent abandonner leur gagne-pain si leur conscience ne leur permet pas de suivre tous les caprices de la mode. 3. Cette conformité au monde dans l'obéissance à la mode est une franche et complète approbation donnée à l'esprit du monde. Quelle est en effet la raison d'être de tout ce changement de décors, de tout cet éclat, de tout ce somptueux étalage? C'est l'amour de la louange et des applaudissements. Et quand les chrétiens suivent la mode, ils affirment par là, autant qu'il est en eux, l'innocence de cet amour de la vaine gloire. Tout ce gaspillage d'argent, de temps et de pensées, tout ce soin qu'on prend de la vanité, toute cette pâture qu'on lui donne, et cet amour, cette passion. des applaudissements, l'église innocente tout cela; elle y met le sceau de son approbation quand elle se conforme au monde. 4. En suivant les modes du monde les chrétiens montrent qu'ils aiment le monde. Ils montrent par leur conduite qu'ils aiment le monde, exactement comme les incrédules le montrent par la même conduite. En suivant, comme eux, les modes, ils démontrent avec évidence qu'ils sont mus par le même principe, l'amour de la mode. 5. Quand les chrétiens de profession se conduisent ainsi, ils montrent avec la plus grande évidence qu'ils aiment la gloire qui vient des hommes. Ils montrent qu'ils aiment l'admiration et la flatterie exactement comme les pécheurs. N'est-il pas clair que c'est se mettre en contradiction avec le principe chrétien, que de chercher ces choses mêmes qui sont l'objet de l'orgueil et la convoitise des incrédules ? 6. Si vous vous conformez au monde en suivant la mode, vous montrez que vous ne vous regardez pas comme responsable envers Dieu de l'emploi de votre argent. C'est pratiquement méconnaître et abandonner votre vraie position, celle d'administrateur de l'argent qui vous a été confié. En employant l'argent à satisfaire votre vanité et vos convoitises, vous enlevez à l'épée de la vérité cette pointe qui devrait transpercer le pécheur égoïste. Votre vie est un démenti donné à la parole du Seigneur : « La terre est à moi avec tout ce qu'elle contient. » (Ps L :10). 7. Vous montrez par là que la réputation est votre idole. Quand de toutes les nations vous arrive ce cri des âmes qui se perdent : « passe vers nous et viens nous secourir » et que chaque semaine vous apporte quelque appel nouveau à envoyer l'Evangile, des traités, des Bibles, des missionnaires, à ceux qui périssent faute de connaissance, et que vous préférez dépenser votre argent pour suivre la mode, n'est-ce pas déclarer que la réputation est votre idole. Supposons, pour les besoins de notre démonstration, qu'il ne soit pas défendu par la Parole de Dieu de suivre la mode, et que ceux qui font profession de christianisme puissent la suivre innocemment (je nie que la chose soit innocente, mais supposons qu'elle le soit); est-ce que le fait que vous la suivriez, tandis que tant d'appels d'argent, de temps et de travail se font entendre en vue du salut des âmes, est-ce que ce seul fait, dis-je, ne démontrerait pas d'une manière parfaitement concluante que vous n'aimez ni Dieu, ni les âmes de vos frères? Voici une femme dont le mari est en esclavage. Cette femme fait tout ce qu'elle peut pour ramasser assez d'argent pour le rachat de son mari. Elle est toujours peinant et économisant, se levant tôt, se couchant tard, mangeant le pain de douleur, parce que son époux, le père de ses enfants, l'ami de sa jeunesse, est dans l'esclavage. Maintenant, dites à cette femme que c'est chose innocente pour elle que de suivre la mode, d'avoir vêtement haute nouveauté, dernière mode, grands étalages, comme ses voisins. Vous écoutera-t-elle ? Aura-t-elle le moindre désir des choses. dont vous lui parlez ? — C'est à peine si elle achètera des souliers pour ses pieds ; elle en est presque à regretter le, pain qu'elle porte à sa bouche, tant est grand le désir qu'elle a de parvenir à son but. Maintenant, supposez qu'une personne aime Dieu, les âmes des hommes et le règne de Christ, aura-t-elle besoin d'une défense expresse de Dieu pour ne pas dépenser son argent et son temps à suivre les modes? Non certes! elle, aurait plutôt besoin d'un ordre positif pour s'accorder ce qui est nécessaire à l'entretien de sa vie. Voyez Timothée, eut-il besoin d'une défense expresse pour être gardé de trop de complaisance envers lui-même quant à l'usage du vin? Il était au contraire si réservé, qu'il fallut une injonction formelle de la part de Dieu pour le décider à prendre un peu de vin comme remède. Quoiqu'il fût malade, il n'en voulait pas prendre à moins d'y être formellement autorisé de Dieu, tant il voyait clairement les mauvais côtés de la chose. Maintenant, montrez-moi un homme ou une femme qui suive les modes, et je vous dirai de quel esprit cette personne-là est animée, sans m'inquiéter de la profession qu'elle peut faire. Ne me demandez pas pourquoi Abraham, David, Salomon, qui étaient si riches, n'employèrent pas leur argent à l'avancement du règne de Dieu ; je vous demanderais, moi, si ces anciens serviteurs de Dieu jouissaient de la lumière que possèdent les chrétiens de nos jours. Savaient-ils seulement que le monde peut être converti, ainsi que le savent les chrétiens d'aujourd'hui? Mais supposons qu'il vous soit permis, aussi bien qu'A Abraham et à David, d'être riche et d'employer vos richesses à faire étalage de luxe, suivant tous les caprices de la mode, qui d'entre vous voudrait le faire, s'il aimait le Seigneur Jésus-Christ? Qui voudrait employer son argent à des vanités de ce genre quand il pourrait l'employer à satisfaire la passion qui ASSORBERAIT TOUT dans sa vie, celle de faire du bien à l'âme de ses semblables? 8. En vous conformant au monde en obéissant à la mode, vous montrez que vous ne différez pas de ceux qui sont ouvertement impies. Ces impies et ces incrédules déclarés disent: « Nous ne voyons pas que ces chrétiens aiment moins la mode que nous. » Et qui ne sait que ce scandale fait tomber beaucoup de gens? 9. En suivant la mode,vous tentez Dieu, vous l'engagez à vous abandonner à l'esprit de ce monde. Il y a, à l'heure qu'il est, beaucoup de chrétiens de profession qui ont suivi le monde et la mode jusqu'à ce qu'enfin Dieu semble les avoir livrés à Satan pour la destruction de la chair. Ils n'ont que peu ou point de sentiment religieux, pas d'esprit de prière, pas de zèle pour la gloire de Dieu ou pour la conversion des pécheurs: le Saint-Esprit semble les avoir abandonnés. 10. Vous tentez l'Eglise, vous la poussez à suivre les modes. Là où les anciens et les principaux membres de l'église sont des chrétiens fashionables, ils entraînent toute l'église après eux dans leur obéissance à la mode et chacun les imite autant qu'il peut, jusqu'à la plus humble servante. Que seulement une riche dame « chrétienne » vienne à l'église en costume grande mode, aussitôt toute l'église est prise du désir de la suivre dans cette voie, fallût-il s'endetter pour cela. 11. Vous vous tentez vous-mêmes à l'orgueil, à la folie et à la mondanité. Représentez-vous un buveur corrigé qui s'entourerait de vin, d'eau-de-vie et de toutes sortes de liqueurs enivrantes, et qui ne les quitterait pas du regard, et qui en goûterait de temps en temps quelque peu. Cet homme-là ne se tenterait-il pas lui-même? Et maintenant voyez cette femme qui a été élevée dans l'orgueil et la vanité; elle s'est corrigée et a professé abandonner son ancienne vie; mais elle garde ses ornements et continue à suivre les modes : la ramènera en arrière, cela est immanquable. Elle se tente elle-même au péché et à la folie. 12. Vous tentez le monde. Vous le jetez dans une recherche encore plus ardente et plus fiévreuse de toutes ces vanités. Le monde a parfois des scrupules au sujet de ces choses-là ; mais, en les recherchant avec lui et après lui, les chrétiens de profession encouragent les mondains à se livrer tout entiers à ces convoitises qui précipitent leurs âmes dans l'enfer. 13. En suivant la mode, vous tentez le diable à vous tenter. En suivant la mode, vous ouvrez votre coeur à Satan. Après s'être donné à Dieu, vouloir suivre la mode, c’est vouloir garder son cœur « vide, balayé et paré » pour Satan. Toute femme qui veut suivre la mode peut en être sûre, elle aide Satan à la tenter à l'orgueil et au péché. 14. C'est la plus grande partie de ceux qui vous entourent que vous tentez en suivant les modes. Il y a un petit nombre de personnes qui se proposent comme but des objets plus considérables que la conformité aux modes, et qui poursuivent ces objets avec ardeur. Les uns sont engagés dans une lutte très vive pour arriver au pouvoir politique, d'autres font tous leurs efforts pour acquérir une réputation littéraire, d'autres pour gagner des richesses ; et les uns comme les autres ne se doutent pas que leur coeur est attaché à la mode ; leur égoïsme se déploie sur une plus grande échelle. Mais la plupart sont beaucoup influencés par la mode ; et pour eux c'est une pierre d'achoppement des plus funestes que l'ardeur et la promptitude que les chrétiens de profession mettent à suivre tous les caprices de la mode. Ils se disent : « que signifie donc leur profession puisqu'ils suivent les modes avec autant d'empressement que qui que ce soit ? » Ou bien encore, ils se disent : « Il est sans doute légitime de suivre la mode, car les chrétiens eux-mêmes la suivent tout autant que nous. » 15. Une autre raison pour laquelle les chrétiens ne doivent pas se conformer au monde en suivant les modes, c'est la grande influence qu'une conduite tout opposée aurait infailliblement sur les gens du monde. Si ceux qui font profession d'être chrétiens montraient un complet mépris de la mode, il y aurait là un vivant reproche et un sujet de confusion pour les gens du monde qui les entourent ; ces chrétiens démontreraient par-là qu'ils vivent pour Dieu et pour l'éternité. Quelle ne serait pas la puissance d'un pareil fait ! Quel témoignage accablant il constituerait en faveur de la religion de Jésus-Christ ! L'apparente renonciation au monde faite par beaucoup d'ordres religieux, a certainement plus fait que toute autre chose pour persuader les hommes de la réalité de leur religion, et pour étendre cette religion dans le monde en augmentant son influence. Supposez maintenant qu'un tel renoncement soit sincère et cordial ; ajoutez-y par la pensée non seulement tout ce qu'il y a de beau et d'aimable dans le caractère chrétien, mais encore toute la puissance d'une activité pleine de hardiesse et de zèle pour arracher les âmes au péché et les gagner à la sainteté ; quelle influence un pareil exemple n'exercerait-il pas ! Ne serait-ce pas comme un tonnerre qui retentirait aux oreilles du monde, et qui obligerait beaucoup de pécheurs à se réveiller et à se tourner vers Dieu? Troisièmement. Raisons pour fuir toute conformité au monde EN CE QUI CONCERNE LA POLITIQUE. Je veux montrer pourquoi ceux qui professent être chrétiens sont tenus de ne pas se conformer au monde à l'égard de la politique. 1. Parce que la politique de ce monde est parfaitement malhonnête. Qui l'ignore? Qui ne sait que chaque parti cache à dessein les défauts de son propre candidat, ainsi que les qualités du candidat du parti opposé ? Est-ce que cela n'est pas malhonnête ? Chaque parti porte son candidat aux nues ; il en fait une perfection et n'a qu'un but, le faire élire ; et pour cela tous les moyens sont bons. Il est donc impossible d'être un honnête homme quand on s'inféode à un parti. Et le chrétien pourrait agir de la sorte et garder en même temps une conscience pure. 2. Se conformer au monde en ce qui concerne la politique, c'est tenter Dieu. En marchant avec le monde dans les affaires politiques, les chrétiens commettent la faute de donner au pays, par leur vote, des chefs qui ne craignent ni n'aiment Dieu, gens qui bravent ouvertement ses lois, qui violent le jour du repos, qui jouent, qui commettent adultère, qui se battent en duel, qui jurent d'une manière impie, qui laissent les lois inexécutées quand tel est leur bon plaisir, et ne se soucient ni du bonheur ni du malheur de leur pays, pourvu qu'ils puissent conserver leurs places. Oui, les chrétiens sont responsables de ce que le pouvoir tombe entre de telles mains. Car il est clair que là où les partis sont divisés, comme ils le sont dans ce pays, les chrétiens sont assez nombreux pour déterminer le sens du vote. Qu'ils se montrent résolus à ne jamais voter pour un malhonnête homme, un violateur du sabbat, un joueur, un débauché, un duelliste, et aucun parti ne pourra proposer de tels personnages au suffrage populaire avec quelque chance de succès. Mais aujourd'hui on voit les partis se prêter à tout, consentir à la violation des lois, donner pleine licence aux fureurs populaires, aux exécutions sommaires (loi de Lynch), aux vols des malles-poste, en un mot à toute sorte d'iniquité, pourvu qu'ils puissent porter leur candidat au pouvoir et, avec son appui, occuper les emplois publics. J'affirme que tous les fauteurs d'un pareil système sont de malhonnêtes gens, quelle que soit leur profession religieuse. Et si des chrétiens s'en rendent complices, les déclarerons-nous innocents ? 3. En marchant avec le monde dans les affaires politiques, les chrétiens contristent le Saint-Esprit. Demandez à un homme politique chrétien s'il a jamais pris le Saint-Esprit pour guide et pour compagnon dans une campagne politique. — Jamais, vous répondra-t-il. Je suis loin de prétendre que les chrétiens doivent s'abstenir de voter et se priver de leur part légitime d'influence sur les affaires publiques. Mais ne ils doivent pas s'enrôler dans un parti. 4. En faisant de la politique comme on en fait aujourd'hui, vous contribuez à saper par la base tout ordre et tout gouvernement dans le pays. Qui ne sait qu'en ce moment (1) cette grande nation vacille et chancelle, parce que les lois sont violées et foulées aux pieds et que le gouvernement ne veut ou n'ose pas s'y opposer? soit que le magistrat ne désire pas mettre fin au désordre, soit qu'il temporise, toujours est-il que le mal règne dans toutes les contrées de notre grand pays ; et que celui qui fait profession d'être chrétien ne peut pas donner son suffrage à des hommes tels que ceux qui sont aux affaires. (1) Paroles prononcées il y a cinquante ans. Depuis lors de grands progrès ont été accomplis : réveils religieux, abolition de l'esclavage, etc. (Trad.). 5. Votre façon d'agir est une pierre d'achoppement pour les pécheurs. Que pensent les pécheurs quand ils voient ceux qui se disent chrétiens se joindre à eux dans les mesures politiques qu'ils prennent, et faire des choses qu'ils savent, eux, mondains, être déshonnêtes et corruptrices ? Ils disent : « Nous savons, très bien, nous, ce que nous faisons, nous voulons que notre parti arrive au pouvoir, nous poursuivons notre propre intérêt, nous voulons les places, les honneurs, la puissance, rien de plus simple. Mais ces chrétiens qui font profession de vivre pour autre chose, pour un but plus élevé, les voilà qui se joignent à nous et les voilà qui recherchent « des pains et des poissons » tout aussi avidement que qui que ce soit d'entre nous ! » Les gens du monde pourraient-ils rencontrer une pierre d'achoppement pire que celle-là? 6. Vous démontrez aux incrédules que ceux qui professent être chrétiens sont mus par le même esprit qu'eux. Qui peut s'étonner que les gens du monde soient incrédules quant à la réalité de la religion ? S'ils ne font pas des recherches dans les Ecritures et n'apprennent pas par elles ce qu'est la religion, s'ils se laissent conduire par ce qu'ils voient de la conduite de ceux qui se disent chrétiens, ils doivent être. incrédules. Ils doivent inférer de ce qu'ils voient que ceux qui professent la religion n'y croient pas eux-mêmes. Et cette conclusion est fondée. Je suis moi-même loin d'être sûr que le plus grand nombre de ceux qui font profession d'être. chrétiens croient à la Bible. 7. Vous montrez que votre cœur n'est pas changé. Qu'est-ce que le changement du coeur? Est-ce prendre la sainte cène une fois ou deux par mois et aller quelquefois à la réunion de prières? A-t-on le coeur changé pour cela, quand on est tout aussi ardent que les autres à la poursuite des places et des honneurs? Le monde serait stupide s'il croyait à un changement de coeur pour de pareilles raisons. 8. Vous devriez renoncer à toute conformité avec le monde à l'égard de la politique, quand ce ne serait qu'en vue de l'influence bénie qu'une pareille conduite ne manquerait pas d'avoir sur le monde. Supposez un moment que les chrétiens deviennent parfaitement consciencieux et conséquents en matière politique et qu'ils disent d'une commune voix : « Nous n'accorderons nos votes qu'à des hommes qui craignent Dieu et qui sont décidés à gouverner selon la justice. » Dès ce moment, les incrédules n'oseraient plus porter comme candidats des hommes qui ne respectent pas les lois. Loin de là. Tout candidat devrait désormais présenter assez de garanties morales pour que l'on pût reconnaître en lui un homme dévoué au bien du pays, décidé à encourager la vertu, à réprimer le vice, l'injustice et le désordre, à faire en un mot tout ce qui est en son pouvoir pour rendre le peuple heureux et SAINT. Les chrétiens feraient ainsi honte aux politiciens malhonnêtes en montrant que le seul mobile de toute leur activité est l'amour de Dieu et des hommes. Semblable à une vague immense, leur influence bénie ne tarderait pas à s'étendre sur tout le pays. IV. J'ai maintenant à répondre à quelques objections qui sont faites contre les principes que j'ai avancés. 1. OBJECTIONS CONTRE NOS PRINCIPES RELATIVEMENT AUX AFFAIRES. 1° Objection. « Si nous ne suivons pas dans les affaires les mêmes principes que les gens du monde, nous ne pourrons pas soutenir leur concurrence et toutes les affaires tomberont entre leurs mains. Si, dans les achats et les ventes, nous avons en vue le bien d'autrui, nous ne recherchons pas notre bénéfice mais celui des gens avec qui nous traitons, nous ne pourrons jamais lutter avec les commerçants animés d'un tout autre esprit et ils ne tarderont pas à être maîtres de tout le commerce. » Eh bien, soit ! Vous pouvez trouver un moyen plus modeste de gagner votre vie, et laisser les affaires aux gens du monde. 2° Objection. « Mais où trouverons-nous de l'argent pour répandre l'Evangile »? — Une église sainte qui agirait d'après les principes de l'Evangile contribuerait plus à hâter les progrès du règne de Dieu que ne le ferait jamais tout l'argent qu'on pourrait trouver à New York. Donnez-moi une église sainte, une église dont la vie soit au-dessus de ce monde, et l'oeuvre du salut avancera plus vite qu'elle ne pourrait le faire avec tout l'argent de la chrétienté. 3° Objection. « Il nous faut pourtant beaucoup d'argent pour former des ministres instruits. » — Ah ! si nous avions des pasteurs SAINTS ce serait un avantage bien plus grand que d'avoir des pasteurs d'une haute culture. Si le corps pastoral est assez saint, il pourra au besoin se passer d'études si prolongées; Dieu me garde de méconnaître la valeur des études; que les Ministres aient autant d'instruction que possible, ils n'en auront jamais trop, pourvu qu'ils aient aussi la sainteté. Mais il est absurde de penser qu'un corps pastoral lettré soit, comme tel, en état de convertir le monde. Que les pasteurs aient l'esprit de prière, que le baptême du Saint-Esprit, la « Puissance d'En Haut » soit sur eux et ils répandront l'Evangile. Que les chrétiens vivent comme ils doivent vivre et l'Eglise ébranlera le monde. Si seulement tous les chrétiens de New York entraient dans cette voie, chaque navire qui quitte le port de cette grande cité en porterait la nouvelle, les vents la disperseraient aux quatre bouts des cieux, bientôt un esprit de réveil et de recherche du salut remplirait la terre entière, et les conversions se multiplieraient comme les gouttelettes de la rosée du matin. Supposons un moment que vous abandonniez vos affaires pour vous consacrer exclusivement à l'oeuvre de l'évangélisation. L'église l'a fait une fois, et vous savez quelle en fut la conséquence. Quand ce petit groupe de fidèles de Jérusalem oublièrent leurs intérêts temporels pour se donner tout entiers à l'oeuvre de Dieu, le salut se répandit avec une rapidité merveilleuse. Je crois que si, de nos jours encore, toute l'église chrétienne se levait, et, laissant tout le reste, marchait à la conquête du monde, en fort peu de temps le monde se convertirait. Au surplus, le fait est que vous ne seriez pas obligés d'abandonner vos affaires. Si les chrétiens voulaient s'occuper de leurs affaires dans l'esprit de l'Evangile, ils auraient bientôt accaparé tout le commerce du monde. Que seulement les gens du monde constatent que chaque fois qu'ils ont affaire à un chrétien, celui-ci les traite non seulement avec loyauté, mais avec bienveillance, qu'il a égard à leur intérêt comme au sien propre, et ils ne voudront plus guère avoir affaire qu'à des chrétiens. Quel négociant voudra pour une affaire quelconque, s'adresser à un incrédule qu'il sait être exclusivement préoccupé de son propre avantage et fort capable de le tromper et de le duper, alors qu'en s'adressant à un négociant chrétien il sera sûr d'obtenir de lui la même application et la même bonne volonté que s'il s'agissait de ses propres intérêts? Du reste, c'est un fait connu qu'il y a maintenant ici, dans cette ville, des marchands chrétiens qui, grâce à leur intégrité, fixent le prix des articles dont ils sont détenteurs. Quand des marchands viennent de l'intérieur en vue de faire des achats dans notre ville, ils se rendent chez les marchands chrétiens dont nous parlons, ils leur demandent quel est le prix raisonnable de chaque article, et la réponse qu'ils reçoivent fait loi pour eux. Quand l'homme d'affaires suit les principes de l'Evangile, l'avantage est tout de son côté. L'Eglise peut faire en sorte que les incrédules mêmes aient intérêt à conduire leurs affaires d'après les vrais principes. Elle peut ainsi régler le commerce du monde. Et malheur à elle si elle ne le fait pas ! 2. OBJECTIONS CONTRE NOS PRINCIPES RELATIVEMENT A LA MODE. 1° Objection. « Est-il bon que le chrétien se singularise? » Certainement! Les chrétiens sont tenus de se singulariser. Ils sont appelés à être un « peuple particulier » c'est-à-dire un peuple singulier, essentiellement différent du reste de l'humanité. Soutenir que nous ne devons pas être singuliers c'est dire que nous devons nous conformer au monde. « Ne sois pas singulier » signifie: « sois semblable au monde » ce qui est juste le contraire du commandement donné dans notre texte. Mais la question qui nous occupe maintenant concerne la mode dans les vêtements, les équipages, les ameublements, etc. Ici je confesse que j'étais autrefois dans l'erreur; je croyais et j'enseignais que le mieux pour le chrétien était de se vêtir de manière à n'être pas remarqué, qu'il fallait suivre de loin les changements de la mode de manière à ne pas paraître singulier. Mais j'ai vu mon erreur et maintenant je m'étonne de l'aveuglement dans lequel j'étais. Votre devoir est de vous vêtir avec une simplicité telle que vous montriez au monde que vous ne faites aucun cas de la mode, que vous la négligez et la méprisez absolument. En effet, si vous n'êtes pas singuliers, si vous ne vous séparez pas entièrement des modes de ce monde, vous montrez que vous y attachez du prix. Vous ne pouvez rendre un témoignage clair contre les modes du monde que par une entière simplicité; je ne veux pas dire que vous deviez vous étudier à être singuliers; je veux dire que vous devez rechercher la commodité et l'économie, bien qu'en le faisant, vous puissiez paraître singuliers. 2° Objection. Mais si nous nous habillons avec une simplicité exagérée, toute l'attention des gens se portera sur ces détails extérieurs. — S'il y a de la vérité dans cette observation, c'est parce que la chose est si rare que chacun ouvre de grands yeux quand il voit un chrétien assez fidèle à sa profession pour ne tenir aucun compte des modes. Mais que tous les chrétiens se mettent à en faire autant, et votre simplicité ne prouvera plus rien, sinon que vous êtes un chrétien et que vous ne voulez pas être confondu avec les incrédules. Ne serait-ce pas un coup porté à l'orgueil du monde, si tous les chrétiens étaient d'accord pour rendre un témoignage pratique contre le vain étalage de son luxe? 3° Objection. Vous mettez la religion trop haut, vous la mettez hors de la portée du plus grand nombre. Il vaut mieux ne pas établir une distinction artificielle entre l'église et le monde. Cette objection est directement contraire à la vérité. Plus vous rapprocherez l'église du monde, plus vous affaiblirez les raisons qui devraient persuader au monde de se convertir et de se joindre à l'église. A moins que vous ne sortiez décidément du monde et que vous ne montriez que vous n'êtes en aucune façon des siens, à moins que vous ne placiez l'église assez haut pour qu'il y ait une ligne de démarcation bien tranchée entre les saints et les pécheurs, comment ferez-vous comprendre aux incrédules la nécessité d'un changement aussi grand que la conversion ? 4° Objection. Mais le changement nécessaire est celui du coeur. — Sans doute! mais ce changement du coeur ne produira-t-il pas le changement de la vie? 5° Objection. Vous mettrez ainsi des obstacles à ce que l'on devienne chrétien; beaucoup de gens respectables seront dégoûtés de la religion; et s'ils ne peuvent être chrétiens en prenant soin de leur toilette, ils se décideront tout à fait pour le monde. Cette objection est aussi raisonnable que le serait la conduite d'un membre de la Société de tempérance qui s'enivrerait de temps en temps pour ne pas rebuter les intempérants et pour garder son influence sur eux. Il importe au contraire que les gens sachent bien, et que la vie des chrétiens leur déclare hautement que s'ils veulent se ranger du côté de la foi, ils doivent être sevrés du monde, abandonner entièrement l'amour du monde, son orgueil, ses pompes et sa folie pour vivre d'une vie sainte, dans la vigilance, dans le renoncement à eux-mêmes et dans une active charité. 6° Objection. « N'est-il pas mieux que nous n'accordions aucune attention à de pareilles bagatelles, que nous laissions la modiste et la couturière faire comme il leur plait, et que nous suivions les usages de la société dans laquelle nous vivons? » Est-ce là une manière de montrer son mépris pour modes de ce monde ? Pour montrer le dédain que vous avez pour un usage, vous mettez-vous à l'adopter ? Est-ce une bonne manière de montrer votre éloignement du monde que de suivie docilement ses coutumes et ses modes? Étrange manière de raisonner ! 7° Objection. Qu'importe l'habit, si le coeur est pur. — Votre coeur peut-il donc être pur pendant que votre conduite est mauvaise ? A tout aussi bon droit le jureur pourrait dire : « Qu'importent les mots que je prononce, si mon coeur est pur ? Qu'est-ce que la conduite extérieure, si ce n'est l'activité du coeur se montrant au dehors? Si votre coeur était pur, vous ne désireriez pas suivre les modes de ce monde. 8° Objection. Quelle règle, quel modèle devons-nous suivre dans la confection de nos vêtements; nous ne voyons pas l'utilité de tout ce que vous nous prêchez, ni à quoi sert de prescrire la simplicité dans les vêtements, tant que vous ne nous donnez pas ce modèle. » C'est là une grande pierre d'achoppement pour beaucoup de gens: Je trouve cependant le sujet extrêmement simple; il est renfermé tout entier en deux règles très faciles à entendre. La première est celle-ci : Ayez soin de n'avoir rien de commun dans votre costume, vos ameublements, etc., avec les mobiles et les principes de ceux qui visent à l'effet et recherchent les applaudissements des hommes. Et voici ma seconde règle : Consultez d'abord l'économie et ensuite la commodité. Soyez d'abord saintement économes, c'est-à-dire épargnez tout ce que vous pouvez pour le service de Christ ; puis, que tout soit aussi commode, convenable, que cette économie le permettra. 9° Objection. Prétendez-vous faire de nous tous des Quakers, et nous obliger à nous habiller à leur manière ? — Qui est-ce qui ignore que la mise simple des quakers leur a conquis le respect des incrédules les plus sérieux ? S'ils y avaient joint le zèle pour Dieu, le complet renoncement au monde, le mépris des richesses et l'activité dévouée pour la conversion des pécheurs que nous commande l'Evangile et enfin une vue claire du plan du salut tel qu'il est exposé dans les Ecritures, il y a longtemps qu'ils auraient converti le monde. Et si tous les chrétiens les imitaient quant à leur mise simple, qui peut douter que par là la conversion du monde ne fût hâtée? Je ne veux pas dire cependant qu'il faille adopter la coupe et la façon particulière de leurs vêtements; je ne parle que de la simplicité de leur mise qui ne tient aucun compte des goûts et des modes du monde. 10° Objection. « Faut-il être tous méthodistes? » — Qui ne sait qu'à l'époque où les méthodistes se faisaient remarquer par la simplicité de leurs vêtements et par leur renoncement aux modes et aux vanités de ce monde, ils étaient puissants auprès de Dieu par la prière, et que le monde les respectait et les regardait comme de sincères chrétiens? Et qui ne sait que depuis qu'ils ont mis de côté leur simplicité et qu'ils se sont conformés au monde dans leurs vêtements et en d'autres choses encore, depuis qu'ils paraissent faire tous leurs efforts pour s'élever eux-mêmes comme dénomination et acquérir de l'influence dans le monde, ils n'ont plus cette puissance de la prière qu'ils avaient au commencement ? Plût à Dieu qu'ils n'eussent jamais renversé la muraille qui les séparait du monde! C'était un des traits les plus excellents du Wesleyanisme que cette simplicité dans les vêtements qui distinguait les membres de ses églises. 11° Objection. « Un vêtement simple peut nous inspirer autant d'orgueil qu'un vêtement à la mode. Les Quakers sont aussi orgueilleux que nous. » — On peut abuser de tout ce qui est bon ; mais tout le monde sait que l'abus ne condamne pas l'usage. A ceux qui font cette objection, je poserai à mon tour la question suivante : Est-il bien qu'une femme chrétienne, qui a dans son cœur la crainte de Dieu et l'amour des âmes, néglige un moyen très efficace de montrer qu'elle est séparée du monde et de témoigner son mépris pour ces vanités du luxe et de la mode au milieu desquelles les impies descendent en dansant vers l'enfer? 12° Objection. « Ce sont là de bien petites choses qui ne devraient point venir jusque dans la chaire prendre tant de temps au prédicateur. » Voilà une objection faite souvent par les chrétiens mondains. Mais le ministre qui craint Dieu ne se laissera pas arrêter par elle ; il ira de l'avant jusqu'à ce que de tels chrétiens soient ou dépouillés et purifiés de toute conformité au monde, ou retranchés de l'église. Ce n'est pas le vêtement comme tel, mais la conformité au monde dans les modes et les vêtements qui est une des pierres d'achoppement les plus funestes aux pécheurs. Comment le monde se convertira-t-il, tant que ceux qui font profession d'être chrétiens se conforment au monde? Quel bien cela peut-il faire de donner de l'argent pour faire porter l'Evangile aux païens, quand chez eux les chrétiens vivent d'une pareille façon? En les voyant, les païens ne diront-ils pas : « Quel profit peut-il y avoir à devenir chrétiens ? Les chrétiens recherchent les vanités du monde avec autant d'ardeur que ceux qui n'ont aucune religion. » La grande chose, nécessaire à l'église, c'est qu'elle rejette toute conformité au monde ; elle aura alors pouvoir auprès de Dieu par la prière, et le Saint-Esprit descendra et bénira ses efforts, et le monde se convertira. 13° Objection. « Si nous nous habillons de la sorte, nous serons appelés fanatiques. » De quelque nom que vous nomment les impies, que ce soit fanatiques, méthodistes, ou quelque autre nom encore, toujours est-il que vous serez connus comme chrétiens ; dans le secret de leurs consciences les hommes vous reconnaîtront comme tels. Il n'est pas au pouvoir des incrédules de répandre le mépris sur une église sainte qui est séparée du monde. Qu'en était-il des premiers chrétiens ? Ils vivaient séparés du monde et cela faisait une telle impression, que même des auteurs incrédules disaient d'eux : « Ces gens gagnent le coeur de la masse du peuple parce qu'ils se vouent aux oeuvres de la charité et n'ont que mépris pour les choses du monde. » Soyez-en certains, si les chrétiens veulent vivre ainsi, l'enfer aura beau redoubler d'efforts, la victoire sera bientôt à l'Evangile. Vague après vague, les eaux vives s'étendront au loin sur le monde, jusqu'à ce qu'elles couvrent les plus hauts sommets de la terre. 3. OBJECTIONS CONTRE NOS PRINCIPES RELATIVEMENT A LA POLITIQUE. 1° Objection. « En se conduisant d'après. ces principes, en refusant de s'unir au monde en ce qui concerne la politique, nous ne pouvons avoir aucune influence sur la marche des affaires du pays. » — Je réponds, premièrement : il en est ainsi maintenant. Les chrétiens, comme tels, n'ont pas d'influence. Nous ne voyons pas qu'aucun principe chrétien soit adopté parce qu'il est chrétien, ou parce qu'il est conforme à la loi de Dieu. Deuxièmement. Si les chrétiens n'ont pas d'autre moyen d'avoir de l'influence sur le gouvernement du pays que celui de se conformer au monde dans les affaires politiques, alors, laissez les incrédules manier les affaires et gouverner le pays à leur manière, et vous allez servir Dieu. Troisièmement. Mais il n'en sera pas ainsi ; c'est précisément le contraire qui arrivera. Que seulement l'on sache bien que les citoyens chrétiens n'aideront en aucune façon à mettre au pouvoir des hommes sans principes ; qu'il soit bien connu que l'église n'appuiera que des hommes ayant pour lait le bien du pays, et les partis s'accorderont certainement pour ne jamais mettre en avant d'autres hommes que ceux-là. De cette façon, l'Eglise exercera une légitime influence dans les affaires politiques. 2° Objection. « C'est faire de l'église et du monde deux camps opposés. » — Non. Le monde est trop égoïste pour que les partis puissent se diviser ainsi, et surtout pour que cette division-là puisse se maintenir. Il se peut que pendant une année les incrédules s'unissent contre l'église et laissent les chrétiens former une petite minorité. Mais ils se diviseraient bientôt en deux camps, chacun d'eux briguant les suffrages des chrétiens et leur offrant clos candidats pour lesquels ils pussent voter consciencieusement. REMARQUES 1. En ne vous conformant point au monde, vous pouvez épargner beaucoup d'argent et l'employer à faire du bien. En une année, l'église pourrait réunir ainsi, pour l'évangélisation, une somme plus grande qu'elle n'a jamais pu le faire. 2. En ne vous conformant point au monde, vous pourriez ainsi sauver beaucoup de temps, de ce temps précieux que vous perdez aujourd'hui à suivre les modes du monde, à vous conformer à ses maximes, à vous associer à ses entreprises. 3. En même temps les chrétiens garderaient la paix de leur conscience, ils jouiraient de la communion avec Dieu, ils auraient l'esprit de prière et seraient beaucoup plus utiles qu'ils ne sont. N'est-il pas temps d'agir dans ce sens ? N'est-il pas temps qu'une église quelconque ouvre la voie, rompant avec toute conformité au monde pour suivre l'exemple et l'esprit de Jésus-Christ ? Vous faites profession de désirer la conversion des pécheurs ; mais à quoi bon les convertir, si c'est pour qu'ils retombent dans la conformité au monde ? Frères, je le confesse, je suis rempli de douleur en voyant la conduite, de l'église. Où sont les résultats des glorieux réveils que nous avons eus ? Je le crois, ces grâces que l'église a reçues pendant ces dix dernières années, c'étaient de véritables, réveils, des effusions du Saint-Esprit. Je crois que les convertis de ces dix dernières années sont au nombre des meilleurs chrétiens du pays ; cependant, tout bien compté, ils ne sont, la plus grande partie d'entre eux, qu'un déshonneur pour la religion. A quoi pourrait-il servir d'ajouter à l'église mille membres qui seraient exactement comme ceux qu'elle a déjà ? La religion en serait-elle plus honorable aux yeux des infidèles? Une seule église sainte qui serait réellement crucifiée au monde, le monde étant crucifié à son égard (Gal VI :14), ferait plus pour recommander le christianisme que toutes les églises du pays ne le font en vivant comme. elles vivent maintenant. Ah ! si j'avais assez de force corporelle pour m'en aller de nouveau parcourir les églises, au lieu de prêcher encore la conversion aux pécheurs, je voudrais travailler surtout à amener Ies églises la sainteté que réclame l'Evangile. A quoi sert de convertir les pécheurs, pour en faire des chrétiens tels que ceux que nous avens maintenant ? A quoi bon nous efforcer de les convertir et de leur faire sentir qu'il y a quelque chose de réel dans la religion, pour qu'ensuite quand ils sont en relation d'affaires avec vous, ou quand ils vous rencontrent dans les rues, ils. trouvent dans votre exemple la réfutation vivante de tout ce qui leur a été prêché et pour que votre conformité au monde leur persuade qu'il n'y a rien de réel dans la religion de Jésus-Christ ? Où trouverai-je, où le Seigneur lui-même trouvera-t-il une église pareille à l'église des premiers jours, une église qui veuille sortir du monde et en rester séparée, pour se donner entièrement au service de Dieu ? Oh! si cette église-ci voulait le faire ! Je le répète, il y a peu d'utilité à faire des chrétiens s'ils ne doivent pas être meilleurs que ceux que nous avons. Comprenez-moi bien, je ne dis pas que les conversions amenées par nos réveils aient été fausses, mais je dis que ces convertis vivent de manière à être un déshonneur pour la religion. Ils ont été tellement gâtés par les chrétiens ou prétendus chrétiens de vieille date, que beaucoup d'entre eux font aujourd'hui plus de mal que de bien. Plus il y a de chrétiens de cette sorte, en effet, et plus l'incrédulité trouve matière à blâmer et à railler. Maintenant, croyez-vous que Dieu vous commande de ne plus vous conformer au monde ? Le croyez-vous ? Etes-vous déterminés à obéir à ce commandement, quoi que l'on puisse dire de vous ? Avez-vous le courage de vous séparer du monde, voulez-vous prendre la résolution de ne plus vous laisser conduire par ses maximes, de ne plus imiter ses pratiques, de ne plus suivre les caprices de ses modes ? Je connais un homme qui vit ainsi, — je pourrais vous dire son nom, — il ne fait aucune attention aux coutumes du monde; et quel en est le résultat? Où que ce soit qu'il aille, il laisse l'impression qu'il est un chrétien. Oh ! si une église voulait agir ainsi et y mettre toute l'énergie que les hommes du monde mettent dans leurs affaires, elle mettrait le monde sens dessus dessous. Voulez-vous le faire ? Voulez-vous rompre avec le monde maintenant et entrer en alliance avec Dieu ? Vous déclarez-vous décidés à être assez singuliers pour vivre séparés du monde ; décidés à « dresser vos faces pour marcher avec une sainte inflexibilité dans a voie du Seigneur » et lui rendre pleine obéissance, quoi que le monde puisse dire ? L'osez-vous ? Le voulez-vous ? -------------------------------------------------------------------------------- IX° DISCOURS LA VRAIE ET LA FAUSSE REPENTANCE. «La tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais, tandis que la tristesse du monde produit la mort.» 2 Cor. VII :10. Dans ce chapitre, l’apôtre Paul s’en réfère à une autre épître écrite par lui précédemment aux Corinthiens au sujet de fautes graves qu’ils avaient commises. Il mentionne l’effet excellent produit par cette lettre précédente; les fidèles de Corinthe avaient été amenés à une vraie repentance : ils s’étaient attristés selon Dieu. « Et voici, cette même tristesse selon Dieu, quel empressement n’a-t-elle pas produit en vous ! Quelle justification, quelle indignation, quelle crainte, quel désir ardent, quel zèle, quelle punition ! Vous avez montré à tous égards que vous étiez purs dans cette affaire. » Dans le verset que j’ai pris pour texte, Paul parle de deux sortes de tristesse au sujet du péché; l’une produit la repentance pour le salut; l’autre produit la mort. Ces deux tristesses sont ce que l’on nomme ordinairement « la vraie et la fausse repentance » et c’est de quoi nous parlerons ce soir. Je désire montrer : I. En quoi consiste la vraie repentance. II. A quoi on la reconnaît. III. En quoi consiste la fausse repentance. IV. A quoi on la reconnaît. Il est grand temps que ceux qui font profession de piété apprennent à distinguer beaucoup mieux qu’ils ne le font entre les différents sentiments religieux, entre les différents états d’âme ; si l’on avait eu la lumière à cet égard, l’église ne serait pas envahie par d’inutiles et faux chrétiens. J’ai été souvent conduit, ces derniers temps, à rechercher pourquoi il y a tant de fausse religion et je me suis efforcé de remonter aux causes premières de ce mal. Fait notoire et considérable, il y a un très grand nombre de gens qui croient être religieux et qui, à moins que la Bible ne soit fausse, ne le sont point. Comment se fait-il qu’ils se trompent ainsi? Pourquoi y a-t-il tant de pécheurs impénitents qui s’imaginent avoir passé par la repentance? C’est sans doute parce qu’on ne leur a pas appris à discerner les vrais fondements de toute vie religieuse, et tout spécialement qu’ils ne savent pas faire la différence entre la vraie et la fausse repentance. I. En quoi consiste la vraie repentance. La vraie repentance est un changement complet et de l’idée que l’on se fait du péché et des sentiments que l’on éprouve à son égard. Le mot du texte grec traduit en français par repentance implique cela, il signifie changement d’opinion et de disposition. Le sentiment est un résultat de la pensée. Si l’idée que l’on se fait du péché est juste et si elle est accompagnée du sentiment qui lui correspond, la repentance sera vraie. L’idée que l’on se fait du péché étant semblable à celle que Dieu en a, la tristesse selon Dieu découlera de cette idée. PREMIÈREMENT. Il doit y avoir CHANGEMENT D’OPINION à l’égard du péché. 1. Changement d’opinion sur la nature du péché. A celui qui se repent véritablement, le péché parait tout différent de ce qu’il est pour celui qui ne s’est pas repenti. Au lieu de se montrer désirable et plein d’attraits, il se montre souverainement odieux et détestable, tellement que le pénitent s’étonne d’avoir jamais pu désirer chose pareille. Les pécheurs impénitents peuvent comprendre que le péché causera leur ruine parce qu’il attirera sur eux le châtiment de Dieu; mais il leur parait, en somme, désirable; ils l’aiment; ils le caressent dans leur imagination; et s’il pouvait avoir une fin heureuse, l’idée ne leur viendrait jamais de l’abandonner. Mais quant à celui qui se repent, c’est tout autre chose; le péché lui apparaît dans sa propre conduite comme absolument haïssable; « quelle chose abominable et digne de l’enfer? s’écrie-t-il, comment ai-je pu l’aimer ? » 2. Changement d’opinion touchant le jugement que Dieu porte sur le péché. Les pécheurs ne voient pas pourquoi Dieu menace le péché d’un si terrible châtiment. Ils l’aiment tant eux-mêmes, qu’ils ne peuvent comprendre pourquoi Dieu le juge digne d’un châtiment éternel. Lorsqu’ils sont fortement « convaincus de péché, » ils pensent tout différemment ; l’opinion qu’ils se font du péché est alors d’accord avec celle qu’en ont les chrétiens, et pour devenir chrétiens eux-mêmes, il ne leur manque plus qu’une chose : un changement correspondant dans leurs sentiments. Maint pécheur, en effet, voit que sa conduite à l’égard de Dieu le rend digne de la mort éternelle, mais son coeur ne suit pas les lumières de son esprit. C’est le cas des démons et des méchants qui sont en enfer. En résumé : un changement d’opinion est indispensable à a vraie repentance et la précède toujours. Il peut y avoir changement d’opinion sans vraie repentance; mais il ne peut y avoir vraie repentance sans changement d’opinion. 3. Changement d’opinion quant aux tendances du péché. Le pécheur doit arriver à reconnaître que le péché ne tend qu’à le détruire ; qu’à perdre tout homme, corps et âme, pour le temps et pour l’éternité, et qu’il est en complète opposition avec tout ce qui est aimable et heureux dans l’univers. Il faut qu’il comprenne qu’il n’y a pour lui d’autre remède à ce mal que le rejet absolu, la délivrance complète de tout péché. Satan lui-même sait cela, et il est possible que bien des pécheurs, ici, dans cette assemblée, le sachent aussi. 4. Changement d’opinion touchant le salaire du péché. Le pécheur insouciant est presque complètement dénué d’idées justes sur la rétribution que mérite le péché. En supposant même qu’il admette en théorie que le péché mérite la mort éternelle, il ne le croit cependant pas. S’il le croyait, il lui serait impossible de demeurer pécheur insouciant; il serait tout au moins pécheur angoissé. Il se trompe quand il s’imagine croire sincèrement que le péché mérite la colère éternelle de Dieu. Mais quant à celui qui est véritablement réveillé et convaincu de péché, il n’a pas plus de doute à cet égard qu’il n’en a sur l’existence de Dieu; il voit clairement que le péché mérite un châtiment éternel de la part de Dieu. SECONDEMENT. Ce changement d’opinion doit être accompagné d’un CHANGEMENT DE SENTIMENTS. En toute vraie repentance, il y a changement de sentiment à l’égard du péché sous tous les rapports : changement de sentiment à l’égard de sa nature, changement de sentiment à l’égard de sa relation avec Dieu, changement de sentiment au sujet de ses tendances, changement de sentiment au sujet de la rétribution qu’il mérite. 1. Celui qui se repent véritablement ne voit pas seulement que le péché est en lui-même détestable, vil, absolument exécrable; il l’abhorre réellement, il le hait du plus profond de son coeur. On peut voir que le péché est pernicieux, abominable, et cependant l’aimer, le désirer et lui demeurer attaché. Mais quand on se repent véritablement, on l’abhorre de tout son coeur et l’on rompt absolument avec lui. 2. De même, considéré dans sa relation avec Dieu, le péché fait éprouver au pécheur repentant un sentiment tout nouveau; et c’est là qu’est la source de ces flots de tristesse qui envahissent parfois le coeur du chrétien à la vue du péché. Quand il le considère en lui-même, il éprouve un sentiment d’horreur ; mais quand il le voit dans sa relation avec Dieu, il pleure ; navré, désolé, son coeur se brise, il se jette sur sa face et répand des flots de larmes sur ses péchés. 3. Quant aux tendances du péché, il en est encore de même ; celui qui se repent véritablement sent tout ce qu’elles ont de funeste. Quand il considère ces tendances, il éprouve un désir véhément de mettre un terme au péché, d’en sauver ses semblables et de faire reculer cette vague de mort qui s’étend sur la terre. Plein d’une brillante ardeur, il prie, il travaille, il fait tous ses efforts pour arracher les pécheurs du feu, pour les sauver des suites effroyables du péché. Voir pécher les autres, c’est pour lui comme s’il les voyait prendre un poison mortel; il ne peut faire autrement que d’élever sa voix pour leur crier de prendre garde. 4. Enfin le pécheur repentant sent quelle doit être l’horreur de la rétribution méritée par le péché. Il n’est pas seulement intellectuellement convaincu que le péché mérite une punition éternelle, mais il sent qu’il aurait été raisonnable et juste que Dieu le condamnât, lui personnellement, à l’éternelle mort ; il approuve donc la sentence de mort que la loi prononce contre sa personne et regarde comme le miracle des miracles que Dieu puisse lui pardonner. Au lieu de trouver dur, sévère ou cruel que Dieu envoie en enfer les pécheurs incorrigibles, il adore Dieu, le coeur rempli de gratitude et d’étonnement de ce qu’il n’a pas été envoyé lui-même en enfer et de ce que ce monde criminel tout entier n’a pas été depuis longtemps déjà précipité dans le feu éternel. Que celui qui pèche soit condamné, c’est la dernière chose au monde dont il songerait à se plaindre; et quand il songe au salut d’un pécheur, son coeur se remplit d’un sentiment de gratitude tel qu’il n’en a jamais connu de semblable avant d’être chrétien. II. Je désire montrer maintenant quels sont les effets ou les fruits de la vraie repentance. Et j’espère apporter assez de lumière sur ce point pour que chacun de vous puisse reconnaître d’une manière infaillible s’il s’est repenti ou non. 1. Si votre repentance est vraie, vous aurez conscience qu’il s’est opéré en vous un changement de vues et de sentiments à l’égard du péché. Vous serez tout aussi conscients de ce changement que vous avez jamais pu l’être de tout autre changement qui s’est accompli en vous. En est-il ainsi? Avez-vous conscience. qu’il y ait eu en vous changement de vues et de sentiments à l’égard du péché? que sur ce point, les choses anciennes sont bien passées et que toutes choses sont devenues nouvelles? 2. Quand la repentance a été vraie, la disposition à commettre de nouveau le péché n’existe plus. Si vous vous êtes vraiment repentis, vous n’aimez plus le péché; et vous pouvez constater que vous ne vous en abstenez pas par crainte du châtiment, mais parce que vous le haïssez.. Où en êtes-vous à cet égard? Avez-vous connaissance que votre disposition à commettre le péché ait pris fin ? Rappelez-vous les péchés que vous aviez coutume de pratiquer lorsque vous étiez inconvertis. Sous quel jour les voyez-vous maintenant? Vous paraissent-ils agréables et aimeriez-vous à les pratiquer de nouveau si vous l’osiez? S’il en était ainsi, si la disposition à pécher était encore en vous, vous seriez seulement convaincus de péché. Votre opinion quant au péché a pu être changée, mais si l’amour pour votre péché d’autrefois est encore en vous, aussi vrai que votre âme vit, vous êtes encore un pécheur impénitent. 3. La vraie repentance produit la réforme de la conduite. Je crois que c’est la vérité que Paul avait surtout en vue dans la parole de notre texte traduite par ces mots: « la tristesse selon Dieu produit la repentance ; » le mot traduit ici par repentance indique le changement de la conduite. S’il n’en était pas ainsi, notre texte reviendrait à dire que la repentance produit la repentance. Or Paul parlait, à ce qu’il me semble, d’un changement de sentiment produisant un changement de conduite, et aboutissant par conséquent au salut. Maintenant, permettez-moi de vous le demander, êtes-vous réellement réformés? Avez-vous délaissé vos péchés? Ou les pratiquez-vous encore? s’il en était ainsi, vous seriez encore un pécheur (1). Il peut y avoir eu changement dans votre esprit, mais si le résultat n’a pas été le changement de votre conduite, la réforme actuelle de votre vie, vous: n’avez pas connu la « repentance selon Dieu, » celle que Dieu approuve. (1) Dans la Parole de Dieu, le chrétien n’est jamais un pécheur, il en est toujours le contraire. Voyez par exemple Rom V :8 ; Gal II :17 ; 1 Tim 1: 9 ; etc., dans le grec ou dans la version de Lausanne. Il serait manifestement absurde d’objecter 1 Tim 1 :15 ; Paul était auparavant pécheur (1 Tim 1 :13) et le premier des pécheurs, dit-il, mais il est maintenant un pécheur SAUVE (1 Tim 1:15), sauvé du péché le modèle de ceux qui doivent arriver à la foi (1 Tim 1:16). (Trad.) 4. La repentance, quand elle est vraie, produit la confession et la restitution. Le voleur ne s’est pas repenti tant qu’il garde l’argent qu’il a volé ; il peut être convaincu de péché, mais il n’a pas la repentance; s’il l’avait, il s’empresserait de rendre l’argent qui ne lui appartient pas. Si vous avez dupé quelqu’un et que vous ne lui ayez pas rendu ce que vous lui avez pris injustement, ou si vous avez injurié quelqu’un et que vous n’ayez pas réparé, autant qu’il est en vous, le mal que vous avez. fait, vous ne vous êtes pas repenti véritablement. 5. La vraie repentance est un changement permanent et de caractère et de conduite. Notre texte dit que c’est une repentance à salut, littéralement «changement de disposition, une conversion à salut, dont on ne se repent point ; qu’est-ce que cela signifie si ce n’est que cette vraie repentance est un changement si profond, si fondamental, que celui en qui elle a eu lieu ne retourne plus jamais en arrière? L’amour du péché a été véritablement abandonné; et le changement de vues et de sentiments a été tel, qu’il n’y aura plus de retour à cet amour. Mettez bien cela dans votre esprit maintenant, vous tous qui m’entendez : le pécheur qui s’est véritablement repenti est animé de sentiments tels qu’il n’en changera plus jamais: Notre texte dit : « repentance à salut; » dire que cette vraie repentance conduit droit au repos du et la vraie raison en est que cette repentance est celle dont on ne se repent jamais. » Ici, je ne puis m’empêcher de le remarquer, vous apercevez que la doctrine de la persévérance des saints est vraie, et comment il faut l’entendre. La vraie repentance est un changement de sentiments si complet, elle produit une horreur du péché telle, que celui qui l’éprouve persévérera, cela va de soi; il n’annulera jamais sa repentance pour retourner au péché. III. En quoi consiste la fausse repentance. La fausse repentance est appelée mondaine, elle est une tristesse du monde. » C’est une tristesse occasionnée par le péché, mais provenant de considérations mondaines qui sont toutes relatives au bonheur personnel et temporel du pécheur, tout au plus à son bonheur dans une vie future. Cette douleur-là n’a pas pour objet le péché comme tel. 1. Elle n’est pas fondée sur un changement d’opinion tel que celui que j’ai signalé comme appartenant à la vraie repentance. Le changement qui la constitue ne porte pas sur des points fondamentaux. Vous pouvez voir les conséquences déplorables du péché en vous plaçant à un point de vue mondain, et en être rempli de consternation. Vous pouvez considérer qu’il porte atteinte à votre réputation, à votre honorabilité, qu’il met en danger votre vie; que si votre conduite cachée venait à être découverte, cela vous ferait le plus grand tort, et tout cela peut vous remplir de frayeur et de détresse... Cette sorte de tristesse selon le monde se rencontre très fréquemment elle a toujours pour principe une considération mondaine quelconque (1). (1) Pour être complet, il faudrait ajouter que la fausse repentance peut comprendre un changement d’opinion analogue à celui qu’on remarque dans la vraie repentance; mais que ce changement d’opinion n’est pas suivi du changement de sentiment qui doit lui correspondre. Voir partie I, no 2. (Trad.) 2. La fausse repentance est fondée sur l’égoïsme. La repentance peut n’être qu’un vif sentiment de regret éprouvé par le pécheur au sujet de la conduite qu’il a tenue, parce qu’il en voit les conséquences désastreuses pour lui-même et qu’il voit que cette conduite le rend malheureux, qu’elle l’expose à la colère de Dieu, qu’elle déshonore sa famille ou ses amis; en un mot, qu’elle lui cause du dommage soit pour le temps, soit pour l’éternité. Or, tout cela est pur égoïsme. La repentance peut être le remords de la conscience, remords rongeur, cuisant, implacable, mais non pas vraie repentance. Elle peut être de la frayeur, une frayeur extrême de la colère de Dieu et des peines de l’enfer, et cependant n’être que pur égoïsme. L’on peut être rempli de terreur à la pensée des justes jugements de Dieu, sans avoir jamais eu en son coeur l’horreur du péché, sans avoir jamais eu le coeur brisé à sa vue, et par conséquent sans avoir jamais senti tout ce qu’il a de grave et d’odieux. IV. A quoi l’on peut reconnaître cette fausse repentance. 1. Elle ne change pas les sentiments. Elle laisse indomptée dans le coeur la disposition au péché. Les sentiments de celui qui n’a connu que cette fausse repentance ne sont pas tellement changés à l’égard de a nature du péché, qu’il n’éprouve encore le désir de pécher. Et s’il s’abstient de commettre le péché, ce n’est pas à cause de l’horreur qu’il lui inspire, c’est à cause de la crainte qu’il a des conséquences. 2. Elle produit la mort. Elle conduit à une dissimulation hypocrite. Celui qui a passé par la vraie repentance veut bien que l’on sache qu’il un pécheur et qu’il s’est repenti. Celui qui ne connaît que la fausse repentance recourt aux excuses et aux mensonges pour couvrir ses péchés : il a honte de sa repentance. Quand on l’appelle à venir au banc des pénitents, il s’efforce de cacher ses péchés, il emploie toutes sortes d’excuses pour en voiler l’énormité. Quand il parle de sa conduite passée, il le fait toujours dans les termes les plus indulgents et les plus favorables. Il est toujours porté à cacher ses péchés. Cette repentance conduit à la mort. Elle fait commettre un péché pour en couvrir un autre. Et comment se manifeste-t-elle? — Triste spectacle! Au lien de la confession nette et franche d’un coeur ouvert et candide, vous ne trouvez qu’une sorte de verbiage insipide et doucereux; quelque chose de froid et de forcé; minauderies, aveux faits du bout des lèvres, qui ont la prétention d’être une confession et qui ne confessent rien. Qu’en est-il de vous? Avez-vous honte que quelqu’un vienne vous parler de vos péchés ? S’il en est ainsi, votre tristesse n’est que la tristesse du monde qui produit la mort. Qu’il est fréquent de voir des pécheurs s’esquiver pour éviter un entretien au sujet de leurs péchés et continuer cependant à se donner pour des âmes angoissées qui recherchent le salut! comment peut-on espérer devenir chrétien en suivant, cette voie-là? L’angoisse de ces âmes n’est autre que celle qui se trouve dans l’enfer. Il n’y a pas de doute que tous les méchants habitants de l’abîme ne désirent fuir loin des regards de Dieu. Ni angoisse, ni désir de ce genre ne se trouvent parmi les saints dans le ciel. Leur tristesse est franche et ouverte, intègre et cordiale. Une pareille tristesse n’est pas incompatible avec le vrai bonheur. Les saints sont remplis de bonheur et cependant ils sont remplis d’une tristesse non déguisée, vive et profonde au sujet, du péché. Mais la tristesse selon le monde a honte d’elle-même, elle est vile et misérable ; elle ne produit que la mort 3. La fausse repentance ne produit qu’une réformation partielle de la conduite. La tristesse selon le monde ne réforme la conduite d’un homme que dans les choses au sujet desquelles il a été fortement convaincu de péché. Elle ne change pas le cœur. Celui qui n’a, connu que cette repentance évite les péchés scandaleux, ceux auxquels il a été rendu particulièrement attentif. Quand un nouveau converti retombe dans le péché, cherchez-en la cause et vous trouverez qu’il n’y a eu qu’un changement partiel dans sa conduite. Il s’est réformé en certaines choses, mais il y a beaucoup de choses qui sont décidément mauvaises et qu’il continue à pratiquer. Si vous faites sa connaissance intime, vous verrez qu’au lieu d’avoir une grande crainte du péché quel qu’il soit, et d’être prompt à découvrir en toute chose tout ce qui est contraire à l’esprit de l’Evangile, il sera relâché dans ses vues et dans sa conduite en beaucoup de choses, quoique strict peut-être et bien éclairé sur plusieurs points. Il n’a pas cet éloignement pour tout péché qui caractérise le chrétien. 4. Le changement de conduite produit par la fausse contrition non seulement est limité, mais n’est ordinairement que temporaire. Celui qui ne connaît que cette fausse repentance retombe continuellement dans ses anciens péchés. La raison en est que sa disposition à pécher n’a pas disparu ; elle n’a été que comprimée par la crainte. Aussi, dès que la crainte s’est dissipée et que l’espérance est revenue ; dès que le néophyte s’est trouvé dans bien vu, bien soutenu, il est revenu graduellement en arrière. Maintenant il retourne à ses anciens péchés. C’est ce qu’on remarque dans l’histoire du peuple d’Israël. La vraie repentance faisait défaut ; aussi ce peuple retournait-il sans cesse à son idolâtrie et à ses autres péchés. Les enfants d’Israël n’avaient que la tristesse selon le monde. Il en est de même aujourd’hui partout dans l’Eglise. Les gens sont changés pour quelque temps, ils sont reçus dans l’église, puis ils retournent à leurs anciens péchés. Ils aiment à appeler cela : se refroidir, rétrograder, décliner, etc., mais la vérité est qu’ils ont toujours aimé le péché, et quand l’occasion leur en a été donnée, ils sont retournés à ce qu’ils aimaient; comme la truie lavée est retournée se vautrer dans le bourbier, parce qu’elle était toujours truie. Combien je désire que vous compreniez cela à fond ! C’est ici que se trouve la raison d’être de toute cette vie de hauts et de bas que vous connaissez si bien. Les gens sont réveillés, puis convaincus de péché, et peu à peu ils reprennent espoir et s’établissent dans une fausse sécurité ; ils s’éloignent alors de plus en plus de Dieu. Ils peuvent veiller assez sur eux-mêmes peut-être pour pouvoir rester dans l’église, mais comme le germe du péché n’a pas été détruit en eux, ils retournent à leurs anciennes voies. La femme qui aimait la toilette l’aime encore et peu à peu elle retourne à ses rubans et à ses colifichets. L’homme qui aimait l’argent l’aime encore ; bientôt il glisse sur la pente, et le voilà qui s’enfonce de nouveau dans les affaires et poursuit les liens de ce monde aussi ardemment qu’il l’a jamais fait vaut de se joindre à l’église. Parcourez tous les rangs de la société, et si vous trouvez des gens vraiment convertis, vous verrez que les péchés qui leur étaient le plus habituels avant leur conversion, sont ceux dont ils sont le plus éloignés. Celui qui est réellement converti est moins exposé que tout autre à tomber dans ce qui était précédemment son péché habituel, car il en a plus d’horreur que personne. Mais celui qui est dans l’illusion et dont les dispositions sont mondaines a toujours la tendance à retomber dans les mêmes péchés. Vous verrez la femme qui aime la toilette sortir de nouveau dans toute sa gloire et briller comme elle en avait l’habitude autrefois. La source du péché n’a pas été tarie, le coeur n’a pas été purifié ; au contraire, l’iniquité y est toujours demeurée. 5. C’est une réforme forcée. La réforme de la conduite produite par la fausse repentance est non seulement partielle et temporaire, elle est encore contrainte et forcée; tandis que chez celui qui a passé par la véritable repentance, cette réforme vient du coeur, de sorte que la disposition à pécher n’est plus en lui. La promesse de la Bible est accomplie à son égard; il fait actuellement l’expérience que « les voies de la Sagesse sont des voies agréables » et que « tous ses sentiers sont des sentiers de paix (Prov. 3:17). » Il fait l’expérience que « le joug du Sauveur est doux et son fardeau léger (Mat XI :30); » que « les commandements de Dieu ne sont pas pénibles (1 Jean V :3); » qu’ils sont au contraire une joie ; « qu’ils sont plus désirables que l’or, que beaucoup d’or fin; plus doux que le miel, que celui qui coule des rayons (Ps XIX :11). » Mais la fausse repentance est toute différente ; elle est légale, elle provient de la peur et non de l’amour, c’est une repentance égoïste. Qu’il y a loin de cette repentance stérile à ce changement libre, volontaire et cordial par lequel on quitte le péché pour s’adonner à l’obéissance! S’il y a ici des personnes qui ne connaissent que la fausse repentance, elles savent qu’elles ne s’abstiennent pas du péché par choix, parce qu’elles le haïssent, mais par d’autres considérations. Elles s’en abstiennent parce que la conscience le défend et qu’elles veulent être en paix avec leur conscience ; elles s’en abstiennent par crainte de perdre leur âme, ou de compromettre leur réputation, bien plus que par horreur du mal et par amour pour le devoir. De telles personnes ont toujours besoin d’être poussées à faire leur devoir; si vous ne pouvez pas les y contraindre en plaçant sous leurs yeux quelque déclaration expresse des Saintes Ecritures, elles excusent le péché, le commettent et pensent qu’après tout il n’y a pas si grand mal à agir comme elles font. La raison en est qu’elles aiment leur péché et que tant qu’il n’y a pas quelque commandement formel de Dieu qui s’y oppose et qu’elles n’osent fouler ouvertement aux pieds, elles ont la volonté de le commettre. Avec la vraie repentance, tout cela est changé : quand une chose semble contraire à la grande loi de l’amour, celui qui a passé par la repentance selon Dieu a horreur de cette chose et par conséquent l’évite, qu’il y ait à ce sujet un commandement exprès ou qu’il n’y en ait pas. Montrez-moi un homme qui se soit véritablement repenti, et je vous certifie que cet homme-là n’a pas besoin d’un commandement exprès pour s’abstenir de boire,de fabriquer ou de vendre des liqueurs fortes. Il voit que ces choses sont contraires à la grande loi de la charité, aussi les abhorre-t-il, et il ne voudrait pas plus les faire qu’il ne voudrait blasphémer, voler ou commettre quelque autre abomination. De même, celui qui a passé par la vraie repentance n’a pas besoin d’un : « Ainsi a dit le Seigneur » pour être gardé d’opprimer son semblable (Allusion à l’esclavage. (Trad.)); il ne voudrait pas faire quoi que ce soit de mal. Que tout cela est clair ! chacun aurait horreur de semblables choses s’il s’était véritablement repenti de ses péchés. 6. Cette fausse repentance conduit à la propre justice. Celui qui n’a connu que cette repentance peut savoir que Jésus-Christ est le seul Sauveur, il peut faire profession de croire en lui et de se confier en lui seul pour son salut, mais en réalité, il place actuellement dix fois plus de confiance, pour son salut, en la réforme de sa conduite qu’en Jésus-Christ. S’il veut veiller sur son propre coeur, il verra qu’il en est ainsi. Il peut dire qu’il attend son salut de Christ, mais en fait, son espérance repose sur ses oeuvres plus que sur l’expiation de Christ. En réalité tous ses efforts ne tendent qu’à rapiécer sa propre justice. 7. Elle conduit à la fausse sécurité. On prend la tristesse selon le monde pour la vraie repentance et l’on s’en fait un oreiller de sécurité. C’est un fait étrange : autant que j’ai pu le voir, ceux qui ne connaissent que cette repentance du monde tiennent pour assuré que Christ les sauvera, parce qu’ils ont été affligés au sujet de leurs péchés, bien qu’ils n’aient pas conscience d’avoir, jamais goûté le repos qui est en Christ. Ils ont éprouvé de la tristesse, puis un certain soulagement ; c’est assez pour qu’ils comptent que Jésus-Christ les sauvera, quoique leur conscience même atteste qu’ils ne se sont jamais confiés de tout leur coeur en lui. 8. Elle endurcit le coeur. Celui qui n’a connu que cette repentance du monde a le coeur endurci, et son coeur est dur à proportion du nombre de fois qu’il s’est ainsi repenti. Si la conviction de péché a été forte en lui, qu’il en ait éprouvé de vives émotions, et que malgré cela, son coeur ne se soit point brisé, ni épanché au dehors, la source du sentiment en a été de plus en plus desséchée et le coeur de plus en plus difficile à atteindre. Prenez au contraire un chrétien réel, celui qui a passé par la vraie repentance, chaque fois que vous lui appliquerez la vérité de manière à l’humilier devant Dieu, il en deviendra plus doux, plus sensible, plus tendre; il en sera tout à la fois plus ardent et, plus humble, et cela, jusqu’à la fin de sa vie et jusque dans l’éternité. Son coeur s’accoutume à suivre les convictions de son esprit, et il devient docile et maniable comme un petit enfant. Oui, c’est bien là qu’est la véritable ligne de démarcation. Qu’un réveil se produise : vous verrez les églises et les individus qui ne connaissent que la repentance selon le monde s’éveiller, s’agiter un moment, puis se refroidir. Que la chose se répète plusieurs fois, et vous trouverez que ces gens-là sont de plus en plus difficiles à arracher au sommeil ; ils finiront par devenir aussi durs que la pierre, de sorte que, rien au monde ne pourra les rallier de nouveau à un réveil. Ceux qui ont passé par la vraie repentance sont entièrement différents ; qu’ils traversent plusieurs réveils successifs et vous les trouverez de plus en plus doux, tendres, sensibles; jusqu’à ce qu’ils arrivent à un état où le moindre appel les trouve toujours embrasés d’ardeur et prêts. à se mettre à l’oeuvre. La différence qu’il y a entre ces deux classes de chrétiens est aussi grande que celle qu’il y a entre les ténèbres et la lumière. Partout vous retrouverez cette même différence soit entre les églises, soit entre les membres des églises. Quant, aux pécheurs déclarés, la loi de l’endurcissement du coeur se manifeste chez eux telle que nous venons de la constater chez les « chrétiens » qui ne connaissent que la repentance selon le monde. Ceux d’entre ces pécheurs qui ont vu plusieurs réveils en viennent à se moquer de toute religion, et bien que le ciel soit comme chargé de nuages de miséricorde au-dessus de leur tête, ils n’y font aucune attention et rejettent tout ce qu’on peut leur en dire. 9. Elle cautérise la conscience. Ceux qui n’ont pas passé par la vraie repentance courent le risque de tomber dans le désespoir chaque fois que la vérité illumine leur esprit. Le chrétien réel pourra avoir une conviction de péché plus forte que la leur, mais la paix remplira son coeur au moment même où cette conviction de péché lui fera verser les larmes les plus abondantes. Et chaque fois que cette conviction de péché se renouvellera, il deviendra, plus vigilant, plus attentif, plus sensible, jusqu’à ce que, semblable à la prunelle de son oeil, sa conscience soit si délicate que la moindre apparence de mal l’offusque. Mais, quant à cette repentance qui n’est point le renoncement du coeur au péché, elle laisse le coeur plus dur qu’auparavant, et peu à peu, semblable au fer rouge, elle cautérise la conscience et produit la mort. 10. Elle n’accepte pas .Jésus-Christ comme fondement de toute espérance. Celui qui n’a que la repentance du monde, compte sur le changement de sa conduite, sur sa repentance, ou sur quelque autre chose, ce qui ne le conduit pas à mettre en Jésus-Christ cette confiance qui produit l’amour et qui pousse à travailler sans relâche à l’avancement du règne de Dieu. 11. C’est une repentance dont on se repent. C’est immanquable, ceux qui n’ont que cette repentance en arriveront peu à peu à avoir honte des sentiments sérieux qu’ils ont eus. Ils n’oseront plus en parler, ou s’ils en parlent, ce sera toujours légèrement et froidement. Ils se sont peut-être beaucoup agités au moment du réveil, ils semblaient engagés dans l’oeuvre autant que personne, souvent même on les a vus donner dans les extrêmes en tout ce qui se faisait. Mais une fois le réveil passé, on les voit s’opposer aux mesures nouvelles, revenir en arrière, et avoir honte de leur zèle précédent. Il est de fait qu’ils se repentent de leur repentance. Après que ces personnes-là se sont jointes à l’église, elles ont honte d’être venues au banc des pénitents. Quand le moment de la plus grande ferveur du réveil est passé, elles commencent à parler du trop d’enthousiasme que l’on aurait eu et de la nécessité de revenir à une « religion plus sobre et plus égale. » La raison secrète de toute cette conduite, c’est qu’elles n’ont eu qu’une repentance dont elles se repentent maintenant. On rencontre parfois des personnes qui font profession d’avoir été converties dans un réveil et qui combattent les mesures mêmes, les doctrines et les moyens par lesquels elles font profession d’avoir été converties. Vous ne verrez jamais cela chez le vrai chrétien ; vous ne le verrez jamais avoir honte de sa repentance. Les émotions qu’il a ressenties dans un réveil sont la dernière chose au monde dont il aurait honte. REMARQUES 1. Ce que j’ai dit a dû mettre en évidence, pour vous, l’une des raisons pour lesquelles il y a tant de religion intermittente dans l’église. On a confondu la conviction de péché avec la conversion, la tristesse selon le monde avec la tristesse selon Dieu. Après des années d’observation, je demeure convaincu que telle est bien la véritable cause de l’état déplorable de l’église dans tout le pays. 2. Nous voyons ici pourquoi tant de pécheurs convaincus de péché considèrent comme une lourde croix le fait de devenir chrétiens. Ils regardent comme une grande épreuve l’obligation d’abandonner leurs péchés et leurs compagnons incrédules, tandis que s’ils avaient la vraie repentance, ils n’auraient pas l’idée d’y voir un sacrifice à faire. Je me rappelle les sentiments que j’éprouvai, lorsqu’encore inconverti, je vis pour la première fois des jeunes gens devenir chrétiens et se joindre à l’église; je pensais qu’après tout c’était une bonne chose que d’avoir de la religion, parce que l’on sauvait son âme et que l’on s’assurait le ciel; mais pour le présent, la conversion me semblait être une chose fort triste, et je ne supposais pas que ces jeunes gens pussent être heureux actuellement. Cette manière de penser est fort commune ; on regarde la religion comme bonne en somme, bonne particulièrement pour la fin de la vie; mais, on regarde comme impossible d’être heureux présentement dans la piété. Tout cela vient de ce qu’on se méprend sur la nature de la vraie repentance. On ne comprend pas que cette repentance conduit, à prendre en horreur les choses qu’on aimait. Les pécheurs ne comprennent pas que lorsque leurs jeunes amis deviennent de vrais chrétiens, ils ont horreur de leurs bals, de leurs amusements et de toutes leurs folies pleines de péché, et que tout amour pour ces choses est désormais crucifié en eux. J’ai connu une demoiselle qui fut convertie à Dieu et dont le père était un mondain très orgueilleux. Elle aimait beaucoup la toilette, les leçons de danse et les bals. Une fois convertie, son père voulut la forcer à aller aux leçons de danse. Il l’accompagna, comme il avait coutume de le faire, et la força à danser. Mais elle se prit à pleurer, et sa tristesse et son horreur de la danse devinrent tels, qu’elle ne put que se retirer à l’écart et éclater en sanglots. Vous en voyez la cause, je pense. Elle s’était vraiment repentie de toute sa vie passée et de tous ses amusements mondains, et sa repentance était celle « dont on ne se repent jamais. » Quelle compassion elle avait pour ses gaies compagnes des jours précédents ! et quelle horreur pour leur étourdie gaîté! Combien il lui tardait que l’heure de la réunion de prières eût sonné ; et combien grandie était la joie qu’elle y trouvait! Les impénitents et ceux qui n’ont connu que la repentance du monde sont dans une bien grande erreur au sujet du bonheur qu’éprouve le chrétien réel. 3. Vous voyez maintenant ce qui en est de ces chrétiens qui regardent comme une croix l’obligation d’être strict dans sa conduite. Ces chrétiens-là font toujours l’apologie de leurs péchés, ils plaident toujours en faveur de certaines choses qui ne sont pas compatibles avec un vrai christianisme. C’est ce qui montre qu’ils aiment encore le péché, et qu’ils iront dans le péché aussi loin qu’ils l’oseront. S’ils étaient de vrais chrétiens, ils auraient le péché en horreur, ils se détourneraient de lui et regarderaient comme une croix d’être mis forcément en contact avec lui. 4. Vous voyez pourquoi il y a tant de chrétiens qui ne sont pas heureux dans leur religion. Ils ne sont ni joyeux ni heureux. Ils sont au contraire très chagrinés de ce qu’il y a tant de choses qu’ils aiment et auxquelles ils doivent renoncer, ou de ce qu’ils doivent donner tant d’argent; ils sont toujours dans l’anxiété. Au lieu de se réjouir de chaque occasion qui leur est donnée de renoncer à eux-mêmes, au lieu de voir avec bonheur la vérité exposée de la façon la plus évidente et la plus incisive, c’est une grande peine pour eux qu’on leur dise quel est leur devoir, quand ce devoir contrarie leurs inclinations et leurs habitudes. La vérité claire et nette les jette dans la détresse. Pourquoi? — Parce qu’ils n’aiment pas à faire leur devoir. S’ils aimaient à le faire, chaque rayon de la lumière divine venant à l’éclairer serait pour eux le bienvenu et les rendrait de plus en plus heureux. Si quelqu’un fait profession d’être chrétien et se sent gêné et malheureux parce que la vérité le presse, et si son coeur ne cède point à cette vérité et ne s’attache point à elle pour faire tout ce qu’elle exige, HYPOCRITE est le vrai nom de cet homme-là. Quand vous verrez des gens qui font profession de piété être dans la détresse comme les pécheurs angoissés, et que vous verrez leur détresse augmenter à mesure que vous leur signalerez leurs péchés, soyez sûrs qu’ils ne se sont jamais repentis véritablement et qu’ils n’ont point renoncé à eux-mêmes pour se donner à Dieu. 5. Vous voyez pourquoi beaucoup de gens qui ont fait profession d’être convertis, et qui ont passé par une grande angoisse au temps de leur conversion, apostasient ensuite. Ils eurent de profondes convictions de péché et une grande détresse dans leur âme, puis ils trouvèrent le soulagement, et leur joie fut très grande, de sorte qu’ils jouirent pendant quelque temps d’un bonheur extraordinaire. Mais peu à peu ils déclinèrent et enfin ils apostasièrent. Ceux qui ne font pas la distinction convenable entre la vraie et la fausse repentance et qui pensent qu’une âme ne peut pas être « profondément travaillée » sans l’intervention du pouvoir divin, appellent cela « déchoir de la grâce. » Mais la vérité est « qu’ils se sont retirés parce qu’ils n’étaient pas des nôtres. » Ils n’ont jamais eu cette repentance qui tue et anéantit la disposition à pécher. 6. Vous voyez pourquoi les chrétiens rétrogrades sont si malheureux. De ce que j’ai dit que la disposition à pécher doit être anéantie et remplacée par la disposition contraire, vous inférerez peut-être que selon moi tout vrai chrétien est parfait. Mais cette conclusion ne serait pas juste. Il y a une différence radicale entre un chrétien rétrograde et un hypocrite dont la vie ne correspond pas à la profession. L’hypocrite aime le monde et jouit du péché chaque fois qu’il en goûte. il peut éprouver des frayeurs, des remords, de l’appréhension au sujet des risques que court sa réputation, son honorabilité; mais en somme il jouit du péché. Il n’en est pas ainsi du chrétien rétrograde. Il a perdu son premier amour; puis il est tombé dans la tentation et a marché dès lors dans le péché. Mais il n’aime pas le péché; le péché lui est toujours amer; il se sent toujours malheureux et loin de la maison paternelle. Il est vrai qu’il n’a pas actuellement l’Esprit de Dieu; il n’a pas non plus l’amour de Dieu actif en lui de manière à le garder du péché; mais il sent qu’il. est un misérable, et il en est malheureux. Il est aussi différent de l’hypocrite que possible. Quand il a abandonné l’amour de Dieu, il a pu être livré à Satan pour un temps, pour la destruction de la chair, afin que l’esprit pût être sauvé ; mais il ne peut plus jouir du péché comme autrefois; il ne trouve plus aucune jouissance dans les plaisirs du monde, comme c’était le cas avant sa conversion. Il ne pourra plus jamais « boire l’iniquité comme de l’eau. » Mais il souffrira aussi longtemps qu’il vivra en cet état. S’il y a, ici de telles gens ils savent tout cela. 7. Vous voyez pourquoi des pécheurs « convaincus », mais non encore vraiment repentants, sont effrayés à la pensée de s’engager à abandonner leurs péchés. Ils disent qu’ils n’osent pas promettre cela, parce qu’ils craignent de ne pas tenir leur promesse. La raison en est qu’ils aiment le péché. L’ivrogne sait qu’il aime les boissons alcooliques et bien qu’il puisse être contraint de tenir sa promesse de s’en abstenir, sa passion en réclamera toujours. Ainsi en est-il du pécheur convaincu de péché. Il sent qu’il aime le péché, que le lien qui l’attache au péché n’a jamais été brisé, aussi n’ose-t-il pas faire de promesse. 8. Vous voyez pourquoi certains chrétiens de profession sont si opposés aux engagements à prendre. C’est toujours par la même raison. Ils aiment tant leurs péchés, ils savent si bien que leurs coeurs plaideront en faveur de ces péchés, qu’ils sont effrayés à la pensée de promettre de les abandonner. Beaucoup de gens qui font profession d’être chrétiens refusent néanmoins de se joindre à l’église. La raison secrète en est qu’ils sentent leur coeur encore attaché au péché et qu’ils n’osent prendre les engagements que suppose l’entrée dans l’église; ils redoutent la discipline ecclésiastique pour le cas où ils viendraient à pécher. Ces gens-là savent qu’ils sont des hypocrites. 9. Ceux d’entre vous qui ne connaissent que la tristesse selon le monde peuvent maintenant voir où est l’obstacle à leur salut, et quelle est la raison pour laquelle ils ne sont pas convertis. Il se peut que leur intelligence juge si bien du péché, que si leur coeur était en harmonie avec elle, ils seraient chrétiens. Et peut-être croient-ils que cet état de leur pensée constitue la vraie repentance. Mais si vraiment ils avaient la volonté d’abandonner tout péché, ils n’hésiteraient pas à en prendre l’engagement, et ils ne craindraient pas de le faire à la face du monde. S’il y a ici des personnes de cette catégorie, je les prie de s’approcher maintenant et de prendre ces sièges. Si vous avez la volonté d’abandonner le péché, vous aurez la volonté de le promettre et vous accepterez que l’on sache que vous l’avez fait. Mais si vous résistez à votre conviction, si votre coeur se décide à suivre vos péchés, bien que votre intelligence éclairée voie très bien ce que vous devez faire, tremblez alors dans l’attente des choses qui doivent fondre sur vous! Toutes vos convictions ne vous serviront de rien ; elles ne serviront qu’à vous précipiter plus profondément dans l’enfer, parce que vous leur aurez résisté. Si vous avez la volonté d’abandonner vos péchés, vous pouvez le témoigner de la façon que j’ai indiquée. Mais si vous aimez encore vos péchés et si vous voulez continuer à les pratiquer, vous pouvez rester sur vos sièges. Et maintenant, après nous être levés pour la prière, dirons-nous à Dieu que ces pécheurs ne veulent pas abandonner leurs péchés, que tout en étant convaincus qu’ils ont tort, ils aiment leurs idoles et veulent aller après elles ? Que le Seigneur ait pitié de ces âmes, car leur cas est affreux.

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