A CEUX QUI FONT PROFESSION D'ETRE CHRETIENS (Finney Ch.) 22 et 23/25

13:23Ministere MotsdeDieu

XXII° DISCOURS NECESSITE D'UN ENSEIGNEMENT DIVIN. « Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le Consolateur ne viendra pas à vous; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai. Et quand il sera venu, il convaincra le monde de péché, de justice et de jugement : de péché, parce qu'ils ne croient pas en moi; de justice, parce que je m'en vais à mon Père et que vous ne me verrez plus ; de jugement, parce que le prince de ce monde est jugé. » « J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le Consolateur, l'Esprit de la vérité, sera venu, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. » Jean XVI :7-13. La doctrine de la nécessité d'une influence divine pour éclairer et sanctifier l'esprit de l'homme est abondamment enseignée dans la Bible et généralement reçue, au moins en théorie, dans toutes les églises orthodoxes. Mais en fait, la connaissance salutaire de l'Evangile, telle que la produit le Saint-Esprit, est rare jusqu'à ce jour parmi les hommes, d'où il résulte que l'influence de l'Evangile aussi est relativement restreinte. C'est à peine si son objet suprême, qui est de produire la sainteté sur la terre, a commencé à se réaliser. La question de savoir si nous avons besoin d'une influence divine pour atteindre ce but est une question capitale; il nous faut savoir aussi dans quelle mesure nous en avons besoin, et pour quels motifs elle est nécessaire. Si nous ne sommes pas au clair sur ces questions, nous serons par là même dans l'incertitude sur tous les sujets qui concernent notre sanctification. I. Nous chercherons tout d'abord jusqu'où peut aller la raison humaine dans l'intelligence des choses de Dieu, sans le secours de l'illumination divine. 1. Elle peut comprendre les faits historiques de la religion, exactement comme elle comprend tous les autres faits historiques. 2. Elle peut comprendre les doctrines de l'Evangile. C'est-à-dire qu'elle est capable de comprendre les vérités abstraites qui sont comme la charpente de l'Evangile ; ainsi l'existence et les attributs de Dieu, l'inspiration et l'autorité divine des Ecritures, etc. Elle comprend ces vérités et les preuves sur lesquelles elles reposent, exactement comme elle comprend toute vérité scientifique. L'homme peut comprendre la loi de Dieu. Il comprendra qu'elle lui ordonne d'avoir un parfait amour pour Dieu et pour ses semblables. Il saura par expérience ce qu'est l'amour, parce qu'il réprouve pour différents objets; et par cela seul qu'il est un être moral, il pourra comprendre aussi combien est raisonnable la loi qui nous l'ordonne. Il pourra de même reconnaître qu'il est un pécheur et qu'il ne peut être sauvé par ses propres oeuvres; qu'ayant violé la loi, 1a loi ne peut le justifier; et que, s'il doit jamais être sauvé, il ne pourra l'être que par pure grâce. Je pourrais parcourir toute la théologie et vous montrer que l'intelligence humaine est capable de la comprendre comme un système de vérités abstraites, de l'accepter et de la croire, sur la foi des preuves, comme on le fait en toute autre science. Mais je suis loin d'admettre que laissée à elle-même, la raison puisse parvenir à une connaissance religieuse capable de produire la conversion et la sanctification. II. Nous chercherons maintenant ce qui manque à toute connaissance religieuse acquise sans le secours du Saint-Esprit; en d'autres termes, ce qui rend toute connaissance purement humaine stérile au point de vue du salut. Pour que la connaissance soit utile, elle doit être une vue des choses assez profonde, assez vive, pour produire l'émotion, pour toucher le coeur et déterminer la volonté. Une connaissance purement intellectuelle ne portera jamais l’âme à l'action ; abstraction scientifique, elle n'éveille aucun sentiment, n'excite aucune émotion et ne peut avoir aucune action sur la volonté; elle n'a donc aucune valeur au point de vue du salut: Pour porter le pécheur à aimer Dieu, il faut un haut degré de lumière, capable de produire de fortes émotions ; il faut que les motifs d'obéir à Dieu apparaissent au pécheur d'une manière assez évidente, assez saisissante, pour subjuguer son coeur rebelle et l'amener à résipiscence. Voilà ce que j'appelle une connaissance salutaire de la vérité. Or nul n'a jamais pu ni ne pourra jamais arriver à cette connaissance-là sans l'Esprit de Dieu. Si le péché n'était pas dans le monde, la connaissance que nous pouvons acquérir par nos seules facultés, serait-elle capable par elle-même de nous porter au bien ? je ne le sais pas. En fait, la connaissance qu'avait Adam dans son état d'innocence n'empêcha pas sa chute. Quoiqu'il en soit, dans le monde tel qu'il est maintenant, l'homme étant tout à fait opposé à la sainteté, cette connaissance est absolument insuffisante. Voici quelques raisons de ce fait : 1. Ici-bas, toute connaissance que nous pouvons avoir par nous-mêmes des choses spirituelles s'obtient par voie d'analogie ou de comparaison. Notre esprit est enfermé dans un corps, et nos idées se forment d'après les objets extérieurs et par l'intermédiaire des sens. Or, nous ne pouvons jamais obtenir de cette façon une connaissance des choses spirituelles suffisante pour agir efficacement sur notre volonté. Les types de l'Ancien Testament étaient probablement le meilleur moyen auquel Dieu pût avoir recours pour donner aux Juifs une idée de l'Evangile. Les Orientaux étaient fort accoutumés à se servir de figures, de paraboles et de types, aussi ces moyens d'éducation étaient-ils sans doute, les plus impressifs et les plus efficaces pour faire pénétrer la vérité dans leur esprit. Cependant nous voyons que les idées religieuses qui furent communiquées aux Israélites par cette voie étaient extrêmement imparfaites, et que sans l'illumination divine aucun d'eux n'aurait possédé une connaissance vraiment efficace des vérités du salut. Il en est de même des mots. Ceux-ci ne sont que des signes qui indiquent les idées; ils ne sont pas les idées, ils n'en sont que des représentations plus ou moins grossières. Il est souvent très difficile, parfois même impossible, de communiquer une idée par la voie du langage. Prenez un petit enfant, essayez de converser avec lui, et vous verrez quelle difficulté vous éprouverez, sur bien des sujets, à faire pénétrer vos idées dans son esprit ; il faudrait en effet qu'il eût quelque expérience des choses dont vous lui parlez, pour que vos idées se communiquassent à lui par les mots que vous employez. Supposez que cette assemblée ne soit composée que d'aveugles de naissance. Un magnifique tableau est suspendu à la muraille et j'entreprends de vous le décrire. Quel que soit mon langage, je ne parviendrai pas à vous en donner une idée suffisante pour que vous puissiez vous le représenter. Le langage figuré, les analogies, les ressemblances ne peuvent donner qu'une connaissance imparfaite des choses. Que de fois n'avez-vous pas fait l'expérience suivante : ou vous avait décrit une personne ou une localité si bien que vous pensiez en avoir une connaissance exacte; mais une fois en présence de la réalité, vous avez dû reconnaître que vous vous en étiez fait une idée fausse. Supposez que nous recevions la visite d'un habitant d'une autre planète où toutes choses seraient établies et organisées d'après un plan tout différent de celui que nous connaissons. Supposons encore que cet étranger reste assez longtemps parmi nous pour apprendre notre langage, puis qu'il entreprenne de nous faire connaître le monde qu'il a quitté. Il est clair que nous comprendrons ce qu'il nous dira d'après nos propres idées et nos propres expériences, et que notre compréhension des choses qu'il nous dira sera fort imparfaite. Il en est de même quant aux descriptions que la Bible nous fait du monde invisible, du ciel et de l'enfer ; les mots qu'elle emploie sont, à eux seuls, incapables de nous donner une idée de ces choses tant soit peu adéquate à la réalité. 2. La méchanceté de nos coeurs est si grande qu'elle pervertit notre jugement. Quand la perversité d'un homme est telle qu'il ne veut pas être éclairé sur les choses spirituelles, il est clair qu'il ne peut arriver à la connaissance de la vérité sur ces sujets. 3. Les préjugés sont un grand obstacle à la connaissance de la vérité dans les choses religieuses. Voyez le cas des disciples immédiats de Jésus-Christ. Leurs préjugés juifs concernant le plan du salut étaient si forts, que toutes les instructions de Jésus-Christ lui-même ne purent leur faire comprendre la vérité. Après les avoir enseignés pendant trois ans avec toute la clarté, toute la simplicité et toute la sagesse possibles, il n'avait pas encore réussi à les mettre en possession des premiers principes de l'Evangile. Jusqu'au jour de sa mort, il ne put leur faire comprendre qu'il devait mourir et ressusciter des morts. C'est pour cela, qu'il leur dit dans le dernier entretien qu'il eut avec eux : « Si je ne m'en vais pas, le Consolateur ne viendra pas à vous ; mais si je m'en vais, je vous l'enverrai. » Le vrai but de son départ était la venue du Saint-Esprit, qui devait leur communiquer la véritable intelligence des paroles que Jésus leur avait dites. En un mot, sans l'illumination divine, l'homme peut comprendre assez la Bible pour reconnaître qu'il est condamné devant Dieu; mais il ne peut la comprendre assez, pour être sanctifié et sauvé. Quelle est donc l'utilité de la Révélation ? me demanderez-vous. Cette utilité est grande. La Bible est aussi claire qu'elle peut l'être. Qui peut douter que notre Seigneur n'instruisait ses disciples avec autant de clarté qu'il le pouvait? Voyez la peine qu'il prend pour illustrer son enseignement par des comparaisons; que son langage est simple; et comme, il s'abaisse au niveau de la plus faible intelligence ! il agit comme un père ou une mère agirait avec son petit enfant Assurément, cet enseignement fut utile aux disciples, bien qu'il fût insuffisant sans le secours de l'Esprit. III. L'Esprit de Dieu seul peut produire en nous l'illumination nécessaire. La Bible nous dit : « Personne ne peut dire que Christ est le Seigneur, si ce n'est par le Saint-Esprit. » Il est vrai que la divinité de Jésus-Christ, considérée comme abstrait, peut être prouvée, comme toute proposition scientifique, de manière à se faire accepter par tout esprit dégagé de préventions; mais le Saint-Esprit seul peur établir fermement en nous la foi en Jésus-Christ, Dieu Sauveur, de manière à sanctifier notre âme. Jésus-Christ nous dit aussi : « Nul ne peut venir à moins que le Père qui m'a envoyé ne l'attire, et je le susciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes « Ils seront tous enseignés de Dieu. » Tout homme donc qui a entendu le Père et a été enseigné de lui, vient à moi. » Il est évident que l'attraction dont parle ici Jésus-Christ est l'enseignement du Saint-Esprit. Nous avons besoin pour apprendre à connaître les choses spirituelles d'un instituteur qui ne soit pas lié aux mots et aux syllabes, qui ne soit pas obligé de parler à notre esprit par l'intermédiaire des sens, et qui puisse apporter dans notre esprit les idées elles-mêmes et non pas seulement les signes des idées. La manière dont l'Esprit opère cette oeuvre ne nous sera jamais connue en ce monde ; mais le fait qu'il l'opère est indéniable. C'est un fait qu'il nous donne l'idée de choses que nous n'avons jamais expérimentées. Quel est le chrétien qui ne le sache? En est-il un seul qui n'ait pas éprouvé que l'Esprit de Dieu peut lui faire apercevoir instantanément dans un passage des Ecritures des vérités que toutes ses études et tous ses efforts n'auraient jamais pu lui découvrir? Je supposais tout à l’heure le cas où tous les membres de cette assemblée seraient aveugles et où je leur ferais la description d'un tableau suspendu à la muraille. Supposez maintenant qu'au moment où je me donnerais une peine extrême pour vous faire comprendre le contraste des couleurs, et tout le charme de leurs différentes nuances, vos yeux fussent tout à coup ouverts. Vous verriez alors les choses mêmes que les paroles et les mots auraient été impuissants à vous communiquer. C'est là ce que fait l'Esprit de Dieu et ce que seul il peut faire: il ouvre l'oeil spirituel et apporte à l'esprit les choses spirituelles elles-mêmes dans leur vivante réalité, choses dont les mots, les figures et les comparaisons ne peuvent donner la connaissance. Il est d'ailleurs évident que seul l'Esprit de Dieu connaît assez les choses de Dieu pour nous en donner une connaissance exacte. « Qui connaît les choses de l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui? » dit saint Paul. Qu'est-ce qu'un animal peut connaître de ce qui se passe en l'homme? Je puis parler à votre conscience parce que je suis un homme et que je connais les choses de l'homme. De même, la Bible dit encore: « Personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu. » Cet Esprit ayant conscience immédiate des choses de Dieu, possède une connaissance de ces choses qu'aucun autre être ne peut avoir ; et seul il peut nous donner le genre d'instruction dont nous avons besoin. IV. Chacun peut obtenir le Saint-Esprit gratuitement. Il suffit de quelques passages de la Bible pour le montrer Jésus-Christ dit que Dieu est plus disposé à donner le Saint Esprit à ceux qui le lui demandent que des parents ne sont disposés à donner à leur enfant le pain nécessaire. « Demandez et on vous donnera; cherchez et vous trouverez; heurtez et on vous ouvrira. » « Tout ce que vous demandez en priant, si vous croyez, vous le recevrez. » « C'est pourquoi je vous dis, tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous le recevez, et cela vous sera fait. » (Marc XI :24) Et l'apôtre Jacques dit encore : « Si quelqu'un de vous manque de sa gesse, qu'il fasse demande à Dieu, qui donne à tous libéralement et ne fait pas de reproches, et elle lui sera donnée. » S'il est vrai que Dieu ait fait ces promesses il est vrai aussi que chacun peut avoir autant d'illumination divine qu'il en a besoin. V. Je désire maintenant vous montrer les raisons pour les quelles beaucoup de chrétiens, nonobstant ces divines promesses, ne reçoivent pas toutes les lumières spirituelles qui leur sont nécessaires. 1. Ils ne demandent pas tout ce dont ils ont besoin ou ne le demandent pas avec un désir suffisant. Ils désirent les choses périssables plus que le Saint Esprit. 2. Ils demandent mal, par des motifs égoïstes. L'apôtre Jacques dit : « Vous demandez et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, afin de fournir vos voluptés. » Si un homme demande par un motif égoïste, c'est-à-dire par toute autre raison que celle de glorifier Dieu, il n'a pas sujet de s'attendre à recevoir l'illumination divine. S'il demande le Saint-Esprit afin d'être plus heureux, de jouir davantage de sa religion, ou d'être plus savant dans les Ecritures, ou afin qu'on le regarde comme un chrétien éminent, ou par quelque autre motif égoïste, il y a là une bonne raison pour qu'il ne le reçoive pas. 3. Ils n'usent pas des moyens nécessaires pour acquérir ce qu'ils demandent. Si vous négligez votre Bible et que vous demandiez à Dieu de vous donner la connaissance des choses spirituelles, vous tentez Dieu. Dieu donne la connaissance par le moyen de la Bible et par les autres moyens qu'il a donnés pour notre instruction. Si nous ne voulons pas user de ces moyens, pour autant qu'ils sont à notre disposition, nous avons beau prier, nous ne recevrons pas les instructions divines: « La foi vient de ce qu'on entend, et l'on entend au moyen de la Parole de Dieu. » Il y a ici une différence importante à faire entre ceux qui possèdent les moyens de s'instruire et ceux qui ne les possèdent pas. Je pense qu'on peut recevoir toute l'illumination dont on a besoin pour connaître l'Evangile, malgré. la privation forcée des moyens ordinaires d'instruction. Si, par exemple, un homme se trouve abandonné dans une île déserte, il pourra recevoir directement du Saint-Esprit toute l'illumination dont a besoin. De même en toute autre circonstance où tout moyen extérieur d'instruction manquerait absolument. Plusieurs faits très remarquables qui se sont produits ces dernières années confirment ce que je viens d'avancer. J'ai connu un cas que je regardais comme miraculeux, à l'époque où il s'est produit, et que pour cette raison j'ai rarement cité, sentant que l'Eglise n'était pas préparée à en entendre le récit. Etant évangéliste, je travaillais dans une localité près de laquelle se trouvaient beaucoup d'Allemands. Ils n'avaient reçu que très peu d'instruction et beaucoup d'entre eux ne savaient pas lire. Mais quand l'Evangile leur fut prêché, l'Esprit de Dieu fut répandu sur eux, et un réveil des plus puissants s'en suivit. Bien que l'on fût au temps de la moisson, dès qu'une réunion était convoquée en quelque lieu, tous les habitants du voisinage s'y rendaient en masse, toutes les places étaient prises et tous étaient suspendus aux lèvres du prédicateur. C'est dans une de ces réunions qu'une Allemande, personne intelligente, mais qui jusqu'alors n'avait jamais su lire, pas même distinguer les lettres, nous raconta avec des larmes de joie l'expérience suivante, qui fut attestée aussi par ses voisins : « Une fois amenée à aimer Dieu, je désirais ardemment pouvoir lire la Bible, et je priai disant : « O Seigneur Jésus, tu peux m'enseigner à lire la Sainte Bible! » et je sentis qu'il le pouvait. Il y avait une vieille Bible dans la maison, je la pris, je l'ouvris, je lus, et c'était justement ce que j'avais entendu lire. Je crus que Jésus m'avait appris à lire; j'allai trouver la maîtresse d'école ; je lus devant elle, et elle me dit que je lisais bien ; dès lors j'ai pu lire moi-même la Parole de Dieu. Béni soit son saint nom!» Cette femme était une personne digne de confiance et jouissant de l'estime de ses voisins. Plusieurs de ceux-ci, des plus respectables, me dirent ensuite qu'ils n'avaient aucun doute que son récit ne fût vrai. A ce moment, je crus que c'était un miracle; mais depuis les faits qui ont été mis en lumière ces dernières années et qui tendent à démontrer l'indestructibilité de la mémoire, j'ai pensé que le cas de cette Allemande pouvait s'expliquer dans le sens de ces mêmes faits. Dans sa jeunesse, elle avait probablement appris le nom des lettres et leur valeur dans la composition des sons. En réponse à sa prière, le Saint-Esprit avait vivifié son intelligence et renouvelé ses souvenirs au point qu'elle devint capable de lire sa Bible. Plusieurs d'entre vous se rappellent les faits établis ici même par le président Mahan, faits qui démontrent que toute impression faite sur l'esprit de l'homme laisse une trace indélébile. Il cita le cas d'une vieille dame qui lorsqu'elle était jeune avait lu une poésie contenant un petit récit. Un jour elle voulut se rappeler cette histoire pour la raconter à quelques enfants ; et, à sa grande surprise, tous les vers de cette poésie revinrent tout à coup à sa mémoire, de sorte qu'elle put les répéter mot peur mot, bien qu'elle n'eût jamais- essayé de les mémoriser. Le Dr Mahan cita encore le cas d'une femme ignorante qui avait été en service chez un savant pasteur. Celui-ci avait l'habitude de lire à haute voix sa Bible hébraïque, en sorte que la servante qui faisait son travail dans la pièce voisine pouvait l'entendre. Comme vous le pensez bien, celle-ci ne comprenait pas un mot de ce que disait le ministre, elle n'entendait que les sons. Or, fort longtemps après, étant sur son lit de mort, cette femme, au grand étonnement de tous ceux qui l'entouraient, se mit à réciter des chapitres entiers d'hébreu et de chaldéen. Les voisins crurent d'abord à un miracle ; mais tout s'expliqua dans la suite. Il est donc constaté que même un son inintelligible pour celui qui le perçoit peut faire une telle impression sur la mémoire, que fort longtemps après il reparaisse dans l'esprit avec une entière netteté. Je suppose que ce fut le cas de l'Allemande dont j'ai parlé ; Dieu l'exauça en donnant une nouvelle puissance à sa mémoire, en sorte qu'elle put se rappeler la forme des lettres et les sons qu'elles représentent. 4. Une autre raison pour laquelle beaucoup de gens n'obtiennent pas l'illumination divine dont ils ont besoin, est qu'ils contristent l'Esprit de Dieu de différentes manières. 5. Une autre raison encore qui empêche de recevoir la lumière du Saint-Esprit, est la confiance que l'on place dans des instructions et des moyens qui ne sont rien sans l'illumination de l'Esprit de Dieu. Que de gens qui comptent sur l'enseignement de tel ou tel pasteur, sur des livres, commentaires ou autres, ou sur leurs propres recherches, et qui ne voient pas que toutes ces choses, sans l'Esprit de Dieu, ne peuvent que tuer, jamais vivifier ; condamner, jamais sauver ! Cette erreur est presque partout répandue dans l'Eglise. Oh ! si les chrétiens pouvaient sentir réellement que tous les moyens ne sont rien sans l'enseignement du Saint-Esprit, comme ils prieraient, comme ils purifieraient leurs mains, comme ils humilieraient leur coeur, jusqu'à ce que le Saint-Esprit descendit pour leur enseigner toutes les choses qui regardent le royaume de Dieu! 6. La confiance en soi-même est encore une raison du fait que connaît si peu l'illumination divine du Saint-Esprit. Aussi longtemps que ceux qui font profession d'être chrétiens placeront leur confiance dans leur savoir ou dans leur jugement ou dans leur capacité à s'instruire des choses de Dieu, il n'est pas probable que le Saint-Esprit leur accorde d'abondantes lumières. VI. Les hommes sont responsables de toute la vérité qu'ils pourraient connaître en la recevant du Saint-Esprit. C'est une vérité universellement reconnue que chacun est responsable de toute la lumière qu'il pourrait avoir, tout aussi bien que de toute celle qu'il a effectivement. C'est en effet un principe de loi fort élémentaire, une vérité de sens commun, que personne ne peut s'autoriser de son ignorance de la loi pour la violer; car tous sont tenus de la connaître. Il en est de même dans le royaume de Dieu. Si nous avons à notre disposition et les moyens extérieurs d'instruction, et les enseignements intérieurs du Saint-Esprit, et que nous péchions par ignorance, nous ne sommes pas seulement, sans excuse quant au péché particulier que nous avons commis, mais notre ignorance elle-même est un crime. D'une manière générale, elle augmente notre culpabilité. Nous sommes donc sans excuse si nous ne possédons pas toute la connaissance nécessaire à notre parfaite et immédiate sanctification. REMARQUES. 1. Vous voyez l'effet que produisent les instructions humaines sur une congrégation dans laquelle ne s'exerce aucune influence divine. Ces instructions peuvent convaincre l'église de son devoir, mais elles ne produiront jamais la sanctification. Elles ne changeront pas le coeur ; elles l'endurciront. Sans l'influence de l'Esprit de Dieu, elles ne sont qu'une « odeur de mort pour produire la Mort. » 2. Vous voyez combien il est important de mettre en oeuvre tous les moyens d'instruction religieuse qui sont à notre portée, afin que le Saint-Esprit s'en serve comme de véhicules pour faire parvenir aux âmes l'illumination divine. Nous n'avons aucune raison pour ne pas user des moyens qui ont été mis en notre pouvoir et pour ne pas mettre en oeuvre toutes nos facultés afin d'acquérir la connaissance des choses religieuses ; nous devons faire tout cela aussi fidèlement que si nous pouvions arriver à la complète intelligence des choses spirituelles sans le secours du Saint-Esprit. « Aide-toi, Dieu t'aidera. » Quand nous nous servons de tous les moyens que Dieu nous donne, nous pouvons nous attendre à ce que Dieu nous éclaire. Mais détourner nos yeux de la lumière en priant Dieu de nous éclairer, c'est tenter Dieu. 3. Ceux qui enseignent les vérités religieuses sans avoir été eux-mêmes enseignés de Dieu, sont « des aveugles conducteurs d'aveugles. » Aucun degré de savoir, aucune puissance de dialectique, aucune faculté humaine enfin ne feront jamais un bon prédicateur de l'Evangile, tant que l'illumination puissante du Saint-Esprit lui fera défaut. Aveugle est l'homme qui, étant dénué de cette illumination, pense cependant comprendre la Bible; s'il entreprend d'enseigner autrui, il se séduit lui même et séduit les autres : ils tomberont avec lui dans la même fosse. 4. Si quelqu'un enseigne l'Evangile par le Saint-Esprit envoyé du ciel, il sera généralement compris. Il est possible que ses auditeurs ne le comprennent pas, parce que le Saint-Esprit ne leur a pas été donné comme à lui. Mais dès que le Saint-Esprit agira sur eux, ils le comprendront. 5. Le prédicateur de l'Evangile ne doit jamais se servir d'un texte dont le sens ne lui a pas été enseigné par le Saint-Esprit lui-même. Ce serait de la présomption. Que jamais personne ne se croie obligé de le faire, car nous pouvons toujours obtenir les enseignements du Saint-Esprit. Je dis cela aussi bien aux moniteurs d'école du dimanche et aux directeurs de classes bibliques qu'aux pasteurs. Si quelqu'un entreprend d'expliquer ce que le Saint-Esprit ne lui a pas enseigné, il est comme l'enfant des rues qui s'aviserait d'enseigner l'astronomie. Parmi ceux qui expliquent l'Evangile, bien peu, je le crains, sentent la nécessité de prier jusqu'à ce qu'ils aient la certitude que le Saint-Esprit les a mis en possession de l'interprétation qu'ils doivent transmettre aux autres. Moniteurs et monitrices ! avez-vous l'habitude de chercher à genoux le sens vrai de la leçon du jour? Ou bien, vous adressez-vous à quelque commentaire, pour aller débiter ensuite de froides banalités, sans avoir rien reçu du Saint-Esprit? Si vous agissez ainsi, laissez-moi vous dire que vous feriez mieux de vous occuper d'autre chose. Que penseriez-vous d'un prédicateur quand vous sauriez qu'il ne prie pas en étudiant son texte ? Prenez garde ! comment osez-vous enseigner une religion que vous n'avez pas apprise de Dieu ? 6. C'est une grande erreur que commettent les étudiants en théologie lorsque, pour connaître-le sens de l'Ecriture, ils consultent les Pères, les docteurs et toutes les autorités possibles, excepté le Saint-Esprit. Au lieu d'aller droit à la source de toute lumière, ils vont, le cœur froid, ramasser partout des lambeaux de science qu'ils produisent ensuite dans les églises sous le nom d'enseignement religieux. Il y a de quoi faire frémir. Tant qu'ils procéderont de la sorte, nous n'aurons pas un corps pastoral vraiment à la hauteur de sa tâche. Ils ont raison d'employer tous les moyens à leur portée pour arriver à la, compréhension des Ecritures ; mais ils ne devraient jamais faire fond sur ce qu'ils trouvent en aucun livre, jusqu'à ce que Dieu lui-même les eût mis en possession de la vérité dont ils- ont besoin. J'ai pris beaucoup de peine pour faire comprendre cela aux étudiants qui sont sous ma direction et je crois y avoir réussi en quelque mesure. J'aurais mieux réussi sans doute, si j'avais encore plus insisté sur ce point essentiel. Quand j'étudiais la théologie, j'ai passé des heures, je pourrais peut-être dire des semaines, à genoux avec ma Bible ouverte devant moi, travaillant et priant pour arriver à connaître la pensée de l'Esprit. Je ne dis pas cela pour me vanter, mais pour vous montrer que je n'avance point ici des opinions qui seraient nouvelles chez moi; j'ai toujours obtenu mes textes et mes prédications à genoux. Et cependant, j'ai conscience de n'avoir acquis que bien peu de connaissance des choses de Dieu, en comparaison de toute telle que j'aurais si j'avais recouru constamment à la source de toute lumière comme j'aurais dû le faire. 7. Qu'il y a peu de connaissance de la Parole de Dieu dans l'Eglise! Faites lire à la plupart des chrétiens les Epîtres, par exemple, ils ne sauront pas donner une opinion motivée sur le sens de la dixième partie de leur contenu. Ne vous étonnez pas que l'Eglise ne soit pas sanctifiée. Elle a besoin d'une plus grande somme de vérité. Notre Sauveur disait : « Sanctifie-les par ta vérité ; ta parole est la vérité. » L'Eglise ne saura ce que signifie une entière sanctification que lorsqu'elle aura usé plus largement de ce grand moyen de sanctification. Nos gens ne comprennent pas la Bible; la raison, c'est qu'ils ne sont pas allés à Son auteur pour en avoir l'explication. Quoique ce privilège béni soit à leur portée, et qu'ils puissent tous les jours en user, s'ils le veulent, combien minime est la portion dont ils peuvent dire avec certitude que le sens leur en a été donné de Dieu! 8. Vous voyez combien il est nécessaire que tous nous-nous adonnions de tout notre coeur à l'étude de la Bible sous la direction du Saint-Esprit. Je vous ai récemment recommandé plusieurs livres, l'Exposition de la Perfection chrétienne de Wesley, les Mémoires de Brainerd Taylor, de Payson, de Mme Rogers et d'autres. J'ai constaté que dans un certain état d'âme de tels livres sont salutaires ; mais ma pensée a toujours été qu'un seul livre devait faire mon étude. Je lis de bons livres occasionnellement, mais le temps et le désir me manquent pour faire beaucoup de lectures, alors que j'ai tant à apprendre de ma Bible. Ce livre béni est pour moi une mine profonde qui devient plus riche à mesure que je l'exploite davantage. Nous devons l'étudier plus que tous les autres livres; nous devons, en le lisant, nous arrêter fréquemment et prier au sujet de ce que nous avons lu; il faut l'étudier ainsi verset après verset, comparant les Ecritures avec les Ecritures, arrêtant notre esprit sur ce que nous avons lu, le méditant dans la prière jusqu'à ce que nous sentions que le Saint-Esprit s'en est servi pour nous remplir d'un esprit de sainteté. Voulez-vous le faire ? Voulez-vous ouvrir vos coeurs et ne donner aucun repos à Dieu jusqu'à ce qu'il vous ait remplis de sa divine connaissance; voulez-vous SONDER les Ecritures? Les nouveaux convertis et les candidats au ministère m'ont souvent demandé ce qu'ils devaient lire. LISEZ LA BIBLE, leur ai-je dit; et je donnerais volontiers la même réponse cinq cents fois de suite. Hélas ! hélas! la plupart des jeunes pasteurs connaissent moins bien la Bible que leurs autres livres d'étude. Oh ! s'ils avaient l'esprit de James Brainerd Taylor, son amour pour les Ecritures et ses prières pour obtenir l'enseignement du Saint-Esprit, les églises n'auraient plus si souvent à déplorer la stérilité des efforts de tant de jeunes prédicateurs, qui sortent des écoles remplis de science humaine et presque dépourvus des lumières du Saint-Esprit. -------------------------------------------------------------------------------- XXIII° DISCOURS L'AMOUR EST LE TOUT DE LA RELIGION. « L'amour ne fait point de mal au prochain; l'amour est donc l'accomplissement de la loi. « Rom. XIII; 10. En traitant ce sujet, je désire : I. faire quelques remarques sur la nature de l'amour, II. montrer que l'amour est le tout de la religion, III. indiquer plusieurs choses qui ne sont pas essentielles à l'amour parfait, IV. en indiquer plusieurs qui lui sont essentielles, V. montrer quelques-uns des effets de cet amour. I. Quelques remarques sur la nature de l'amour. 1. L'amour revêt différentes formes. Les deux principales, dans le domaine religieux, sont la bienveillance et la sympathie. La bienveillance est une affection de l'âme, une direction de la volonté. Elle consiste à vouloir le bien de l'être aimé, à rechercher son bonheur. L'amour de sympathie implique approbation, estime, admiration pour celui qui en est l'objet. Le premier de ces amours doit embrasser tous les êtres moraux, quel que soit leur caractère. Le second, au contraire, n'est dit qu'à celui qui est bon et saint. 2. L'amour peut être affection ou émotion. Quand il est affection, il est volontaire. Quand il est émotion, il est involontaire, en ce sens qu'il ne dépend pas directement de la volonté. C'est comme affection surtout que l'amour est une vertu; et c'est comme émotion surtout qu'il est une jouissance, un bonheur. L'émotion peut se produire indépendamment de la volonté et même malgré elle; on en a conclu souvent qu'elle échappe à tout contrôle moral ; le fait est que la volonté peut agir sur l'émotion, mais d'une manière indirecte. Nous pouvons, en effet, produire en nous l'émotion en fixant notre attention d'une manière suffisante sur l'objet qui est de nature à la produire; nous pouvons aussi prévenir en détournant notre attention de l'objet qui lui donne naissance et en ne permettant pas que la pensée s'y arrête un seul instant. 3. Quand l'amour pour Dieu est ressenti sous forme d'affection, il est assez ordinaire qu'il se manifeste aussi sous la forme de l'émotion. Ce n'est pourtant pas toujours le cas. Nous pouvons exercer notre bon vouloir envers quelqu'un sans ressentir constamment à son égard l'émotion de l'amour. Il n'est pas certain que notre Seigneur Jésus-Christ lui-même ait continuellement ressenti l'amour pour Dieu sous la forme de l'émotion. Pour autant que nous connaissons ce qui se passe dans les coeurs, nous pouvons affirmer que l'on peut éprouver de l'affection et être conduit par cette affection dans tout ce que l'on fait, sans cependant ressentir aucune émotion C'est ainsi qu'un homme, époux et père de famille, peut être engagé dans un travail incessant entrepris pour le bien des siens, de façon à ce que toute son activité soit inspirée par l'affection qu'il leur porte, sans qu'à un moment don né su pensée s'arrête sur eux d'une façon assez distincte pou réveiller en lui l'émotion de l'amour. Remarquez que je prends ici le terme d'affection dans le sens que lui donne le Président Edwards dans son célèbre Traité sur la volonté. L'affection, au sens donné par cet auteur, est un acte de la volonté. 4. L'amour pour le prochain implique l'amour pour Dieu, et l'amour pour Dieu implique l'amour pour le prochain. C'est ce que montrent notre texte et notre contexte. « Celui qui aime les autres a accompli la loi,» dit l'apôtre, c'est dire que celui qui aime les autres. aime Dieu. L'apôtre Jacques pose le même principe lorsqu'il dit : « Si vous accomplissez la loi royale qui dit : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien. » II. L'amour est le tout de la religion. En d'autres termes, tout ce que Dieu requiert de l'homme, c'est l'amour. L'objet du commandement est toujours le même au fond, quoiqu'il y ait diversité de manifestations et d'applications. Tout se résume dans l'amour. 1. Notre texte, ainsi qu'un grand nombre d'autres passages des Ecritures, nous montrent dans l'amour le but et le résumé de toutes les exigences de la loi et de l'Evangile. Notre Sauveur déclare que le grand commandement est : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force; et ton prochain comme toi-même. » Il nous dit que c'est là tout ce que l'Ecriture entière, « la loi et les prophètes » demandent. 2. Dieu est amour ; aimer c'est être semblable à Dieu; être parfait dans l'amour, c'est être parfait comme Dieu est parfait. Tous les attributs moraux de Dieu sont amour; c'est toujours l'amour, mais agissant dans des circonstances variées et avec des fins diverses. La justice de Dieu punissant le méchant, la colère de Dieu contre le péché et tous les traits semblables du caractère de Dieu ne sont que son amour s'exerçant pour le bien général de son royaume. Il en est de même chez l'homme. Tout ce qui est bon dans un homme, c'est l'amour et rien que l'amour, sous une forme ou sous une autre. La haine pour le péché n'est que l'amour pour la vertu se manifestant dans son opposition à tout ce qui est contraire à celle-ci. De même, la vraie foi renferme. l'amour ; et toute foi qui ne le renferme pas, qui n'est pas « agissante par la charité, » n'a rien de religieux. La foi vraiment religieuse est une confiance en Dieu remplie d'affection peur lui. Il y a une espèce de foi en Dieu qui ne renferme aucun amour ; le diable a cette espèce de foi; le pécheur convaincu de péché l'a aussi; mais il n'y a point là de religion. La foi aurait beau s'exalter jusqu'à faire des miracles : si elle ne renferme pas l'amour, elle n'est rien. Paul dans la lre aux Corinthiens; chap. XIII, dit : « Si j'ai le don de prophétie, et que je sache tous les mystères et tout ce qu'on peut connaître, et que j'aie toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, mais que je n'aie pas l'amour, je ne suis rien. » Il en est de la repentance comme de la foi. La repentance qui ne renferme pas l'amour n'est pas « la repentance envers Dieu. » La vraie repentance implique l'obéissance à la loi d'amour ainsi que l'opposition au péché inhérente à cette obéissance. III. Différentes choses qui ne sont pas essentielles à l'amour parfait. 1. L'amour parfait n'est pas toujours accompagné d'une émotion très vive. Il est évident que Jésus-Christ n'éprouva que rarement l'émotion de l'amour à son plus haut degré; et pourtant il eut toujours l'amour parfait. En général, il ne manifestait pas de très vives émotions; il était remarquablement calme. Parfois son indignation était grande, et la douleur que lui causait la dureté du coeur de l'homme était extrême; parfois aussi « il tressaillait de joie en son esprit ; » mais,encore une fois, ce n'était pas là sa manière d'être ordinaire. J'en conclus que la vivacité de l'émotion n'est nullement essentielle à la perfection de l'amour. 2. L'amour parfait n'exclut pas le progrès dans l'amour ou dans la grâce. Je pense que nous sommes appelés à croître en connais, lance d'éternité en éternité et que ce progrès implique un progrès correspondant dans l'amour. Dans sa nature humaine; le Seigneur Jésus-Christ « croissait en stature et en grâce devant Dieu et devant les hommes. » Sans nul doute, comme enfant, il croissait en connaissance, et il croissait aussi à proportion eu amour pour Dieu en même temps qu'en grâce « auprès de Dieu. » Son amour était parfait déjà quand il était enfant; mais quand il devint un homme fait, cet amour fut plus grand encore. Il a probablement grandi dans l'amour de Dieu jusqu'à la fin de sa vie. 3. L'amour parfait n'implique pas que l'amour soit toujours ressenti pour tous les hommes également. Nous ne pouvons pas penser à tous les hommes à la fois. Nous ne pouvons pas même penser en même temps à toutes les personnes que nous connaissons. Or, pour que nous ressentions de l'amour envers telle d'entre elles, il est nécessaire qu'elle soit actuellement, présente à notre pensée. 4. Si un homme a l'amour parfait, il n'en résulte pas qu'il priera toujours pour tous avec le mère esprit de prière ; ni qu'il priera toujours pour le même individu avec ici abondance de cet esprit. L'esprit de prière n'est pas toujours essentiel à l'amour pur et parfait. Les saints qui sont dans le ciel ont l'amour parfait, cependant il ne nous est pas dit qu'ils intercèdent en faveur de qui que ce soit. Vous pouvez aimer beaucoup quelqu'un sans cependant avoir l'esprit de prière pour lui; ce qui veut dire que l'Esprit de Dieu peut ne pas vous conduire à prier pour son salut. Vous ne priez pas pour les méchants qui sont en enfer. L'esprit de prière dépend des influences du Saint-Esprit qui conduit à prier pour les choses qui sont agréables à Dieu. Vous ne pouvez prier par l'Esprit avec le même degré de ferveur et de foi pour tous les hommes. Jésus-Christ dit expressément : « Je ne prie pas pour le monde. » On se trompe souvent sur ce point. Plusieurs pensent que les chrétiens n'ont pas fait tout leur devoir tant qu'ils n'ont pas prié avec foi pour chaque pécheur en particulier, aussi longtemps qu'il y en a sur la terre. Alors Jésus-Christ non plus n'aurait jamais fait tout son devoir, car il n'a jamais prié de cette façon-là. Dieu ne nous a jamais dit qu'il sauverait tous les hommes, il ne nous a donc pas donné de raison de croire qu'un jour tous seraient sauvés; comment donc pourrions-nous demander avec foi le salut de tous les hommes ? 5. L'amour parfait n'est pas incompatible avec la langueur et la faiblesse physiques. Nous sommes ainsi faits que l'excitation épuise toutes nos facultés ; mais l'amour parfait peut subsister en dépit de cet épuisement. Quelqu'un peut être plus disposé à se coucher et à dormir qu'à prier, sans que l'amour cesse d'être parfait en lui. Le Seigneur Jésus-Christ éprouva souvent cette fatigue et cet épuisement; chez lui l'esprit, était toujours bien disposé, mais la chair était faible. IV. Ce qui est essentiel à l'amour parfait. 1. Avoir l'amour parfait, c'est n'avoir plus rien dans le coeur qui soit incompatible avec l'amour. Ni haine, ni malice, ni colère, ni impatience, ni envie, ni mauvais sentiment quelconque. 2. C'est être conduit par l'amour dans toute notre vie intérieure et extérieure, pensées, paroles et actions, en sorte que rien n'y contredise la loi suprême de la charité. 3. C'est aimer Dieu par dessus tout. Celui qui a l'amour parfait aime Dieu tellement au-dessus de tout, que son amour pour tout autre objet n'est rien en comparaison de son amour pour Dieu. 4. C'est l'aimer d'un amour désintéressé. L'amour parfait aime Dieu pour ce qu'il est, et non pas seulement pour les dons qu'il dispense ; il l'aime à cause de l'infinie excellence de son caractère. 5. Celui qui est arrive à l'amour parfait aime son prochain d'un amour égal à celui qu'il se porte à lui-même ; il regarde les intérêts et le bonheur de son prochain comme, ayant autant de valeur que les siens, et il agit en conséquence. V. Quelques fruits de l'amour parfait. 1. Si quelqu'un a un parfait amour pour Dieu et pour les hommes, il trouvera sa joie à renoncer à lui-même pour avancer le règne de Dieu et sauver les pécheurs. Voyez des parents affectionnés, quelle jouissance ils trouvent à renoncer à eux-mêmes pour procurer, du bonheur à leurs enfants! Ce père de famille se livre aux plus rudes labeurs, jour après jour, année après année, durant toute une longue vie, se levant de bonne heure et souffrant toutes sortes de privations, tout cela pour le bien de ceux qui lui sont chers. Et il ne regarde pas ses travaux comme une peine ou comme un fardeau, mais comme une joie, parce qu'il aime sa famille. Voyez cette mère qui a pris à coeur les études de son fils au lycée: les veillées et les labeurs qu'elle s’impose pour lui sont pour elle une joie, parce qu'elle l’aime. De tels parents jouissent plus de ce qu'ils gagnent en le donnant à leurs enfants qu'en s'en servant pour eux-mêmes. Quelle est la mère qui ne jouisse beaucoup plus Bedonner un fruit à son jeune enfant que de le manger ? Le Seigneur Jésus éprouva beaucoup plus de satisfaction en travaillant au salut de l'humanité que jamais aucun des saints n'a pu en éprouver en recevant de lui telle ou telle grâce. Il a déclaré qu'il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir. Donner était la joie qu'il poursuivait et pour laquelle il endura la croix et méprisa l'ignominie. L'apôtre Paul ne regardait point comme une peine ou un malheur d'être chassé de lieu en lieu, emprisonné, battu de verges, lapidé, et d'être regardé comme le rebut de la société, pour l'amour de Jésus et des âmes à sauver. Au contraire, c'était sa joie. L'amour de Christ le pressait et il avait un tel désir de faire du bien aux autres que sa plus grande joie était de s'offrir lui-même en sacrifice pour leur salut. D'autres après lui ont été animés des mêmes sentiments. Il y a en des chrétiens qui auraient volontiers consenti à rester sur la terre un millier d'années, ou même jusqu'à la fin des temps, pourvu qu'il leur fût donné de travailler sans cesse à faire du bien, à avancer le règne de Dieu, à sauver des âmes. En faveur de la cause qui leur était si chère, renoncer au sommeil et à la nourriture était peu de chose pour eux. 2. L'amour parfait délivre l'âme du pouvoir des motif légaux. Cet amour conduit à obéir à Dieu non parce que l'on craint, sa colère ou que l'on espère être récompensé, mais parce que l'on aime Dieu et que l'on aime sa volonté. Plusieurs disent que la vertu consiste à faire le bien simplement parce qu'il est le bien, sans se préoccuper de la volonté de Dieu et sans être influencé par l'amour pour Dieu. Mais faire une chose simplement parce que l'on pense qu'elle est bien et non pas par amour pour Dieu, n'est pas de la vertu. L'amour parfait conduit partout au bien et à la vertu; dès qu'il a reconnu la volonté de Dieu, il la fait, simplement parce qu'elle est la volonté de Dieu. 3. Celui qui a l'amour parfait est mort au monde. Je veux dire par là que les considérations de ce monde n'auront aucune prise sur lui. L'amour parfait aura tellement anéanti l'égoïsme en lui, qu'il n'aura, pas d'autre volonté que la volonté de Dieu, pas d'autre intérêt que la gloire de Dieu. Il ne sera aucunement influencé par l'opinion publique, ni par ce que tel ou tel pourra penser ou dire de lui. Voyez cette femme; que n'est-elle pas capable de faire par affection pour l’époux qu'elle a choisi? Elle abandonnera tout le cercle de ses parents et amis, aussi complètement que si elle était morte pour eux, et ne fera pas la moindre attention à toutes leurs objections; elle abandonnera toutes les richesses, les honneurs et les jouissances qu'ils lui offrent, pour suivre celui qu'elle aime et vivre avec loi dans la pauvreté, dans les privations de toute espèce, dans la mauvaise réputation et dans l'exil. Elle quittera un palais pour habiter avec lui une chaumière et se trouvera parfaitement heureuse. Son affection est si grande qu'elle fait tout cela avec joie. Tout ce que ses anciens amis pourront dire contre l'objet de son affection ne fera, que le lui rendre plus cher. Cette affection unique qui absorbe tout en elle a tué toutes les autres influences qui autrefois agissaient sur elle. Il n'y a désormais qu'un seul chemin par lequel on puisse arriver à son coeur, et ce chemin c'est l'affection qui domine tout dans sa vie. Le parfait amour pour Dieu produit un résultat analogue. Il est impossible de détourner de Dieu celui qui est rempli de cet amour. Otez-lui tout ce qu'il possède sur cette terre, ses amis, sa réputation, ses enfants; envoyez-le en prison, fouettez-le de verges, liez-le sur un bûcher, enduisez-le de poix, mettez-y le feu; -- vous lui laissez son Dieu, il est heureux. Il y a eu des martyrs qui, tandis que leurs corps brûlaient sur le bûcher, étaient si parfaitement heureux en Dieu, qu'ils en avaient perdu la sensation de la douleur. Supposez, par impossible, de tels chrétiens dans l'enfer : aussi longtemps qu'ils jouiront de Dieu et que l'amour de Dieu remplira leurs coeurs, ils seront heureux. Vous avez vu des parents vivre pour leur unique enfant. Après l'avoir perdu, ils ne désiraient plus que la mort. Vous avez vu des époux avoir une telle affection l'un pour l'autre, que cette affection était leur vie; lorsque l'un des deux mourait, l'autre dépérissait et le suivait bientôt. Le survivant avait perdu l'objet qui absorbait toute son âme, pourquoi aurait-il vécu encore? De même, quand un homme est rempli d'un parfait amour pour Dieu, il désire ne vivre que pour aimer et servir Dieu; il est mort au monde, mort à sa réputation, mort à tout en dehors du dé--sir de glorifier Dieu. Je me rappelle avoir entendu dire plus d'une fois à un ami chrétien : « Pour autant que je me connais, je ne songerais pas plus à vivre un seul instant pour un autre objet que la gloire de Dieu, qu'à sauter tout droit dans l'enfer. » C'est avec réflexion et de sang-froid que mon ami s'exprimait de la sorte, et toute sa vie confirmait cette assertion. C'était d'ailleurs un homme aussi sincère qu'intelligent, et je n'ai aucune raison de mettre en doute l'exactitude de son témoignage. Or qu'est-ce qu'un semblable amour pour Dieu, si ce n'est l'amour parfait? L'amour qui a dicté la parole que je viens de citer est-il surpassé par celui des anges du ciel? Jésus-Christ lui-même pouvait-il dire davantage ? 4. Il est à peine nécessaire de dire qu'Une parfaite joie et une parfaite paix sont le résultat naturel du parfait amour. 5. Celui qui possède l'amour parfait fera constamment les plus grands efforts pour la sanctification de l'Eglise et pour le salut des âmes. Mais celui qui montre de la négligence à l'égard de l'une ou de l'autre de ces choses, montre par là qu'il n'est nullement parfait dans l'amour, quelles que puissent être ses prétentions. Je désire maintenant diriger votre attention sur le XIIIe chap. de la Ire épître aux Corinthiens : Si je parle les langues des hommes et des anges, dit l'apôtre, mais que je n'aie pas l'amour, je suis un airain sonnant ou une cymbale retentissante. Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter, des montagnes, si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien. Il est donc possible d'avoir une foi qui opérerait des miracles, une foi si puissante qu'elle détacherait les montagnes de leurs fondements éternels, et de n'avoir pas l'amour. Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour,être brûlé, si je n'ai pas l'amour, cela ne me sert de rien. Vous voyez jusqu'où l'apôtre suppose qu'un homme peut aller sans avoir l'amour. L'amour est patient. La patience ici est la douceur en face de l'opposition et des injures. L'amour supporte les provocations les plus violentes sans rendre la pareille. L'amour est plein de bonté, ou d'affection dans ses rapports avec les autres ; il n'est jamais dur, ni rude, il ne fait jamais de peine à personne inutilement L'amour n'est pas envieux ; celui qui a l'amour n'en voudra jamais à d'autres de ce qu'ils sont plus estimés, plus honorés, plus utiles, ou plus heureux que lui, ou de ce qu'ils le surpassent en connaissance ou en piété. L'amour ne se vante point, il est toujours humble et modeste. Il ne s'enfle point d'orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il produit tout naturellement une manière d'être aimable et polie envers tous. Quelque peu familiers que lui soient les usages de la société, celui qui a l'amour parfait ne sera gêné et déplacé nulle part, tant la courtoisie et la bienveillance lui sont naturelles. Il ne cherche pas son propre intérêt; il n'a aucun égoïsme. Il ne s'irrite pas. C'est toujours l'effet de l'amour. Voyez cette mère, avec quelle patience elle supporte ses enfants? elle les supporte ainsi parce qu'elle les aime. Si vous voyez un homme maussade, ou hargneux, s'emportant facilement dès que quelque chose le contrarie, vous pouvez être certain que cet homme n'est nullement parfait dans l'amour, si même il a de l'amour. Etre susceptible est toujours un signe d'orgueil. Une âme remplie d'amour ne sera point accessible, tant que dure cet amour, à cette sorte de colère qui est un péché. Elle éprouvera à l'égard de ce qui est vil et injuste l'indignation que les saints anges et Dieu lui-même éprouvent, mais il n'y aura chez elle ni aigreur, ressentiment. Il ne soupçonne point le mal. Montrez-moi un homme qui suspecte toujours les motifs des autres, et qui interprète toujours dans le sens le plus fâcheux leurs paroles et leurs actions, et vous m'aurez montré un homme qui a le diable en lui et non pas le Saint-Esprit. Si un homme est honnête et simple de coeur, il sera le dernier à penser mal des autres. Ce n'est pas lui que vous verrez flairant toujours l'hérésie ou la mauvaise intention chez ses frères. Au contraire, un tel homme sera facilement trompé par des gens artificieux, non par manque de bon sens, mais par un effet de sa charité. Quand les dehors semblent satisfaisants, il ne soupçonne pas le mal; il ne peut le croire sans les preuves les plus convaincantes. L'amour ne se réjouit pas de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité. Si un homme triomphe quand il voit tomber son prochain, ou s'écrie aussitôt : « Je vous l'avais bien dit, » cet homme est encore loin d'avoir le parfait amour. Il supporte tout, toutes les provocations et toutes les injures, sans chercher à se venger. Il croit tout: au lieu d'être difficilement convainc& de ce qui est à l'avantage des autres, il est toujours prêt à croire d'eux le bien pour peu que cela soit possible. Il espère tout; là même où le mal semble probable, il espère le bien ; et il l'espère aussi longtemps qu'il y a moyen d'espérer. Quiconque n'a pas cet esprit, n'est nullement sincère dans l'amour, cela est certain ; il faut dire plus, il n'a point d'amour. Le temps me manque pour développer davantage ce sujet. Mais remarquez encore ceci : L'amour ne fait POINT DE MAL au prochain. Oh ! non, l'amour n'opprime personne, ne fait tort à personne. Celui qui a l'amour, vendrait-il des liqueurs fortes à son prochain ? Jamais! Celui qui aime Dieu de tout son coeur, tiendrait-il son prochain dans l'esclavage? L'amour ne fait pas de tort au prochain, et l'esclavage le dépouille de son salaire, il le vend, il l'arrache à sa famille, il le prive de la Bible et travaille autant qu'il le peut à faire de lui une brute. Maintenant que l'attention a été attirée sur ce sujet et que la lumière a été faite, il ne peut pas y avoir de plus grand mensonge et de plus grande hypocrisie, que de prétendre que l'on aime Dieu tandis que l'on agit de la sorte. Un homme haïra-t-il sa propre chair? Et s'il hait son prochain et le foute aux pieds, comment aimerait-il Dieu? REMARQUES 1. Vous voyez le pourquoi de cette vérité qu'exprime l'apôtre Jacques : « Si quelqu'un croit être religieux et qu'il ne tienne point sa langue en bride, mais qu'il séduise son coeur, la religion d'un tel homme est vaine. » Celui qui fait profession d'être religieux et qui cependant se permet de parler contre son prochain et de lui faire du tort, se séduit lui-même. En effet, serait-ce là aimer son prochain comme soi-même? Ce serait un amour étrange. 2. On peut avoir beaucoup de lumières sans cependant avoir l'amour. Il y a beaucoup de gens qui comprennent les choses de la religion et qui peuvent les enseigner aux autres, mais qui évidemment ne sont pas mus par l'amour. La bonté ne découle point de leurs lèvres. 3. Ceux qui ont beaucoup de connaissance religieuse et de zèle sans l'amour, sont les gens les moins aimables et les plus dangereux qu'il y ait. Ils critiquent toujours ; ils sont orgueilleux, emportés, hautains. Leurs discours peuvent produire une forte impression, mais non gagner les âmes à Jésus-Christ. 4. Voyez de quelle espèce est votre zèle et par là vous pourrez savoir quel est le caractère de votre religion. Examinez si la lumière est en vous accompagnée de l'amour. S'il en est réellement ainsi, votre zèle ne sera pas sectaire. Mais celui qui est rempli de jalousie à l'égard de tout ce qui n'appartient pas à sa secte ou à son parti, est encore loin de l'amour parfait. Le vrai amour n'est jamais dur, ni accusateur. S'il est obligé de parler des fautes des autres, il le fait avec bonté et à regret. Il ne peut parler rudement aux autres, il ne peut pas davantage parler d'eux avec dureté. Il ne mettra, jamais grande importance à ce qui est secondaire ou accessoire dans la religion ; il ne disputera pas pour des questions de forme ou de mesures particulières à prendre. Beaucoup de gens discutent presque avec fureur pour ou contre « certaines nouvelles mesures; » s'ils étaient remplis d'amour, ils ne le feraient pas. Le zèle qui provient de l'amour parfait ne se dépense pas à combattre pour ou contre des formes, non plus qu'à attaquer des maux ou des erreurs minuscules. L'amour conduit à mettre de l'importance à ce qui est fondamental dans la religion, à s'attacher aux chrétiens qui ont le coeur chaud, n'importe leur dénomination, à les aimer et à trouver ses délices à s'associer avec eux. Si vous rencontrez un homme qui aime à assister aux réunions ecclésiastiques et à prendre part à toutes les discussions du jour, vous pouvez être sûr que cet homme n'est pas rempli d'amour. Pour celui qui est rempli d'un saint amour, il est excessivement pénible d'aller à de telles réunions et de voir les ministres se diviser en plusieurs partis, manoeuvrant, délibérant, avocassant et luttant pour la prééminence. De même quant aux disputes dans les journaux ; celui qui aime à s'y livrer n'est pas rempli d'amour ; s'il l'était, il préférerait être insulté, moqué, calomnié, plutôt que de répondre et de se défendre soi-même. Jamais celui qui a l'amour ne rendra injures pour injures; si on le maudit, il bénira. Autant que cela sera possible, il aura la paix avec tous les hommes. 5. Où il y a religion, ou du moins ce qu'on appelle de ce nom, il n'y a pas toujours amour ; il s'en faut de beaucoup. Que d'oeuvres qui passent pour des oeuvres religieuses et qui ont été suscitées par des influences extérieures et non par la puissance intérieure d'un saint amour Il faut que nous le comprenions mieux que nous ne l'avons fait jusqu'ici : à moins que l'amour ne soit l'inspiration première de nos actions, il n'y a pas de religion en elles, qu'elles s'appellent prières, discours, chant des louanges de Dieu, donations, aumônes, ou bonnes oeuvres de quelque espèce que ce soit. Que d'excitation qui passe pour religion, sans que cependant l'amour s'y trouve ! Que de zèle dénué de religion. Voici un homme toujours rempli d'un zèle amer ; on le reprend: vite il se réfugie dans l'exemple de Paul disant à Elymas : « fils du diable. » Si c'était l'amour qui l'animât, il comprendrait qu'il se trouve dans des circonstances tout,autres que celles où était l'apôtre Paul alors qu'il reprenait le magicien. 6. L'excitation religieuse qui ne procède pas d'un esprit d'amour ne constitue pas un vrai réveil religieux. L'église peut, être fort excitée, se donner beaucoup de mouvement, faire beaucoup de bruit, avec grande apparence de zèle,et grande impétuosité, mais sans amour des âmes, sans tendresse. Quelquefois ceux qui prennent au mouvement la part la plus active ont un ton grossier et déplaisant et querellent les familles qu'ils visitent. Un jour un jeune homme que je connaissais avoua qu'il prenait à tâche de mettre les gens en colère, et cela, disait-il, parce que c'était un bon moyen de produire chez eux une conviction de péché qui souvent amenait la conversion. Il aurait pu tout aussi bien se mettre à prononcer en leur présence d'affreux blasphèmes pour les rejeter vers la religion par l'horreur que ces blasphèmes leur auraient inspirée. Mais qui pourrait justifier une telle conduite sous prétexte qu'elle aurait eu quelquefois de bons résultats? Si l'excitation produite par un réveil a été celle d'un zèle amer, on peut dire, sans méconnaître les exceptions, ni les bonnes intentions de quelques-uns, qu'il n'y aura pas eu réveil religieux, mais réveil de la colère, de la malice, de tout ce qui est contraire à la charité, en un mot réveil de l'irréligion. 7. Quand des gens font profession d'être convertis, si l'amour n'est pas le trait qui les distingue, leur conversion n'est pas véritable. Quelque bonne apparence qu'ils puissent avoir sous d'autres rapports, quelle que soit la clarté de leurs vues, la profondeur de leurs sentiments, s'ils n'ont pas un esprit d'amour pour Dieu et pour l'homme, ils se trompent eux-mêmes. N'ayez pas confiance en de tels convertis. 8. Considérez un peu ce que serait ce monde si tous les hommes étaient mus par un esprit d'amour. Nous savons que le temps viendra où « il ne se fera plus ni tort ni dommage, » et où l'esprit d'amour prévaudra universellement. Quel changement dans la société! Quel changement dans les affaires et dans les relations sociales, quand. chacun aimera son prochain comme soi-même et recherchera le bien des autres comme le sien propre ! Si Fun des. saints de notre époque revenait sur la terre à ce moment-là, il ne reconnaîtrait plus le monde dans lequel il aurait vécu : « Est-ce possible, s'écrierait-il, que ce soit cette même terre qui était si pleine d'extorsions, de fraudes, de querelles et d'oppression ? » 9. Le but du travail de notre Seigneur Jésus-Christ est d'amener toute l'humanité sous l'influence de l'amour. Quel objet plus digne pouvait-il se proposer ? Il est venu pour détruire les oeuvres du diable et ce n'est que par l'amour qu'elles peuvent être détruites. Supposez que le monde soit rempli d'hommes tels qu' était Jésus-Christ dans sa nature humaine, et comparez cette perspective avec l'état actuel des choses. Ne serait-ce pas un changement digne du Fils de Dieu? Quel but glorieux, remplir la terre d'amour ! 10. Vous voyez maintenant en quoi consiste le ciel. Il consiste dans l'amour, l'amour parfait. Et l'on voit en même temps comment le ciel peut commencer déjà sur la terre; il a commencé partout où les coeurs sont remplis d'amour. Quelle douceur de caractère chez ceux dont le cœur est tel ! Que leur compagnie est agréable ! Quelle bénédiction que de vivre près d'eux : Lunes si pleines de candeur, de bonté, de noblesse, si soigneuses à éviter tout ce qui peut faire de la peine, si divinement aimables en toutes choses! Demanderez-vous s'il est bien possible d'en arriver là; si nous pouvons vraiment aimer Dieu, dès cette vie, de tout notre coeur, de toute notre âme, de toute notre force et de toute notre pensée? N'est-ce donc pas notre privilège et notre devoir de posséder l'Esprit de Christ, ou sommes-nous obligés de manifester un esprit qui n'est autre que celui du diable ? Bien-aimés, tendons à l'amour parfait; ne laissons aucun repos à Dieu jusqu'à ce que nous sentions nos cœurs remplis de son amour, jusqu'à ce que toutes nos pensées et nos vies soient pleines d'amour pour Lui et pour les hommes. Oh ! quand l'Eglise se lèvera-t-elle pour marcher vers ce but? Qu'elle soit seulement remplie d'amour et elle sera « belle connue le jour, resplendissante comme le soleil et terrible à toute méchanceté comme une armée qui marche à enseignes déployées (Cant VI :4,10).

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