A CEUX QUI FONT PROFESSION D'ETRE CHRETIENS (Finney Ch.) 18 et 19/25

13:21Ministere MotsdeDieu

XVIII° Discours LE CHAPITRE VII DE L'EPITRE AUX ROMAINS. Versets 14 à 25 principalement. Rom 7 :14-25 J'ai plus d'une fois fait allusion à ce chapitre; mais, n'ayant pu encore l'étudier directement et à fond, j'ai jugé utile d'en faire le sujet d'un discours spécial. I. En premier lieu, j'exposerai les principales opinions qui se sont fait jour au sujet de la signification de cet important passage. 1. D'après une opinion qui a été fort en vogue, et qui aujourd'hui encore est celle de beaucoup de gens, les versets 14 à 25 du VIIme aux Romains seraient la description abrégée d'une expérience chrétienne. Ils seraient destinés à décrire la lutte du chrétien contre le péché qui habite en lui. Il y a lieu de remarquer que cette manière de voir est comparativement moderne. On ne peut citer aucun écrivain des premiers siècles qui l'ait soutenue. D'après le professeur Stuart, qui a étudié ce sujet plus complètement que personne en Amérique, Saint Augustin est le premier qui ait donné cette interprétation, ce qu'il fit dans sa controverse avec Pélage. 2. L'autre interprétation de notre texte est celle qui voit dans notre passage l'expérience d'un pécheur convaincu de péché, agissant par des motifs légaux et n'ayant point encore fait l'expérience de la grâce proclamée par l'Evangile. Cette interprétation a prévalu dans les premiers siècles de l'Eglise et elle est encore généralement adoptée en Europe, ainsi que par un nombre considérable d'auteurs anglais et américains. II. Je dois vous montrer combien il est important de bien entendre le passage que nous étudions. Une saine intelligence des versets 14 à 25 a toute l'importance d'un principe fondamental. En effet, si ce morceau décrit l'expérience purement légale du pécheur sous la conviction de péché, et qu'un lecteur se persuade que cette expérience (où il retrouve la sienne) est celle du chrétien, il. ne manquera pas de se considérer comme un vrai chrétien, parce qu'il est d'accord avec le chapitre VII des Romains,, et demeurera plongé dans une funeste sécurité (1). (1) Que de gens, en effet, faisant profession d'être chrétiens, qui avouent l'esclavage du péché dans lequel ils vivent, et qui s'excusent en alléguant l'exemple d'un Saint Paul vendu au péché! (Trad.) III. Je dois exposer quelques principes et quelques faits qui sont en rapport avec le sujet qui nous occupe. 1. Il est certain que l'homme est fait de telle manière qu'il suit toujours la ligne de conduite que, tout bien considéré, il tient pour préférable. En d'autres termes, c'est la volonté de l'homme qui dirige sa conduite et gouverne ses membres ; l'homme n'agit jamais contre sa volonté. 2. L'homme désire souvent la chose, qu'en fin de compte, il ne choisit pas. Le désir et la volonté sont souvent opposés l'un à l'autre. C'est la volonté qui détermine la conduite et non pas le désir. Le désir est donc souvent opposé au choix et à la conduite. Vous pouvez désirer de quitter cette salle en cet instant pour vous en aller ailleurs et cependant, tout bien considéré, choisir de rester à votre place. Un homme peut désirer très vivement de faire un voyage; ce serait important pour ses affaires, cela flatterait son orgueil et ses goûts; mais ses enfants malades ou quelque autre affaire grave demandent qu'il reste à la maison ; aussi, tout bien compté, se décide-t-il à rester. La conduite suit toujours la détermination de la volonté, le choix actuel. 3. La régénération ou conversion est un changement de choix. C'est un changement dans cette détermination suprême de la volonté d'où découle toute la vie. Celui qui est régénéré ou converti préfère la gloire de Dieu à toute autre chose; il la choisit comme objet suprême de toutes ses affections. Son coeur est changé; il avait choisi auparavant son propre intérêt ou son bonheur comme but suprême ; maintenant il choisit le service de Dieu de préférence à son propre intérêt. Une forte tentation peut produire exceptionnellement chez lui un choix mauvais et même une succession de choix mauvais ; mais habituellement sa volonté est bonne, son choix est bon, et sa conduite de même, par conséquent. Si ce point est contredit, je demande alors quelle différence il y a entre un homme converti et un homme inconverti. Si celui qui est converti ne pratique pas habituellement les commandements de Dieu, je demande en quoi consiste la conversion. Mais je présume que mon assertion ne sera contestée par aucun - de ceux qui croient à la régénération. 4. Tout être moral est constitué de telle façon, qu'il approuve naturellement et nécessairement ce qui est bien. L'être moral est celui qui est doué d'une intelligence, d'une volonté, d'un coeur et d'une conscience. La conscience est la faculté qui discerne le bien et le mal, qui approuve le premier et réprouve le second. On ne peut nier que le pécheur en soit doué ; s'il ne l'était pas, il ne pourrait approuver la loi de Dieu non plus que les pénalités qu'elle prononce, il ne pourrait être convaincu de péché. Il n'y a pas un être moral, ni dans le ciel, ni sur la terre, ni dans l'enfer, qui ne puisse être amené à reconnaître que la loi de Dieu est bonne et dont la conscience ne soit obligée d'approuver cette loi. 5. Non seulement l'homme approuve la loi et la déclare juste et bonne; mais souvent, quand il la considère abstraitement et sans rapport avec sa propre personne, il prend un réel plaisir à la contempler. C'est là un fait qui est la cause de beaucoup d'illusions; et je dois vous y rendre attentif. On considère la loi de Dieu en elle-même et on l'aime. Quand il n'y a aucune raison égoïste qui s'y oppose, on l'admire. En principe, chacun approuve le bien et condamne le mal. Personne n'approuve la méchanceté tant qu'aucune raison personnelle ne l'y pousse ; qui, en effet, a jamais rencontré un homme assez mauvais pour approuver le mal considéré abstraitement? a-t-on jamais vu un homme qui approuvât le caractère moral du diable ou celui de quelque criminel entièrement perverti, à moins d'y avoir quelque intérêt ? Que de fois n'avez-vous pas entendu de méchants hommes exprimer la plus grande horreur et l'indignation la plus vive au sujet de la méchanceté d'autrui? Quand leurs passions ne sont pas enrôlées au service de l'erreur ou du mal, les hommes se déclarent toujours pour le bien; l'approbation qu'ils lui donnent est obligée, elle est un effet de leur constitution morale. Or cette approbation peut s'élever jusqu'à l'enthousiasme et leur faire trouver un véritable plaisir dans la contemplation de la bonté morale, à condition qu'elle ne gêne en rien leur propre égoïsme. 6. Cette approbation de la vérité et de la loi de Dieu, qui tient à notre constitution morale, n'a rien, de vertueux. Elle fait partie de notre nature; elle jaillit naturellement et nécessairement de notre âme. Bien loin d'être vertueuse, elle fait d'autant plus ressortir la méchanceté de l'homme qui, connaissant le bien, l'approuvant et l'admirant, ne le pratique cependant pas. Il ne faut donc pas s'imaginer que cette approbation du bien soit, chez les pécheurs impénitents, quelque chose de saint. La gravité du péché est proportionnelle à la lumière reçue. Or, plus le pécheur impénitent discerne l'excellence de la loi de Dieu, l'approuve et trouve de plaisir en elle, plus il est, non pas saint, mais coupable, puisqu'il ne lui obéit pas; la connaissance et le sentiment qu'il a du bien ne font que montrer combien est grande sa méchanceté, et rendre chez lui le péché « excessivement pécheur. » 7. L'on a coutume de dire : « Je voudrais faire ceci ou cela, mais je ne puis pas, » voulant dire par là qu'on a bien le désir de faire la chose, mais qu'on ne s'y décide pas. « Je ne puis pas, » signifie donc en ce cas : «Je pourrais si je voulais, mais je ne veux pas.» Il n'y a pas longtemps que je demandais à un ministre de prêcher à ma place le dimanche suivant; il me répondit: « Je ne puis pas; » je découvris ensuite qu'il l'aurait pu s'il l'avait voulu. Je demandais un jour à un marchand de me céder un article pour un certain prix; il me répondit: «Je ne puis pas.» Ce n'est pas qu'il fût réellement hors de son pouvoir de me donner cet article pour ce prix, car il l'aurait pu s'il l'avait voulu; cela signifiait seulement qu'il ne se souciait pas de faire ce que je lui demandais. Quand nous lirons le chapitre que nous avons pris pour texte, vous verrez le rapport qu'il y a entre ces remarques et le sujet que nous étudions. IV. Je désire maintenant vous donner quelques règles d'interprétation dont on ne peut s'écarter si l'on veut arriver à l'intelligence de la Bible ou de tout autre document. 1. Sous devons toujours interpréter chaque passage dans le sens requis par la nature du sujet traité. On peut tordre le sens de toute parole si l'on perd de vue le sujet qu'elle se propose d'élucider. Que de fois, séparant des passages de leur contexte, ne les a-t-on pas interprétés sans égard pour ce principe ! c'est ainsi que des erreurs innombrables et des plus absurdes se sont maintenues. Les cours de justice ne permettraient jamais, dans leur sein, les procédés d'interprétation que l'on se permet quand il s'agit de la Bible. 2. Nous sommes toujours tenus d'interpréter le langage d'un homme de façon et ce que le sens que nous lui attribuons soit, autant que possible, en accord avec le caractère et les convictions de cet homme. Nous devons faire tout ce qui dépend de nous pour ne pas mettre cet homme en contradiction avec lui-même. Si nous n'observons pas cette règle, nous pourrons à peine converser cinq minutes avec notre prochain sans l'accuser de se contredire lui-même; et nous devrons renoncer à nous comprendre les uns les autres. Le témoin né pourra plus éclairer le jury devant lequel il dépose, si ses paroles peuvent être torturées à plaisir, sans égard pour la règle que nous rappelons ici. 3. Pour comprendre un discours, il ne faut jamais en perdre de vue le but. On ne peut comprendre un raisonnement si l'on ne tient pas compte du but que l'auteur se propose, et c'est ait point de vue de ce but que son langage doit constamment être expliqué. Que d'erreurs l'oubli de cette règle n'a-t-il pas produites dans l'interprétation des Saintes Ecritures! V. Recherchons maintenant le sens de notre texte à la lumière des principes que nous venons de poser, et donnons les preuves à l'appui. Faisons tout d'abord quelques remarques : 1° Dans tout ce passage, Paul emploie la première personne. Qu'il entende réellement parler de lui-même, à une époque plus ou moins éloignée de sa vie, ou qu'il ait en vue un cas supposé, cela n'importe pas beaucoup à la saine interprétation de son langage. Beaucoup de gens pensent que, l'apôtre parlant à la première personne, il faut admettre qu'il parle de lui-même, tel qu'il est au moment où il écrit. Mais quand on discute un principe, il est généralement d'usage de supposer un cas particulier que l'on prend comme exemple. Et, dans ce cas, il est fort naturel de s'exprimer à la première personne, sans avoir en aucune façon l'intention de parler de soi. L'apôtre Jacques au IIIme chapitre de son épître parle à la première personne et cela en adressant à ses frères de sévères avertissements : « Mes frères, ne soyez pas beaucoup de docteurs, sachant que nous en recevrons une plus grande condamnation; car nous bronchons tous en beaucoup de choses. » « Par elle (la langue), nous bénissons Celui qui est Dieu et Père ; et par elle, nous maudissons les hommes qui ont été faits à la ressemblance de Dieu. » L'apôtre Paul emploie souvent le pronom de la première personne, et il s'en sert quand il discute des principes généraux : « Toutes choses me sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses ; toutes choses me sont permises, mais je ne serai sous la dépendance de quoi que ce soit. » (1 Cor VI, 12) « Je dis : la conscience, non la tienne, mais celle de l'autre ; car pourquoi ma liberté serait-elle jugée par une autre conscience? Et si je mange avec actions de grâces, pourquoi serais-je calomnié au sujet d'une chose dont je rends grâce? » (1 Cor X. 29.) «.Nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd'hui, je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu. » (1 Cor XIII. 12.) « Si je réédifie les choses que j'ai détruites, je me constitue moi-même transgresseur. » (Gal II 18.) Dans la, Ire aux Corinthiens, (1 Cor IV :6), Paul informe ses lecteurs qu'il prend sa personne comme simple exemple dans les explications qu'il leur donne : « C'est à cause de vous, frères, que j'ai tourné figurément ces choses sur moi et sur Apollos, afin que vous appreniez en nous à ne point penser au delà de ce qui est écrit, et que nul de vous, en faveur de l'un, ne s'enfle contre l'autre. » 2° Le langage de l'apôtre est applicable, en très grande partie, au chrétien déchu auquel ne restent plus que les formes de la religion. Ce chrétien a perdu son premier amour, et il est de nouveau sous l'influence des motifs légaux de l'espérance et de la crainte, exactement comme le pécheur impénitent. Aussi les expressions employées par St Paul s'appliquent-elles également à l'un et à l'autre. Mais de ce que notre texte décrit l'expérience du chrétien déchu, il serait visiblement faux de conclure qu'il décrit une expérience chrétienne. Tout ce que l'on peut dire, c'est que le chrétien déchu et le pécheur impénitent sont semblables à beaucoup d'égards. Je n'hésite pas à affirmer hautement que celui qui a conscience d'être mu par l'amour de Dieu n'aura jamais la pensée de s'appliquer à lui-même ce chapitre VII des Romains. Mais si quelqu'un n'est pas animé de cet amour, qu'il soit chrétien déchu ou pécheur convaincu de péché, ce chapitre décrit sa vie intime. 3° Quelques expressions dont se sert ici l'apôtre peuvent s'appliquer au croyant qui n'est pas habituellement en état de chute, mais qui est momentanément vaincu par la tentation et qui, subjugué qu'il est par ses passions, parle de lui-même comme s'il était entièrement dans le mal. « Un homme est tenté, nous est-il dit, quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. » Celui qui est dans cet état trouvera dans notre chapitre bien des expressions qui s'appliqueront à son cas. S'en suit-il que ce chapitre VII des Romains décrive l'expérience du. chrétien? Loin de là. Cet état dans lequel un chrétien se trouvera momentanément par sa chute, c'est l'état habituel du pécheur impénitent convaincu de péché. Quoi qu'il en soit, l'ensemble de notre chapitre ne permet évidemment pas de voir ici la description d'une expérience chrétienne. Mon opinion est que l'apôtre a voulu raconter l'expérience du pécheur qui est sorti de son indifférence et qui est fortement convaincu de péché, mais non converti. Voici mes raisons: 1° Il est manifeste que l'apôtre décrit ici l'état habituel de quelqu'un. Et ce quelqu'un, c'est un homme qui est entièrement sous la dépendance de la chair. Dans son ensemble, notre texte, versets 14 à 25, ne décrit donc pas l'expérience d'un homme qui succomberait momentanément à la tentation ; il décrit celle de l'homme qui tombe habituellement dans le péché, malgré l'approbation qu'il donne à la loi de Dieu. 2° Décrire l'expérience d'un chrétien aurait été sans rapport avec le but que se proposait l'apôtre. Après avoir établi que la justification n'a lieu que par la foi, et non par les œuvres de la loi, il s'efforce de justifier la loi dans son rôle auprès de l'homme charnel. Dans notre chapitre VII, il soutient que la sanctification, comme la justification, n'est que par la foi. « Ignorez-vous, frères, — car je parle à des gens qui connaissent la loi, — que la loi exerce son pouvoir sur l'homme aussi longtemps qu'il vit? Ainsi, une femme mariée est liée par la loi à son mari tant qu'il est vivant; mais si le mari meurt, elle est dégagée de la loi qui la liait à son mari. Si donc, du vivant de son mari, elle devient la femme d'un autre homme, elle sera appelée adultère ; mais si le mari meurt, elle est affranchie de la loi, de sorte qu'elle n'est point adultère en devenant la femme d'un autre. De même, mes fières, vous aussi vous avez été, par le corps de Christ, mis à mort en ce qui concerne la loi, pour que vous apparteniez à un autre, à celui qui est ressuscité des morts, afin que nous portions des fruits pour Dieu. » En d'autres termes : Pendant que vous étiez sous la loi, vous ne pouviez être justifiés qu'en l'accomplissant tout entière. Mais maintenant, ayant été affranchis de la loi comme norme d'après laquelle vous devriez être jugés, vous n'êtes plus sous l'influence des considérations légales de la crainte et de l'espérance, car Christ, auquel vous êtes unis comme l'épouse à l'époux, a mis de côté la pénalité de la loi, afin que vous fussiez justifiés devant Dieu par la foi. « Car, lorsque nous étions dans la chair, » c'est-à-dire lorsque nous étions encore inconvertis, «les passions des péchés provoquées par la loi agissaient dans nos membres, de sorte que nous portions des fruits pour la mort. Mais, maintenant nous avons été dégagés de la loi, étant morts à cette loi sous laquelle nous étions retenus, de sorte que nous servons dans un esprit nouveau, et non sous le régime ancien de la lettre. » Telle est la vraie condition du chrétien : il sert dans un esprit nouveau, il a quitté le légalisme, l'esclavage de la lettre. Il a fait l'expérience que le fruit de le loi, c'est la mort, et que seul l'Evangile a pu l'amener à la vraie soumission à Dieu. Ici se présente une objection. « La loi est-elle donc péché ? Loin de là! Mais je n'ai connu le péché que par la loi. Car je n'aurais pas connu la convoitise, si la loi n'eût dit: Tu ne convoiteras point. Et le péché, saisissant l'occasion, produisit en moi par le commandement toutes sortes de convoitises; car sans loi le péché est mort. Pour moi, étant autrefois sans loi, je vivais ; mais quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je mourus. Ainsi le commandement qui conduit à la vie se trouva pour moi conduire à la mort. La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. » Mais, (ici revient l'objection) « ce qui est bon as-t-il donc été pour moi une cause de mort? Loin de là ! Mais c'est le péché, afin qu'il se manifestât comme péché en me donnant la mort par ce qui est bon, et quo, par le commandement, il devint condamnable au plus haut point. » L'apôtre justifie donc la loi en montrant que ce n'est pas à elle, mais au péché qu'il faut attribuer la mort; et il montre combien le péché est exécrable, ce péché par le moyen duquel la bonne loi de Dieu elle-même devient un instrument de mort. « Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle; mais moi, je suis charnel, vendu au péché. » Ici est le noeud de la question. Remarquez-le bien : ce que l'apôtre se propose, c'est de justifier la loi que son interlocuteur supposé prétend être mauvaise, parce qu'elle est un instrument de mort pour le pécheur. A l'encontre de cette objection, St Paul entreprend de montrer que toute l'action qu'exerce la loi sur le cœur du pécheur démontre l'excellence même de la loi. La loi est bonne, dit-il, mais tout le mal vient « des passions des péchés qui sont dans les membres de celui qui est dans la chair. » Il en vient ainsi à décrire cette expérience qui est le sujet de la grande controverse que nous avons rappelée. « La loi est spirituelle, mais je suis charnel. » Ce mot de charnel n'est appliqué qu'une seule fois par Paul à des chrétiens; il l'applique à des hommes dont l'état spirituel laissait beaucoup à désirer : « Vous êtes encore charnels, dit-il aux Corinthiens, car puisqu'il y a parmi vous de la jalousie et de la dispute et des divisions, n'êtes-vous pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l'homme? » Il s'agissait de chrétiens en état de chute, qui agissaient comme s'ils n'avaient pas été convertis. Le terme de charnel lui-même désigne généralement les pires pécheurs. Paul définit ce terme en ajoutant : « vendu au péché. » Pouvait-il s'appliquer à lui-même ces expressions, au moment où il les écrivait ? Etait-il alors vendu au péché ? Pouvons-nous penser cela du grand apôtre ? Non, son but n'est point de parler de lui-même mais de justifier la loi des accusations lancées contre elle; et il le fait au moyen d'un cas imaginaire, avec lequel il s'identifie par une figure de langage. Il continue : « Car ce que j'accomplis, je ne le reconnais pas; car je ne fais pas ce que je veux, mais je pratique ce que je hais. » Vous voyez ici l'application qu'il faut faire des principes que j'ai posés. Le je veux ne doit pas être entendu du choix ou de la volonté, mais simplement du désir ; l'entendre autrement serait mettre l'apôtre en contradiction complète avec les faits; car chacun sait très bien que la volonté gouverne la conduite. Aussi le professeur Stuart a-t-il traduit très convenablement par je désire : « ce que je désire, je ne le fais pas ; ce que je hais, je le fais. » Ensuite vient la conclusion « Si donc je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là que la loi est bonne. » Si je fais ce que je désapprouve, je désapprouve ma propre conduite, je me condamne moi-même et par là j'atteste l'excellence de la loi. Maintenant, lisez le verset suivant sans perdre de vue le but de l'apôtre : « Ce n'est donc plus moi qui accomplis cela, mais le péché habitant en moi. » Ici, il parle comme s'il était divisé contre lui-même, comme s'il possédait deux natures, ou comme quelques philosophes païens l'ont enseigné, comme s'il possédait deux âmes, l'une approuvant le bien, l'autre aimant et choisissant le mal : « Car je sais qu'en moi, c'est-à-dire en ma chair, il n'habite pas de bien; car le vouloir se tient à mes côtés, mais le moyen d'accomplir le bien, je ne le trouve pas. » Ici, le vouloir signifie simplement l'approbation; car lorsqu'un homme VEUT réellement faire une chose, il la fait; chacun le sait parfaitement. L'interprétation que nous donnons ici correspond à l'expérience de tout pécheur convaincu de péché; ce pécheur-là sait ce qu'il doit faire, il l'approuve fortement, mais il n'est pas prêt à le faire. Supposons que j'adresse un appel à ceux d'entre vous qui sont pécheurs impénitents, les priant de s'avancer et de s'asseoir sur ce premier banc, afin que nous puissions voir quels ils sont, prier pour eux, leur montrer leurs péchés et leur devoir de se soumettre à Dieu, — quelques-uns ne se diraient-ils pas : « Je sais que c'est mon devoir, j'ai un grand désir de le faire, mais je ne puis pas. » Qu'est-ce que cela signifierait ? Cela signifierait simplement que, tout compté, leur volonté se refuserait à se rendre à mon appel. Au verset 20, Paul répète ce qu'il a dit plus haut : « Et si ce que je ne veux pas, je le pratique, ce n'est plus moi qui accomplis cela, mais le péché habitant en moi, » Est-ce là l'état d'âme et l'expérience habituelle du chrétien? J'admets qu'un chrétien puisse tomber assez bas pour que ce langage s'applique à lui; mais s'il se trouve habituellement dans cet état, en quoi diffère-t-il d'un pécheur impénitent ? Si Paul décrit ici l'état habituel du chrétien, il est complètement faux de dire avec la Bible que les saints sont ceux qui obéissent réellement à Dieu ; car nous aurions ici un chrétien dont il serait dit qu'il n'obéit jamais. « Je trouve donc en moi cette loi : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. » Ici, l'apôtre parle de l'action des mauvais penchants comme étant si continuellement prédominante qu'il l'appelle « une loi. » « Car je prends plaisir à la loi de Dieu selon l'homme intérieur. » C'est ici qu'est la grande pierre d'achoppement qui rejette tant de gens dans la fausse interprétation que nous combattons. « Peut-on dire, objecte-t-on, que le pécheur impénitent prend plaisir à la loi de Dieu ? » Je réponds : Oui Je sais que l'expression est forte, mais les expressions fortes sont ici continuelles, Paul les emploie aussi bien dans un sens que dans l'autre. Du reste, l'expression est la même que celle dont Dieu se sert au chap. LVIII d'Esaïe en l'appliquant aux Juifs rebelles ; « Crie à plein gosier, n'épargne pas ta voix, élève la comme une trompette, et déclare à mon peuple leur rébellion et à Jacob leurs péchés. Chaque jour ils me cherchent, et ils se plaisent à connaître mes voies comme une nation qui pratiquerait la justice et n'aurait pas abandonné la loi de son Dieu ; ils me demandent des jugements de justice, et PRENNENT PLAISIR à approcher de Dieu. » De même dans Ezéchiel, chapitre XXXIII v. 32 : -« Tu es pour eux (toi Ezéchiel) comme un chanteur agréable, comme une belle voix et un habile joueur de harpe. Ils écoutent tes paroles, mais ils ne les mettent point en pratique. » Et Dieu venait de dire au prophète combien ce peuple était méchant : « Ils se rendent en foule auprès de toi, et ils s'asseyent devant toi comme mon peuple ; ils écoutent tes paroles, mais ils ne les mettent point en pratique; car, de leur bouche, ils eu font des propos charmants, mais leur coeur s'attache à leurs convoitises. » Voilà donc des pécheurs visiblement impénitents qui aiment à entendre la voix éloquente du prophète. De même aujourd'hui, nous voyons souvent des pécheurs impies prendre plaisir à une prédication éloquente, jouir de l'argumentation puissante de quelque prédicateur capable ; c'est pour eux une fête intellectuelle. Et parfois ils y prennent un tel plaisir qu'ils s'imaginent réellement aimer la Parole de Dieu. Ce plaisir que l'on prend à la loi de Dieu et à la prédication qui en est faite est parfaitement compatible avec l'inimitié contre le vrai caractère de Dieu et avec l'entière perversité du cœur ; il contribue même à les mettre dans un plus grand jour: en connaît et on approuve la vérité,, mais on ne la pratique pas (Voir Luc 12 :47,48 Trad.). C'est pourquoi, malgré ce plaisir trouvé dans la loi de Dieu, Paul ajoute : « Mais je vois dans mes membres une autre loi qui combat contre la loi de mon intelligence, et qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes. membres. Misérable homme que je suis ! qui me délivrera du corps de cette mort ? » Puis viennent les mots : « Je rends grâces à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur, » qui ne sont absolument qu'une parenthèse, une exclamation personnelle qui rompt le fil de la pensée. Enfin, vient la conclusion de tout le morceau : « Ainsi donc, moi-même, quant à l'intelligence, je suis asservi à la loi de Dieu, mais quant à la chair, je suis asservi à la loi du péché. » C'est comme s'il disait : « Mon meilleur moi, mon jugement impartial, ma conscience, approuve la loi de Dieu ; mais la loi qui est dans mes membres, mes passions ont un tel empire sur moi, que je désobéis toujours. » L'apôtre décrit donc l'état habituel d'un être qui est entièrement sous la puissance du péché. Il eût été tout à fait hors de son propos de raconter ici une expérience chrétienne. Son dessein était de justifier la loi, il devait donc de toute nécessité décrire, non l'expérience de celui qui est sous la grâce, mais l'expérience de celui qui est sous la loi. Du reste, si l'expérience qu'il décrit ici était celle du chrétien, l'apôtre raisonnerait à l'encontre de ses propres affirmations ; car il démontrerait que ce n'est pas seulement la loi qui est impuissante à dompter les passions et à sanctifier l'homme, mais que c'est encore l'Evangile. Une dernière raison, qui est décisive, c'est le fait que l'apôtre décrit ensuite l'expérience du chrétien qui est absolument différente. Au chapitre VIII, il parle de ceux qui ne sont pas sous la loi, ni dans la chair ; c'est-à-dire de ceux qui ne sont pas « charnels, » qui sont délivrés du joug de la loi et qui servent actuellement Dieu selon l'Esprit : « Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, qui marchent non selon la chair, mais selon l'Esprit. Car la loi de l'Esprit de vie qui est dans le Christ Jésus, m'a affranchi de la loi du péché et de la mort. » (Il avait fait allusion à cette délivrance, lorsqu'il s'était écrié, dans la parenthèse chapitre VII, verset 25 : « Je rends grâces à Dieu etc.) « Car — chose impossible à la loi, parce que chair la rendait sans force — Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, et cela afin que la justice de la loi fût accomplie en nous, qui. marchons, non selon la chair, mais selon l'Esprit. » De qui parle-t-il maintenant ? Si l'expérience décrite au chapitre précédent était celle du chrétien, de qui donc est celle qu'il décrit ici ? L'homme que l'apôtre nous présente au chapitre VIII est dans une condition entièrement différente de celui qu'il nous a présenté au chapitre VII. Celui-ci était sous la loi, esclave du péché, connaissant son devoir et ne le faisant pas. Chez l'homme du chapitre VIII, au contraire, ce que la loi n'avait pu produire à cause de la puissance des passions, l'Evangile l'a produit, de sorte que la justice qu'exigeait la loi a été accomplie. « Ceux, en effet, qui vivent selon la, chair s'affectionnent aux choses de la chair, tandis que ceux qui vivent selon l'Esprit s'affectionnent aux choses de l'Esprit. Et l'affection de la chair, c'est la mort, tandis que l'affection de l'Esprit, c'est la vie et la paix ; car l'affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu'elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu'elle ne le peut même pas. Or, ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu. » Celui donc qu'au chapitre VII il appelle charnel ne saurait plaire à Dieu. « Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l'Esprit, si du moins l'Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, il ne lui appartient pas. Et si Christ est en vous, le corps, à la vérité, est mort à cause du péché, mais l'esprit est vie à cause de la justice. » Il s'agit ici d'un homme dont le corps est mort; auparavant le corps dominait sur l'âme et l'entraînait loin du devoir et du salut; mais maintenant le pouvoir des passions est vaincu. REMARQUES 1. Ceux qui trouvent leur propre expérience décrite dans le VIIme chapitre aux Romains ne sont pas convertis. Si leur état habituel est celui que décrit ce chapitre, v. 14 à 25, il est clair qu'ils ne sont pas régénérés, qu'ils sont convaincus de péché, mais qu'ils ne sont pas chrétiens. 2. Vous voyez combien il importe de rappeler au pécheur les exigences de la loi, afin de le porter à se condamner lui-même, à justifier Dieu et à apprécier l'Evangile. Les pécheurs ne sont jamais amenés à la vraie repentance tant qu'ils ne sont pas convaincus de péché par la loi. 3. Vous voyez en même temps l'entière insuffisance de la loi pour convertir l'homme. 4. Vous voyez le danger qu'il y a à prendre de simples désirs pour de la piété. Le désir du bien qui n'aboutit pas au choix du bien n'a rien de moral. Le diable lui-même peut avoir de semblables désirs. Les plus méchants hommes de la terre peuvent désirer d'avoir de la religion, et l'on ne peut douter qu'ils n'éprouvent ce désir, quand ils voient que la religion pourrait seule mettre un frein à leurs passions et les conduire au salut. 5. Jésus-Christ et l'Evangile nous présentent les seuls motifs qui puissent sanctifier; la loi ne peut que convaincre de péché et condamner. 6. Ceux qui sont véritablement convertis et qui ont reçu la liberté que donne l'Evangile, sont délivrés de l'esclavage de leur propre corruption. La domination que leur corps exerçait sur leur esprit est brisée. Ils peuvent avoir encore des luttes et des épreuves, même de grandes ; mais ils obtiennent la victoire sur le péché et font l'expérience qu'il est aisé de servir Dieu et que ses commandements ne sont pas pénibles. Le joug de Jésus-Christ leur est « doux et son fardeau léger. » 7. Celui dont la conversion est véritable a la paix avec Dieu ; il a conscience qu'il l'a; il en jouit. Il a le sentiment que ses péchés lui sont pardonnés et qu'il est victorieux du péché. 8. L'étude que nous venons de faire nous montre quelle est la condition véritable d'un très grand nombre de membres de l'Eglise. Toujours sous la loi, ils consument leur vie en vains efforts. Ils approuvent la loi dans ses préceptes et dans ses menaces ; ils se sentent condamnés et désirent la délivrance; mais ils restent malheureux; ils n'ont pas l’esprit de prière, ils ne jouissent pas de la communion Dieu et n'ont pas la certitude de leur adoption. Ils se reposent sur le chapitre VII des Romains ; « c'est exactement mon expérience, » disent-ils. Si c'est votre expérience, mes chers auditeurs, laissez-moi vous dire que vous êtes encore dans « des liens » Vous sentez que vous êtes sous la condamnation, vaincus par le péché, et à coup sûr vous éprouvez qu'un pareil état est plein d'amertume. Maintenant ne trompez plus votre âme en vous imaginant, qu'avec cette expérience vous pouvez vous aller asseoir à côté de l'apôtre Paul. Non ! vous êtes charnels, vendus au péché, et à moins que vous n'embrassiez l'Evangile, vous êtes perdus éternellement. -------------------------------------------------------------------------------- XIX° DISCOURS LA PERFECTION CHRETIENNE I. « Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Mat V :48. Lisons d'abord le passage dont notre texte est la conclusion : « Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Mais moi je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les publicains aussi n'agissent-ils pas de même? Et si vous aimez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire? Les païens aussi n'agissent-ils pas de même? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. » En traitant de la perfection chrétienne, je montrerai : I. ce que n'est pas cette perfection, II. ce qu'elle est, III. qu'elle est un devoir, IV. qu'elle est possible, V. enfin, je répondrai à quelques objections qui sont faites ordinairement contre la doctrine de la Perfection chrétienne. I. Ce qu'elle n'est pas. 1. Dieu ne demande pas que nous ayons les mêmes perfections naturelles que lui. En Dieu, se trouvent deux sortes de perfections : les naturelles et les morales. Les naturelles sont son éternité, son immutabilité, sa toute-puissance, etc., Il va de soi qu'il n'est pas question d'imiter ces perfections-là. 2. Dieu ne demande pas la perfection de la connaissance, non pas même celle que peuvent comporter des facultés comme les nôtres. 3. La perfection chrétienne requise de nous ne consiste pas non plus à être exempt de toute sorte de tentations, soit de celles qui naissent de la constitution même de notre être, soit de celles qui nous viennent du dehors. L'esprit peut être continuellement tenté par les appétits du corps, et cela de la façon la plus pénible, sans que cependant il y ait péché. L'apôtre Jacques dit : « Chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par son propre désir. » Le péché n'est pas dans la tentation ; il est dans l'acte de céder à la tentation. On peut être tenté par Satan, par ses propres appétits, par le monde, et rester sans péché. 4. La perfection chrétienne n'implique pas que le combat du chrétien, ou « le bon combat, » — ces mots étant pris dans leur sens vrai et biblique, — ait cessé. 5. Elle n'est pas non plus l'infinie perfection morale de Dieu ; l'homme étant une créature morale bornée, n'est pas capable d'affections infinies. Pour Dieu, qui est infini, être parfait, c'est être infiniment parfait. Ce n'est pas là ce que Dieu nous demande. II. Ce qu'est la perfection chrétienne. C'est une parfaite obéissance à la loi de Dieu. Cette loi requiert une bienveillance impartiale, désintéressée, parfaite; l'amour pour Dieu et pour le prochain. Elle demande que nous soyons animés des mêmes sentiments que Dieu, que nous agissions par les mêmes principes que lui, que nous soyons purs de tout égoïsme, En un mot, que dans notre mesure, nous soyons parfaits comme il est parfait. Le christianisme demande que nous ne fassions ni plus ni moins que ce que la loi de Dieu ordonne. Celui qui le fait est, moralement, parfait comme Dieu. Il a les mêmes sentiments que Dieu; il aime ce que Dieu aime; il hait ce que Dieu hait; et pour les mêmes raisons. Dieu estime chaque être dans l'Univers et tient compte de lui à proportion de ce qu'il vaut. Il a égard de même à ses propres intérêts en raison de leur valeur réelle. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit s'aiment (1) d'un amour suprême, tout à la fois amour de bienveillance et amour de complaisance (complacency), parce qu'ils sont souverainement excellents. Et Dieu requiert de nous que nous l'aimions du même amour. (1) Finney dit : « Dieu s'aime, » etc. (Trad.) Il prend soin de son intérêt, de sa gloire et de son bonheur, parce qu'ils constituent le bien suprême. Il se comptait infiniment en sa propre excellence, parce qu'il sait que cette excellence est infinie. Il aime sa créature comme lui-même, non au même degré, mais dans la même proportion. Il aime ses créatures en raison de leur valeur réelle; depuis le plus élevé des archanges jusqu'au moindre ver de terre, il tient compte du honneur de chaque être. Or il nous a créés à son image, capables de nous conduire selon la même règle que lui. Nous devons aimer aussi impartialement, aussi parfaitement que lui, recherchant le bien des autres avec. la même pureté que lui. C'est en cela que consiste la Perfection chrétienne; elle ne peut être moins que cela . III. La Perfection chrétienne est un devoir. 1. Cela ressort avec évidence du fait que Dieu l'exige et dans la loi et dans l'Evangile. Le commandement de notre texte : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait, » est donné dans l'Evangile. Jésus-Christ commande ici exactement ce que la loi commande. Quelques personnes supposent que l'Evangile demande beaucoup moins de nous que ne demandait la loi. Il est vrai que l'Evangile n'exige pas la perfection comme condition du salut; mais il ne nous dispense à aucun degré de l'obligation d'accomplir les commandements de la loi ; il exige la même sainteté que celle-ci. 2. La Perfection chrétienne est un devoir, car Dieu n'a pas le droit de demander moins. Dieu ne peut pas nous dispenser de l'obligation d'être parfaits au sens que nous avons indiqué ; nous en dispenser équivaudrait à nous donner la permission de pécher. Tant que nous sommes des êtres moraux, aucun pouvoir dans l'Univers ne peut nous soustraire à l'obligation d'être parfaits. Dieu peut-il nous dispenser du devoir de l'aimer de tout notre coeur, de toute notre pensée, de toute notre. force ? Une pareille dispense signifierait que Dieu ne. mérite pas un tel amour. Et si Dieu ne peut pas nous exempter de l'obligation morale tout entière, il ne peut pas. non plus, pour les mêmes raisons, nous exempter d'une partie quelconque de cette obligation. 3. Si quelqu'un prétendait que l'Evangile exige moins de sainteté que la loi, je lui demanderais de me dire au juste combien il en exige de moins. Si nous sommes autorisés à ne point rendre à Dieu une obéissance parfaite, à quelle distance de cette obéissance nous arrêterons-nous ? A quel degré de perfection ou d'imperfection sommes-nous tenus d'arriver ? Où trouverez-vous dans la Bible une règle qui détermine de combien vous pouvez être moins saints sous la dispensation évangélique que vous n'auriez dû l'être sous la loi ? Direz-vous que c'est à chacun d'en juger pour ce qui le concerne ? Je vous demande alors si vous ne pensez pas que ce soit votre devoir d'être un peu plus saints que vous ne l'êtes maintenant. Tous, probablement, vous répondrez : oui. Pouvez-vous indiquer un point où il vous serait permis de dire, après l'avoir atteint : « Maintenant c'est assez, je suis suffisamment parfait ; il est vrai qu'il y a encore du péché en moi, mais je suis arrivé aussi loin que mon devoir le demande en ce monde. » Qu'est-ce qui vous autoriserait à parler de cette façon ? La vérité est que tous ceux qui sont véritablement pieux sentent l'obligation d'être parfaits comme Dieu est parfait ; et plus ils sont pieux, plus ils la sentent. IV. La Perfection chrétienne est possible en cette vie. Du seul fait que la perfection chrétienne est commandée, on peut à bon droit inférer qu'elle est réalisable. Quand Dieu nous commande d'être parfaits comme il est parfait, oserions-nous lui répondre que c'est impossible? Quand il nous donne un ordre, ne devons-nous pas toujours en conclure qu'il y a en nous possibilité naturelle de faire Ce qu'il nous ordonne ? Je me rappelle avoir entendu dire à un prédicateur qu'il prêcherait aux pécheurs qu'ils doivent se repentir, parce que Dieu le commande ; mais qu'il ne voudrait jamais prêcher que les pécheurs peuvent se repentir, parce que Dieu ne le dit nulle part. Quelle lamentable puérilité Quelqu'un prêche l'obéissance aux lois, mais il ne veut jamais dire que cette obéissance est possible, parce que le code ne le dit pas t Dieu nous commanderait-il, sous peine de mort, ce qui est impossible ; enverrait-il les pécheurs en enfer pour n'avoir pas tait ce qu'ils n'étaient en aucune façon capables de faire ? Que nous ayons la capacité d'être parfaits, c'est un fait bien facile à constater. Qu'est-ce que cette perfection que nous devons réaliser ? C'est aimer Dieu de tout notre coeur, de toute notre âme, de toute notre pensée, de toute notre force et aimer notre prochain comme nous-mêmes ; c'est-à-dire que c'est exercer, non des facultés que nous n'avons pas, mais bien celles qui sont en nous : « de toute ta force, de tout ton coeur » etc. Ce commandement ne demande que l'exercice raisonnable et juste des facultés que nous possédons. - Il est donc clair que nous avons la capacité naturelle ou le pouvoir d'être parfaits exactement comme Dieu le demande. L'on objecte que s'il y a en nous capacité naturelle, il y a incapacité morale ; ce qui, dit-on, revient au même que s'il y avait incapacité naturelle. Nous répondons que nous ne sommes pas plus incapables moralement d'être parfaitement saints que nous le sommes d'être saints à un degré quelconque. La différence qu'il y a entre la capacité naturelle et la capacité morale consiste en ce que la première a trait à la puissance et aux facultés de l'esprit ; tandis que la seconde concerne la volonté seule. L'incapacité morale n'est pas autre chose que la mauvaise volonté. C'est ce que démontre le Président Edwards dans son traité sur la volonté, et bien d'autres auteurs encore. Vous demandez si vous avez la capacité morale d'être parfait. Entendez-vous par là demander si vous avez la volonté d'être parfait ? En ce cas, je répondrais : Non. Car si vous vouliez (1) être parfait, vous seriez parfait. La perfection qui est demandée de nous n'est en effet que la conformité de notre volonté à la loi de Dieu. (1) Que le lecteur veuille bien se rappeler que Finney ne confond,pas la volonté avec le désir. (Trad.). Mais, direz-vous, pouvons-nous réellement vouloir le bien, vouloir ce que Dieu veut? Je réponds que cette question implique contradiction ; elle suppose en effet qu'un agent moral peut être incapable de choisir ou de vouloir. Dans son chapitre sur l'incapacité morale, le Président Edwards dit expressément que l’Incapacité morale est une chose qui n'existe pas. Quand nous parlons d'incapacité à faire une chose, nous voulons dire que la volonté y fût-elle, le pouvoir manquerait pour l'exécution. Parler d'incapacité morale est donc évidemment absurde, car c'est dire à la fois que nous voulons et que nous sommes incapables de vouloir (1). (1) On a objecté à ce que dit Finney sur la nature pécheresse, et les mêmes objections se reproduisent ici. cependant, si l'on regarde comme un axiome qu'il ne peut y avoir péché que là où il y a eu liberté (actuelle ou antérieure) et dans la mesure de cette liberté, n'est-on pas obligé de reconnaître que les expressions : transmission du péché, péché comme germe, péché original, nature pécheresse, incapacité morale, etc., sont contradictoires, l'un des termes qui les composent supposant la nécessité et l'autre, la liberté? (Trad.) Mais j'admets et je crois qu'il y a chez l'homme une volonté désespérément mauvaise. Et si c'est là ce que vous appelez « incapacité morale, » vous avez raison d'affirmer l'existence de cette incapacité. Il y a chez le pécheur une volonté fort tenace de ne point devenir chrétien, et chez le chrétien une volonté semblable de ne point devenir parfait. Les pécheurs peuvent désirer ardemment de devenir chrétiens et les chrétiens peuvent désirer ardemment d'être délivrés de tout péché, et prier pour cela avec insistance, même jusqu'à être dans une sorte d'agonie ; ils peuvent ainsi croire qu'ils ont la volonté d'être parfaits, et se tromper sur ce point. Que tous leurs péchés considérés d'une manière abstraite, en bloc, leur soient enlevés à la fois, ils ont le sentiment qu'ils le veulent; mais prenez ces péchés en détail, un par un, et présentez leur chacun d'eux tel qu'il se trouve dans la réalité de leur vie de chaque jour, et vous verrez qu'il y a maint péché qu'ils ne veulent pas abandonner. Ils combattent le péché en général, le péché, conception vague et abstraite de leur esprit, mais ils le chérissent dans les détails de la vie pratique. J'ai vu, dans plus d'une circonstance, des chrétiens, en proie à une émotion profonde, se persuader qu'ils en avaient fini pour toujours avec le péché ; puis, moins d'une heure après peut-être, l'évènement prouvait qu'ils étaient aussi attachés que jamais à leur ancienne convoitise, et qu'ils avaient besoin d'être encore et plus d'une fois brisés. Les chrétiens ont besoin actuellement qu'on les poursuive d'un péché à l'autre ; ils s'attachent à chacun d'eux, et à chacun d'eux il faut recommencer à livrer bataille ; finalement il se trouve qu'ils ne veulent pas renoncer à tout péché ! Quand un homme a véritablement la volonté de renoncer à tout péché et abandonne entièrement sa volonté propre pour ne plus vouloir que celle de Dieu, tous les liens qui enlacent son âme sont brisés aussitôt ; il est « rempli de toute la plénitude de Dieu. » En fait, voici le langage que l'on nous tient : Ai-je droit de m'attendre à être parfait en ce monde ? Ai-je quelque raison de croire que je puisse être si complètement subjugué par l'Esprit de Dieu que mon âme brûle d'une flamme constante, aimant Dieu pleinement comme la loi le demande ? Que ce soit un devoir, personne ne le nie; mais la question est toujours : est-ce réalisable? A cette question, je réponds : Ces dernières années, on a tant parlé de Perfection chrétienne, et plusieurs de ceux qui professaient cette doctrine sont tombés dans tant d'aberrations, que le diable semble avoir anticipé le mouvement de l'Eglise pour le compromettre. Il en est résulté un tel état des esprits que du moment où la doctrine biblique de la sanctification est présentée, aussitôt l'on s'écrie de divers côtés: «Mais c'est du perfectionnisme!» Eh bien ! malgré les erreurs dans lesquelles quelques-uns de ceux qu'on appelle perfectionnistes sont tombés, je n'hésite pas à affirmer que la doctrine de la Perfection chrétienne est dans la Bible, et que personne ne doit la craindre, mais qu'au contraire chacun doit apprendre à la connaître. J'ai personnellement beaucoup connu les perfectionnistes; j'ai lu leurs publications; et je dois dire que je ne puis donner mon assentiment à bon nombre de leurs vues. Mais que la Perfection chrétienne soit un devoir, je l'ai toujours maintenu ; et depuis quelques mois, je suis plus convaincu que jamais, et pour diverses raisons, qu'elle est réalisable en cette vie. 1. Dieu veut que nous la réalisions ici-bas. Plusieurs se demandent : « Dieu veut-il réellement ma sanctification en ce monde? » Je réponds : Oui, puisqu'il l'a dit. La loi elle-même est une manifestation aussi forte que possible de sa volonté à cet égard ; elle est appuyée par une sanction infinie. L'Evangile ne fait que réitérer l'expression de cette volonté sous une autre forme. Comment Dieu pourrait-il exprimer plus fortement sa volonté qu'il ne le fait dans notre texte : « Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait? » Dans la première épître aux Thessaloniciens, (1Th 4:3), il nous est dit : « Ce que Dieu veut, c'est votre sanctification. » Si vous étudiez la Bible soigneusement, d’un bout à l'autre, vous y verrez partout que Dieu veut que ses enfants soient saints en ce monde, comme il veut qu'en ce monde les pécheurs se convertissent ; la première de ces vérités n'est pas enseignée moins clairement que la seconde. Si vous vous en rapportez à la Bible, vous pourriez tout aussi bien révoquer en doute la volonté de Dieu à l'égard de la conversion de ceux-ci qu'à l'égard de la sanctification de ceux-là Dieu leur commande, aux uns et aux autres, la sainteté : pourquoi ne l'attendrait-il pas de leur part? Quand il demande la repentance, que veut-il au fond? Il veut que les hommes l'aiment de tout leur cour, de toute leur âme, de toute leur pensée, de toute leur force. Les mêmes raisons qui nous portent à croire que Dieu veut la repentance et l'amour à un degré quelconque, ne nous obligent-elles pas à affirmer que Dieu veut, une repentance entière, un amour parfait? il demande l'amour, et vous en concluez qu'il veut être aimé; il demande l'amour parfait, et vous refusez d'en conclure qu'il veut, être aimé parfaitement : n'est-ce pas une étrange logique ? Personne ne peut démontrer par la Bible que Dieu ne demande pas la parfaite sanctification en ce monde, ni qu'il ne la veuille pas, ni qu'elle ne soit pas aussi réalisable que tel degré déterminé de sanctification. J'ai passé en revue toute la Bible en notant tous les passages qui concernent le point qui nous occupe, et je les ai trouvés si nombreux que je n'ai pu les inscrire sur la carte qui contient le plan de mon discours. Si je vous les citais tous, je ne pourrais faire autre chose ce soir que de vous lire des passages. Si vous étudiez la Bible au point de vue qui nous occupe, vous serez étonnés de voir combien nombreux sont les passages où il est question d'être délivré du péché lui-même, en regard de ceux qui nous parlent de l'exemption du châtiment; le nombre de ces derniers est insignifiant en comparaison de celui des premiers. 2. Toutes les promesses de Dieu et toutes les prophéties qui concernent la sanctification des croyants en ce monde, doivent être comprises, cela va de soi, de la parfaite sanctification. Qu'est-ce que la sanctification, si ce n'est la sainteté? Quand une prophétie annonce la sanctification de l'Eglise, devons-nous entendre par là, une sanctification partielle ? Et quand Dieu exige la sainteté, devons-nous comprendre qu'il n'exige qu'une sainteté partielle ? Assurément non. Quand donc Dieu promet la sainteté, au nom de quel principe voulez-vous l'entendre d'une sainteté partielle ? Voilà si longtemps que nous expliquons les Ecritures au point de vue de l'état actuel des choses, que nous avons entièrement perdu de vue leur sens réel. Mais si l'on ne veut tenir compte que du langage de la Bible, je défie qui que ce soit de montrer que les promesses et les prophéties concernant, la sainteté puissent se rapporter à autre chose qu'a la parfaite sanctification ; autant vaudrait prétendre que les commandements de la loi et de l'Evangile ne doivent être compris que d'une obéissance partielle, ce qui est manifestement absurde. 3. LA PARFAITE SANCTIFICATION EST « LA GRANDE BÉNÉDICTION » PROMISE PARTOUT DANS LA BIBLE. L'apôtre Pierre dit : « Les très grandes et précieuses promesses nous ont été données, afin que par leur moyen vous eussiez communication de la nature divine, ÉTANT ÉCHAPPÉS (1) A LA CORRUPTION qui règne dans le monde par la convoitise. » (2 Pierre I :4). Si ce n'est pas là la parfaite sanctification, je demande ce que ce peut être. Nous avons ici une déclaration établissant que les très grandes et précieuses promesses nous ont été données afin qu'en les croyant, nous devenions participants de la nature divine. Si donc nous voulons nous servir d'elles dans le but pour lequel elles nous ont été données, nous pouvons devenir parfaitement saints. (1) Traduction conforme au texte. (Trad.) Passons en revue quelques-unes de ces promesses. Je commencerai par la promesse renfermée dans l'alliance que Dieu traita avec Abraham. Cette promesse assurait au patriarche que sa postérité posséderait le pays de Canaan, et qu'en lui, par le Messie, toutes les nations seraient bénies. Le sceau de cette alliance, la circoncision, qui est, comme chacun le sait, un type de la sainteté, nous montre quelle était la principale bénédiction que Dieu avait en vue pour toutes les nations. C'était la SAINTETÉ. Aussi l'apôtre nous dit-il- que Jésus-Christ a été donné « afin de se sanctifier un peuple particulier. » (Tite II :14) Toutes les purifications et toutes les autres cérémonies du rituel mosaïque signifient la même chose ; elles avaient toutes en vue le Sauveur promis. Toutes les ordonnances concernant la purification du corps étaient des types se rapportant à la purification de l'âme, à la sainteté. Dans l'Evangile, le baptême a la même signification : l'acte de laver le corps est une image de la sanctification de l'âme. Dans Ezéchiel XXXVI:25, cette bénédiction, la sanctification, est promise expressément comme la grande bénédiction de l'Evangile : « Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés; je vous purifierai de TOUTES vos souillures et de TOUTES vos idoles. Je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j'ôterai de votre corps le coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair. Je mettrai mon Esprit en vous, ET JE FERAI QUE VOUS SUIVIEZ MES ORDONNANCES, ET QUE VOUS OBSERVIEZ ET PRATIQUIEZ MES LOIS. » De même Jérémie XXXIII :8 « Je les purifierai de toutes les iniquités qu'ils ont commises contre moi. Mais il faudrait trop de temps pour citer tous les passages des prophéties de l'Ancien Testament qui présentent la sainteté comme étant la grande bénédiction de la Nouvelle Alliance. Je désire que tous vous étudiiez votre Bible au point de vue qui nous occupe ; si vous le faites, vous serez étonnés de voir à quel point toutes les Ecritures s'accordent pour présenter la sanctification comme la bénédiction principale promise au monde en la personne du Messie. Quelqu'un douterait-il que le grand objet de la venue du Messie ne fat de sanctifier son peuple? Immédiatement après la chute, Dieu annonça que Satan briserait le talon du Messie ; mais que le Messie lui briserait la tête. Et l'apôtre Jean nous déclare que « c'est dans le but de détruire les oeuvres du diable que le Fils de Dieu a été manifesté. » Jésus a mis Satan sous ses pieds; son but a été de nous gagner de nouveau à Dieu, de nous rendre au service de Dieu, nous sanctifiant et nous purifiant. C'est lui qui est annoncé Zach. XIII :1 : « En ce jour-là une source sera ouverte pour la maison de David et les habitants de Jérusalem, pour le péché et pour l'impureté. » Daniel IX :24, il est dit : « Soixante et dix semaines ont été fixées sur ton peuple et sur ta ville sainte, pour FAIRE CESSER LES TRANSGRESSIONS ET METTRE FIN AUX PÉCHÉS, pour expier l'iniquité et amener LA JUSTICE ÉTERNELLE, pour sceller la vision et le prophète, et pour oindre le Saint des saints. » Mais il est inutile de citer la multitude des textes qui proclament ces mêmes vérités : ils remplissent l'Ancien Testament. Dans le Nouveau Testament, dès qu'il est fait mention du Sauveur, il nous est dit : « Son nom sera Jésus, car il sauvera son peuple DE LEURS PÉCHÉS » De même, 1 Jean III :5, « Jésus a paru pour ÔTER les péchés, » pour « DÉTRUIRE les oeuvres du diable, » (1Jn 3 :8). Tite II :13 : « Jésus-Christ s'est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de• TOUTE INIQUITÉ et de se purifier un peuple particulier zélé pour les bonnes oeuvres. » Eph. V, 25 : « Christ a aimé l'Eglise et s'est livré lui-même pour elle, AFIN QU'IL LA SANCTIFIÂT, l'ayant purifiée par le baptême d'eau, par la parole, AFIN QU'IL se la présentât glorieuse, n'ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, et AFIN •Qu'elle soit au contraire sainte et sans défaut. » Ce peu de passages suffit pour montrer que l'objet de la venue de Christ a été de SANCTIFIER l'Eglise et cela de façon à ce qu'elle fût ABSOLUMENT SAINTE ET IRRÉPREHENSIBLE. Lisez encore Rom. XI, 26 : « Tout Israël sera sauvé, selon qu'il est écrit : -» Le Libérateur viendra de Sion, et il détournera de Jacob les impiétés; et c'est là mon alliance en leur faveur, lorsque j'ôterai leurs péchés. » Et 1 Jean 9 « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité. » Qu'est-ce que « nous purifier de toute iniquité, » si ce n'est pas la parfaite sanctification? Or, je présume que si une semblable chose est promise dans la Bible, vous tous qui êtes ici ce soir, vous désirez la connaître par expérience. Et maintenant que penserez-vous de 1 Thessaloniciens V :23 : « Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie entièrement, et que votre être tout entier, l'esprit, l'âme, et le corps, soit conservé irrépréhensible pour l'arrivée de notre Seigneur Jésus-Christ ? » Que signifient ces mots : « vous sanctifie entièrement? » N'est-ce pas la parfaite sanctification ? Et pouvez-vous dire que ce n'est pas cette sanctification-là en ce monde? L'apôtre souhaite que le corps des Thessaloniciens, aussi bien que leur âme et leur esprit, soit conservé sans tache; est-il nécessaire de dire qu'il s'agit de leur corps actuel? Un apôtre inspiré par l'Esprit de Dieu ferait-il une semblable prière s'il ne croyait pas possible qu'elle fût exaucée? Non seulement il le croit possible, mais il ajoute : « Celui qui vous a appelés est fidèle, et IL LE FERA. » Se tromperait-il? 4. La parfaite sanctification des croyants est le but en vue duquel le Saint-Esprit a de promis. Tout ce que les Ecritures nous disent du Saint-Esprit nous le prouve. Toute l'oeuvre du Saint-Esprit tend à cette. fin : la sanctification de l'Eglise. Tous les commandements qui exigent la sainteté, toutes les promesses, toutes les prophéties, toutes les ordonnances, tous les avertissements, toutes les bénédictions, tous les châtiments, tous les devoirs religieux sont autant de moyens qu'emploie le Saint-Esprit pour la sanctification de l'Eglise. 5. Si le devoir d'être parfaitement, saint n'est pas praticable en ce monde, il s'en suit que Satan a si bien accompli ses desseins en corrompant l'humanité, que Jésus-Christ est en défaut, car il n'a pas d'autre moyen pour sanctifier son peuple que de l'ôter du monde. Est-il possible que Satan ait si bien eu l'avantage sur Dieu que le royaume de Dieu ne puisse pas être rétabli en ce monde, et que le Tout-Puissant n'ait plus d'autre ressource que de battre en retraite, obligé de retirer ses enfants dans le ciel afin de pouvoir les rendre saints? Le. royaume de Dieu ne peut-il donc être établi que partiellement ici-bas, et doit-il en être toujours ainsi, de sorte que les meilleurs d'entre les saints seraient obligés de dépenser la moitié de leur temps au service du diable? Le peuple de Dieu serait donc condamné à se traîner toujours chancelant et radotant, vivant dans le péché jusqu'à ce qu'il parvienne au. ciel ? Qu'est-ce donc que « cette pierre détachée de la montagne sans le secours d'aucune main » (Dan II :34) et qui devient une grande montagne et remplit toute la terre, si ce n'est un type et un gage du triomphe final de l'amour de Dieu en ce monde? 6. Si la parfaite sanctification n'est pas praticable en ce monde, cela doit venir ou de l'insuffisance des motifs que présente l'Evangile ou d'un manque de puissance dans le Saint-Esprit. Il est dit que dans la vie à venir nous serons semblables à Dieu parce que nous le verrons tel qu'il est Mais pourquoi pas ici-bas, si nous avons cette foi qui est « une substance des choses qu'on espère et une démonstration des choses qu'on ne voit point? » Il y a une promesse pour « ceux qui ont faim et soif de la justice » et cette promesse est qu'ils « seront rassasiés. » Qu'est-ce qu'être rassasié, « rempli » de justice, si ce n'est être parfaitement saint? Et ne devons-nous jamais- être « remplis » de justice avant notre mort? Devons-nous être pendant toute notre vie sur cette terre « affamés et altérés, » souffrants et misérables ? La Bible a été comprise de cette façon, mais elle ne parle pas ainsi. V. Objections et réponses. 1° Objection. La puissance de l'habitude est telle que nous ne devons pas nous attendre à être jamais entièrement sanctifiés en cette vie. Réponse. Si la puissance de l'habitude peut être si bien vaincue, qu'un pécheur impénitent puisse se convertir; pourquoi ne pourrait-elle pas être assez complètement brisée pour qu'une âme convertie arrive à la parfaite sanctification ? Si l'oeuvre de Dieu rencontre quelque part des difficultés invincibles, ce doit être dans cet état d'inconversion ou l'égoïsme domine entièrement l'esprit et où les habitudes de péché subsistent tout entières. L'obstacle est si grand, en effet, qu'aucun autre pouvoir que le Saint-Esprit ne peut le vaincre ; il est même si grand, en beaucoup de cas, que Dieu lui-même ne peut pas, dans sa sagesse, convertir actuellement le pécheur. Mais est-il possible de supposer que lorsque Dieu a vaincu une première fois cet obstacle, qu'il a brisé la puissance de l'égoïsme et des habitudes, et que l'âme est convertie, Dieu n'ait pas les ressources suffisantes pour l'amener à l'entière sanctification ? 2° Objection. — Une vie de péché engendre beaucoup d'obstacles physiques qui ne peuvent pas être vaincus par des moyens moraux. C'est une objection fort commune. Les hommes se sont rendus esclaves de tant d'influences et d'appétits physiques, et ils en ont si bien conscience, qu'ils ne croient pas possible d'être délivré par des moyens moraux. Au VIIe chapitre de l'ép. aux Romains, l'apôtre Paul décrit l'état de l'homme en lutte avec sa nature physique ; mais au chapitre suivant il nous montre l'homme qui l'a vaincue. «Et si Christ est, en vous, le corps est mort à cause du péché; mais l'esprit est vie à cause de la justice. Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ d'entre les morts vivifiera (Traduction exacte. (Trad.)) aussi vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » (Rom 7 :11.) Ce qui est dit ici de la vivification du corps n'a pas trait à la résurrection, mais à l'influence de l'Esprit de Dieu sur le corps, en d'autres termes à la sanctification du corps. Vous demanderez si l'Esprit de Dieu produit un changement physique, un changement dans le corps. Je réponds en me servant du cas de l'ivrogne pour éclaircir ma pensée. Le corps de l'ivrogne est dans un état maladif, une soif qui n'est pas naturelle et qui est insatiable le dévore, et cette soif est si forte qu'elle ne semble pas pouvoir être vaincue. Cependant vous connaissez très probablement des cas où elle été et où l'appétit physique a entièrement disparu. On m'a cité des cas où des ivrognes ont si bien vu la grandeur du péché de l'ivrognerie, qu'ils ont eu aussitôt en horreur les boissons fortes; et qu'ils y ont renoncé pour toujours, ayant pour elles un tel dégoût, qu'ils n'ont plus jamais eu le moindre désir d'en goûter de nouveau. J'ai connu un homme qui était esclave du tabac et qui fut enfin convaincu qu'il péchait en cela; la lutte qu'il soutint contre ce penchant le poussa finalement à venir à Dieu; il pria avec une telle instance qu'en un instant il remporta une victoire complète et n'eut plus jamais la moindre envie de fumer. Je ne vous donne maintenant aucune théorie de la chose, je vous apporte des faits. J'ai connu le cas d'individus chez lesquels une vie de péché avait créé l'esclavage absolu des appétits du corps et qui, convertis en un temps de réveil, avaient vu disparaître ces appétits aussi complètement que si le corps avait disparu avec eux. En cas, l'esprit est sans doute tellement absorbé par les objets les plus élevés, qu'il n'a plus une pensée pour ceux qui seraient de nature à raviver les appétits du corps. Un ivrogne passera devant un cabaret, regardera les gens boire y arrêtera son attention : sa passion se réveillera. C'est pour cela que le Sage nous dit : « Ne regarde point le vin quand il est rouge. » Mais il n'y a pas de doute qu'un appétit quoi conque du corps ne puisse être dompté par une impression suffisante produite sur l'esprit. Je crois que tout chrétien réel l'admettra, vu que son expérience lui en fera foi. N'avez-vous jamais, mes bien-aimés, connu des temps où les réalités éternelles Ont tellement rempli votre âme tellement absorbé votre esprit, que les appétits du corps en ont été complètement neutralisés ? Supposez que cet état d'âme se prolonge, qu'il devienne permanent, tous ces appétits physiques qui étaient un obstacle à la parfaite sanctification ne seront-ils pas vaincus aisément? 3° Objection. La Bible condamne cette doctrine en déclarant qu'il n'y pas un seul juste sur la terre, pas un seul homme qui ne pèche (1). (1) Allusion à une parole de Salomon, 2 Ch. VI:36, (Trad.) Réponse. Supposons que la Bible le dise, il ne s'en suit pas que l'existence d'un tel homme sur la terre soit IMPOSSIBLE. Il a pu être vrai, à certaines époques, sous l'ancienne dispensation, par exemple, de dire qu'il n'y avait pas sur terre une seule âme parfaitement sanctifiée ; mais il ne s’en suit pas qu'aujourd'hui, sous la dispensation évangélique, il n'y ait aucune personne qui vive sans péché, encore moins s'en suit-il que la chose soit impossible. « La loi rien amené à la perfection, mais il n'en est pas ainsi de l'introduction d'une nouvelle espérance, » nous est-il dit (Heb VII :19). C'est-à-dire que l'Evangile tel que Dieu l'a donné amène à la perfection. 4° Objection: Les apôtres ont reconnu qu'ils n'étaient pas parfaits. Réponse. Je sais que l'apôtre Paul dit : « Non que je sois déjà consommé, ou devenu parfait, » (Phi III :12) . Mais il n'est pas dit qu'il demeura dans le même état jusqu'à sa mort, ni qu'il n'atteignit jamais l'entière sanctification. Du reste, je ne pense pas que l'apôtre parle ici de l'entière sanctification; il parle de la perfection absolue, qui ne va pas sans la connaissance parfaite. (1) (1) Impossible ici de ne pas citer le verset 15 « Nous tous qui sommes parfaits. Voyez encore le verset 17 : « Devenez tous ensemble mes imitateurs, et portez vos regards sur ceux qui se conduisent selon le modèle que vous avez en nous. » Comparez : 1 Th II :10; Gal II :20 ; Phil IV :8, 9, etc. (Trad.) L'apôtre Jean parle de lui-même comme aimant Dieu parfaitement. Mais quoi qu'il en soit de l'état spirituel des apôtres au moment où ils écrivirent les Saintes-Ecritures, il est clair que, du fait qu'ils n'auraient pas été parfaits, l'on ne pourrait jamais conclure que nul autre ne le pourrait devenir. 5° Objection. Ne serait-ce pas de la présomption chez nous que de penser pouvoir être meilleurs que les apôtres et les premiers chrétiens? Réponse. Où serait la présomption? n'est-ce pas un fait évident que nous avons de grands avantages que ne possédaient pas les églises primitives? Le bénéfice de leur expérience, la collection complète des Ecritures, l'état du monde, le millénium qui approche, tout nous donne l'avantage sur les premiers croyants. Pourquoi supposer que l'Eglise doive toujours en rester au même point en fait d'expériences religieuses, et ne jamais aller de l'avant en rien? Où voyez-vous cela dans l'Ecriture? Pourquoi l'Eglise ne devrait-elle pas grandir toujours, devenant toujours meilleure? On semble admettre généralement que les églises doivent toujours regarder en arrière, prenant les premiers saints comme leurs modèles; je pense que notre devoir est de faire l'inverse et que nous devons sans cesse nous proposer un but plus élevé que la stature à laquelle parvinrent les premiers chrétiens. Je crois qu'avant que le millénium puisse arriver, l'Eglise doit dépasser de beaucoup le christianisme des premiers chrétiens. Parmi ceux-ci, je ne compte pas les apôtres, attendu qu'il me parait vraisemblable qu'ils avaient atteint l'entière sanctification. 6° Objection. Il y a tant de gens qui font profession d'être parfaits et qui ne le sont pas, que je ne puis croire à la perfection en ce monde. Réponse. Il y a tant de gens qui se font passer pour riches et qui ne le sont pas, en conclurez-vous que personne ne soit riche ? 7° Objection. Il y a tant de gens qui font profession d'être arrivés à la perfection et qui sont tombés dans l'erreur et le fanatisme, que j'ai peur de m'occuper de ce sujet. Réponse. Je trouve dans l'histoire qu'une secte de perfectionnistes a surgi après chaque grand réveil. Et ce n'est qu'un chef-d'oeuvre de Satan pour annuler les effets du réveil. Il sait que si l'Eglise est amenée à la sainteté, c'est un coup de mort donné à sa puissance sur la terre, aussi prend-il ses mesures pour faire échouer les efforts de l'Eglise tendant à élever le niveau de la piété ; il refroidit et décourage les chrétiens, les dégoûtant de la pensée même de conformer parfaitement leur vie à la volonté de Dieu. Il y a si bien réussi, que du moment où vous pressez les chrétiens de poursuivre la sainteté et de rompre avec tous leurs péchés, un cri s'élève : « Mais ceci conduit au perfectionnisme! » et voilà le mouvement décrié et arrêté. 8me Objection. Mais pensez-vous vraiment qu'il y a jamais eu des hommes parfaitement saints en ce monde ? Réponse. J'ai lieu de croire qu'il y en a eu plusieurs. Il est extrêmement probable qu'Hénoc et Elie furent déliés de tout péché avant d'être enlevés de ce monde. A différentes époques de l'histoire de l'Eglise, il y a eu nombre de chrétiens intelligents et intègres, gens à qui l'on avait rien à reprocher, qui ont témoigné eux-mêmes qu'ils vivaient délivrés de tout péché. Je sais fort bien que l'on a répondu qu'ils avaient dû être des orgueilleux et que personne ne peut se dire délivré de tout péché, si ce n'est par orgueil. Mais je demande pourquoi un homme ne pourrait pas se dire délivré de tout péché, quand il en est ainsi, sans tomber dans l'orgueil, tout aussi bien que l'on peut sans orgueil se dire converti? Les saints ne le diront-ils pas dans le ciel à la louange de la grâce de Dieu qui aura achevé son oeuvre en eux ; et pourquoi ne le diraient-ils pas dès ici-bas par le même motif? Je ne fais pas moi-même aujourd'hui profession d'avoir atteint la parfaite sanctification mais si je l'avais atteinte, si je sentais que Dieu m'eût réellement donné la victoire sur le monde, la chair et le diable et qu'il m'eût délivré de tout péché (1), garderais-je la chose secrète, tenant ce trésor enfermé dans mon cœur et laissant mes frères trébucher sans cesse dans l'ignorance de ce que la grâce de Dieu peut faire? Non certes! Je témoignerais de mon expérience afin que mes frères arrivassent plus promptement à une complète délivrance. (1) Ces paroles ont été prononcées en 1837. A partir de 1843, Finney témoigne avoir reçu l'entière sanctification. (Trad.) J'ai entendu dire que si un chrétien était réellement parfait, il serait la dernière personne à le dire. Diriez-vous de quelqu'un qui fait profession d'être converti : « S'il était vraiment converti, il serait le dernier à en parler ? » N'est, ce pas au contraire le premier mouvement d'une âme convertie que de s'écrier « Venez, vous tous qui craignez Dieu, je vous déclarerai ce qu'il a fait pour moi ? » Et pourquoi le même désir ne se trouverait-il pas chez celui qui a obtenu l'entière sanctification? Pourquoi cette suspicion jetée sur le témoignage ? Si quelqu'un présente toutes les preuves d'une grande piété, si sa vie est irréprochable, s'il n'y a aucune plainte à faire sur l'esprit qui l'anime, s'il est évident que cet esprit est bien celui de Jésus-Christ, et s'il atteste qu'après un grand travail spirituel et d'ardentes prières, Dieu lui a donné la victoire, et que maintenant son âme est dans la glorieuse liberté que donne la puissance du Saint-Esprit, comment ne serions-nous pas tenus de recevoir son témoignage tout autant que nous l'avons été quand il a témoigné de sa conversion? J'ai lu dernièrement l'Exposition de la Perfection, chrétienne de Wesley, livre que je n'avais jamais vu. J'y trouve quelques expressions auxquelles j'aurais à objecter, mais mes réserves portent plutôt sur le langage que sur fond de la pensée. Du reste, c'est un livre admirable et je désire que vous le lisiez tous. Je vous recommande les Mémoires de James Brainerd Taylor, je désire que chaque chrétien se les procure et les étudie ; j'en ai lu la plus grande partie trois fois en peu de mois. Bien des choses dans ce livre montrent que l'auteur croyait à la doctrine qui présenta la Perfection chrétienne comme un devoir praticable en cette vie ; et nous verrions probablement qu'il avait atteint cette perfection, si nous avions sous yeux tout ce qu'il a écrit (1) J'ai connu personnellement, un chrétien qui me revient en mémoire en cet instant qui certainement était un chrétien entièrement sanctifié. (1) On assure, ajoute Finney, que ses biographes ont supprimé à dessein plusieurs fragments de son journal et de ses lettres se rapportant au sujet qui nous occupe. (Trad.) On s'est fait les idées les plus étranges sur la sanctification chrétienne. Vous entendrez dire parfois que l'on ne pourrait pas vivre en ce monde si l'on était parfaitement saint. Je crois avoir moi-même autrefois dit quelque chose de semblable, et je dois reconnaître que j'ai parlé sur ce sujet comme un insensé. Celui qui est parfaitement saint est plus prompt que tout autre à travailler au bien de son prochain. Jésus-Christ ne pouvait-il pas vivre sur la terre. On semble penser que celui qui serait parfaitement saint serait dans un tel état d'excitation, qu'il lui serait impossible de demeurer dans un corps, qu'il ne pourrait ni manger, ni dormir, ni remplir les devoirs de la vie ordinaire. Jésus-Christ était un homme, il était sujet aux mêmes tentations que nous, et il aimait le Seigneur, son Dieu, de tout son coeur, de toute son âme et de toute sa force : il était parfaitement saint. REMARQUES Nous pouvons maintenant comprendre pourquoi il n'y a pas plus de chrétiens parfaits en ce monde. 1. Les chrétiens ne croient pas que Dieu veuille qu'ils soient parfaitement sanctifiés en ce monde. Ils savent que Dieu leur commande d'être parfaits comme il est parfait; mais ils pensent que, par devers lui, Dieu ne veut pas qu'ils le soient ; « Autrement, disent-ils, pourquoi Dieu ne ferait-il pas davantage pour nous rendre parfaits? » Sans doute Dieu préfère les voir rester tels qu'ils sont, plutôt que d'employer un système d'influences nouvelles et extraordinaires pour les pousser à la perfection ; parce qu'il voit qu'introduire un nouveau système d'influences serait un mal plus grand que la prolongation de leur état moral actuel. Mais qui peut douter sérieusement qu'il ne préfère les voir devenir parfaits dans les circonstances où ils se trouvent, plutôt que les voir continuer à pécher? Les pécheurs impénitents raisonnent exactement,comme font ces chrétiens. Ils disent « Je ne crois pas que Dieu veuille que je me repente; car s'il le voulait, il ferait que je que repentisse. » Pécheur, il est possible que Dieu aime mieux te laisser demeurer dans l'impénitence et perdre ton âme plutôt que d'employer des influences nouvelles pour t'amener à la repentance; mais conclure que Dieu ne veut pas sérieusement que tu cèdes aujourd'hui aux appels qu'il t'adresse, aux influences qu'il met en oeuvre pour te sauver, c'est raisonner d'une façon bien étrange. Supposez que votre domestique raisonne de la même manière et dise : « Je ne crois pas que mon maître désire véritablement que je lui obéisse; car, s'il le désirait, il se tiendrait tout le jour à côté de moi pour surveiller mon travail. » Trouveriez-vous la conclusion juste? Vous trouveriez probablement votre temps si précieux que vous aimeriez mieux voir votre domestique ne rien faire de tout le jour, que de passer votre vie à lui faire faire son travail. Il en est de même dans le gouvernement de Dieu. Si Dieu concentrait tous les pouvoirs de son gouvernement sur un point, à l'effet de convertir un pécheur, il pourrait couver tir ce pécheur, mais l'économie de l'Univers en serait troublée, en sorte qu'il en résulterait un mal bien plus grand que la perte d'une âme. Nous en dirons autant pour ce qui concerne la sanctification du chrétien; Dieu lui en a donné TOUS LES MOYENS, et lui dit ensuite : « Sois parfait comme je suis parfait; » mais le chrétien réplique : Dieu ne désire pas réellement que je sois parfait; s'il le voulait véritablement, il me rendrait tel. » C'est exactement l'argument du pécheur impénitent; il ne vaut pas mieux dans un cas que dans l'autre. 2. Les chrétiens ne s'attendent pas à être sanctifiés. La plus grande partie de l'Eglise est formée de gens qui ne s'attendent pas réellement à devenir plus pieux qu'ils ne sont. 3. Le plus souvent ils ne désirent pas même la parfaite sanctification. 4. Ils sont satisfaits de leur faim et de leur soif de la justice et ils ne s'attendent pas à être rassasiés. Souffrez que j'insiste sur ce point : la faim et la soif de la sainteté ne sont pas la sainteté. Le désir d'une chose sa possession sont deux choses bien distinctes ; le désir n'est pas la chose désirée. S'ils ont faim et soif de la justice, ils doivent ne laisser à Dieu aucun repos jusqu'à ce qu'il vienne accomplir sa promesse, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'ils soient parfaitement saints. 5. Ils perdent de vu le vrai but, le but suprême de l'Evangile. L'Eglise a trop longtemps supposé que le grand but de l'Evangile est de soustraire les hommes à la punition au péché ; tandis que son but réel, son grand objet est de délivrer les hommes DU PÉCHÉ. Hélas! beaucoup de chrétiens n'ont pas d'autre pensée que celle-ci : « Nous pécherons certainement jusqu'à la fin; mais nous sommes aussi assurés d'être pardonnés; puis, après notre mort, d'être rendus saints dans le ciel. » Oh ! si seulement les chrétiens pouvaient voir que l'oeuvre capitale, que le grand dessein de l'Evangile est de briser la puissance du péché et de remplir les hommes sur la terre de « toute la plénitude de Dieu, » avec quelle promptitude ne verrions-nous pas l'amour de Dieu, comme une flamme ardente et inextinguible, se répandre dans les coeurs, d'un bout du peuple de Dieu à l'autre, sur toute la terre ! 6. Les promesses de Dieu ne sont ni comprises, ni saisies avec une véritable foi. Oh! si l'Eglise voulait lire la Bible et saisir d'une main ferme chacune des promesses qui s'y trouvent, elle les trouverait bientôt incommensurablement grandes et précieuses ! mais elle laisse perdre son héritage. Elle reste dans l'ignorance au sujet de l'étendue des bénédictions qu'elle peut recevoir. Si vous m'en donniez le temps ce soir, je vous présenterais quelques promesses qui sont telles, que si vous vouliez les saisir et vous les approprier, vous connaîtriez bientôt par expérience ce que je veux dire. 7. Beaucoup cherchent à s'approprier la bénédiction par la loi et non par la foi. Combien de gens qui cherchent à obtenir la sanctification par leurs propres résolutions et leurs propres oeuvres, par leurs jeûnes et leurs prières, par leurs efforts et leur activité, au lieu de la saisir de prime abord en Christ, par la foi, exactement comme ils ont fait pour la justification. C'est toujours oeuvre, oeuvre, oeuvre, au lieu de la foi qui saisit le « Christ, Jésus, lequel nous a été fait de la part de Dieu sagesse, justification, SANCTIFICATION et rédemption. » Qu'ils viennent et saisissent la force de Dieu et ils seront sanctifiés. La foi donnera entrée à Christ dans l'âme et celle-ci sera remplie du souffle même de Christ. Mais ces oeuvres, qui ne sont que des oeuvres mortes, sont des souillures dont il faut être purifié par le sang de Christ (Hébr. IX :14). C'est la foi qui doit sanctifier, c'est elle qui purifie le coeur; je parle de cette foi qui est « une substance des choses que l'on espère » et qui saisit Christ, de sorte qu'il établit sa demeure dans l'âme, lui « l'espérance de la gloire, » et qu'on ne vit plus que par la foi au Fils de Dieu. L'ignorance ou l'oubli de ces choses est cause qu'il y a si peu de sainteté dans l'Eglise. Et finalement, 8. Cette absence de la sanctification provient de ce que la vraie dépendance de Dieu est tout à fait méconnue, elle est remplacée par une prétendue dépendance qui est absolument dérisoire et outrageuse pour Dieu. Au lieu de consulter l'Ecriture et d'avoir des vues scripturaires sur la dépendance dans laquelle on se trouve à l'égard de Dieu; au lieu de prendre la force où elle se trouve, mettant Dieu à l'épreuve et faisant l'expérience de sa bonne volonté à donner le Saint-Esprit à quiconque le demande ; au lieu de saisir le bras de Dieu et de le tenir ferme, on se laisse aller à terre, attendant paresseusement et lâchement, dans l'incrédulité et le péché, ce que l'on appelle les temps et les moments de Dieu, » puis on nomme cela « dépendre de Dieu. » Hélas! avec tout ce partage sur la dépendance de Dieu, qu'elle est peu connue la soumission au Saint-Esprit, qu'il est rare l'abandon total de l'âme à ses directions! où sont-ils ceux qui lui abandonnent toute leur personne, esprit, âme et corps, pour être éclairés, sanctifiés et remplis de toute la plénitude de Dieu ?

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