A CEUX QUI FONT PROFESSION D'ETRE CHRETIENS (Finney Ch.) 24 et 25/25 et fin

13:24Ministere MotsdeDieu

XXIV° DISCOURS LE REPOS DES SAINTS. « Nous entrons dans le repos, nous qui avons cru. » Héb. IV :3. Je désire vous montrer : I. Ce que n'est pas le repos dont il est parlé ici. II. Ce qu'il est. III. Quand nous devons entrer dans ce repos. IV. Comment nous devons y entrer. V. Que tout péché est incrédulité ou provient de l'incrédulité. I. Ce que ce repos n'est pas. 1. Ce n'est évidemment pas un état d'inactivité. L'apôtre qui écrit cette parole au présent : « Nous entrons dans le repos, » était très loin d'être inactif et d'encourager l'inactivité chez les autres. 2. Ce n'est pas non plus le parfait repos du ciel. L'apôtre en parle au présent : « nous entrons (1), » ce qui ne s'accorde pas avec l'idée d'un repos à venir dans le ciel. (1) C'est à tort que quelques-unes de nos traductions portent : « nous entrerons. » (Trad.) Le parfait repos du ciel comprend la délivrance absolue de toutes les peines, de toutes les épreuves, de toutes les souffrances et de toutes les tentations de cette vie. Le repos du croyant ici-bas peut être essentiellement de même nature que ce repos céleste, mais il n'en est que le commencement, et il en diffère à plusieurs égards, car il n'implique point l'exemption des épreuves, des souffrances, de la maladie et de la mort, toutes choses dont les apôtres et la primitive église ont eu leur grande part. II. Ce qu'il est. 1. C'est la cessation de toute résistance à la volonté divine, de toute guerre avec Dieu. Le terme de repos est souvent employé en ce sens dans la Bible. Dans notre contexte, il est dit que les Israélites se reposèrent quand ils furent délivrés de leurs ennemis. Le repos dont parle notre texte est la cessation de la lutte avec la vérité, la conscience et les exigences de la loi de Dieu. Celui qui est entré dans ce repos est délivré des reproches de la conscience qui troublent et agitent l'âme; il en a fini avec cette crainte servile de la colère de Dieu qui pousse aux oeuvres de la propre justice. 2. C'est la cessation de nos propres œuvres. A. En entrant dans le repos, nous délaissons les oeuvres faites pour nous-mêmes. Une grande partie de la religion qu'il y a ou qu'il paraît y avoir dans le monde, se compose d'oeuvres qui sont propres et personnelles à l'homme, en ce sens qu'il les accomplit pour lui-même. Il travaille pour son salut comme le mercenaire pour gagner son pain. Or si dans votre religion vous n'avez pas d'autre but que d'être sauvé, — que ce soit d'une ruine temporelle ou d'une ruine éternelle, peu importe, — vous vivez pour vous-même, et loin de vous reposer de vos propres oeuvres, vous ne cessez de les multiplier. Le repos dont parle notre texte est la cessation de toutes ces oeuvres-là. L'apôtre dit au verset 10: « Celui qui est entré dans son repos, se repose de ses propres oeuvres. » Il n'est pas question de délaisser toute espèce d'oeuvres, ce que ne font ni les saints qui sont sur la terre, ni les saints qui sont dans le ciel. Nous n'avons, en effet, aucune raison de croire que les bienheureux, les anges et Dieu lui-même soient jamais inactifs. Il s'agit de laisser toute oeuvre ayant pour but unique le salut de notre âme. Il s'agit de cesser de travailler pour nous-mêmes, afin de travailler pour Dieu. Nous faisons donc nos propres œuvres tant que notre but suprême est de sauver notre âme ; mais dès que nous remettons entièrement la question de notre salut entre les mains de Jésus-Christ et que nos oeuvres sont faites par amour pour Dieu, celles-ci ne sont plus nos propres oeuvres. B. En entrant dans le repos, nous laissons de côté les oeuvres accomplies de nous-mêmes, aussi bien que les oeuvres accomplies pour nous-mêmes. Une oeuvre provient de nous-mêmes quand elle résulte de l'exercice des forces qui nous sont naturelles, en dehors des influences du Saint-Esprit. De telles oeuvres sont toujours et pleinement des péchés. Accusé par sa conscience, aiguillonné par l'espérance et la crainte, l'homme charnel se met à l'œuvre ; dans ces conditions, il ne peut que pécher, car il ne sort pas de l'égoïsme. Que cet égoïsme varie ses formes et multiplie ses oeuvres à l'infini, elles ne deviendront jamais des oeuvres d'amour. Triste vie que celle de l'homme qui tire sa religion de son propre fonds et accomplit, ses oeuvres par ses propres forces, peinant, luttant sans cesse pour arriver à produire tant de religion par mois, tant par année, contraint par la peur, poussé par l'espoir, fustigé par la conscience, mais étranger aux impulsions de cet amour divin que le Saint-Esprit répand dans les coeurs! Oh ! que de telles oeuvres sont lamentables! elles sont nôtres, tout autant que celles du démon sont siennes: Qu'importe le nom, la forme, l'espèce de vos oeuvres, qu'importe qu'elles paraissent des plus religieuses et des plus admirables, si l'amour de Dieu n'en est pas le premier moteur, la vie, le coeur et la, racine ! Elles sont vos propos oeuvres : le repos en Dieu dont parle notre texte en,est complètement absent. Nous devons laisser de côté de telles oeuvres, parce qu'elles laissent de côté l'Evangile. Celui qui s'y adonne, dans la mesure où il s'y adonne, refuse de recevoir Jésus-Christ comme son Sauveur. Jésus-Christ nous est présenté comme étant un Sauveur complet, comme étant notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption. Dans la mesure donc où un homme s'efforce de se passer de Jésus-Christ sous l'un ou l'autre de ces rapports, il met de côté l'Evangile. C. Entrer dans le repos implique, non pas seulement que nous cessons de travailler en vue de notre salut, mais que nous cessons de faire quoi que ce soit pour nous mêmes. Nous ne devons pas même manger ou boire pour nous-mêmes. « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites TOUT POUR la gloire de Dieu. » (1 Cor. X, 31.) Celui qui est entré dans son repos a cessé d'avoir des intérêts personnels. Ses intérêts ont entièrement disparu dans ceux de Christ; il s'est donné si parfaitement à Christ, qu'il n'a plus rien à faire pour lui-même. Il sait que pour autant qu’il s'agit de son salut, s'efforcer de le gagner par ses oeuvres serait, absolument insensé; il ne fera donc aucun effort quelconque en ce sens. Voyez le pécheur convaincu de péché. Quelle peine ne se donne-t-il pas pour se sauver lui-même, jusqu'à ce qu'il apprenne qu'il n'est rien et qu'il ne peut rien ! Quand il a appris cela, il cesse ses efforts et se jette dans les bras de Christ. Tant que l'homme n'a pas reconnu qu'il est en lui-même sans lumière, sans force, sans ressource aucune, il n'entend rien à la simplicité de l'Evangile qui nous appelle simplement à RECEVOIR le salut, par la foi, comme un pur don. D. Nous reposer de nos oeuvres, c'est cesser de faire quoi que ce soit par nos propres forces. Celui qui est entré dans son repos sait que tout ce qu'il ferait dans sa propre force serait en abomination à Dieu. A moins que Christ ne vive en nous et que Dieu n'opère en nous la volonté et l'exécution, selon son bon plaisir, rien de ce que nous faisons n'est acceptable devant Dieu. Celui qui n'a pas appris cela, ne s'est pas reposé de ses propres oeuvres, il n'a pas accepté le Sauveur. L'apôtre Paul dit que « nous ne sommes pas capables par nous-mêmes de penser quelque chose comme venant de nous-mêmes; » tant que nous n'avons pas fait cette expérience, nous n'avons pas compris la profondeur de la dégradation dans laquelle le péché nous a jetés. 3. Entrer dans le repos implique encore qu'on a rejeté tout fardeau sur le Seigneur Jésus-Christ. « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et je vous donnerai le repos. » « Rejetez sur lui tout votre souci. » Ces paroles signifient exactement ce qu'elles disent. Que votre souci se rapporte à l'âme ou au corps, rejetez-le tout entier sur Jésus-Christ. Voyez ce petit enfant qui marche à côté de son père; celui-ci porte un lourd fardeau et l'enfant tâche de l'aider avec sa petite main, mais à quoi cela peut-il servir? Ainsi beaucoup de chrétiens se donnent une peine fort inutile en essayant d'aider le Seigneur Jésus-Christ dans son oeuvre. Ils s'agitent et se tourmentent tantôt pour une chose, tantôt pour une autre, comme si tout reposait sur leurs épaules. Mais, sachez-le, Jésus-Christ est autant engagé envers le croyant pour TOUT ce qui le concerne, que pour sa justification; il a pris à sa charge nos intérêts temporels tout autant que nos intérêts spirituels. Il n'est pas un seul de vos soucis que vous ne deviez rejeter sur Jésus-Christ. Je ne veux pas dire que le chrétien n'ait rien à faire. Voici un homme qui a rejeté sur Jésus-Christ le fardeau de toute sa famille; cela ne signifie pas qu'il n'ait rien à faire pour sa famille ; mais qu'il s'est remis à Christ pour que Christ lui donne à mesure direction, lumière, force, succès. Et Christ répond de tout ; il veillera à ce que tout aille bien. 4. Entrer dans le repos, c'est faire du Seigneur Jésus-Christ notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption. C'est le recevoir pleinement lui-même, dans tous ses offices, comme celui qui pourvoit parfaitement à tous nos besoins. 5. Entrer dans le repos, c'est encore abandonner tellement toutes nos facultés à Christ, que désormais toutes nos oeuvres soient ses oeuvres. Je ne voudrais pas qu'on cherchât dans ce langage antre mysticisme que celui de la Bible. C'est une maxime de droit que ce qu'un homme fait faire par un autre, il le fait lui-même. Si je paie un homme pour commettre un meurtre, je suis l'auteur de ce meurtre exactement comme si j'avais tué de ma propre main. Le crime n'est pas plus dans la main (1) qui tient l'épée que dans l'épée elle-même, il est dans l'esprit, dans le coeur de celui qui l'a voulu. Maintenant appliquez ce principe à l'activité de celui qui s'est entièrement abandonné à Christ. (1) La main au sens littéral; il ne s'agit pas de l'assassin à gages. (Trad.) Paul insiste sur le fait que s'il a travaillé plus que tous les autres apôtres, ce n'est pas lui qui l'a fait, mais la grâce de Dieu en lui, Christ vivant en lui. Cela ne signifie pas que Christ agisse sans que Paul ait à vouloir, mais que Christ par son Esprit influence et conduit l'esprit de Paul pour le faire agir d'une manière conforme à la volonté de Dieu, Quand un chrétien se repose de ses oeuvres, il abandonne si complètement ses intérêts personnels et sa volonté propre, il se place si entièrement dans la dépendance du Saint-Esprit, qu'il ne fait plus rien que sous l'impulsion de cet Esprit. C'est bien ainsi que l'entendait l'apôtre quand il écrivait « Accomplissez votre propre salut avec crainte et tremblement ; car c'est Dieu qui opère avec efficace en vous et le vouloir et le faire en vertu de son bon » Dieu agit sur la volonté, non par la contrainte, mais par l'amour, de manière à ce qu'elle fasse exactement ce qui plaît à Dieu. S'il usait de contrainte, nous ne serions plus des êtres responsables et libres. Mais l'action de nos facultés n'est pas suspendue; elle s'exerce sous l'influence de Christ. Nos mains, nos pieds, tout notre être travaille pour Dieu, dirigé et inspiré par lui. De sorte que tout ce qui est bonne oeuvre en nous, est en réalité l'oeuvre de Christ. C'est bien notre oeuvre en ce sens que nous y avons concouru volontairement ; mais Christ en est la cause première, c'est son oeuvre. 6. Dans la mesure où nous nous soumettons à Christ, nous cessons de pécher. Si c'est lui qui nous dirige, il ne nous conduira pas à pécher. Ceci n'a pas besoin d'explication. III. Quand le croyant entre-t-il dans le repos ? Il y entre dans cette vie. C'est ce que montrent notre texte et notre contexte. Le repos dont il s'agit est celui de la foi en Jésus-Christ; c'est la cessation de nos propres oeuvres qui sont appelées plus loin (Heb IX :14) oeuvres mortes et dont nous devons être purifiés dès maintenant par le sang de Christ. Le chrétien entre donc dans son repos en croyant maintenant, aujourd’hui, dit notre contexte. « Ceux qui étaient sortis d'Egypte, dit l'apôtre, ne purent entrer dans le repos de Dieu à cause de leur incrédulité. Craignons donc, tandis que la promesse d'entrer dans son repos subsiste encore, que quelqu'un de vous ne paraisse être venu trop tard. » Par la foi, nous devons prendre possession immédiate du repos, ce qui n'est antre chose que recevoir pleinement Jésus-Christ (1). (1) Heb IV :11 il est dit : Empressons-nous dont d'entrer dans ce repos, exhortation qui serait absurde si nous ne pouvions pas y entrer aujourd'hui, maintenant (2 Cor. VI :2), pendant cette vie-ci par conséquent. (Et ne serait-elle pas pour nous très particulièrement cette exhortation adressée à dés gens qui vu le temps, devraient être docteurs, mais qui ont encore besoin qu'on leur enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu, et qu'on les presse «d'aborder ce qui est parfait? » (Trad.)) IV. Comment devons-nous entrer dans ce repos? Nous l'avons vu, nous devons y entrer par la foi. Vous NOUS rappelez la parole de Jésus-Christ.: « Venez à moi vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et je vous donnerai le repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, parce que je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux et mon fardeau léger. » C'est ici le même repos que celui dont il est parlé dans notre texte. Si nous voulons « venir à Christ ; » nous charger de son joug léger qui est amour, et nous « décharger sur Lui de tous nos fardeaux, » nous trouverons le repos. Le psalmiste parle de ce même repos quand il s'écrie: « Mon âme, retourne à ton repos. » (Ps CXVI :7.) Il est évident que par sa nature même, la foi en Jésus-Christ donne à l'âme le repos tel que je l'ai décrit. Avec quelle promptitude elle dissipe la crainte servile et amène la pleine liberté ! Comme elle délivre de l'égoïsme ! Par la foi, nous confions tout à Jésus-Christ, notre sanctification et la direction de notre vie aussi bien que notre justification ; et nous sommes tout aussi assurés de colles-là que de celle-ci. Considérée en elle-même et isolée de Dieu, l'âme est autant remplie de péchés et dénuée de ressources que si elle avait passé des siècles dans l'enfer. Prenez le meilleur chrétien de la terre, et supposez que le Seigneur Jésus-Christ abandonne son âme, priera-t-il, fera-t-il quelque bien, quelque chose d'acceptable aux yeux de Dieu ? Jamais! Le plus grand saint de la terre tombera immédiatement dans le péché s'il est abandonné par Jésus-Christ. Mais celui qui croit abandonne tout entre les mains du Sauveur, qui se charge de tout ; c'est là le repos. La foi aperçoit distinctement qu'étant enfants de Dieu, nous n'avons pas plus besoin de travailler pour nous-mêmes que le fils du millionnaire n'a besoin de gagner son pain. Si nous sommes dans la foi, nous travaillerons par amour pour notre Père, et nous ne serons pas tentés de mêler notre justice à la justice de Christ, notre sagesse à sa sagesse, nos souffrances à ses souffrances. La foi met l’âme sous la direction et sous la puissance de l'amour, en sorte qu'elle n'agit plus seulement par devoir, poussée par la conscience toujours menaçante; elle agit sous l'empire des mêmes principes célestes qui ont inspiré Jésus-Christ. V. L'incrédulité est la cause de tout péché. Elle est elle-même un péché et elle est la source d'où proviennent tous les autres péchés. Il est certain que le vrai péché d'Adam fut le manque de confiance en Dieu. Un homme manque-t-il de foi, il est abandonné par cela même aux instincts de sa nature; le monde visible seul agit sur son âme et ne peut provoquer que des actes d'égoïsme. Cet homme est condamné à ramper dans la poussière de la terre ; il ne peut jamais s'élever au-dessus de ses appétits et de son propre intérêt. Il y a impossibilité naturelle à ce qu'il en soit autrement ; comment, en effet, l'esprit agirait-il sans motifs? Les motifs de l'éternité n'existent que pour la foi. Les autres motifs, quels qu'ils soient, ne peuvent élever l'âme au-dessus de ce monde, et ne peuvent engendrer autre chose que « l'affection de la chair, » c'est-à-dire le péché. Représentez-vous un enfant qui a perdu toute confiance en son père. Il ne peut plus lui rendre l'obéissance du coeur; c'est une impossibilité naturelle. S'il prétend obéir, ce n'est pas du coeur qu'il le fait ; son obéissance est égoïste ; le mobile et l'essence de toute obéissance cordiale ne se trouvent plus en lui. Ainsi « sans la foi il est impossible de plaire à Dieu ; » il est impossible de lui obéir d'une obéissance qui lui soit agréable. Il est donc manifeste que l'incrédulité est la source de tous les péchés qui remplissent la terre et l'enfer et que toute âme dépourvue de foi travaille à sa ruine éternelle. REMARQUES. 1. Nous voyons pourquoi la foi est appelée « une substance des choses qu'on espère. » La foi, la confiance en Dieu, est ce qui fait et constitue le ciel, et il en sera ainsi éternellement. 2. Nous voyons ce que c'est que d'être conduit par l'Esprit de Dieu. C'est lui abandonner toutes nos facultés et toutes nos énergies, de manière à être dirigé par lui dans tout ce que nous faisons. 3. Nous voyons qu'une parfaite foi produirait l'amour parfait ou la sanctification parfaite. Un abandon absolu et continu entre les mains de Christ de tout ce que nous avons et de tout ce que nous sommes ne peut produire autre chose que la sainteté parfaite. 4. Le chrétien est sanctifié dans la mesure de sa foi. S'il n'est sanctifié qu'imparfaitement, c'est parce que sa foi est faible. Quand le Seigneur Jésus-Christ était sur la terre et que ses disciples tombaient dans quelque faute, il leur reprochait leur manque de foi. Un homme qui croit en Christ n'a pas plus sujet de s'attendre à pécher qu'il n'a sujet de s'attendre à être damné. Ceci vous étonne peut-être, mais c'est pourtant vrai. Vous devez recevoir Christ pour votre sanctification aussi absolument que pour votre justification. Si vous dépendez de lui pour votre sanctification, il ne vous laissera pas plus tomber dans le péché qu'il ne vous laissera tomber en enfer. Il est aussi déraisonnable, aussi antiscripturaire et aussi coupable de vous attendre à l'un que de vous attendre à l'autre. Et si vous péchez, ce ne sera jamais autrement que par incrédulité. Plusieurs d'entre vous ont lu le Journal de Mme Esther-Anne Rogers et savent combien il lui était habituel de s'en remettre immédiatement et absolument à Christ, quand la tentation se présentait ; or elle était gardée chaque fois, elle en rend hautement témoignage. Souvenez-vous de ce qui arriva à Simon Pierre. Il demanda à Jésus-Christ la permission d'aller vers lui en marchant sur les eaux, et le Seigneur l'invita à venir, ce qui était de sa part une promesse implicite de le soutenir. Sans cette promesse, c'eût été tenter Dieu que d'entreprendre pareille chose. Mais, -armé de cette promesse, Pierre n'avait plus le droit de douter. Il se lança donc, et aussi longtemps qu'il crut, la vertu de Christ le soutint, en sorte qu'il marcha sur les eaux comme sur un terrain solide. Mais aussitôt qu'il commença de douter, il enfonça. Il en est de même pour l'âme; dès qu'elle commence à douter que Jésus-Christ n'ait le pouvoir et la volonté de la maintenir dans un état d'amour parfait; elle succombe. Prenez Christ au mot, rendez-le responsable, attendez-vous à lui, et la terre et le ciel passeront avant qu'il laisse tomber votre âme dans le péché. 5. Vous voyez encore comment il se fait que l'activité désintéressée des saints soit compatible avec le repos. Cette activité a l'amour pour principe; aussi n'a-t-elle rien de contraint ni de pénible. Bien loin de là : si les chrétiens étaient empêchés de s'y livrer, c'est alors qu'ils souffriraient. Tel est leur amour des âmes que s'ils ne pouvaient rien faire pour elles, ils seraient en détresse. Au fait, l'inactivité est incompatible avec repos des saints. Comment serait-ce un repos que de ne rien faire, quand on est tout brillant de l'amour de Dieu et des âmes? Pourrait-on se reposer alors que Dieu est déshonoré et que les âmes sont détruites sans que personne ne vienne à leur secours? C'est au contraire un repos délicieux pour l'âme que de se répandre en prières et de se dépenser en efforts pour le salut des pécheurs. Tel est le repos dont jouissent les anges, lesquels ne cessent de travailler nuit et jour au service des saints. L'apôtre dit : « Prenez garde, taies que la promesse du repos subsiste encore, que quelqu'un d'entre vous n'en soit privé. » « Empressons-nous donc d'entrer dans ce repos. » -------------------------------------------------------------------------------- XXV° DISCOURS CHRIST L'ÉPOUX DE L'ÉGLISE « C'est ainsi. mes frères, que vous aussi vous avez été mis à mort en ce qui concerne la loi, par le moyen du corps de Christ, pour que vous fussiez mariés à un autre, à Celui qui est ressuscité des morts, afin que nous portions des fruits pour Dieu. » Rom VII :4 I. Je rappelle d'abord que le mariage est très fréquemment employé dans la Bible pour représenter l'union de Christ et de l'Eglise. Christ est souvent appelé l'Epoux de l'Eglise. « Ton Créateur est ton époux : l'Eternel des armées est son nom. » « Revenez, enfants rebelles, dit l'Eternel, car je suis marié avec vous. » L'Eglise est appelée l'Epouse, la femme de l'Agneau. « L'Esprit et l'Epouse disent : Viens! » L'apôtre Paul dit aux Corinthiens : « Je suis jaloux de vous d'une jalousie de Dieu, parce que je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure, » Je puis me borner à ces citations, car la Bible vous est assez familière pour que vous puissiez facilement constater le grand usage qu'elle fait du mariage comme type de l'union de Christ et de son Eglise. II. Voyons ce qu'implique la relation d'époux et d'épouse. 1. L'épouse abandonne son nom et prend celui de l'époux. Ce changement de nom est partout une conséquence du mariage. De même, les membres de l'Eglise prennent le nom de Christ; quand ils sont unis à lui, ils sont baptisés en son nom. 2. Les intérêts de la femme, jusqu'alors séparés, se confondent avec ceux du mari. Une femme mariée n'a pas d'intérêts séparés et n'a pas le droit d'en avoir. De même, l'Eglise n'a pas le droit d'avoir des intérêts séparés de ceux de Christ. Toute propriété que la femme pouvait avoir appartient maintenant à son mari. Celui-ci a la jouissance des immeubles de sa femme, toute sa vie durant ; et quant aux biens meubles de l'épouse, ils se confondent absolument avec ceux de l'époux. De même, la réputation de l'un devient la réputation de l'autre. Ainsi en est-il de l'Eglise, sa réputation et ses intérêts ne se séparent pas de ceux de Jésus-Christ. Et Jésus-Christ est engagé à faire tout ce qui est hou pour l'Eglise, exactement comme l'époux est tenu de faire tout,ce que demandent les intérêts de l'épouse. Un mari fidèle consacre son temps, son travail, ses talents, au service des intérêts et du bonheur de sa femme; de même Jésus-Christ se consacre lui-même au bien de son Eglise. Il est aussi jaloux de la réputation de l'Eglise que jamais mari a pu l'être de la réputation de sa femme. Il faut dire plus : jamais homme n'a été dévoué aux intérêts de sa femme comme Christ l'est aux intérêts de l'Eglise ; et jamais homme n'a ressenti les torts faits à sa femme comme Christ ressent ceux que l'on fait à son Eglise. Il déclare qu'il « vaudrait mieux pour un homme qu'on lui mît une meule de moulin autour du cou et qu'on le jetât au fond de la mer, que de scandaliser un seul de ces petits qui croient en lui. » 3. La relation qui existe entre l'époux et l'épouse est telle que toute souffrance endurée par l'un est virement ressentie par l'autre. Quand l'Eglise souffre, Jésus-Christ souffre avec elle et en elle. D'autre part, quand le croyant a une vue quelque peu claire des souffrances de Jésus-Christ, il n'y a rien au monde qui l'affecte et le navre autant que ces souffrances. Jamais femme n'a le coeur plus brisé et n'éprouve. une plus grande détresse que, l'épouse qui reconnaît avoir causé. les souffrances ou la mort de son mari; mais cette détresse n'égale point celle du chrétien qui voit dans ses péchés la cause de la mort de Jésus-Christ. Qu'on me permette de demander à chaque femme mariée qui m'entend ce qu'elle éprouverait si son mari, pour la sauver d'une ignominie et d'une mort méritées, s'était volontairement livré aux plus. grandes souffrances et à la mort la plus horrible. Quand quelque circonstance viendrait vous rappeler ce sacrifice, votre coeur ne se briserait-il pas? Eh bien, ne l'avez-vous jamais compris, ce sont vos péchés qui ont causé la mort de Christ; il est mort pour vous absolument comme si vous aviez été le seul pécheur au monde; il a souffert pour vous la douleur, le mépris et la mort. « Il a aimé son Eglise et s'est donné pour elle ; » et cette Eglise est appelée « l'Eglise de Dieu qu'il a achetée de son propre sang. » 4. L'épouse s'engage à faire la volonté de son époux, à lui obéir en toute chose. La Bible fait un devoir à la femme de se conformer en toutes choses à la volonté de son mari. Cette volonté est pour la femme fidèle la règle vivante et le moteur de toute son activité. Il en est de même de l'Eglise par rapport à Christ ; la volonté de Jésus-Christ domine et dirige toute sa conduite. 5. La femme reconnaît en son mari son chef. La Bible déclare que le mari est le chef ou « la tête » de la femme. Or, de même que de la tête procèdent les forces qui gouvernent tout le corps, de Christ procèdent les forces qui gouvernent toute l'Eglise. 6. La femme voit en son mari son soutien, son protecteur et son guide. Chaque croyant se met sous la protection de Christ, de même que la femme compte sur son mari pour la préserver de tout mauvais traitement et suffire à tous ses besoins. Le mari, de son côté, est tenu de répondre à l'attente de sa femme. De même, Christ est engagé à protéger son Eglise contre tous ses ennemis. Que de fois les puissances de l'enfer n'ont-elles pas essayé de la renverser ! mais son Epoux ne l'a jamais abandonnée. Aucune arme forgée contre l'Eglise « n'a jamais pu prospérer » et ne prospérera jamais. Que la terre et l'enfer conspirent contre elle, autant il est vrai que Jésus-Christ a le pouvoir de la protéger, autant, il est certain qu'elle n'a rien à craindre. Chaque croyant sera aussi bien en sûreté que s'il était le seul chrétien de la terre, Jésus-Christ étant le garant de son salut. Le diable ne peut pas plus vaincre un seul fidèle et le perdre éternellement qu'il ne peut vaincre. le Dieu Tout-Puissant. Il peut tuer les chrétiens, mais ce n'est pas leur faire du tort et ce n'est point un triomphe pour lui; il a tué Jésus-Christ, mais qu'y a-t-il gagné? Le sépulcre n'avait aucun pouvoir. sur Jésus-Christ, il n'en a pas non plus sur le croyant. « Parce que je vis, vous vivrez ; » celui qui croit en moi, mort, il vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais, » dit le Seigneur. 7. L'existence légale de la femme est tellement confondue avec celle de son mari, que la loi ne connaît pas la femme comme personne séparée. Le mari est civilement responsable des délits que la femme peut commettre ; car son devoir est de la conduire, comme le devoir de la femme est d'obéir. Si celle-ci n'obéit pas, elle peut jeter son mari dans de grands embarras et lui occasionner beaucoup de frais et de peines. De même, Jésus-Christ est établi chef de son Eglise et s'il ne la garde pas du péché, il faut qu'il en réponde et il en résulte pour lui de la douleur et de l'opprobre. Il est vrai que devant la loi humaine, le mari n'est pas responsable des crimes que la femme peut commettre. Mais Christ s'est constitué responsable de TOUTE la conduite de son Eglise. Il a pris la place de son peuple alors que ce peuple était convaincu de crime et condamné à la mort éternelle. C'est bien là se constituer responsable de la façon la plus sérieuse. Et maintenant c'est son affaire de prendre soin de son Eglise, de la gouverner et de la garder du péché. Il a fait l'expiation de tous les péchés des siens ; il est l'avocat qui intercède pour eux. Il faut donc qu'il réponde devant Dieu de toute la conduite de son Eglise. Chaque croyant est si parfaitement uni à Jésus-Christ, il est tellement « os de ses os, chair de sa chair, » que tout péché commis par lui retombe sur Jésus-Christ. Tout ceci est abondamment enseigné dans la Bible. Quelle étonnante union ! Christ a assumé non seulement la responsabilité de la « conduite civile » de son Epouse, mais encore celle dit crime capital dont elle s'est rendue coupable, je veux dire de sa rébellion contre Dieu. En ce sens donc, l'Eglise est perdue en Christ et n'a aucune existence séparée devant la loi. Je ne veux pas dire que, chez le chrétien, la transgression de la loi morale ne soit pas un péché, je veux dire que la loi n'a plus prise sur lui pour le condamner; « il n'y a plus de condamnation pour ceux - qui sont dans le Christ Jésus. » Christ a pris la condamnation sur lui, il s'est chargé de soustraire le croyant au pouvoir du péché, ainsi qu'au pouvoir de la loi, et de lui fournir toute l'assistance nécessaire pour remporter une complète victoire. III. But de l'union de Christ et de l'Eglise. 1. Le premier but de cette union est celui que donne notre texte : « afin que nous portions du fruit pour Dieu.» Un des buts principaux du mariage est la propagation de l'espèce. Ainsi en est-il à l'égard de l'Eglise; elle doit donner des enfants à Jésus-Christ en sorte qu'il « se voie de la postérité, qu'il jouisse du travail de son âme, et qu'il soit entouré d'un peuple de franche volonté nombreux comme les gouttelettes de la rosée du matin. » Ce n'est pas seulement par le travail du Rédempteur, que cela doit s'accomplir, c'est aussi par celui de l'Eglise : « dès que Sion est en travail, elle se voit de la postérité. » (Esa LXVI :8) 2. Un autre but de l'institution du mariage est l'entretien et la protection d'êtres qui ne peuvent se suffire à eux-mêmes. Si la loi du plus fort prévalait seule dans la société, les femmes seraient partout opprimées et réduites en esclavage; le mariage leur apporte l'aide et la protection dont elles ont besoin. Ainsi encore en est-il pour l'Eglise ; Jésus-Christ la soutient et lui accorde toute la protection nécessaire contre ses ennemis et contre toutes les puissances de l'enfer. 3. Le bonheur des deux conjoints est encore un des buts de l'institution du mariage. Ainsi en est-il de l'union de Christ et de l'Eglise. Vous trouverez peut-être étrange que je vous dise que le bonheur de Christ est augmenté par l'amour de l'Eglise. Mais que dit la Bible ? Elle dit « qu'en vue de la joie qui lui était proposée, il a enduré la croix et méprisé » Qu'était-ce que cette joie, si l'amour de l'Eglise n'en faisait pas partie ? Il serait étrange qu'un époux travaillât à rendre sa femme heureuse sans jouir du bonheur qu'il lui procure. Autant l'amour de Jésus-Christ surpasse celui d'un époux terrestre, autant est plus grande la joie que lui procure le bonheur de son Eglise.* 4. L'allégement des chagrins et des souffrances du mari et de la femme est aussi un but de l'institution du mariage. Il y a pour l'un et pour l'autre une grande douceur à mettre leurs peines en commun ; personne ne l'ignore. Or, ceci est encore vrai de Christ et de l'Eglise. L'apôtre Paul dit « qu'il porte toujours avec lui, en son corps, la mort du Seigneur Jésus; car comme les souffrances de Christ abondent en nous, dit-il, de même notre consolation abonde aussi par Christ. » (2 Cor IV :10 et 2Cor I :5.) L'un des principaux buts de ses peines et de ses renoncements, c'est, nous assure-t-il, de connaître « la communion des souffrances de Christ. » Il se réjouit dans les tribulations; il achève de souffrir en sa chair Te reste des souffrances de Christ. ». L'Eglise ressent vivement tout opprobre qui retombe sur Christ, et Christ ressent vivement toute injure et tout tort faits à l'Eglise. 5. Le but principal de l'union de Christ et de l'Eglise est la sanctification de l'Eglise. Lisez ce qui est dit Eph V:22-27 : « Femmes, soyez soumises à vos maris, connue au Seigneur; car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l'Eglise, qui est son corps, et dont il est le Sauveur. Or, de même que l'Eglise est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l'être à leurs maris en toutes choses. Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l'Eglise, et s'est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier par la parole, après l'avoir purifiée par le baptême d'eau, afin de la faire paraître devant lui glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. » Voilà donc le grand but de l'union de Christ et de I'Eglise : soit parfaitement sainte. L'apôtre Jean nous dit dans l'Apocalypse qu'il vit ceux qui « avaient lavé et blanchi leurs robes dans le sang de l'Agneau ; » et voyez, au chap. XXI de ce même livre, avec quelle splendeur apparaît « l'Epouse, la femme de l'Agneau, qui descend du ciel, d'auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu, et parée comme une épouse pour son époux. » IV. Quelques remarques sur la méchanceté de l'Eglise à l'égard de Christ. 1. Un très grand nombre de ceux qui font profession de faire partie de l'Eglise, l'Epouse de Christ, continuent à avoir des intérêts distincts de ceux de Jésus-Christ et à s'en préoccuper. Ils ont fait profession de renoncer à leurs propres intérêts pour n'en avoir plus d'autres que ceux de Christ, et cependant si vous les exhortez è agir conformément à cette profession, ils vous montreront qu'ils n'en Ont nullement l'intention. Que penseriez-vous d'une femme qui durait des intérêts séparés de ceux de son mari? Vous diriez que manifestement elle n'aime pas son mari comme elle le doit. 2. L'Eglise ne cesse pas de déshonorer Jésus-Christ. La réputation de l'époux et celle de l'épouse ne font qu'un. Tout ce qui déshonore l'un déshonore l'autre. Or, au lieu d'éviter toute apparence de 'mal, l'Eglise par sa conduite donne continuellement aux ennemis de Dieu sujet de blasphémer contre lui. 3. L'Eglise ne pense pas que l'amour de Christ puisse lui suffire. Chacun sait, comment l'on juge une femme qui ne se contente pas de l'amour de son mari et qui cherche sans cesse d'autres amants. Or chacun peut voir que cette conduite horrible est celle de l'Eglise. Combien n'y a-t-il pas en effet de membres de l'Eglise à qui l'amour de Jésus-Christ ne suffit pas, et qui ne s'estiment pas heureux s'ils ne peuvent pas avoir en même temps les richesses, les plaisirs et les honneurs de ce monde? La conduite de cette épouse coupable serait plus horrible encore si on la voyait choisir ses amants parmi les ennemis de son mari, et les introduire dans la maison conjugale. Or combien de gens, n’y a-t-il pas qui font profession d'appartenir à Christ et qui réservent leurs affections pour ses ennemis ? On voit, par exemple, des chrétiens de profession s'unir par le mariage avec des ennemis avoués de Dieu et de toute religion. Quelle indignité ! Est-ce là la conduite d'une épouse?* 4. Chacun sait l'opprobre qui pèse sur les prostituées ; or, Dieu parle souvent de son Eglise comme d'une prostituée. Mais il n'en parle pas comme ferait un homme décidé à abandonner sa femme ; il en parle avec une grande tristesse, une grande tendresse, avec les prières et les exhortations les plus touchantes à revenir à lui. 5. Que penseriez-vous d'une femme qui, le jour même de son mariage, s'attendrait à être bientôt fatiguée de son mari, à le délaisser et à se vouer à la prostitution? Or, combien n'y a-t-il pas de chrétiens qui lorsqu'ils font profession de se donner à Jésus-Christ n'ont pas plus la pensée de vivre sans pécher, qu'ils n'ont celle de recevoir des ailes et de s'envoler au plus haut des airs ? Ils sont venus dans la maison de Dieu, ils se sont engagés à vivre entièrement pour lui, ils se sont fiancés à Christ publiquement, ils se sont engagés à renoncer à tout péché, à ne vivre que pour leur divin Epoux ; ils ont déclaré hautement que son amour leur suffirait, qu'ils n'auraient jamais d'autre Bien-aimé que lui ; et néanmoins, tout en parlant de la sorte, ils ne quittaient pas un seul instant la pensée de se jeter bientôt dans les chemins de traverse, pour « se livrer aux étrangers, sur toute colline et sous tout arbre verdoyant. » Hélas ! le fait n'est que trop certain, c'est de la façon la plus réfléchie que la plupart des « chrétiens » s'attendent à commettre l'adultère spirituel et à le perpétrer jusqu'à leur dernier jour. 6 Mais ce qu'il y aurait de plus abominable dans la conduite de la femme adultère, ce serait qu'elle rejeta/ tout l'odieux de sa conduite sur son époux fidèle et dévoué. Et c'est précisément ce que fait l'Eglise. Bien que Jésus-Christ ait tout fait, à part l'emploi de la contrainte, pour la garder du péché, elle rejette sur lui l'odieux de sa conduite, l'accusant de n'avoir point pourvu à ce que le péché ne fût pas une nécessité pour elle. Les choses en sont venues à ce point qu'elle abhorre jusqu'au nom de la perfection chrétienne, comme si c'était vraiment déshonorer Christ que de le croire capable de garder son peuple du péché et de le préserver des piéges du diable. Hélas ! pendant des siècles il a été jugé contraire à l'orthodoxie, dans la plus grande partie de l'Eglise, d'enseigner que Jésus-Christ a réellement pourvu à ce que son peuple pût vivre sans pécher. Quoi ! Jésus-Christ aurait choisi l'Eglise pour épouse et n'aurait pas pris des mesures suffisantes pour la protéger contre les artifices du diable ! Ce serait une belle oeuvre que la sienne, en vérité ! Elle ne pourrait être que la risée de l'enfer. V. Il faut que je vous dise quelques mots de la patiente bonté de Christ envers l'Eglise. Quel est l'époux qui, dans une situation pareille à celle de Christ, voudrait rester uni à la femme qu'il aurait épousée et supporter tout ce que Christ supporte? Cependant le Sauveur offre toujours la réconciliation à son Eglise ; il s'efforce toujours de regagner son affection. Parfois un mari perd toute affection pour sa femme, et la traite si brutalement qu'elle perd à son tour toute affection pour son mari. Mais où trouver dans le caractère ou dans la conduite de Christ quoi que ce soit qui puisse justifier la façon dont l'Eglise agit envers lui ? Il s'est livré, sacrifié lui-même absolument pour gagner son affection; que pouvait-il faire de plus? Quelle faute peut-on lui reprocher, quelle est la vertu qui lui manque ? Voyez comment il agit maintenant, après tout ce que l'Eglise a fait contre lui. Supposez qu'un mari suive de ville en ville sa femme vagabonde et coupable, la suppliant et la pressant avec larmes de rentrer au domicile conjugal. Supposez que tout en la voyant persister à courir après ses amants, il ne se lassât point de la suivre, criant toujours, suppliant toujours et l'assurant qu'il ne demande qu'à lui pardonner et à l'aimer ; — et dites-moi si une bonté et une condescendance pareilles se sont jamais rencontrées parmi les enfants des hommes. Or c'est précisément ainsi que Jésus-Christ agit à l'égard de son Eglise coupable. REMARQUES 1. Les chrétiens doivent comprendre la gravité de leurs péchés. Vous déshonorez Jésus-Christ, vous le contristez, vous lui faites tort, puis vous le rendez responsable de vos péchés ! Comprenez bien qu'en vertu de l'intime relation qui vous unit à lui, vos péchés l'affectent de la manière la plus directe. Quelle n'est pas la douleur d'une femme qui a déshonoré son mari ? La rougeur lui monte au front, les larmes inondent son visage; et quand elle paraît en présence de celui qu'elle a indignement traité, elle se jette à ses pieds, elle confesse sa faute et implore son pardon dans l'humiliation la plus profonde. Elle ne peut plus goûter aucun repos qu'elle ne se sente pardonnée. Quand un chrétien tombe dans le péché et déshonore Jésus-Christ, comment peut-il dormir tranquille? Comment pouvez-vous supporter la pensée que votre péché s'attaque à Jésus-Christ lui-même, qu'il porte atteinte aux tendres rapports qu'il soutient avec vous et déshonore son nom dans le monde ? 2. Un grand obstacle au développement de la vie chrétienne est le fait que les chrétiens s'attendent à vivre dans le péché; cette attente, en effet, assure la continuation du péché. Celui qui s'attend à persister dans le péché, a en réalité l'intention d'y persister ; aussi le fait-il. Il y a lieu de craindre que beaucoup de personnes qui font profession de piété ne se soient jamais sérieusement proposé de vivre sans péché. L'apôtre Paul insiste sur le fait que le croyant doit bien faire son compte qu'il est mort au pêché, que par conséquent il n'a plus du tout affaire avec lui; qu'il ne peut pas plus s'attendre à pécher qu'in mort ne pourrait s'attendre à marcher. Le chrétien doit se reposer sur Christ, le recevoir dans tous ses offices, et s'attendre à être gardé, sanctifié et sauvé par lui. S'il fait cela, ne croyez-vous pas qu'il sera préservé du péché ? — Il le sera, cela est certain, exactement comme il est certain qu'il a compté sur Christ. La raison pour laquelle les chrétiens ne sont pas gardés du péché en tout temps, autant qu'ils en ont besoin, est dans le fait qu'ils ne se confient pas en Christ, qu'ils ne s'attendent pas à être gardés par lui dans l'amour parfait. Ils essaient de se garder eux-mêmes. S'ils connaissaient mieux leur absolue impuissance, et s'ils se reposaient absolument sur Christ pour leur sanctification comme pour leur justification, ils obtiendraient l'une aussi bien qu'ils ont obtenu l'autre. Personne ne s'est jamais confié en Dieu pour recevoir une chose que Dieu a promise, sans la recevoir. Sans doute, si vous vous confiez en Dieu en vue d'obtenir une chose qu'il n'a pas promise, vous tentez Dieu. Si Pierre n'avait pas été appelé par Jésus-Christ à marcher sur les eaux pour venir à lui, c'eut été tenter Dieu que de quitter le bateau, et il aurait payé de sa vie sa folle présomption. Mais du moment que Christ l'avait appelé, répondre à cet appel était le fait d'une foi saine et raisonnable. Christ était engagé à le soutenir, et il fut soutenu aussi longtemps que dura sa confiance. Si la Bible a promis que ceux-là seront sanctifiés qui reçoivent Christ pour leur sanctification, vous tous qui vous confiez en lui dans ce but, vous avez exactement autant de raisons de vous attendre à être sanctifiés que Pierre en avait de s'attendre à être porté sur les eaux. Et si un miracle était nécessaire pour vous garder du péché, Dieu l'accomplirait, car il remuerait tout l'Univers et renverserait toutes les lois de la nature, plutôt que de permettre qu'une seule de ses promesses fût anéantie. Dieu a-t-il promis la sanctification à ceux qui se confieraient en lui pour la recevoir? S'il ne pas promise, se confier en lui pour être gardé de la tentation et du péché, c'est le tenter ; c'est du fanatisme. S'il nous a laissés dans la cruelle nécessité de marcher en comptant sur notre propre sagesse et nos propres forces, nous devons nous soumettre et faire le mieux que nous pouvons. Mais s'il a fait des promesses, il les accomplira Parfaitement, quand bien même toute la terre et tout l'enfer s'y opposeraient. Je crois que le grand obstacle à la perfection chrétienne vient de ce que l'Eglise n'a pas compris que Jésus-Christ s'est pleinement engagé envers nous pour tout ce qui concerne notre salut, et que nous sommes tenus de nous confier en lui pour notre sanctification exactement comme pour notre justification. Que dit l'Ecriture? « Il nous a été fait de la part de Dieu, sagesse, justice, sanctification et rédemption. » -Qu'un homme « demande la sagesse avec foi, et elle lui sera donnée. » Christ le préservera de tomber dans l'illusion et dans l'erreur. Que l'Eglise veuille seulement renoncer à rien attendre d'elle-même, qu'elle meure absolument à toute sagesse propre et à toute force propre (ainsi qu'elle fait quant à la pensée de mériter son salut par ses oeuvres), et Christ est engagé pour ln suite de l'oeuvre comme pour le début. Il n'y a qu'une seule raison au fait que l'Eglise n'obtient pas la sanctification comme la justification, c'est qu'elle ne se confie pas en Christ pour la première comme pour la seconde. Après avoir commencé par l'Esprit, la plupart s'efforcent d'arriver à la perfection par la chair. lis se sont reposés sur Christ pour leur justification, et maintenant ils s'efforcent de se sanctifier eux-mêmes. S'il est vrai, comme l'apôtre l'affirme, que Christ soit notre sagesse et notre sanctification, qu'est-ce qui peut excuser un chrétien de n'être pas sanctifié? 3. Si les chrétiens ne s'attendent pas à vivre sans pécher contre Christ, comme ils s'attendent à vivre sans commit ne des p6chés'scandaIeux contre les hommes, tels que le meurtre et l'adultère, cela provient de l'une des trois causes suivantes : a) Ou bien ils aiment leurs semblables plus que le Seigneur et ils craignent de leur faire tort plus que de faire tort au Seigneur. b) Ou bien c'est le souci de leur réputation qui les préserve de certaines formes du mal, ce qui prouverait qu'ils aiment leur réputation plus que Jésus-Christ. c) Ou bien ils pensent être. capables de se garder eux-mêmes des grands crimes, tandis qu'à l'égard de péchés moins odieux ils n'ont pas la même confiance. Je suppose que je demande à quelques-uns d'entre vous s'ils s'attendent à devenir meurtriers ou adultères, cette seule pensée leur ferait horreur. Mais qu'est-ce qui vous garantit de ces grandes chutes ? Etes-vous si vertueux que vous puissiez résister à toute tentation de Satan ? Si vous répondez affirmativement, vous ne vous connaissez pas vous-mêmes. Et si vous avez une force propre qui vous permette de vous garder des péchés scandaleux, vous devez pouvoir vous garder de tous les péchés. Mais si votre confiance est toute en Jésus-Christ peur qu'il vous garde de commettre l'assassinat ou l'adultère, comment pouvez-vous supposer qu'il ne soit pas capable de vous préserver de tout autre péché? Oh! si les croyants voulaient seulement se reposer entièrement sur Christ, se mettre sans réserve sous sa direction, et lui laisser toute responsabilité, ils feraient l'expérience de sa puissance pour sauver, et vivraient alors d'une vie exempte de péché. 4. Quelle accusation perpétuelle et quel opprobre que l'Eglise pour Jésus-Christ! 5. Vous voyez pourquoi les nouveaux convertis sont ce qu'ils sont. L'Eglise est dans un tel état qu'il ne faut pas s'étonner si les âmes qu'elle gagne deviennent, à peu d'exceptions près, un déshonneur pour l'Evangile. Comment pourrait-il en être autrement ? Vivant comme elle vit, comment l'Eglise enfanterait-elle des enfants qui fussent un honneur pour Christ ? Elle ne reçoit pas le Sauveur dans tous ses offices, tel que nous le présente la Bible. Si elle le faisait, il lui serait impossible de vivre à la façon d'une prostituée. FIN.

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